Merci Angelzonelove, bohemio, Lone Wolf, Sushi-powa et Zarakinel que je suis heureuse de retrouver sur ce site...
Apparemment vous avez tous apprécié ce rapprochement entre Severus et Sirius, bien que certains aient été surpris que Severus se livre aussi facilement. Il faut tenir compte du pacte qui l'a profondément fatigué, Severus est donc moins sur ses gardes... En outre, il n'a pas voulu se livrer autant, mais quand il a essayé de stopper ses souvenirs, il a perdu le controle et les images ont continué à défiler... Maintenant est-ce que ces deux-là vont devenir enfin amis? Je ne sais pas... ;) Mais ça va être dur tout de même... Peut-être avec le temps... ou si des événements particuliers les aident...
Allez bonne lecture et à bientôt!
CHAPITRE 33 : Sur le chemin du retour.
Cela faisait près de deux heures qu'ils marchaient maintenant dans cette forêt touffue, le chemin était harassant déjà en lui-même. Sirius était pour sa part exténué, alors que dire de Severus, dans l'état de faiblesse dans lequel il était déjà avant le départ… Sirius jeta un autre regard derrière lui pour voir si son compagnon suivait. Il l'avait distancé par trois fois tout à l'heure, et de nouveau Severus était à la traîne, peinant à faire un pas devant l'autre sans trébucher. Mais quelle tête de mule !
Pourquoi avait-il à tout prix voulu partir tout de suite, contre l'avis général et en dépit des conseils de Valâa, qui l'avait prié d'attendre encore un jour ou deux… La cérémonie du pacte avait eu lieu il y a à peine trente six heures, cela faisait presque quatre jours qu'ils étaient partis du Square Grimmaud, ils pouvaient bien s'absenter un jour de plus, non ? Severus n'était vraiment pas en état de faire un tel voyage… même si les potions « spéciales » prescrites par la vampire étaient apparemment plutôt efficaces… Il pourrait au moins accepter de l'aide !
Sirius s'arrêta quelques instants, laissant à l'autre le temps de le rattraper, et leva les yeux vers le ciel, qu'il pouvait tout juste entrapercevoir entre les cimes des arbres. Il devait être aux alentours de trois ou quatre heures de l'après-midi dès lors, ils pouvaient bien se permettre une petite pause… Il scruta les alentours à la recherche d'un endroit tranquille et sans danger pour se reposer. Là, à quelques mètres, cette petite clairière ferait l'affaire, en outre il entendait un cours d'eau pas loin, idéal…
Il se retourna une dernière fois vers Severus qui n'était plus qu'à quelques pas de lui, tremblant comme une feuille, le regard rivé au sol, vraisemblablement concentré sur l'effort qu'il demandait à son corps fiévreux. Il reprit la marche et se dirigea alors vers la clairière qu'il avait remarquée.
- Où vas-tu Sirius ? Le chemin pour sortir de la forêt, c'est par là, pas par là… Fit Severus d'une voix rocailleuse, tout en lui indiquant de la tête le bon chemin.
- Je sais, mais je compte bien faire une pause, et cette petite clairière là-bas me plaît plutôt pas mal. Rétorqua l'animagus avec un petit air innocent.
Il commençait à bien connaître les réactions du Serpentard. S'il lui disait de faire une pause, parce qu'il le voyait fatiguer, il n'accepterait jamais, trop fier. Fierté mal placée d'ailleurs. Non, autant faire croire que c'était lui qui voulait cette halte, cela passerait tout de suite mieux…
- Une pause ? S'exclama Severus, à la fois incrédule et en colère. On a bientôt atteint l'orée de la forêt… Tu feras une pause une fois arrivé au quartier général.
- Tu fais comme tu veux Severus, mais moi je fais une pause. Lui répondit Sirius, sans se départir de son calme pour une fois. Quand on sera sorti de la forêt, on devra transplanner à Londres. Et comme tu me l'as si bien fait remarqué, on ne pourra pas transplanner directement devant le quartier général. Ce qui veut dire encore quelques heures de marche dans Londres. Or ce n'est pas là-bas qu'on pourra se reposer, avec tous les Aurors à tes trousses. Alors moi, je fais une pause maintenant.
- Non, on continue. Siffla Severus, de plus en plus rageur.
- Continue si tu veux, moi je m'arrête là quelques minutes. Libre à toi de me laisser seul dans cette forêt mal famée… Et vois ton état, tu es aussi fatigué que moi ! Ajouta-t-il en voyant Severus s'appuyer sur un tronc d'arbre, grelottant toujours, emmitouflé comme il le pouvait dans sa cape.
- Stupide Griffondor !
- Vil Serpentard !
Severus regarda devant lui le chemin qu'ils devraient prendre, comme le lui dictait sa raison, puis regarda la clairière vers laquelle se dirigeait Sirius. Il n'aimait pas s'attarder dans cette forêt où les créatures les plus sombres avaient l'habitude de rôder. Mais, à vrai dire, il était bien plus fatigué que Sirius, et il savait que l'autre s'en était rendu compte. Il savait que l'animagus voulait faire une pause, non pas pour se reposer lui-même, mais pour lui laisser le temps de souffler un peu avant Londres… Et il n'avait pas totalement tord, même s'il ne le lui dirait pour rien au monde. La fièvre le gagnait de nouveau, et il sentait ses forces s'amenuiser rapidement. Une petite pause ne lui ferait pas de mal. Après tout, ils ne risquaient pas grand-chose en pleine journée…
Résigné, il soupira et se détacha alors lourdement du tronc d'arbre contre lequel il s'était appuyé, ou plutôt vautré, pour suivre Sirius. Celui-ci était déjà arrivé et avait commencé à faire un petit feu de camp. Il arriva à sa suite quelques minutes plus tard, après avoir trébuché un nombre incalculable de fois… Il se laissa glisser le long d'un tronc d'arbre assez large pour le soutenir, et regarda l'autre s'activer, n'ayant aucune envie de l'aider. Il était finalement bien plus fatigué qu'il ne l'avait cru… Peut-être aurait-il dû écouter Valâa ? Il aurait peut-être dû rester là-bas encore un jour ou deux ? Trop tard, maintenant ils étaient en route… Mais il en avait vu d'autres ! Il devrait pouvoir tenir le coup…
Il ferma les yeux quelques instants, sans plus prêter attention à ce qui l'entourait, laissant son esprit vagabonder. Ses pensées l'amenèrent alors à ce matin, quand il s'était définitivement réveillé, découvrant Sirius allongé à l'autre bout du lit. Vision incongrue et plus qu'étonnante qui l'avait presque fait rire. Etrange comment cette « mission » avait changé du tout au tout leur relation à tous deux. Ils étaient partis en voulant presque s'entre-tuer, ayant dû promettre à cette chère Minerva de ne pas en profiter pour se trucider, et voilà que maintenant ils travaillaient main dans la main, sans animosité outre mesure, presque avec respect même…
On ne pourrait pas dire qu'ils étaient devenus les meilleurs amis du monde, loin de là, il ne fallait pas abuser non plus. On parlait de Black tout de même, un des célèbres Maraudeurs ! Mais il n'y avait plus vraiment de haine, plus autant, encore un peu de rancœur parfois peut-être, mais plus de cette haine viscérale… Il y avait même de l'estime en quelque sorte… Etrange, il n'aurait jamais pensé ressentir de l'estime, ou un quelconque sentiment s'y rapprochant, envers cet homme… A bien y réfléchir, il était persuadé que Valâa y était pour quelque chose. Ne serait-ce que de les avoir mis dans la même chambre et d'avoir chargé Sirius de s'occuper de lui… Cette pensée était des plus désagréables pour lui, fier Serpentard, être aux mains d'un Griffondor… Quelle ironie !
