CHAPITRE 6 : Verdict
- Comment se fait-il que l'on n'ait pas trouvé votre baguette sur vous, mais une simple dague ?
- Ah ceci justement, c'est un petit cadeau de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom, en récompense de services rendus ! railla Severus. Il a cru bon de me priver de baguette, pensant certainement que j'étais assez doué pour m'en passer et m'a offert, si gentiment, cette dague à la place. Mais il ne s'agit pas d'une simple dague ! Et je serais vous, je ne me piquerai pas avec ! A vos risques et périls sinon !
- Vous voulez dire que Vous-savez-qui a détruit votre baguette ?
- Faut-il tout vous répéter, Professeur McGonagall ? D'habitude vous êtes plus rapide d'esprit !
- Alors ce serait Vous-savez-qui, qui vous … aurait… poignardé avec cette dague… empoisonnée ? Mais pourquoi ? Vous a-t-il démasqué ? Sait-il que vous êtes… Elle ne finit pas sa question, la gorge nouée par l'émotion.
« Mais qu'est-ce que ça pouvait bien lui faire ce qui lui était arrivé ? Qu'est-ce qu'elle pouvait bien l'exaspérer à la fin avec toutes ces questions ! Et ceci ne la regardait en rien, ni l'Ordre d'ailleurs ! » Severus ne répondit rien tout d'abord, lançant des regards noirs menaçants à McGonagall et aux autres membres.
- Si je peux vous rassurer, non, Vous-savez-qui ne sait pas qui je suis véritablement, il n'a pas encore eu vent de ma… trahison ! Sinon je peux vous assurez que je ne serai pas ici, il se serait amusé bien plus longtemps avec moi ! Non, il s'est juste… disons… un peu emporté !
Au fond Severus n'était pas si sûr de ce qu'il venait d'affirmer, mais mieux valait garder ses doutes pour lui !
Il sentit brusquement une main lui attraper le poignet et la lui plaquer de force sur le miroir. Severus dévisagea celui qui avait osé ce geste éhonté et lui lança des regards meurtriers.
- Potter ! Qu'est-ce qui vous prend ? Un accès de folie passager sans doute, pour oser agir de la sorte ! Qu'espériez-vous ?
- Je veux voir la vérité ! Je veux voir ce que Voldemort a fait ensuite quand vous lui avez fait votre compte-rendu ! Je veux voir pourquoi il a réagi ainsi avec vous et tout ce que vous nous cachez ! Je veux savoir ! Qui êtes-vous vraiment Snape ? De quel côté êtes-vous vraiment ? Avez-vous choisi un côté d'ailleurs ? Êtes-vous un traître Snape ? Cria Harry
- Quelles que soient les réponses que je donnerais à vos questions, elles ne vous satisferont jamais, Potter ! Alors lâchez donc mon poignet maintenant ! Et ne m'appelez plus Snape !
- Non ! Vous allez tout nous montrer ! Je pense avoir compris comment ça fonctionnait !
- Comment ça ? Comment ça fonctionnait quoi ? De quoi parlez-vous, bon sang, Potter ?
- Comment fonctionnait votre truc, d'aggelo-machin-chose, là ! Il pointa alors sa baguette de sa main libre vers Snape et hurla : legilimens !
Severus ne s'attendait pas à ça de la part de Potter et ne s'y était pas préparé. Il eut tout juste le temps de replacer certaines de ses barrières mentales par occlumencie, mais … la surprise, la fatigue, la douleur qui le tenaillait toujours… il avait eu du mal à barricader son esprit. La pression qu'exerçait Potter sur son esprit était forte, le bougre ! Il avait fait des progrès en legilimencie ! « Mais pas assez pour percer mes défenses ! Il va falloir encore travailler Potter ! »
Les autres assistaient à la scène stupéfaits n'osant réagir, regardant Severus et Potter dans leur lutte mentale. Severus savait que la pression de Potter n'était pas assez forte en elle-même, il n'y mettait pas assez de hargne !
