Merci à tous, vos commentaires m'ont rassuré et surtout sont trés constructifs ce qui me permet de mieux avancer...
EmmaD : On voit dans ce chapitre le côté rancunier de Severus ressurgir devant le caractère impétueux et rancunier de Sirius... J'espère que cette vision d'une facette de notre héros te plaira tout autant...
Bohemio : Toujours pas de chapitre sur les enfants de Severus, ce sera pour un peu plus tard. Non cette fois-là, place à une petite altercation Sirius / Severus...
Lon Wolf : Voilà un chapitre un peu moins sombre, mais toujours le côté serpentard de Severus, avec en sus son côté rancunier et assoifé de vengeance... Le dénouement par contre n'est pas pour tout de suite, j'espère que tu ne te lasses pas... Car j'ai encore beaucoup d'imagination. En fait si tout se passe come prévu, on en est à la moitié... de la première partie...
Polgarra : Ne t'inquiètes pas Severus est résistant, ce serait dommage pour la fic tout de même s'il nous faisait faux bonds pour arrêt maladie... Le comble!
Je vais remettre ici la réponse queje t'ai envoyé personnellement, pour en faire profiter les autres. Oui, Severus est fort, mais il n'est pas comme Harry, qui lui possède une puissance magique à l'état pure. Non, pour Severus, sa force et son pouvoir viennent surtout de sa force psychique... Il excelle dans tout ce qui s'y rapporte : legilimencie et compagnie, tout domaine nécessitant un tant soit peu de jugeote et de minutie dont les potions, c'est un excellent stratège (échec), il est ingénieux et inventif (son goût pour les inventions en tout genre) et a une excellente mémoire (bien entrainée, donc forcément ça aide)... Tout cela se résume à une chose : son esprit et sa force psychique. Son autre qualité que j'avais oublié de te préciser : ses trés bons réflexes et son agilité, ce qui lui permet de compenser sa faible force physique (en comparaison à d'autres hommes), voire ses petites lacunes dans d'autres domaines. Ses points faibles selon moi : les métamorphoses surtout, certains sortilèges probablement, même s'il en invente quelques uns... Concernant la magie noire, s'il y excelle, toujours selon moi et dans ma fic, c'est essentiellement de par l'attrait qu'il ressent pour ce genre de magie... Harry et Severus représentent alors deux types de force magique complémentaires, tandis que Voldemort et Dumbledore seraient un bon mélange de ces deux types de magie... Bien entendu, tout ceci n'est qu'une de mes théories, dont je me sers dans cette fic, mais qui ne reflètent peut-être pas l'imagination de JKR...
Maintenant place à l'histoire et bonne lecture!
CHAPITRE 30 : Mission Black
Ah non ! Pas si tôt ! Pourquoi Valâa avait-elle choisi maintenant pour le contacter ? Pourquoi ne pouvait-elle pas attendre encore un peu ? A leur dernière rencontre, elle lui avait dit qu'elle choisirait où et quand ils se reverraient, mais elle lui avait assuré que ce ne serait pas avant quelques mois…
A bien y réfléchir, effectivement, quelques mois s'étaient écoulés depuis leur dernière rencontre. Le temps passait si vite, tellement vite ! « Trop vite ! » Se dit Severus. Mais il n'avait pas le choix, une fois de plus. Il se devait d'y aller. Il était vraiment maudit ! Tout jouait contre lui.
Il avait prévenu le Seigneur des Ténèbres qu'il devait s'absenter pour une dizaine de jours. Ce dernier n'avait pas protesté outre mesure, bien que cela ne semblait pas Le réjouir. Mais Lui non plus n'avait pas le choix, s'Il souhaitait obtenir l'alliance avec les vampires. Bon, en fait, Severus n'y allait pas au nom du Seigneur des Ténèbres, mais au nom de l'Ordre. Mais ça, Il n'était pas censé le savoir, n'est-ce pas ?
