Pour me faire pardonner l'attente que je vous ai fait subir je poste un autre chapitre dans la foulée
J'ai hâte de voir vos réactions, toutes vos réactions...
CHAPITRE 26 : Retour auprès des Mangemorts
Le jour fatidique était enfin arrivé. Il était à peine l'aube, mais Severus voulait partir au plus vite, pour ne pas à devoir se confronter aux autres membres au moment de son départ. Il avait déjà eu grand mal à vider son esprit et à fermer tout accès à ses pensées ! Inutile de raviver certaines tensions, qui immanquablement ne feraient que fissurer son masque et le fragiliser avant la terrible confrontation.
Il n'avait pas dormi, incapable de fermer l'œil de la nuit. Il s'était donc plongé dans une profonde méditation afin de vider son esprit de toutes pensées futiles et inutiles, fermant certaines portes de son esprit, en ouvrant d'autres, sélectionnant les souvenirs pouvant lui servir et écartant les autres. Il s'était plongé dans une véritable transe, comme à chaque fois qu'il se préparait à un entretien dangereux et délicat auprès de son « Maître ».
Il était l'heure, il se sentait prêt. Il s'était recomposé un masque parfait, immuable et indéchiffrable, son esprit hermétiquement clôt, concentré sur la tache qui l'attendait.
Il attacha le médaillon de Dumbledore autour de son cou, médaillon qu'il avait réussi à extirper de Black… enfin surtout parce que Minerva avait ordonné à Black de le lui rendre. Minerva et Severus avaient effectivement décidé d'adopter ce moyen de communication, qu'il utilisait avec Dumbledore lors de la première guerre, infiniment plus pratique que les patronus, Severus étant sûr de pouvoir transmettre son message à tout moment.
Non pas qu'il ne sache pas lancer ce sortilège. Non, il y arrivait… parfois… mais pas toujours… il lui arrivait malheureusement de ne pas arriver à lancer son patronus, ou de lancer un patronus informe, son patronus corporel, qui d'ordinaire prenait l'aspect d'un grand félin, étant parfois à peine reconnaissable, ce qui lui valait souvent les railleries de certains membres dont on ne citera pas les noms ! Severus préférait donc s'abstenir de recourir à ce mode de communication dans la mesure du possible.
Pourquoi avait-il tant de mal avec les patronus ? Il était pourtant réputé comme un puissant sorcier et un redoutable mangemort ! Alors pourquoi ne parvenait-il pas à lancer un sortilège qu'un gamin de treize ans avait réussi à maîtriser à la perfection ? Severus se sentait mortifié, humilié. Il savait au fond de lui pourquoi parfois cela lui échappait. Tout simplement parce qu'il n'arrivait pas toujours à se raccrocher à un souvenir heureux, suffisamment fort ! Mais il ne voulait pas se l'avouer, cela aurait été encore plus humiliant, plus dramatique pour son amour propre. Quelle pitié tout de même ! Non, décidément, les patronus, ce n'était pas pour lui. Autant s'en passer si possible !
Il vérifia son couteau, avant de le fixer à sa ceinture, cacha sa baguette, enfin la baguette d'Albus, dans sa manche gauche, puis observa un instant son reflet dans le miroir d'un œil critique, vérifiant qu'il n'avait rien oublié. Il lui manquait le contact froid contre sa peau de la chaîne portant les anneaux que lui avait dérobés Black, et il se sentait presque comme nu sans eux, mais il fallait s'y habituer. Finalement, cela était peut-être un mal pour un bien. Au moins, il ne risquait pas qu'ils tombent aux mains des Mangemorts ! Il avait préféré également cacher la lettre de Dumbledore, ainsi que la lettre qu'il possédait quand il était arrivé, dans un des livres ici. Cela était plus sûr, au cas où… Sait-on jamais. Il ne savait jamais comment pouvait réagir l'autre fou ! Tout pouvait arriver…
Il enfila sa cape de Mangemort, épaisse et ample, par-dessus ses robes. Il s'assura qu'il avait bien prit sa trousse de secours contenant un certain nombre de potions des plus utiles, minutieusement cachée dans les poches de sa cape. Il prit enfin le médaillon de Serpentard, si précieux Horcruxe, qu'il rangea précautionneusement dans la poche interne. Il était fin prêt, il était temps de reprendre son rôle maintenant. Le deuxième acte était sur le point de commencer. Il ouvrit doucement la porte, évitant de faire grincer les gonds pour ne pas réveiller toute la maisonnée, puis, après un dernier regard dans la pièce, il descendit à pas feutrés.
Il était déjà presque à la porte de l'entrée, quand il entendit derrière lui une voix familière lui chuchoter :
- Prenez garde à vous Severus, et revenez-nous entier !
Il se retourna lentement, un faible sourire effleurant ses fines lèvres pâles.
- A bientôt, Minerva ! Je vous contacterai dès que possible !
