Merci aux reviewers, vos avis sont trés importants pour moi. Certains ont été plus qu'interloqués par la fameuse scène en italique, pourtant vous me dîtes tous avoir aimé ce chapitre... Je vous rassure tout de suite, il n'y aura pas d'autres scènes de ce genre...

Sinon, pour la relation entre Severus et Sirius, vous allez être gâtés, car les revoilà, avec le détail de leur pensée respective... et le profond bouleversement qu'ils ressentent chacun de leur côté... J'espère que cela répondra à vos questions, tout du moins en partie.

Par contre, désolée, Lone Wolf, mais ce n'est pas encore tout de suite que l'on verra les pouvoirs ou changements que les vampires ont apporté à Severus, peut-être ppour plus tard... ;). quant à Sirius et une probable morsure, et bien... j'espère que tu ne seras pas trop déçu...

Voici tout d'abord le résumé que je vous ai promis pour ceux qui ont préféré ne pas lire la scène en italique.

Résumé des souvenirs de Severus (scène en italique)

Le jeune Severus Snape vient de recevoir une lettre moldue, une lettre provenant de son père, mais il n'ose l'ouvrir, redoutant ce qu'il va y lire. Tranquillement installé à l'écart, il se remémore les terribles événements de cet été, de sa rentrée en particulier. Son père l'avait séquestré pour l'empêcher de retourner à Poudlard, et les choses avaient très mal tourné quand Severus avait tenté de se rebeller. Il avait tout de même tenté de s'enfuir le jour fatidique de la rentrée pour rejoindre le Poudlard express, mais son père l'avait rattrapé et battu quasiment à mort.

Severus avait quand même réussi à s'enfuir, miraculeusement, mais très mal en point. Il avait manqué bien entendu le Poudlard express, et à bout de force était resté étendu sur un banc. Pour se réveiller au bout d'un temps indéfini, avec Dumbledore à ses côtés, puis Madame Pomfresh, qui avait alors stabilisé ses blessures les plus graves avant de le reconduire à Poudlard. Il s'en était tiré avec plusieurs fractures, aux côtes, et au bras gauche, une sub-luxation de la hanche et de l'épaule, plusieurs contusions, dont certaines assez conséquentes à un lobe pulmonaire et au foie, de multiples entailles plus au moins profondes, dont une au torse allant de son épaule gauche luxée à son flanc droit, qui serait difficile à cicatriser, sans oublier une légère fracture à l'arcade sourcilière, au nez et à la mâchoire. Il dut rester plusieurs semaines à l'infirmerie.

Tout à ses souvenirs de cette déplorable rentrée, Severus se décide finalement à ouvrir la lettre, qui n'est autre qu'une missive de plusieurs pages contenant insultes et menaces diverses et variées. Mais il est surpris par les Maraudeurs, et Black lui dérobe une des pages, qu'il lit à haute voix. Severus, à bout de nerfs, s'enfuit et se réfugie dans les toilettes du premier étage. En vain, car il est vite rattrapé par ses bourreaux, qui l'attaquent en l'insultant et l'humiliant comme jamais auparavant, Black étant déchaîné comme jamais et restant sourd aux appels de ses amis, même à ceux de Potter…

Finalement laissé seul, Severus se laisse submerger par sa peine et sa rage et décide de se venger de suite… en utilisant la Magie Noire. Il parvient à créer un lien à distance entre lui, Potter et Black, et tente de les étouffer tous deux. Les deux jeunes Griffondors, alors dans leur salle commune, ne comprennent rien de ce qui leur arrive, et perdent peu à peu connaissance, sous les yeux terrifiés et impuissants de leur deux autres amis. Rémus part alors chercher de l'aide.

Severus cependant se sent faiblir, n'ayant pas l'habitude de pratiquer de tels rituels. Il se rend compte également qu'il est à deux doigts de tuer les deux Griffondors… Après quelques secondes d'hésitation, il décide finalement de mettre fin au sortilège et de libérer ses victimes, estimant que sa vengeance les concernant est suffisamment assouvie. Mais pour sa part, il se sent réellement vidé de toute énergie vitale et n'a plus vraiment envie de rester et de lutter… Il se laisse alors aller à la douce torpeur qui l'envahit, sentant la vie s'échapper peu à peu de son corps…

Et maintenant, place à la dernière partie du chapitre 32. Bonne lecture et à bientôt!

Chapitre 32 : Trêve enrichissante 2ème partie

Severus cessa alors le flux d'images, les ramenant brutalement à la réalité. Tous deux étaient quelque peu choqués d'avoir partagé ce souvenir douloureux, y ayant assisté sous l'angle de Severus qui plus est. Sirius avait pu sentir toute la détresse du jeune homme de l'époque, que ce soit lors de son retour à Poudlard, lors de la lecture de la lettre ou lors de l'attaque des Maraudeurs.

