Disclaimer : Twilight et ses personnages appartiennent à Stephenie Meyer.
Coucou tout le monde ! J'espère que vous allez bien ! Certaines d'entre vous sont peut-être au bord de la piscine ou de la mer, au soleil... comme je vous envie !
Bon par contre, j'ai une mauvaise nouvelle... que vous soyez en vacances ou non, ce sera quand même le dernier chapitre... restera l'épilogue ensuite :'(
Pour en revenir au chapitre précédent et pour reprendre l'expression de Lisa, vous avez pour une grande partie changé de personne à abattre lool !
Je suis d'accord avec vous toutes... Bella a eu raison parce qu'elle est restée fidèle à elle-même, et il est temps qu'Edward fasse son deuil et honneur à son père et son frère, mais elle y est franchement pas allée avec le dos de la main morte (- c'est fait exprès !)... j'ai juste cherché à lui donner la réaction la plus crédible possible à mon sens... l'être humain ne se comporte pas toujours avec la plus grande noblesse...
Désolée, je suis un peu bavarde aujourd'hui ! Je vous laisse lire tranquillement ;)
– 'pa... tu t'réveilles ?... Il faut qu'tu t'lèves...Viens on rentre... A l'aaaaaaaaaaide ! Si' vous plait ! Si' vous plait...
Quand j'arrive à me retenir de pleurer à cause de la détresse dans la voix de Simba, le voir se coucher sous la patte inerte de Mufasa me donne généralement le coup de grâce.
– C'est un accident... je... j'voulais pas c'qui est arrivé...
Pourtant aujourd'hui, je n'ai pas de larmes pour le petit lionceau aux yeux ambrés, je les retiens pour l'homme aux yeux verts que je vois à travers lui.
Je ne dois pas y penser...
Pourquoi a-t-il fallu que l'homme que j'aime soit indirectement responsable de ma faillite...
Le voilà le problème. Depuis mes quelques émois adolescents, je crois bien que c'est la première fois. Et ça fait un mal de chien.
Depuis trois mois, j'ai l'impression de me traîner, même si j'ai été plutôt occupée avec le déménagement du local.
Jacob est venu m'aider à démonter le plus gros du matériel. Il a été génial... Jacob quoi ! Rentre-dedans, blagueur... un vrai rayon de soleil. Et zéro question. Il continue à débarrasser le cabinet – seul puisque j'étais visiblement un peu trop dans ses pattes – et a accepté de le stocker dans son atelier en attendant...
En attendant quoi ?
Je devrais me résoudre à le vendre...
Je devrais me résoudre à partir...
Me rapprocher de mon père ou de ma mère...une fois qu'ils ne m'en voudront plus de ne leur avoir rien dit. Je suis pas sûre de pouvoir supporter les regards désapprobateurs en coin de mon père, surtout si en plus il fait frémir sa moustache.
– Allo ?
– Bella ?
Tiens tiens... du malaise dans la voix de Jake... pas bon signe ça !
– Euh... y a un type qui te cherche...
Je me pince l'arrête du nez alors que mon cœur fait un double salto.
Non !
Non... non... non... non. Pas maintenant. Pas après trois mois de silence radio.
– ...il dit qu'il est de Platt Immobilier...
Je souffle. Ce n'est pas lui... Sûrement mon bourreau, ce ventripotent de Jenks qui veut savoir quand j'aurai débarrassé le plancher. Mes poils se dressent sur mes bras.
– C'est bon, passe-le moi.
– Mademoiselle Swan ?
Cette voix... légèrement éraillée. Ce ton... un poil plus sombre.
Ce n'est pas Jenks.
Surprise, perdue, je bafouille :
– Oui... euh oui... vous êtes ?
– Bonjour, permettez-moi de me présenter, Garrett Forks, vice président de Platt Immobilier. Mademoiselle Swan, je souhaiterais que nous nous entretenions afin de discuter plus amplement des modalités de votre départ. Pourrions-nous envisager une rencontre? Votre date sera la mienne puisque je suppose que vous êtes actuellement très prise par votre déménagement, mais si nous pouvions nous voir rapidement, ce serait idéal.
La considération avec laquelle il s'adresse à moi est quelque peu déroutante. Ce n'est pas ce à quoi je suis habituée avec Platt. Même si le résultat est le même.
– Vous êtes sur place, vous devez donc bien vous apercevoir que c'est bientôt terminé et que je vais avoir beaucoup de temps libre grâce à vous.
Un rire gêné me parvient à l'oreille.
J'y suis allée un peu fort...
– En effet oui. Voilà pourquoi il est urgent que nous puissions nous voir le plus rapidement possible.
Je soupire. J'ai tellement hâte que tout ça soit terminé.
– Je peux vous voir demain si vous voulez.