Toujours en la fixant d'un indéchiffrable regard sombre, il mit sa capuche, masquant alors totalement ses traits à McGonagall, seules ses orbes noires brillant d'une faible étincelle. Il ouvrit la porte, et dans une majestueuse envolée de cape, dont il avait seul le secret, il s'engouffra dans le froid glacial de ce matin d'hiver puis transplanna par un simple toucher de sa Marque.
- Bonne chance Severus ! Souffla-t-elle, alors qu'il disparaissait.
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Il se retrouva à l'orée d'une sombre forêt, devant un imposant manoir, au portail noir peu accueillant et impressionnant, orné de deux magnifiques serpents. Il s'approcha lentement, d'un pas assuré vers le sombre portail, qui s'ouvrit de lui-même pour laisser passer Severus.
Il était attendu bien évidemment ! Autant ne pas le faire attendre plus longtemps dans ce cas !
Il suivit le petit chemin de terre battue, bordé de pierre, qui le conduisit au seuil de l'immense bâtisse de vieilles pierres anguleuses, se retrouvant face à une porte de bois brute à double battant de trois mètres de haut sur deux mètres de large. Une fois encore, il n'eut pas à cogner, la porte s'ouvrant d'elle-même à son approche.
Il pénétra alors dans l'antre lugubre et froide du serpent, pour se retrouver dans un vaste hall au sol de marbre, que Severus reconnut sans peine pour s'y être souvent retrouvé. Deux magnifiques escaliers se dressaient devant lui à droite et à gauche, se rejoignant à l'étage du dessus au centre, après avoir décrit une majestueuse courbe. Sur les murs de chaque côté, une porte, accédant chacune à de longs couloirs et diverses salles. Au centre du hall, juste en face de lui, une magnifique sculpture représentant Salazar Serpentard en personne.
Mais Severus ne s'attarda pas à la contemplation des lieux, qu'il connaissait d'ailleurs déjà amplement, et se dirigea directement vers la lourde porte de chêne qui lui faisait face, entre les deux escaliers. Cette porte donnait accès à la « salle du trône », comme aimaient l'appeler les mangemorts, la salle où le Seigneur des Ténèbres recevaient ses fidèles serviteurs, pour leur compte-rendu et autre rapport. Deux sentinelles en gardaient bien entendu l'accès.
Severus s'arrêta devant les deux hommes, tout de noir vêtus, qui le fixaient ostensiblement. Il les darda d'un regard noir intense de son cru, ce qui les mit visiblement très mal à l'aise, puis leur dit de sa voix langoureuse et suave, dans un murmure presque menaçant.
- Le Maître m'attend !
Les deux hommes s'inclinèrent finalement et ouvrirent les portes. Severus inspira profondément, sans montrer pour autant son trouble passager aux deux autres, et pénétra dans la pièce.
Les portes se refermèrent inexorablement derrière lui, le laissant seul dans l'immense pièce à l'ambiance oppressante. Elle était quasiment vide, circulaire, les murs hauts surmontés de gigantesques vitraux qui laissaient filtrer la faible lueur de l'aube naissante, tout en laissant la pièce baignée dans une obscurité presque mystique. Au fond de la pièce, trônait sur une estrade un magnifique siège tout de bois sculpté, orné d'arabesques et de runes antiques magnifiques, légèrement surélevé d'à peine un mètre par rapport au sol. Derrière le trône, une tapisserie aux armoiries de Serpentard s'étendait sur plusieurs mètres le long du mur, masquant par là même les deux portes dérobées de part et d'autre.
Severus attendit patiemment que le Maître daigne se manifester. Il était seul dans la pièce mais il se savait observer, il le sentait. Il sentait comme une présence essayer de le pénétrer. Il ne se départit pourtant pas de son calme ni de son masque impassible. Il laissa la présence s'insinuer en lui, dans son esprit, tout en la guidant habilement là où il voulait bien qu'elle aille, fermant minutieusement l'accès à d'autres parties. C'était devenu comme un jeu pour lui, il maîtrisait parfaitement cet art, ce qui ne lui demanda que peu d'effort en général.
Enfin, après de longues minutes d'attente, il entendit le glissement d'un long serpent sur le sol s'approchant furtivement et insidieusement de lui. Il réprima un frisson. Il détestait ce serpent, cet horripilant Nagini, presque plus horripilant que ce rat rampant de Queudver.
- Te voilà enfin de retour parmi nous, mon cher Severusss ! Entendit-il susurrer du fond de la salle.
Il vit alors une ombre s'installer avec indolence dans le siège et deux lueurs rougeâtres diaboliques l'observer intensément. Il soutint le regard, fermant son esprit et envoyant par aggelomencie diverses images susceptibles de plaire au Maître. La joute mentale et silencieuse dura quelques longues minutes, mais Severus se força à ne pas ciller et à ne pas baisser le regard. Finalement ce fut les orbes rouges qui rompirent le contact.
- Lumos ! Fit l'homme en face de lui, allumant alors d'un seul coup de nombreuses torches accrochées aux murs, ainsi que quelques bougies flottant au dessous du plafond, baignant la pièce d'une lumière diffuse et claire permettant de dissoudre les ténèbres devenues écrasantes.
