Disclaimer : Twilight et ses personnages appartiennent à Stephenie Meyer.
Bonjour tout le monde :)
J'espère que vous allez bien, peut-être êtes vous en vacances... ou bientôt !
En tout cas, vous vous êtes lâchées sur le chapitre précédent ! 40 reviews, c'est un record sur cette fic !
Un grand merci pour votre enthousiasme, vous êtes nombreuses à avoir été surprises, et croyez-moi, vous n'êtes pas au bout loool !
Comme toujours, merci à Ptiteaurel, Nicolisandra et Lilipucia pour leur soutien sans faille... elles testent et approuvent (ou pas) tout ce que vous lisez ;)
Accrochez-vous, ça va secouer quelque peu !
Bonne lecture...
– Espèce d'enfoiré !
– Bella ?
Je recule de quelques pas, la main brûlante. Je ne me rappelle plus avoir giflé quelqu'un aussi fort. Je ne me souviens pas non plus avoir été aussi en colère contre quelqu'un.
– Hey, t'es tarée ? Mais enfin qu'est-ce qui te prend ?
Ce n'est même pas de la colère. Enfin pas seulement. C'est un mélange de déception, de rancœur, de fierté bafouée. Et de profonde douleur.
– Tarée ? Moi je suis tarée ? Et toi tu es le salopard le plus tordu que j'ai jamais connu ! Ce qu'il me prend c'est que tu t'es bien foutu de ma gueule...
J'avais fini par lui offrir ma confiance. Mieux – ou pire – j'avais fini par me raccrocher à lui. J'avais commencé à croire qu'il était la part de bonheur qui contre-balancerait mes problèmes.
Le regard d'Edward passe de surpris à coupable.
– Ah ça y est... tu commences à comprendre.
Il descend les quelques marches du perron sur lequel il est perché et on se retrouve face à face, lui, la main posée sur sa joue, moi, essoufflée et brisée.
– Bella s'il-te-plait !
J'ai l'impression d'être entièrement parcourue par un courant électrique. Mon corps est raide, tous mes muscles sont tendus et je bouge comme par automatisme.
– Ne me touche pas ! Je t'interdis de me toucher. J'espère que tu en as bien profité...
– Putain, est-ce que tu vas me laisser en placer une, oui ?
Piquée au vif, je lâche un rire sarcastique.
– Regardez-moi ça ! Le masque tombe dis-moi ! Où sont tes bonnes manières Edward ? Est-ce que c'est comme ça qu'on parle aux dames ? Ou alors seulement une fois qu'on les as bien entubées et qu'on a pu se glisser dans leur lit.
– CALME-TOI BORDEL ! La colère te fait dire n'importe quoi...
Comment peut-il seulement oser hausser le ton ! J'ai juste envie de lui arracher sa tête d'imposteur.
– Ne cherche pas à jouer au patron avec moi Edward ! Ou plutôt devrais je dire Monsieur Cullen... Comment faut-il t'appeler ? Monsieur le PDG ?
Son visage se crispe, comme si je lui avais asséné un coup de poing. Et moi je jubile.
– Je t'interdis de m'appeler comme ça ! Comment... comment tu l'as su ?
– J'ai cherché sur Google le nom de la personne que je voulais le plus étriper sur Terre... Alors ? Vas-y ! Tu voulais m'expliquer, je t'écoute. C'est quoi l'embrouille ? Tu voulais le beurre, l'argent du beurre et tu t'es dit qu'au passage, tu te ferais bien le cul de la crémière ?
– Bella je n'étais au courant de rien avant ce matin...
Et il sait rendre les coups. Mon ventre se tord de douleur à son mensonge.
– C'est ça ouais ! Tu mens bien Edward, tu mens vraiment très bien.
Abattue, dégoûtée, je défais la clé du cabinet de mon trousseau et la lui tends d'une main tremblante.
– Tiens prends-la. Tu l'as bien méritée.
Il en profite pour saisir mon bras et me plaque contre lui, mon dos contre son torse. Le sentiment de sécurité que j'ai jusqu'alors toujours ressenti dans ses bras et que je ressens toujours malgré moi me file la nausée.
– Je ne t'ai jamais menti Bella. Je ne t'ai peut-être pas tout dit mais je ne t'ai jamais menti. Tu dois me croire.
Il murmure à mon oreille tel un serpent qui siffle sur sa proie. Son étreinte est puissante, étouffante. Tout comme ses mensonges.
