Disclaimer : Twilight et ses personnages appartiennent à Stephenie Meyer.
Bonjour à toutes,
Wouah quel accueil... j'ai été très touchée par vos encouragements et vos compliments. Merci pour toutes les reviews, les mises en alerte, en favori etc... etc...
J'espère être à la hauteur de vos attentes tout au long de cette aventure.
Puisque beaucoup la réclame à cors et à cris, je ne vous embête pas plus longtemps, voilà la suite.
Bonne lecture.
Sur la route qui relie le cabinet à mon appartement, je n'arrive pas à me sortir Edward Cullen de la tête. Ses grands yeux verts contrastant avec les reflets cuivrés de ses cheveux, sa veste en cuir usé qu'il a placée sur la chaise en face de mon bureau, dévoilant un simple – mais hypnotique – t-shirt blanc. Sa voix grave et chaude, son sourire en coin mystérieux, ses grandes mains.
Puis le visage de la petite Emmy m'apparaît, et j'essaye d'imaginer sa maman. Blonde forcément, si mes souvenirs de cours de biologie génétique sont exacts. Belle sans doute, à en juger par les traits fins et graciles du visage de la fillette. Si l'excuse d'Edward Cullen n'est pas bidon, elle déteste les animaux – personne n'est parfait – mais est prête à les accepter pour faire plaisir à sa fille. Mon affection pour cette femme ne s'arrête donc pas à la pitié que j'éprouvais pour elle pendant que son mari me draguait.
Mais me draguait-il réellement ? Ou ne faisait-il que profiter du spectacle ? Ma mère m'a souvent répété que ce n'est pas parce qu'on est au régime qu'on n'a pas le droit de regarder le menu...
La bile me monte à la gorge et je me hâte de changer le cours de mes pensées. Je bascule l'autoradio en mode CD et les premières notes de Old Pine s'élèvent dans l'habitacle. Ben a le don de sublimer la bonne humeur, ou comme aujourd'hui – et même assez souvent en ce moment – de me permettre d'évacuer la tension accumulée au cours de la journée.
Malheureusement, Ben n'a pas la solution à tous les problèmes. Lorsque j'arrive chez moi, une enveloppe au logo de Platt Immobilier m'attend dans la boîte aux lettres. J'entre rapidement, dépose sur le guéridon à l'entrée les factures et publicités qui l'accompagnent et flatte Simba d'une caresse entre les deux oreilles. Il miaule de mécontentement
– Oui, je sais, je suis en retard.
Je lui sers sa ration de croquettes et ouvre le courrier :
Mademoiselle Swan,
Malgré tout l'intérêt que nous portons à votre situation, il nous est impossible d'accéder à votre requête.
Veuillez agréer nos sincères salutations.
J. Jenks,
Vice Président
Platt & associés Immobilier,
création et valorisation de sites commerciaux.
Une pauvre ligne d'excuses. C'est tout ce à quoi j'ai droit après maints et maints courriers de plusieurs pages pleines de supplications et/ou de menaces. Au moins cette fois ils me font l'honneur de me répondre. A cet instant, je n'ai qu'une seule envie, aller mettre une bombe au milieu du chantier derrière le cabinet.
Encore faudrait-il que je m'y connaisse un peu en explosifs. J'ai entendu parler de sites internet où ils expliquent comment en fabriquer une. Mais même avec une notice, je serais capable de m'arracher un bras, et je les aime bien moi mes bras.
Je soupire, le désespoir me fait complètement perdre la tête.
Simba vient se frotter entre mes jambes en ronronnant. Je fais une boule de papier avec la lettre et la lui lance. Il court après et joue un moment avec tandis que assise au milieu du salon, j'essaie de résoudre le casse-tête de mon avenir.
oOo
Durant la semaine suivante, je m'attelle à remettre Nala sur pieds. Le lendemain de ma rencontre avec les Cullen, elle s'est encore affaiblie et refuse catégoriquement de boire son lait maternel. Je me trouve obligée de la gaver pour remettre son système alimentaire en route et la place sous lampe U.V.
Au fil des jours, elle semble finalement prendre confiance et vient au contact. Elle accepte enfin la nutrition à la tétine et se laisse cajoler. J'avertis régulièrement par mailMr Cullen de la situation, m'en tenantau strict récit de l'évolution quotidienne du chaton.
Lorsqu'il émet le souhait de lui rendre visite le samedi suivant, je m'arrange pour programmer un autre rendez-vous à la même heure si bien que c'est Angela qui les emmène lui et Emmy dans les boxes. Quand je la retrouve à son guichet quelques minutes après leur départ, elle a les joues rouges et les yeux qui brillent.