Severus put ainsi mieux distinguer l'homme assis devant lui, frêle silhouette et pourtant présence si impressionnante et si charismatique à la fois.
- Bonjour Maître. Fit Severus en s'approchant et s'arrêtant à quelques mètres du siège pour s'incliner devant l'homme en mettant un genoux à terre.
Ce dernier lui tendit une main, signe que Severus comprit comme une invitation à la lui baiser. Il se releva, prenant soin de rester toujours respectueusement incliné, puis s'approcha encore un peu plus pour frôler de ses lèvres le dos de la pâle et squelettique main tendue. Le baise main n'était accordé qu'à un nombre restreint de ses fidèles, le premier cercle pour être plus exacte, composé de moins de vingt de ses plus fidèles Mangemorts, dont Severus faisait partie, et qu'en de rares occasions. Ce dont Severus se serait bien passé, tant il détestait ce geste, comme tout contact physique d'ailleurs.
Le Seigneur des Ténèbres le savait parfaitement bien et Severus se doutait qu'Il en jouait dans ces quelques occasions, comme s'Il souhaitait lui faire payer son attitude insolente ou ses échecs. Mais Severus obéissait, comme toujours. Il reprit sa place à quelques mètres de distance, gardant un genou à terre.
- Relève-toi, mon ami ! Murmura l'homme.
« Comment peut-Il m'appeler ami ! Sait-t-Il seulement ce que le mot 'ami' signifie ? Et toi, Severus, sais-tu seulement ce que ce mot signifie ? » Ne put s'empêcher de penser Severus. Cependant il s'exécuta aussitôt, et se redressa de toute sa hauteur, gardant toutefois la tête baissée et le regard au sol. Moins il croiserait ce regard de braise, mieux il se porterait !
- Regarde-moi, Severussss !
Severus n'eut pas d'autres choix que de lever la tête et de planter ses onyx dans les braises incandescentes de son Maître. Il sentit la violente intrusion que l'autre lui imposait, mais résista, tout en lui envoyant les souvenirs qu'Il cherchait, et que Severus avait soigneusement sélectionnés pour les Lui offrir sans risque. Ceux-ci eurent l'air de le satisfaire, au vu du pâle sourire qui se dessina sur Son visage de serpent.
- Maintenant raconte-moi tout Severus. Raconte-moi ce que tu as fait lors de ta longue absence dans notre monde.
- Suite à notre dernière… discussion, j'ai dû me réfugier à différents endroits, afin de semer les Aurors à ma recherche. J'ai eu de grand peine à brouiller les pistes, mais j'ai pu y parvenir en m'exilant dans des contrées reculées d'Europe et en vivant à la moldu pendant plusieurs semaines. Ce qui explique ma disparition quasi-totale de la société sorcière ces derniers temps. J'ai heureusement pu trouver le remède à votre admirable composition.
- Ce qui explique pourquoi mon oiseau a mis tant de temps à te trouver.
- Effectivement. Répondit laconiquement Severus. Moins il en disait, mieux il s'en sortirait !
- N'as-tu donc pas apprécié mon cadeau, pour me l'avoir ainsi réexpédié ?
- Maître, votre cadeau m'a profondément touché, mais je ne pouvais le garder avec moi dans la situation actuelle. En outre je ne suis qu'un amateur en cette matière et ne saurai m'occuper comme il se doit de cette magnifique créature. J'ai pensé qu'elle serait mieux entretenue et plus en sécurité ici même, en compagnie de votre fidèle Nagini !
- Tu es un grand flatteur Severus et tu manies parfaitement l'art des mots ! C'est aussi pour ça que je t'apprécie, tu sais si bien dire ce que l'autre souhaite entendre tout en choisissant précisément les bons mots, à double sens, laissant planer le doute sur le véritable sens de tes paroles ! J'aime également ton audace, frôlant parfois les limites sans jamais réellement les dépasser. Mais passons, je ne t'en tiens pas rigueur. Pas pour cette fois…
Severus se sentit soudain soulagé, ayant momentanément cru avoir été trop loin et avoir dépasser ces fameuses limites.
- Pourquoi n'es-tu pas masqué ? reprit- l'homme-serpent.
- Lors d'une malencontreuse rencontre, mon masque a été détruit, j'en ai bien peur. Mais cela me semble bien futile à présent : je suis connu et recherché aux quatre coins du monde, autant que j'agisse à visage découvert désormais ! Il me semble plutôt inopportun de cacher mon visage plus longtemps !
- En es-tu si sûr ? Je n'apprécie que moyennement cette idée et suis assez circonspect ! Je te croyais plus soigneux de tes affaires, mon enfant.
Le ton employé ne présageait rien de bon, il était temps de trouver autre chose ou de changer de sujet assez rapidement avant que les choses ne s'enveniment. « Allez réfléchis Severus ! Trouve quelque chose ! »
Mais l'homme plus âgé reprit :
- Que va-t-on faire de toi Severus ? Sans masque, sans baguette…
- Maître, je ne suis plus sans baguette ! Se permit de l'interrompre Severus, sautant sur l'occasion pour dévier le sujet de la conversation.
