Voilà, voilà, le chapitre apparemment tant attendu, avec les vampiiires... ATTENTION Rating T voire M : scène de lemon dans ce chapitre. Ceux qui préfèrent ne pas lire auront comme d'habitude un rapide résumé...

Merci à tous ceux et celles qui m'ont encouragée. Je suis désolée de ne pas avoir répondu, mais je n'ai pas reçu vos reviews par mail comme d'habitude, ce n'est donc qu'en voulant poster ce chapitre que je les ai découvertes, trés nombreuses d'ailleurs.

Bohemio : oui Sirius est méchant et agressif dans cette fic, mais ça va peut-être changé, qui sait?

Merci Lone wolf : je suis heureuse que la longueur de cette fic ne te fait pas peur. Sirius un bon repas? C'est pas gentil ça, pas gentil du tout...

Chloris : tu n'en ai qu'aux premiers chapitres, mais comme tu n'as pas laissé de mail, je me permets de répondre ici. Merci beaucoup, et j'espère que cette fic te plaira tout autant par la suite. Comme tu peux le voir les prises de bec entre Sirius et Severus ne se sont guère arrangées, enfin pour le moment...

Sushi Powa : Il n'y a pas de honte, chacun lit à son rythme et quand il en a le temps. J'espère que tes examens se sont bien passés! Oui ça m'en bouche un coin, mais ça me fait aussi énormément plaisir... Je n'ai pas lu Anne Rice, mais dès que j'ai fini la romance de ténébreuse de Bradley (j'en suis à la moitié), je m'y mets...

Allez maintenant je vous laisse à votre lecture. Encore une fois RATING M!!!

CHAPITRE 31 : Pacte de sang

- Snivellus, où nous emmènes-tu donc ? Ca fait trois heures que l'on marche dans ce paysage délabré. Lança Sirius à son compagnon de route forcé.

Mais ce dernier ne jugea pas nécessaire de répondre et continua son chemin, sans un regard en arrière. Ils marchaient effectivement depuis trois bonnes heures maintenant, se frayant un chemin, tant bien que mal, au milieu des taillis touffus de la sombre forêt qu'ils traversaient. Ils approchaient de la lisière, et de la côte également, comme leur indiquait la fine brume qui leur fouettait le visage, leur ramenant en même temps les embruns salés de la mer déchaînée.

Ils sortirent enfin de la forêt pour déboucher au sommet d'une haute falaise, au bas de laquelle de hautes vagues venaient mugir leur dernière colère. S'offrait alors à eux une vue des plus éblouissantes et des plus magistrales qu'ils aient pu contempler. A moins de cinq cents mètres devant eux, le long de la falaise, se dressaient d'imposants menhirs, en demi cercle face à la mer, formant un majestueux monument, auquel les rayons du soleil rougeoyant venaient rendre un dernier hommage.

Sirius en resta bouche bée, se stoppant net dans son avancée. Il avait rarement eu l'occasion de voir un paysage d'une telle beauté, empreint d'une telle grandeur et d'une telle sérénité.

- Black ! Dépêche-toi. Nous n'avons pas que ça à faire. Le coucher de soleil est bientôt fini, et nous risquons de manquer notre rendez-vous. Fit Severus, qui n'entendant plus les pas de l'animagus derrière lui, s'était retourné pour le voir cloué sur place, comme stupéfixé.

Il pouvait comprendre que Black soit sidéré par tant de beauté, voire ému, si tant est que ce crétin de Griffondor puisse ressentir pareille admiration. Lui-même avait été profondément touché par cette beauté et cette plénitude qui envahissait les lieux, la première fois qu'il était venu. Mais ils devaient être attendus, ils ne pouvaient se permettre de faire attendre leurs hôtes plus longtemps…

- Black ! Fit-il énervé, tirant rudement le dénommé par le bras, le forçant à revenir à la réalité.

- Où nous emmènes-tu, Snivellus ? Où doit avoir le rendez-vous ?

Severus se contenta de lui désigner du doigt les immenses pierres érigées en demi-cercle devant eux.

- Là-bas ? Mais je ne vois rien d'autre que des menhirs ?! Répondit Sirius, redevenant tout à coup méfiant. « Quel tour le Serpentard va-t-il encore me jouer ? Me jeter du haut de la falaise, prétextant une malencontreuse chute, ou se servir de moi pour un de ses fameux rituels qu'il apprécie tant ?» Se demanda-t-il, tout en dévisageant Severus d'un regard scrutateur.

Mais à sa grande surprise, le visage du dit Serpentard s'éclaira d'un mince sourire, les yeux fixés sur les menhirs et pétillants de malice, d'une malice non pas malveillante mais presque enfantine et ardente, comme jamais Sirius ne les avait vus pétiller auparavant.

- Viens et tu verras. Lui répondit Severus simplement, le ton dénué de tout sarcasme ou de toute moquerie, tout en reprenant son chemin.

Sirius était plus que choqué par ce comportement étrange. Snivellus sourire ? Pétiller de malice ? Se pourrait-il que Snivellus puisse ressentir quelque chose ? Et quoi au juste ?

Il ne put toutefois s'attarder à ses dangereuses et dérangeantes pensées, et reprit à son tour la route, rattrapant rapidement son guide. Ils arrivèrent enfin au milieu des magnifiques menhirs, alors que les derniers rayons du soleil disparaissaient à l'horizon. Ils s'arrêtèrent un moment, attendant en silence, presque tendus.

- Qu'attendons-nous ? Demanda l'animagus. Mais un signe impérieux de la main de son ténébreux compagnon lui fit comprendre que le temps n'était pas aux questions.

- J'espère que nous ne sommes pas arrivés trop tard. Murmura Severus, plus pour lui-même.

- Non, Severus ! Tu es arrivé juste à temps. Toujours ponctuel, comme d'habitude. Fit une voix envoûtante et mélodieuse dans leur dos, aux étranges intonations, ni féminines ni masculines.

Les deux hommes se retournèrent d'un même mouvement vers la voix. Sirius, par pur réflexe avait déjà brandi sa baguette et s'apprêtait à lancer un sortilège pour neutraliser sa cible, mais une main l'arrêta à temps, lui faisant baisser doucement sa baguette.

C'était Severus, qui, tout en gardant les yeux fixés sur la silhouette, serrait doucement la main de l'animagus, pour la lui faire baisser et l'empêcher de commettre l'irréparable.

« Stupide Griffondor ! Pour un peu, il nous créait l'incident diplomatique du siècle ! » Pensa Severus.

- Bonsoir Eilendior.

- Bonsoir Severus. Nous t'attendions. Mais seul. Rajouta la mystérieuse silhouette, dont l'obscurité ambiante empêchait de discerner totalement les traits.

- Oui, je suis venu cette fois-ci accompagné, car il me sera peut-être difficile de venir moi-même par la suite. Mais je préférerais expliquer tout cela en détail à votre souveraine.

