Bonjour !

Voici le deuxième chapitre, j'espère qu'il vous plaira autant que le premier. Merci beaucoup pour les reviews ! Vu que la majorité d'entre vous est pour que je laisse comme ça, alors je laisse comme ça ;-) C'est sympa d'avoir répondu à mes questions et vos mots m'ont fait énormément plaisir (petit clin d'œil à Electre1964 et son mixeur qui m'ont bien fait rigoler ;-)

Pour répondre à SherlockSteph, oui il y a 11 chapitres mais Succi a écrit un peu avant une OS dédié à Helen Louise, peut-être as-tu lu celle-ci :-)

Je pars aujourd'hui pour deux semaines donc pas de nouveaux chapitres dans les prochains jours mais promis, je rattraperais le temps perdu dès que je serais rentrée ^^

Bien, vous allez à présent faire la connaissance d'un autre personnage, lui aussi, un peu particulier...

Disclaimer : Sherlock ne nous appartient pas. Succi me prête sa plume pour que je traduise sa fanfiction ^^

Bonne lecture !

Chapitre 2 : L'au delà d'après Billy le crâne

Billy le crâne s'était attendu à ce que la vie après la mort soit faite de nuages légers, de tempêtes de feu ou même de réincarnations en ver de terre, mais pas comme ça ! Il n'aurait jamais cru se retrouver sur le manteau de cheminée de l'appartement d'un sociopathe de haut niveau.

Billy ne pouvait pas vraiment se rappeler comment il en était arrivé là. Son précédent propriétaire – si on pouvait l'appeler ainsi – avait été un homme bon mais mortellement ennuyeux, vivant à la fin du XIXème siècle.

Comment il était mort, il ne le savait pas non plus. Juste avant, il marchait à travers les ruelles de Whitechapel, la suite avait été une lumière blanche aveuglante puis les ténèbres – très, très, très longues.

Et la première chose ensuite dont il pouvait se souvenir, c'était aussi l'obscurité, mais cette fois c'était des cheveux sombres et bouclés, attachés à la tête de son nouveau propriétaire : Mr William Sherlock Scott Holmes, détective consultant. Il l'avait sorti d'une boite avec ses longs doigts fins, mis sur le manteau de sa cheminée et lui avait donné le nom de Billy.

Billy ne savait pas pourquoi il l'avait appelé ainsi (il était sûr que ce n'était pas le prénom de son premier propriétaire) mais il n'avait pas objecté (non pas qu'il le pouvait réellement) parce qu'il l'aimait bien.

Billy mit du temps à s'accommoder au monde moderne. Il venait d'une époque où les hommes portaient toujours des chapeaux et les femmes de longues robes. Et maintenant, tout le monde est quasiment... nu. Et toutes ces choses comme la télévision et les ordinateurs – il y a même des femmes vraiment nues là-dedans !

D'une certaine manière, Sherlock Holmes semblait être lui aussi de la vieille école et peut-être était-ce pour cela que Billy se sentit vite chez lui au 221B.

Au début, ils avaient été seuls tous les deux et le crâne était généralement l'unique interlocuteur du détective consultant – à part les rares fois où son frère aîné Mycroft Holmes et son parapluie montraient le bout de leur nez. Honnêtement, quelles sortes de prénoms sont Sherlock et Mycroft ?! Je veux dire, à quoi pensaient leurs parents ? Mais je me rappelle que le meilleur ami de mon ancien propriétaire au East India Club s'appelait Rudyard.

Cependant, si Billy aimait leur solitude, il savait d'une certaine manière que Sherlock, lui, désirait ardemment une compagnie vivante – même s'il ne l'aurait jamais admis, pas même devant Billy.

Alors, lorsqu'un après-midi où celui-ci ne pouvait plus supporter son propriétaire qui torturait une fois de plus son violon, il lui hurla de se trouver un animal de compagnie. De toute évidence, le détective consultant avait entendu Billy car le jour suivant, il avait ramené John Watson chez eux.

Billy aima le médecin militaire dès le début. Il était amical, bon et avait même été capable d'apprendre à Sherlock Holmes quelques bonnes manières. John avait commencé à aider le détective consultant à résoudre des crimes et tenait un blog (une autre de leurs inventions) à propos de ça. J'ai entendu dire qu'il était beaucoup plus intéressant que celui de Sherlock. Ce fut ainsi que Baker Street devint le foyer de trois bachelors.