Mais de fait, cela les avait rapprochés… Non, pour être plus juste, c'était Sirius qui avait cherché à se rapprocher… Oui, Black avait complètement changé d'attitude envers lui, sans préavis, devenant véritablement curieux envers son vieil ennemi, cherchant vraisemblablement à mieux le connaître et abandonnant toute agressivité maladive presque d'un seul coup… Quelque chose avait dû avoir lieu pendant son inconscience…
Severus avait surpris à maintes reprises les regards, non plus inquisiteurs, mais interrogateurs, et parfois inquiets aussi, de l'animagus… Ce dernier était presque devenu prévenant, ce qui avait profondément décontenancé Severus. Oh, bien sûr, il y avait toujours des petites chamailleries entre eux, on ne change pas de si bonnes habitudes, mais rien de bien méchant dans leurs petites rixes. Rien de comparable en tout cas à leurs querelles précédentes, où ils se traitaient de tous les noms et en venaient aux mains…
Mais qu'avait-il bien pu se passer pendant qu'il avait été inconscient ? Valâa aurait-elle parlé à Sirius ? Lui aurait-elle fait du chantage ? Ou l'aurait-elle drogué ? Non, elle était trop subtile pour s'abaisser à de telles choses… Alors quoi ? Sirius lui avait parlé de cauchemars pendant son sommeil… Serait-ce cela ? Qu'aurait-il pu comprendre dans ces cauchemars ? Avait-il parlé lors de ces « crises » ? Sirius avait eu l'air profondément troublé quand Severus s'était réveillé la première fois après le pacte… Cela avait certainement un lien avec ces cauchemars… Mais lequel ? Severus était sûr d'avoir parlé pendant son sommeil, impossible autrement, il n'y avait que cette explication logique. Mais qu'avait-il pu lâcher qui puisse troubler de la sorte l'animagus ? Qu'est-ce que Black avait-il pu entendre, par Merlin ?!
Severus était complètement perdu, il ne savait plus comment réagir face à Sirius. Que devait-il faire ? Devait-il continuer comme avant ? Ou devait-il prendre cette main tendue et accepter ce que Black lui offrait ? Mais, et si Sirius se jouait de lui, une fois de plus ? S'il profitait de la situation, et essayait d'endormir ses vieilles méfiances pour mieux l'attaquer par la suite ? On ne pouvait changer si subitement sans raison, personne ne changeait de la sorte, surtout pas envers un ennemi… même si cet ennemi était devenu un allié… surtout un ennemi considéré comme un Mangemort, assassin et traître… Non Black devait encore se jouer de lui.
Pris dans ses pensées embrouillées, il n'entendit pas Sirius se rapprocher de lui.
- Severus, tu dors ? Fit Sirius, une pointe d'inquiétude dans la voix, tout en touchant délicatement l'épaule de l'ex-mangemort, pour le réveiller. Tiens prends…
Mais il ne put finir sa phrase, qu'une baguette pointée sur son visage le menaçait dangereusement. Le simple contact sur son épaule avait tiré brutalement Severus de ses pensées, qui, sous l'effet de la surprise, n'avait pu s'empêcher de dégainer prêt à en découdre avec son agresseur mystérieux… Il reconnut juste à temps Sirius avant d'avoir commis l'irréparable.
- Doucement ! Je viens juste t'apporter ça, ça devrait te faire du bien. Je ne vais pas t'attaquer. S'exclama Sirius, abaissant lentement d'une main la baguette de son adversaire.
- Ne refais plus jamais ça ! Vociféra Severus, dont le cœur battait encore à cent à l'heure. Ne me touche plus jamais de la sorte.
- Bien, bien, inutile de te mettre dans des états pareils. En tout cas quels réflexes ! Vraiment surprenants. L'instant d'avant tu étais profondément plongé dans tes songes, et d'un seul coup tu étais prêt à m'attaquer…
- Mes réflexes ont failli te tuer, pauvre imbécile ! Alors tâche de ne pas recommencer la même erreur, ou tu risques de ne plus avoir l'occasion de tester mes réflexes une nouvelle fois. Murmura Severus, d'une voix basse et lugubre.
- A ce point ? Rétorqua Sirius, d'un ton presque moqueur.
- A ce point. Répondit simplement Severus.
Il remarque seulement à cet instant le bol fumant que lui tendait toujours Sirius. Un bol de thé, au délicieux parfum de menthe apparemment… Il regarda l'animagus d'un air un peu soupçonneux, puis à nouveau le bol.
- Je ne vais pas te droguer ou t'empoisonner, si c'est cela qui te tracasse. Fit Sirius, affichant cette fois un sourire franc et malicieux. J'attendrai d'être au quartier général pour ça, j'aurai moins de problème avec Minerva.
« Quel paranoïaque ce Serpentard ! » pensa-t-il devant l'air plus que sceptique de son compagnon d'infortune.
Severus lui renvoya un regard froid et dédaigneux avant de lui arracher le bol, renversant par la même occasion la moitié du liquide brûlant… qui heureusement tomba par terre et non sur ses genoux. Il huma quelques instants le doux parfum, tout en fermant les yeux pour mieux se concentrer sur son odorat, et, quelque peu rassuré, en but une gorgée. Il sentit le délicieux liquide réchauffer son corps et se sentit momentanément apaisé. S'il avait été seul, il aurait été tenté de se laisser aller à la douce torpeur qui l'envahissait, mais la présence insistante à ses côtés l'en empêcha.
- Que fais-tu encore là ? Que veux-tu ? Demanda-t-il à Black, tout en levant les yeux vers lui.
- J'aimerai te parler. Répondit l'autre, prenant cette fois un air sérieux.
Severus le toisa longuement de son regard perçant, cherchant l'erreur ou le piège. Avait-il bien affaire au vrai Black ? Qu'était donc devenu l'imbécile Griffondor irresponsable et infantile ?
- De quoi veux-tu parler ? Demanda-t-il, toujours méfiant.
- De nous, de notre relation. Je peux m'asseoir ?
Severus l'observa encore quelques temps, pour finalement acquiescer silencieusement. Sirius s'assit ainsi en face de lui, une jambe en tailleur, l'autre replié sur sa poitrine, son coude prenant alors appui sur son genou, d'un air nonchalant. « Ah là, on retrouve notre Black arrogant ! » nota Severus pour lui-même.
- On ne peut pas continuer comme avant. Commença Sirius, cherchant ses mots, l'air gêné et le regard fuyant.
- Non, effectivement. Mais ça, je le savais déjà avant. Qu'est-ce qui t'a donc fait changer si soudainement d'avis ? Car, à en juger par les coups et les insultes que j'ai reçus jusque là, tu ne semblais pas tellement t'inquiéter de ce problème. Et le fait qu'on soit alliés dans cette guerre, bien qu'ennemis, ne semblait pas te gêner outre mesure pour te défouler sur moi.
- Oui, je sais. Mais avoue que, toi non plus, tu ne te gênais pas. Et tu n'y allais pas de mains mortes ! S'exclama Sirius, le ton commençant à monter d'un cran.
