CHAPITRE 8 : Début de guérison
- Non son état est encore stationnaire ! Il n'y a aucune aggravation mais aucune amélioration !
Severus tourna la tête doucement et ouvrit des yeux encore embrumés vers la voix qu'il venait d'entendre, lointaine et si indistincte qu'il ne parvenait pas à reconnaître cette voix. Il avait l'impression d'avoir la tête dans du coton. Il ne parvint à distinguer que de vagues silhouettes.
- Ah Severus ! Severus ! Réveillez-vous ! Non Severus restez avec nous !
Severus cligna plusieurs fois les yeux, sa vue s'embrouillant, puis les ferma…
- Non ! Il est de nouveau inconscient ! Rien à…
Puis plus rien. Noir…
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Severus sentit brusquement comme une présence à ses côtés, une aura sombre, menaçante presque. Puis une voix se fit de plus en plus distincte, une voix féminine, chuchotant quasiment, il pouvait sentir le souffle chaud à son oreille :
- Severus, je suis sûre que tu peux m'entendre ! Alors écoute ce que j'ai à te dire ! Ecoute attentivement ! Je vais peut-être enfin pouvoir prendre ma revanche, douce vengeance… On ne me dénigre pas, ni moi ni ma famille, comme tu l'as fait sans en payer les conséquences ! Je te tiens, tu ne le sais pas encore, mais je te tiens ! Si mes soupçons sont exacts, tu vas bientôt devoir faire face à ton passé, et ce ne sera pas sans douleur…. Ah ! Ah ! Ah !
« Cette voix, je la connais, mais où l'ai-je entendu ? Ce ricanement, dément, je suis avec une démente, on dirait… on dirait presque Bella ! Non elle ne peut pas être là ! Ce ne peut pas être elle ! Tu dois avoir des hallucinations, Severus ! »
Mais il ne parvenait pas à se réveiller pour vérifier qui était là, s'il y avait bien quelqu'un, pour savoir si ses sens lui jouaient des tours, ou si cette personne, cette femme le menaçait effectivement. Sous l'effort, sa respiration se fit plus saccadée.
- Ne te fatigue pas Severus ! Je ne te ferai rien pour le moment, rien physiquement. Ce n'est pas à ta vie que j'en veux ! Non ! Mais tu le sauras bien assez tôt ! Je vais te laisser maintenant, alors repose-toi, tu en auras besoin ! A bientôt !
Une main fraîche se posa sur son front, mais n'apaisa en rien Severus. A bout de force toutefois, Severus abandonna et se laissa aller à la léthargie qui le gagnait.
Puis plus rien. Noir……
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Il sentit un liquide encore chaud lui couler dans la gorge, il déglutit et avala péniblement. « Quel goût amer et infect ! »
- Allez Snivellus, bois et ne fait pas d'histoire ! J'ai pas encore envie de me battre ! Tu m'accuseras encore d'en profiter ! Allez bois je te dis !
« Cette voix ! Ce goût !... »
Severus tenta de tourner la tête sur le côté mais une main ferme la maintenait et le forçait à boire cette mixture.
- J'ai dit « bois ! » Vraiment Snivellus ! Tu n'y mets pas du tien ! Allez, moi, j'abandonne ! Vas-y Nayasta, essaies toi ! Moi ça m'énerve, il va me rendre fou !
- Ah la patience et toi, Sirius !
« Sirius ! Nayasta !... »
Severus recommença à s'agiter comme pour échapper à ses deux tortionnaires mais se sentit tenu par deux mains fermes, puis… plus rien. Noir…
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De nouveau ce liquide chaud et infect ! Mais cette fois plus doucement !
- Allez Severus ! Réveillez-vous !
Mais Severus avait du mal à bouger les lèvres, à ouvrir les yeux… Il sentait son esprit se réveiller peu à peu, il entendait les voix, mais il ne parvenait pas à réagir.
« Mais que m'arrive-t-il, nom d'un dragon ? Allez ! Secoues-toi un peu, Severus ! »
- Je commence à désespérer de le voir se réveiller ! Si seulement il avait pu faire lui-même cette potion, nous serions sûrs au moins qu'elle est efficace !
