Tout d'abord voici un résumé du chapitre 27 : Voleur d'âme pour ceux qui ont préféré le zapper :

Severus se retrouva donc dans une salle de rituel, où il allait devoir mener, avec le Seigneur des Ténèbres lui-même, un rite ancien de Magie Noire, secondé par Lucius et Dolohov pour les monitorer et Bellatrix Lestrange pour leur apporter l'énergie nécessaire en la drainant aux Mangemorts présents.

Ce rite est appelé le rite du Vole d'âme, et consiste à s'emparer de l'essence magique d'un autre, en lui volant son âme et en offrant son corps en sacrifice aux forces obscures auxquelles il faisait appel. Au cours de ce rite, Severus fut en connection mentale directe avec son Maître, et eut donc toutes les peines du monde à maintenir ses barrières d'occlumencie et à ne pas se trahir.

Mais ce ne fut rien en comparaison à ce qui l'attendait : car sa victime n'était autre que Bill Weasley. Cependant il n'avait pas le choix et dut sacrifier le jeune homme malgré tout, celui-ci étant déjà très affaibli par les tortures et sur le point de mourir de toute façon, en outre il se devait de maintenir coûte que coûte sa couverture…

Il tua donc le jeune Weasley et s'empara de son âme, qui vint se fondre avec la sienne. A la fin de la cérémonie rituelle, tous les Mangemorts festoyèrent, lors d'une de leurs fameuses orgies… au cours de laquelle Severus perdit conscience.

Il ne se réveilla que le lendemain soir, dans son propre lit, sans savoir comment il était arrivé là. Mais il se rendit aussitôt au Square Grimmaud, avec le corps de Bill. Il eut la lourde tache d'apprendre lui-même la mort de leur fils aimé aux parents Weasley, ce qui fut un choc.

Cependant il ne pouvait leur laisser plus de temps s'il voulait rendre son âme au jeune défunt. Il exécuta alors sans plus attendre le rite lui permettant de délivrer l'âme de Bill, sous les yeux de pratiquement tous les membres, en particulier Rémus, Molly et Arthur aux premières loges, puis Tonks et McGonagall. Au cours du rite, Severus parvint à maintenir un lien quelques instants : Bill put ainsi accorder son pardon à Severus et faire ses derniers adieux à sa famille… Mais dès la fin du rituel, à bout de force et vidé de toute énergie, Severus tomba inconscient.

Merci encore aux reviewers, dont Polgarra, Sushi-powa et Bohemio, sans oublier ceux qui n'ont pas encore eu le temps de lire le précédent chapitre mais que je sais être fidèles.

Vous avez tous apprécié apparemment ce chapitre, en particulier le rite de la fin où Severus rend son âme à Bill Weasley, ce qui me rassure grandement, moi qui avait eu tant de mal à rendre ce que je voulais vous faire passer... Pour ceux qui voulaient voir la réaction des autres membres, voilà un petit aperçu... J'espère que vous ne serez pas déçus...

CHAPITRE 28 : L'enterrement

Minerva et Tonks lui avaient fait boire trois potions de régénération de force et lui avaient lancé un Enervatum bien senti, pour le réveiller. Severus ouvrit avec horreur les yeux sur McGonagall. Il aurait souhaité ne pas devoir lui expliquer ce qui s'était passé tout de suite, mais maintenant qu'elle était devant lui, agenouillée à ses côtés, il ne pouvait s'y dérober plus longtemps. Et Tonks, que faisait-elle elle aussi à ses côtés ! Toujours là dans les situations délicates !

En outre, il se trouvait dans une position plutôt inconfortable et … humiliante, étendu par terre, la tête relevée par Minerva. Il se dégagea vivement et se redressa, plus lentement toutefois, ses membres étant encore endoloris et engourdis. Il s'assit quelques instants sur une chaise, comme pour reprendre son souffle, évitant consciencieusement de regarder le corps du jeune homme. Puis, McGonagall le pria de le suivre dans le salon au premier étage, pour permettre ainsi aux Weasley de se recueillir auprès de leur fils défunt. Severus obtempéra, sans objection.

Une fois dans le dit salon, il expliqua brièvement à McGonagall ce qui s'était passé pour son retour auprès de Voldemort, comment il s'était retrouvé face au jeune Weasley lors du rituel et ce qui l'avait poussé à prendre une fois encore cette décision extrême, puis ce qui s'était passé il y a quelques minutes dans cette pièce. Tonks paraissait pétrifiée, et McGonagall, bien que moins choquée, était également un peu méditative.

- Donc votre plan a l'air de fonctionner ?! Fit-elle en conclusion.

- Ca en a tout l'air. Le Seigneur des ténèbres a clairement fait comprendre aux autres Mangemorts que je devenais son « Second ». Mais ceci est à prendre avec des pincettes également. Il me teste bien sûr, la cérémonie d'hier soir en est une preuve flagrante. Il m'a accordé l'honneur de mener la cérémonie avec Lui, mais en même temps Il ma fait subir un rituel très proche de ceux des nouvelles recrues, avant de recevoir la Marque… Il teste encore ma loyauté, et je crains que cela ne s'arrête pas là !