- Tu as trouvé une autre baguette ? Intéressant, surtout pour toi, je crois me rappeler qu'il avait été difficile de te trouver une baguette pouvant te correspondre étant jeune… Montre ! Fit-Il sur un ton impérieux.
Severus s'exécuta, et lui tendit fébrilement la baguette qu'il utilisait nouvellement. La baguette d'Albus ! Il était assez nerveux. Il avait le secret espoir que l'ironie de la situation, à savoir que la baguette de Severus et celle d'Albus, de l'assassin et de sa victime, n'étaient autre que des baguettes jumelles, Lui plaise ! Mais il n'en était pas totalement persuadé. Il jouait un peu un coup de dé, et il avait intérêt à être chanceux !
Or la chance n'était pas son fort. Tout au long de sa misérable vie, la déveine semblait s'être accrochée à lui, chaque jour de sa maudite existence ! Pourtant aujourd'hui, la déveine l'avait peut-être oublié, du moins momentanément, car le visage du Seigneur des Ténèbres sembla presque s'illuminer de jubilation à la vue de cette baguette.
- Je t'écoute ! Susurra-t-il, ordonnant à Severus de lui expliquer comment cette baguette était en sa possession.
- Cette baguette n'est autre que la jumelle de mon ancienne baguette, et me correspond donc assez bien.
Le visage de l'autre s'illumina encore plus.
- Quand j'ai appris ce fait assez… ironique, il faut le dire, continua Severus, j'ai donc tout fait pour m'en emparer. Ces imbéciles du Ministère et de Poudlard ont eu l'amabilité de me faciliter la tâche, en décidant de laisser la dite baguette avec son ancien propriétaire, c'est-à-dire dans sa magnifique tombe blanche à Poudlard. Je n'ai donc eu qu'à obliger un des professeurs à aller la chercher pour moi, grâce à une potion d'imperium. Mon dévolu s'est alors porté bien entendu sur ce cher Hagrid, plus facile d'accès et plus facile à contrôler !
« Pourvu que ce mensonge passe ! Pourvu que ça passe ! » Pensa Severus, gardant ostensiblement le regard baissé et évitant de croiser les yeux de l'autre. « Ne surtout pas le regarder ! Ne surtout pas lui donner d'accès ! Ferme ton esprit ! » Mais il ne sentit aucune tentative d'intrusion. Il continua donc, gardant toujours une inflexion de voix parfaitement maîtrisée, ne laissant rien transparaître de sa tension.
- C'est ainsi que j'ai pu me retrouver en possession de cette baguette, qui n'a en fait que peu de différence avec la précédente. Je n'ai eu aucun mal à la maîtriser. En outre je doute que quiconque se doute de quoi que ce soit. Hagrid a été tout de même mis soigneusement sous oubliettes, mais même s'il se rappelait de quoi que ce soit, je doute qu'il se vante de ce méfait. Sa réputation est déjà assez mauvaise, sans qu'il ait à en rajouter !
- Très ingénieux, Severus ! Comme toujours ! Tu ne cesseras de m'étonner ! Je pense que ton erreur, quant à ton masque, peut largement être pardonnée. Et je t'accorde d'agir dès lors à visage découvert, mais que ce genre de désagrément ne se reproduise plus ou tu en paieras chèrement les conséquences. Est-ce clair ?
Se disant, il rendit la baguette à Severus, qui la rangea sans plus attendre dans sa manche gauche.
- Oui, mon Seigneur !
- Bien ! Maintenant passons à un sujet plus sérieux. Je t'avais demandé de revenir avec quelque chose digne d'intérêt. Que m'as-tu donc rapporté ?
- Je crois, Maître, que ceci devrait vous plaire au plus haut point ! Répondit Severus, tout en s'inclinant légèrement et en sortant un objet d'une de ses poches. Il laissa le médaillon de Serpentard se balancer gracieusement au bout de la chaîne en or, qu'il tenait du bout des doigts.
Le Maître s'en empara d'un geste rageur et presque convulsif, apparemment plus que surpris de voir Severus en possession de cet objet.
- Comment es-tu entré en possession de cet objet ? Tu as intérêt à t'expliquer rapidement Severus ou tu risques de le regretter !
- Maître, fit ce dernier d'une voix un peu fébrile, j'ai trouvé ce médaillon en possession d'un des membres de l'Ordre qui a eu l'impudence de m'approcher de trop près. Je suis parvenu à le lui dérober, ainsi qu'à lui soutirer de force les informations concernant cet objet et les plans de l'Ordre, mais l'homme m'a ensuite malheureusement échappé, d'autres membres étant venus le secourir.
- Sais-tu ce dont il s'agit au juste ? Siffla l'autre, la colère et l'impatience perçant dans sa voix.
- Oui, Maître. Il s'agit d'un Horcruxe, d'un de vos Horcruxes.
- Que sais-tu au juste ? Persifla l'homme tremblant de fureur.
