Alors je vais répondre au reviews en MP car je savais pas que fallait pas le faire sur les chapitres.

Claudia: Merci beaucoup, beaucoup. Désolé pour l'attente.

Delphine: Désolé pour l'attente, j'ai du mettre ta patience à rude épreuve.

Je remercie Archi pour son aide sur ce chapitre. J'ai trouvé une correctrice alors je reprends le rythme de publication cad le samedi ou le dimanche.

Bonne lecture.

Disclaimer : tout est à J.K Rowling.

Bêta : Archimède

7. Prise de conscience

Albus ne savait pas quoi répondre. Lui, le sorcier le plus puissant de ce siècle, n'avait pas la réponse à la question que lui posait Hermione. Il n'avait pas connu de harpie. Il ne connaissait que les contes et avait entendu parler de certaines choses, mais il n'avait pas les réponses aux interrogations d'Hermione. Le regard coléreux de la jeune fille posé sur lui le fit se sentir coupable. Jamais il n'aurait pensé que cela tournerait comme ça. Il se sentait responsable de ces jeunes.

- Miss Hubbard, je ne sais pas quoi vous dire. Non, je ne savais pas que ceci allait arriver. Non, je ne connais pas l'étendue de vos pouvoirs. Sachez que je suis sincèrement désolé de ne pouvoir apporter de réponses à vos questions.

- Vous voulez me faire croire que vous ne savez rien ? s'énerva Hermione.

- Je ne sais rien de plus que ce que je vous ai déjà dit. Mais je vous promets de faire des recherches. Pour ce que je sais, il y a beaucoup de ressemblances entre les Veelas et les harpies. La principale est cette volonté farouche de défendre son compagnon ou « nid »pour les harpies. Par contre, je n'ai jamais entendu parler de harpie avec deux compagnons, répondit le directeur.

Hermione était en colère, très en colère et elle ne se sentait pas en sécurité. Elle n'avait qu'une pensée en tête : partir pour mettre ses hommes en sécurité. Elle resserra la pression sur leurs mains qu'elle n'avait pas lâchées. Drago posa une main rassurante dans le bas de son dos alors qu'Harry caressait sa cuisse. Cela la calma et elle put demander :

- Que faisons-nous maintenant ? Pour l'instant, je n'ai pas confiance et je ne me sens pas en sécurité ici.

- Il existe des potions que les Veelas prennent afin de ne pas être dangereux pour les autres. Les Veelas sont assez surprotecteur et jaloux avant d'être unis à leur compagne ou compagnon. Peut-être que la même règle s'applique à vous. Peut-être que Severus en sait plus que moi. Il doit nous rejoindre pour dîner, il devrait être là dans peu de temps maintenant. Nous allons vous laisser seuls. Je pense qu'avec moins de pression, vous serez plus apte à écouter son discours.

Albus se leva doucement et incita tout le monde à faire de même. Lorsque la porte se referma, Hermione se détendit. Elle ressentait moins le besoin de partir. Elle savait que sa famille et les Weasley ne leur feraient jamais de mal mais elle ne pouvait s'empêcher de réagir comme ça. Elle recula dans le canapé et laissa sa tête retomber sur l'épaule de Drago. Celui-ci fit glisser sa main du bas de son dos à sa taille et la serra contre lui. Harry suivit le mouvement et posa sa tête contre le cœur d'Hermione. Elle lui caressa les cheveux distraitement en réfléchissant à toute cette histoire. Son cœur lui disait quelque chose et son esprit une autre. Son corps obéissait au plus fort des deux pour l'instant. Elle ferma les yeux. Elle n'était la sorcière la plus douée de sa génération pour rien, voyons ! Elle devait réfléchir, comprendre ce qui lui arrivait. Un point après l'autre.

Un : elle était une harpie à part entière. Comment expliquer ses pouvoirs et ses ailes sinon ?

Deux : elle ne maîtrisait pas du tout ses réactions et sentiments lorsqu'il s'agissait des deux garçons qui l'entouraient en ce moment.

Trois: deux garçons ! Elle avait deux garçons contre elle. Elle avait embrasé deux garçons ! Elle avait aimé les voir s'embrasser. Aie, aie, aie ! Elle se sentait honteuse d'être dans une telle situation.

Par Merlin, mais que lui arrivait-il ? Comment pouvait-elle ressentir cela avec autant de force ? La main de Drago sur sa taille et la tête d'Harry contre son sein, cela la comblait au sens propre du terme. Elle était si bien, si heureuse.

Et merde, merde, merde et re-merde ! Elle ne pouvait ressentir cela. Elle ne pouvait pas aimer deux garçons ! Encore Harry, c'était compréhensible, ils étaient amis depuis cinq ans mais Mal... Elle n'arrivait même plus à penser à lui par son nom de famille. Re-merde ! Drago, donc. Certes, elle avait vu son vrai visage mais il lui avait pourri la vie pendant ces cinq dernières années et là elle n'arrivait même plus à lui en vouloir.

Elle tourna la tête vers le visage de Drago. Il lui sourit si tendrement qu'elle dut se retenir de lui sauter dessus. Des papillons s'envolèrent dans son ventre et elle cessa de réfléchir. Son instinct ne pouvait pas se tromper à ce point. Si son cœur et son corps acceptaient cette situation, elle devait faire taire son cerveau. Alors Hermione rendit les armes et reposa sa tête sur l'épaule de Drago en soupirant puis caressa les cheveux d'Harry. Elle sourit lorsque Drago lui embrassa les cheveux.

Drago se laissa glisser en arrière et attira Hermione contre lui. Harry vint se blottir contre elle et il sourit. Cette situation devrait lui sembler étrange, il le savait, mais il n'arrivait pas à s'en convaincre. Il se sentait si bien ainsi. Hermione blottie contre lui. Harry prit sa main dans la sienne et il se sentit complet.