- Je vois. Répondit simplement McGonagall, n'osant aller plus loin sur ce sujet délicat.

Severus venait déjà de lui révéler beaucoup, beaucoup plus en tout cas que ce qu'il ne lui avait jamais dit en quinze années. Il ne parlait généralement jamais des rituels des Mangemorts ou de ces choses-là. Il gardait tout pour lui d'habitude, ou avait Albus pour en parler... Elle n'osait le brusquer de peur qu'il se renferme à nouveau, et ne garde encore une fois ses craintes pour lui.

Mais l'heure des « confessions » était terminée apparemment, car Severus se tut de nouveau.

McGonagall replongea dans ses pensées. Ce qu'elle venait de voir l'avait profondément troublée. Aussi bien au sujet de ce rituel, mais aussi et surtout au sujet de Severus. Elle savait que Severus avait déjà pratiqué de la Magie Noire par le passé, mais elle avait espéré qu'il n'aurait pas à recommencer au cours de cette guerre… C'était illusoire bien entendu ! Il ne pouvait faire autrement, s'il voulait se faire passer pour un fidèle serviteur de Vous-savez-qui. Mais tout de même, de là à en faire au sein même du Quartier Général de l'Ordre ! Comme si une fois n'avait pas suffi ! Mais pouvait-on vraiment le lui reprocher ? Ce deuxième rituel avait été réalisé pour de bonnes intentions après tout. Etait-ce cela qu'il cherchait continuellement à leur expliquer ? La différence entre Arts Sombre et Magie Noire ? « L'intention fait la différence », répétait-il sans cesse lorsqu'il abordait le sujet…

- Je ne vous reproche rien, Severus. Finit-elle par dire. Vous avez agi pour le mieux. De toute façon, Bill était déjà condamné si j'ai bien compris.

Severus la regarda droit dans les yeux. Peut-être que, elle, elle ne lui reprochait rien, mais les autres… et surtout lui-même… Une victime de plus à sa longue liste !

- Mais personne n'était donc au courant de sa disparition ? Demanda-t-il d'un ton rempli de rancœur.

- Maugrey et Kingsley me l'ont appris hier soir tard, à presque minuit passé. Fleur était bouleversée de ne pas le voir rentrer chez eux et a alerté les Aurors de notre connaissance… Mais il était trop tard pour vous prévenir. Et apparemment le mal était déjà fait.

Severus lui répondit par un simple vague mouvement de la main. Tout cela n'avait plus d'importance maintenant…

Il se leva comme pour partir, bien qu'encore un peu étourdi, quand McGonagall le retint doucement par le bras. Il se dégagea, sans pour autant être brutal, mais ce simple mouvement lui fit voir, l'espace de quelques secondes, mille petites étoiles blanches. Il réussit finalement à se ressaisir, mais McGonagall et Tonks durent s'en rendre compte, vu leur air inquiet et le ton que prit son ancienne collègue.

- Vous êtes pâle Severus ! Vous avez besoin de repos. Restez donc cette nuit. Vous repartirez demain tôt.

- Non, je ne peux m'attarder plus longuement sans paraître suspect. Répondit-il sur un ton neutre, presque atone.

- Mais vous êtes affaibli, vous avez drainé beaucoup trop d'énergie en une journée.

« C'est le moins qu'on puisse dire : deux rites coup sur coup en moins de vingt-quatre heures, qui plus est, seul pour le dernier ! Il y a de quoi être affaibli. La reprise est dure, mon petit Severus ! » Se dit-il intérieurement.

- Oui ! Renchérit Tonks. Vous êtes blême, vous ne pourrez transplanner dans cet état.

- J'ai déjà connu pire, Miss Tonks. Je dois y aller.

Il s'apprêtait déjà à franchir le seuil de la pièce, quand il se retourna une dernière fois vers McGonagall :

- Une dernière chose. Ajouta-t-il. Je suis sensé avoir laissé le corps devant l'habitation des Weasley, en guise de message vis-à-vis de l'Ordre. Faîtes-en sorte que le message passe, faîtes le nécessaire auprès des journaux entre autre.

McGonagall acquiesça simplement, ne sachant quoi lui réponde d'autre. Severus se retourna et partit aussitôt dans une volée magistrale de cape noire. McGonagall et Tonks purent le voir arriver à l'extérieur, se retourner vers la demeure et lever la tête vers la fenêtre d'où elles l'observaient. Elles ne purent distinguer son visage, caché par la capuche qui le recouvrait, mais elles eurent la nette impression qu'il les salua de la tête, en un dernier signe d'au revoir.

- Faîtes attention à vous Severus ! Fit McGonagall.