Bien sûr, Sirius n'avait pas oublié cet épisode. Il avait jubilé à l'époque, puis s'en était rapidement voulu, réalisant qu'il y était allé peut-être trop fort. James n'aurait jamais été aussi loin, il voulait juste faire peur à Snivellus, mais lui, Sirius Black en avait voulu plus. C'était cruel et inutile, tout ça essentiellement pour se venger de la relation que Snivellus entretenait avec Freyja…

Sirius avait toujours considéré que Snivellus lui avait volé l'amour de Freyja, qu'il ne la méritait pas, qu'il avait dû l'ensorcelée pour qu'elle le choisisse… Il n'arrivait pas à comprendre ce qui attirait Freyja chez ce vil Serpentard… En fait, il était jaloux, il étouffait de jalousie, et il faisait tout pour faire souffrir Snivellus comme lui souffrait, il faisait tout pour le briser… et lui reprendre ensuite Freyja.

Il est vrai, Snivellus et lui s'étaient très vite pris en grippe, et ce depuis leur première rencontre, mais ils n'avaient échangé alors que des insultes et des mauvaises blagues de gosses, sans réelle incidence… jusqu'à l'arrivée de Freyja à Poudlard, lors de leur quatrième année. Rapidement, Sirius s'était épris d'elle, et un certain Serpentard aussi apparemment… leur guerre avait dès lors dégénéré, les coups devenant de plus en plus violents, les blagues de plus en plus cruelles… Cette dernière étant certainement la pire… Cette fois, il avait véritablement franchi une limite…

James n'avait pas manqué de lui faire remontrance sur remontrance suite à cette dernière attaque, même s'il ne lui avait rien dit devant Snivellus. Sans parler de Rémus qui, quand il avait appris ce qui s'était passé, ne leur avait plus parler pendant des semaines. Il lui avait même un jour jeté en plein visage que, finalement, il n'était peut-être pas mieux que ses parents et que les Serpentards qu'il dénigrait… Ces mots venant de Rémus, son ami le plus patient et le plus compréhensif, l'avait profondément blessé… Il avait vraiment cru que cet incident allait causer la perte des Maraudeurs.

Il n'avait par contre jamais su, enfin n'avait jamais voulu savoir, jusqu'à quel point cette attaque avait atteint Snivellus, ayant toujours considéré le Serpentard comme incapable de ressentir quoi que ce soit, si ce n'est haine et colère… Sentiments bien normaux d'ailleurs, quand on connaissait un peu plus son histoire… Pourtant Sirius avait vu cette larme, cette larme qui lui criait, que son ennemi n'était pas si dénué de sentiment… Mais il n'avait pas voulu la voir, ou plutôt si, mais il n'avait pas voulu l'interpréter de cette façon…

Il n'avait jamais su non plus, que Severus était allé aussi loin pour se venger, quitte à se tuer en même temps… bien que lui et ses amis aient eu de lourds soupçons à l'époque. Sirius se rappelait avoir été pris de colère et de panique, quand il s'était senti étouffer, impuissant, ne comprenant rien de ce qui se passait alors. Les Maraudeurs avaient bien sûr tout de suite pensé à Snivellus et à un sortilège de Magie Noire, mais ils n'avaient eu aucune preuve… Ils avaient finalement dû se résigner à ne jamais savoir ce qui s'était réellement passé. Ainsi, c'était bien Snivellus, il avait effectivement essayé de les tuer… Non, pour être honnête, il avait voulu leur faire peur et se venger, mais il s'était arrêté à temps, alors que l'emprise du pouvoir et de la puissance devait être forte à ce moment. Il avait dû faire preuve d'une grande force de volonté pour s'arrêter et ne pas les tuer définitivement…

Mais maintenant que Sirius savait, comment devait-il réagir face à Snivellus ? Devait-il opter pour la colère et la haine et continuer comme avant ? Ou devait-il essayer de passer outre leur passé et construire autre chose avec son ancien ennemi ? Il y avait eu tant de mots durs et tant de coups entre eux… En y réfléchissant bien, pourtant, Snivellus n'avait voulu que se venger, pas les tuer… Alors que lui, Sirius, avait vraiment, même inconsciemment, voulu le détruire, du moins psychologiquement… Ce fameux soir dans la cabane hurlante… Ce qu'il avait fait subir alors à Snivellus, cette fois-là, et toutes les fois suivantes, valait bien ce que celui-ci avait fait à James et lui ensuite… Mais comment avaient-ils pu en arriver là ?

Et que s'était-il passé dans sa vie, pour que Snivellus se tourne ainsi si jeune vers la Magie Noire ? Sirius n'avait tout à coup plus envie de se battre avec lui, il avait au contraire envie d'apprendre à mieux le connaître… de mieux le comprendre…

- Je ne savais pas… je ne savais pas que tu… enfin… que la lettre venait de ton père… et qu'il… enfin… je ne… Tenta-t-il de baragouiner.

- Il y a beaucoup de choses que tu ne sais pas, Black. Mais, comme toujours, tu juges et tu humilies les gens sans réfléchir. Rétorqua Severus, d'une voix blanche, encore étourdi de s'être livré ainsi, mais aussi épuisé par la fièvre et par l'aggelomencie.