- Professeur McGonagall ! Peut-être faut-il lui laisser encore un peu de temps !
- Oui Molly, vous avez peut-être raison !
« Du temps ! Mais non j'ai eu assez de temps comme ça ! Allez Severus ! Bouge ! Dis quelque chose ! Bon sang de bonsoir ! Réagis ! »
Severus lutta encore quelques secondes quand enfin il parvint à bouger les lèvres, bien aucun son n'en sortit.
- Attendez Molly ! Je crois qu'il bouge !
- Mais Professeur McGonagall ! Il bouge tout le temps ! Vous savez bien qu'il a le sommeil plutôt agité !
- Min… Minerva ! parvint à articuler Severus encore péniblement, mais les efforts s'avéraient fructueux. Il entrouvrit enfin les yeux : cette fois il ne fut pas ébloui, la lumière étant tamisée.
« Ah ils ont enfin compris, qu'il vaut mieux ne pas être agressé au réveil ! »
- Oui, Severus ! Bonjour ! Comment vous sentez-vous ?
Severus la regarda, vraisemblablement incrédule et ahuri, ce qui déclencha un rire quasi incontrôlable chez Molly qui observait la scène avec intérêt.
« Comment pouvait-on poser une telle question ? Apparemment mieux puisqu'il était réveillé, mais encore très faible puisqu'il n'arrivait pas à se lever ! Et qu'est-ce qui faisait tant rire Molly Weasley ! S'il était si comique que ça, ça se serait su ! Vraiment ! »
- A votre… avis ! dit-il sans autre commentaire.
- Mieux mais fatigué ! N'est-ce pas ? Reposez-vous donc. Je vais pouvoir rassurer tout le monde maintenant ! Essayez de dormir un peu plus tranquillement !
- Dormir ! Vous voulez … rire ? Je n'ai fait que ça ! Severus reprenait ses forces au fur et à mesure de la discussion. Il tenta alors de se lever mais y renonça.
« Non je crois que pour le moment tu n'iras pas plus loin, Severus ! »
- Restez donc un peu tranquille, pour changer !
- Combien de temps suis-je resté… ainsi ?
- Trois autres jours depuis que vous avez trouvé la composition du poison ! Malheureusement vous êtes tombé dans un semi-coma, vous n'avez donc pas pu élaborer l'antidote. Vous avez bien eu quelques moments de conscience mais très rapidement vous retombiez dans un sommeil profond.
- Trois jours… répéta Severus, dubitatif.
- En parlant de potion, tenez vous n'avez pas fini !
McGonagall lui tendit un verre encore un peu fumant, qu'il prit d'une main. Elle l'aida à se redresser un peu pour boire plus facilement. Il commença à boire une gorgée.
« Quel goût infect décidément ! Il faudrait qu'il voie pour améliorer ça, car s'il devait prendre ça tous les jours, il allait mourir non pas d'empoisonnement mais d'intoxication ! »
- Et qui a donc élaboré cette potion ? Demanda-t-il entre deux gorgées.
- Harry et Hermione. Je crois que Ron les a un peu aidé aussi.
Severus faillit tout recracher et s'étouffer avec ce qu'il restait encore de potion.
- Potter et Granger ! hoqueta-t-il tout en toussant légèrement. Mais ce sont des dangers publics numéro un en potion ! Enfin surtout Potter, qui ne manque pas une occasion pour transformer la plus simple des potions en mixture sans nom que même un Scroutt à pétard ne se risquerait pas à boire !
- Pourtant ils ont l'air de s'en être très bien sortis ! Grâce aux indications que vous leur avez laissées, il est vrai ! déclara Molly
- Et comment pouvez-vous en être si sûre ?
- Et bien pour la simple raison, que vous ne seriez sûrement pas là à hurler comme un loup mal luné si cette potion n'était pas convenable et efficace ! Non ? répondit McGonagall.
- Mmff… se contenta de répondre Severus, regardant McGonagall d'un air redevenu impénétrable.