- Oui, faîtes attention ! Répéta Tonks, ne sachant elle-même ce qui la poussait à dire ça. Mais elle sentait qu'elle ne pouvait plus haïr cet homme, qu'elle pouvait presque l'apprécier même. Etrange comment trois jours avaient changé sa vision de l'homme. Car oui, il s'agissait bien d'un homme, d'un être humain, tout ce qu'il y a de plus humain, malgré les apparences…

…………………………………………………………………………………………………

Il était de retour au manoir sombre et lugubre de son Maître. Il était tout juste l'aube, mais il y avait déjà pas mal d'agitation. En fait, il y avait souvent beaucoup d'activités, quelque soit l'heure de la journée, chacun ayant des rythmes de vie extrêmement différents, fonction de la mission en court, ou de sa vie familiale ou non.

Beaucoup de mangemorts avaient finalement élu domicile ici, ce qui désespérait Severus, lui qui ne souhaitait qu'une chose : sa tranquillité ! Il pouvait faire une croix là-dessus. Comme sur beaucoup de choses d'ailleurs.

Heureusement, tous savaient ce qu'il était sensé être allé faire cette nuit. Personne ne vint donc lui poser des questions inopportunes. D'ailleurs son nouveau statut le mettait aussi quelque peu à l'abri de ces curieux !

Il sentit soudain la faim le tenailler. Il entreprit donc de chercher la salle à manger ou réfectoire, que tous les habitants partageaient, sauf le Seigneur des Ténèbres lui-même, qui daignait qu'en de rares occasions se joindre à ses fidèles serviteurs.

Mais, il réalisa alors qu'il ne savait pas où ce réfectoire était censé se situer. Il n'y avait jamais mis les pieds, n'y avait jamais mangé… et il n'avait vraiment, mais alors vraiment pas envie de se rabaisser à demander son chemin. Et puis quoi encore ?! Inutile de leur donner une occasion de se moquer de lui…

Il était ainsi partagé entre remonter à sa chambre (s'il réussissait à trouver son chemin), quitte à sauter, encore, un repas, ou tenter tout de même de trouver cette foutue salle. Il était planté là dans le hall, en plein dilemme, quand il eut la joie, le soulagement, et… et oui, le bonheur, de voir Malefoy. Malefoy senior, entendons-nous bien !

Son sauveur ! Il était dans ce manoir depuis plus de temps que Severus, il devait donc savoir où se situait cette salle tant recherchée, et pourrait lui indiquer le chemin. Celui-ci arborait comme toujours un sourire arrogant de conquérant et s'approchait nonchalamment de Severus. Ce dernier resta impassible, se gardant bien de lui montrer qu'il avait désespérément besoin de lui.

- Severus mon ami ! Fit le grand blond, de son ton velouté et traînant. Comme je suis heureux de te voir ! Mais as-tu besoin d'aide ?

- Moi aussi je suis heureux de te voir, Lucius. Répondit-il sur un ton doucereux. « Pour une fois que je ne mens pas… ou peu ! » pensa-t-il, avant de reprendre :

- Mais non je n'ai pas besoin d'aide. J'allais me rendre au réfectoire pour déjeuner.

- Moi de même. Allons-y ensemble ! Je vais t'indiquer le chemin.

Comme toujours, Lucius savait faire savoir aux autres, qu'ils avaient besoin de lui et leur faire sentir ! Mais Severus se tut et le suivit, bien trop soulagé de ne pas devoir demander à un autre imbécile ou de se ridiculiser à ouvrir toutes les portes…

- Le manoir est grand, et on s'y perd facilement. Je serai toi, je demanderai un plan à l'elfe de maison qui t'a été assigné…

- Je prends note de tes précieux conseils Lucius, merci. Rétorqua Severus, toujours doucereux mais glacial.

- Que je suis heureux de te retrouver mon vieil ami, comme au bon vieux temps. Continua Lucius, indifférent au ton et à l'air renfrogné de Severus, en ayant l'habitude.

- Oui comme au bon vieux temps. Mais je te ferai remarquer que je ne suis pas aussi vieux que ça, et que je suis d'ailleurs plus jeune que toi.

- Ne te vexe pas ainsi Severus ! Que tu es susceptible ! Tu n'as pas changé !

- Qui te parle de se vexer ?! Répondit le maître des potions en arquant un sourcil et affichant un mince sourire narquois. Ils aimaient bien joué à ce petit jeu ensemble.

Lucius était ce qui se rapprochait le plus d'un ami pour Severus… après Albus bien sûr, mais ce n'était pas comparable. Lucius le connaissait bien, et réciproquement. Ils n'étaient pourtant pas du même âge ni de la même promotion, Lucius ayant un an de plus que lui, mais ils s'étaient vite liés à Poudlard. Disons plutôt que Lucius avait vite harponné Severus, ce jeune Serpentard solitaire et mystérieux, qui ne cessait de tenir tête à ces stupides Griffondors, les Maraudeurs, et qui était si brillant et si doué en tout, ou presque, surtout en potions et en Magie Noire…

Severus avait d'abord été méfiant envers Lucius, mais bien vite il avait estimé qu'il avait tout à gagner à se rapprocher de cet aristocratique Sang Pur, et que cette relation ne pouvait qu'améliorer un tant soit peu sa côte dans la communauté Serpentard. Il faut dire qu'il était assez difficile pour un Sang-Mêlé de s'intégrer dans ce cercle très étroit… Mais Lucius s'était intéressé à son cas, le premier en fait… C'est ainsi qu'ils s'étaient liés d'une sorte d'amitié et que Severus était entré dans le cercle de ses relations, traînant plus souvent avec eux, pourtant plus âgé que lui, qu'avec les autres Serpentards de son âge…

- C'est bien ce que je dis, tu n'as pas changé. Répéta Lucius.