Le style de l'appartement était... inconventionnel, pour ainsi dire. C'était un mélange de vieux livres, de globes et d'équipement modernes. La chose que Billy détestait le plus était la tête peinte sur le mur opposé. Je veux dire, qu'est-ce que ça peut représenter? Ce n'est même pas un bon portrait (les proportions sont totalement fausses) et ce n'est pas assez défiguré pour pouvoir qualifier ça d'abstrait. On dirait un style pop art étrange. Quand j'étais encore avec mon premier propriétaire, l'art était toujours de l'art...

Comme le détective avait un job intéressant et était lui même intriguant, on ne s'ennuyait jamais au 221B. Billy avait même parfois de la compagnie : mains, oreilles, globes oculaires et même une fois, une tête (cependant, l'ennuyeux médecin militaire avait obligé Sherlock à la rapporter à la morgue, car ce n'était pas « hygiénique de la stocker dans le frigo »... Mais où d'autre pouvait-on la mettre ?

Ne vous inquiétez pas, Sherlock n'est pas une sorte de nécrophile ou encore un nécromancien (dommage, ça aurait pu être vraiment intéressant). Non, il ramène des membres à la maison pour faire des expériences pour son travail et écrire des articles pour son blog là-dessus. Je n'en ai encore jamais lu mais j'ai entendu dire qu'ils étaient soporifiques.

Billy le crâne aimait donc beaucoup cet au-delà au 221B – sauf Mrs Hudson, la non-gouvernante qui essayait souvent de le remettre dans la boite sombre d'où il était venu. Mais quand elle avait fini par retrouver la tête dans le frigo, elle réalisa qu'il y avait bien d'autres choses plus inhygiénique dans cet appartement qu'un crane propre (Billy insistait beaucoup sur l'hygiène corporelle).

Puis, cela arriva. Son propriétaire bien-aimé et lunatique disparut – et à en croire les commérages (ou plutôt les sanglots choqués), il était parti pour de bon. Dès lors, la vie à Baker Street devint d'un ennui mortel.

Au début, Billy s'attendait à ce que John Watson revienne y vivre, mais il ne le fit pas. Alors le crâne avait commencé à s'inquiéter de savoir si l'appartement allait trouver de nouveaux propriétaires et s'il allait finir ses jours dans un bac à compost. Mais ça aussi, cela n'arriva pas.

Personne ne vint – jamais. Pas même John, ni Mrs Je-ne-suis-pas-votre-gouvernante, ni l'homme aux cheveux gris, ni même la timide pathologiste qui en pinçait pour le détective consultant supposément mort. (Billy aimait bien la légiste car elle le chouchoutait toujours lorsqu'elle venait à Baker Street)

C'est pourquoi, pendant les deux ans d'absence de Sherlock Holmes, Billy le crâne s'était ennuyé à mourir (sans vouloir faire de jeu de mot). Pendant ce temps, Billy avait compté toutes les fleurs de lys chocolat noir sur le papier peint (76) et à la fin, il était convaincu que le smiley jaune se payait sa tête. Je comprends parfaitement maintenant pourquoi Sherlock lui tirait dessus !

Il avait essayé d'avoir une conversation avec le crâne d'antilope accroché au mur, mais sa tentative resta infructueuse, vu qu'il ne pouvait même pas l'entendre à cause de son casque.

Alors, même si Billy s'était senti méprisé par lui, il avait commencé à parler au bonhomme jaune, sachant que c'était également inutile. Néanmoins, cela l'avait réconforté. On ne pouvait nier l'ironie du sort : Sherlock parlant à un crâne dont il ne comprenait pas le langage et Billy parlant à un smiley qui ne pouvait pas lui répondre.

Puis un beau jour, Mrs Hudson et John Watson étaient entrés dans la pièce et avaient ouvert les rideaux. John lui avait alors confié qu'il allait se marier.

Avec une femme ! Qui aurait pu pensé ça ?!

Et le lendemain, son propriétaire sociopathe fut de retour – entrant d'un pas désinvolte au 221B dans son Belstaff, avec ses cheveux bouclés et ses pommettes hautes (Billy avait toujours été jaloux des pommettes de Sherlock).

Ils furent tous de retour : l'inspecteur et la petite pathologiste (toujours amoureuse de Sherlock). L'étrange petite famille était à nouveau réunie.

Il n'échappa pas à Billy que Sherlock Holmes avait changé en deux ans d'absence – il était plus gentil – d'une certaine manière.

Même si Billy et lui étaient de nouveau les seuls à occuper l'appartement (John vivant avec sa fiancée Mary – une belle addition à la petite famille), Sherlock semblait s'en accommoder. John Watson le visitait parfois et Mrs Hudson venait plus fréquemment à l'étage. Sherlock et John continuaient à résoudre affaires après affaires et le jour du mariage de John approchait.