Severus essaya de ne pas se départir de son calme et répliqua d'un ton impeccablement maîtrisé :
- Je sais ce que l'Ordre sait. A savoir que vous êtes parvenu à réaliser plusieurs Horcruxes. Severus parvint même à donner un léger accent d'admiration dans sa voix, pour parfaire sa simulation. Ils ne connaissent pas tout à fait le nombre exact, mais ils pensent que vous en avez six en tout. Tout n'est apparemment que supposition, ils ne connaissent ni leur nature exact, ni les lieux où ils sont cachés. Je n'ai pu parvenir à savoir, s'ils en avaient trouvés d'autres. Mais une chose est sûre : ils planifient, avant toute chose, de trouver tous ces Horcruxes et de les détruire, avant de s'attaquer directement à votre personne. Par contre, ils ne savent pas comment les détruire, ces Horcruxes étant apparemment puissamment protégés par de nombreux maléfices.
- Est-ce tout ce dont tu es au courant ?
- Oui. Mais j'ai pu y réfléchir et faire mes propres suppositions.
- Je t'écoute !
- Et bien, en y réfléchissant attentivement, je suis persuadé que la faiblesse des derniers mois du vieux Dumbledore pourrait s'expliquer par un de ces Horcruxes. Il a certainement dû en détruire un, ou tout du moins essayer, d'où sa main noircie et le mal qui le rongeait lentement.
- Oui Severus, je suis d'accord avec toi ! Il est fort probable que sa faiblesse soit due à ça. Sais-tu de quel Horcruxe il pourrait s'agir ?
- Non, je n'ai pu soutirer cette information. Mais je connais assez bien chaque objet qu'Albus Dumbledore entreposait dans son bureau. Si je connaissais la nature des Horcruxes, je pourrais alors probablement vous l'indiquer !
- Je dois y réfléchir tout d'abord ! As-tu conscience de l'importance de cette information ?
- Parfaitement, Maître. Répondit Severus, alors très tendu.
Il n'y avait pas trente-six solutions : soit Son Maître le jugeait trop dangereux car il en savait trop désormais et Il décidait alors de le tuer, soit Il le jugeait digne d'un tant soit peu de confiance et d'utilité et le gardait à ses côtes. A moins qu'il ne choisisse de le mettre sous oubliettes, mais cette dernière option semblait laisser bien trop d'aléatoires. Non, c'était soit la mort, soit la vie ! Et en son fort intérieur, Severus priait pour qu'Il opte pour la deuxième solution !
- Severus, que ferais-tu à ma place ?
- Je ne saurai répondre, Maître ! Je n'ai pas toutes les clés en main.
- Bien répondu, comme toujours ! Tu es un homme intelligent, Severus, et précieux.
« Peut-être va-t-il opter pour la vie ! » espéra silencieusement Severus, tandis que l'autre reprit de sa voix sifflante et presque nasillarde.
- Mais tu en sais beaucoup maintenant, peut-être de trop. Je ne sais encore quoi faire.
Severus frémit. « Je suis perdu ! Et je n'ai même pas pu écrire mes dernières volontés ! »
- Non, je pense que je vais te garder auprès de moi, Severusssss ! Tu m'as toujours servi fidèlement jusque là, n'est-ce-pas, mon ami ?
Severus ne répondit rien, les mâchoires crispées et gardant la tête baissée.
- Je ne vais pas te tuer ! Tu es beaucoup trop précieux. Les hommes tels que toi sont trop rares et difficiles à remplacer. Mais ne l'oublie pas, Severus, tu as beau être difficile à remplacer, tu n'es pas pour autant irremplaçable et tu n'en restes pas moins à mon service.
- Oui, Mon Seigneur. Se contenta de répondre Severus, incapable d'articuler quoi que ce soit d'autre pour le moment.
- Je vois que tu as compris. Inutile de préciser que tout ceci doit rester entre nous ! Ces précieuses informations vont me permettre de prendre les mesures nécessaires pour protéger les autres Horcruxes. Tu viens de me prouver à nouveau ta fidélité, et tu seras récompensé comme il se doit. J'avais déjà prévu une surprise pour toi ce soir ! Mais ta récompense sera bien plus importante, tu obtiendras enfin la reconnaissance que tu mérites, tu obtiendras une place de choix parmi mes Mangemorts, bien que tu sois déjà honoré de faire partie du premier cercle.
- Je vous remercie Maître ! Severus était à la fois soulagé d'avoir réussi à Le convaincre et à Lui faire croire ses pieux mensonges, mais il redoutait en même temps ce qui l'attendait, que ce soit pour ce soir, ou pour sa récompense. Avec Lui, il fallait s'attendre à tout !
- J'ai demandé à ce que de spacieux et confortables appartements te soient alloués dans ce manoir. Etant recherché de toute part, tu n'as plus d'endroit où te réfugier et je ne peux me permettre de perdre un Mangemort de plus ! Et cette fois, je te l'ordonne, je ne tolérerai aucun refus ! Ces appartements devraient te plaire, je les ai fait aménagés selon tes goûts et tu pourras y apporter les modifications nécessaires.
- Merci Maître.