- Mais tu as tenté aussi de nous tuer, ou presque, James et moi ? Pourquoi ? Enfin, que tu veuilles te venger, d'accord, je peux comprendre, mais au point de faire de la Magie Noire contre nous…

- Oui, c'était… exagéré sans doute. Admit Severus. Mais tu ne peux nier que ta réaction aussi était disproportionnée. Et je n'avais plus les idées très claires quand vous m'avez laissé, je me sentais…

- Brisé ?! Fit Sirius, finissant la phrase de son acolyte, en voyant son hésitation et sa gêne.

Severus ne répondit rien, fixant l'animagus d'un air indescriptible.

- Je suis désolé, Severus.

L'interpellé en resta quelques instants bouche bée. Avait-il bien entendu ? Black venait de l'appeler Severus, pas Snivellus, mais Severus ?! Impossible ! Et il venait de s'excuser… Devait-il accepter ces simples excuses ? Ou devait-il continuer à agir comme avant ? Que devait-il faire avec Black ? Tout d'un coup, il était perdu.

- Contrairement à ce que tu penses, je ne suis pas dépourvu d'émotions, je sais seulement bien les cacher. Fit-il simplement, ne sachant que répondre.

- Je sais, c'est comme une question de survie chez toi. Répondit l'animagus.

Là, Severus en resta définitivement muet. Black chercherait-il à le comprendre ? Black serait-il finalement assez mâture pour le comprendre un tant soit peu ? Non, il devait encore se jouer de lui. On parlait de Black, Sirius Black, le célèbre Maraudeur ! Mais pourtant, ce qu'il venait de dire sonnait juste, il ne semblait pas mentir…

- Et après ? Continua Black. Et après que s'est-il passé ? Tout ce que je me rappelle, c'est que tu n'es pas venu en cours le lundi d'après, pendant une semaine, mais les professeurs ont prétexté à une rechute des blessures de ton pseudo accident.

- Après ? Après… répéta Severus. Il était encore hésitant. Devait-il tout lui dire ? Black devait-il savoir ? De toute façon qu'avait-il à perdre ? Au fond de lui, il était également assez curieux de voir la réaction de Black concernant ce qui allait suivre. Il se décida donc.

- Le plus simple serait que je te le montre. Finit-il par répondre.

Il fixa à nouveau Sirius et lui envoya les images de ce qui avait suivi.

Ils virent alors Albus Dumbledore, suivi de McGonagall, arriver dans les toilettes et pousser des exclamations de surprise et d'effroi. S'offrait à eux un spectacle des plus désolants.

Au sol gisait un élève, nu, au milieu d'un cercle rouge tracé à même le sol, et baignant dans une marre de sang, sang s'écoulant vraisemblablement de son poignet entaillé. Des vêtements entassés et des affaires de classe étaient abandonnés non loin, la baguette magique de l'élève trônant sur le tas de tissus. Le miroir était brisé et l'eau du robinet coulait doucement.

Dumbledore se précipita aussitôt auprès de l'étudiant, qu'il avait tout de suite reconnu.

- Allez me chercher Pompom, Minerva.

- De… de la Magie Noire ?! Par un de nos élèves ?! Fit-elle, complètement abasourdie par cet horrible spectacle.

Albus l'avait appelée il y a environ deux ou trois heures, ayant senti une étrange énergie sombre, sans doute de Magie Noire, au sein de l'école. Ils étaient en chemin pour essayer d'en détecter la source, accompagnés du Professeur Chourave et Flitwick, quand ils avaient été harponnés par Rémus, affolé. Celui-ci leur avait rapidement expliqué ce qui était arrivé à ses deux amis. Chourave et Flitwick étaient donc parti dans la tour de Griffondor, pour tenter d'aider les deux jeunes hommes agonisants et les conduire à l'infirmerie, tandis que McGonagall et Dumbledore continuaient leurs investigations.

Albus était persuadé que les deux événements étaient liés, et que seule la maîtrise de la source de cette Magie Noire pourrait peut-être sauver les deux adolescents. C'est pourquoi il avait demandé à McGonagall de rester avec lui, ils ne seraient sûrement pas trop de deux, même si l'énergie en question paraissait peu puissante et peu menaçante… Mais ils avaient rapidement senti cette source d'énergie s'affaiblir, pour presque s'éteindre, ce qui avait rendu sa localisation beaucoup plus ardue. Ils avaient arpenté alors tout le château avec acharnement… C'est ainsi que finalement, ils étaient arrivés, après plusieurs heures, à trouver la source en question … Un adolescent, un simple adolescent, un de leurs élèves… McGonagall était véritablement choquée par cette découverte.

- Oui, de la Magie Noire ! Mais nous n'avons pas le temps de nous attarder sur ce problème, qui s'est réglé tout seul d'ailleurs. Allez chercher Pompom. Tout de suite. Ordonna-t-il d'une voix grave et sans appel, ramenant sa collègue à la réalité.