Comment était-ce possible ? Il détestait Potter. Ah ça faisait mal ! Merde alors ! Son cœur n'était pas du tout d'accord avec ce qu'il venait de penser. Il dut se rendre à l'évidence, la main d'Harry qui caressait la sienne était loin de le laisser indifférent.

Harry.

Depuis quand pensait-il son prénom et non son nom de famille ? Et depuis quand était-il heureux d'avoir deux Gryffondor contre lui ? Hermione tourna la tête vers lui. Salazar, qu'elle était belle ! Il ne put s'empêcher de lui sourire. Le désir qui traversa les yeux d'Hermione se répercuta en lui comme une onde de choc. Il allait se pencher pour l'embrasser mais elle reposa sa tête sur son épaule et soupira. Il posa un baiser sur ses cheveux et ferma les yeux.

Harry se sentait bien mais les questions qui tournaient dans sa tête demandaient des réponses. Il se décolla d'Hermione sans lâcher la main de Drago et les regarda. Hermione fronça les sourcils et Drago ouvrit les yeux.

- Je suis un peu perdu, dit-il. Qu'est-ce qui nous arrive ?

- Je ne sais pas Harry, dit Hermione. Je sais juste que je viens d'avoir le pire conflit intérieur de ma vie et que mon cœur a gagné. Je renonce à me battre. Je sais que la situation n'a rien de normal mais bizarrement, moi, je la trouve normale. Je me sens entière et forte.

- Moi aussi, je me sens entier. Mon cerveau a du mal à accepter ce rapprochement avec Drago, dit Harry. J'ai beaucoup de mal à croire que je l'ai embrassé.

- Je ne dirai pas que la situation me parait normale, mais je n'ai pas de honte à t'avoir embrassé Harry. J'apprécie autant les garçons que les filles. Ce qui me trouble, c'est de me sentir aussi bien avec deux Gryffis, dit Drago, goguenard.

- Les rumeurs étaient donc fondées, déclara Hermione. À partir de maintenant, tu ne t'approches de personne d'autre que moi ou Harry. J'étripe le premier qui vous approche de trop près. Fille ou garçon. C'est clair ?

- Jalouse, ma lionne ? rigola Drago.

- Tu ne sais pas de quoi je suis capable, Drago, menaça Hermione.

- Ne t'inquiète pas, je suis bien trop comblé actuellement pour penser aller voir ailleurs, la rassura-t-il en lui caressant la joue.

- Combien de personnes as-tu fréquenté ? demanda Harry, contrarié lui aussi.

- Beaucoup, dit-il avant d'ajouter tout bas : mais je n'ai jamais ressenti ça.

Drago baissa les yeux. Il n'aimait pas parler de ses sentiments. Il se sentait alors vulnérable et il avait horreur de se sentir faible. Un Malefoy ne montre pas ses sentiments. Un Malefoy est fort. Harry lui prit le menton pour le forcer à le regarder.

- Si tu n'as pas honte, c'est que tu as peur, annonça-t-il. Tu ne crains rien avec nous car je ne pense pas m'avancer en disant qu'Hermione ressent la même chose et moi aussi.

- Je t'ai détesté pendant si longtemps que mon cerveau refuse catégoriquement ce que mon cœur et mon corps ont déjà accepté. Je ne pensais pas être capable de t'aimer un jour, dit Hermione. Autant Harry, c'est plus facile. Il a toujours été mon ami. On se connait bien tous les deux. Alors de l'amitié à l'amour, c'est simple. Mais toi…

- Entre la haine à l'amour, il n'y a qu'un pas, dit Harry. Tu connais le dicton aussi bien que moi, Hermione.

Hermione hocha la tête. Puis elle se dégagea de l'étreinte de Drago et se leva. Elle se sentait coupable de leur faire subir ça. La déchéance pour Drago de se retrouver avec une Née-moldue et le Survivant, deux Gryffondor qu'il avait toujours méprisé. La honte pour Harry, il était déjà difficile de se faire accepter en ayant des relations normales, alors un trio ! Même si le monde magique tolérait beaucoup de choses, Harry ne méritait pas ça. Ils méritaient tous les deux une belle vie. Une vie simple.

- Je suis désolée, murmura-t-elle. Je ne veux pas vous embarquer là-dedans. C'est une vie de jugements et de moqueries que je vous apporte là. Je ne veux pas de ça pour vous.

Oui, elle les protégerait. Jusqu'à la mort s'il le fallait, mais elle ne leur imposerait pas une vie de sarcasmes et de railleries.

Drago regarda Hermione, interloqué. Il tourna la tête vers Harry et y vit le même étonnement sur le visage du brun. Il se leva et Harry l'imita.

Il ne savait pas quoi faire. Hermione semblait désemparée. Elle tournait en rond en murmurant des paroles incompréhensibles. Drago l'attira à lui et l'enlaça. Harry passa dans le dos d'Hermione et fit de même. Ils se regardèrent ne sachant quoi dire pour la réconforter. Hermione se mit à pleurer contre le torse de Drago. Cela les fit réagir. Harry lâcha Hermione et vint prendre place près de Drago. Celui-ci leva son bras gauche pour accueillir Harry et le reposa sur les reins du brun. Ils échangèrent un bref regard.

Harry souleva le menton d'Hermione de sa main droite alors que son bras gauche l'enlaçait. Elle leva des yeux tristes à mourir vers eux. Harry essuya ses larmes et Drago dit tout bas :

- Hermione, tu ne peux faire ce choix à notre place. T'es-tu demandée si nous étions d'accord avec ça ? Je… je

- Nous t'aimons, dit Harry venant au secours de Drago. Je t'aime et je n'ai pas envie d'être séparé de toi. Certes, je n'ai pas été élevé pour avoir un esprit très ouvert. Mais je ne connaissais rien à ce monde il y a encore cinq ans. Le monde magique à ses propres règles. Peut-être que l'une d'elles nous protégera.