- Tu connais nos règles. Il ne peut entrer, si nous ne l'avons pas jugé digne de confiance.

- Il est digne de confiance. Répondit Severus sans hésitation.

Sirius n'en croyait pas ses oreilles. Etait-il devenu sourd ? Ou Snivellus venait d'affirmer que, lui, Sirius Black, son pire ennemi depuis Poudlard, était digne de confiance ? Impossible, il devait avoir mal compris.

- Pourtant vous ne semblez pas vous apprécier. Comment peux-tu affirmer qu'il est digne de la confiance que l'on t'a accordée ? S'enquit Eilendior.

- Effectivement, nous ne sommes pas toujours en bons termes. La voix de Severus ne put alors s'empêcher de laisser poindre une once de cynisme. Mais cela n'altère en rien sa valeur ni la confiance que vous pouvez lui accorder, reprit-il, cette fois plus neutre. Toutefois, je comprends votre réticence à faire pénétrer une personne que vous n'avez pu juger par vous-même. J'attendrai alors, ici ou dans le lieu qui vous conviendra, pour rencontrer Valâa votre souveraine.

- Inutile Severus. Fit une autre voix, plus mélodieuse encore, cette fois féminine à coup sûr, où perçait force et charisme. Je me fie à ton jugement sur ce point. Pour que tu juges un de tes ennemis, digne de notre confiance et de notre estime, c'est qu'il doit être de valeur.

« Comme savent-ils que Snivellus et moi ne sommes pas en bons termes, voire que nous sommes les pires ennemis ? Peuvent-ils lire dans les pensées ? » Se demanda Sirius, intérieurement, n'osant pour le moment intervenir, comme le lui avait explicitement demandé Severus, lorsqu'il lui avait rapidement donné quelques instructions sur le chemin. Il se sentait également étrangement nerveux et troublé.

Mais au fond de lui, Sirius était surtout impressionné par le calme de Snivellus, face à ces créatures qui dégageaient une telle aura de force et de pouvoir. Il était persuadé qu'à eux deux ils ne feraient pas le poids, si celles-ci décidaient de les attaquer. Et que, justement, s'ils étaient en vie, c'était grâce à leur bon vouloir, et certainement aussi grâce au savoir faire de Snivellus.

Sirius venait de découvrir une nouvelle facette de son ancien ennemi, une facette qu'il n'avait en fait jamais voulu voir : sa force de caractère, et aussi une certaine prestance. En fait à cet instant, Snivellus pouvait presque rivaliser avec ces êtres étranges… Cette image le fit d'ailleurs rire sous cape, l'image d'un Snivellus vampire, comme le disait sa réputation à Poudlard… Si ses anciens étudiants le voyaient à l'instant, sa réputation serait définitivement scellée…

- Bonsoir Valâa. Répondit Severus, en s'inclinant légèrement avec une profonde déférence. Veuillez me pardonner d'avoir pris la liberté de vous amener un compagnon sans votre accord. Mais cette mesure m'est apparue nécessaire, et je ne pouvais me permettre d'attendre notre prochaine rencontre pour vous le présenter.

- Venez donc m'expliquer tout ceci à l'intérieur. Suivez-moi. Répondit la voix féminine.

A ces mots, l'entrée d'une caverne se révéla aux yeux des deux hommes, l'autel situé au centre du cercle formé par les menhirs se dérobant silencieusement, pour laisser la place à une descente d'escaliers vertigineuse, s'enfonçant dans des profondeurs obscures. Plusieurs silhouettes se découpèrent au même moment dans l'obscurité de la nuit, entre les menhirs. Une vingtaine au total.

- Nous sommes encerclés. Souffla Sirius, encore sous le choc.

- Ne panique pas, Black. Ils ne nous ferons rien, si tu suis mes consignes. Alors maintenant, suis moi et laisse-moi faire. Siffla Severus entre ses dents.

Sirius hocha la tête de consentement, et suivit Severus qui s'était déjà avancé vers les escaliers, à la suite de Valâa. Il ne pouvait distinguer clairement les traits de ces étranges compagnons, et il ne put qu'entrapercevoir la dénommée Valâa lorsqu'elle entama la descente, étant encore trop éloigné pour pouvoir l'admirer pleinement. Mais ses mouvements étaient empreints de grâce, et ce qu'il put apercevoir lui laissait présager une grande beauté.

Il s'engouffra à son tour dans l'antre, la vingtaine de silhouettes le suivant à distance respectueuse. A sa grande surprise, les escaliers, qui lui avaient semblés obscures et ténébreux de l'extérieur, furent illuminés d'une douce et chaleureuse lumière, distillée par de multiples torches accrochées aux murs et par des sortes de lucioles qui illuminaient chaque marche. « Certainement un sort de camouflage ou de dissimulation qui fait paraître cette entrée sombre et peu accueillante et qui prend fin une fois que l'on s'engage dans ces escaliers… » Nota-t-il.

Les marches étaient finement taillées à même la pierre, mais curieusement il avait l'impression de marcher sur un moelleux tapis, le son de ses pas étant assourdi, à peine audible. Les murs, quant à eux, étaient recouverts de fresques et de magnifiques bas-reliefs, racontant apparemment des épisodes de l'histoire de ce mystérieux peuple… Tout au long de la descente, Sirius contemplait chaque gravure, chaque peinture, avec attention, et sa descente lui parut particulièrement courte, tellement il était submergé par la féerie des lieux.

Mais ce ne fut rien comparé à ce qu'il ressentit quand ils atteignirent le bas des marches, entrant alors tous trois directement dans un immense vestibule somptueusement décoré, suivis par la vingtaine de gardes qui les avaient accueillis à la surface.

Sirius ne s'était même pas rendu compte que ceux-ci les avaient suivis, avant d'être arrivé en bas. Il s'arrêta net et resta sur place, tout à son admiration béate, alors que Severus aux côtés de la dénommée Valâa l'attendait calmement à quelques mètres devant lui et que les vingt autres s'étaient divisés en deux groupes pour former comme une haie d'honneur au trio. « Certainement ses gardes ! Peut-être sa garde rapprochée ! » Pensa furtivement Sirius, avant de retourner à la contemplation des lieux, subjugué par leur majesté et incapable de faire un pas de plus.

- Je crois que ton… « ami » est plutôt admiratif ! Remarqua Valâa, à l'adresse de Severus.

Celui-ci acquiesça simplement, ne sachant quelle attitude adoptée. Cette admiration non feinte semblait flattée leurs hôtes, mais en même temps qu'est-ce que Sirius pouvait avoir un air inepte et idiot ainsi ! Severus n'avait en fait qu'une envie : le tirer de sa rêverie et le traîner à sa suite.