– C'est parfait. Je vais vous donner l'adresse. Je vous invite à prendre de quoi noter.
– Je ne sais malheureusement que trop bien où sont vos locaux Mr Forks.
– Sauf votre respect, Mlle Swan, nous ne nous rencontrerons pas chez Platt.
C'est quoi encore cette embrouille ?
– Oh... bien... euh, ne quittez pas s'il-vous-plaît.
Je griffonne l'adresse au dos du premier emballage vide de plaque de chocolat qui me tombe sous la main, raccroche et éteins brusquement la télévision alors que les premières notes de Can You Feel The Love Tonight commençaient à résonner.
Ce n'était pas lui...
oOo
Le lendemain, après une nuit aussi agitée que les précédentes à rêver qu'un troupeau de gnous aux yeux émeraudes me passe sur le corps, je prends la direction de l'est de la ville, à l'opposé de là où se trouvait le cabinet.
L'impression de boule au ventre s'est renforcée quand je suis passée dans les beaux quartiers, devant la maison des Cullen. J'ai bien failli m'arrêter sur le bord de la route pour rendre mon petit déjeuner. Je n'ai pu m'empêcher d'y jeter un œil, remarquant sa Volvo argentée bien garée dans l'allée.
Il est à la maison, autrement dit, on a jamais été physiquement aussi près l'un de l'autre depuis la dernière fois que je me suis trouvée ici.
Quand je l'ai quitté.
Habituellement, quand je terminais une histoire, je me réfugiais dans le travail. Et surtout, ce n'était jamais très grave. La plupart du temps, je m'étais presque forcée à m'investir dans la relation à la base. Ici, il s'était passé l'inverse, j'avais lutté contre mes sentiments, pour finalement capituler et sans doute passer les meilleurs moments de ma vie d'adulte, même avec une épée de Damoclès nommée Platt au-dessus de ma tête.
Bon sang mais qu'est-ce que j'ai fait ?
Edward me manque terriblement. Plus encore que mon boulot. Il est ma première pensée dès que j'ouvre les yeux. Avant lui et avant le tout premier courrier de Platt, je pensais à mon emploi du temps. Avant lui et après avoir appris mon expropriation, je pensais à ce que je pouvais faire pour sauver ma peau. Aujourd'hui, je pense à ce qu'aurait pu être notre histoire s'il n'était pas lié à Platt.
Vous êtes arrivé à destination.
Je repère un troquet, sûrement l'endroit de notre rendez-vous, me gare à proximité et me dirige vers l'entrée.
– Mademoiselle Swan ?
Je me retourne sur un homme en trench coat foncé qui traverse la route en courant. Il est grand, une bonne quarantaine d'années, et bien plus sexy que Jenks, même avec la barbe grisonnante.
Il s'arrête devant moi, essoufflé.
– Je vous prie de m'excuser, je n'ai pas pour coutume de héler les jeunes femmes dans la rue. Je ne voulais pas risquer de vous manquer.
Son élégance me frappe en premier, puis ce sont ses yeux noisettes, doux, son regard bienveillant qu'il m'adresse alors qu'il me tend la main.
– Garrett Forks, je suis plus qu'enchanté de faire votre connaissance.
Je me suis entraînée à le détester hier soir, après son appel. Même avec la bonne impression qu'il m'avait laissée au téléphone, il restait l'ennemi. Maintenant que je l'ai en face de moi, je n'en suis plus très sûre.
C'est une impression que j'ai déjà expérimentée... avec Edward...
Edward n'est pas l'ennemi...
Si, il l'est, c'est plus facile comme ça.
Mal à l'aise, je le salue brièvement, espérant que mes mains ne sont pas trop moites.
– Isabella Swan...
Génial, ils m'ont envoyé le gentil cette fois...
Je m'apprête à entrer dans l'établissement alors qu'il repart dans le sens opposé.
– Allons-y si vous le voulez bien.
J'ai la tête qui tourne, je me sens mal, je veux rentrer chez moi, je veux que tout ça se termine.
Qu'essaient-ils de faire ?
– Mr Forks, j'avoue que je suis un peu perdue, quel est le but de ce rendez-vous ?
Il ouvre la porte d'un bâtiment, se tourne vers moi, me lance un regard et un sourire énigmatiques puis me tient la porte.
– Après vous, je vous prie.
Sceptique, je passe la porte. Mes pas résonnent sur le carrelage de l'immense pièce vide. La hauteur sous plafond est impressionnante.
Garrett Forks ouvre les volets roulants, la pièce est inondée de lumière par les rayons du soleil qui se reflètent sur les murs blancs.
– Bien sûr, il y aura des travaux à faire. Platt Immobilier est prêt à en financer une grande partie, en dédommagement.