Et maintenant il devait aller chercher au plus vite ce cabot de Black pour qu'il l'accompagne. Et dire qu'il n'avait pas eu le temps de le briffer sur certaines mœurs des vampires et sur le comportement à adopter… Tant pis, ils auront toujours le temps du trajet pour en discuter. Espérons que, pour une fois, ce crétin ne fasse pas tout planter.
C'est dans cet état d'esprit très optimiste qu'il arriva devant le Square Grimaud. Il avait choisi de ne pas transplanner directement, pour ne pas attirer l'attention des Aurors sur le Quartier Général de l'Ordre. Il avait donc transplanné dans un tout autre quartier de Londres et avait fait le reste du trajet à pied, sentant dès lors la fatigue le gagner rapidement.
Il se sentait tout tremblant devant cette porte, fébrile d'anticipation. Comment allaient-ils réagir encore ? Le laisseraient-ils seulement parler ? Au bout de quelques minutes de longue hésitation, il se décida enfin à frapper, priant intérieurement pour que ce ne soit pas Molly ou un autre Weasley qui lui ouvre. Mais vu le pourcentage de Weasley au sein de l'Ordre, ce n'était pas gagné !
Il attendit ainsi quelques secondes pour voir, ô joie, Molly Weasley en personne devant lui. Il était vraiment maudit… Il resta là, stoïquement silencieux, n'osant parler en premier. Mais il n'avait pas beaucoup de temps devant lui, et apparemment Molly n'avait pas l'air plus décidée que lui. Il commença donc, de la voix la plus assurée qu'il put prendre.
- Bonjour Madame Weasley. Pourriez-vous dire à Black que je dois lui parler ?
- Entrez donc Severus. Ce serait trop dangereux de rester dehors. Lui répondit-elle, un peu froidement.
Il en resta cloué sur place. Il ne se serait jamais attendu à ce qu'elle le fasse entrer. D'ailleurs il n'avait pas vraiment envisagé de rentrer. Il ne bougea pas d'un mouvement, la sondant d'un regard noir pénétrant, comme cherchant à comprendre ce qu'elle venait de dire.
- Alors, vous vous décidez ? Nous n'allons pas rester plantés là dix ans, non plus !
Se disant, elle se décala légèrement sur le côté pour le laisser passer. Il s'exécuta alors, sans broncher, trop abasourdi par cette réaction inattendue.
Il fit quelques pas dans le hall, la mère black se mettant à hurler comme à son habitude, puis se retourna vers Molly, comme attendant ses indications.
- Vous connaissez le chemin ! Fit-elle, toujours un peu sèchement.
Il pénétra donc dans la cuisine, heureusement vide, et s'arrêta à quelques pas de la table, n'osant s'asseoir ou s'installer.
- Asseyez-vous. Lui ordonna-t-elle toujours sur le même ton.
- Désolé Madame Weasley. Je n'ai pas le temps de discuter longuement, je dois voir Black au plus vite pour notre mission commune. Si vous tenez ensuite à me parler, je me tiendrai à votre disposition à mon retour.
- Oui, j'aurai aimé vous parler. Mais j'attendrai, vous avez l'air effectivement plutôt pressé. Attendez ici, je vais vous chercher Sirius. Je vais contacter aussi Minerva.
Elle commençait déjà à monter quelques marches, quand soudain elle s'arrêta et se retourna vivement vers Severus toujours debout dans la cuisine, qui regardait fixement devant lui.
- Ah Severus ! Au fait, je croyais vous avoir demandé de m'appeler Molly. Lui lança-t-elle à brûle pour poing, Severus tournant alors vivement un sombre regard incrédule vers elle. Mais elle repartit aussitôt, sans lui laisser le temps de répliquer.