- Certes, mais je ne penses pas être celui qui ait commencé. Je n'ai fait que te rendre la monnaie de ta pièce. Répondit froidement Severus. Et ce, quelque que soit la période de notre vie d'ailleurs, que ce soit au cours de cette guerre, ou au cours de la première, sans parler de Poudlard…
- En es-tu certain ? Et qui a commencé à me dénigrer et à me traiter de Griffondor stupide et décérébré ? De parasite inutile et inalphabète ? De misérable cabot tout juste bon à se terrer caché ?
- Et qui a commencé à me traiter de petit mage noir, bon à cirer les bottes de Tu-sais-qui, et ce avant même que l'on arrive à Poudlard ? Moi peut-être ?!
- Non, effectivement…
- Non, effectivement. Dès le Poudlard express, lors de notre premier voyage et aussi première rencontre, tu m'as traité de tous les noms possibles et inimaginables, quand tu as vu le livre que je lisais… Et depuis, Potter et toi, vous vous en êtes donné à cœur joie pour vous défouler sur moi et m'humilier à la première occasion, pour le moindre prétexte. Mais tu ne te rappelles peut-être pas de cela non plus ?!
Severus fixa intensément Sirius, la colère montant peu à peu en lui, en même temps que les souvenirs affluaient à la surface de sa mémoire… Sirius lui aussi se rappelait peu à peu cet épisode.
C'était début septembre, dans le Poudlard express. Ils cherchaient, lui et un autre jeune première année, nommé James Potter, dont il venait de faire la connaissance sur le quai, des places de libre dans un compartiment tranquille. C'est alors qu'ils trouvèrent à l'extrémité du wagon, un compartiment presque vide, à l'exception d'un jeune garçon, légèrement plus petit que lui, frêle, au teint blafard et aux longs cheveux gras noir de jais, assis à côté d'une des fenêtres.
- Peut-on s'asseoir avec toi ? Demanda le jeune Sirius.
Le jeune garçon, qui était plongé dans sa lecture, releva alors le regard vers eux. Un regard noir, étrangement perçant, qui faisait froid dans le dos, dans un visage sans expression quasiment… Etrange et presque dérangeant. Le jeune garçon haussa les épaules et répondit d'une voix mesurée et distante :
- Faîtes comme vous le souhaitez. Je n'attends personne.
Sirius jeta un regard interrogateur et circonspect à son nouvel ami James, puis se décida et entra dans le compartiment. Il monta ses bagages dans le filet surplombant les sièges, et aida James à faire de même avant de s'asseoir, James en face de lui. Un silence pesant s'installa dans le compartiment. Cherchant alors à rompre la gêne qui les envahissait, tout au moins lui et James, puisque l'autre ne semblait pas s'en offusquer plus que ça, toujours absorbé par sa lecture, Sirius intervint :
- Je m'appelle Sirius Black. Fit-il en tendant la main au jeune garçon.
Celui-ci releva de nouveau son sombre regard vers Sirius et haussa un sourcil interrogateur. Il le toisa quelques instants, portant son regard tour à tour sur Sirius, et sur sa main tendue. Puis finalement, devant l'air déçu de son interlocuteur, il se décida à prendre cette main, bien que tout contact l'horripilait plus que tout.
- Severus Snape.
- Et moi, c'est James Potter. Fit à son tour l'autre garçon qui était rentré avec Sirius.
A ce moment, la porte du compartiment s'ouvrit à nouveau sur deux autres garçons, également de première année. Un blondinet, plutôt châtain clair, qui avait quelques écorchures sur les mains, et un plus petit un peu rondouillard.
- Désolé. Mais il n'y a plus de place nulle part. Est-ce qu'on peut s'asseoir avec vous ? Fit le blond.
- Oui bien sûr, entrez. Répondit spontanément Sirius. Enfin, si tu es d'accord… ajouta-t-il aussitôt à l'attention du ténébreux garçon.
Ce dernier acquiesça silencieusement, regardant attentivement les nouveaux arrivés. Il n'aimait pas beaucoup les endroits confinés ni le surpeuplement, mais il n'allait tout de même pas laisser les deux garçons à la porte pour ce simple prétexte…
Une fois tous installés, les présentations recommencèrent. Les nouveaux venus s'appelaient Rémus Lupin et Peter Pettigrow. Tous les deux assez timides, contrairement aux deux autres, Sirius et James étant, quant à eux, plutôt volubiles, et ayant l'air de s'entendre comme larrons en foire, alors qu'ils ne se connaissaient que depuis quelques minutes. Severus reprit sa lecture, ou sembla la reprendre, le nez de nouveau plongé dans son livre, mais écoutant en fait attentivement la conversation des quatre autres.
- Alors, dans quelle maison souhaitez-vous être répartis ? S'enquit James tout joyeux et excité à cette idée.
- Griffondor. Répondit sans hésitation Sirius.
- Ta famille a été à Griffondor ? demanda innocemment Peter.
- Non, elle a été à… à Serpentard. Mais moi, j'irai à Griffondor. Répondit d'une traite Sirius, regardant avec appréhension son nouvel ami.
- Avec cette détermination, je crois qu'il n'y a pas de doute, alors on se retrouvera peut-être dans la même maison. En tout cas je l'espère. Fit James, arrachant alors un soupir de soulagement à Sirius.
- Moi aussi, j'aimerai aller à Griffondor, comme mon père avant moi. Répondit à son tour Lupin.
- Et bien, moi, je ne sais pas. Mais j'aimerai bien rester avec vous. Fit Peter, un peu timidement, ce qui décrocha aux trois autres un grand sourire, tandis que Severus ne put s'empêcher, au fond de lui, de mépriser immédiatement cet être faible, incapable de penser et décider par lui-même.
- Et toi, Severus ? Où aimerais-tu aller ? Demanda Sirius, captant enfin la pleine attention de celui-ci.
- Je pense que je serai réparti à Serpentard, comme ma famille l'a été. Répondit le jeune ténébreux, affichant alors un air de défi envers les quatre autres, qui le regardaient avec intérêt, sans pour autant montrer d'animosité malgré sa réponse.
- Mais où voudrais-tu aller, toi, sans tenir compte de la maison de tes parents ? Fit Lupin.
Severus fut surpris par cette question, pensant que la réponse qu'il venait de donner aurait suffi. Personne, où peu de personne, ne s'était jamais intéressé à ce que, lui, désirait vraiment.
- Je n'y ai jamais beaucoup réfléchi. Répondit enfin Severus, en haussant les épaules. Je verrai bien.
- Tu as l'air de n'en avoir rien à faire. S'étonna Sirius. On dirait que ta future maison t'importe peu ?!
- Du moment que j'entre à Poudlard… Fit simplement Severus. Et il détourna le regard vers la fenêtre, observant dans le vague sans même voir le paysage qui défilait sous ses yeux, et laissant pantois ses compagnons de voyage.