Cette réflexion le sortit brusquement de ses réflexions.

- Toi non plus Lucius. Malgré ton misérable séjour, tu es toujours le même !

- Oui, Azkaban ! Il faut dire que cette prison est nettement moins terrible sans tous ces détraqueurs… Mais viens donc ! Allons-nous asseoir là-bas, que je te raconte tout ça.

Et l'aristocratique blond entraîna Severus au fond de la salle, sous les regards curieux des autres Mangemorts présents, et commença à lui raconter son fameux séjour à Azkaban, pour en venir enfin à son évasion.

- Ainsi c'est bien Lui qui a ordonné ton évasion. Donc tous les Mangemorts emprisonnés ont pu s'échapper ?

- Oui, tous !

- Ah ! Bella, toujours aussi subtile ! Quelle folie d'attaquer en force la prison, il y aurait pu y avoir de graves pertes.

- En effet, le Maître lui a fait la même remarque. Mais avec les détraqueurs à leur côté, il n'y avait pas de si grands risques. Enfin tu la connais !

- Pour mon plus grand malheur…

- Je vois que vous ne vous appréciez toujours pas plus, tous les deux.

- Tu vois juste, Lucius. Je suis heureux qu'Azkaban ne t'ait pas fait perdre ta capacité à raisonner. C'eût été dommage.

- Toujours aussi cynique Severus ! Mais je pourrais te retourner le compliment, toi aussi tu as su résister à Azkaban, et surtout résister aux détraqueurs, si mes souvenirs sont bons.

Severus frissonna à ce souvenir. Très mauvais souvenir ! Comment oublier ce terrible séjour de six longs mois dans cette prison, avec les détraqueurs vous rôdant autour, nuit et jour, vous enlevant tout bon souvenir, ne faisant ressurgir que les mauvais ?! Et Merlin seul savait que Severus n'avait pas beaucoup de bons souvenirs… Pour être honnête, il ne saurait dire s'il en avait jamais eu un réellement… Tout bonheur avait toujours été rapidement entaché par un malheur…

Il se contenta de foudroyer Lucius du regard et reporta son attention sur son assiette : œufs brouillés au bacon… Il envoya rapidement un sort de détection anti-empoisonnement à l'assiette devant lui, qui s'avéra négatif.

- Tu es toujours aussi paranoïaque, à ce que je vois ? S'exclama Lucius, à qui le geste de Severus n'avait pas échappé, bien que ce dernier ait eu recours à un sortilège informulé.

Lucius avait découvert, à la fin de la première guerre, cette manie de son ami à vérifier systématiquement si sa nourriture ou la boisson n'avait pas été droguée ou empoisonnée. Il avait mis ça sur le compte de l'attitude paranoïaque que Severus avait développée très tôt, dès Poudlard, face aux Maraudeurs, et cette attitude l'amusait parfois, même s'il ne parvenait pas à la comprendre.

Mais en fait, Severus avait adopté cette nouvelle habitude, lorsqu'il avait commencé à trahir son Maître et qu'il avait de nouveau fréquenté Freyja. Être espion au sein de Mangemorts l'exposait effectivement considérablement à ce genre de désagréments et il préférait redoubler de vigilance. Son comportement ne paraissait d'ailleurs pas si louche aux yeux de ses condisciples, vu son ancienne réputation à Poudlard. Et même après la guerre, il avait eu de grandes difficultés à se défaire de cette habitude, devenue en fait plus un rituel.

Même à Poudlard, il avait du mal à se retenir. Seul Albus était au courant et avait renoncé à lui faire entendre raison. Même au sein de l'Ordre, bien qu'apparemment, de ce côté, cela était encore passé inaperçu. Vieux réflexes d'espions profondément enracinés en lui maintenant et dont il ne se départirait peut-être plus. Et bien qu'importe ! Qu'il paraisse paranoïaque ou fou aux yeux des autres, il n'en avait que faire, si cela lui sauvait la vie !

Severus décida de ne pas répondre à la dernière remarque désobligeante de Lucius et lui décocha un regard assassin des plus explicites. Mais, tout d'un coup, il n'avait plus vraiment faim. Il décida de changer au plus vite de sujet avant que la conversation ne s'envenime.

- Alors quels sont les projets du Maître pour toi, maintenant ?