- De même, un nouveau laboratoire a été aménagé, beaucoup plus adéquate à tes recherches. Bien entendu, tu auras un libre accès à toutes les autres salles de ce manoir, bibliothèque, salles d'entraînement, salles communes, réfectoire, y compris les quartiers des autres Mangemorts, hormis mes quartiers personnels situés dans l'aile Nord, cela va de soi. D'autres fidèles ont aussi élus domicile ici, dont Lucius Malefoy, qui, comme tu le sais déjà, a été fait évadé il y a deux jours ! Mais tu seras un des seuls à pouvoir accéder à leur quartier propre en cas de besoin. Personne ne peut, en temps normal, accéder aux quartiers personnels d'un autre Mangemort, quel qu'il soit, même novice. Mais en tant que mon Second direct, tu dois pouvoir contrôler toute situation. Je te fais assez confiance pour ne pas abuser de cet avantage.
Severus marqua sa surprise par un simple haussement de sourcil, relevant alors la tête et regardant son Maître droit dans les yeux.
- Oui, Severus tu as parfaitement entendu, tu es officiellement mon Second direct, mon bras droit. Considère ça comme une partie de ta récompense. Et non, cette place n'est pas, et n'a jamais été, dévolue à Lucius ! Tu vaux plus que lui ! Nous officialiserons les choses ce soir !
- Bien Maître. Fit Severus, laissant percer une légère pointe de fierté dans sa voix. Il était en fait fier d'avoir gagner la partie, d'avoir atteint l'objectif d'Albus de se rapprocher un maximum de Lui, mais cette fierté fut interprétée par l'autre comme de la joie pour avoir été ainsi honoré.
Bon, il fallait bien évidemment relativiser les choses : Severus se doutait bien que ce rapprochement permettrait aussi au Seigneur des Ténèbres de mieux garder l'œil sur lui, son soi-disant fidèle mangemort. Car même s'Il semblait accorder une telle marque de confiance à Severus, celui-ci se doutait qu'il n'en était rien. Le Seigneur des Ténèbres ne faisait jamais confiance à personne, en outre Il s'était toujours méfié de lui, trop intelligent et donc trop dangereux, sans compter tout ce temps passé auprès de Dumbledore…
- Ah une dernière chose ! Je te laisse aussi libre dans tes dépenses, tu n'auras plus à te priver. Tâche toutefois de rester dans la limite du raisonnable ! Mais je pense pouvoir te faire confiance là-dessus aussi.
- Je ne sais que répondre pour vous exprimer toute ma gratitude. Répondit simplement Severus.
- Sers moi dignement !
- Il en sera ainsi, Maître !
- Bien, tu peux disposer maintenant. Je pense que tu as besoin d'un peu de repos, surtout en prévision des festivités de ce soir. Je laisse le soin à Queudver de te montrer tes nouveaux appartements et d'assigner un elfe de maison à ton service.
Severus s'inclina une dernière fois et sortit sans un mot. Il eut la désagréable vision d'un Queudver nerveux et presque sautillant, l'attendant à la porte pour le guider dans le manoir. Il le suivit donc dans le méandre des nombreux couloirs, jusqu'à ce qui serait désormais sa nouvelle demeure.
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Severus resta un instant étendu sur le lit. Ses nouveaux appartements étaient assez spacieux et plutôt confortables, aménagés en prenant compte de ses goûts personnels. Ils étaient situés au deuxième étage, le dernier à vrai dire.
Il était composé de trois pièces et d'une salle de bain. Quand on entrait, on se retrouvait tout d'abord dans une vaste pièce rectangulaire où un canapé et deux fauteuils d'un brun chaud vous accueillaient à bras ouverts, tout près d'une table basse en bois massif finement sculptée, en face d'une splendide cheminée de pierre brute. Une grande baie vitrée lui donnait une vue imprenable sur les collines boisées environnant le manoir.
Deux portes se trouvaient sur le mur derrière les fauteuils : l'une donnait accès à une chambre simple, dans les tons bleu sombre, munie d'un simple lit, d'une petite table de chevet et d'une armoire. Une salle de bain bien équipée, mais sans superflu, jouxtait directement la chambre. L'autre porte donnait accès à une salle de travail, où trônait une imposante bibliothèque tout le long d'un des pans de murs, remplie de divers ouvrages, et faisant face à un bureau assez large. Un petit établi, avec un nécessaire à potions rudimentaire, était placé dans le fond de la pièce, accompagné d'une étagère basse contenant déjà quelques ingrédients de base.
Apparemment le Seigneur des Ténèbres avait pensé à tout ! Il avait pu voir les appartements des autres Mangemorts, et les savait beaucoup plus spartiates que ceux-ci. Le Maître lui accordait réellement une place privilégiée. Mais, malgré le luxe qu'on lui offrait et les prérogatives non dissimulées dont il disposait, Severus ne se faisait pas de leurre : il était dans une prison, une prison dorée certes, rien à voir avec Azkaban, mais une prison quand même.