J'ai bien une vague idée de ce qu'il est en train de laisser entendre. Mais j'ai eu tant de faux espoirs récemment.
– Vous voulez dire que...?
– Mademoiselle Swan, si cela vous convient, Platt immobilier est tout à fait disposé à vous louer ce local, pour votre cabinet.
Le cœur battant à tout rompre, je tourne sur moi-même, m'imprégnant à 360° de l'image de la pièce, imaginant le bureau d'Angela, l'étagère avec les croquettes...
– Attendez une minute... Pourquoi maintenant ? Où est Jenks ? Et les autres commerces du quartier ? Avez-vous assez de locaux pour reloger tout le monde ?
Garrett Forks sourit toujours, tout en secouant la tête face à mon entêtement.
– Une question à la fois Mademoiselle Swan. Jerry Jenks ne fait plus partie de notre société. Sans entrer dans les détails, il a été découvert d'étranges transactions dans nos comptes.
Pourri jusqu'au bout des cils...
– Plusieurs arrangements financiers sont en cours avec les autres commerçants, à hauteur de nos possibilités bien entendu. C'est malheureusement le seul local dont nous disposions actuellement. Nous vous le proposons à vous en priorité car... disons que quelqu'un qui semble beaucoup vous apprécier, Mademoiselle Swan, tenait personnellement à vous aider.
Il m'adresse un clin d'oeil et je me sens rougir jusqu'à la racine des cheveux.
A cet instant, plusieurs émotions me submergent. Un immense soulagement de voir enfin la lumière au bout du tunnel. Une légère gêne, de pouvoir bénéficier seule de cette chance, même si mes voisins ont quand même droit à une compensation. Et une pointe de fierté...
Je dois savoir.
– Est-ce que... est-ce que ça veut dire qu'Edward a repris en main Platt Immobilier ?
Quelques bruits de pas proviennent de l'extérieur, et je suis surprise de voir Emmy passer la porte du bâtiment. Ses yeux s'illuminent quand elle me voit et tout naturellement, elle m'embrasse.
– Docteur Bella !
Ma peau me picote et mon cœur accélère encore sa course tandis que le regard de Garrett Forks s'éclaire lui aussi.
– Voilà quelqu'un qui va pouvoir répondre à votre question.
Je n'ai pas le temps de paniquer qu'il se tourne déjà vers la porte.
– Je vous prie d'excuser mon retard, cette demoiselle ne savait plus où elle avait mis ses chaussures.
Ces yeux verts... ce sourire...
Ça ne peut-être que...
– Esmé. Je suis ravi de te voir.
Garrett Forks la serre dans ses bras. Peut-être un ou deux dixièmes de secondes de trop pour que ce soit juste une étreinte amicale. Et quand ils se regardent, les yeux brillants, mes doutes se confirment. Je me sens de trop.
Emmy est déjà assise par terre et fait dialoguer ses poupées.
Madame Cullen détourne enfin son regard de Garrett, et se tourne vers moi, un sourire éblouissant sur les lèvres.
Elle souffle d'une voix émue :
– Bella, vous êtes vraiment magnifique...
Je n'ai pas le temps de répondre qu'elle me prend dans ses bras.
– Je ne saurai jamais comment vous remercier.
Les ondes de pure gentillesse qu'elle dégage, sa chaleur, sa douceur me donnent envie de pleurer.
Je ne suis visiblement pas la seule puisque quand elle me relâche, elle se tapote les paupières inférieures avec un mouchoir en tissu immaculé, mais rit :
– Excusez-moi, je suis tellement honorée de faire votre connaissance. Je suis la mère d'Edward.
Elle est d'une classe à faire pâlir la Reine d'Angleterre dans son tailleur crème qui contraste avec ses cheveux ambrés.
Je lui tends une main pas très sûre. Elle la saisit de ses deux mains, affectueuse.
– Madame Cullen...
Je prends conscience que ce rendez-vous prend une tournure des plus surréalistes.
Je me trouve dans ce qui sera vraisemblablement mon nouveau cabinet, la mère d'Edward en face de moi et j'ai peur de me réveiller.
Ce n'est pas un rêve...
Mais mon cœur se serre tout de même. La personne avec qui j'aurais aimé partager tout ça n'est pas là, et j'en suis la seule responsable.
Comment Madame Cullen peut elle me regarder avec autant d'admiration tandis que moi j'ai l'impression d'avoir frappé son fils alors qu'il était déjà plus bas que Terre.
– Appelez-moi Esmé je vous en prie. Bella, j'aimerais vous offrir un café, avez-vous encore un peu de temps devant vous ?
Et pourtant, elle me met tellement à l'aise.
– Hum... oui, bien sûr...
– Garrett ? Tu te joins à nous ?