Pas croyable ! Elle était vraiment étonnante cette Molly Weasley ! Il ne savait vraiment plus comment réagir avec elle…
Il n'eut pas longtemps à attendre avant d'entendre des pas dévaler les escaliers et des cris appeler Sirius, comme pour le retenir. En quelques secondes, il vit une masse surgir devant lui et sentit une douleur fulgurante dans sa mâchoire. Il vacilla et fit quelques pas en arrière sous le choc. Il essaya de se redresser pour faire face à son assaillant, mais il n'en eut pas le temps. Il n'eut même pas le temps d'attraper sa baguette ou d'esquiver. Il savait qu'il n'était pas très bon à ce jeu, il était bien meilleur en duel magique, mais tout de même, il se débrouillait mieux d'habitude, ses réflexes compensant sa médiocre force physique. Mais là, son agresseur était particulièrement rapide et enragé !
Avant même qu'il ait pu esquisser le moindre mouvement, un violent coup de genou le frappa dans l'abdomen, lui coupant le souffle, puis un deuxième coup de genou le frappa au visage. Il bascula cette fois pour de bon en arrière et tomba à terre. Il sentit le sang couler sur son visage, mais il n'eut pas le temps de s'appesantir sur ses potentielles blessures, qu'il se sentit harponner par le col de sa robe et soulever de terre pour être ensuite rudement propulsé contre le mur derrière lui. Son dos heurta violemment un objet qui se brisa, vraisemblablement un miroir, vu les éclats de verre qui vinrent lui entailler la peau en de multiples endroits.
Il tenta une nouvelle fois de se redresser, mais fut à nouveau roué de coups. Un coup, deux coups, trois coups. Il avait peine à respirer et ses sens se brouillaient. Quatre coups, cinq coups, six coups. Il ne tentait même plus de se défendre, le monde tournait autour de lui et il ne voyait plus rien, n'entendait plus rien, qu'un brouhaha incompréhensible et lointain.
Soudain les coups cessèrent et il tomba à terre, sur le ventre, au milieu des débris de verre… Il lutta quelques instants pour garder les yeux ouverts et rester conscient, mais il sentait ses forces s'amenuiser et sa volonté le quitter. Il commençait à se laisser aller à la douce torpeur qui l'envahissait, quand il sentit une main lui saisir l'épaule doucement et le retourner sur le dos délicatement.
Il entendait vaguement quelqu'un parler au dessus de lui… Lui parler, réalisa-t-il… Oui lui parler… Mais il ne parvenait pas à comprendre un traître mot de ce qu'elle lui disait. Il cligna plusieurs fois des yeux, essayant de se concentrer sur la voix, et peu à peu le bourdonnement dans ses oreilles s'estompa quelque peu, les mots se faisaient plus audibles.
- Severus, Severus, restez avec nous ! Severus, ne vous laissez pas aller. Severus, oui c'est bien Severus, écoutez moi. Bien !
- Min… Minerva. Parvint-il à articuler.
Ce qui lui arracha une grimace de douleur. Sa mâchoire, cassée ? Du sang sur ses lèvres, fendues ? Il essaya de regarder autour de lui, mais renonça très vite, la pièce tournant dangereusement autour de lui. Chaque inspiration le comprimait étrangement… Il put juste constater qu'il était désormais étendu sur la table… On avait dû le faire léviter.
- Ne parlez pas et ne bougez pas. Nous allons vous soigner, vos blessures n'ont pas l'air très graves et vous n'avez qu'une légère commotion.
« J'ai survécu à nombres de doloris, je peux bien survivre à quelques coups. J'ai été à bonne école ! » Pensa-t-il ironiquement.
Il ne pensa même pas à protester et se laissa faire. Il sentit un liquide couler entre ses lèvres, et les entrouvrit un peu plus pour faciliter le passage du liquide. « Potion de cicatrisation et potion anti-douleur. Potion de régénération de force aussi. » Enuméra-t-il au fur et à mesure que le goût plus ou moins âcre et amer des potions chatouillait ses papilles gustatives.