– Lâche-moi...
Pour toute réponse, il caresse ma nuque de ses lèvres, me répétant inlassablement de le croire. Au bord des larmes et du haut-le-cœur, je me débats et aboie, avant de perdre la face :
– Edward je veux que tu me lâches !
Il finit par me libérer et quand je lui fais de nouveau face, il a l'air aussi épuisé que moi.
J'ai même du mal à mettre autant d'amertume que je le voudrais en reprenant :
– Alors quoi ? C'était quoi ton plan ? Tu m'aurais gentiment demandé de lâcher l'affaire après m'avoir sautée dans toutes les pièces de mon appartement ? Je doute fort qu'on soit allés jusqu'aux présentations à Maman et Papa Cullen...
Il ferme les yeux puis passe sa main dans ses cheveux.
Quand il les ouvre, je suis de nouveau prisonnière. Après la stupeur quand son nom est apparu à l'écran et ses bras il y a quelques instants, c'est désormais son regard flamboyant qui me paralyse.
– Depuis le début tu es tellement concentrée sur TA vie et TES problèmes que tu n'as rien vu. Tu n'as pas vu à quel point j'étais sincère avec toi, à quel point j'ai tout fait pour qu'on soit bien tous les deux. Tous les efforts que j'ai dû fournir... A quel point j'ai dû prendre sur moi...
– Tu as DÛ prendre sur toi ? Hurlé-je, scotchée par son aplomb.
Il s'enflamme encore plus. Grand...
… Beau...
… Imposant.
– Laisse-moi parler maintenant ! M'as-tu seulement demandé ce qui était arrivé à mon frère ? Ce qui M'était arrivé ? Pourquoi quand tu tapes mon nom sur internet tu me découvres PDG alors que je vis cloîtré chez une femme qui m'en veut à mort, à m'occuper d'une petite fille qui n'est pas la mienne ? Pourquoi nous n'aurions pas pu aller jusqu'aux présentations à mes parents ? Tu ne sais rien de moi Bella ! Tu ne sais pas quelle ordure je suis. En tout cas, pas celle que tu penses.
Je me serais pris une averse ou il m'aurait lancé un seau d'eau froide au visage que l'effet n'aurait pas été différent. Suis-je seulement capable de dire qui est Edward ? Comment vit-il ? Que fait-il de ses journées ? Pourquoi a-t-il autant de temps libre, pour un chef d'entreprise ?
Est-il en train de me prouver que sans ma naïveté et mon soi-disant égoïsme, il n'aurait pas pu m'avoir ? Ou alors essaie-t-il seulement de rejeter la faute sur moi alors qu'il m'a menti...
M'a-t-il vraiment menti ?
Je sens les murs de ma défense vaciller et je déteste ça.
Je souffle, perdue, défaite.
– Je... je comprends pas où tu veux en venir.
Si j'ai à plusieurs reprise cru voir Edward souffrir moralement, j'étais à des années lumières de ce que ça pouvait être. Cet état de faiblesse au strict opposé de l'ardeur qu'il vient de mettre à me démonter. J'ai en face de moi un véritable martyr, au doux visage corrompu par la douleur.
D'une voix morne, il m'annonce :
– J'ai tué mon frère, Bella... Et mon père.
Instinctivement, je fais un pas en arrière.
– Qu... quoi ?
Un criminel ?
Je refuse de le croire.
– Tu n'as pas pu faire ça...
J'ai envie d'approcher. Mais j'ai peur. Je ne peux pas bouger, comme si mes pieds étaient soudés au sol.
On dirait qu'Edward, lui, est sorti de son corps. Ce n'est plus l'homme d'hier soir. Ni celui qui est entré ce soir là dans mon cabinet avec un chaton et une petite fille. J'ai devant moi une enveloppe charnelle vide.
