Recoucou à tous. Voici le chapitre 13, arrivé plus vite que prévu. je vais essayer d'accélérer un peu le rythme, pour finir cette fic avant le nouvel an prochain...
J'attends avec ardeur vos commentaires et encouragements divers! Une p'tite review please?!!
CHAPITRE 13 : Tensions
Le lendemain, Severus avait décidé de se montrer le moins possible, ne se mêlant aux autres que lors des repas, qui se déroulaient d'ailleurs dans un silence tendu. Il aurait préféré tout, indifférence, haine ou même mépris, plutôt que ces continuels regards anxieux et inquisiteurs jetés à la dérobée à son intention.
Il avait besoin de réfléchir, de rester serein pour démêler les nombreux fils de ses pensées bouillonnantes et résoudre les nombreuses questions qui venaient sans cesse se briser contre la falaise de sa raison. Il avait la désagréable impression que cette falaise se fissurait par moment et qu'elle tendait dangereusement à se briser, toutes ces vagues de tourments et de contrariétés se gonflant au large pour venir l'assaillir de plus bel et répandre leurs écumes ténébreuses contre la roche qu'il tentait désespérément de maintenir ferme. Mais inexorablement l'assaut reprenait, il aurait eu envie de crier, de hurler à ses assaillantes invisibles de cesser, mais elles ne l'écoutaient pas. Et cette tension quasiment tangible dans l'atmosphère ne l'aidait guère.
Il restait cependant toujours impassible et insondable extérieurement, quoi que ces nerfs étaient en fait à fleur de peau et mis à rude épreuve. Le dîner du soir fut peut-être encore plus tendu que la veille, si ce fut possible, personne n'osait rompre le silence presque hostile et tous se contentaient de fixer leur assiette, soudain devenue passionnante. Nuwan quant à elle fixait continuellement Severus d'un regard chargé de colère et de mépris, mêlés à une étrange lueur indéfinissable, mais Severus tentait de ne pas y prêter attention.
« Si elle croit qu'elle va réussir à me faire changer d'avis avec ce regard menaçant ! Laisse lui le temps Severus ! Elle ne sait pas encore à qui elle a affaire ! »
Le dîner n'était pas encore finit quand un pop se fit entendre au milieu de la cuisine, son particulièrement inopportun dans ce silence de plomb. Une McGonagall rayonnante venait d'apparaître et s'installait déjà à la table, à la droite de Severus.
- Ah vous devez être Nuwan McArthur ! Cette dernière hocha la tête.
- Je m'appelle Minerva McGonagall ! C'est avec moi que vous avez correspondu depuis cet été.
- Enchantée de vous rencontrer en personne, Professeur McGonagall !
- Appelez moi Minerva, mon enfant, ce sera plus simple !
- Merci, Pr… euh…Minerva !
- Vous êtes arrivée hier soir ? Tout s'est bien passé, j'espère ! Comment vous sentez-vous ?
- Je me sens bien, merci. Tout le monde a été très accueillant !
- Enfin presque tout le monde ! Ajouta Tonks, en désignant Severus du regard et en jetant à celui-ci un regard coléreux significatif.
- Ah ! Que s'est-il donc passé ? Demanda McGonagall en fronçant les sourcils.
- Rien de bien grave ! Nous avons eu une petite discussion avec Monsieur Snape !
- Rien de bien grave ?! S'exclama Sirius incrédule. Mais vous plaisantez Nuwan ! Il vous a carrément agressée, faisant des insinuations suspicieuses pour le moins déplacées ! Et vous dîtes qu'il ne s'est rien passé de grave ! Sans compter qu'il dit pouvoir détenir des informations sur votre passé mais ne veut rien vous révéler ! Si ça, ce n'est rien de grave, mais où va-t-on ?
- Sirius, vous exagérez peut-être un peu, intervint Arthur. Severus ne l'a pas agressée, même si ses questions étaient un peu… brutales. Et il n'a jamais dit qu'il ne voulait rien lui révéler, mais seulement qu'il préférait attendre que le frère de Nuwan soit là et qu'il puisse vérifier ses doutes !
- Si vous repreniez depuis le début, s'il vous plaît ! Ca m'aiderait peut-être à mieux comprendre ce dont vous parlez. Arthur, vous semblez le plus impartial dans cette affaire, je vous écoute !