Je ne sais pas s'il a arrêté de la regarder depuis qu'elle est arrivée.
– Je vais vous laisser papoter entre femmes. J'emmène Emmy faire un tour, vous serez plus tranquilles.
Il adresse un clin d'oeil à Esmé qui rosit voyant que j'assiste, éberluée, à leurs échanges. Elle toussote :
– Bien, allons-y.
Je me retourne une dernière fois vers la grande pièce, et sans que je puisse le contrôler, je souris.
oOo
Il faut qu'elle arrête de me regarder en souriant comme ça, j'ai l'impression d'être un monument historique...
– Alors Bella, vous pensez que le local pourrait vous convenir ?
Je repose ma tasse. J'ai pris un café, bien qu'avec tout ça, un shooter m'aurait fait le plus grand bien, même à onze heure du mat'.
Le quartier a l'air chouette, le local a besoin d'être aménagé en conséquence, mais...
– Je pense que oui.
Je soupire, elle a l'air d'être quelqu'un avec qui on peut parler franchement.
– Ça vient de vous alors ? Edward...
– J'ai demandé à Garrett de me rendre ce service. Edward n'est pas au courant... pour l'instant.
J'ai donc échoué finalement. J'ai cru que tout ce qu'il se passait, le licenciement de Jenks, l'arrivée de Garrett, le local... j'ai cru que tout ça voulait dire qu'Edward avait repris en main Platt Immobilier... et sa vie. Je reste persuadée que c'est ce qui lui permettrait de ne plus être rongé par la culpabilité.
Les choses s'arrangent pour moi, mais pas pour lui.
– Merci Esmé, merci beaucoup. Vous m'enlevez une sacrée épine du pied.
Elle attrape ma main.
– Merci à vous Bella...
Je relève la tête, surprise par ses remerciements alors que c'est elle qui m'aide. Sa voix douce se casse légèrement. Mais elle ne se départit pas de son sourire.
– … vous m'avez rendu l'unique fils qu'il me reste.
– Je lui ai fait du mal.
– Je pense tout l'inverse. Vous avez réussi là où nous avions tous baissé les bras. Nous avons toujours pris soin de ne pas le bousculer, espérant qu'il avait juste besoin de temps. Visiblement, il avait besoin d'autre chose...
Elle me fait un clin d'oeil, sous-entendant que je suis cette autre chose, déclenchant mon rougissement. J'en suis moins sûre. Je repense à Edward, devant sa maison quand je l'ai laissé. Quand je l'ai quitté. Il se sentait coupable de la mort de son frère et de son père, et je l'ai rendu responsable de mes problèmes.
– Bella, c'est la première fois depuis bien longtemps que je le vois se battre pour obtenir quelque chose, à part avec Emmy pour le dernier biscuit au chocolat.
Je ris doucement, les imaginant tous les deux. Esmé m'accompagne :
– Voilà un sourire !
J'adore cette femme !
Elle a l'air forte, malgré tout ce qu'elle a vécu.
Après quelques secondes de silence, je me permets de lui poser la question :
– Comment va-t-il ?
– Il prend ses marques, c'est tout nouveau pour lui. Mais il est bien entouré. Contrairement à ce qu'Edward pense, il ressemble beaucoup à son père. Ils partageaient les mêmes valeurs. Il sera un bon PDG.
Quoi ?
– Alors il a repris son poste ?
Pourquoi ne m'a-t-il rien dit ?
Le sourire d'Esmé s'agrandit encore, je n'aurais jamais cru que c'était possible.
– Doucement mais sûrement, oui. Et c'est uniquement grâce à vous.
Puis elle prend soudain un air plus sérieux.
– Bella, je sais bien que ça vous paraît compliqué... mais croyez moi, ça ne l'est pas. Vous avez aujourd'hui la possibilité de vivre une belle histoire... donnez-vous une nouvelle chance. Je dois vous avouer que je ne vous ai pas aidée de manière totalement désintéressée... Vous n'avez plus d'obstacle désormais. J'ai vu revenir l'éclat dans les yeux de mon fils, ne le lui ôtez pas de nouveau, s'il-vous-plaît...
Plus d'obstacle...
Voilà voilà... bon pas beaucoup d'Edward... et pourtant, on sent bien qu'il est là non ?
Allez, les choses ne s'arrangent pas toujours d'un claquement de doigt comme dans Joséphine (quoique Esmé en a un petit air vous trouvez pas ?)
(Désolée, je suis énervée mais je pars en week end avec mes copines, et je suis supeeeeer contente !)
Du coup, je l'ai pas fait là haut mais merci à toutes de me suivre et de me laisser des petits messages ;) merci à Ptiteaurel, Nicolisandra et Lilipucia.
Je vous embrasse bien fort.