– Wow, se contente-t-elle de dire.
– Je sais oui.
Mon cœur s'est emballé au simple fait de savoir qu'il était là, dans la pièce à côté. J'ai eu bien du mal à expliquer au jeune couple que je recevais que leur Shi Tzu souffrait de KCS, le syndrome de l'oeil sec. Je ne trouvais pas mes mots, ma voix était faible ettremblante et je pense les avoir plus inquiétés qu'autre chose. Quand je leur ai annoncé qu'il suffisait simplement de traiter avec une application quotidienne de crème, ils n'avaient pas l'air tout à fait convaincus.
– Y a-t-il une bonne raison pour laquelle tu n'aies jamais mentionné le fait que le client qui t'a empêchée de rentrer à l'heure était en réalité beau comme un dieu ?
– Si je l'avais fait, il aurait aussi fallu que je dévoile son côté dragueur ET son côté marié. J'ai préféré tout oublier.
– Tu es sure de ce que tu avances ?
– Et bien, la petite a une maman qui porte le même nom que lui et ils vivent ensemble. Çame semble bien être le schéma classique d'un mariage. Tu sais, cet événement où on se jure fidélité.
J'appuie bien le sarcasme sur le dernier mot et un dixième de seconde trop tard, je me souviens qu'Angela va devenir Mme Cheney dans quelques mois.
– Désolée. Ne fais pas attention à ce que je dis, je suis aigrie avant l'âge. C'est sûrement parce que je vis seule avec un chat. Il semblerait que beaucoup échappent à ce fléau. Prends Harry et Sue. Je ne les imagine pas une seule seconde regarder ou avoir regardé quelqu'un d'autre comme ils se regardent. Ben et toi, vous partagez ça aussi.
Elle part dans un éclat de rire soudain.
– Ça ne m'a pas empêché de bien apprécier Mr Cullen, crois-moi !
En même temps, je la comprends. J'en profite pour lui demander :
– Et comment était-il avec toi ? Je veux dire, est-ce que tu as eu l'impression qu'il te faisait du gringue ou autre ?
– Je pense plutôt qu'il cherchait à t'apercevoir ou autre, déclare-t-elle.
Je relève la tête, surprise. Et peut-être un peu flattée aussi. Je rougis.
Elle écarquille les yeux comme si elle venait d'avoir une illumination :
– Ou alors, il a un gros penchant pour les portes de bureau. Oh oui, ça doit être pour ça qu'il ne pouvait défaire son regard de vers ton bureau. En réalité, c'est un fétichiste des poignées.
Je lui administre une tape sur l'épaule, même si je ne peux cacher mon sourire.
La porte s'ouvre et une voix caverneuse résonne dans la salle.
– Isabella Swan ! Vous m'avez habituéà plus de sérieux !
Je me tourne, et mon sourire s'agrandit encore :
– Billy !
oOo
– Et tu ne peux pas faire un autre prêt à la banque ?
Je ne sais pas pourquoi mais j'avais espéré que Billy trouve une parade à laquelle je n'avais pas encore pensé.
Je soupire :
– Ils ont été catégoriques : c'est beaucoup trop risqué. Les dettes seraient alors trop importantes. L'expert comptable est également de cet avis.
L'expression sur son visage reflète la mienne : la défaite.
– Si seulement je pouvais t'aider, mais j'ai tout investi dans le garage de Jake et...
Je pose ma petite main sur la sienne, toujours aussi douce et belle, pour l'interrompre. Ses doigts que j'ai observés maintes et maintes fois tenir le scalpel, suturer, se referment sur les miens.
– Je sais que tu tiens autant à ce cabinet que moi. Je t'assure que j'ai tout fait, mais ces enfoirés... je tente d'avaler la boule qui se forme dans ma gorge... ils ne veulent rien savoir.
– Si je n'avais pas été certain que tu en étais capable, je ne t'aurais jamais laissée reprendre le cabinet Bella. Quand j'ai signé le bail avec cette petite entreprise familiale, je n'aurais pas imaginé qu'ils puissent faire ça un jour. Tu n'y es pour rien.
Face à lui, je prends conscience que ce n'est pas uniquement mon avenir professionnel qui chancelle. Je pourrais toujours retrouver un travail, peut-être même ouvrir de nouveau un cabinet. Mais ce que Billy a passé sa vie à construire disparaîtra.
Un sentiment de culpabilité me tord l'estomac, et je m'autorise à me laisser aller dans les bras de celui qui m'a tout appris, et bien plus encore.
oOo
A quoi bon avancer sur un chemin qui semble déboucher sur le vide ?