Tandis que celle-ci sortait d'un pas précipité, il prit délicatement le poignet et commença à psalmodier une douce litanie, tout en passant le bout de sa baguette le long des plaies. Il répéta l'opération plusieurs fois, jusqu'à ce que les plaies se referment, pour ne devenir qu'un fin liseré blanc.

Il nettoya ensuite le sang qui maculait le sol sous le corps pâle et si délicat, puis, nettoya d'un gracieux mouvement de baguette le corps lui-même, qu'il tenta de réchauffer à l'aide d'un sortilège. Il attira à lui la cape de l'élève laissée à terre, pour la poser sur la peau livide, puis précautionneusement prit le garçon dans ses bras. « Toujours trop maigre et trop léger. » Pensa-t-il. Mais pour l'heure, c'était le cadet de ses soucis.

Il sortait tout juste du lieu sinistre, quand Pompom arriva, haletante et paniquée, suivie d'une McGonagall essoufflée.

- Albus. Qu'est-il encore arrivé ?

- C'est le jeune Severus Snape. Il est très mal en point, il a perdu beaucoup de sang et doit être en choc hypothermique. Il est resté seul ici de nombreuses heures.

- Vite, emmenons le à l'infirmerie. J'ai des potions de régénération sanguine. Nous verrons ensuite s'il a besoin d'une transfusion.

- Minerva. Fit Dumbledore. Si vous pouviez nous ramener ses affaires… Inutile de les laisser traîner. Et si vous pouviez ensuite prévenir Monsieur Malefoy, qui s'inquiétait de l'absence de Severus dans son dortoir. Dîtes-lui simplement qu'il est actuellement à l'infirmerie jusqu'à nouvel ordre, suite à une rechute de ses blessures de l'accident de cet été.

- Bien, j'y vais de ce pas. Répondit-elle, la voix étranglée par l'émotion.

- Comment vont les deux jeunes Griffondors, Pompom ? S'enquit le vieux Directeur.

- Bien, leur mystérieuse crise s'est arrêtée d'elle-même. Ils sont encore un peu choqués, mais ils vont bien. Je vais toutefois les garder en observation jusqu'à demain.

Albus opina du chef, songeur. Sa première intuition était certainement la bonne. Mais que pouvait-il bien s'être passé pour que ce jeune homme en soit venu à franchir le pas et faire de la Magie Noire, quitte à risquer d'être renvoyé ou de se tuer ? Certainement encore une grave querelle entre les Griffondors et le Serpentard ! Il était à la fois furieux et inquiet. Pas seulement furieux contre Severus qui avait fait un rituel de Magie Noire ici même, mais aussi contre James et Sirius, qui s'en étaient encore pris au jeune Snape, en dépit de ses avertissements du début d'année… Et il était inquiet, non seulement pour l'état de santé du jeune homme qu'il tenait encore dans ses bras, mais surtout concernant son état d'esprit pour en arriver là. Etait-il définitivement perdu ? Avait-il encore perdu une âme innocente ?

Ils arrivèrent enfin à l'infirmerie. Deux lits étaient déjà occupés, par James et Sirius, qui étaient présentement hors de danger et profondément endormis. Mais personne ne leur prêta plus d'attention, et Pompom se précipita dans sa réserve, pour faire boire une dizaine de potions au jeune homme étendu inconscient.

- Comment va-t-il ? Demanda Dumbledore, au bout de longues minutes qui lui parurent interminables. Va-t-il s'en sortir ?

- Je n'en sais rien. Il est actuellement entre deux mondes, Albus, entre la vie et la mort. Nous sommes peut-être arrivés trop tard, je ne pourrai le dire. Répondit l'infirmière, les larmes coulant doucement de ses yeux fatigués.

- Bien, allez donc vous reposer, Pompom. Je vais veiller sur lui. Et sur les deux autres aussi. Demain nous sommes samedi, nous pourrons donc suspendre nos activités momentanément, en attendant une quelconque amélioration et pour prendre les mesures nécessaires.

- Il est hors de question que je le laisse seul, Albus. Il s'agit de mon patient.

- Bien, bien. Mais permettez moi de rester aussi, alors.

- Je n'y vois pas d'inconvénient. Répondit-elle.

Dumbledore resta longuement au chevet de Severus, ruminant tout ce qu'il avait manqué avec ce jeune homme, sentant que ce garçon ténébreux s'éloignait peu à peu de la lumière, et qu'il n'avait jamais su le retenir, ni être là pour lui quand il en avait besoin. Mais il voulait changer ça. Comment n'avait-il pas vu que Severus était si désespéré, au point de se plonger corps et âme dans la Magie Noire, quitte à se tuer ?

Il connaissait pourtant l'attrait du jeune homme pour les Arts Sombres. Les livres, qu'il lui avait confisqués lors de sa deuxième année et qui attendaient toujours sagement dans son bureau, l'attestaient, mais il n'aurait pas cru qu'il en serait venu si rapidement à la pratique… Il s'en voulait terriblement, il aurait dû le surveiller davantage, mais l'heure n'était plus à l'auto-apitoiement. Il fallait aider le jeune Severus.