Et l'elfe de maison qu'on mettait si gentiment à sa disposition, n'était certainement pas là uniquement pour le servir… Il ferait aussi un discret et efficace espion au service de sa Majesté des Ténèbres. Tous les faits et gestes de Severus seraient certainement rapportés jour après jour à Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Pronocer-Le-Nom-Et-Qui-Commençait-Vraiment-A-Lui-Taper-Sur-Les-Nerfs !
Non Severus, ne pense pas ça ! Pas ici ! Ferme ton esprit et pense à autre chose ! Ne relâche pas ton attention ! Même si tout est là pour t'inciter au confort, ne relâche pas la pression ! Qui sait s'il n'est pas capable de pénétrer tes pensées à distance ? Bon a priori c'est impossible ! N'est-ce pas ? Et même si cela était possible en théorie, je doute qu'Il soit réellement aussi bon legilimens que ça ! Mais tu ne dois tout de même pas te relâcher.
Excédé et tendu comme un lion en cage, il se leva vivement et vint se planter devant la baie vitrée. La vue était plutôt agréable, mais même le paysage paraissait sombre et malsain, comme imprégné lui aussi de toute cette énergie négative qui englobait le manoir. Quelles idées vraiment Severus ! On dirait un gamin de quinze ans effrayé devant le château d'un affreux mage noir !
Il entendit soudain un léger 'pop' derrière lui, et se retourna d'un vif mouvement faisant virevolter ses robes noires, pour se retrouver face à Ansky, l'elfe de maison chargé de le seconder.
- Désolé de vous déranger, Maître Snape. Ansky vient se présenter. Ansky est l'elfe de maison assigné au service de Maître Snape. Ansky venait voir si Maître Snape a besoin d'aide ou de quelque chose pour se préparer à la fête de ce soir, Maître Snape !
- Je ne pense pas Ansky. Tu peux y aller, je n'ai besoin de rien !
- Le Maître a demandé à Ansky de vous apporter ceci, Maître Snape ! ajouta-t-elle, tout en claquant son index contre son pouce, faisant alors apparaître sur le dossier d'un fauteuil une robe de sorcier élégamment coupée, noir avec des liserés argentés aux poignets, au col et longeant les épaules pour former un V sur le haut de la robe devant et derrière.
- Le Maître souhaiterait que Maître Snape la porte ce soir, Maître Snape !
Un costume de cérémonie! Reconnut aussitôt Severus. Cela ne présageait rien de bon. Ce soir il y aurait donc de la Magie Noire au programme! Et connaissant l'organisateur, il fallait s'attendre à tous les rites possibles... Malgré l'appréhension, Severus ne put s'empêcher de ressentir un frisson d'excitation. Cela faisait tellement longtemps, presque vingt ans, qu'il n'avait pas pratiqué de tels rituels!
Malgré leur caractère dangereux et parfois néfaste, il ne pouvait s'empêcher d'apprécier, et même de souhaiter avec impatience, cette sensation grisante de pouvoir et de puissance qu'il ressentait à chaque fois! Mais il avait aussi quelques scrupules à devoir de nouveau pratiquer ces arts ancestraux qui jouaient souvent avec la vie et la mort. Cela le replongerait sans aucun doute dans ses « anciens penchants », chose qu'il avait promise à Albus d'éviter à tout prix...
Mais pouvait-il s'y dérober maintenant ? Pouvait-il encore y renoncer, quitte à s'attirer les foudres du Seigneur des Ténèbres ? Au fond de lui, une petite voix, vraisemblablement l'infime parcelle de conscience qui lui restait, lui soufflait une question, qu'il n'osait se poser tout haut : avait-il seulement envie d'y renoncer, de renoncer à tous ses anciens penchants ? Il redoutait de connaître la réponse, négative certainement, réponse qui l'obligerait à faire face de nouveau à sa conscience, et il n'en avait pas vraiment envie ! Mieux valait oublier cette question, et choisir l'option la plus raisonnable : accéder à la requête de son Maître, même s'il s'agissait de s'adonner de nouveau à la Magie Noire.
- Bien! Laisse moi seul, maintenant!
- Si Maître Snape a besoin de quelque chose, Ansky est là pour Maître Snape!
Severus lui lança un regard noir en guise de réponse, et l'elfe de maison s'empressa de disparaître dans un pop sonore caractéristique.
La soirée ne devrait pas tarder, et il n'avait pas intérêt à faire attendre le Seigneur des Ténèbres. Il s'empara donc de la robe en question et partit s'en vêtir dans la salle de bain.
Une vingtaine de minutes plus tard, il était fin prêt et passa sa cape de mangemort par dessus la robe. La cérémonie devait avoir lieu normalement à visage masqué, excepté pour ceux qui menaient le rituel, à savoir le Seigneur des Ténèbres, et Severus lui-même certainement, au vu de la robe. Après seulement quelques minutes d'attente, Queudver se présenta comme prévu, pour le guider encore une fois dans les dédales de couloirs glaciaux et sombres.