Severus savait en fait parfaitement que son « ami » était actuellement en grande disgrâce aux yeux de leur Maître, ainsi que toute sa famille, et que leur vie ne tenait qu'à un cheveu. Lucius serait probablement mis à l'épreuve très bientôt et n'aurait le droit à aucune erreur cette fois-ci. Mais il n'avait trouvé aucun autre sujet pour dévier la conversation des terrains bourbeux qu'elle venait de prendre, et il préférait s'engager sur un terrain désavantageux pour Lucius, plutôt que glissant pour lui…

- Je ne sais pas encore. Répondit l'autre sur un ton faussement moqueur, où perçait toutefois le dépit. Cela fait seulement que quelques jours que je suis revenu, tu sais, Severus. En outre, je dois rester ici, étant maintenant recherché partout. Bien que je ne sois pas la cible prioritaire…

« Autre sujet fâcheux. Comme si tu avais besoin, que l'on te rappelle sans cesse que tu es LA proie prioritaire de ces foutus imbéciles d'Aurors. Je les avais presque oublié ceux-là ! Décidément Severus, tu n'es pas doué ce matin ! Toi qui d'ordinaire sais mener la conversation, là où tu veux. Tu te fais vraiment trop vieux ! »

- D'ailleurs, je te félicite pour ta nouvelle promotion. Le ton de Lucius était soudain devenu plus froid et distant, plus cassant, frappant comme un fouet.

Bien entendu, il n'était pas ravi que Severus lui vole sa place de choix auprès du Maître. Lucius était en disgrâce, et voir son « meilleur ami » à sa place devait être dur à avaler pour cet arrogant Sang-Pur prétentieux pour qui tout avait toujours été dû ! « Mais parfois la roue tourne, Lucius… » pensa Severus.

Cependant il ne répondit rien, et garda ses sombres onyx intensément fixés sur Lucius, comme pour le sonder. Bien entendu, des condisciples bien intentionnés devaient avoir relaté en détail l'ascension de Severus au sein de leur communauté depuis le meurtre de Dumbledore et l'échec cuisant de Drago… Quel coup dur pour un Malefoy, se sentir trahi par son propre fils, son propre sang !

- Mais tu n'as rien à craindre Severus. Je ne tenterais rien contre toi, tu le sais bien. Continua l'autre, suave et mielleux, « faussement mielleux » annota Severus dans un coin de sa tête.

« Il ment ! A la première occasion, il te poignardera dans le dos, comme tous ici d'ailleurs. Tu vas devoir redoubler de vigilance Severus, surtout entre Lucius et Bella. A eux deux, va savoir ce dont ils sont capables ! » Se dit-il en son fort intérieur. « Vigilance constante ! » ironisa-t-il. « Si Maugrey savait que ma survie ici dépendra peut-être de son enseignement, je doute qu'il ne se suicide pas à la seconde ! »

La conversation tourna en des banalités futiles, qui les détournèrent de ces sujets désobligeants. Mais chacun d'eux savaient que le jeu serait serré entre eux. Chacun devait prendre ses précautions avec l'autre, l'enjeu était trop important dès lors… Ils devenaient des rivaux, des faux frères, des amis - ennemis…

Lucius montra aimablement le chemin de retour à Severus et lui indiqua par la même occasion ses propres quartiers, l'invitant à l'y rejoindre plus tard dans la journée, ce qu'il ne put refuser, à son grand désarroi. Ils se quittèrent et Severus put enfin retrouver sa chère tranquillité, tout au moins pour quelques heures…

Les jours défilèrent ainsi, le train-train quotidien se mettant doucement en place. Severus avait rapidement pris ses marques et savait se diriger sans peine dans le manoir, ayant vite mémorisé le plan et ayant visité la demeure de fond en comble, tout au moins ce qui lui était accessible.

Un laboratoire avait bien évidemment été mis à sa disposition, situé juste en dessous de ses appartements, et raccordé à ses quartiers personnels par un passage secret, connu de lui seul, de son Maître et de l'elfe. « Un laboratoire de potions au premier étage ! On aura tout vu ! » Heureusement, la salle était précautionneusement calfeutrée, et isolée de l'extérieur, protégeant les précieux bocaux de la chaleur ou de la lumière, ou encore des courants d'air intempestifs…

Severus partageait ainsi son temps entre le laboratoire où il reconstituait le stock de potions, laissé à l'abandon en son absence, et où il continuait ses recherches, l'immense bibliothèque où il étudiait attentivement tous les ouvrages possibles et inimaginables, et la salle d'entraînement qu'il fréquentait aux « heures creuses », évitant ainsi d'avoir à endurer la présence des autres Mangemorts. Il ne faisait que de rapides apparitions dans le réfectoire, mangeant tantôt seul, tantôt avec les Malefoy.