Oui, bien sûr que ces lieux étaient majestueux ! Oui, il y avait de quoi rester admiratif ! Mais de là, à prendre cet air niais et imbécile…

Certes, cette magnifique salle circulaire en imposait avec sa somptueuse voûte se perdant à des hauteurs vertigineuses au dessus de leurs têtes, mais pourtant parfaitement visible grâce à toutes ces lumières qui virevoltaient le long des murs et le long des riches colonnes de marbre sculptées soutenant l'édifice. L'escalier qu'ils venaient d'emprunter débouchait à une extrémité de la salle, donnant sur l'allée centrale, au bout de laquelle une immense porte en ébène, recouverte de multiples arabesques et motifs runiques, se dressait à quelques mètres d'eux.

Sur les côtés de l'allée, plusieurs portes se dessinaient contre les murs, et quatre escaliers en colimaçons, deux de chaque côté, montaient comme des lianes, tenant par on ne sait quel artifice dans les airs, et donnaient ainsi accès aux divers niveaux supérieurs. Le tout était rehaussé de splendides sculptures et peintures à même les murs ou les colonnes, dans des tons chauds d'or et de brun, donnant vie à ce lieu presque mystique.

- Rassurez-moi. Je n'avais pas l'air aussi crétin, la première fois ?! Fit Severus, réalisant, trop tard, que les mots lui avaient échappé, et prenant peur soudain d'avoir offensé la souveraine.

Mais loin de s'en offusquer, celle-ci eut l'air de s'amuser de cette remarque spontanée, chose si rare chez cet homme si ténébreux, qu'elle avait vite appris à connaître et à estimer en si peu de temps.

- Non, Severus. Je te rassure tout de suite. On sentait que tu étais admiratif certes, mais tu ne le montrais pas. Tu étais… plus réservé. Vous êtes si différent, et pourtant si semblable ! Lui répondit-elle, avec un large sourire.

Severus tourna vers elle un regard courroucé, mais à la vue de ce sourire, toute colère s'effaça pour laisser place à de l'admiration.

Que cette femme était belle et majestueuse ! Non, pas cette femme, cette reine, une reine vampire… Mais qu'importe ! Tout en elle était beauté et grâce. Il avait rarement trouvé dans sa vie quelqu'un ou quelque chose de véritablement beau. Mais Valâa l'était, c'était indéniable. D'une beauté traîtresse… C'était une femme élancée, assez grande, aux traits fins et délicats, alors que son aura dégageait une puissance et une force incomparables. Ses longs cheveux noirs lui descendaient en cascade jusqu'aux reins, soulignant sa taille fine et bien dessinée. Sa douce cambrure était soulignée par une robe noire échancrée à dos nu, révélant ainsi sa peau pâle d'albâtre, presque bleutée. Cette peau froide et sans chaleur, dont aucune veine ne venait rompre l'harmonie, qu'aucun sang ne venait réchauffer… Et ses yeux, ses puits bleu glacier, légèrement irisés d'argent, où vous vous laissiez perdre sans retenue…

A voir le regard que lançait actuellement Black à Valâa, Severus n'était pas le seul à être happé par cette beauté envoûtante, même si, lui, gardait encore toute sa présence d'esprit et son contrôle de soi pour ne rien laisser transparaître.

Severus avait beau savoir qu'elle était morte, qu'elle était vampire, il ne pouvait s'empêcher de se sentir attiré par elle. Oh bien sûr, ce peuple était réputé par ce caractère envoûtant et l'attirance qu'il provoquait dans le cœur des mortels. Mais c'était autre chose. Il n'était pas attiré de la sorte par les autres vampires, qui pourtant dégageaient tous une aura aussi charismatique. Non c'était autre chose. Quelque chose d'indéfinissable. Non, pas de l'amour, c'était au-delà de tout sentiment humain, comme… comme un appel…

Oui, il est vrai, Severus avait toujours été attiré et intrigué par ce peuple. C'était en partie grâce à cet attrait et cet intérêt qu'il avait réussi à se faire accepter d'eux, sans avoir à y laisser la vie ou son sang. A chaque visite, la dixième dès lors depuis leur première rencontre, Valâa ne manquait pas de lui renouveler sa proposition. Proposition bien tentante parfois : proposition de faire partie des leurs, de devenir vampire à son tour, de devenir immortel sans les tourments des mortels, et de faire enfin partie d'une communauté qui vous accepte tel que vous êtes… Sans jugement… Pour être honnête, ce n'était pas l'immortalité qu'on lui proposait qui l'intéressait, non, c'était plutôt l'opportunité de pouvoir faire partie d'une communauté à part entière, d'être soi sans craindre d'être rejeté ou jugé…

Mais à chaque fois, Severus avait refusé, retenu encore par on ne sait quoi… Etrange sentiment qui le reliait encore à cette vie, vie qu'il avait promis il y a bien des années à un vieil ami de conserver, vie à laquelle il avait promis de ne plus attenter, vie qu'il avait promis de continuer jusqu'à ce que son heure arrive… Ce peuple ne s'était pas offensé de ce refus, et semblait l'accepter, voire le comprendre.

Mais ce refus avait été parfois difficile pour Severus, il se sentait presque bien auprès d'eux, presque délivré de tous ces tourments, il se sentait libre d'être lui-même. Il se sentait comme appelé par ce peuple… Oui peut-être était-ce cela qu'il ressentait auprès de Valâa, il se sentait pouvoir être lui en sa présence, sans avoir à se cacher, sans avoir à se retenir. Il se sentait comme l'un d'eux… Etrange et déstabilisant…

Valâa avait senti ce trouble dès la première rencontre avec cet homme si ténébreux, si mystérieux, si sombre et si lumineux à la fois. Elle n'avait jamais rencontré quelqu'un de tel, durant toute son existence. Que ressentait-elle pour lui ? Mais rien, un vampire ne ressent rien, enfin aucun sentiment connu des humains… Non c'était autre chose, pas de l'amour, pas au sens humain. Ce mortel l'attirait et elle savait qu'elle l'attirait aussi, comme s'il faisait partie d'elle. Elle aurait voulu en faire son compagnon éternel, mais il avait toujours refusé.

Pourquoi ? Peut-être se sentait-il encore rattaché à cette vie ? Peut-être se sentait-il indigne de cet honneur ? Elle ne saurait dire au juste. Ce qui était très déstabilisant d'ailleurs, car en temps ordinaire, les vampires savaient lire dans le cœur des hommes. Non pas dans leurs pensées, mais dans leurs sentiments, ce qui dictait leurs actes, ce qui faisait d'eux ce qu'ils étaient… Et justement Valâa ne parvenait pas à tout lire chez cet homme. C'était un puissant occlumens, comme jamais elle n'en avait rencontré, et non seulement il savait caché ses pensées, comme tout bon occlumens, mais il savait aussi caché ses sentiments, tout au moins en partie. Et elle avait beau tout essayer, elle n'était encore jamais parvenue à franchir ses barrières…

Il était en fait aussi bon occlumens que n'importe quel vampire… Etrange… Etrange aussi cette façon dont il s'était fait accepté par tous, lui simple mortel… Comme s'il était l'un d'eux, comme s'il faisait déjà partie de leur communauté… Il était à la fois si humain, avec tous ses sentiments tumultueux qui bouillonnaient en lui, bien qu'il sache parfaitement les cacher aux yeux de ses congénères, et si proche d'eux, vampires, si distants et si détachés comme eux seuls pouvaient l'être…