Cependant Severus sentit un moment de faiblesse l'assaillir, son esprit s'embuer et se focaliser momentanément sur la douleur physique qui s'intensifiait de plus en plus alors que cet échange s'éternisait, lui faisant perdre pied quelques secondes. Des ombres commençaient à s'agiter dans le miroir, des ombres floues et furtives pour le moment, rien de bien précis n'était décelable… enfin pas encore, mais peu à peu des images se formèrent, comme des flashs, sans liens tangibles entre eux, comme des épisodes pris au hasard, les images défilant rapidement.
Un homme au regard rouge satanique et au visage de serpent avec un sourire démoniaque à faire froid dans le dos, parlant à un autre homme dont on ne pouvait distinguer les traits : « Severus, je ne peux croire ce que m'ont rapporté tes compagnons mangemorts pour cette mission. Tu as OSE le tuer, alors que je vous avais formellement ordonné de me le rapporter vivant pour que je puisse lire ce qu'il savait! ENDOLORIS ! » et l'autre homme tomber à terre en se tordant de douleur…
Le même homme-serpent tenant une dague et frappant l'homme en face de lui à l'aide de cette dague en jouissant, tandis que retentissaient les mots : « Je dois donner l'exemple, tu comprends Severus? »…
Un éclair vert sortir d'une baguette pour aller foudroyer un vieillard affaibli adossé contre ce qui semblait être un muret… Albus Dumbledore !...
Un homme aux cheveux noirs, penché vers un homme plus âgé, très affaibli, vraisemblablement encore Albus Dumbledore, et lui prodiguant des soins, en particulier à la main droite, noircie, comme morte et rongée de l'intérieur.
Un enfant d'à peine dix ans, aux cheveux noirs, pleurant silencieusement, agenouillé auprès d'un corps de femme couvert de blessures multiples, le sang coulant encore de nombreuses d'entre elles…
Un jeune homme près d'une falaise, ses cheveux noirs aux vents, contemplant l'immensité de l'océan devant lui et l'horizon, des larmes silencieuses perlant de ses yeux noirs de jais et souillant ses joues creuses…
Un bébé d'environ un an, tout au plus, aux yeux verts, un éclair vert fulgurant le frappant de plein fouet, le bébé hurlant bruyamment, se mêlant aux hurlements, quasiment inhumains, d'une autre personne, puis une ombre noire s'enfuyant tandis que sur le front du petit se formait une fine cicatrice en forme d'éclair…
Un garçon de moins de dix ans, aux yeux verts cachés derrière des lunettes, et une cicatrice sur le front, pleurant silencieusement dans un placard sous les escaliers…
L'homme-serpent de nouveau se redressant et ricanant d'une voix glaciale devant un jeune garçon aux yeux verts et toujours la même cicatrice, attaché à une tombe…
- Assez Potter ! rugit Severus. Il ferma les yeux et concentra toute l'énergie qui lui restait pour repousser définitivement cet assaut hors de son esprit. Harry fut comme violemment projeté vers l'arrière, lâchant prise et Severus retira sa main du miroir en la laissant glisser doucement sur ses genoux. Harry regardait Severus, interloqué, réalisant avec peine ce qui venait de ce produire : il avait quasiment réussi à pénétrer l'esprit de cet homme réputé comme un excellent occlumens.
Oh bien sûr, il n'avait pas vraiment brisé les barrières mentales de l'homme, et celui-ci était visiblement épuisé par ses blessures, ce qui avait dû aider d'ailleurs, mais il avait tout de même fait d'énormes progrès ! Et surtout sa théorie s'était apparemment révélée exacte : si Snape se concentrait trop sur ses capacités de legilimencie ou d'occlumencie, il pouvait perdre la maîtrise de ses autres facultés, dont celles d'aggelomencie. C'est pourquoi ces images lui avaient échappé et s'étaient projetées sur le miroir. Ainsi même si lui Harry, n'avait pas tout à fait réussi à lire directement dans l'esprit de Snape, il avait réussi à lui faire perdre le contrôle de ses autres facultés. Il se rassit tel un automate sur une chaise à proximité, heureux de sa découverte sur Snape, mais se sentant aussi tout à coup très faible. Cette bataille bien que non physique, l'avait totalement vidé de son énergie lui aussi.