Il n'avait encore reçu aucun ordre du Maître, mais cela ne saurait tarder. Pour l'heure, il essayait de se faire à cette existence, des plus étranges, toujours sur ses gardes, tentant de maintenir en permanence ses barrières mentales, même dans ses appartements privés. Mais il sentait qu'il fatiguait vite, et qu'il ne pourrait tenir très longtemps ce rythme. Ajouter à cela son manque de sommeil… Il devait trouver une solution, et vite. Il devait trouver un moyen de pouvoir baisser ses barrières pour reposer son esprit, même momentanément, même si ce n'était que quelques heures par jour… Mais il n'osait pas tenter l'expérience dans ce manoir, pas ici, pas maintenant, trop dangereux…

Il ruminait ainsi, une fois de plus, seul, dans sa chambre, se préparant pour une nouvelle journée maussade à souhait, quand il réalisa soudain la date. L'enterrement de Bill Weasley ! Oui, c'était aujourd'hui qu'il devait avoir lieu ! Il aurait aimé s'y rendre, même sans se montrer, mais ne serait-ce pas trop risqué ? Si jamais le Maître l'apprenait, comment réagirait-Il ? Mais après tout, s'il prenait garde de ne pas se montrer et surtout de ne pas se mêler aux autres, aux membres de l'Ordre ? Et quand bien même il se ferait voir, il trouverait bien un prétexte, comme d'habitude… Cependant était-ce bien raisonnable ?

Il réfléchit quelques instants, pesant le pour et le contre. Quand il quitta la chambre pour se rendre au réfectoire prendre son déjeuner, il était toujours hésitant, partagé entre ce désir irrationnel et dangereux et la raison qui lui dictait de rester tranquille ici.

…………………………………………………………………………………………………...

Au Square Grimmaud, les jours défilaient à vive allure depuis ce soir funeste où Severus avait ramené Bill Weasley mort, et lui avait rendu son âme en présence de ses parents. Toute la demeure Black, actuel quartier général de l'Ordre, était en deuil, et tous les membres présents affichaient des mines éplorées. Molly et Arthur semblaient encore avoir vieillis de dix ans, les enfants Weasley étaient submergés par la peine.

Ron et Harry étaient, quant à eux, partagés entre la déchirure de cette perte et la haine envers l'assassin de leur frère et ami. Hermione avait beau essayé de les raisonner, de leur dire qu'il y avait sûrement une explication, une raison, qu'il n'avait sûrement pas eu le choix, ils ne voulaient rien entendre. D'ailleurs, elle-même avait parfois du mal à croire à ses propres paroles, elle comprenait difficilement ce qui pouvait justifier un tel acte. Même Tonks et Rémus, qui d'habitude essayaient avec les jumeaux Weasley de mettre un peu de gaieté dans cette sombre demeure, semblaient avoir perdu leur joie de vivre et leur entrain.

Fleur était venue rejoindre la famille Weasley au Square Grimmaud. Elle n'était pas dans les confidences de l'Ordre, mais il avait été jugé préférable qu'elle soit placée en lieu sûr et qu'elle puisse rester avec sa belle famille dans ces moments douloureux. Dans quelques jours, elle retournerait auprès de sa famille en France.

Aujourd'hui devait avoir lieu l'enterrement de Bill, dans l'après midi. En attendant, les occupants de la maison s'étaient rassemblés dans la cuisine, partageant le repas du midi avant de partir au cimetière.

- Non, je ne suis pas d'accord avec vous. Je sais qu'il a commis des actes atroces, et qu'il a tué Bill, mais il a tout expliqué à Minerva. J'étais là ! Il n'avait pas le choix.

- Enfin Tonks ! Qu'est-ce qu'il t'a fait pendant vos trois jours d'escapades ensemble, pour que tu le défendes sans cesse depuis ? Tu es donc si aveugle ? C'est un assassin, un meurtrier ! Il est en train de tous nous décimer, un par un ! Que te faut-il de plus ? Rugissait Sirius au milieu de la cuisine, incapable de rester en place sur sa chaise ni d'avaler quoi que ce soit.

Ils étaient encore engagés dans un de ces débats houleux et tendus, comme ils en avaient déjà eu beaucoup depuis ce soir-là. McGonagall, ainsi que Tonks et Hermione, étaient les seules à essayer de raisonner les autres membres au sujet de Severus. Sujet au combien délicat et dérapant ! Déjà avant… mais là, cela avait atteint des summums.

- Qu'est-ce qui te prend de toujours le défendre ? Toi qui auparavant disais qu'il te répugnait et que tu le détestais. S'enquit Nayasta, furieuse après sa sœur.

- Je cherche juste à le comprendre. Vous ne l'avez pas vu l'autre soir. Il était ravagé. Je ne l'avais jamais vu comme ça avant. En fait je n'envie pas sa place, pour rien au monde.

- Oui. Renchérit Hermione, venant à la rescousse de la métamorphomage. Je pense aussi qu'il a le rôle le plus ingrat. Je ne pourrais dire s'il est sincère, je ne le connais pas et il ne se laisse pas connaître. Mais moi non plus je n'envie pas sa place. Si ce qu'il dit est vrai, alors cela doit être encore plus affreux pour lui que pour nous !

- Mione, s'il te plaît ! Intervint Ron, à la fois furieux et suppliant envers son amie. Arrête de le défendre sans cesse. Il s'agit de mon frère là !

- Oui Hermione ! Arrête ! On connaît ton opinion sur Snape, inutile d'insister. Ajouta Harry.

- Non c'est à vous d'arrêter. Enfin, regardez par vous-même ! Ajouta Tonks exténuée, en montrant la mystérieuse pendule du doigt. Si Snape était vraiment le traître fourbe que vous décrivez, comment expliquez-vous que cette aiguille soit toujours planté sur en danger, voire en danger de mort à certains moments, depuis son départ d'ici ?