Chaque matin depuis la visite de Billy la semaine dernière, je me pose cette même question. Le voir impuissant lui aussi face à la situation semble avoir eu raison du peu d'espoir qu'il me restait.
Pourtant, ces mêmes matins, je continue de prendre la route, parce que si je n'avance pas, comment verrais-je le sentier qui mène vers une autre direction ?
Je pose ma énième tasse de café pour décrocher le téléphone.
– Oui Angela ?
– Mr Cullen souhaiterait te parler.
Jusqu'ici, j'avais réussi à éviter les entretiens trop directs. C'est Angela qui s'occupait de lui quand il téléphonait ou quand il venait à la clinique.
Elle n'a jamais fait de remarque sur mon refus de le croiser, mais je vois bien qu'elle est surprise par mon comportement. Etant d'ordinaire une personne plutôt franche, je ne me reconnais pas moi-même. Je pense que c'est ce mélange d'attirance et de dégoût qui me perturbe le plus. J'ai beau le trouver détestable, je n'arrive pas à le détester pour autant.
La petite Nala est presque sortie d'affaire. J'estime qu'elle pourra quitter notre chenil d'ici quelques jours. La médecine vétérinaire a fait sa part du travail, il est temps maintenant de laisser l'affection se charger du reste.
D'ici donc quelques jours, plus aucune visite d'Edward Cullen. Plus besoin de se planquer dans le cabinet. Son parfum ne persistera plus dans les pièces qu'il a quittées. Sa voix grave ne traversera plus les murs pour venir me chatouiller... hum... les oreilles.
Je soupire, pour me préparer à '' l'affronter '', mais aussi pour me débarrasser de ce léger sentiment de tristesse à l'idée de ne plus devoir '' l'affronter ''.
– Ok, passe-le moi.
Bien entendu, le temps qu'Angela me transfère l'appel, mon cœur a accéléré la course de ses battements et une couche de sueur s'est installée sur mon front.
– Docteur Swan.
Voilà, c'est de cette voix grave dont je voulais parler !
– Bonjour Mr Cullen, que puis-je faire pour vous ?
Génial, à trop vouloir me la jouer professionnel, j'ai l'impression d'être une hôtesse du téléphone rose !
– Et bien Angela avait l'air de dire que nous pourrions prochainement récupérer Nala.
Et bien ! Voilà que c'est Angela, maintenant !
– Oui, en effet, je vais vous laisser prendre rendez-vous à votre convenance avec Angela pour le début de semaine prochaine et...
– J'ai une faveur à vous demander ! M'interrompt-il.
Je suis sûre qu'il va vouloir prendre rendez-vous avec moi...
Je prie intérieurement : Faites qu'il ne demande pas rendez-vous avec moi, faites qu'il ne demande pas rendez-vous avec moi, faites qu'il ne demande pas rendez-vous avec moi, faites qu'il ne demande pas rendez-vous avec moi...
– Serait-il envisageable de faire ça samedi ?
Hein ?
Et l'Oscar de la scénariste la plus pathétique revient à...
Mon moi-adolescente ayant symboliquement pris le râteau du siècle, mon moi-sérieuse-et-posée a le champ libre pour reprendre les rênes de la conversation.
– Je crains que ça ne soit un peu trop tôt, Mr Cullen. Je voulais encore pouvoir contrôler sa prise de poids...
– Et si je repasse lundi ou mardi pour que vous puissiez la peser ? Emmy me demande tous les soirs au coucher si ''c'est demain que Nala vient habiter à la maison''. Et puis dimanche, c'est son anniversaire.
Hum, c'est vrai ce mensonge ?
Un petit rire sexy à l'autre bout de la ligne m'indique que ma remarque est sortie à haute voix.
– Non, j'avoue, ce n'est pas son anniversaire. Mais vous n'imaginez pas à quel point elle me harcèle pour avoir son chat. Je vous en prie, mettez fin à mon calvaire.
Sachant pertinemment que depuis qu'il a sorti la carte Emmy, je n'ai plus aucune chance de pouvoir refuser, je grommelle, de mauvaise foi :
– Très bien, c'est vous le client, après tout, c'est votre chaton. Je vous re-passe Angela pour que vous conveniez d'un horaire.
Et ça n'a rien à voir avec le fait qu'il me supplie... non, non, rien du tout !
– Merci, gémit-il presque.
Pitié, achevez-moi !
– Bonne journée, Mr Cullen.
Après avoir lutté avec le standard pour basculer l'appel, je m'écroule dramatiquement sur mon bureau.
J'espère que ça vous a plu... pas énormément d'Edward, mais il reste quelques bases à poser, faut bien que je les case quelque part ;)
A bientôt !
Babe.