Les conversations reprirent peu à peu autour de lui, assez gaiement, les quatre joyeux lurons ayant décidé de ne plus l'importuner, ce dont il leur était reconnaissant. Il n'avait pas vraiment envie de se mêler aux autres, de se faire des amis. Il avait besoin d'être seul pour l'instant. Tant de choses s'étaient passées en si peu de temps, tant de choses avaient bousculé sa vie ces derniers temps, qu'il avait besoin de réfléchir, de se retrouver. Car oui, il se sentait perdu, perdu au milieu de tous ses enfants criant et riant, lui qui se sentait incapable de rire, ni même de sourire, lui qui aurait aimé crier au monde sa rage et son désespoir… Il se sentait perdu dans un monde qu'il ne connaissait pas, au milieu de gens qu'il ne connaissait pas, ce monde lui faisait peur…
Tout à ses mornes pensées, il sentait toutefois les coups d'œil interrogateurs de Sirius. Celui-ci était, en effet, plus qu'intrigué par ce comportement renfermé et quelque peu inquiétant. Qu'avait donc ce jeune garçon, pour rester dans son coin, et refuser l'amitié qu'ils lui proposaient ? A quoi pensait-il donc ? Il aurait voulu le sortir de ses songes, et le faire participer à la conversation, il aurait voulu que Severus se joigne à eux… Soudain, il eut une idée.
- Que lis-tu Severus ? Demanda-t-il, sans aucune arrière-pensée.
Severus sursauta presque, ne s'attendant pas à ce qu'ils lui adressent à nouveau la parole, vu son comportement froid et distant. Mais que leur fallait-il donc, pour qu'ils comprennent qu'il ne voulait pas parler ? Il se décida tout de même à répondre, sur un ton un peu méfiant :
- Ca. Fit-il, tout en tendant le livre à Sirius d'un mouvement un peu sec.
Les traits de Sirius se crispèrent instantanément à la lecture du titre du dit livre, et d'un seul coup, ses yeux ne reflétèrent plus cette chaleur amicale du début. Non, ils ne reflétaient plus que rage et haine, dégoût aussi. Ce qui frappa durement Severus. Qu'avait-il fait pour provoquer une telle réaction ? De l'indifférence, d'accord, il aurait compris, c'était d'ailleurs ce qu'il recherchait. Mais ceci, de la haine et du dégoût ?
- De la Magie Noire ?! Fit Sirius, sur un ton hargneux, les dents et les poings crispés.
- Non, des Arts Sombres. Répondit simplement Severus.
- C'est du pareil au même.
- Si tu le dis. Rétorqua Severus, ne se départissant pas de son calme, et affichant un air inexpressif, afin de cacher la déception qu'il sentait poindre au fond de son cœur. Même s'il ne comptait pas se faire des amis, il aurait au moins aimé ne pas se faire d'ennemis, surtout pas de ses quatre garçons, qu'il commençait à apprécier d'une certaine manière.
- Tu viens d'une famille de mages noirs ? Demanda James, sur le même ton que Sirius.
Il n'eut même pas le temps de répondre, que Sirius continua, de plus en plus agressif :
- Tu n'es qu'un sale petit mage noir, tout juste bon à cirer les bottes de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom… Je parie que tes parents sont de ses partisans.
Severus n'en revenait pas. On l'accusait de… de quoi ? D'être un mage noir ? Bon, d'accord, il s'intéressait aux Arts Sombres et en connaissait un rayon sur le sujet, mais il n'avait jamais réellement pratiqué. Qu'y avait-il de mal à s'instruire ? A simplement lire ? Qu'avait-il fait de mal encore ? Et qui était ce Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom ? Etait-ce un mage noir ? Apparemment oui, vu l'air horrifié ou profondément dégoûté que venait de prendre les trois autres… Quant à ses parents, si James et Sirius savaient…
Il arracha son livre des mains de Sirius, tentant toujours de conserver son visage inexpressif, ce qui fit encore plus enragé Sirius. Celui-ci se rua sur lui, l'attrapa par le col et le souleva de son siège. Severus tenta de se défaire de la prise de fer qui commençait à lui faire mal, laissant tomber son livre par terre, mais il n'y parvint pas. L'autre était beaucoup plus fort que lui. « Rien d'étonnant ! » Pensa-t-il « Il a deux ans de plus que toi… »
Il se sentit alors traîné sans ménagement, entre les sièges, et fut violemment projeté hors du compartiment, contre le mur d'en face. Aucun des trois autres occupants n'osa intervenir. Au contraire, ils se contentèrent de se pousser légèrement, pour faciliter le passage de Sirius furieux jetant Severus dehors.
- Sale petit mage noir ! Vociféra Sirius, hors de lui. Ne nous adresse plus jamais la parole, ne daigne même pas poser ton regard sur nous ou tu risques de le regretter.
Severus se releva alors, pour constater, à son grand désarroi, qu'il était devenu le point de mire de tout le wagon, tous ses occupants sortant un à un de leur compartiment pour mieux assister à la scène.
- Ah, j'oubliais. Tu ferais mieux de t'arranger pour ne pas aller à Griffondor, sinon je ferai de ta vie un enfer. Cracha Sirius.
« Comme si elle ne l'était pas déjà ! » Rétorqua Severus pour lui-même.
- Mais je pense que ce ne sera pas trop difficile, vu tes antécédents… Renchérit Sirius. Serpentard sera la maison idéale pour toi…
C'est à ce moment qu'apparut un jeune garçon, élégant et aux allures nonchalantes, les longs cheveux soyeux blonds tombant sur ses épaules et soulignant harmonieusement ses traits fins et gracieux. Un deuxième année vraisemblablement, mais qui devait avoir une certaine influence, vu comment les élèves s'écartaient sur son passage. Il était étroitement suivi par deux autres garçons aux allures de gorilles, faisant vraisemblablement office de gardes du corps… Ce qui fit sourire intérieurement Severus : pour qui se prenait-il pour penser avoir besoin de gardes du corps ?
- Que se passe-t-il ici ?
- Qui es-tu ? Rétorqua Sirius, ignorant ostensiblement la question du nouveau venu.
- Malefoy. Lucius Malefoy. Répondit le blond avec un sourire provocateur. Et toi ?
- Black. Sirius Black.
- Ah Sirius Black, le cousin de cette charmante Bellatrix, ce me semble.
- Je n'ai rien à voir avec elle. Répliqua rageusement Sirius.
- Ah je vois. Et qu'as-tu donc contre… Lucius marqua un temps d'arrêt, tout en dévisageant le jeune garçon au sombre regard qui faisait l'objet de tant de tapage, constatant qu'il ne connaissait pas son nom.
- Severus Snape. Se présenta Severus, voyant l'hésitation de son aîné. Lucius lui décocha un dernier regard dédaigneux et acquiesça de la tête avant de reprendre.
- Qu'as-tu donc contre Severus, pour hurler de la sorte et troubler notre tranquillité ? Répéta Lucius.
- Ce n'est qu'un immonde mage noir en herbe ! Cracha Sirius. Je ne reste pas dans le même compartiment que les êtres abjects tels que lui. Mais je pense qu'il ne devrait pas avoir trop de problème à trouver une autre crèche, vous devriez bien vous entendre… entre mages noirs.
Sirius n'avait que trop souvent entendu parlé de Lucius et de la famille Malefoy, chez lui, et il ne connaissait que trop bien leur réputation d'adeptes de la Magie Noire, même s'ils présentaient à la société sorcière un visage respectable…
- Un mage noir ?! Voilà qui est intéressant. Fit Lucius, les yeux brillant soudainement d'excitation et d'intérêt. Et qu'est-ce qui te fait dire ça ?
- Il n'y a qu'à voir ses lectures… Sirius pointa du doigt le livre resté à terre au milieu de leur compartiment.