- Si nous sommes considérés comme les Veelas, nous serons acceptés et même enviés par les autres sorciers. L'amour d'un Veela est un amour pur et inconditionnel. Beaucoup tuerait pour vivre cela, dit Drago. J'ai du mal à parler de mes sentiments mais ce que je ressens pour vous dépasse l'entendement. Alors, je n'ai pas peur et tu ne dois pas avoir peur Hermione. Nous sommes là pour toi et l'un pour l'autre.

- Je suis d'accord avec Drago, dit Harry.

Hermione éclata de rire. Les garçons la regardèrent comme si elle devenait folle. Une fois la crise passée, elle dit avec des hoquets dans la voix :

- Je n'aurais jamais cru t'entendre dire être d'accord avec Drago un jour.

Les garçons rigolèrent à leur tour. Hermione les attira à elle et ses ailes se déployèrent toutes seules. Les garçons enfouirent leurs visages dans son cou. Ils se sentaient en sécurité comme ça, caché du monde derrière les plumes d'or. Drago ne put s'empêcher de poser ses lèvres sur la peau tendre où palpitait la veine d'Hermione. Elle sentit la chaleur se diffuser dans ses veines et pencha la tête sur le côté pour laisser plus de place à la bouche de Drago. Se faisant, elle poussa la tête d'Harry qui, lorsqu'il vit le visage d'Hermione avec cette expression d'abandon total, dut se retenir de lui sauter dessus. Il se pencha doucement et passa sa langue sur ses lèvres. Hermione gémit et ouvrit spontanément la bouche. Harry ne se fit pas prier pour y glisser sa langue. Il caressa la langue d'Hermione, suçota ses lèvres, les mordilla.

Hermione ne savait plus où donner de la tête entre la bouche d'Harry qui ravageait la sienne et celle de Drago qui explorait son cou. Elle flottait. Drago remonta sa mâchoire en y laissant une trainée humide. Lorsqu'il arriva à ses lèvres, Harry stoppa le baiser. Hermione grogna et ouvrit les yeux pour les voir s'embraser. Cette vision envoya un éclair dans son bassin et elle gémit. Drago lâcha les lèvres d'Harry et plongea ses yeux bleus comme un ciel d'été dans les siens. Harry posa plusieurs baisers sur la mâchoire du blond et remonta jusqu'à son oreille. Drago ferma les yeux et ce fut trop pour Hermione. Elle se haussa sur la pointe des pieds et embrassa sauvagement Drago.

La bouche d'Harry dans son cou, sa main sous sa chemise caressant son dos et le baiser passionné que lui donnait Hermione mit Drago dans un état pire que tout à l'heure. Son pantalon étouffait son érection, le faisant souffrir. N'y tenant plus il fit glisser sa main sur la hanche d'Hermione puis sur ses fesses qu'il agrippa et se mit à malaxer. Hermione se colla encore plus contre lui et gémit dans sa bouche. La main d'Harry descendait de plus en plus bas, le mettant au supplice. Une autre main vint se poser sur son ventre puis descendit doucement.

Ils ne se rendirent pas compte qu'ils étaient parfaitement synchrones. La main de Drago lâcha Harry pour venir se poser sur les côtes d'Hermione avant de se diriger vers ses seins en même temps que celle d'Hermione trouvait le torse d'Harry et descendait. Drago posa sa main sur le sein d'Hermione et le pressa doucement. Elle gémit et posa sa main sur la bosse qui déformait le pantalon d'Harry. Harry ne put se retenir et il mordit Drago en gémissant puis il fit glisser sa main sur l'érection de Drago qui gémit à son tour. Hermione lâcha les lèvres de Drago pour quémander celles d'Harry lorsqu'elle sentit une intrusion sur son territoire.

Elle grogna et Harry releva immédiatement la tête du cou de Drago. Ils resserrèrent leur étreinte et Hermione baissa légèrement une aile pour voir d'où venait le danger.

La vue de Severus la rasséréna quelque peu. Elle ne se sentait pas agressé par lui. Elle remonta ses ailes et les referma sans lâcher les garçons.

- Bonjour Hermione, Drago, Monsieur Potter. Si on m'avait dit que je verrais ça un jour, dit Severus un sourire en coin aux lèvres.

- Professeur, lâcha Harry.

- Parrain.

- Bonjour Severus, répondit Hermione. En savez-vous plus que Dumbledore ?

- Je n'en sais pas plus mais je sais qui pourrait nous renseigner. Lucius est parti la chercher. Albus m'a brièvement mis au courant. Et j'ai quelques questions à vous poser afin de savoir si une potion est nécessaire ou non. Puis-je m'asseoir ?

Harry tira ses compagnons vers le canapé où ils étaient précédemment assis. Hermione se laissa faire, posa sa tête sur l'épaule d'Harry et prit la main de Drago. Severus s'installa face à eux.

- Nous t'écoutons, dit Drago.

- Bien. Pouvez-vous m'expliquer ce qui s'est passé aujourd'hui, notamment ce que vous avez ressenti. Hermione ?