Arthur s'efforça alors de relater les faits de la veille, dans les moindres détails. A la fin du récit McGonagall bouillonnait intérieurement : « Incapables de se tenir trente secondes ces deux-là ! Pire qu'à Poudlard ! Moi qui croyais que l'âge et le temps auraient vaincu cette ancienne animosité, mais rien de cela ! Au contraire, on croirait que c'est pire ! Irrécupérables ! ». Pourtant son ton était calme, sec mais calme, quand elle prit enfin la parole.
- Severus, Sirius, est-ce vrai ? N'êtes-vous donc pas capables de vous maîtriser ?
Severus avait gardé la tête baissée, fixant ostensiblement son assiette vide, tout le long du récit de Arthur, tandis que Sirius regardait McGonagall d'un air de chien battu. Il savait pertinemment bien qu'il était encore allé un peu trop loin avec Severus, surtout d'avoir montré la Marque. Mais bon sang ! Ce bâtard de Snivellus exagérait quand même ! Pour qui se prenait-il à la fin ? Aucun d'eux ne répondit à la question de McGonagall.
- Severus, peut-on savoir ce que vous nous cachez encore au sujet de Nuwan, ce que vous pensez savoir sur son passé et sur ses parents ?
Severus leva alors son regard vers McGonagall, indéchiffrable, aucune impression visible sur ses traits, mais on sentait la tension affleurée et perlée presque à travers sa peau livide. Il répondit alors d'une voix blanche, étrangement atone :
- Non, Minerva ! J'attendrais comme je l'ai indiqué ! Inutile d'insister, vous savez pertinemment bien que même sous la torture je ne parlerai pas !
- Pourquoi donc ne pouvez-vous pas nous en faire part de suite ? Nous pourrions essayer de vérifier ces informations avant même l'arrivée de Mixiel !
- Si je m'obstine dans ce silence, c'est que j'ai mes raisons ! Le ton se faisait plus cassant et glacial. Je vous répondrai seulement que ces informations, qui pourraient peut-être, je dis bien peut-être, intéresser au plus près Nuwan, ne sont pas anodines. Et que je préférerais ne jamais devoir les divulguer si ça ne tenait qu'à moi. Elles sont rattachées à un lourd passé qu'il vaudrait mieux laisser enfoui. Je ne les divulguerai donc qu'une fois que je serai sûr que cela concerne effectivement Nuwan et son frère.
- Je vois à mon grand regret que votre décision est irrévocable ! Mais je suis déçue Severus ! Vous nous demandez de vous faire confiance, mais êtes incapable d'en faire autant !
- Cela n'a rien à voir avec la confiance, Minerva ! Et je suis désolé de vous décevoir de la sorte. Répondit Severus avec une pointe de sarcasme dans la voix. Mais il s'agit là d'une affaire… délicate, seul Albus en avait connaissance. Il avait été assez difficile de lui en parler à l'époque, alors maintenant dix-huit ans après !
- Je ne vous forcerai pas Severus ! J'essaie juste de comprendre, et j'avoue que vous êtes difficile à comprendre parfois ! Nuwan, quand votre frère doit-il arriver ?
- Dans une dizaine de jours, je crois !
- Peut-être si vous lui parliez d'une piste possible et que vous lui expliquiez que pour pouvoir en savoir plus sa présence est indispensable… Croyez-vous qu'il pourrait avancer son arrivée ? Cela réglerait le problème.
- Oui, vous avez raison. Je n'y avais pas pensé ! Une lueur d'espoir et d'impatience pétilla dans les prunelles d'obsidienne de Nuwan. Je lui écrirai dès demain, il devrait recevoir la lettre dans un ou deux jours…
- Bien ! Voilà un problème momentanément résolu jusqu'à la réponse de votre frère !
Tous sentaient bizarrement la tension tombée peu à peu, tous sauf Severus qui au contraire sentait l'étau se resserrer autour de lui.
- Par contre, Sirius, je ne tolérerai plus jamais une attitude telle que celle que vous avez eue hier à l'encontre de Severus ! Vous êtes sensé travailler bientôt de concert, dois-je vous le rappelez ? Votre comportement était plus qu'injurieux voire blessant, sans compter que vous avez peut-être choqué certaines personnes ici présentes. Elle montra alors Ginny et l'ensemble de la famille Weasley du regard, Sirius suivant son mouvement.