Lucius observa brièvement le livre ainsi désigné, sans pour autant chercher à en lire le titre, puis reporta son attention sur le ténébreux garçon à ses côtés.
« Voilà quelqu'un à surveiller de prêt ! » Pensa-t-il.
- Je ne suis pas un mage noir, je m'intéresse simplement aux Arts Sombres. Répondit Severus.
- Possible. Rétorqua Lucius, sur un ton légèrement moqueur et d'une voix traînante. Mais vois-tu, il ne fait pas bon de notre temps de clamer haut et fort, et surtout dans un wagon plein de monde, ses sombres penchants. A voir la réaction de tous ici, ta réputation est déjà faite, avant même ton entrée à Poudlard. Toutes mes félicitations !
- Je n'ai que faire de ce que peuvent penser les autres de moi. Répondit Severus sur un ton froid et glacial, en reportant son regard ténébreux et pénétrant sur Sirius.
Ce dernier continuait à le toiser d'un air méprisant, quand James intervint enfin.
- Je crois que nous arrivons, le train ralentit.
- Oui. Vous feriez mieux de mettre vos robes, avant d'arriver sur le quai. Répondit simplement Lucius.
Il lança un dernier regard au jeune Severus avant de se détourner. Severus le suivait du regard, quand il sentit son livre lui meurtrir la poitrine. Il vit alors Sirius balancer sa valise dans le couloir et fermer la porte derrière lui. Tous les élèves, qui avaient observé la scène avec attention, retournèrent à leur tour dans leur compartiment, laissant Severus seul dans le couloir. Le train ralentissait de plus en plus l'allure, ils arrivaient à Poudlard, mais l'euphorie et la joie, qu'il avait pu ressentir en partant, s'étaient complètement envolées devant tant de haine… Finalement Poudlard ne serait peut-être pas ce havre de paix qu'il avait tant espéré…
- Oui d'accord, j'ai réagi sans réfléchir, sans apprendre à mieux te connaître. Fit Sirius, les ramenant alors à la réalité.
Un lourd silence s'installa plusieurs minutes durant.
- Je suis désolé Severus. J'ai été stupide. Même si ton attitude n'a pas été meilleure que la mienne par la suite, tu n'avais rien demandé, tu n'as fait que te défendre… Et ensuite ça a dégénéré.
Severus en resta stupéfait. Avait-il bien entendu ? Sirius venait de s'excuser pour la deuxième fois en vingt-quatre heures… Sirius acceptait ses tords ? Comment devait-il le prendre ? Devait-il faire de même ? Bon, ses tords étaient assez minimes, en fait… tout du moins au début… parce qu'après, pour être honnête, il n'avait pas été meilleur que les Maraudeurs, cherchant par tous les moyens à les faire renvoyer…
Oh que c'était dur à avouer, que lui aussi avait peut-être sa part de responsabilité dans tout ça ! Que devait-il faire maintenant ? Il n'avait pas vraiment envie de faire la moindre excuse à Black… Mais, lui, l'avait bien fait… Et ils étaient adultes maintenant, non ? Qu'avait-il à perdre ? Peut-être cela valait-il la peine d'essayer… Et si jamais c'était encore une ruse perfide, il se vengerait deux fois plus, voilà tout ! Mais Severus doutait que Sirius soit aussi calculateur que cela… Pas lui, pas un Griffondor pur jus !
- Je crois que moi aussi, je t'ai bien rendu la pareille. Fit Severus, le ton las. Non, je t'arrête tout de suite. Il sera, je pense, impossible de simplement tout recommencer et de tout oublier. Il y a eu trop de choses entre nous, trop de coups et de mots… douloureux.
Sirius acquiesça.
- Mais je crois que nous pouvons essayer de… comment dire… de trouver une meilleure entente. Peut-être pas faire ami – ami. Je ne sais pas vraiment ce qu'est avoir des amis. Mais au moins, nous pouvons essayer de ne pas nous entretuer, voire de nous respecter un peu plus.
Sirius acquiesça de nouveau. Son cœur s'était soudainement serré, quand il avait entendu Severus dire ne pas savoir ce que c'était que d'avoir des amis. Et il se sentait étrangement fautif de cela. C'était lui qui avait lancé cette mauvaise réputation de mage noir sur Severus. Bon, il est vrai que celui-ci était un éternel solitaire, donc ça n'arrangeait rien. Mais s'il ne lui avait pas fermé la porte à ce moment-là, peut-être que tout aurait été différent… peut-être…
Severus qui avait gardé son regard planté dans celui de Sirius, perçut les dernières pensées de celui-ci, ce qui lui confirma instantanément que tout ceci n'était pas un jeu, que Sirius était sincère… vraiment sincère, qu'il voulait vraiment que tout s'arrange entre eux.
- Avec des peut-être, nous pourrions refaire le monde, Sirius. Dit alors Severus dans un murmure à peine audible. Mais ce qui est fait est fait, et nous n'y pouvons plus rien… malheureusement. Ajouta-t-il dans un souffle, détournant subitement le regard pour dissimuler son trouble.
- Alors tu es d'accord pour enterrer la hache de guerre ? Je veux dire, définitivement, et apprendre à mieux se connaître ? Demanda Sirius, comme plein d'espoir de pouvoir tout rattraper.
- On peut toujours essayer. Mais cela veut dire que tu dois m'accepter tel que je suis. Que tu dois accepter cette Marque malgré le dégoût qu'elle provoque en toi. Fit Severus en relevant sa manche et en tendant son avant bras gauche à Sirius, tout en le regardant fixement et en guettant ses moindres réactions. Je ne peux pas l'effacer, et je ne le pourrai jamais, même si je le désire ardemment. De même que je ne pourrai jamais effacer tous mes crimes. Tu dois m'accepter tel quel, avec cette Marque, avec mes crimes et mes erreurs, avec mon mauvais caractère et mes sarcasmes, tu dois accepter la part sombre qu'il y a en moi, le Mangemort que j'ai été…
- Mais tu ne l'es plus, n'est ce pas ?
- Plus vraiment. Mais ce qui m'a conduit à devenir Mangemort restera toujours quelque part en moi, c'est quelque chose qu'on ne peut pas effacer comme ça…
« Même si je lutte pour garder cette part de moi tapie au plus profond… » Ajouta-t-il pour lui-même.
Sirius sembla songeur, puis finalement répondit :
- Ce sera difficile, mais je vais essayer. Je souhaite réellement que tout s'arrange entre nous…
- Sirius, n'essaie pas. Soit tu acceptes, soit tu n'acceptes pas. Si tu ne t'en sens pas capable, autant en rester là et reprendre nos vieilles habitudes. Mais n'essaie pas, si c'est pour ensuite encore me rejeter et me jeter au visage ton mépris et ta haine…. Je n'en ai pas besoin.
- Non, tu as assez de ta propre haine et de ton propre dégoût envers toi-même, n'est-ce pas ?
Severus ne répondit rien. Comment savait-il cela ? Peu de personne avait découvert cette part de lui si bien cachée : Albus, Freyja, peut-être Minerva, et… c'est à peu près tout… Alors comment Sirius savait-il cela ? Comment avait-il compris ?
- Tu parles beaucoup dans tes cauchemars… Répondit Sirius, un léger sourire sur les lèvres. Soit, tu as raison. J'accepte. Mais dans ce cas, cela vaut aussi pour toi.