Un jour, Sherlock Holmes rapporta à la maison un œil – avec qui Billy eut une intéressante conversation sur la vie (avant que Sherlock ne crame Steve le globe oculaire – qui avait toujours voulu être appelé ainsi – avec un bec Bunsen) et John Watson demanda ce jour là à Sherlock de devenir son témoin.

Le détective consultant avait tout d'abord été bouleversé mais avait accepté. Et depuis lors, Billy avait remarqué d'autres changements chez son propriétaire.

Il avait toujours été bizarre mais dernièrement, cela s'était empiré : la chose la plus étrange venant de Sherlock avait été d'apprendre sur Youtube comment plier des serviettes en cygne ou en Opéra de Sydney. C'est à partir de là que Billy avait commencé à se soucier de l'équilibre mental de son propriétaire.

Billy était d'ailleurs juste en train de réfléchir à ce qui pouvait se passer dans l'esprit complexe du détective consultant lorsque la porte de l'appartement s'ouvrit et celui-ci entra à grande enjambée suivi de son blogueur qui ne semblait pas très content. Ah, on dirait qu'ils reviennent d'une scène de crime !

Sherlock jeta son manteau en travers de l'accoudoir du canapé et s'allongea lui-même dramatiquement, se massant les tempes. John sembla préférer rester debout avec son manteau. Il croisa les bras.

« Sherlock, ce n'était pas nécessaire. »

« Définis moi ce que tu appelles nécessaire »

John lui fit les gros yeux. « Tu sais parfaitement de quoi je veux parler ! C'était un mariage où la mariée et son père sont morts. Tout le monde était choqué et toi, tu as insulté la famille en critiquant leur choix de fleurs ! »

Sherlock ôta ses mains de son crâne et grogna : « Mais c'était absolument hideux ! »

« Le muguet est une fleur typique de mariage. Il symbolise la pureté. »

« Tu voix, totalement incongrus pour cette mariée. De plus, ce sont des plantes vénéneuses. Je ne voix pas comment on peut trouver un semblant de romantisme à ça. » Sherlock se pencha en arrière et ferma les yeux, alors que John s'en alla vers la cuisine, s'y servit un verre d'eau et prit une gorgée.

Ça a l'air d'être une affaire très intéressante: un double meurtre lors d'un mariage. Et ça, juste avant le propre mariage de Watson...excitant ! Et je suis totalement d'accord avec Sherlock : Le muguet est la fleur la plus barbante que l'on puisse choisir pour un mariage !

John revint vers le salon. « Alors, tu as déjà une piste. » L'eau semble l'avoir calmé.

Il s'assit dans son fauteuil. Il ne vit plus ici donc théoriquement ce n'est plus son fauteuil. A ce propos, quand est-ce que j'aurai mon fauteuil ?! »

Le détective consultant ronchonna : « A peu près six idées différentes. »

Le docteur le regarda, semblant attendre quelque chose. Puisque Sherlock décida de rester silencieux, John le pressa : « ça t'ennuierait de les développer ? »

Le détective ouvrit les yeux. Sa voix montra un ennui profond. « Le meurtrier de la mariée avait tout planifié. Celui qui a tué le père l'a fait sur une pulsion. Peut-être est-ce le marié. Statistiquement parlant, c'est le plus probable. »

John était à son chevet : « Mais il n'aurait pas tué sa femme le jour de leur mariage ! »

Sherlock leva les yeux au ciel. Il lui parla alors comme s'il expliquait quelque chose à un enfant : « Je ne parle pas de la mariée mais du père. La mariée a de toute évidence été tuée par une femme. L'empoisonnement est une technique de meurtre typiquement féminine. »

John inclina la tête sur le côté et une lueur de moquerie traversa son regard. « Je pensais que tu ne croyais pas en ces clichés ? »

« La probabilité, mon cher Watson. « Il devrait s'adresser comme ça à lui plus souvent, je trouve ça drôle. »

Le médecin militaire ne semblait pas être d'accord avec Billy car il tira la tête.

Le téléphone de Sherlock indiqua un nouveau message. Il le regarda et déclara : « Molly vient juste d'avoir les résultats. »

Sans attendre une réponse de la part de John, il se leva, mit son manteau et sortit. Son blogueur soupira profondément, posa le verre qu'il venait de reprendre en main sur la table basse (Mme Je-ne-suis-pas-votre-femme-de-ménage va se mettre en colère contre toi pour ne pas avoir utilisé de sous verre !) et quitta également l'appartement.

Voilà comment finissent généralement les conversations intéressantes au 221B. Sherlock Holmes partant précipitamment, John Watson le suivant et moi restant derrière, inerte et ignorant...

A suivre !