Silence, lourd de signification.

- Il l'a ensorcelée ! Il sait manipuler les gens, et je suis sûr que Snivellus sait aussi manipuler ce genre d'objets pour nous faire croire ce qu'il souhaite. Reprit Sirius qui ne démordait pas de son opinion.

Tonks soupira d'exaspération devant ce comportement obtus.

Tous allaient de récriminations en récriminations envers le traître et l'assassin, Tonks et Hermione renonçant à leur faire entendre raison. Seuls Mixiel et Nuwan restaient silencieux, profondément inconfortables. Ils n'appréciaient ni l'homme, ni son attitude, ni ses actes, mais ils étaient ses enfants, bien qu'ils ne l'aient jamais connu auparavant et qu'ils l'aient appris quelques jours seulement avant ce tragique événement.

Et ils savaient, que leur ressemblance sur bien des points avec cet homme devait certainement rappeler aux autres cette appartenance au même sang, à la même lignée, lignée et sang qui les répugnaient et qu'ils abhorraient plus que tout en ce moment Ils jugeaient plus judicieux de se taire et de se faire oublier. Personne ne leur faisait le moindre reproche, ni ne leur montrait la moindre haine, mais ils sentaient quand même parfois comme une sorte de méfiance, voire une légère animosité refaire surface en certaines occasions.

- En tout cas s'il ose venir, je le tue, de mes propres mains. Au moins je serais renvoyé à Azkaban pour quelque chose. S'exclama Sirius.

- Patmol, mon ami ! Calme toi s'il te plaît. Et assieds toi. Tu me donnes le tournis. Fit un Rémus fatigué et aux traits tirés.

- Que je me calme ! Que je me calme ! Mais tu t'entends Rémus ! On parle de Snivellus !

- Arrêtez ! Hurla Molly, que ces disputes incessantes à ce sujet fatiguaient au plus haut point. Elle se leva brusquement, Arthur l'imitant à la seconde, et vint se blottir contre son mari, les sanglots reprenant de plus belle. Arrêtez, s'il vous plaît arrêtez.

Tous se turent instantanément, peinés d'avoir ravivé la douleur de Molly avec leur propos. Arthur leur jeta un regard noir, peu ordinaire chez lui, et emmena sa femme à l'écart dans le salon d'à côté. Il ferma la porte derrière eux, laissant pantois les autres membres. Ron, n'y tenant plus, partit à son tour en direction des escaliers pour monter à sa chambre. Ses deux fidèles amis Harry et Hermione partirent presque aussitôt à sa suite pour tenter de le consoler.

- Je crois que nous y sommes allés un peu forts. Nous devrions éviter ce sujet en leur présence.

- Oui Tonks tu as raison. Fit Sirius.

- Mieux vaut ne plus en parler. Acquiesça Rémus

- De toute façon le sujet est clôt ! Conclut Nayasta.

Un lourd silence s'abattit sur la pièce, comme si chacun était pris dans son recueillement. Le début d'après-midi arriva rapidement et ils partirent enfin pour le cimetière, en transplannant par groupe de trois.

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Quand ils arrivèrent, les autres membres de l'Ordre, ainsi que des amis de Bill, certains collègues et certains enseignants de Poudlard, dont McGonagall, étaient déjà arrivés.

La cérémonie fut très émouvante, les personnes les plus proches faisant chacun un court hommage au défunt. Puis vint le moment de l'inhumation. Le cercueil fut lévité, lentement, et avec grande précaution jusqu'au fond. Après un dernier hommage, chacun passait devant la tombe pour jeter une poignée de terre symbolique sur le bois du cercueil.

Une longiligne silhouette noire se dessina alors sur la colline qui surplombait le cimetière, à l'orée de la forêt, à moitié caché par un imposant arbre, mais personne ne la remarqua tout de suite. Il était impossible de distinguer les traits de la personne à cette distance. Elle resta là, de longues minutes, immobiles, cape au vent, observant le recueillement de la famille et des amis.

Sirius, alors sous sa forme d'animagus, sentit toutefois une étrange sensation, comme un picotement, comme si quelqu'un l'observait. Il regarda alentour, d'un rapide regard circulaire, mais ne vit personne de suspect. Il détestait pourtant cette impression, et il était persuadé qu'il s'agissait plus que d'une impression. Il regarda une nouvelle fois autour de lui, avec plus d'insistance cette fois-ci.

- Quelque chose ne va pas ? demanda Rémus à voix basse, sachant que son ami ne pourrait lui répondre, mais ils se comprenaient suffisamment bien pour pouvoir se passer de paroles.

Il regarda attentivement le chien noir qui se tenait auprès de lui et de Harry. Il vit soudain le canidé fixer le regard au loin, une lueur de haine voilant ses yeux. Il suivit la direction de ce regard, et là, il aperçut lui aussi ce qui perturbait son ami. Il dut faire appel à ses sens aiguisés de loup-garou, et surtout à sa vision perçante, pour distinguer plus nettement la silhouette, cette fine silhouette noire… C'était lui ! Il était venu, il avait eu l'audace et l'imprudence de venir !