Il sentait la douleur s'atténuer, même à la mâchoire. Finalement, elle ne devait pas être cassée… Ni son nez d'ailleurs, vu qu'il pouvait respirer convenablement. Ses côtes l'élançaient un peu, mais rien de bien anormal. Il attendit encore quelques minutes que les potions fassent effet, ne prêtant pas attention à ce que lui faisaient Minerva, Nuwan, Tonks et Rémus.
Au bout de plusieurs minutes, il reprit enfin pleinement ses esprits, malgré la migraine qui lui tambourinait encore les tempes, et entreprit de se redresser. Les autres protestèrent, mais, devant son entêtement, ils finirent pas l'aider.
Il s'assit alors sur le bord de la table, les jambes ballantes. Il réalisa à ce moment qu'il n'avait plus sa robe ni sa chemise et que son torse était couvert de bleus et d'ecchymoses.
- Comment vous sentez-vous ?
- Comme passé sous un éléphant, mais moins pire qu'après dix doloris, Minerva. Répondit-il faiblement.
- Je vois qu'on vous a enfin récupéré.
Il releva un regard un peu vitreux vers elle, indécis quant à l'attitude à adopter. Il n'avait pas du tout envie de plaisanter. Lui qui était pressé !
- Pourquoi êtes-vous donc venu ici ? Vous saviez que vous risquiez ce genre de problèmes.
- Ce genre de problèmes ?! Répéta Severus, dans un léger ricanement. Au moins, j'ai évité l'avada kedavra ! Et pour répondre à votre question, je suis venu chercher Black pour m'accompagner chez nos futurs possibles alliés vampires.
- Mais vous m'aviez dit que ce ne devait pas être avant plusieurs mois !
- C'est ce que je croyais. Mais je me suis trompé, Minerva.
- Elle vous a contacté ?
Severus acquiesça silencieusement.
- Qui l'a contacté ? demanda Tonks.
- Je crois qu'il parle de Valâa, la souveraine des vampires de l'Europe du Nord. Répondit Rémus.
Severus leva un regard incrédule au lupus.
- Oui, je l'a connaît… indirectement… par mes relations parmi les loups-garous. Fit Rémus en réponse aux interrogations silencieuses de Severus et Minerva.
- Vous deviez les rejoindre, c'est cela ? Intervint Nuwan.
- Oui.
- Quand et où devait avoir lieu le rendez-vous ? S'enquit Minerva, manifestement inquiète.
- Demain soir. Au coucher du soleil. Dans une région reculée d'Ecosse.
- Donc vous avez encore le temps. En conclut Tonks, soudain soulagée.
- Je crois que vous ne comprenez pas. Je ne peux pas transplanner sans attirer l'attention d'une vingtaine d'Aurors. J'avais donc envisagé d'y aller par… étapes, pour semer mes traces, et de finir le chemin à pied. Ce qui me prendra minimum une journée.
- Mais vous ne pouvez y aller dans cet état. Rétorqua Nuwan.
- Il le faudra bien. Lui répondit Severus, la regardant, à son tour intrigué.
Elle s'inquiétait vraiment pour lui ? Ou était-ce son imagination qui lui jouait des tours ? Mais il ne put s'empêcher de sentir une douce chaleur l'envahir à cette pensée. Elle soutint son regard, elle aussi indécise sur les sentiments l'envahissant. Comment réagir face à cet homme ?
- Mais voyons Severus, soyez raisonnable ! S'exclama Minerva, les coupant dans leur introspection respective. Reposez-vous ici cette nuit. Nous réfléchirons au problème demain.
- Mais je ne peux manquer le rendez-vous. Et je ne vois pas d'autres solutions.
- Reposez-vous cette nuit ! Je m'occupe de mes chers collègues. Fit Tonks avec une moue mutine.
- N'insistez pas et restez. C'est un ordre. Continua Minerva, affichant un air déterminé, défiant quiconque de la contredire ou d'outrepasser ses ordres.