Si puissant aussi, bien qu'il n'ait encore jamais utilisé toute sa puissance. Ce n'était pas une puissance physique, ni une puissance purement magique, non c'était une puissance psychique… Ce qui pouvait expliquer en partie ses formidables capacités d'occlumens, de legilimens et d'aggelomens… Et probablement ses formidables facultés à manier les Arts Sombres aussi…

Car contrairement à ce que les sorciers mortels croyaient, il n'est nul besoin d'avoir une puissante force magique pour contrôler de telles énergies mystiques ! Non, il faut en fait une incroyable force psychique et une force d'âme hors du commun, pour pouvoir les contrôler et ne pas se laisser contrôler par elles… Et peu de mortels en étaient capables, en fait aucun en sa connaissance… Tout sorcier s'étant essayé aux Arts Sombres jusque là, avait perdu le contrôle et avait sombré à leur tour, perdant leur âme… Mais peut-être que lui, peut-être que Severus… C'était peut-être ça, cette force psychique et cette force d'âme, qui attirait Valâa en lui…

Elle savait que dans sa jeunesse il s'était laissé, lui aussi, emporté et enivré par ces puissantes forces sombres. Mais il en était revenu, il avait réussi à ne pas y perdre son âme, ce que peu d'humains avaient réussi déjà… Elle était certaine que bien guidé, il pourrait apprendre à maîtriser ces forces et à développer ses pleines capacités, à devenir un mage sombre, non pas au sens péjoratif, comme les sorciers d'aujourd'hui l'entendaient, mais au véritable sens du terme…. Un Maître es Arts Sombres… Et bien, s'il ne voulait toujours pas devenir vampire et entrer dans leur communauté, alors elle se ferait un honneur de le guider dans cette voie, dans la voie qui était la sienne…

Alors qu'elle faisait franchir aux deux hommes la lourde porte d'ébène et qu'elle les faisait entrer dans une immense salle servant de salle d'accueil, Valâa venait de prendre sa décision. Elle guiderait Severus dans la voie qui lui était destinée. Elle le guiderait, rompant par là même le serment que les vampires s'étaient fait, il y a longtemps, de ne plus se lier à un mortel… Oui, elle le guiderait. Et le pacte qu'elle lui proposerait ce soir, et qui les lierait tous deux, serait la première étape… La première étape de son apprentissage… Puisqu'elle ne pouvait vivre l'éternité avec lui, alors elle le guiderait et lui permettrait de se révéler enfin tel qu'il est… Elle aurait l'honneur d'être son guide et d'offrir au monde sorcier un puissant psyché. Même si pour cela elle devait renoncer à son éternité à elle….

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Sirius avait cru qu'aucun lieu ne pouvait être plus somptueux ni plus féerique que le grand hall qu'il venait de quitter, mais il s'était visiblement trompé, lourdement trompé même. Cette salle, dans laquelle Valâa venait de les faire entrer, lui coupa momentanément le souffle. Il n'y avait plus de mots pour décrire ce qu'il avait sous les yeux.

Une salle rectangulaire, aux dimensions incommensurables une fois encore, toute de marbre et de granit incrustés de pierres précieuses et aux multiples reflets chatoyants, illuminée de mille feux grâce aux petites lucioles bleutés qui longeaient murs et colonnes jusqu'à la voûte, et dont le feu crépitant dans l'âtre au centre de la pièce réchauffait l'atmosphère presque éthérée…

De nombreux sièges en bois précieux, et semblant très confortables, étaient disposés autour de l'âtre, quelques tables basses s'interposant entre les sièges. Une imposante table de chêne, entourée d'une douzaine de siège du même bois, se dressait à l'autre extrémité de la pièce. Celle-ci, bien que modestement meublée, ne paraissait pourtant pas si vide qu'elle n'en avait l'air, harmonieusement décorée de nombreux tableaux et sculptures…

Cette salle semblait à la fois intime et chaleureuse, tout en vous aveuglant de milles feux ensorcelants et captivants, presque vous hypnotisant… La réputation des vampires concernant leur goût pour le luxe et la luxure n'était vraisemblablement pas infondée…

Ils venaient ainsi de s'asseoir tous les trois autour de l'âtre, Valâa face à Severus et Sirius, tandis que les vingt gardes précédents étaient disposés, à distance respectueuse, à chaque accès et qu'Eilendior, le vampire qui les avait accueilli, se tenait debout juste derrière le siège de sa souveraine.

« Son garde du corps personnel, on dirait ! » Remarqua Sirius. Eilendior avait l'aspect d'un jeune homme d'une vingtaine d'années, au visage encore presque juvénile, avec sa chevelure blonde souple et soyeuse lui tombant jusqu'au milieu du dos et ses traits finement dessinés, semblant si délicats. Seuls ses yeux bleus, durs et pénétrants, révélaient une maturité et une expérience de longues années…

- Severus, tu disais qu'il te sera peut-être difficile de venir toi-même par la suite. Quel serait le problème ? Je t'ai pourtant bien fait comprendre que nous ne traiterions qu'avec toi et personne d'autre ! Demanda Valâa, une fois qu'ils furent tous installés, tirant par la même occasion Sirius de ses pensées et de sa contemplation.

Sirius sentait que quelque chose de particulier se passait entre cette sublime créature qu'était Valâa et Snivellus. Mais quoi ? Pourquoi ne semblait-elle ne vouloir traiter qu'avec lui ? Qu'y avait-il entre eux deux ?

- Oui, je l'avais parfaitement compris. Mais je risque de ne pas pouvoir honorer tous nos rendez-vous dans un avenir proche. Répondit Severus, pesant chaque mot, contrôlant à la perfection les inflexions de sa voix.

- J'aimerai en savoir la cause.

- Pour que vous puissiez comprendre, je dois tout d'abord vous avouer quelque chose à mon sujet.

- Je t'écoute Severus.

- Je suis venu vers vous pour requérir votre aide, au nom de cette organisation de résistance dont je vous ai parlé. Mais il faut que vous sachiez que je joue en fait le rôle d'espion pour cette même organisation auprès des Mangemorts et de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom.

Valâa se tendit brusquement à ses mots, et tous les vampires présents firent de même, prêts à défendre leur reine au moindre signe d'hostilité.

- Que me dis-tu ? Nous aurais-tu menti ? Serais-tu un Mangemort en réalité ? A quel jeu joues-tu ?

- Je ne joue pas Valâa, et si jeu il y a, c'est un jeu extrêmement dangereux. Pour répondre à vos questions, non je ne suis pas Mangemort, pas vraiment. Je ne le suis plus depuis longtemps, même si je porte toujours Sa Marque.

Valâa sembla scruter Severus et le sonder jusqu'au plus profond de son âme, cherchant à y lire s'il mentait ou s'il disait vrai.