- Laissez Minerva ! J'ai l'habitude ! Quant à choquer certaines personnes, il serait temps qu'elles prennent conscience de tout cela, la guerre est là, ne l'oublions pas ! Elles auront bien d'autres occasions pour être choquées !
- Severus, s'il vous plaît ! Si vous pouviez modérer un peu vos propos, vous aussi, parfois ça m'arrangerait !
Severus fit une moue dédaigneuse à McGonagall tout en arquant un sourcil mais garda le silence. Sirius pour sa part était partagé : d'une part il s'en voulait d'avoir réagi si fortement, non pas à cause de Snivellus, il n'avait eu que ce qu'il récoltait, mais parce qu'il s'était laissé emporté et aurait effectivement pu choquer certaines personnes ; d'autre part pourtant il était offusqué de ne pouvoir dire ce qu'il pensait ouvertement. Depuis quand lui interdisait-on d'énoncer de telles vérités ?
- Il serait temps également de faire tomber les anciens tabous, non ?!
- Soit, mais pas de la sorte, Sirius ! Il y a d'autre manière… plus civilisée, je dirais ! Mais que vous arrive-t-il enfin ? Je savais que vous aviez beaucoup changé depuis votre retour, mais quand même pas au point de perdre toute considération des personnes qui vous entourent !
L'intéressé ne sut que répondre. C'est vrai que, depuis son retour l'année dernière, de derrière le voile de la mort, il ne se sentait plus le même, comme s'il était totalement désabusé, ayant perdu le goût à la vie, devenant insensible à la douleur des autres, s'en réjouissant presque, incontrôlable. Non pas qu'il ne ressentait plus de sentiments, au contraire ils étaient amplifiés, la haine et l'amertume le consumant. Il n'avait qu'une envie : détruire tout ce qui barrait son passage, et cela passait par Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Pronocer-Le-Nom et aussi… par Snape.
Sa haine envers Snivellus s'était ranimée sensiblement depuis ces derniers jours, comme vivifiée par ce contact permanent. Il ne l'avait jamais apprécié et s'était toujours amusé à le martyriser à Poudlard : Snivellus était devenu en ce temps-là leur souffre-douleur préféré à lui et aux maraudeurs. Puis sa haine envers ce misérable s'était décuplée le jour où, il y a dix-huit ans, Snivellus lui avait … lui avait enlevé…. Il ne pouvait d'ailleurs toujours pas prononcer son nom ni penser à elle sans faire refluer cette vieille douleur. Il aurait alors volontiers tué Snivellus de ses propres mains à cette époque, mais il avait réussi à oublier, ou plutôt à endormir cette rancœur, les années à Azkaban aidant sans doute. Mais cette haine s'était ranimée, devenant quasiment viscérale. Il voulait plus que le tuer maintenant, il voulait le briser, l'atteindre au plus profond, comme il avait été brisé… Mais que lui arrivait-il ? Il n'avait jamais été comme ça ? Comme si son passage dans l'Entre-deux-mondes avait exacerbé toutes ces amertumes inassouvies…
- C'est vrai Minerva ! Vous avez raison, comme d'habitude. Concéda-t-il finalement.
- Je suis heureuse de vous l'entendre dire !
Severus croisa alors le regard de Sirius. Il fut presque pétrifié de ce qu'il entrevoyait, de ce qu'il lisait chez Black : « Non ! Impossible ! Il veut vraiment ma peau, non… plus que ça, il veut… il veut me détruire ?! Intéressant Black ! Je ne t'aurais jamais cru capable de tels sentiments ! Et bien, mon cher Severus, tu as intérêt à te tenir sur tes gardes, entre Black et sa cousine Nayasta ! Et tu devras faire attention aussi pour Nuwan et son frère et leur parler seuls à seuls, allez savoir ce dont un fou est capable ! » Soudain il ricana intérieurement. « Mais tu sais ce dont un fou est capable, puisque tu en fréquentes un régulièrement, tu portes même sa Marque ! Et allez savoir si la folie ne se communique pas à travers cette foutu marque de m… ! Va savoir si la folie ne pas atteint toi aussi ! Non ! Severus reprends toi, ses réflexions ne te mèneront à rien ! »
La conversation avait repris plus gaiement à ses côtés, mais Severus n'y prêta pas attention, perdu dans ses pensées, réfléchissant encore une fois à Freyja. Mais il fut tiré de ses contemplations par une main qui lui serrait doucement le bras droit. Il leva alors les yeux sur une McGonagall étonnée et presque inquiète.