- Drago m'a énervé plus tôt en me poussant dans la piscine. Lorsque j'ai inspiré pour lui crier dessus, j'ai comme aspiré l'air autour de lui et il est tombé à l'eau. Quand j'ai réalisé ce que je venais de faire, mon cerveau s'est comme emballé pour comprendre ce qui venait de se passer. Et à ce moment là, j'ai senti la magie déferler en moi. C'était agréable parce que je me sentais forte mais ça brûlait comme de la lave dans les veines. Puis, j'ai senti la présence de Drago et la chaleur s'est dirigée vers mon dos avant d'exploser. Mes ailes sont comme n'importe lequel de mes membres, alors je n'ai pas réalisé qu'elles étaient sorties. C'est quand Drago les a touchées que j'ai réalisé qu'elles étaient là. Voilà, dit Hermione. Ah oui, j'allais oublier. Je n'arrive pas à ouvrir ou rentrer mes ailes sans Drago.

- Comment te sens-tu ? demanda Severus.

- Forte. Et complète depuis que j'ai touché Harry.

- Depuis que tu as touché Harry ? répéta Severus, les sourcils froncés.

- Tout à l'heure, Dumbledore m'a demandé de montrer mes ailes après avoir expliqué la situation aux autres. Drago m'a aidé et lorsque j'ai ouvert mes ailes, Harry s'est avancé vers nous avec un drôle d'air. Je lui ai tendu ma main et quand il m'a touché, j'ai... j'ai senti la magie en moi encore plus fort que ce matin. Je me suis sentie complète alors que je ne me savais pas incomplète. J'ai… je me suis laissée submerger par autre chose… mon instinct.

Hermione bassa les yeux, se sentant soudain honteuse de sa réaction avec le directeur et les autres.

- Hermione ? Que vous dictait cet instinct ? insista Severus.

- Je... il me disait de protéger Harry et Drago, qu'ils sont miens, uniquement miens.

- Et qu'avez-vous ressenti ?

- Du désir, répondirent les trois jeunes gens en même temps.

Hermione releva la tête et les regarda tour à tour, étonnée.

- De l'amour aussi, ajouta Harry.

- Et le bien être total, termina Drago.

Ils s'observèrent un moment. Hermione avait peur de faire un geste vers eux en dehors de ses ailes. Elle mourrait d'envie de les embrasser tendrement, mais elle avait vite compris que les émotions étaient moins vives hors du cocon protecteur de ses plumes.

Drago ressentit l'angoisse et l'envie d'Hermione. Comment pouvait-il ressentir les émotions d'Hermione ?

Hermione baissa la tête, abattue, et Drago ne supporta pas cet élancement dans son cœur. Il posa ses doigts sous le menton d'Hermione et la força à lever la tête. Drago ne vit pas que le Survivant avait suivi son geste.

Harry aussi avait ressenti la peur d'Hermione et il posa ses lèvres dans le cou d'Hermione en enlaçant les doigts de Drago au moment où celui-ci posait les siennes sur celles d'Hermione.

Hermione sentit son cœur s'accélérer lorsque ses yeux tombèrent dans ceux de Drago. Quand ses lèvres se posèrent sur les siennes et qu'elle sentit Harry resserrer son étreinte et l'embrasser dans le cou, son cœur rata un battement. Ces baisers étaient tendres, réconfortants. Les lèvres de Drago se pressèrent brièvement sur les siennes avec amour. Harry releva la tête après un baiser papillon et la serra contre lui. Hermione soupira et serra sa main sur le bras d'Harry qui l'enlaçait puis sourit à Drago.

Drago lui caressa la joue en lui rendant son sourire. Des milliers de questions tournaient dans sa tête mais il ne pouvait s'empêcher d'être bien ainsi ; Hermione appuyée contre lui, la main d'Harry dans la sienne. Il aurait des réponses plus tard. Finalement, ce n'était pas si grave de ne pas savoir. Il allait fermer les yeux lorsque Severus se gratta la gorge, leur rappelant sa présence. Hermione posa sa tête sur l'épaule de Drago comme elle l'avait fait avec Harry plus tôt et regarda le professeur de potions.

- Drago, peux-tu me dire ce qui s'est passé pour toi ? demanda-t-il doucement.

- J'ai juste vu une aura orangée autour d'elle cette après-midi dans la piscine et lorsqu'Harry l'a touchée tout à l'heure, je ressentais déjà un sentiment de bien-être, mais cela s'est transformé en autre chose. Comme si nous étions connectés, qu'on ne formait qu'un. Puis le désir, l'amour, le bien-être total.

- Harry ?

- Lorsqu'Hermione a sorti ses ailes, je me suis senti attiré par eux. Je n'avais plus de contrôle sur mon corps. Je ne voyais plus rien à part Hermione et Drago. Puis lorsque je l'ai touchée, tous mes repères autres qu'eux ont disparu. Je me suis senti fort, en sécurité.

Severus se leva et fit quelques allers-retours en fixant le tapis. On frappa à la porte puis Lucius entra. Il portait un cadre contenant une peinture avec délicatesse. Severus s'avança vers lui et le remercia. Ils échangèrent quelques mots puis Severus se tourna vers eux.

- Est-ce que les autres peuvent revenir ? J'aimerais que tout le monde soit présent pour écouter les explications et poser les questions. Hermione ?

- Je ne sais pas. Je ne ressens plus cette inquiétude face à vous deux mais je ne sais pas.

- Nos esprits sont plus clairs en dehors des ailes, dit Drago. Je ne pense pas que ce soit dangereux.

- Nous resterons près de toi. Ce sont nos familles, ils ne nous veulent aucun mal, ajouta Harry.

Hermione releva sa tête du torse de Drago, regarda ses hommes l'un après l'autre puis hocha la tête vers Severus. Lucius alla ouvrir la porte et les autres entrèrent. Remus et Tonk avaient rejoint la troupe.

Hermione se raidit face à tout ce monde mais les mains des garçons sur elle l'apaisèrent. Une fois tout le monde installé, Severus fit léviter le tableau jusqu'au centre de la pièce afin que tout le monde le voie.