- Je n'aime pas qu'on me mente, Severus. Je croyais que tu l'avais compris, pourtant.

- Je l'ai parfaitement compris. Et je ne vous ai jamais menti, je ne vous ai seulement pas tout dit. Je viens effectivement pour requérir votre alliance avec l'Ordre, cette organisation secrète de résistance, contre Vous-savez-qui. Vous ne m'auriez simplement jamais laissé approcher, si vous aviez su toute la vérité.

Valâa le sonda une dernière fois puis ajouta finalement :

- Bien ! Admettons que je te crois. Quel serait le problème alors ?

- Le problème est que Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom croit que je suis venu vous voir pour réclamer une alliance entre vous et Lui. Mais voyant mes essais se solder par des échecs, il m'ordonnera de ne plus répondre à vos rendez-vous, je ne pourrai peut-être plus venir. Ce serait trop risqué, je ne peux prendre le risque de détruire ma couverture ainsi… même si je le regrette.

- Si j'ai bien compris, tu es venu nous contacter sur les ordres de votre « Seigneur des Ténèbres », Valâa prononça ses derniers mots avec toute l'ironie possible. Mais en fait tu t'es présenté à nous au nom de l'Ordre…

Severus acquiesça en silence.

- Et maintenant, n'étant pas libre de tous tes mouvements, il se pourrait que tu ne puisses pas venir toi-même. Tu viens donc nous présenter un autre membre de cette organisation résistante pour jouer les intermédiaires à ta place. Est-ce cela ?

Severus acquiesça de nouveau.

- Quelle preuve avons-nous que tu nous dis enfin la vérité ? Demanda-t-elle finalement sur un ton impérieux.

Severus se crispa. Que devait-il faire ? Il sentait que cette alliance était à deux doigts de se faire, mais qu'elle risquait de leur échapper si le doute subsistait. Il n'avait aucune preuve matérielle, aucune preuve de sa véritable allégeance… Sauf peut-être en lui, mais cela voudrait dire se révéler entièrement, laisser Valâa lire en lui. Et il n'aimait pas vraiment cette idée. Il ne s'était livré ainsi qu'une seule fois dans sa courte vie, c'était à Albus lorsqu'il avait décidé de changer définitivement de camp… Mais là… Faire de même avec Valâa… Mais avait-il réellement le choix ? Non, en fait. S'il en restait là, le doute subsisterait et les vampires refuseraient de se lier à eux…

- Je n'ai aucune preuve à vous fournir. Fit-il, ayant enfin pris sa décision. La seule chose que je puisse vous offrir est de lire en moi pour y trouver la vérité.

- Tu me laisserais lire en toi, sans entrave ? Répliqua Valâa, incrédule que cet homme si réservé accepte de se livrer ainsi.

Comme toute réponse, elle sentit les barrières de Severus s'abaisser doucement et progressivement pour lui libérer le passage. Elle s'immisça donc lentement et délicatement dans son esprit, et put y lire ses sentiments les plus cachés, les plus secrets, son attachement à Albus Dumbledore, sa profonde loyauté envers cet homme si respectable et envers son Ordre du Phénix, malgré le fait qu'il soit toujours rejeté par les siens, sa détresse aussi et ses remords concernant ses erreurs passées, tous ses sentiments si savamment maîtrisés et camouflés derrière tant de froideur et de pseudo indifférence…

Au bout de longues minutes de silence tendu, elle décida, presque à contre-cœur, de se retirer, ayant obtenu les réponses à ses questions. Il lui avait dit toute la vérité. Il était réellement sincère et loyal.

- Je te crois. Répondit-elle finalement. Mais qu'est-ce qui te fais penser que nous accepterions de traiter aussi avec ton compagnon ?

- Je pense qu'il a certaines… capacités qui vous plairaient.

- Comme…

- Comme le fait qu'il s'agisse aussi d'un fugitif, même si pour sa part il est innocent des crimes dont on l'accuse. Ce n'est donc pas lui qui irait vous trahir auprès du Ministère.

Sirius en resta stupéfait. Non seulement Snivellus était en train de vanter ses « capacités », mais en outre il venait de reconnaître son innocence du crime dont on l'accusait ? Devenait-il fou ?

Valâa dut entendre les pensées de Sirius, vu le sourire moqueur qui étira ses fines lèvres. Severus, quant à lui, qui avait dû également les détecter, était plutôt agacé. Mais pour qui le prenait-on ? Il n'était pas si idiot tout de même, et même s'il n'appréciait pas Black, il n'allait pas continuer à l'accuser faussement alors qu'il avait eu toutes les preuves de son innocence et qu'il connaissait parfaitement l'identité du vrai coupable… Il ne s'appelait pas Black !

- En outre il s'agit d'un animagus. Préféra-t-il continuer, en ignorant les remarques silencieuses et déplacées de Black. Le ton de sa voix était toutefois un peu amer. Je connais votre attrait pour ces capacités de métamorphose, étant vous-même de puissants métamorphomages.

- Mais qui te dis que nous l'accepterons ?

- Je suis sûr qu'il se révélera digne de votre confiance. Si vous le souhaitez, vous pouvez très bien l'évaluer, je suis persuadé qu'il réussira parfaitement vos « tests » et qu'il parviendra lui aussi à gagner votre estime.

Ces derniers mots laissaient un goût plutôt âcre et saumâtre dans la bouche de Severus, qui avait alors détourné le regard vers les flammes crépitantes. Qu'il était dur de devoir admettre ce fait ! Il aurait en fait tellement aimé être le seul, le seul que ces êtres estimeraient réellement. Egoïsme ? Nombrilisme ? Enfantillage ? Peut-être… Mais il s'était fait si bien accepté par ce peuple, et voir un autre se faire accepter aussi bien que lui, voire lui voler sa place quasiment, était assez douloureux… Surtout quand il s'agissait de Black.

Sirius ne savait, pour sa part, comment interpréter les paroles de son ennemi. Ou devrait-il dire plutôt ancien ennemi ?… Snivellus pensait-il réellement ce qu'il venait de dire ? Non, impossible. Ils se détestaient mutuellement ! Snivellus devait sans doute encore baratiner pour amadouer leurs futurs alliés…

- C'est possible. Répondit Valâa, songeuse. Même certain. Si tu le juges digne, c'est qu'il doit être de grande valeur, comme je l'ai déjà dit. Mais c'est toi qui nous intéresses, Severus.

Severus releva alors les yeux sur Valâa, un sourcil arqué marquant son incrédulité. Avait-il bien entendu ?

- Oui Severus, tu as bien entendu. Ce qui nous intéresse c'est toi, et personne d'autre. En fait, si nous acceptons cette alliance, ce sera uniquement pour toi, bien que tous les arguments que tu nous aies avancés lors de nos dernières rencontres nous intéressent aussi en partie… Il est vrai que prendre notre revanche sur les loups-garous est plus qu'alléchant, mais nous n'avions pas besoin véritablement de cette guerre pour cela… Il est vrai également que nous ne tolérons pas les actes de ce soi-disant Seigneur des Ténèbres, qui va mener notre monde à sa perte, en même temps que le vôtre.