- Severus ? Severus ? M'entendez-vous ?
Tous le regardaient interloqués : d'habitude jamais Severus ne se laissait aller ainsi à ses rêveries en public, lui qui était toujours vigilant, observant tout ce qui l'entourait comme à l'affût. Il répondit enfin, laissant percé son agacement dans le timbre de sa voix :
- Non désolé, Minerva, je ne vous avais pas entendu.
- Mais que vous arrive-t-il Severus ? Cela fait trois fois que je vous pose la même question. Mais vous semblez ailleurs, plongé dans je ne sais quelle songerie de votre cru, absent. Cela ne vous ressemble pas, vous m'avez habitué à plus d'attention d'habitude !
- Je suis tout ouï maintenant ! Alors quelle était votre question ?
Il fusillait McGonagall du regard, la décourageant de continuer plus en avant son analyse psychanalyste de bas étage, si jamais l'idée lui en était venue. Celle-ci se résigna : elle ne connaissait que trop bien son ancien collègue, quelque chose n'allait pas et le préoccupait plus que jamais, mais il ne dirait rien.
- Je vous demandais si vous aviez tout ce dont vous aviez besoin, ou si vous aviez besoin d'autres ingrédients ou que sais-je ?
Il soupira. « Pourquoi m'avoir dérangé pour de telles futilités ! Ce dont j'ai besoin, c'est de tranquillité et de solitude pour réfléchir, mais apparemment personne ici n'est capable de m'en fournir ! »
- Non ça ira pour le moment.
- Laconique et efficace ! Ironisa Rémus. Bon au moins, on est fixé ! Mais il n'alla pas plus loin, voyant le courroux de McGonagall refaire surface au très fond de ses pupilles perçantes.
- Bon, sur ce, je vais vous laisser. Molly, n'hésitez pas à me prévenir au moindre incident ! Et vous deux, ajouta-t-elle à l'adresse de Severus et Sirius, et les pointant du doigt à tour de rôle, tachez de vous comporter de façon un peu plus adulte. Nuwan, je compte sur vous pour me tenir au courant de l'évolution des deux affaires vous concernant et j'aimerai être là quand votre frère sera arrivé.
- Pas de problème Minerva. Nous vous préviendrons. Répondit Nayasta.
McGonagall se leva et repartit comme elle était arrivée. Le silence retomba comme il avait été rompu.
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Après le dîner, Severus était retourné dans le salon, pour remettre en place un des livres qu'il avait emprunté. Mais quand il voulut sortir de la pièce pour retourner à sa chambre, il trouva Nayasta sur le seuil, nonchalamment appuyée contre le chambranle de la porte, les bras croisés contre la poitrine.
- Nayasta ! J'ai fini justement, je vous laisse le salon !
- Non ! C'est vous que je venais voir ! Je souhaitais vous parler !
- Me parler ? Désolé de vous décevoir, mais je crains de n'être pas disponible ce soir ! Cela devra attendre !
- Ca ne peut pas attendre Monsieur Snape !
Severus s'avança vers le seuil et tenta de sortir de la pièce, mais Nayasta l'en empêcha barrant le passage de son bras.
- Je vous prie de bien vouloir me laisser passer ! Et je ne le répéterai pas deux fois !
- Alors, on se défile ! Je vous fais peur ? Pourquoi ne voulez-vous pas avoir une discussion civilisée avec moi ce soir ?
- Parce que les discussions civilisées sont impossibles avec vous, Miss Tonks ! Alors maintenant laissez moi passer ou je ne réponds de rien !
- Non ! Nous allons parler !
Severus la considéra un instant. Il savait qu'elle était têtue, plus têtue que sa sœur même, et qu'elle n'abandonnerait pas avant d'avoir obtenu ce qu'elle désirait. Et il tenait peut-être là l'occasion de tirer les choses au clair. Mieux valait régler ça tout de suite !