Severus regarda Minerva droit dans les yeux, cherchant à lui faire comprendre son dilemme et son désarroi. Il ne pouvait pas rester, pas ici, pas après ça, pas après tout ce qui s'était passé. Et Molly ? Et les Weasley ?
- Ne vous en faîtes pas pour tout ça. Lui répondit-elle, ayant compris sans peine ses craintes. Je vais leur parler. Je suis sûr que Molly et Arthur comprendront.
Severus baissa les yeux et finalement acquiesça. Il n'avait vraiment pas la force de faire un si long chemin ce soir.
- Mais je dois quand même parler à Black.
- Je préfère le calmer avant ! Il risque de vous sauter à nouveau dessus. Fit Minerva.
- Ne me dîtes pas que… Fit Severus, le regard soudain haineux, venant de comprendre l'identité de son agresseur.
- Vous ne l'aviez pas reconnu ? Demanda Tonks. Severus lui répondit non de la tête, tandis qu'elle continuait : Oui, c'est lui qui vous a frappé de la sorte.
Maudit Black ! Sale cabot infantile au comportement puéril et irresponsable ! Et dire qu'il devait mener cette mission en sa compagnie ! Mission impossible, oui ! Il allait lui faire payer. Au centuple, même. Peut-être même qu'il pourrait s'arranger avec les vampires ? Ils devraient adorer le sang de Black, un Sang-Pur… « Un charmant petit cadeau pour sceller notre future alliance ! A bien y réfléchir, je suis certain qu'ils le trouveront meilleur que le sang de Mangemort… Même s'ils ont eu l'air d'apprécier mon premier cadeau, ce sang-là sera certainement plus goûteux… non ? » Pensa-t-il intérieurement, ses rouages internes en pleine ébullition, jubilant déjà en s'imaginant la scène… et surtout la tête de Black.
- Calmez-vous Severus ! Gardez votre rancœur. Fit McGonagall. Vous avez une mission à mener ensemble. Si je ne peux compter sur lui, alors au moins assurez-moi que je puisse compter sur vous.
Severus foudroya Minerva d'un air rageur. Comment pouvait-elle lui demander cela ? Comment pouvait-elle ? Si personne n'était intervenu, ce bâtard de Black l'aurait probablement battu à mort… battu à mort… comme son père…. Black n'était qu'un maudit bâtard comme son père… Et maintenant Minerva lui demandait, à lui, de prendre sur lui ? Non, mais que croyait-elle ? Qu'il allait pouvoir passer l'éponge comme ça, et faire comme si de rien n'était ? Pourquoi ce devait toujours être lui qui fasse des efforts, prenne sur lui, voire fasse des excuses ?
McGonagall remarqua que le regard de Severus se voilait, comme lorsqu'il se plongeait dans ses pensées ou ses songes… Elle pouvait y lire aussi fureur et haine, ce qui la troubla intensément. Elle se l'imaginait sans peine ruminer sa vengeance contre Black, lui promettant mille maux…
- Severus, je vous en prie. Continua-t-elle, cherchant désespérément le moyen de le ramener à la raison. Ce n'est pas le moment de vous laisser aller à de tels sentiments. Vous avez une mission à remplir, et Black doit vous accompagner.
Severus revint à la conversation. Il toisa encore de longues minutes McGonagall d'un regard intense, presque fou. Pourquoi devrait-il renoncer à sa vengeance ? Après tout, il avait sauvé Black de derrière le voile de la mort, mais ce misérable animagus n'avait jamais rien fait pour lui. Non, au contraire, en retour il le frappait, le battait et l'humiliait toujours et encore….
- Promettez moi que vous n'attenterez rien contre Black, au cours de cette mission. Reprit-elle. Promettez moi que vous réglerez vos comptes plus tard, après cette guerre. Promettez le moi ou je vous force à me faire un serment inviolable ! Au nom d'Albus, je vous en prie, reprenez-vous et promettez le moi.