Rémus ressentait à cet instant des sentiments partagés pour cet homme : il était à la fois en colère qu'il ait osé venir importuner le recueillement de la famille Weasley, qu'il ait eu l'impudence de venir à l'enterrement de sa propre victime, mais en même temps il avait une sorte d'admiration devant le courage qu'il avait d'être là, malgré les Aurors, malgré Voldemort et malgré les autres membres de l'Ordre. Il ressentait aussi de la peine pour l'homme : et s'il était sincère ? Si ce qu'il disait était vrai ? Combien il devait être déchiré…

Mais cet homme pouvait-il être véritablement déchiré ? Pouvait-il ressentir des sentiments humains ? Avait-il un cœur finalement ? En fait Rémus ne savait que penser de lui, cet ancien camarade de Poudlard qui avait été l'ennemi numéro des Maraudeurs… Qui était-il vraiment ? Quel homme était-il ? Il n'avait en fait aucune réponse à ses questions, et cela le dérangeait, car cela le renvoyait à lui-même, au fait qu'il n'avait rien fait pour le comprendre, le connaître et l'aider… Il n'avait rien fait ! Alors comment pouvait-il le juger ?

Il ressentait toute la tension et la profonde haine qui animait Patmol à ses côtés. Mais il ne pouvait rien faire, à nouveau, pour le calmer, et freiner ses pulsions. Heureusement il savait son ami suffisamment intelligent pour ne pas intervenir maintenant.

Toutefois la tension dut devenir palpable pour les personnes auprès d'eux, car bientôt d'autres regards se tournèrent vers la silhouette. Mais celle-ci avait disparu, sentant probablement, on ne sait comment, qu'elle avait été aperçue.

Au même instant, une rose noire apparut sur le cercueil, alors que Molly et Arthur s'apprêtaient à jeter ensemble une poignée de terre, étant les derniers à rendre un dernier adieu à leur fils. Cette apparition, plus que soudaine, les stoppa net dans leur mouvement, ce qui attira l'attention d'un Auror, ancien camarade de Bill. Il s'avança pour voir ce qui avait arrêté les Weasley dans leur mouvement, et vit la rose noire en question.

Tout Auror qui se respecte, connaissait bien ce signe : une rose noire, sur une tombe… Ce ne pouvait être qu'une seule personne !

- Snape ! Dit-il simplement.

Molly et Arthur tournèrent un regard étonné vers le jeune homme, mais celui-ci ne prit pas la peine de répondre à leur interrogation muette. Il fit signe à quatre de ses collègues présents également à l'enterrement. Ils s'entretinrent rapidement à l'écart, et quatre d'entre eux partirent immédiatement en transplannant, tandis que le dernier, le jeune homme qui avait aperçu la rose, revint vers le couple Weasley.

- Désolé, Molly et Arthur. Ne vous inquiétez de rien. Se disant, il fit signe que l'on pouvait continuer.

Mais Molly ne voulait pas se contenter de cette réponse plus qu'évasive. Elle se doutait de ce qui s'était passé et avait besoin d'en avoir confirmation, le redoutant en même temps.

- Je veux savoir ce que cela signifie ! Fit-elle, la voix empreinte de dignité, montrant d'un vague signe de la main l'endroit d'où les Aurors venaient de disparaître.

Le jeune homme la considéra un instant, elle et Arthur, puis se décida à leur répondre, toutes les personnes autour en profitant pour écouter attentivement.

- Cette rose noire est un signe caractéristique de Severus Snape. Une sorte de signature, qu'il laisse sur chacune de ses victimes, et sur leur tombe à chaque anniversaire de leur mort !

Molly écarquilla des yeux et se tourna vers son mari. Lui aussi s'en doutait et elle put lire dans son regard qu'il pensait la même chose qu'elle à cet instant.

Severus était venu. Non pas pour signer son crime, comme le disait le jeune Auror. Mais pour rendre un dernier hommage et se recueillir un instant lui aussi sur la tombe de sa dernière victime. Au plus profond de leur cœur, ni Molly ni Arthur n'en voulaient vraiment à Severus. Ils avaient appris à le voir autrement et ne pouvaient se l'imaginer en monstre sanguinaire, même s'ils avaient tout de même du mal à accepter ce geste.

Ils savaient que ce serait long avant qu'ils puissent à nouveau parler à cet homme ou se conduire avec lui comme avant. Mais ils ne lui en voulaient pas autant qu'on pouvait le croire, et surtout ils ne souhaitaient pas qu'il se fasse prendre pour être venu ici.

- Je suis désolé ! Fit le jeune Auror, interprétant l'attitude de Molly et Arthur comme de la déception et de la colère. Nous ferons tout pour le retrouver. Je vais devoir vous quitter. Mais l'enterrement ne doit pas être perturbé outre mesure.

Puis il transplanna, les laissant tous à leurs émotions partagées.

Fin du chapitre 28