Ils descendirent au niveau souterrain, au même niveau que les caves, par des escaliers de pierre brute grossièrement taillés, l'air se faisant de plus en plus glacial. Queudver le conduisit devant une imposante double porte en bois d'ébène. Il se décala sur le côté tout en faisant signe à Severus d'entrer. Tous les mangemorts étaient présents, aussi bien ceux du premier cercle, que ceux du deuxième cercle et les novices... Il se retrouvait au seuil d'une vaste salle circulaire où siégeaient des tables, formant un demi-cercle parfait en face d'une autre table à place unique, la place du Maître. Les dites tables se trouvaient sur une sorte d'estrade, légèrement surélevé par rapport au centre de la pièce, tel un amphithéâtre.
Tous étaient debout à leur place respective, les plus anciens et fidèles mangemorts près de Lui, les novices près de la porte. Le Maître se tenait au centre de la pièce devant Severus.
- Mes chers amis, fit le Seigneur des Ténèbres à ses disciples. Ce soir nous avons enfin retrouvé l'un des nôtres et je vous demande de l'accueillir comme il se doit. Severus, approche!
Celui-ci s'exécuta et s'avança alors à pas savamment calculé vers Lui. Il descendit les trois petites marches de l'escalier menant au centre de l'arène et se retrouva bientôt à deux mètres de son Maître, devant lequel il s'inclina, un genou à terre.
- Relève toi! Lui ordonna simplement l'homme plus âgé.
Severus obtempéra, toujours sans mot dire, et leva alors son regard d'ébène vers les orbes rouges qu'il scruta intensément, comme dans l'espoir de pouvoir y lire ce que cette soirée lui réservait. Mais il ne put rien y lire. Pour le savoir, il devrait encore patienter, car apparemment l'heure des véritables festivités n'était pas encore arrivée.
L'homme-serpent lui fit signe de le suivre. Ils montèrent les quelques marches, à l'opposé de l'entrée cette fois, pour venir prendre leur place autour des tables. Le Seigneur des Ténèbres indiqua silencieusement à Severus de s'asseoir à la première place, située directement à droite de la table réservée à son Maître. Il montrait ainsi sans ambiguïté la place et l'importance qu'Il accordait à Severus, et faisait comprendre à tous que le jeune homme serait désormais Son second.
Il n'avait pas besoin de le dire explicitement, les codes et la hiérarchie chez les Mangemorts étaient suffisamment stricts et clairs pour que touts comprennent le message.
Severus observa un instant les autres mangemorts, qu'il avait pour l'instant délibérément ignorés, et remarqua leurs regards d'envie et leur expression de jalousie intense, malgré le masque qui cachait le haut de leur visage. Il reconnut sans peine, placé en face de lui, à gauche du Maître, Lucius Malefoy, vite réintégré dans le premier cercle malgré son échec lamentable au Ministère et malgré l'échec de son fils à Poudlard. Il vit ensuite Bellatrix à ses côtés.
Il ressentit alors toute l'animosité que les anciens mangemorts, et ceux du premier cercle en particulier, ressentaient à ce moment à son égard : lui, le vulgaire Sang-Mêlé, sans fortune ni relation, leur volait la première place aux côtés de leur Maître. Comment osait-il ? « En fait, pensa Severus, quelle ironie que ces soi-disant fabuleux Sangs-Purs soient désormais menés par deux Sangs-Mêlés ! » Il les foudroya tous, l'un après l'autre, d'un regard noir pénétrant, leur faisant comprendre par là, à qui ils avaient affaire, et qu'il serait très mal venu de le contredire.
- Ce soir, une cérémonie des plus importantes nous attend, mais avant cela, festoyons et mangeons. Vous aurez besoin de force !
Aussitôt les plats apparurent sur les tables et, d'un signe de leur Maître, tous s'assirent et entamèrent les différents mets, leur masque toujours en place. Le repas eut lieu dans un silence presque religieux. Ce soir, il ne s'agissait pas d'un repas ordinaire entre mangemorts, comme ils pouvaient en connaître, dans cette même salle, lors de leurs célèbres orgies. Tout d'abord parce que leur Maître y assistait, chose rare, et surtout parce qu'il s'agissait avant tout d'un repas rituel, repas précédant une cérémonie de Magie Noire, et donc servant avant toute chose à restaurer leur force vitale en vue de l'effort que cela nécessiterait.
Tous se jaugeaient et s'évaluaient du regard. Ils pouvaient deviner qui seraient les maîtres de cérémonie, au vue des costumes que l'on distinguait malgré tout au dessous de leur cape : le Seigneur des Ténèbres lui-même et Severus Snape. Mais qui aurait l'honneur de les seconder et qui aurait l'honneur de les monitorer ? Certains espéraient secrètement qu'il serait l'heureux élu, car il pourrait alors jouir en partie du rite, tandis que les autres ne seraient là que pour apporter leur énergie et leur force aux maîtres de cérémonie.
Enfin le repas prit fin et, toujours dans un silence mystique, ils se levèrent l'un après l'autre pour suivre leur Maître dans les profondeurs du manoir, vers la salle de rituel, les novices ayant quant à eux été congédiés et renvoyés pour la nuit.
Fin du chapitre 26