Celui-ci resta, trois jours entiers, inanimé, sans aucun signe de vie, si ce n'est une respiration faible et régulière. Les deux Griffondors, quant à eux, étaient sortis depuis longtemps. Ils avaient avoué ce qui s'était passé entre eux trois, et avaient remis au directeur la lettre qu'ils avaient dérobée à Severus. Dumbledore avait été furieux, comme jamais ils ne l'avaient vu auparavant, il les avait sévèrement réprimandés et leur avait infligé des retenues tous les soirs jusqu'à Noël…

Mais cette lettre, ou plutôt fragment de lettre, le perturbait plus que tout. Que contenait-elle donc pour que cela tourne en affront si grave ? Il n'était pas dans ses habitudes de lire le courrier de ses élèves, ni de fouiller dans leurs effets personnels, considérant ce fait comme une grave atteinte à la vie privée des autres… Mais là, il devait comprendre ce qui se passait chez cet enfant, cela allait trop loin…

Il fouilla donc les poches de la robe de Severus et trouva les autres pages de la lettre… qu'il lut… Il en fut horrifié. Comment un père pouvait-il donc écrire de telles choses à son propre fils ? Mais à vrai dire, comment un père pouvait-il battre son fils ? Surtout presque à mort, jusqu'à le conduire à l'état pitoyable dans lequel il avait trouvé le jeune homme à la rentrée… Quelle vie avait eu Severus ? Avait-il été battu durant toutes ces années ? Et quand ils s'étaient rencontrés six ans plus tôt, se pourrait-il qu'il ait déjà été battu par son père ? Probablement… et la mère de ce garçon avait sans doute réellement été tuée par Tobias Snape, peut-être même sous les yeux du gamin… Quelle horreur…

Et quelle terrible erreur il avait faite, en le laissant par la suite aux mains de son père toutes ces années, le livrant chaque été à son bourreau… Pourquoi le gamin n'avait-il donc jamais parlé ? Sa fierté sûrement, cet enfant avait toujours été fier, affichant une arrogance trompeuse… Il s'était toujours douté que quelque chose n'allait pas chez ce garçon, dès la première fois où il l'avait vu, Pompom aussi lui en avait maintes fois parlé… les cicatrices… ils avaient mis ces cicatrices sur le compte de son séjour à l'orphelinat, ce désastreux épisode… Mais cela datait certainement d'avant et avait dû continuer ensuite… Et lui, directeur de Poudlard, censé protéger ces enfants, n'avait rien vu, ou rien voulu voir, et n'avait rien fait, n'avait pas pris le temps de fouiller et d'aider ce gamin… Trop absorbé par cette maudite guerre, il n'avait pas pris le temps d'aider cette âme perdue…

Etait-il trop tard maintenant pour l'aider ? Etait-il trop tard pour le sauver ? Et le jeune Severus le voudrait-il seulement ?

Dumbledore venait régulièrement rendre visite à Severus et prendre de ses nouvelles, mais désespérait de le voir revenir à lui, au fur et à mesure que le temps passait. Le troisième jour, il décida de tenter le tout pour le tout, sentant que si personne n'allait le chercher, le garçon ne reviendrait pas de lui-même.

Madame Pomfresh n'était pas vraiment d'accord avec le directeur, trouvant l'expérience trop dangereuse, que ce soit pour lui ou le garçon, mais finalement céda. Quand Albus Dumbledore avait décidé quelque chose, il était impossible de l'en empêcher.

Il était donc là, au chevet de Severus, Freyja auprès de lui, tenant dans chaque main un des adolescents. Il connaissait depuis longtemps leur relation secrète, malgré toutes les précautions qu'ils avaient prises tous deux pour se cacher des autres. Il s'en était même réjoui, prônant depuis si longtemps le rapprochement des maisons. Il savait leur relation difficile mais forte. C'est pourquoi la jeune fille était auprès de lui. Elle était la seule qui puisse ramener Severus parmi les vivants, elle et personne d'autre.

Il se concentra sur Severus, cherchant à l'atteindre par legilimencie. Il mit un long moment avant de parvenir à le toucher dans les limbes de son esprit, le sentant déjà proche de s'abandonner à la mort. Il savait que Severus était un redoutable occlumens, et ce depuis leur première rencontre, il dut lutter pour maintenir le contact, le jeune homme faisant tout pour se détacher. Mais il parvint à maintenir leurs esprits liés momentanément pour nouer le dialogue. Il commença par lui expliquer ce qui s'était passé depuis la découverte de son corps, les personnes qui s'inquiétaient pour lui…

Severus céda et l'écouta, bien qu'à contre-cœur. Comment osait-il troubler la paix intérieure qu'il s'était créée ? Comment osait-il vouloir le ramener à la vie, alors que tous le rejetaient, que la vie le rejetait ?