- Cela va de soi. Répliqua Severus, d'une voix légèrement rauque, troublé par ce que venait de dire Sirius.
- Dans ce cas, je me présente : Sirius Black, ancien Maraudeur à Griffondor, sans emploi, évadé d'Azkaban pour un crime qu'il n'a pas commis, membre de l'Ordre du Phénix, et parrain du célébrissime Harry Potter.
- A quoi joues-tu ? Demanda Severus soudain perplexe devant ce comportement étrange. Black devenait-il fou ?
- Je me présente. Puisqu'on a décidé d'apprendre à mieux se connaître, autant commencer par les présentations. Répondit l'animagus, affichant son sourire le plus angélique.
Severus haussa un sourcil sceptique. Black était vraiment devenu fou ! Mais bon, autant ne pas contrarier un fou, allez savoir ce dont il était capable dans une telle crise…
- Severus Snape, apprenti mage noir à Serpentard, ex-Mangemort au service de sa célébrissime Majesté des Ténèbres, espion repenti pour le non moins célébrissime Albus Dumbledore et son Ordre du Phénix depuis vingt ans, ancien Maître des Potions à l'Ecole de sorcellerie de Poudlard, appelé aussi bâtard graisseux, renégat et fugitif pour le meurtre d'Albus Dumbledore, et ayant à son actif un nombre incommensurable de meurtres qui mériteraient Azkaban.
Se disant, il tendit une main tremblante à l'animagus, la main gauche, la Marque des Ténèbres étant encore parfaitement visible sur la peau blanche. Sirius la regarda un bref instant et s'en saisit dans une étreinte puissante et chaleureuse. Les lèvres de Severus s'étirèrent légèrement, et il ne put réprimer un petit sourire en coin. Finalement, si lui l'acceptait réellement, alors peut-être… peut-être… « Non, n'espère pas trop Severus ! Rien n'est encore fait… » se réprimanda-t-il instinctivement.
- Tu es brûlant Severus, et tu trembles. La fièvre a l'air d'avoir repris de plus belle. Remarqua Sirius, soudain inquiet.
- C'est bon, je ne suis pas un enfant, la fièvre passera bien… Fit-il d'un ton sec.
- Ne commence pas. Allez, viens. On va essayer de la faire baisser un peu avant de reprendre la route.
- Oh, arrête ! Il est temps que l'on parte maintenant. Ca doit faire une bonne heure que l'on traîne à bavasser…
- Alors quelques minutes de plus ou de moins n'y changeront rien. Donc tu vas aller à ce cours d'eau, te rafraîchir cinq minutes et ensuite boire une charmante petite potion. Sinon je te force, et crois moi, tu ne feras pas le poids.
Severus savait parfaitement que Sirius avait raison, et qu'en plus il mettrait sans scrupule ses menaces à exécution… Il obtempéra donc, tout en grognant pour exprimer son mécontentement. Mais quand il tenta de se lever, il vacilla, et fut rattraper à temps par Sirius.
- Laisse-moi donc t'aider pour une fois, ça ne va pas te tuer… S'exclama Sirius, que ce comportement buté exaspérait quelque peu.
- Si. Mais de toute façon, tu ne me laisses pas le choix…
- Tu as tout compris !
Arrivé prêt du cours d'eau, il s'agenouilla, toujours aidé par Sirius, et s'aspergea le visage de l'eau fraîche et claire qui courait allègrement dans le petit ruisseau. Il retira cape et robe pour ne garder que sa chemise, et commença à se rafraîchir la nuque et le cou. Il sentit la brûlure sur sa peau se calmer et ses muscles se détendre… Sirius avait raison, cela lui faisait du bien…
Il prit sans poser de question la fiole que lui tendait Sirius, et but la potion d'une traite, son goût doux acide lui picotant la langue et le palais. Il but une dernière gorgée d'eau puis se rhabilla. Il était temps de reprendre la route.
- Une dernière question Severus. Demanda Sirius, une fois revenu vers le petit feu de camp.
- Oui ?
- Pourquoi m'as-tu sorti du voile l'année dernière ? Tu n'avais rien à y gagner… Et comment ? Je n'avais jamais entendu parler d'une telle chose auparavant. Je me suis renseigné, et personne n'est jamais revenu de derrière le voile.
- Non effectivement, tu es la première personne que je connaisse qui ait pu en sortir.
- Mais pourquoi et comment ?
- Nous devrions partir Sirius, il se fait tard.
- S'il te plaît, Severus, je veux savoir. J'ai besoin de savoir. Nous pouvons bien prendre encore une petite demi-heure…
Severus contempla le feu qui crépitait doucement, méditatif et hésitant. La raison lui dictait de partir, que ce n'était pas prudent de rester ici, à la nuit tombée, et qu'il n'était peut-être pas bon que Sirius sache… Mais d'un autre côté, il se disait que Sirius avait le droit de savoir, que lui-même aurait aimé savoir à sa place…
- Et si je te dis, que je t'ai sorti du voile uniquement parce qu'Albus me l'a demandé ?
- Je ne te croirais pas. Il doit y avoir autre chose… et je voudrais savoir quoi. Je veux savoir ce qui peut être si important pour te pousser à me sortir de ce mauvais pas, moi, ton fidèle ennemi… Répondit Sirius.
- Cela ne te concerne pas, Sirius.
- Mais cela concerne encore moins Rémus, et pourtant, lui, il est au courant. Non, je te rassure tout de suite, il ne m'a rien dit. Il m'a renvoyé vers toi, me disant que c'était à toi de décider. Ce n'est pas de la curiosité mal placée ou un autre stratagème pour mieux te cerner… J'ai juste besoin de comprendre. Je me sens perdu depuis mon retour, je ne comprends rien de ce qui a bien pu se passer et j'ai tellement de questions en tête. Je suis persuadé que tu es le seul à pouvoir me fournir les réponses dont j'ai tant besoin et résoudre cette… « énigme ».
Il regarda fixement Sirius et, avec un long soupir de résignation, se décida à partager son souvenir avec lui.
- Je peux bien te montrer la réunion où Rémus a su…
Severus était avec Albus, Rémus et Tonks dans le bureau du directeur de Poudlard.
- Bon, avez-vous tous compris le rôle que vous aurez à jouer ? Fit le vieil homme.
Tous acquiescèrent, visiblement tendus à la pensée de leur nouvelle mission.
- Nous n'avons pas le droit à l'erreur. Nous ne savons pas pour combien de temps nous en aurons, Severus et moi, dans la salle de la mort, donc il faudra nous laisser le maximum de temps. S'il nous arrive quoi que ce soit, à moi ou Severus, vous n'étiez au courant de rien. Compris ?
- Oui, Professeur Dumbledore. Répondit Tonks.
- Bien. Nous nous retrouverons donc demain même heure ici, et partirons tous ensemble au Ministère.
- Attendez, fit Rémus, les interrompant tous dans leur élan. Je voudrais savoir… je voudrais savoir pourquoi…
- Pourquoi quoi ? Commença à s'emporter Severus.
- Pourquoi tu fais ça, toi, alors que Sirius et toi êtes les meilleurs ennemis du monde ?
- Parce que je le lui ai demandé. Répondit Dumbledore à la place de Severus.