« C'est qu'elle n'a pas tout à fait tort ! C'est qu'il s'est apparemment bien débrouillé cette fois-ci ! pensa-t-il, avec une petite pointe d'exaspération : toujours Potter !... mais avec aussi une petite pointe de fierté : après tout j'ai été son professeur pendant cinq longues années, se pourrait-il que j'aie réussi à lui inculquer quelques rudiments finalement ? Non ! Ne te fais pas d'illusions Severus, tu sais pertinemment bien d'où lui vient ce subit don pour les potions ! Et dire que c'est ce Potter qui détient maintenant ce live que tu as tant chéri et si précieux à tes yeux, ton compagnon si fidèle en sixième année. Enfin… en y réfléchissant bien, ce n'est pas sûr que ce livre l'ait bien aidé dans cette potion, la seule indication que j'avais laissé à cette époque à la page des antidotes étant Bézoard ! Quel crétin je pouvais faire à l'époque ! Enfin un crétin intelligent tout de même ! N'exagérons rien ! Bon sang, encore une dette à ce maudit Potter ! Ne me laissera-t-il jamais en paix ! »
- D'ailleurs, combien de temps vous faudra-t-il prendre cet antidote ?
- Il ne s'agit pas vraiment d'un antidote, Minerva ! Désolé de vous décevoir ! Ce poison contenait entre autre du venin de Basilic, un poison très rapide mais qui peut être aussi rapidement éliminé, et surtout du venin de Naja, une espèce de serpent redoutable et cruel. Et malheureusement, il n'existe pas de contre-poison au venin de Naja. Cette potion ne permet en fait que de neutraliser temporairement ses effets sur mon organisme, mais ne permet pas de bloquer ou d'éliminer entièrement le poison. Il va falloir que j'attende que mon organisme élimine lui-même toute trace de cette … substance, soit environ deux mois si j'ai bien compris. Il va falloir en attendant que je prenne de cette mixture tous les jours pendant deux mois…
- Pourquoi dîtes-vous « si j'ai bien compris » ? Vous n'en êtes pas sûr ?
- Aucune étude n'a réellement été faite sur le sujet, les victimes de Naja étant décédées très rapidement. Mais… une source sûre, pour ne pas la nommer, m'a … soufflé qu'il me faudrait deux mois… Donc…
- Bon ! Dans ce cas, je pense que vous allez devoir rester ici pendant deux mois !
- Non Minerva ! Dès que je serai mieux, je partirai. Je sais parfaitement que ma présence ici n'est que tolérée, mais que je ne suis pas le bienvenu. Ce que je conçois tout à fait d'ailleurs et ce sentiment est réciproque. Je vous … mmh…, il se racla la gorge, visiblement gêné, je vous remercie par la même occasion de m'avoir fait confiance, même si c'est une confiance toute relative, et d'avoir plaidé en ma faveur. J'espère que nous pourrons travailler dorénavant de façon… plus concertée.
- Bien sûr Severus ! Je ne suis pas sûre effectivement de vous faire autant confiance que notre cher Albus, mais je vous crois ! Quant à repartir, cela m'étonnerait grandement ! Vous allez me faire le plaisir d'obéir pour une fois et de rester jusqu'à guérison totale !
- Mais…
- Il n'y a pas de « mais » qui tiennent, Severus ! Désormais c'est moi qui donne les ordres, et vous, vous obéissez !
- Je n'ai plus mon mot à dire, à ce que je vois ! Severus la regarda froidement, essayant par la même de la faire flancher, mais n'y parvint pas.
- Vous avez bien compris ! Et je ne reviendrai pas là-dessus ! Ce n'est pas vos regards meurtriers qui changeront quoi que ce soit !
« Quel caractère ! On ne croirait pas comme ça, mais elle cache bien son jeu sous ses dehors sentimentaux ! »
- Désolée de vous interrompre dans votre conversation, et vos retrouvailles si émouvantes, mais je dois préparer le dîner. Monsieur Snape, ne vous fatiguez pas pour le moment, je vous apporterai votre part tout à l'heure ! Molly sortit alors de la chambre, un grand sourire sur les lèvres, visiblement assez amusée de voir Minerva rabrouer Snape de la sorte. « Pas grand monde oserait lui parler sur ce ton ! » pensa-t-elle en sortant.
- Mais je n'ai pas besoin d'être servi, je peux très bien descendre comme tout le monde !