Tous restaient cois devant cette scène quasiment surréaliste.
« Intéressant ! pensa Severus. Le fait de devoir repousser l'assaut de legilimencie lancé par Harry m'a fait perdre le contrôle de mes capacités d'aggelomencie… C'est comme si … Mais non, je n'avais encore jamais perdu le contrôle ainsi… Peut-être n'ai-je pas assez l'habitude d'user d'aggelomencie… A moins que le fait de bloquer l'accès à certaines données dans mon esprit provoque la diffusion d'autres plus personnelles ? Peut-être que cela s'est toujours produit ainsi d'ailleurs mais que cela était resté inaperçu jusque-là ? Ou peut-être que, lorsque j'utilise l'occlumencie comme je le fais devant le Seigneur des Ténèbres, j'utilise inconsciemment dans le même temps l'aggelomencie et diffuse certaines pensées sélectionnées ?…. J'ai même diffusé les souvenirs de Harry que je percevais par legilimencie… Etonnant… Je ne comprends pas encore vraiment ce qui s'est passé, ni comment ni pourquoi… Mais il faudra y réfléchir … et y remédier très rapidement…. » Il ferma les yeux et reposa sa tête contre le dossier de son siège. Il était épuisé, vide…
- Severus s'il vous plaît ! Il nous reste encore un dernier point à éclaircir ! l'apostropha tout à coup McGonagall
« Encore ! Bigre ! Qu'est-ce qu'elle peut être tenace ! Elle n'a cessé de me questionner et elle veut encore poursuivre ! »
- Selon Dumbledore vous détenez des informations utiles quant aux plans qu'il avait mis en place avant … avant sa disparition. Pouvez-vous nous les transmettre ?
- Je pense que sur ce point Monsieur Potter est tout à fait capable de vous tenir au courant, en tout cas pour certains projets. Je répondrai ensuite aux questions que vous ne manquerez pas de vous posez ! Monsieur Potter, tout le monde est tout ouï et n'attend plus que vous !
- Non ! Le Professeur Dumbledore m'a demandé explicitement de ne rien dire, et ce à personne !
- Il me semble pourtant que vous en avez déjà fait part à vos chers amis Monsieur Weasley et Miss Granger, non ? En quoi est-ce différent ? Ou insinueriez-vous que les autres membres de l'Ordre ne sont pas aussi dignes de confiance ?
- Ce n'est pas de cela dont il s'agit !
- Non ! En effet ! C'est de votre arrogance dont il s'agit, Potter ! Cessez donc les enfantillages, vous me fatiguez à la fin ! Je sais parfaitement ce que le Professeur Dumbledore vous a dit, puisque nous avions convenu, LUI et MOI, de ne divulguer ses informations qu'à un minimum de personne requis !
- Lui et vous ? Je ne vous crois pas ! Alors vous êtes au courant pour les … mais Harry s'arrêta là, réalisant soudain que les autres écoutaient aussi avec avidité.
- Oui je sais pour les Horcruxes ! Je vous signale Potter que c'est moi qui suis sensé vous donnez des informations pour les trouver ! Oui, je sais combien il y en a ! Je sais aussi combien vous en avez trouvé, vous et Albus ! Le Professeur Dumbledore avait décidé de vous tenir au courant, ce dont je déplore, mais soit ! Il avait ses raisons ! Il avait effectivement décidé de garder encore quelque temps cette information secrète pour le reste de l'Ordre. Nous craignions la présence d'un traître dans les rangs de l'Ordre. Mais cette crainte a pu être écartée récemment et ce avec certitude. Donc il est temps, je pense, de tout révéler, aux autres membres !