- Tous ? Non, Severus, pas tous. Fit Dumbledore dans son esprit. J'ai une jeune fille, prêt de moi, qui souhaite vous revoir, qui tient à vous plus que tout au monde et qui vous pleure. Severus, écoutez là avant de partir. Vous ne pouvez nous quitter ainsi, vous ne pouvez la quitter…

Dumbledore encouragea alors Freyja pour qu'elle se concentre au maximum, qu'elle pense très fort à son amour pour Severus. Celle-ci obéit sans mot dire.

Severus sentit ainsi une chaleur l'envahir, une douce chaleur, qu'il savait provenir de Freyja par l'intermédiaire de l'esprit du vieil homme. Oui, elle l'aimait, elle l'aimait profondément. Et il l'aimait plus que tout lui aussi. Mais il n'avait rien à lui offrir, il n'était rien, à peine humain, elle méritait mieux que lui, il ne la méritait pas… Surtout après ce qu'il venait de faire…

Dumbledore fut extrêmement perturbé d'entendre ça dans l'esprit de son élève. Comment pouvait-il croire ça ? Comment pouvait-il se dénigrer ainsi ? Le vieil homme avait le cœur en mille morceaux de sentir qu'une jeune âme puisse être ainsi brisée. Il sentit tout à coup le poids des années l'accabler.

- Non, Severus, ce n'est pas une question de mérite. Et vous n'êtes pas « à peine humain ». Vous êtes tout ce qu'il y a de plus humain, Severus. Vous avez la vie devant vous, vous êtes doué et intelligent, vous êtes déterminé, et avez de la volonté. La vie a tout à vous offrir. Ne la refusez pas ainsi, pas tout de suite… Restez avec nous, restez avec Freyja, et aimez-la. Elle a besoin de vous.

Severus était troublé et ému par ces paroles. Il savait que c'était des paroles sincères, il sentait qu'on ne lui mentait pas, mais avait-il envie d'y croire lui aussi ? Avait-il envie de vivre encore, même pour Freyja ? Soudain il se sentit égoïste : même s'il n'avait pas envie de vivre, il ne pouvait faire ça à Freyja, il ne pouvait l'abandonner et lui briser le cœur. S'il l'aimait, il devait vivre, vivre pour elle…

Il lutta alors pour revenir, mais il était allé loin déjà, très loin, arriverait-il seulement à revenir ? Il sentit aussitôt la présence de Dumbledore se faire plus intense et s'accrocha à elle, de toutes ses forces psychiques, se hissant difficilement à cette fragile corde de secours. Il parvint à s'extirper peu à peu du monde qu'il s'était créé, et commença à émerger lentement dans le monde des vivants.

Il se sentait faible, terriblement faible, la lumière était aveuglante, et il avait mal. Terriblement mal. Et il avait honte aussi, terriblement honte. Mais quand il vit les yeux de Freyja remplis de joie, de soulagement et … d'amour, toute honte, toute douleur disparut. Il lui sourit en retour, soulagé lui aussi, au fond de lui, de l'avoir retrouvée. Freyja se pencha alors doucement vers lui et lui offrit un doux baiser, qui lui réchauffa le cœur et l'âme.

Comment avait-il pensé partir sans elle ? Comment avait-il voulu mourir ? Il se sentit coupable, mais heureux d'être de nouveau là.

Une fois encore, le directeur le pria de lui expliquer ce qui c'était passé, mais Severus ne dit rien, comme toujours. De toute façon il sentait que le vieil homme savait. Il savait ce que Severus avait entrepris. Et bien, s'il voulait le renvoyer, qu'il le fasse ! Mais il ne dirait rien. Il n'avait rien à dire.

Freyja les laissa seuls, tous les deux, à la demande du directeur…

Severus voulut arrêter là le flot de ses souvenirs, mais il n'y parvint pas, comme si une force extérieure maintenait contre son gré le contact avec Sirius, et les images continuèrent à défiler malgré lui.

- Severus, je sais ce qui s'est passé. Fit Dumbledore. Je sais tout, l'altercation avec Messieurs Potter et Black, et votre tentative de vous venger par la Magie Noire. Vous serez heureux d'apprendre qu'ils ont été punis, pour vous avoir agressé si sauvagement. Mais ce que vous avez fait est également extrêmement grave.

- Oui, Monsieur le Directeur. Je le sais, et je connais le règlement. Vous n'avez pas d'autre choix que de me renvoyer. Inutile de prendre des gants pour me l'annoncer, j'étais tout à fait conscient de ce que je faisais et des risques que j'encourrais… Répondit Severus d'une voix basse et froide.