Une femme d'une trentaine d'années leur souriait doucement. Brune, elle avait des trais fins et un petit nez rond. Quelque chose chez elle rappelait Hermione.

- Bonjour Finelle, dit Severus.

- Bonjour Severus. Bonjour à tous.

- Peux-tu te présenter et nous parler de ce que Lucius t'a demandé en venant.

- Je suis Finelle Hubbard. Je suis six fois l'arrière-grand-mère d'Hermione. Je suis moi-même l'arrière-petite-fille de celle que vous appelez Grand-mère Hubbard. Il n'y pas eu de descendant fille depuis moi et avant moi. À part toi, bien sûr, ma chérie. Tu ressembles beaucoup à tes parents.

- Merci, murmura Hermione.

- Je t'en prie, c'est la vérité. Je suis née en 1276. À ma majorité, j'ai développé des pouvoirs typiques aux harpies. Je pouvais contrôler l'air et pousser des cris qui affaiblissaient ceux qui n'avaient pas reçu ma protection. Mon grand-père m'a aidé dans l'apprentissage et le contrôle de ceux-ci car sa mère lui avait dit que le sang de harpie n'était actif que chez les filles. Il m'a alors annoncé que je devais trouver mon compagnon afin de faire mon « nid ».

Se disant, elle eut un petit rire.

- Je me souviens que j'ai ri lorsqu'il a utilisé ce terme. Mais quand j'ai trouvé mon compagnon lors du bal d'hiver des Malefoy, j'ai compris la vraie signification de ce mot. J'ai failli tout détruire ce soir-là. Je n'avais qu'une idée en tête : mettre mon compagnon en sécurité loin de tout ce monde, loin du monde. Le lien entre une harpie et son compagnon peut être comparé au lien Veela. La harpie n'a qu'une raison de vivre : protéger et rendre son compagnon heureux. Ils peuvent partager leur émotions mais après l'union, ils peuvent savoir comment se porte l'autre et le retrouver si besoin est. Les lois magiques protègent les harpies et leurs compagnons comme elles protègent les Veela.

Finelle marqua une pause, laissant le temps aux personnes présentes, et notamment à Hermione, d'assimiler ce qu'elle venait de dire. Quand la jeune fille lui eut fait un signe de tête pour lui montrer que c'était bon, elle poursuivit :

- Après cela, grand-père m'a conté l'histoire de la famille pour que je la porte à travers le temps. Mon portrait fut peint par précaution peu après. Lorsque ta mère t'a eue, j'ai essayé de lui parler à elle et à mon petit-fils. Mais les temps étaient sombres. Qui a le temps d'écouter un tableau lorsque la mort courre les rues ? Malheureusement, je n'ai rien pu dire avant que le pire ne leur arrive. Puis le manoir a été vide pendant dix-sept ans. Mon portrait est dans la chambre de tes parents donc je n'ai pas pu te parler depuis que tu es arrivée, s'excusa Finelle. Tu es la première descendante Hubbard depuis sept siècles. Tu as les pleins pouvoirs d'une harpie car la magie harpienne a été contenue trop longtemps, ne pouvant s'exprimer chez les descendants males.

Elle se tut et détailla Harry et Drago avant de reporter son attention sur Hermione.

- Je ne me trompe pas en disant que le jeune homme blond prés de toi et un Malefoy et je supose que le jeune homme brun et un Potter.

- Heu, oui, dit Hermione. Pourquoi ?

- Ma grand-mère fut maudite par un sorcier qui l'aimait car elle avait choisi mon arrière-grand-père. Cette personne était un Potter. Mon arrière-grand-père était un Malefoy. L'équilibre est restauré. Que tu sois née dans cette période de trouble ne m'étonnes guère. Les harpies se sont toujours battues pour le bien.

Lorsqu'elle se tut, le silence dans la salle était complet. Hermione digérait les informations. Elle n'était pas une harpie à part entière mais elle en avait tous les pouvoirs. Elle avait le droit d'avoir deux compagnons.

Elle sourit. Certes, la guerre était à leur porte, mais elle avait des pouvoirs que Voldemort ne soupçonnait pas. Elle regarda Harry et Drago, un peu inquiète malgré tout de leur réaction. Ils lui sourirent et Harry posa un baiser sur sa joue. Son cœur s'envola dans sa poitrine. Ils ne lui en voulaient pas ! Drago et Harry échangèrent un regard et Hermione remarqua que les mains des garçons étaient entrelacées sur son genou. Eux qui avaient toujours été ennemis se regardaient avec amour !

Hermione fut frappé par la réalité de ses sentiments. Elle les aimait ! Comment cela était-ils possible ?

- Euh, Finelle ? appela Hermione.

- Appelle-moi grand-mère, ma chérie.

- Pourquoi n'a tu pas conté cette histoire à mon père avant ? Est-ce que le lien est réel ou est-ce la magie qui créer ces sentiments ? Quels sont mes pouvoirs et comment je suis censée les contrôler ? Comment…

- Doucement mon enfant, tu ne me laisses même pas le temps de te répondre, lança Finelle.

Hermione se tut et les garçons rigolèrent dans son dos.

- Alors, reprit Finelle. Je n'ai rien dit à ton père car je ne devais révéler cela qu'aux parents de l'héritière. Le dire avant aurait pu pousser certain à essayer de faire une fille juste pour avoir ses pouvoirs. Ensuite, le lien est magique car il choisit la personne selon sa magie. Les sentiments sont d'autant plus forts s'ils existaient déjà avant le lien. De ce que je sais, car je n'ai pas connu mon arrière-grand-mère, tu dois pouvoir voler, contrôler l'air et la météo, sans compter sur ton cri et s'il faut défendre tes compagnons, tu peux devenir extrêmement dangereuse. Tes compagnons aussi, après l'union, seront plus puissants, plus forts, car ils profiteront de ta force. Vos magies seront entremêlées. D'autres questions? demanda-t-elle, malicieuse.