- Je ne crois pas Severus ! Vous ne descendrez pas avant deux ou trois jours, je veux que vous restiez ici à vous reposer. Et pas de « mais »… voyant de nouveau Severus essayer de protester. Si vous êtes en meilleure forme demain soir, nous en reparlerons. En attendant je vais demander à Rémus de vous aider pour changer votre pansement et vous aider à vous vêtir convenablement.
- Non, ça il en est hors de question ! Vous aurez beau me dire ce que vous voudrez, mais pour ça je me débrouillerai seul !
- Dans ce cas : voilà tout ce dont vous aurez besoin. Elle lui indiqua d'un geste de la main des bandes et potions placées sur la table de chevet. Vos vêtements ont été nettoyés, on vous les a posé sur ce siège, mais je pense que pour dormir, vous préférerez sans doute une tenue plus confortable. Rémus a eu l'amabilité de vous prêter celle-ci, dit-elle en lui montrant un pyjama noir et une robe de chambre, noire également. Il a même essayé de choisir dans vos couleurs habituelles.
- Bien aimable à lui ! marmonna Severus dans sa barbe.
- Voici quelques livres qui vous permettront de vous occuper en attendant ! Je ne connaissais pas vos genres de lecture, j'espère que ça vous conviendra !
- Merci, Minerva ! Ca ira parfaitement comme ça !
- Ah ! Et Madame Pomfresh vous a laissé un peu de potion sans sommeil. Je pense que ce ne sera pas du superflu. Je sais que vous détester en prendre, mais cela vous fera le plus grand bien. Sans oublier, que d'autres personnes dorment ici et qu'elles n'ont nul besoin d'être réveillées par vos cauchemars. Donc je vous prierai d'en prendre, sinon vous aurez de mes nouvelles !
- Ce sera tout ?
- Je crois que oui. Lui répondit-elle, avec un air à la fois moqueur et fier. Bon je vais vous laisser. Je reviendrai demain soir après le repas. Je ne peux pas non plus m'absenter trop longtemps de Poudlard. Si vous avez besoin de quelque chose, n'hésitez pas à demander à Molly, Tonks ou Nayasta ! Bonne nuit Severus !
- Bonne nuit ! dit-il d'un ton maussade.
« Si j'avais su ! Je me retrouve dans une situation passablement embarrassante, hébergé, nourri et soigné par mon pire ennemi, en compagnie de personnes qui ne me tolèrent que par respect pour McGonagall ! Peut-on imaginer pire ? Oui, Severus, on peut imaginer pire ! On peut imaginer Azkaban par exemple, avec ses gentils petits détraqueurs ! Tu devrais plutôt te réjouir d'avoir échappé à ça ! »
« Oui mais enfin quand même ! » Ne put-il s'empêcher de continuer tout seul.
Il prit le temps de découvrir la pièce où on l'avait installé : une petite chambre, toute simple, mais à l'ambiance assez chaleureuse, aux murs tapissés d'une tenture bleu nuit. Un lit, contre le mur faisant face à la porte, une table et un siège en bois juste à côté de cette dernière, et, contre le mur à gauche du lit, une cheminée de pierre où crépitait un feu de bois, les flammes virevoltant avec joie formant des ombres dansantes sur le sol, du parquet en bois, recouvert d'un tapis de couleur bordeau. Enfin un grand miroir, aussi haut que la cheminée, était posé à côté de celle-ci, contre le mur. Il régnait une odeur étrange, une sorte d'odeur de renfermé, très légère, mais qui n'échappait pas aux sens aiguisés de Severus. Une simple fenêtre, aux volets fermés pour l'heure, surmontait le lit.
Il se leva doucement, péniblement, se dirigea encore un peu vacillant vers le siège puis essaya de se vêtir du pyjama et de la robe de chambre, ce qui lui prit de longues minutes. « Voilà qui est déjà un peu plus présentable ! C'est qu'il me va presque ! On ne dirait pas comme ça, mais Rémus et moi faisons quasiment la même taille !».