Severus tressaillit légèrement, mais ne cilla pas pour autant. Albus ! Minerva connaissait bien son point faible : Albus. La peur de décevoir Albus, même après sa mort… Son visage se crispa. Ce qu'elle lui demandait était dur, très dur ! En serait-il seulement capable ? Il avait déjà tenté de mettre ses propres rancoeurs et sa haine de côté, mais malgré tous ses efforts, Black et lui ne pouvaient s'empêcher de s'entre-tuer quand ils se voyaient. Et même si lui-même faisait des efforts, qu'en serait-il de Black ? Après tout c'était lui qui venait de l'attaquer, non ? Mais il devait convenir qu'elle avait raison. Il y avait une guerre, encore plus difficile que la première, et tous deux combattaient du même côté, même si c'était difficile à admettre. Après un long débat intérieur, il acquiesça finalement.
- Je doute survivre à cette guerre pour pouvoir régler mes comptes ensuite, Minerva. Mais soit, vous avez raison. J'accepte et je vous promets que je ne ferai rien à l'encontre de Black. Mais j'y mets une condition : si Black m'agresse, ne serait-ce qu'une seule fois, c'est un homme mort ! Alors vous avez tout intérêt à lui arracher la même promesse, si vous tenez à nous revoir tous les deux vivants.
- Je m'occupe de lui. Reposez-vous donc pour cette nuit. Nous nous retrouvons, Black, vous et moi, demain matin 7h pour mettre les choses au clair.
Quand Minerva ordonne, il n'y a qu'à obéir ! Il commença donc à se lever, tant bien que mal, encore endolori, mais vacilla. Il avait encore une de ces migraines… Il sentit une main forte le soutenir… Rémus… Toujours ce satané lupus ! Il se dégagea violemment de cette étreinte. Il sentit toutefois qu'on lui mettait sa cape sur ses épaules nues, cape qu'il accepta sans rechigner, et s'emmitoufla dedans, avant de monter au premier.
…………………………………………………………………………………………………
7h15. Il était en retard, mais il n'en avait que faire. Qu'il mijote dans son coin, et Minerva aussi par la même occasion…
Il s'était réveillé ce matin de forte mauvaise humeur. Mais pourquoi avait-il donc promis ? Il tenait là l'occasion rêvée de lui faire regretter son attitude… Mais non, encore une fois il avait promis, il s'était laissé avoir, comme toujours…
Il sortit finalement de la chambre et descendit à la cuisine rejoindre Minerva. Et le sale cabot qui devait être là aussi ! Et dire qu'ils allaient devoir passer quelques jours ensemble… Impossible !
- Ah Severus. Je commençais à m'impatienter. Lui fit McGonagall comme accueil.
- Bonjour à vous aussi, Minerva. Lui répondit-il froidement, avec un léger signe de tête, ignorant ostensiblement Sirius. J'ai admirablement bien dormi, merci de me le demander.
Elle lui sourit en retour. Il devait être de très mauvaise humeur, apparemment ! Charmant ! McGonagall connaissait suffisamment bien son ancien collègue pour savoir qu'il valait mieux ne pas le chercher aujourd'hui. Malheureusement, aujourd'hui précisément, Black et lui avaient une mission à remplir. Et il était hors de question que de stupides querelles d'adolescents mal dégrossis mettent en péril cette dite mission.
- Messieurs, un peu d'efforts je vous prie. Commencez par vous saluer.
Mais aucun ne réagit.
- Messieurs, j'attends. Fit-elle simplement de sa voix cassante, qu'elle savait si bien prendre pour effrayer les élèves.
Sirius regarda McGonagall rageusement, mais devant le courroux et la fureur qu'il sentait affluer chez son ancien professeur de métamorphose, il capitula. Il s'avança alors d'un pas et salua d'un signe de tête son acolyte. Mais ce dernier fit au contraire un pas en arrière et lui décocha un regard noir à vous glacer le sang.
- Severus ! J'attends. Continua McGonagall.