- Je ne crois pas que ce soit la seule raison. S'entêta le loup garou. Je veux dire… bien sûr, c'est certainement en partie pour ça, mais il doit y avoir une autre raison…
- Et bien, disons, que cette petite expérience est des plus intéressantes, et que je tiens enfin l'occasion de vérifier ma théorie. Répondit l'ex-mangemort.
- C'est tout ? Fit Rémus, presque déçu.
- Oui, c'est tout. A quoi t'attendais-tu ? Rétorqua Severus. Crois-tu que je m'ennuie de ses sarcasmes, et que je souhaite le faire revenir uniquement pour pouvoir l'entendre m'insulter et m'humilier à nouveau ? Et bien non. Je ne m'ennuie pas de son absence… Bien au contraire, un peu de paix me fait le plus grand bien. Bien que, je te l'accorde, ne pas avoir eu l'occasion de le réduire au silence moi-même m'ait profondément déçu…
Dumbledore gloussa alors à cette tirade, ce qui arracha des soupirs exaspérés à Severus et des regards circonspects aux deux autres.
- Bon, si vous n'avez pas d'autres questions, nous pourrions peut-être vaquer à nos autres occupations en attendant demain, non ? Car voyez-vous, si vous avez tout votre temps libre, il n'en est pas de même pour tout le monde. Fit le Maître des potions, profondément agacé. Et quand vous aurez fini de vous moquer, Monsieur le Directeur…
- Severus, je vous en prie, calmez-vous. Répondit le directeur en question. Je pense qu'ils ont le droit de connaître au moins votre théorie. Peut-être cela les aidera-t-il à comprendre ?
- Quelle théorie ? S'enquit Tonks. A comprendre quoi ?
- Alors à vous l'honneur. Rétorqua Severus, qui se rassit aussitôt dans un siège, l'air presque boudeur et les bras croisés sur la poitrine.
- Bien. Asseyez-vous donc. Fit le directeur, à l'attention des deux autres, affichant soudain un air grave. La « théorie » de Severus est qu'en fait le voile de la mort ne serait qu'un passage. Mais que les personnes le traversant ne sont pas réellement mortes, du moins pas tout de suite. Elles sont… en « attente », dirons-nous.
- En « attente » ?!
- Oui Tonks, en « attente ». Répondit Dumbledore. Pour faire simple, le corps et l'esprit de cette personne ne seraient pas morts, et ne mourraient pas, tant qu'elle conserverait une attache dans ce monde.
- Et quelle serait cette attache ?
- Et bien Rémus, cette attache serait nous. Je veux dire les gens qui pensent à Sirius. Tant que quelqu'un ici bas pense encore ardemment à lui, il ne mourra pas et son âme restera intacte.
- Et si un jour on cesse de penser à lui, ou que nos pensées s'éloignent de lui, que lui arrive-t-il ? Demanda Rémus de plus en plus inquiet, et en même temps empli d'espoir.
- Tout simplement il meurt, mais d'une mort lente et atroce, petit à petit, la mort le ronge, à petit feu… répondit Severus à voix basse et suave, savourant l'effet produit par ses paroles. Du moins, c'est ce que je suppose. Tout ceci n'est qu'une sombre théorie.
- Une théorie que vous avez sérieusement étudiée, Severus, et de nombreux arguments semblent l'étayer. Ajouta Dumbledore.
- Et quels arguments ? S'enquit Tonks, profondément troublée, imaginant la mort atroce qui attendait Sirius s'ils échouaient.
- Inutile de rentrer dans les détails. Sachez seulement que j'ai vérifié moi-même tous les arguments en question et que j'ai étudié à plusieurs reprises la théorie de Severus. Tout se tient et concorde parfaitement. C'est à la fois une bonne nouvelle, car nous avons l'espoir de revoir Sirius, mais aussi une mauvaise, car il faut espérer que nous y parviendrons et que surtout son âme ne sera pas entachée.
- Si ma théorie est bonne, je pense que Sirius sera indemne. Ajouta Severus, presque dans un murmure. Avec tout ce beau monde qui ne cesse de le pleurer, sans parler de Potter…
- Et comment comptez-vous vous y prendre ? Le coupa Rémus, voulant éviter une autre dispute à ce sujet.
- Ce serait trop long à vous expliquer. Surtout que vous ne vous y connaissez pas en Arts Sombres. Répliqua Severus, d'une voix traînante.
- En Magie Noire ? Vous comptez faire de la Magie Noire, et au Ministère qui plus est ? Mais c'est de la folie… Si j'avais su... Fit Rémus.
- Je vous l'avais bien dit, Monsieur le Directeur. On ne peut pas se fier à eux.
- Severus, je vous en prie. Fit celui-ci.
- Mais peut-être préférerais-tu laisser ton meilleur ami croupir dans sa misérable prison de néant ? Continua Severus, sans prêter attention à ce que venait de dire Dumbledore.
- Non. Mais j'aurai aimé le savoir avant. Lui répondit Rémus.
- Et cela aurait-il changé quoique ce soit ? Répliqua Severus. Non ?! Donc dans ce cas, je ne vois pas le problème.
- Messieurs, s'il vous plaît. Gardez votre calme. Intervint Dumbledore. Oui, nous allons faire appel à la Magie Noire, enfin aux Arts Sombres selon Severus. C'est une opération extrêmement risquée, en particulier pour Severus, puisqu'il devra passer lui-même le voile de la mort, mais nous n'avons trouvé aucune autre solution.
- Et vous auriez demandé à Severus de risquer sa vie pour en sauver une seule autre ? S'exclama Tonks. Une vie contre une autre ? Ce n'est pas vraiment votre genre, sauf dans des cas extrêmes, ce qui n'est pas le cas de Sirius. Je ne peux y croire. Vous nous cachez quelque chose.
- Pour tout dire, quand Severus m'a avoué, avec beaucoup de réticence, que peut-être Sirius n'était pas mort, je lui ai demandé s'il connaissait une solution pour le ramener et le sauver de cette mort atroce. C'est alors qu'il m'a exposé toute sa théorie et la solution en question. J'ai d'abord refusé, pour plusieurs raisons, ne voulant sûrement pas risquer la vie de Severus ou de tout autre membre de l'Ordre pour une mission si aléatoire. Mais devant sa détermination à essayer, j'ai senti que je ne pourrai l'en empêcher cette fois-ci et qu'il risquait de faire une bêtise.
Un grognement se fit entendre du côté du Maître des potions, qui regardait ostensiblement ailleurs.
- En fait je désapprouve autant que vous cette solution, continua le directeur, comme si de rien n'était. Même si c'est la seule solution pour épargner à Sirius tant de souffrances. Mais je pense que, de toute façon, Severus serait capable de tenter l'expérience tout seul, ce dont je m'y refuse catégoriquement. J'ai donc accepté et décidé de l'aider.
- Et pourquoi souhaites-tu tant tenter l'expérience ? Demanda Rémus, de plus en plus inquisiteur, apostrophant abruptement Severus.
- La raison ne te regarde pas.
- Si, elle me regarde. Car nous risquons gros sur ce coup-là. Et je voudrais être sûr de tes raisons profondes.
Severus regarda Dumbledore, d'un air suppliant, mais ne reçut pas l'aide qu'il espérait.