« Maintenant un peu d'eau pour faire passer ce goût désagréable ! Ah mais il n'y a pas d'eau ! Et comment j'appelle moi ? En hurlant peut-être ! Ils ont oublié que je n'avais plus de baguette apparemment… Bon je verrai ça plus tard ! Tant pis je me passerai d'eau pour le moment ! »
« Ah mais ce goût ! Pense à autre chose Severus ! Mais penser me donne la migraine ! Bon laisses ça pour le moment, tu auras bien assez de temps pour penser ! Tiens voyons voir ce que Minerva t'a apporté en lecture ! Quelques livres sorciers, rien que je n'ai déjà lu ! Tiens des livres moldus ! Que croit-elle donc ? Que je suis inculte ? Que parce que j'abhorre les moldus, je ne sais pas apprécier leur littérature ? Alors voyons, « Guerre et paix » de Tolstoï, connais déjà… « Salammbô » de Flaubert, déjà lu mais ça fait longtemps maintenant… « Crime et châtiments », de Dostoïevski… et « Les fleurs du mal », de Baudelaire … Ah deux de mes préférés…Mais comment peut-elle donc savoir ? Ce ne peut être un simple hasard qu'elle m'apporte ces livres-là, justement ! »
« Peu importe Severus ! Profites-en ! »
Il s'installa alors sur le siège, le tournant vers l'âtre de la cheminée, pour pouvoir profiter de la chaleur du feu. Il choisit « Les fleurs du mal » et caressa presque amoureusement la couverture du livre, observant les reflets rougeoyants que les flammes projetaient sur le cuir brun. Il se décida enfin et, fermant les yeux, quasi religieusement, il ouvrit le livre, au hasard. C'était son loisir préféré, le relire encore et toujours, en le parcourant au gré du hasard… A force il connaissait ces poèmes presque par cœur… Il commença alors la lecture :
Pouvons-nous étouffer le vieux, le long Remords,
Qui vit, s'agite et se tortille,
Et se nourrit de nous comme le ver des morts,
Comme du chêne la chenille ?
Pouvons-nous étouffer l'implacable Remords ?
Dans quel philtre, dans quel vin, dans quelle tisane,
Noierons-nous ce vieil ennemi,
Destructeur et gourmand comme la courtisane,
Patient comme la fourmi ?
Dans quel philtre ? - dans quel vin ? –dans quelle tisane ?
Il releva doucement les yeux vers les flammes et déglutit péniblement, laissant les mots s'incruster une fois de plus dans son esprit. Puis il revint aux pages jaunies par le temps.
Adorables sorcière, aimes-tu les damnés ?
Dis, connais-tu l'irrémissible ?
Connais-tu le Remords, aux traits empoisonnés,
A qui notre cœur sert de cible ?
Adorable sorcière, aimes-tu les damnés ?
L'Irréparable ronge avec sa dent maudite
Notre âme, piteux monument,
Et souvent il attaque, ainsi que le termite,
Par la base le bâtiment.
L'Irréparable ronge avec sa dent maudite !
- J'ai vu parfois, au fond d'un théâtre banal
Qu'enflammait l'orchestre sonore,
Une fée allumer dans un ciel infernal
Une miraculeuse aurore ;
J'ai vu parfois au fon d'un théâtre banal
Un être, qui n'était que lumière, or et gaze,
Terrasser l'énorme Satan ;
Mais mon cœur, que jamais ne visite l'extase,
Est un théâtre où l'on attend
Toujours, toujours en vain, l'Être aux ailes de gaze !
Etrange comme ces mots résonnaient si fortement en lui… Etrange que le hasard ait choisit aujourd'hui ce poème, qui avait toujours pris une signification particulière pour lui et lui touchait le cœur comme une pique acérée, un cœur qu'il croyait mort depuis longtemps… Comme si ce poème lui était personnellement destiné… Est-ce bien le hasard qui m'a amené vers ces mots, ne serait-ce pas le destin… Mais de quoi parles-tu là, Severus ? Tu commences sérieusement à délirer ! Allez reprends-toi !
Il ferma les yeux un instant puis reprit sa lecture. Seul, quelques instants seul, à lire ce qui le touchait le plus… Un moment de délectation pure, à déguster dans les moindres secondes…, car il n'en aurait probablement pas d'autres avant longtemps… (1)
(1) Ce passage est inspiré d'une autre fanfiction (en anglais) sur Snape, dont je remercie l'auteur.