Mais, loin d'obéir aux ordres de McGonagall, Severus tourna vers elle le même regard noir glacé qu'il venait de lancer à Black, lui faisant comprendre sans ambiguïté qu'il était inutile d'insister.
- Severus, ne faîtes pas l'enfant.
- J'exige des excuses avant toute chose, Minerva. Répondit-il enfin, d'une voix basse.
- Severus, vous… commença-t-elle.
- Je sais, l'interrompit Severus. Je vous ai fait une promesse et je la tiendrai. Je ne faillis jamais à ma parole. Mais avant toute chose, j'exige des excuses en bonnes et dues formes, et ce maintenant.
Tout en disant ces derniers mots, il reporta son attention sur Black, qui, quant à lui, devenait cramoisi de rage, bouillonnant intérieurement et se contenant au prix d'un effort considérable.
- Bien, dans ce cas. Acquiesça-t-elle finalement. Sirius, je crois qu'il est temps effectivement de faire des excuses.
- Des excuses ? Mais il n'a eu que ce qu'il méritait ! Je n'ai aucune excuse à faire à un meurtrier. Répliqua l'animagus hors de lui.
- Sirius ! Cessez ce petit jeu, je vous prie. Je crois que j'ai été assez claire hier, à ce sujet.
- Oui, je sais.
- Vous avez promis vous aussi. Continua McGonagall. Alors j'attends maintenant que vous teniez votre promesse. Et cela passe par des excuses envers Severus. Vous qui réclamiez tant que l'on vous confie des missions, montrez-vous en un peu plus digne lorsqu'on vous en confie une, et d'une si grande importance qui plus est ! S'exclama-t-elle, cette fois plus que furieuse.
Severus jubilait intérieurement en entendant ces mots, et en voyant l'état de son ennemi, passant du pourpre au blanc cassé avant de devenir blême. Finalement, il l'avait en quelque sorte sa petite vengeance. Bon, ce n'était pas tout à fait ce qu'il s'était imaginé, loin de là ! Mais c'était toujours mieux que rien…
Sirius se sentait humilié, insulté et trahi par son ancienne professeur. Ces paroles lui faisaient mal au fond de lui, comme un poignard transperçant qui lui crevait le cœur. Mais il y avait une part de vrai dans ce qu'elle disait. Enfin une petite part ! De toute façon, elle ne lui laissait pas le choix. S'il voulait avoir la chance de prouver ce qu'il valait et de participer lui aussi à cette maudite guerre, il devait faire ce qu'elle lui demandait. Il devait s'excuser auprès de Snivellus, puisque cette mission passait par lui… Et bien soit, il les aurait ses excuses, mais qu'il ne s'attende pas à ce qu'il se mette à genoux non plus.
- Bien. Je m'excuse Snivellus ! Lâcha-t-il de mauvaise grâce, les mots lui écorchant la langue.
Severus renifla dédaigneusement.
- Et je ne m'appelle pas Snivellus. Rétorqua-t-il, toujours haineux.
- Je t'appelle comme il me semble, ce n'était pas dans le contrat de t'appeler autrement. Fit Sirius.
- Messieurs, du calme. Severus, vous avez eu vos excuses. Pour moi, les choses sont mises au clair.
- J'ai eu des semblants d'excuses, oui ! Cracha-t-il.
- Cela me conviendra. Et à vous aussi. Je ne reviendrai pas là-dessus.
- Mais… tenta Severus.
- Non, n'insistez pas. Et vous Sirius ne jubilez pas de la sorte, vos excuses étaient effectivement lamentables, mais nous nous en contenterons. Ne croyez pas cependant que vous vous en tirerez pour si bons comptes…
- Mais… Fit à son tour Sirius.
- Maintenant Messieurs, que les choses soient claires entre nous trois ! Vous avez une mission, et j'attends qu'elle soit remplie comme il se doit. Je n'ai que faire de vos petites querelles mesquines ou de tout autre grief que vous pourriez avoir l'un contre l'autre. Si jamais j'apprends, que l'un de vous en a profité pour régler ses comptes avec l'autre, ou a fait exprès de faire rater la mission, vous aurez affaire à moi. Est-ce clair ?