Le visage de Severus marqua une nouvelle fois sa surprise.

- Oui, tu as bien entendu, continua Valâa. Même si nous sommes dénigrés par le Ministère de la Magie actuel et par votre société, nous tenons à ce que les choses gardent un certain équilibre. Et cet inconscient et prétentieux soi-disant mage noir est en train de rompre l'équilibre, ne cherchant qu'à assouvir son désir d'immortalité et sa soif de pouvoir. Il a sombré dans la Magie Noire, comme vous l'appelez, et il a déchaîné des forces qu'il est incapable de comprendre et de maîtriser, et qui le dépassent. Il va conduire notre monde à sa perte, et tous les peuples opprimés comme le nôtre avec… Mais toutes ces raisons ne seraient peut-être pas suffisantes pour nous faire rentrer dans cette guerre malgré tout… Notre peuple est encore trop fragilisé…

Les deux hommes étaient perdus, ne voyant pas où la souveraine des vampires voulait en venir.

- Ce qui nous intéresse, c'est toi Severus… Nous avons besoin de toi, de ta force psychique et de tes formidables capacités dans les Arts Sombres. Si tu étais venu au nom de ce Seigneur des Ténèbres, nous t'aurions simplement renvoyé de là où tu venais, car même si nous te voulons, nous ne pouvons Le soutenir Lui et ses mangemorts. Mais puisque tu viens au nom de ce mouvement de résistance, nous pouvons peut-être conclure un accord.

- Je vous écoute. Répliqua simplement Severus, redoutant au fond de lui ce qui allait suivre.

- Nous te voulons toi. Toi, en échange de notre alliance à l'Ordre.

Severus blêmit, et même Sirius eut du mal à avaler sa salive.

- Mais je vous ai déjà affirmé que je ne souhaitais pas devenir vampire, je ne peux et ne veux pas devenir des vôtres. S'exclama Severus, ne pouvant empêcher sa voix de trembler.

« Ils me veulent moi ? Ils veulent réellement que je devienne l'un d'entre eux ? Et en quoi ma « force psychique » ou mes « capacités » dans les Arts Sombres peuvent-elles les intéresser ? Les leurs dépassent les miennes de loin ! Qu'est-ce qu'ils attendent de moi ? Qu'est-ce que tout cela peut-il bien caché ? » Pensa-t-il.

- Je ne l'ai pas oublié. Et nous respecterons ton choix. Nous ne te demandons pas de devenir des nôtres, bien que tu serais le bienvenu si tu changeais un jour d'avis. Mais nous avons besoin de toi. Notre peuple a besoin de se renouveler. Tu serais le partenaire idéal pour assurer ma descendance.

- Partenaire ?... Descendance ?… balbutia Severus, de plus en plus blême. Mais… je…

« Ce serait donc ça ? Renouveler leur race avec un humain mortel ayant des capacités proches des leurs ? Serait-ce simplement ça ? » Se demanda-t-il. Il avait déjà entendu parler de tels croisements entre vampire et mortels, créant ainsi des hybrides particulièrement puissants et à longévité importante bien que mortels. Mais ces hybrides étaient rares, car il était difficile de trouver un humain aux capacités suffisamment proches de celles des vampires pour pouvoir s'allier à eux sans trop de risques. En outre ce genre d'alliance était particulièrement dangereuse, pour le mortel en question bien évidemment, le vampire pouvant ne pas se contrôler au moment de leur union…

Sirius avait quant à lui beaucoup de mal à refreiner ses envies de fou rire. Qui l'eut cru ? Snivellus en reproducteur…

- Oui tu as parfaitement compris. Pour conclure notre alliance nous allons sceller un pacte. Un pacte de sang. Je crois que tu connais en partie le rituel, n'est-ce pas ? Tu nous as suffisamment étudié, pour connaître nos rituels. Au cours de ce pacte, j'obtiendrais ce que je souhaite et nous scellerons notre allégeance à votre Ordre du Phénix dans cette guerre, mettant alors à votre service nos guerriers les plus puissants. Grâce à ce pacte, tu seras lié à moi et je serai liée à toi.

Severus était songeur. « Mais à quoi t'attendais-tu ? Tu savais pertinemment bien que pour sceller cette alliance, ils utiliseraient certainement un tel pacte. De toute façon, peux-tu réellement refuser ? Et qu'y a-t-il de si… déshonorant dans ce pacte, après tout ? Mais quand même ! En même temps, cela pourrait se révéler… Mmh… intéressant ! Une expérience hors du commun…»

- Bien, j'accepte. Répondit-il enfin.

Mais ce que Valâa avait omis de dire aux deux hommes, c'est que par ce pacte commencerait également l' « initiation » de Severus pour maîtriser les Arts Sombres. Que par ce pacte, ils se lieraient, lui et Valâa, bien plus qu'il ne le pensait, et qu'elle lui conférerait ainsi une partie de sa force, force qui lui permettra par la suite de mieux résister à l'attrait néfaste des Arts Sombres pour mieux en tirer la quintessence…

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Cela faisait un jour maintenant que Severus et Sirius étaient arrivés. Ils s'apprêtaient dès lors pour la cérémonie du pacte, où ils scelleraient l'alliance avec les vampires. Tous deux étaient particulièrement nerveux, en particulier Severus, partagé entre l'inquiétude et l'agacement, entre l'excitation et l'appréhension. « Qu'est-ce qu'il ne faut pas faire pour une alliance ?! Bon, avoue aussi que tu mourrais d'envie d'assister à l'un de leur rituel. Et bien, tu es gâté Severus, puisque tu vas y participer toi-même ! » Se disait-il.

Ils avaient attendu toute la journée dans la chambre double qu'on leur avait attribuée, et leurs nerfs étaient mis à rude épreuve. Enfin, une heure après le coucher de soleil, ils furent amenés dans une vaste salle circulaire, où une vingtaine de vampires, parmi les plus hauts placés et les plus puissants de leur communauté, les attendaient en compagnie de Valâa. Mais ils n'eurent pas le temps de contempler leur environnement, que Valâa s'avançait déjà pour les accueillir.

- Avancez mes amis. N'ayez crainte. Fit Valâa à leur adresse. Tu es magnifique Severus. Continua-t-elle, les yeux pétillants de malice et de fierté, ne prêtant pas attention aux regards moqueurs de Sirius. Je savais que cette robe te siérait à merveille.

Arrivée à leur hauteur, Valâa s'arrêta juste devant eux et contempla encore un certain moment son futur partenaire, dans la somptueuse robe bleu sombre et argent qu'elle lui avait choisie pour l'occasion. Elle le trouvait tout simplement sublime, son teint blafard lui conférant ce soir un air de noblesse, et non plus cet air maladif qu'il arborait d'habitude, et faisant davantage ressortir ses onyx envoûtantes. Ce dernier se sentait, pour sa part, plutôt mal à l'aise dans ces teintes peu habituelles pour lui, et également embarrassé d'être ainsi détaillé sous toutes les coutures.