- Non. Peut-être plus tard.

- Moi j'en ai une, dit Drago. Les Veelas ne peuvent rester éloignés de leur compagnon longtemps sans souffrir le martyre et même mourir. Qu'en est-il de nous ?

- Vous ne risquez pas la mort. Cependant, il n'est pas facile de rester éloigné, surtout lorsque l'union n'est pas concrétisée.

- Mais c'est quoi cette union dont vous n'arrêtez pas de parler ? lança Harry.

Tout le monde se tourna vers lui, étonné de sa question. Hermione devint rouge et Drago retrouva son sourire narquois. Harry mit un moment à comprendre et il devint aussi rouge qu'Hermione. Là, Drago ne put retenir son rire face à leurs expressions gênées. Hermione lui lança un regard noir.

- Ne me regarde pas comme ça, ma lionne ! Vous êtes tellement mignon dans votre innocence, dit Drago.

- C'est sûr que c'est facile pour toi, marmonna Hermione.

Drago se pencha vers elle et murmura à son oreille :

- Ca ne m'a pas semblé difficile pour toi tout à l'heure.

Il posa un baiser sous son oreille et se redressa.

- Donc, il sera difficile de rester loin des autres, mais à quel point ? demanda Drago en ignorant les regards posés sur eux.

- Ce sera comme s'il vous manquait une part importante de vous-même. Le manque, le sentiment d'abandon, la tristesse. Plus le temps d'éloignement sera long, plus cela deviendra difficile, répondit Finelle.

Drago reçut cette information avec effroi. Il se devait d'être éloigné d'eux. Il devait tenir sa couverture face aux Serpentard, face au Maître. C'est lui qui allait les mettre dans cette situation et il s'en voulait d'avance. Il s'en fichait de souffrir mais il ne voulait pas qu'eux souffrent.

Hermione ressentit chaque sentiment qui allait avec chaque phase de la réflexion de Drago. Il ne lui fut pas difficile de comprendre à quoi il pensait. Harry se redressa et Hermione comprit que lui aussi avait suivi. Elle se leva et s'installa sur les genoux de Drago. Harry et elle l'enlacèrent. Ses ailes leur offrirent une bulle d'intimité.

- Nous savons ce que tu dois faire Drago, murmura Hermione. Nous ne t'en voulons pas.

- Plus vite cette guerre sera finie, plus vite nous pourrons vivre heureux. Avec toi comme espion, nous avons plus de chance que ça aille vite, murmura Harry.

- Je ne veux pas que vous souffriez à cause de moi, rétorqua Drago.

- Nous allons trouver une solution pour Poudlard. Tu ne devrais pas avoir trop d'absence car il s'attend à ce que tu réussisses ta mission, non ? dit Harry.

- Tout ira bien, dit Hermione en lui caressant la joue. Harry va vivre et toi tu vas réussir ta mission et nous allons détruire cette face de serpent.

Drago tourna son visage vers Harry et l'attira vers lui avec violence. Il le serra fort contre lui enfouissant sa tête dans son cou. Drago avait oublié. Lorsqu'Hermione lui en avait parlé de la prophétie, cette partie ne lui avait pas semblé importante. Mais maintenant, elle l'était. Il ne voulait pas perdre Harry. Comment pouvait-il passer de la haine à l'amour en si peu de temps ? Aimait-il le brun ? Drago dut admettre que oui. Cette peur panique de les perdre, cette impression de ne pouvoir vivre sans eux. Ces sentiments si proches de ce qu'il ressentait pour sa famille mais tellement plus forts. Hermione lui caressait doucement le dos mais la peur ne le quittait pas.

Harry ne s'attendait pas cette réaction de la part de Drago. Il en fut heureux. Drago tenait à lui. La sourde peur qui étreignait Drago créait des échos en lui. Son regard accrocha celui d'Hermione et il y lut la même peur mêlée au même amour que ses yeux à lui devaient refléter. Il repoussa légèrement Drago pour qu'il le regarde. Doucement, il poussa les mèches qui cachaient ses yeux.

La tempête qui y faisait rage fit frissonner Harry.

- Tout ira bien. Hermione va trouver une solution. Elle trouve toujours une solution. Tout ira bien, ne t'inquiète pas.

Drago ne cilla pas, ne dit mot. Il le fixa longuement.

Drago trouvait Harry beau. Ses cheveux en bataille retombaient devant ses yeux et ses émeraudes brillaient d'inquiétude et d'amour. D'amour ! Drago ravit les lèvres du brun avant qu'il n'ait le temps de réagir.

Le baiser de Drago était pressant, comme un baiser d'adieu, rempli de peur et d'amour. Harry répondit avec tout l'amour et la tendresse dont il était capable. Le désir commençait à prendre le dessus lorsque Drago rompit l'étreinte. Il posa son front contre celui d'Harry, reprenant sa respiration. La main d'Hermione continuait à caresser son dos. Il l'attira contre eux et elle posa sa tête sur son épaule. Hermione posa un baiser dans le cou de celui-ci puis sourit à Harry. Drago posa un baiser sur son front et dit:

- Désolé. Je ne suis pas habitué à ressentir des émotions aussi fortes et il semble que vous soyez tous les deux capables de voir derrière le masque. Je comprends tout ce qu'a dit Finelle mais j'ai du mal à appréhender tout cela. Je ne pensais pas avoir peur de te perdre un jour, Harry. Je ne pensais pas être capable d'aimer d'autres personnes que ma famille. Et ce que je ressens pour vous est mille fois plus fort.

- Moi aussi, je t'aime Drago, dit Hermione. Aussi étrange que cela puisse paraître, je t'aime autant que j'aime Harry.