- Oui, je devrais effectivement vous renvoyer selon le règlement… Mais je n'en ai aucunement l'intention. Oui, vous m'avez parfaitement bien entendu, rajouta-t-il devant l'air plus qu'étonné du jeune Serpentard. Vous ne serez pas renvoyé. Je ne le ferai pas. Tout comme je ne l'ai pas fait l'année dernière pour les Maraudeurs. Mais vous serez, vous aussi, puni jusqu'à Noël. Vous pourrez peut-être ainsi en profiter pour méditer et pour rattraper les cours que vous avez manqués. Par contre, je ne tolérerai plus jamais de telles pratiques au sein de cette école. Me suis-je bien fait comprendre ? Et vos lectures seront étroitement surveillées, en particulier quand vous demanderez l'accès à la réserve…

Severus hocha la tête. Il était quelque peu soulagé de ne pas être renvoyé et de ne pas devoir retourner chez son père… La punition infligée en retour était somme toute assez légère…

- Je vous rassure tout de suite cependant. Personne ne sera jamais mis au courant de cet incident. Pas même les victimes concernées, bien qu'elles se doutent de quelque chose… Seul moi-même, le Professeur McGonagall et Madame Pomfresh sont au courant, mais elles ne divulgueront rien. Pour vos camarades, votre absence a été justifiée en faisant croire à une rechute de vos blessures de cet été, vous savez, votre fameux accident…

Severus en aurait presque été reconnaissant, si sa rancune n'eut pas été si forte. Le Directeur lui permettait ainsi de garder la tête haute, de ne pas passer pour un faible petit mage noir… ou un faible tout court... Severus était en quelque sorte soulagé. Dumbledore avait pensé à tout.

- En outre, les Maraudeurs ont l'interdiction formelle de vous approcher, et vous de même.

- Bien, Monsieur le Directeur. Je ne m'en porterai pas plus mal.

- Je le pense aussi. Par contre, nous devons encore aborder un sujet. J'ai pris connaissance de la lettre que vous a envoyée votre père.

Severus le foudroya du regard. Avait-il lu cette lettre ? Oui, certainement, sinon, pourquoi voulait-il lui en parler ? Comment avait-il osé ? Comment avait-il osé le trahir une fois de plus, et de la pire des manières possibles ?… Alors il savait… Il savait tout !

- Oui, je sais. Je sais ce qu'il vous a fait. Je l'avais compris quand je vous ai découvert à la gare à la rentrée. Mais je sais maintenant que cela ne date pas d'hier, que cela date même peut-être d'avant notre première rencontre. Depuis combien de temps subissez-vous cela, Severus ? Depuis combien de temps tout cela dure-t-il ? Parlez moi mon enfant, je vous en supplie, je ne suis pas votre ennemi, je veux vous aider ! Combien d'autres menaces de ce genre avez-vous reçues ? Combien de fois vous a-t-il fait de telles atrocités ?

- Cela ne vous concerne pas. Si vous voulez vraiment m'aider, alors laissez-moi. Ce problème est le mien, et non le vôtre. C'est à moi de le régler.

- Mais maintenant que je sais ce dont il s'agit exactement, je ne peux rester sans rien dire. Je dois en faire part aux autorités, je ne peux vous laisser entre ses mains. Les autorités pourront l'inculper, et lui retirer votre garde, vous aurez un autre tuteur…

- Vous n'en avez pas le droit ! C'est à moi de régler ce problème, vous dis-je. Les autorités ?! Ricana-t-il, le son glacial et amer de sa voix encore juvénile résonnant durement dans la pièce. Laissez-moi rire, les autorités, qu'elles soient moldues ou sorcières, sont incapables et impuissantes. Il s'en sortira, tout comme il s'en est sorti pour le meurtre de ma mère… Il ne sera jamais condamné…

- Si, si vous portez plainte, il pourra payer…

- Payer ? Non. Sa peine ne sera jamais suffisante pour le crime qu'il a commis, la prison sera trop douce pour lui… Toute la haine et la rage qu'il ressentait alors transparaissaient dans la voix du jeune Severus. Non, je ne porterai pas plainte. Je ne veux pas que ça se sache, je serai capable de tuer pour que personne d'autre ne sache. Continua-t-il, le regard dur et froid planté dans celui de Dumbledore. Jamais, vous m'entendez, jamais je ne dirai quoique ce soit, même à vous. Vous en savez déjà suffisamment. Je n'ai pas besoin de vous pour régler ce problème.

Il n'avait pas besoin de Dumbledore, plus maintenant. Quand il avait eu besoin de lui, il y a quelque temps, entre autre l'année dernière avec cette histoire de blague et de loup garou, il n'avait pas répondu présent, enfin pas vraiment… Il avait rabaissé sa vie à quelques points de maison, les Maraudeurs s'en étaient sortis indemnes, et n'avaient pas été exclus pour avoir jouer avec sa vie… Le directeur avait même félicité Potter pour lui avoir sauvé la vie et avait ensuite évalué sa misérable vie à deux cents points de maison et quelques retenues. Deux cents points, risible…

Le directeur n'avait pas été là non plus quand il avait eu besoin de lui, quand il aurait eu besoin de parler, en proie à ses doutes. Il n'avait donc pas besoin de savoir… Il l'avait trop de fois trahi… Il était trop tard maintenant pour s'intéresser à lui, d'autres l'avaient fait avant lui… même s'il ne leur avait pas encore répondu…

- Mon garçon, continua Dumbledore…

- Je ne suis pas votre garçon. Je n'ai pas besoin de vous, alors laissez-moi maintenant. Je ne vous dirai rien de plus et je vous interdis de dire quoique ce soit.