Valâa lui prit alors doucement la main, qu'elle étreignit délicatement pour le rassurer, et le guida jusqu'à l'autel qui se situait au centre de la salle et de l'assemblée des vampires réunis, quant à eux disposés en cercle. Il avait l'étrange et désagréable sensation d'être l'agneau mené au sacrifice, mais il ne pouvait se dérober. Il était désormais trop tard pour faire marche arrière. Il la suivit donc docilement et se plaça, comme elle le lui indiquait, à l'une des extrémités de l'autel, juste à ses côtés, gardant les yeux rivés dans ceux de Valâa.

Il se sentait fébrile, impatient et réticent à la fois, ne pouvant réprimer un frisson parcourant son échine. Tout à sa nervosité, il ne vit pas Sirius aux côtés d'Eilendior, au sein du cercle des autres vampires, en face de Valâa et lui. Valâa lui avait expliqué que son compagnon animagus devait assister à la cérémonie, toute la cérémonie, pour s'assurer que tout se passe bien, qu'il n'y ait aucun « dérapage », et ensuite pour l'aider si besoin était. Cela n'enchantait guère Severus, mais une fois de plus, on ne lui demandait pas son avis.

- Nous allons pouvoir enfin commencer. Severus es-tu prêt ? Demanda Valâa d'une voix douce et envoûtante.

- Oui, je suis prêt. S'entendit-il répondre, comme s'il s'agissait de quelqu'un d'autre.

Valâa se tourna alors vers l'autel, et commença à psalmodier une longue et mélodieuse litanie, dans une langue mystérieuse et inconnue, et fut bientôt accompagnée par tous les autres vampires. Severus se laissa peu à peu envahir par une délicieuse sensation enivrante, voluptueuse et sensuelle, et sentit son esprit se libérer de son enveloppe charnelle, pour rejoindre celle de Valâa dans un harmonieux ballet au rythme de l'incantation. Il se sentait curieusement libre et serein. Il ne put dire combien de temps cela dura, ayant perdu toute notion de temps et d'espace.

Soudain, Valâa saisit à nouveau délicatement sa main, et tendit leurs mains ainsi unies au dessus de l'autel, leur danse mentale s'intensifiant par ailleurs. Severus vit à peine Eilendior s'avancer à leur côté et leur trancher les poignées à l'aide d'une dague en argent. Il sentit toutefois son sang couler le long de sa peau pâle, son liquide vital se mélangeant au liquide froid et sombre de Valâa, avant de tomber dans une coupelle qu'Eilendior tenait sous leurs mains jointes. Lorsque celle-ci fut assez remplie à son goût, le fier vampire tendit la coupe à Valâa qui en but une gorgée, avant de la tendre à son tour à Severus.

Ce simple geste suffit à rompre l'euphorie, dans laquelle il s'était laissé glisser jusque là. Il regarda avec une expression de pur dégoût la coupe emplie de leurs deux sangs mêlés, puis fixa intensément Valâa du regard. Voulaient-ils vraiment qu'il boive ça ? Au fond de lui, il sentait une profonde révulsion monter. Pourtant ce n'était pas la première fois qu'il buvait du sang lors de tel rituel. Alors qu'est-ce qui le répugnait dans ce cas ? Le sang de vampire ? Peut-être… Ou peut-être la peur qu'il sentait sourde au plus profond de son être…

Mais la lueur d'intense détermination et d'espoir, qu'il lut dans les prunelles bleutées de la magnifique souveraine, l'encouragea et eut raison de ses dernières craintes. Il se saisit de la coupe de sa main libre, presque tremblante, et la porta à ses lèvres pour en boire une gorgée. Eilendior récupéra alors la coupe et son précieux contenu pour en boire à son tour et la faire tourner parmi l'assemblée, Sirius compris. Mais ni Valâa, ni Severus n'y prêtèrent attention.

Sensation étrange que ce liquide à la fois froid et chaud, à la fois sucré et amer, à la fois mielleux et rêche… Quelle douce chaleur et quel mortel frisson… Il se sentit à nouveau partir dans les méandres de son esprit, vite rejoint par Valâa, perdant toute sensation de ce qui l'entourait pendant quelques secondes, ou quelques minutes, il ne saurait dire.

Seule la douce caresse des lèvres de Valâa sur les siennes le sortit de sa torpeur et le fit revenir aux sensations charnelles dont son corps était soudain assailli. Il répondit alors à son tour à cette caresse, et demanda à approfondir le baiser. Leurs lèvres s'entrouvrirent, permettant à leur langue de danser l'une avec l'autre dans une valse tumultueuse. Leurs mains commencèrent à se joindre à ce ballet, parcourant le corps de l'autre de plus en plus avidement.

Valâa commença à déboutonner la robe de Severus de ses doigts habiles, pour ensuite mieux caresser la peau d'albâtre de l'homme. Ses doigts tressautèrent momentanément de surprise, lorsqu'ils sentirent les multiples cicatrices qui recouvraient ce corps à la fois si frêle et si vigoureux. Qu'avait donc subi cet homme pour être ainsi marqué ? Cet instant d'hésitation n'échappa pas à Severus, qui d'ailleurs s'y était attendu… Il rompit leur baiser pour la fixer droit dans les yeux et l'interroger du regard.

Il s'attendait à ce qu'elle recule et abandonne, connaissant parfaitement l'importance que revêtaient les apparences pour ce peuple, toujours à la recherche d'un corps parfait. Et il savait qu'il était loin d'être une égérie. Mais à sa grande surprise, Valâa reprit ses caresses langoureuses et sensuelles sur sa peau, et rapprocha son visage pour l'embrasser fougueusement. Il répondit alors sans plus attendre entreprenant à son tour de la dévêtir, vêtements par vêtements.

Il commença à défaire un à un les boutons de sa robe, dévoilant ainsi sa peau presque translucide et légèrement bleutée, tout en déposant des baisers passionnés dans son cou. Il descendit lentement vers ses épaules et sa gorge, la faisant languir aussi longtemps qu'il le pouvait, effleurant de ses lèvres la peau douce au-dessus de sa clavicule. Il mordit doucement la chair tendre, sentant sa proie se tendre sous ses mains, qui continuaient leurs douces tortures tout en finissant de défaire la robe, pour finalement la laisser choir au sol.

Il sentait les mains de Valâa continuer elles aussi leur ouvrage, et sa propre robe tomba souplement de ses épaules, dans un bruissement d'étoffes froissées, pour aller rejoindre celle de sa compagne au sol. Mais il ne laissa pas Valâa reprendre possession de ses lèvres et continua à parcourir de ses baisers brûlants ce torse nu ainsi offert, tout en laissant sa main gauche errer le long du dos de sa compagne jusqu'au creux de ses reins. Il sentit la vampire se cambrer davantage encore sous ses caresses et l'entendit gémir doucement au creux de ses oreilles, la tête renversée en arrière, la respiration devenant saccadée.