– Pas directement non. À cette époque, j'étais un vrai petit con. Un gosse de riche. Je ne pensais qu'à trois choses : la fête, les filles et le sport. Je me foutais des études : ma famille avait une société, dont je n'avais rien à foutre non plus. Je me fichais bien de ce qu'on y faisait, tant que ça assurait mon avenir, j'aurais eu tout le temps de m'y intéresser plus tard. Emmett lui, c'était un bosseur né. Il me répétait tout le temps que diriger une entreprise ça s'apprenait. Il préparait un diplôme en droit du travail, c'était sa dernière année et Rosalie venait d'apprendre qu'elle était enceinte. C'était pas tout à fait prévu. Emmett voulait absolument décrocher son diplôme du premier coup, et commencer à travailler aux côtés de mon père, pour assumer financièrement sa famille. Moi, je m'épanouissais dans mon rôle de branleur, ne comprenant toujours pas pourquoi il tenait tant à travailler. On était pleins aux as, on avait le temps. Et quand il essayait de m'expliquer, ça me passait bien au-dessus.
Un que j'écoutais encore moins, c'était mon père. Au début on s'engueulait, il mettait trop son nez dans ma vie, 'je n'agissais pas comme un futur chef d'entreprise... bla bla bla'. Encore une fois, je pensais avoir le temps. On a fini par ne communiquer que quand c'était nécessaire. A part un jour. Il est venu me trouver, juste avant de partir pour quelques jours en voyage d'affaires. Emmett était en pleines révisions, Rosalie passait son temps à dormir, pour mon grand plaisir, elle m'horripilait au plus haut point. Il voulait m'informer qu'une fois qu'Emmett aurait obtenu son diplôme, il prendrait sa retraite. Si il y a une chose que mon père aimait plus que tout, c'était ma mère. Il voulait profiter d'elle un maximum avant d'être vieux. Mon grand père, le père de ma mère, possédait l'entreprise avant de la léguer à mon père. Il a perdu sa femme très tôt, et s'était réfugié dans le boulot jusqu'à sa mort. Mon père voulait vivre sa vie avec ma mère, avant qu'il ne soit trop tard. Et pour la première fois depuis longtemps, je comprenais son point de vue, j'étais d'accord avec lui... jusqu'à ce qu'il m'apprenne qu'il nommerait Emmett PDG. On s'est violemment disputés. J'avais toujours cru qu'Emmett et moi dirigerions ensemble l'entreprise, mais si il entrait dans la course avant moi, quelle place pourrais-je prétendre avoir ? Mon père m'a répondu que pour le moment, je n'avais pas matière à prétendre quoi que ce soit. Je l'ai planté là, furieux.
J'ai passé ce week-end là à faire ce que je savais faire de mieux. La fête. J'ai bu et je me suis éclaté jusqu'à ce que j'oublie tout de ma vie que je croyais merdique. Jusqu'à ce que j'oublie cette entreprise de merde, Emmett et surtout mon père. J'étais censé aller le chercher à l'aéroport au beau milieu de la nuit. Ça aussi, j'ai oublié. Les taxis étaient en grève, alors il a appelé Emmett, qui s'accordait quelques heures de sommeil après plusieurs nuits blanches passées à réviser. La voiture est sortie de la route, et ils ont percuté un arbre de plein fouet. Emmett conduisait, ils ont dit qu'il avait dû s'assoupir juste quelques secondes.
Je porte vivement mes mains à mes lèvres, retenant un hoquet. Je pense que tout mon sang est tombé dans mes chaussures. Fébrile, je m'appuie sur ma voiture.
Edward s'est assis sur la dernière marche, je ne saurais dire à quel moment. Nous restons silencieux quelques secondes. J'essaie d'assimiler son histoire, de mettre un mot sur ce que je ressens mais je n'y arrive pas. C'est sans doute ça, ce qu'on appelle l'état de choc...
– Après ça, j'étais perdu. J'ai arrêté les conneries... et mes études... en fait j'ai tout simplement arrêté de vivre. Ma mère s'est occupée de Rosalie et de moi. Elle portait sa famille à bout de bras, elle qui avait perdu son fils et l'amour de sa vie. Un soir, je l'ai trouvée effondrée sur la table de la cuisine, complètement exténuée par la fatigue et le chagrin. Et j'ai enfin compris que je continuais à me comporter comme un égoïste. C'était à moi de m'occuper d'elle... Le lendemain, Rosalie apprenait qu'elle attendait une petite fille, et j'ai pris conscience que je devais m'occuper d'elles. J'ai vu un psy, je me suis voué corps et âme à ma famille. A rien d'autre. Et surtout, je ne voulais plus entendre parler de Platt Immobilier. Cette entreprise avait foutu toute ma vie en l'air. Contre l'avis de ma mère et de Rose, je voulais renoncer au poste de PDG qui me revenait de droit. Elles m'ont convaincu de simplement donner procuration à Jerry Jenks pour toutes les décisions jusqu'à nouvel ordre. Et depuis, je fais comme si la société n'existait pas. Jusqu'à ce matin. J'ai vu leur lettre sur le comptoir de ta cuisine.