Silence.
- Est-ce clair ? Répéta-t-elle, excédée, haussant le ton.
Tous deux hochèrent simplement la tête, presque penauds comme des enfants pris en faute.
- Nous réglerons nos comptes plus tard. Pour l'heure vous devez partir. Sirius, Severus, ne me décevez pas ! Ah, une dernière chose, Sirius, je vous conseillerai, pour votre sécurité et la réussite de cette mission, d'écouter attentivement ce que Severus va vous expliquer. Il en connaît plus que vous sur la question, vous devrez donc lui obéir.
- Lui obéir ? Répéta Sirius incrédule, tandis que Severus souriait narquoisement.
- Oui, lui obéir. Vous m'avez parfaitement compris ! Mais n'en profitez pas non plus Severus, ou vous vous en mordrez les doigts à votre retour.
Le sourire de Severus s'effaça aussitôt. Ce qu'elle pouvait être perfide parfois : lui faire de fausses joies de la sorte, pour le désillusionner aussitôt après !
Elle n'attendit pas la réponse des deux hommes et partit sans plus de cérémonie. Ils restèrent donc seuls, se toisant d'un regard méprisant et plein de haine, de longues minutes durant. Finalement Severus décida de rompre le silence.
- Il est temps de partir pour nous aussi. Fit-il d'une voix morne et tendue.
Il commençait déjà à se diriger vers la porte, quand Sirius l'interpella, le faisant s'arrêter net devant la porte.
- Attends, je n'ai rien pris. Je ne sais même pas où nous allons ni comment.
- J'ai déjà pris tout ce dont nous pourrions avoir besoin, lui répondit froidement Severus, en lui montrant rapidement la besace qu'il portait sous sa cape. Quant à notre destination, nous allons au Sud de l'Ecosse dans des régions reculées. Nous devons y être pour le coucher de soleil, ce soir. Nous nous rapprocherons le plus possible en transplannant, mais, pour plus de sécurité, nous ne pourrons pas nous y rendre directement. Nous devrons brouiller nos traces, et finir le chemin à pied.
- Toujours tant de précautions ! Fit l'animagus, moqueur.
- Faut-il te rappeler que je suis toujours recherché et que j'ai derrière moi une armada d'Aurors ? Que diraient-ils d'ailleurs de me trouver, moi, mangemort assassin d'Albus Dumbledore, avec le soi-disant défunt Sirius Black, dangereux criminel évadé d'Azkaban ? Rétorqua Severus avec une moue cynique.
Sirius ne répondit rien, se contentant de le foudroyer du regard.
- Bien, alors, nous pouvons y aller. Conclut Severus, tout en sortant.
- Attends, j'ai d'autres questions.
- Plus tard, nous aurons le temps sur le chemin. Nous devons nous mettre en route.
Il était déjà sorti de la demeure, quand Sirius se décida enfin à le suivre et sortit à son tour, en attrapant sa cape au passage.
Severus l'attendait au milieu de la rue, à peine éclairée par la lumière blafarde du jour qui se levait difficilement. Quand Sirius arriva enfin à sa hauteur, il sortit une main de sous ses capes, et la lui tendit dans un gracieux mouvement. Sirius le regarda avec une lueur d'incompréhension et de répulsion.
- Tu ne sais pas où transplanner. Lui fit simplement Severus, laconique.
Sirius soupira alors, mais, résigné, s'empara de la main tendue, ne pouvant réprimer une moue de dégoût, et se sentit comme aspiré dans un tourbillon brumeux. Les deux hommes disparurent ainsi de la vue de la demeure Black.
- Je compte sur vous ! Prenez garde et revenez-nous entier. Fit McGonagall qui les avait regardés partir par la fenêtre du salon au premier étage.
Fin du chapitre 30