Tout à coup, Valâa voulut reprendre le contrôle et ses mains reprirent leurs caresses sur le torse pâle de Severus, glissant le long de son dos, effleurant chaque cicatrice, explorant chaque centimètre de sa peau. Puis remontant progressivement, elle attrapa les cheveux de Severus d'un mouvement brusque, presque sauvage, et ramena ce ténébreux visage vers le sien pour reprendre leurs baisers fougueux. Reprenant ainsi son emprise sur l'homme, elle continua son exploration, et ses mains glissèrent progressivement jusqu'au bas des reins de Severus, ses lèvres commençant peu à peu à descendre vers la gorge, puis les épaules, les clavicules… « Cette gorge si tentante, cette veine palpitante... Non pas encore, pas tout de suite… » se dit-elle.

La sensation de ces mains et de ces lèvres sur tout son corps était trop submergeante pour Severus, faisant flamboyer vers son bas ventre une douce et embrasante chaleur incontrôlable. Il dut fermer les yeux et se mordre les lèvres pour ne pas gémir de plaisir et eut beaucoup de mal à se retenir. Valâa dut d'ailleurs s'apercevoir de son état car il sentit des mains entreprendre de lui défaire sa ceinture, et avant même qu'il ait eu le temps de réagir, il se retrouva quasi nu, un simple morceau de tissu recouvrant encore son intimité.

Il se laissa basculer contre la pierre froide de l'autel, poussé négligemment par Valâa, qui vint rapidement le rejoindre. Aussi étrange que cela puisse paraître, la froideur et la dureté de la pierre leur étaient indifférentes, emportés qu'ils étaient dans leur chorégraphie érotique, toujours accompagnés de la mélodieuse litanie des vampires.

Il en profita alors pour reprendre les rênes et l'attira tout contre lui. Le contact de leur peau l'une contre l'autre, la sensation de ce torse contre son torse, ravivèrent la flamme d'excitation qui l'avait envahi. Précautionneusement, il la fit rouler sur le dos pour la maintenir sous lui, et recommença à mordiller chaque parcelle de sa peau, en insistant sur les zones si délicates et si sensibles.

Valâa était toute à son extase, se laissant subjuguer par cette douce sensation, décuplée au centuple par ses sens surdéveloppés de vampire. Impatiente d'aller plus loin, elle enlaça la taille de Severus de ses jambes et se cambra davantage, collant leurs deux corps l'un contre l'autre. Severus comprit sans peine le message et ses mains rôdèrent vers le bas de sa taille, de ses hanches, puis le long de ses cuisses, pour atteindre enfin la zone encore protégée par ce dérisoire morceau de satin blanc. Il la délivra de cette dernière entrave d'un souple et gracieux mouvement, et commença à torturer plus intensément la vampire, lui arrachant de doux gémissements d'impatience, leur respiration se faisant de plus en plus saccadée. Il avait d'ailleurs lui aussi toutes les peines du monde à se contenir, mais il aimait jouer à ce petit jeu et faire languir sa partenaire.

Il se faisait plus ardent dans ses caresses, sentant alors les mains de Valâa courir nerveusement sur son torse, ses bras et son dos, en effleurements tremblants. Soudain, n'y tenant plus, elle agrippa rageusement les épaules de Severus et le tira de nouveau à elle en un baiser férocement brûlant. Tout en le maintenant ainsi prisonnier de ses lèvres, elle entreprit à son tour de le délivrer de ses derniers vêtements, puis le fit rouler sur le dos, pour cette fois le dominer. Elle lui fit alors subir la même torture, le faisant hoqueter et haleter, supplier presque de le délivrer, se sentant prêt à exploser à tout instant.

Elle décida enfin de répondre à ses suppliques et après l'avoir taquiner longuement, elle se laissa glisser sur lui, le laissant s'immiscer lentement en elle. Ils s'arrêtèrent un moment, fusionnés ainsi l'un dans l'autre, l'un devenant subitement l'autre, aussi bien de corps et d'esprit. Car à cet instant, ce n'étant pas seulement leur corps qui dansaient et se liaient, mais leur esprit également, leurs souvenirs devenant ceux de l'autre, ne faisant plus qu'un…

Puis Severus reprit le dessus, la maintint sous lui tendrement et commença une douce danse, tout en l'embrassant fougueusement. Valâa se joignit bientôt à lui, et leurs mouvements se synchronisèrent rapidement au rythme de leurs battements de cœur, devenant de plus en plus effrénés.

C'était comme une descente vertigineuse vers des abîmes sans fond de plaisir et en même temps une ascension sans fin vers un monde où plus rien n'existait à part eux. Jamais aucun des deux n'avaient connu pareille sensation, pareil vertige de sensualité et de désir, de plaisir extatique, presque délicieusement douloureux. Un dernier frisson de cette voluptueuse folie les inonda et les fit trembler en une dernière fusion.

Leurs mouvements s'arrêtèrent alors, presque brutalement, et ils se laissèrent tomber l'un sur l'autre, conservant leur étreinte, leur respiration devenant plus régulière. Mais tout n'était pas encore fini.

- Tu m'as fait un magnifique cadeau. Murmura Valâa à l'oreille de Severus.

- Je pourrai te retourner le compliment. Fit-il d'une voix rauque, qu'il avait encore du mal à maîtriser.

- Mais tu sais que ce n'est pas encore fini. Continua-t-elle d'une voix suave, invitant à la luxure.

Il la regarda simplement dans les yeux. Soudain, sans rien répondre, il roula sur le côté, pour se positionner sur le dos, puis avec un sourire provocateur, lui offrit son cou et sa gorge sans défense, en disant d'un ton étonnamment dépourvu de peur :

- Vas-y. A toi de jouer maintenant.

Valâa l'étreignit alors de son corps, puis doucement commença à titiller sa gorge et son cou, jusqu'à atteindre cette veine si tentante et si palpitante de vie. Elle la mordilla doucement d'abord, puis planta ses canines soudain pointues dans la chair tendre offerte sans résistance, pour goûter ce sang si savoureux et sucré. Severus sentit les crocs se planter dans son cou puis son liquide vital le quitter peu à peu, aspiré goulûment par la vampire, la vie paraissant l'abandonner doucement, tous ses sens se brouillant au fur et à mesure, espérant au plus profond de lui que Valâa sache se maîtriser.

Alors qu'il commençait à sombrer dans une douce inconscience, il sentit d'autres lèvres venir aspirer sa vie, puis d'autres et d'autres encore… Apparemment tous les vampires présents devaient goûter son précieux sang… Mais Severus n'eut pas le temps d'y réfléchir plus avant, sombrant définitivement dans des songes obscures.

Fin du chapitre 31