- Qu'est-ce qui me prouve que ce que vous dîtes est vrai ?
- Rien Potter ! fit Severus dans un souffle, puis continuant dans un murmure. Seulement dans cette quête, vous allez avoir besoin d'aide, et je ne pense pas qu'à trois vous y parviendrez ! Qui d'autre que l'Ordre pourrait vous aider, dîtes-moi ? Bien ! Dans ce cas, puisque vous ne me contredisez pas pour une fois, il serait peut-être plus sage de tenir informer ces personnes qui mettent leur vie en danger pour vous aider, non ? Qu'elles sachent au moins ce à quoi elles s'engagent ?
- Désolée de vous interrompre, mais pourriez-vous nous en expliquer un peu plus ? Pour ma part je ne comprends rien à ce que vous dîtes tous deux ! Et qu'est-ce que ces … Hor-je-sais-plus-quoi ? Intervint Tonks
- Potter ? Nous vous écoutons ! De toute façon si ce n'est pas vous qui le faîtes, je me chargerai moi-même de tout leur expliquer !
Après un long moment d'hésitation, pesant le pour et le contre, Harry se décida enfin à tout expliquer au sujet des Horcruxes. Il avait effectivement besoin d'aide, et ne pouvait entraîner ces personnes sans qu'elles sachent exactement le danger qui les attendait. Il savait que, même s'il décidait de ne rien révéler, les membres ici présents continueraient quand même de l'aider, mais elles devaient savoir ce qui les guettait.
Il expliqua ainsi que Voldemort avait réussi a créé des Horcruxes, six a priori, d'après les déductions de Dumbledore, et qu'avant toute chose il fallait trouver ces Horcruxes et les détruire. Bien sûr ceci souleva beaucoup de questions, peu de gens connaissant quoi que ce soit aux Horcruxes d'une façon générale. Questions auxquelles Harry et Severus répondirent plus ou moins patiemment, Severus désespérant de l'ignorance de ces sorciers : « Et dire qu'ils sont sensés participer à la sauvegarde de ce monde ! » pensait-il. Harry poursuivit, leur révélant que Dumbledore en avait déjà trouvé deux, et les avait détruits, et que le fameux soir où Dumbledore était mort, ils étaient partis tous les deux en quête d'un troisième, un médaillon, mais qu'apparemment quelqu'un d'autre l'avait trouvé avant eux, comme en témoignait la lettre d'un certain R.A.B. laissée dans ce fameux médaillon.
- Je m'en doutais. murmura Severus, plus pour lui-même. « Je savais qu'il partirait le chercher mais je ne savais pas quand. C'était donc pour ça qu'il s'était absenté ce soir-là ! J'aurai dû l'en dissuader ! Peut-être que tout cela ne se serait pas passé ! Peut-être que j'aurai pu ainsi évité ce désastre ! » continua-t-il pour lui-même.
- Vous vous doutiez de quoi ? Demanda McGonagall, intriguée
- Rien de bien intéressant dans le cas présent. Répondit Snape revenant à la réalité. Monsieur Potter, je serai curieux de pouvoir lire moi-même le message laissé par ce R.A.B., si cela ne vous dérange pas trop, bien entendu.
- Je ne l'ai pas ici ! Lui cracha Harry
- Cela aurait été étonnant ! Rétorqua Severus, ne se laissant pas duper pour autant par le mensonge de Harry, comprenant qu'en fait Harry se méfiait et ne voulait pas lui en dire plus.
« R.A.B. ? De qui pourrait-il s'agir ? Un mangemort ? Un membre de l'Ordre ? Quelqu'un d'autre ? Ah… ces initiales ne me disent rien. R.A.B. ? Est-ce qu'il s'agit bien d'initiales d'ailleurs ? Un surnom, ou les initiales d'un surnom ?... » Severus était parti dans ses pensées. Ces réflexions bouillonnaient à un rythme effréné en lui, il ne prêtaient plus vraiment attention à ce qui l'entourait, bien qu'il entendait quand même la conversation qui avait repris sans lui, comme un écho lointain.