- Moi aussi j'aurai aimé le savoir, Severus. Fit le vieil homme. Je ne vous forcerai jamais à nous révéler cette raison. Je vous fais suffisamment confiance pour comprendre que, si vous insistez tant, c'est que cela représente beaucoup pour vous de tenter l'expérience. Mais j'aurai aimé savoir pourquoi vous souhaitez à tout prix la tenter, au péril de votre vie, maintenant qu'on a le plus besoin de vous, et surtout pour sauver quelqu'un qui ne vous a apporté que des ennuis… Je suis aussi curieux de savoir pourquoi vous avez si bien étudié la question, et ce vraisemblablement depuis tant d'années…
- J'aurai préféré ne pas avoir à révéler cela. Mais si vous souhaitez réellement le savoir, alors je vais vous le dire. Après tout, vous avez bien le droit de le savoir, Albus, puisque dans cette expérience vous prenez aussi de gros risques.
- Vous avez le choix, Severus. Rien ne vous y oblige.
- J'estime devoir vous expliquer ces raisons. Mais j'aurai préféré ne le dire qu'à vous, Albus.
- Je comprends.
- Mais moi, je veux savoir. S'exclama Rémus. Dans cette « expérience », Tonks et moi aussi risquons beaucoup. Même si c'est pour mon ami, et que je serai prêt à tout pour lui, je veux savoir si je peux lui faire confiance. Fit-il en pointant Severus du doigt.
- Si je juge que cette raison est amplement suffisante et que l'on peut faire pleinement confiance à Severus dans cette affaire, cela vous suffira-t-il, Rémus ?
- Désolé, Monsieur le Directeur, mais parfois vous vouez aux gens une confiance aveugle qui me fait peur.
- Bien, bien, trêve de bavardages. Reste donc Rémus. S'exclama Severus, d'un ton hargneux et hautain. Mais pas Tonks. Et tu ne devras rien lui révéler, elle n'a pas besoin de savoir. Ta parole lui suffira.
- Bien. Fit la métamorphomage, résignée. Non Rémus, n'insiste pas. Ta parole me suffira amplement effectivement, je ne tiens pas tant que ça à savoir. A plus tard. Et Tonks partit par voie de cheminette, laissant les trois hommes seuls.
-Nous t'écoutons.
Severus prit une profonde inspiration et commença.
- Vous savez déjà, Albus, que les derniers membres de « ma » famille sont morts il y environ quinze ans, et vous connaissez également leur assassin.
Le visage de Dumbledore s'assombrit à cette évocation.
- Mais vous ne savez pas vraiment comment. Continua Severus. Mon arrière grand-père maternel a été tué d'un avada kedavra dans sa propre demeure, mais mon grand-père, le père de ma mère, a eu le droit à une tout autre mort.
- Oui, je me rappelle vos visions.
- Oui, mais ce que je vous ai montré était flou, c'était des images rapides, vous n'aviez pas tous les détails. Vous avez vu qu'on jetait son corps dans un grand trou noir, mais vous n'avez apparemment pas vu suffisamment pour faire le rapprochement avec le voile de la mort.
- En fait, je m'en doutais quelque peu. Ce que vous m'aviez révélé, combiné à votre intérêt très étrange envers ce mystérieux voile, même s'il s'agit d'un sujet fort intéressant je dois l'admettre, m'avait mis la puce à l'oreille.
- Je n'y comprends strictement rien. Intervint Rémus.
- Et bien, mon cher Lupin, sache que mon grand-père maternel a été lui aussi jeté derrière le voile de la mort. Soupira Severus, consterné par cette lenteur d'esprit. « Et dire que Lupin était le plus intelligent et le plus studieux des Maraudeurs ! »
- A travers le voile de la mort ? Mais comment ? Et pourquoi ? S'exclama le loup garou.
- Sache seulement que c'était au cours de la première guerre. Le voile de la mort n'était pas encore confiné au Ministère, le Seigneur des Ténèbres avait découvert son emplacement et ne se gênait pas pour s'en servir à l'occasion.
- Mais pourquoi ? Tu étais un de ses partisans alors ? Pourquoi assassinerait-il un de tes parents ?
- Je n'ai jamais dit que c'était le Seigneur des Ténèbres qui l'avait tué lui-même. Et tu n'as pas à savoir pourquoi. Tu en sais suffisamment pour comprendre mes véritables raisons pour la prochaine mission.
- Tu veux dire… En fait, tu souhaites non pas ramener Sirius, mais ton grand-père ?!
- Tu es vraiment désespérant Rémus. Non, je ne souhaite pas ramener mon grand-père. Je doute, qu'après tout ce temps son âme soit suffisamment intacte pour revenir dans ce bas monde. Non. Mais je souhaite profiter de cette mission, pour le trouver et si possible lui parler.
- C'est donc bien cela. Fit Dumbledore, les yeux pétillants en même temps de malice et de tristesse.
Severus acquiesça simplement.
- Quoi c'est donc bien cela ? Qu'est-ce que ça signifie ?
- Oh Rémus, fais un peu des efforts. Je souhaite seulement parler à cet homme, lui poser les questions que je n'ai jamais pu lui poser, j'ai besoin de savoir certaines choses… Dans cette affaire, vous avez tout à y gagner. Vous retrouvez Sirius, et moi j'aurai peut-être les réponses à mes questions, enfin à certaines…
- En fait, aller chercher Sirius n'est, pour toi, que le bon prétexte pour entreprendre enfin ce que tu projettes depuis longtemps… En conclut Rémus.
- On peut résumer ça comme ça.
- Et qu'est-ce qui me garantit que, quand tu auras ce que tu veux, tu ne repartiras pas simplement comme tu es venu, laissant Sirius là où il est ? Fit Rémus, toujours suspicieux.
- Je suis sûr que Severus ne fera rien de tel. Je peux vous l'assurer. Répondit Dumbledore, à la place de Severus qui soupira de soulagement. Maintenant, Rémus, vous avez eu les réponses à vos questions. Severus vous a déjà révélé beaucoup de choses, qui lui sont très personnelles, pour vous assurer qu'il ne faillira pas à sa mission, et ceci a dû lui coûter énormément. Vous n'avez pas besoin d'en savoir davantage et je vous fais également entièrement confiance pour ne divulguer cela à personne, pas même à Tonks.
Rémus hocha silencieusement la tête, songeur mais en partie rassuré.
- C'était donc pour ça ! Je me disais bien aussi que ce n'était pas pour mes beaux yeux… Répliqua Sirius, en riant de bon cœur, une fois sorti des souvenirs de Severus.
- Que croyais-tu ? Que j'allais risquer tout ça pour toi ? Tu es bien optimiste…
- Toujours, Severus, toujours. Mais cela ne répond qu'à ma première question, ça ne me dit toujours pas comment tu as fait.
- Ca, c'est une autre histoire. Plus tard si tu veux bien, quand nous serons rentrés. Le soleil commence à se coucher, et ce serait trop dangereux de rester ici.
- Dis plutôt que tu es fatigué !
Severus lui répondit par une grimace.
- L'aggelomencie demande plus d'énergie que la legilimencie, au cas où tu ne le saurais pas…
- Bien, dans ce cas allons-y. Conclut l'animagus.
- Sirius, une dernière chose. Tu as tout intérêt à garder toutes ces… révélations pour toi, et pour toi seul… Sinon, je te promets que tu regretteras plus que jamais d'avoir croisé mon chemin…
- Ne t'inquiètes pas Severus, tu peux me faire confiance !
- Permets moi d'en douter…
Fin du chapitre 33.