- J'aimais déjà Hermione avant tout ça et toi... c'est inconcevable et pourtant : je t'aime Drago.

Hermione leva la tête en fronçant les sourcils.

- Oui, je t'aime Hermione. Depuis le bal de noël de quatrième année, je crois.

- Pourquoi tu n'as rien dit ?

- Toi et Ron étiez assez en vue en tant que mes meilleurs amis. Je ne voulais pas te mettre encore plus en danger.

Hermione hocha la tête puis le silence ce fit. La voix d'un Ron énervé brisa leur concertation.

- J'ai horreur qu'ils fassent ça. On est là bon sang ! Nous aussi, on existe. Déjà qu'ils lâchent plus la fouine alors qu'ils n'arrêtent pas de faire ça en plus !

Hermione releva ses ailes après un regard à Harry. Ils comprenaient Ron. Ils avaient toujours été trois. Le trio d'or, c'était Ron, Hermione et lui. Il devait se sentir mis à l'écart et Harry et Hermione savaient à quel point Ron détestait ça.

- Je vous prie de nous excuser, dit Hermione en rentrant ses ailes. Nous ne comprenons pas encore tout ce qui nous arrive et la protection de mes ailes est le seul refuge que nous ayons. Nous ne te mettons pas de côté Ronald. Tu es toujours notre meilleur ami. Cela ne changera jamais.

Les oreilles de Ron devinrent rouges et il alla s'asseoir près de Ginny. Ginny semblait triste et Hermione savait bien pourquoi. Elle se promit d'aller lui parler plus tard. Ce fut Harry qui aborda le sujet qui leur tenait à cœur.

- Professeur, appela-t-il en direction de Dumbledore. Comment allons-nous faire à Poudlard ? Drago doit garder sa couverture intacte face aux Serpentard mais nous ne pouvons être séparés. Nous ne voulons pas être séparés.

- Eh bien, réfléchit le sage. Monsieur Malefoy et Miss Hubbard ont droit à des chambres individuelles grâce à leur statut de préfet. Nous avons toujours veillé à ce que ces chambres soient insérées près des Salles Communes, mais je peux faire de manière à ce que celles-ci soient plus éloignées. Je ferai valoir le rapprochement des maisons. Cependant Drago, Miss Parkinson aura naturellement accès à ce dortoir.

- Pansy n'est pas une menace Monsieur, dit Drago. Tout comme Blaise et Théo. Je leur dirai une fois à l'école, ils comprendront. Ils ne pensent pas comme leurs parents. Pansy et Théo encore plus que Blaise car leurs parents sont horribles. Ils ont été élevés à coup de Doloris, sans amour, sans joie. Ils sont de votre côté autant que moi.

- Bien, dit Dumbledore. Puisque cela ne pose pas de problème, vos chambres seront prêtes pour la rentrée. Je ferai en sorte que les vôtres soient communicantes. Je ferai le nécessaire avec Minerva pour avoir un laisser passer pour Harry.

- Merci professeur, le remercia Hermione tandis qu'Harry et Drago se contentaient d'un hochement de tête.

Dumbledore se leva, échangea quelques mots avec Severus, puis sortit. Narcissa se leva et se dirigea vers eux, suivie de Lucius. Hermione fit de même et les garçons l'imitèrent. Narcissa prit Hermione dans ses bras avant de faire la même chose avec Harry qui fut surpris.

- Bienvenu dans la famille, Harry. Hermione en faisait déjà partie, alors nous sommes heureux pour vous. Je ne sais rien des unions harpienne, mais je sais que les Veelas ont une vie de rêve et que le sort des compagnons d'un Veela est envié par la majorité des sorciers. Alors je sais que mon fils sera heureux et c'est tout ce qui compte.

Harry hocha la tête, encore trop étonné. Lucius prit sa filleule dans ses bras puis tendit la main à Harry. Le brun lança un regard effarouché à Drago qui lui fit un sourire encourageant avant de serrer la main tendue.

- Bienvenu Monsieur Potter. J'avoue que je ne voyais pas la vie de mon fils ainsi, mais Cissa a raison. Les Veelas sont des gendres rêvés et puisque votre situation est un peu semblable, je suis heureux pour mon fils.

Harry ressemblait à un poisson hors de l'eau face aux Malefoy. Drago rigola mais posa quand même sa main sur le bas de son dos. Harry se détendit lorsque les Malefoy quittèrent la pièce. Puis ce fut au tour des Weasley et se fut au tour d'Harry de se moquer du blond.

Lorsque Molly manqua d'étouffer Hermione en la serrant dans ses bras, Drago se rapprocha franchement d'Harry. Le brun lui prit la main qui était posée sur son dos et attira Drago contre lui. Molly félicita Hermione et la rassura que rien ne changeait pour elle. Elle se tourna ensuite vers Drago qui broya la main d'Harry. Molly prit une seconde avant de fondre sur Drago et de le serrer dans ses bras. Bizarrement, cette étreinte qu'il avait crainte fut agréable. Molly dégageait la même chaleur que sa mère mais sans cette raideur typiquement Malefoyenne. Il sentit Harry presser sa main et referma son bras libre sur Molly.

- Tu fais partie de notre famille maintenant Drago, dit-elle en le relâchant. Nous ferons tout pour que tu te sentes bien parmi nous.

- Merci Madame Weasley, répondit Drago.

- Molly, appelle-moi Molly.

Drago hocha la tête, puis sera la main d'Arthur et de Remus. Tonk fut moins sobre, comme à son habitude, et sauta carrément sur Drago.

- Mon petit cousin ! Que je suis fière de toi ! Je suis heureuse, tu n'imagines pas à quel point ! Toi, Harry et Hermione ! C'est génial !