Brusquement il agrippa le poignet de Nayasta, le serra bien fort, puis la tira vers lui violemment, l'empêchant ainsi de se dérober à son étreinte. Il ferma la porte d'un coup de pied et plaqua sa proie contre le mur, lui tenant toujours le poignet d'une main, appuyant l'autre contre le mur. Il s'approcha alors du visage de Nayasta et lui susurra à l'oreille :
- Je sais de quoi vous voulez discuter ! Vous voulez reparler de ce fameux soir il y a quelques années, lors de votre dernière année à Poudlard ! Je sais que vous n'avez jamais pu accepter que quelqu'un vous rejette, et surtout, que, moi, votre soi-disant professeur détesté, que vous croyiez prendre au piège, vous rejette et vous donne une si douloureuse leçon. Vous n'y étiez pas habitué, n'est-ce pas ? Mais vous avez oublié à qui vous aviez affaire Nayasta !
- Non... ce n'est… ce n'est pas ce dont je voulais parler… je voulais...
- Et de quoi vouliez-vous donc parler, Nayasta ? Je vous écoute ? Nous sommes seuls maintenant et vous pouvez parler librement…
Ils s'observèrent intensément, prolongeant le silence qui venait de s'installer. Nayasta ne tentait même pas de se défaire de l'emprise de Severus, sachant pertinemment bien qu'il ne la lâcherait pas de sitôt avant d'en avoir fini avec son petit discours. Au bout d'une minute interminable, Severus reprit :
- Moi, je vais vous dire de quoi vous vouliez parler et de quoi il s'agit. Vous vouliez que je vous dise pourquoi, pourquoi, moi, l'homme le plus détestable, éternel solitaire, vous ai rejetée, vous la seule femme qui ait montré de l'intérêt pour un tel homme. Comment ai-je pu osé rejeter une femme telle que vous ? Comment ai-je pu dénigré le fait qu'une femme aussi attirante et désirable ait daigné poser le regard sur cet homme si laid et si redouté que je suis ?
Severus se rapprocha encore un peu plus, serrant son corps contre celui de Nayasta, l'écrasant presque et l'oppressant, leurs lèvres se touchant quasiment, puis continua, dans un murmure presque inaudible, dangereusement mélodieux, mais teinté d'une colère glaciale :
- Et bien je vais vous répondre : vous avez appris à vos dépends qu'il ne faut pas jouer avec les gens, et surtout pas avec Severus Snape… Vous croyiez pouvoir charmer tout votre petit monde, pouvoir me séduire, moi aussi, comme vous avez dû en séduire tant d'autres, pour mieux me prendre au piège et ainsi me faire renvoyer de Poudlard, en me faisant accuser d'avoir abusé de l'élève que vous étiez ! Et je suis sûr même que cette brillante idée vous a été soufflée par un grand ami à moi, votre cher cousin Black ! Mais on ne joue pas avec moi, Nayasta ! On ne se moque pas de Severus Snape impunément ! Vous avez voulu jouer avec le feu et vous vous êtes brûlé les ailes ! Je vous ai eu à votre propre jeu : je vous ai attirée à mon tour dans mes filets, pour mieux vous laisser à votre propre désarroi, à votre passion inassouvie. Je vous ai rejetée simplement comme une malpropre et devant témoin, qui plus est ! Le comble pour une Black ! Je vous ai humiliée en public, en montrant aux yeux de tous ce dont vous étiez capable, en révélant à tout Poudlard le plan diabolique que vous vouliez me tendre et en ruinant ainsi votre réputation de petite fille innocente !
Nayasta ne répondit rien, le fixant de ses yeux bleus, où se mêlaient colère, crainte et impatience, une étrange lueur en plus… une lueur de… rage ? De folie ?
« Allez dîtes-le Snape ! Dîtes-le ! Dîtes-le que je vous attire ! Dîtes-le que vous me désirez ! Je le sais, je le sens, avouez-le ! Vous n'avez jamais voulu me croire quand je vous disais que vous vous trompiez. Bon, peut-être qu'au début il y avait une envie de vous jouer un mauvais tour… peut-être… j'avais peut-être envie de nous venger, moi et Nympha, pour tout ce que vous nous aviez fait subir à Poudlard, tout ça parce qu'on était de la famille de Sirius... Mais il n'y avait pas que ça… Bien vite il n'y a plus eu du tout de ça…Mais vous n'avez rien compris. Vous avez voulu vous venger, vengeance cruelle, mais si douce à votre cœur ! Vous sentez-vous mieux à présent ? Mais vous ne vous en sortirez pas comme ça Severus ! J'ai enfin trouvé une faille et votre passé va vous rattraper plus vite que vous ne le vouliez !»