Apparemment ils étaient en train de débattre d'un autre sujet à présent : lui vraisemblablement ! Mais il ne parvenait pas à suivre correctement ce qui se disait, ses oreilles commençaient à bourdonner, sa vue se brouillait peu à peu, il sentait le sang lui frapper les tempes lui donnant soudainement une migraine affreuse, il avait l'impression de sentir chacun de ses organes fonctionner au ralentis, son cœur battre plus lentement, ses poumons se remplir plus difficilement d'air…
- Non, je ne suis pas d'accord avec vous ! Je crois en ce qu'il nous a dit et montré, je pense sincèrement qu'il agit pour l'Ordre, dans l'intérêt de l'Ordre. Albus lui faisait une totale confiance, et, même si je ne suis pas sûre de pouvoir lui accorder une aussi grande confiance, je fais confiance au jugement d'Albus. Il s'est peut-être trompé sur certaines choses ou événements mais jamais sur quelqu'un. Et je ne crois pas qu'il se soit trompé sur Severus non plus !
«Ah chère Minerva ! Mais peut-être est-ce un peu tard ! » Severus se sentait peu à peu plongé dans des brumes opaques et tentait de résister et de rester éveillé, mais il parvenait difficilement à suivre la conversation, qui devenait de plus en plus intéressante pourtant.
- Vous ne pourrez m'empêcher de douter Minerva ! On ne pourra jamais savoir de quel côté va sa loyauté, si tant est qu'il soit loyal à un camp donné !
- Rémus je vous comprend, mais ne le condamnez pas ! Nous avons besoin de lui ! Même si Dumbledore n'est plus, fiez-vous à son jugement ! Il devait savoir des choses concernant Severus pour lui faire une telle confiance. Pour ma part, ce que j'ai vu et entendu ce soir m'ont convaincu ! Severus fait bel et bien partie de l'Ordre et le restera tant que j'en serai ! Il ne nous a pas trahi.
- Même si je n'approuve pas toujours les actes de Severus, et que ce qu'il a accompli est difficile à accepter, je suis de l'avis du Professeur McGonagall.
Tout le monde se tourna vers celui qui venait de prononcer ces paroles : Kingsley Shacklebolt ! « Tiens Shacklebolt ! Qui l'eut cru ! Lui, me soutenir ! »
- Oui nous sommes d'accord, renchérirent Elphias Doge et Hestia Jones.
- Nous aussi, Minerva, nous vous suivons ! approuvèrent Molly et Arthur Weasley à l'unisson.
- Désolé Harry, je sais que tu risques de m'en vouloir, mais moi aussi je veux croire en la fidélité du Prof… euh… de Monsieur Snape.
- Hermione ! Non pas toi ! s'écria Harry qui avait repris un peu de force.
- Non c'est pas vrai ! Pas toi ! hurla Ron à son tour.
Mais Hermione hocha la tête de haut en bas comme pour confirmer les craintes de Harry et de Ron, avec un air dépité qui fit sourire McGonagall.
« Quoi ai-je bien compris ? Miss-je-sais-tout prendrait ma défense ? Non, je dois commencer à divaguer… »
- Je n'apprécie pas beaucoup Snape, mais j'ai des doutes maintenant quant à sa réelle culpabilité. Je me range à votre avis, Minerva. Tonks avait beaucoup hésité à parler, mais finalement, elle ne pouvait les laisser condamner Snape si un seul petit doute subsistait…
- Alors ça c'est un peu fort ! Toi qui le critiques à chaque fois que tu le vois ! Ma propre sœur ! Se retourner contre moi !
- Ce n'est pas contre toi, Nayasta, mais je ne peux juger un homme coupable, alors que j'ai encore des doutes… Tu sais très bien que je serai toujours auprès de toi, mais là je ne suis pas sûre que tu aies raison…
- Qui d'autre se range à notre avis ? Personne ? Donc si je fais les comptes nous sommes huit à pencher pour sa… disons… non culpabilité ! Kingsley, Elphias, Hestia, Molly et Arthur, Tonks, Hermione et moi. Alors que de votre côté vous n'êtes que sept : Sirius, Rémus, Harry et Ron, les jumeaux Weasley et Nayasta.