- Bien. Si c'est ce que vous souhaitez. Nous en reparlerons plus tard toutefois, nous ne pouvons clore ce sujet ainsi.

Sur ces mots Dumbledore sortit, laissant Severus seul avec ses pensées… et avec l'infirmière…

Il resta une semaine entière à l'infirmerie, reprenant de nouveau du retard dans ses cours, bien que Lucius les lui apportait tous les jours. Le directeur tint parole et ne divulgua rien, que ce soit concernant l'incident des derniers jours, ou concernant son père.

Severus rompit finalement le contact au prix d'un effort considérable, cette fois franchement exténué et vidé de ses forces, laissant un Sirius pantois et totalement désappointé. Severus venait de lui livrer tellement, et tellement peu à la fois… Il venait de découvrir tant au sujet de son vieil ennemi, et en même temps ses découvertes lui ouvraient tant de questions…

Il venait de découvrir le lourd passé de son ancien ennemi, la douleur et la honte qui le rongeaient chaque jour, les doutes et le désespoir qui l'accablaient alors… il venait de découvrir aussi et surtout l'amour véritable et profond que Severus vouait à Freyja, et un amour mutuel. Amour qu'il avait si longtemps jalousé, lui qui était également éperdument amoureux de Freyja. Pourquoi avait-il fallu qu'elle choisisse un Serpentard, et pourquoi CE Serpentard en particulier ? Qu'avait Snivellus, que lui n'avait pas ? Qu'avait Snivellus, cet être qui n'avait ni sentiment ni humanité ? Comment pouvait-elle l'aimer ?

Mais au vu de ces souvenirs, Snivellus… non, Severus… avait un cœur, des sentiments et était tout ce qu'il y a de plus humain. Et lui Sirius, s'était acharné sur lui, par pure jalousie essentiellement, et il l'avait sans doute brisé, ou participé à le briser. Comment avait-il pu être si dur et si sans cœur ? Finalement c'était lui, l'être sans cœur ni humanité… Comment avait-il pu se laisser aller à cette haine ? Même encore maintenant, alors qu'ils étaient censés être adultes, et que Freyja n'était plus, il continuait à haïr Severus et à lui faire payer tous les maux de la terre… Mais Freyja avait raison finalement, il s'était trompé, lourdement trompé au sujet de Severus…

- Tu l'aimais vraiment. Fit-il, plus pour lui-même que pour Severus.

- Que croyais-tu ? Que je me jouais d'elle ? Ou que j'étais incapable d'aimer ? Il est vrai que j'ai cru moi-même être incapable d'aimer, voire de ressentir un quelconque sentiment proche, mais il était impossible de ne pas aimer Freyja. Même encore maintenant je l'aime…

Sirius regarda Severus droit dans les yeux, comme pour le jauger du regard. Soudain, ce dernier éclata de rire, d'un rire froid, tranchant et désabusé.

- Ces mots te paraissent étranges venant de moi, moi l'assassin mangemort que tu prends pour un traître… Fit Severus d'une voix presque étranglée. Mais oui, je l'aime, et à moi aussi ces mots me paraissent étranges et presque incongrus venant de moi. Ils sont vrais cependant, je ne peux me le cacher plus longtemps. Moi qui croyais ne plus avoir de cœur depuis tant d'années, moi qui croyais avoir réussi à effacer toute trace d'humanité de mon âme, ne plus avoir d'âme du tout d'ailleurs… Mais les derniers événements m'ont prouvé le contraire, et quoi que vous pouvez penser tous autant que vous êtes, je ne suis qu'un homme, un misérable homme, tout ce qu'il y a de plus homme…

Severus détourna promptement le regard visiblement gêné, et roula sur le dos, pour fixer le plafond. Pourquoi avait-il dit ça ? Pourquoi avait-il avoué tout ça devant Black ? Qu'est-ce qui lui prenait ?

Il se sentait las, terriblement las et fatigué… l'anémie générée par cette perte de sang considérable certainement… Il sentit les larmes lui monter aux yeux et essaya de les retenir, mais en vain. Il laissa donc les larmes de son cœur meurtri couler silencieusement, et se tourna simplement de l'autre côté, cachant sa faiblesse à Black qui continuait de le fixer d'un air hébété.

Sirius venait de voir Severus pleurer ?! Severus pleurer, doucement, silencieusement… Severus se livrer si humblement, lui livrer certainement un de ses pires souvenirs de Poudlard, sans retenue aucune, lui si pudique et si fier d'habitude… Il découvrait vraiment le véritable visage de l'autre homme. En fait il réalisa pleinement qu'il ne l'avait jamais connu… mais qu'il souhaitait ardemment le connaître dès lors…

Severus ferma lentement les yeux et, s'abandonnant à sa fatigue, se laissa glisser dans les bras de Morphée. Il fut très vite rejoint par Sirius qui s'endormit à son tour à l'autre bout du lit, se laissant emporter par ses tumultueuses pensées.

Fin du Chapitre 32.