Voilà tout ce qu'elle aurait voulu lui jeter au visage, mais ce n'était pas encore le moment et l'emprise de Severus sur elle était plus forte, il aurait été dangereux de dévoiler son jeu maintenant.
Severus, le regard toujours rivé dans celui de Nayasta, capta une partie de ses pensées par legilimencie, ses sentiments de désir et d'attirance envers lui, Nayasta ne faisant apparemment aucun effort pour les dissimuler. Il resta interloqué quelques instants puis se reprit rapidement. « Non, elle ment comme d'habitude ! Astucieux Nayasta ! Mais ça ne marche pas avec moi ! »
- Alors maintenant retenez bien ça, Nayasta ! J'espère que vous avez bien retenu la leçon ! Ne tentez plus jamais de vous attaquez à moi ! Plus jamais, vous m'entendez ! Car nous ne sommes plus à Poudlard et plus rien ne me retient ! Je ne serai pas aussi clément cette fois-ci ! A la moindre tentative de me nuire de votre part, vous le paierez et vous le paierez très cher même, vous n'en sortirez pas gagnante ! Foi de Severus Snape !
Ils maintinrent leur regard accroché l'un à l'autre comme pour évaluer la détermination de l'autre. Finalement elle réussit à articuler :
- En fait, je ne venais pas pour parler de cela ! Pour ma part, cela fait partie du passé ! Mais si vous voulez, on pourra en reparler une autre fois puisque vous y tenez tant ! Non, Snape, je venais vous parler de Nuwan !
Severus relâcha prise et recula de quelques pas. Quelle impudence, quel aplomb ! Mais, enfin, elle abordait le véritable sujet. Et confirmait par la même occasion ses soupçons. « Tu ne t'étais donc pas trompé Severus ! »
- Petite insolente ! Je ne suis peut-être plus votre professeur, mais je reste votre aîné ! Vous me devez un tant soit peu de respect ! Alors parlez moi sur un autre ton ! Pour vous ce sera Monsieur Snape !
- Mais, Monsieur Snape, je ne pensais pas vous manquer de respect. J'en suis confuse si tel était le cas !
- Cessez donc votre manège et venez en au fait ! Nous n'avons pas toute la nuit !
- Toute la nuit… voilà une idée intéressante… reprit-elle sur un ton narquois et mutin.
- Au fait, Miss Tonks ! Venez en au fait ! Rugit Severus, hors de lui. « Incroyable, rien ne l'impressionne apparemment, elle était totalement à ma merci il y a quelques secondes, et la voilà qui recommence à me narguer comme si de rien n'était ! La garce !» pensa-t-il.
- J'y viens ! J'y viens ! Comme je vous le disais, je venais vous parler de Nuwan ! Vous n'avez pu manquer la ressemblance troublante que vous avez tous les deux. Et je puis dès lors confirmer que la ressemblance est encore plus troublante avec son frère. Alors si vous savez quoi que ce soit…
- On vient enfin au cœur du sujet et à votre plan sournois ! C'est donc bien vous qui êtes derrière tout ça ! Pourrais-je savoir en quel honneur vous permettez-vous d'interférez ainsi dans la vie privée des autres ? Est-ce une manie typiquement griffondorienne ? Cette histoire ne vous concerne en rien et je n'ai aucun conseil à recevoir d'une gamine telle que vous !
- Snape ! Je ne suis plus une gamine ! Gronda-t-elle, furieuse.
- Non, cela se pourrait effectivement. Il sentait qu'il prenait le dessus, comme toujours avec elle d'ailleurs, il avait réussi à la faire sortir de ses gonds et pouvait diriger la discussion là où il voulait désormais. Il jugea le moment opportun de lui dévoiler ses conclusions.