- Mais il manque encore quelques membres, Maugrey et….
« Dommage Maugrey ! Tu n'auras pas le loisir de m'interroger ! Tu vas être déçu, toi qui voulais ta revanche sur notre dernier tête à tête d'il y a vingt ans ! »
- Tant pis, Sirius, nous n'avons pas le temps de les attendre. Le coupa McGonagall. Nous devons prendre une décision tout de suite, car Severus a besoin de soins rapidement. Il faut donc décider de son devenir maintenant ! Si je reprends les comptes, là où vous m'avez interrompu, il me semble que nous l'emportons, de peu mais nous l'emportons. Donc nous optons pour garder Severus au sein de l'Ordre. J'aimerai que, quoique vous en pensiez, chacun considère dès lors Severus comme un membre à part entière de l'Ordre !
« Huit contre sept, serré ! Mais bon ! Mieux vaut se contenter de peu ! Rhha cette douleur qui me relance de plus belle… Dommage… ils se sont décidé peut-être un peu trop tard ! Je … Je me sens partir, j'ai... j'ai du mal à ... »
- Bien ! maugréa Rémus
- Il s'en sort toujours ! tenta Harry une dernière fois, mais en vain, McGonagall le regarda droit dans les yeux, avec toute l'autorité qu'elle dégageait, ce qui le fit taire immédiatement.
- Oui Minerva ! Nous le traiterons comme un membre de l'Ordre ! répondit Nayasta, presque de mauvaise grâce. De toute façon il faudra bien faire avec !
- Malheureusement Sirius, il va devoir rester ici quelque temps, le temps de recouvrer toutes ses forces. Je ne vois pas où il pourrait aller d'ailleurs, avec tous ces Aurors qui le pourchassent. J'en suis navrée ! J'espère que vous n'y voyez pas trop d'inconvénients !
- En plus ! Manquait plus que ça ! Mais même si je voulais refuser, je ne pourrai pas, n'est ce pas ? Ai-je donc vraiment le choix ! Mais soit ! Je me plierai à vos décisions Minerva, et cette maison étant le quartier général de l'Ordre, je vous laisse carte blanche ! Seulement que l'on ne me demande pas non plus d'être aimable.
- Non je n'irai pas jusque là ! Je crois Severus que vous l'avez échappé de peu. Severus ! SEVERUS ! s'écria soudainement McGonagall se retournant enfin vers lui et le voyant pris de spasmes de douleur, toujours attaché sur sa chaise, à demi-conscient, les yeux mi-clos, les mâchoires serrées, ne laissant sortir aucun son…
- Oh mon Dieu ! Elle défit les liens magiques d'un coup de sa baguette. Severus tomba alors vers l'avant, et se retrouva recroquevillé au sol en position foetale, les poings crispés, les bras repliés sur sa poitrine, les spasmes devenant de plus en plus violents…
« Tr.. Trop… tard » parvint-il à articuler avant de plonger dans le noir.
- Non Severus, il n'est pas encore trop tard ! lui répondit doucement Minerva, se mettant à genoux à ses côtés. Tonks, allez chercher Madame Pomfresh d'urgence nous allons avoir besoin de toutes ses compétences. Arthur pouvez-vous le porter s'il vous plaît ?
- Oui bien sûr ! Et se faisant, Arthur fut surpris, voire choqué, de constater la maigreur de l'homme qu'il tenait dans les bras, sentant ses côtes et ses os sous le tissu de ses robes. Il n'avait d'ailleurs aucune difficulté à soulever cet homme qui pourtant mesurait près de 1,80 mètres et était plus grand que lui.
- Sirius avez-vous une chambre de disponible ?
- Oui à l'étage ! Suivez-moi !