Ces cheveux passèrent par toutes les couleurs pendant qu'elle sautillait en babillant comme une enfant. Remus vint au secours de Drago en passant un bras autour des épaules de Tonk et dit :

- Allons-y Dora, les enfants ont besoin de parler.

- Ah, dit-elle en regardant Ron et Ginny qui n'avaient pas bougé du canapé. Ok. À tout à l'heure, les jeunes.

Lupin et elle sortirent, laissant les adolescents seuls. Hermione échangea un rapide regard avec ses hommes puis alla s'asseoir entre Ron et Ginny. Elle les enlaça tour à tour en souriant. Harry entraîna Drago et s'assit près de Ron. Drago hésita à s'asseoir, mais Harry, qui n'avait pas lâché sa main, l'attira près de lui sur le canapé.

- Comment allez-vous ? demanda Hermione.

- On s'est fait du souci pour toi, répondit Ron. Surtout quand le vieux fou nous a convoqués. J'ai cru qu'il t'était arrivé quelque chose.

- Comme tu vois, je vais on ne peut mieux, déclara Hermione.

- Ouais, si on veut, marmonna Ron.

- Qu'il y a-t-il Ronald ? questionna-t-elle en fronçant les sourcils.

- Je… j'ai du mal avec tout ça, balbutia-t-il en désignant les mains d'Harry et de Drago toujours enlacées.

- Avec le fait qu'un garçon tienne la main d'Harry ou avec le fait que ce garçon, ce soit moi, lança Drago de sa voix traînante.

- Drago, ne commence pas, lui lança Hermione.

- Mais quoi ? protesta-il.

Hermione fronça les sourcils et Drago se tut.

- Ron, quel est le problème ? Drago ou notre relation ? demanda Harry.

- Comment pouvez-vous seulement supporter cette sale fouine près de vous après tout ce qu'il nous a fait ? cracha Ron.

- Ne l'appelle pas comme ça ! s'énerva Hermione. Ron, Drago porte constamment un masque. Le masque du parfait Malefoy, adorateur des Sang-pur et futur mangemort. Mais ce n'est qu'un masque ! J'ai vu le vrai Drago. Celui qui aime sa famille jusqu'à risquer sa vie. Celui qui sait rire de lui-même et se lâcher malgré l'éducation qu'il a reçu. Je connais le vrai Drago et je peux te dire qu'il est à des années lumières de celui de Poudlard.

Ron ouvrit la bouche et la referma plusieurs fois. Ce fut Ginny qui rompit le silence en disant :

- Bienvenu, Drago. Ne fais pas attention à mon frère, il a du mal à comprendre les choses parfois.

- Merci Ginny, répondit Drago.

- Je suis désolé Ginny, murmura Harry. Je sais ce que tu ressens et je ne voulais pas te blesser.

- Ne t'en fais pas, Harry. Ce qui vous arrive est le rêve de tout sorcier. Je ne peux pas vous en vouloir. Et puis l'océan est plein de poissons, déclara-t-elle avec un petit sourire.

Hermione l'enlaça.

- Bien, que faisons-nous ? demanda Ginny une fois le câlin finit.

- Nous devons vous dire certaines choses que Dumbledore n'a pas révélées, annonça Hermione.

- Nous t'écoutons, dit enfin Ron.

- Tout d'abord, c'est aussi soudain pour nous que pour vous et je pense que, malgré les sentiments que nous éprouvons, ça ne va pas être facile tous les jours. Ensuite, Drago a une mission que nous allons l'aider à réaliser. C'est-à-dire : faire entrer les mangemorts dans l'école avant la fin de l'année. Ne prends pas cet air outré, Ronald ! Je pense que ce sera le moment parfais pour en finir avec tout ça. Nous avons le temps de nous organiser. Et enfin, j'ai quelques pistes sur comment je peux sauver Harry.

- Tu ne me l'avais pas dit ! s'offusqua Drago.

- Drago, tu viens d'apprendre la prophétie !

- Et alors, j'ai le droit de savoir ! Je ne veux pas perdre Harry ! s'énerva-t-il.

- Tu ne me perdras pas, dit doucement Harry en lui caressant la main.

- Y pas intérêt, marmonna le blond.

- Donc, tu as un plan, Hermione, dit Ron pour couper court.

- On peut dire ça.

Le silence se fit gênant mais Ron, n'étant pas à Gryffondor, pour rien lança :

- Je ne t'aime pas Malefoy. Je n'ai aucune confiance en toi. Mais si tu dois faire partie de la vie d'Hermione et d'Harry, je veux bien te supporter. Je ne sais pas si c'est vraiment comme les Veelas votre lien, mais depuis que je suis petit, maman me raconte des histoires merveilleuses sur les Veelas et on m'a toujours dit que c'était la meilleure chose qui pouvait arriver à un sorcier. Donc, je ferai des efforts si tu en fais.

- J'aime Hermione et Harry, déclara Drago. Tu es leur meilleur ami alors je ferai des efforts.

Drago lui tendit une main que Ron serra après une brève hésitation. Sitôt après qu'il l'eut lâché, Hermione l'enlaça Ron puis elle fut rapidement imité par Harry.

- Pour répondre à ta question initiale, dit Ron. Je n'ai aucun problème avec l'homosexualité vu que mon frère Charlie est gay et j'espère que bientôt, je n'aurai plus de problèmes avec toi.

Ils discutèrent ensuite de la rentrée et des changements qu'il y aurait. Drago leur parla de ses amis. Ils étaient finalement heureux d'avoir un petit endroit à eux à Poudlard où ils pourraient oublier le temps d'une soirée leurs problèmes. Molly vint les chercher pour le dîner et c'est ainsi que les Malefoy se retrouvèrent à table avec des Weasley pour la première fois de leur vie.