- Une gamine serait incapable d'élaborer un plan si diabolique, fit-il de sa voix suave, murmurante. Parce que je sais ce que vous cherchez à faire, Nayasta ! J'ai enfin compris où vous voulez en venir. C'est vous qui avez amenez Nuwan et son frère à nous rejoindre, non pas dans les intérêts de l'Ordre, non ! Mais dans un seul et unique but : celui de m'atteindre pour me détruire, et ainsi vous venger, vous venger parce que j'ai osé vous rejeter et vous traiter comme une Black de votre espèce doit être traitée ! Mais vous n'y parviendrez pas, pas de la sorte!
Nayasta se calma instantanément, estomaquée d'avoir été si vite démasquée. Mais elle aurait dû s'en douter : elle avait affaire à Severus Snape, un Serpentard, maître dans ce genre de jeu ! Elle aurait dû se douter qu'il serait difficile de le duper longtemps et de gagner. Mais elle l'avait quand même touché, il était troublé par l'arrivée de Nuwan et de Mixiel, elle le sentait. Même si la victoire ne serait pas aussi délectable qu'elle l'aurait espérée, elle se contenterait de cela ! Ce ne serait déjà pas si mal. Enfin elle repris son air conspirateur.
- Mais on dirait que vous avez peur, Snape ! Vous redoutez la vérité encore plus qu'eux deux, n'est-ce pas ? Car mes soupçons s'avèrent exacts, je me trompe ? Vous en êtes persuadé à présent tout comme moi ! Quel lourd secret cela cache-t-il, pour que vous soyez si terrifié ?
- Je ne suis pas terrifié, je n'ai aucunement peur d'une quelconque vérité ! La colère gagnait peu à peu Severus qui parvint tout de même à rester maître de lui. Puisque le problème est là, j'y ferai face! Mais pour ces révélations, il vous faudra attendre comme les autres! J'en ai bien peur ! Ce ne sont pas vos… conseils qui changeront quoi que ce soit à ma décision ! Mais je suis perplexe, Nayasta, perplexe de voir comment vous, une noble Griffondor, traitez Nuwan et Mixiel, personnes qui sont prétendument vos amis !
- Et comment traitez-vous les vôtres, Snape ? Comment traitez-vous vos amis mangemorts ? Vous qui les trahissez impunément depuis tant d'années !
- Parce que vous êtes maintenant persuadé que c'est bien eux que je trahis ? Et qui vous parle d'amis ? Depuis quand un Serpentard a-t-il des amis ? Je crois ma chère que l'on vous a abusé sur ce point ! C'est très regrettable.
Ils se jaugèrent encore quelques secondes du regard, comme pour faire céder l'autre, mais aucun d'eux ne flancha. Severus décida alors de mettre fin à l'entretien, il avait eu ce qu'il voulait, il savait à quoi s'en tenir au sujet de cette Black. Elle s'était crue rusée, mais elle ne pouvait pas gagner contre lui ! Elle ne constituait plus véritablement une menace, maintenant qu'il avait déjoué son stratagème.
Pourtant il faudrait quand même qu'il affronte les conséquences et qu'il révèle la vérité aux deux jumeaux, même si pour cela il fallait remuer ce passé boueux et visqueux qu'il aurait voulu oublier et qui lui collait à la peau. Il n'avait pas le droit de les tromper, eux, ils n'étaient en rien dans cette histoire, et en étaient même les premières victimes. Finalement, ni Nayasta, ni lui, ne s'en tiraient complètement victorieux… Certes, elle ne parviendrait pas à le briser de la sorte, mais, lui, devrait tout de même faire face à ce sombre passé. Match nul, en quelque sorte !
- Sur ce, si vous me le permettez enfin, je vais vous quitter et vous laisser méditer sur notre petite discussion !
- Bien ! Dans ce cas, bonne nuit, Snape ! répondit-elle, dépitée que cet conversation ait échappée ainsi à son contrôle, comme toujours face à Snape.
Et il sortit, faisant virevolter ses robes derrière lui et claqua la porte.
« J'espère que cela réglera définitivement le problème « Nayasta » et que je vais pouvoir rayer ça de ma liste ! Quoiqu'il en soit mieux vaut garder un œil sur elle. Qu'est-ce qu'ils peuvent être déchaînés ce soir ! A ce rythme là, Severus, tes nerfs ne vont pas tenir deux mois ! Bon allez maintenant détends-toi ! Détends-toi ! Pense à autre chose ! Non … finalement, ne pense pas ! Satané migraine ! Et bien tu n'es pas sorti de l'auberge !»