Mon cœur bat plus fort. Nous voilà donc à l'endroit où le malheur d'Edward rejoint mes problèmes. La boucle est bouclée... Putain de karma !
– Avant que tu arrives, j'étais en train de chercher une solution...
Il se lève et vient se poster devant moi. Je m'aperçois alors que ses yeux sont humides. Mon cœur se serre.
– Edward je suis tellement, tellement désolée...
Je m'apprête à lever ma main pour la poser sur sa joue, mais je stoppe mon geste. Je suis perdue, je ne sais plus comment me comporter avec lui. Je m'en veux de m'être emportée, de l'avoir pourri et traité comme un moins que rien. Je regrette les mots que je lui ai envoyés à la figure. Personne ne devrait vivre ce qu'il a vécu, encore moins avec un sentiment erroné de culpabilité.
– Ce qui leur est arrivé, ce n'est pas de ta faute. C'est la fatalité... vois comme elle peut-être perverse !
Il émet un léger rire sans humour, puis cale doucement ses mains sur mes hanches avant de poser son front sur le mien. Je déglutis.
– Tu peux pas savoir comme je suis en rage... Bella, tu es la première part de bonheur que je m'octroie depuis l'accident – hormis Emmy. Quand j'ai vu cette lettre... Je n'arrive pas à croire que ça se mette encore en travers de mon chemin.
Cette fois je sens mes yeux s'humidifier. Je suis doucement en train de reprendre pied dans la réalité, comme si le temps s'était arrêté pendant qu'Edward me parlait de sa vie.
– Bella, je vais arranger ça. Si ça avait été moi, ça ne serait jamais arrivé. Je peux financer personnellement ton déménagement ou...
– Edward je...
Je ferme les yeux et souffle pour essayer de rassembler mes esprits. Tout ça est trop... je ne sais même pas...
– Tu l'as dit toi-même... cette histoire s'est mise entre nous. Edward, je ne veux pas de ton argent.
Je m'éloigne doucement de lui. Et murmure sincèrement :
– Ce que j'aimerais en revanche, c'est que tu prennes tes responsabilités.
Ses bras tombent le long de ses flancs.
– Bella... tu... ?
J'ouvre ma portière, le cœur gros. Je ne dois pas craquer. Pas tout de suite.
– Je suis désolée Edward...
J'enclenche la marche arrière et sors le plus rapidement possible de l'allée. Les graviers crissent sous mes roues, je vois la poussière s'envoler dans mon rétroviseur. Je refuse de regarder Edward. Quand je passe à coté de lui, je devine sa silhouette exactement dans la même position, abattue.
Je sais que je lui ai fait du mal. Et je sais que je vais m'en vouloir très très longtemps pour ça, peut-être même toute ma vie.
Ma vision est trouble des larmes que j'essaie de retenir depuis trop longtemps. Mes mains tremblent sur le volant. Dans une embardée, je m'arrête sur le bas-coté, à peine à quelques mètres de la maison d'Edward, et lâche les vannes.
Je pleure de tout mon soûl.
Je pleure de chagrin. Ce qui est arrivé à Edward et sa famille, c'est juste épouvantable. Comment ne pas le prendre comme une punition pour lui ?
Je pleure de rage. Pourquoi a-t-il fallu que l'homme que j'aime soit indirectement responsable de ma faillite, et de celle de Sue et Harry, ainsi que tous mes voisins. Ses décisions nous ont malgré lui amené à ce désastre. Il n'y est pour rien dans la mort de son père et de son frère. J'aimerais tout faire pour que sa conscience soit soulagée. Mais comment pourrais-je seulement le regarder sans penser que s'il n'avait pas signé ce foutu papier, les choses se seraient déroulées autrement. A mes yeux, à cet instant, il est malheureusement responsable de ça.
Je pleure de déchirement. Parce que malgré tous ces obstacles entre nous, je réalise maintenant que je ne me sentais complète qu'avec lui.
Bon... c'est pas tout à fait la joie, mais au moins, Edward est hors de cause... non ?
Bon fin de semaine, bon week-end et à la semaine prochaine :)
