Merci aux reviewers, entre autre à Bohemio et Mia qui ont reviewé plus vite que leur ombre...
Apparemment vous avez tous deux particulièrement apprécié les révélations concernant le tatouage de Severus. Je peux te rassurer tout de suite, Bohemio, il y aura encore de nombreux chapitres, et de nombreux autres souvenirs de Severus...
Je vous poste ce chapitre un peu rapidement juste après le précédent, ne vous laissant guère le temps de reviewer, mais je ne voulais pas prendre trop de décalage avec les autres sites où je poste... Ca vous fera comme ça deux chapitres d'un coup, pas mal de lecture et de quoi patienter jusqu'au prochain qui est presque pret...
Peu d'action dans ce chapitre, mais une petite discussion mouvementée, qui devrait plaire à certains et certaines (j'espère Bohemio que Sirius va remonter un peu dans ton estime...). Bonne lectrure et à bientôt!
CHAPITRE 40 : Rapprochements laborieux
- Bonjour Severus. S'exclama Molly, quand elle vit le Maître des potions entrer dans la cuisine en milieu de matinée.
- Bonjour Molly. Répondit-il, un air encore plus maussade qu'à l'accoutumée accroché sur le visage.
Il s'était accordé quelques heures de repos depuis son arrivée mouvementée de ce matin à l'aube. Et à vrai dire, il en avait bien besoin… Sa dernière altercation avec les Aurors, et surtout son saut périlleux de plusieurs mètres de hauteur, l'avaient plus éprouvé qu'il ne voulait se l'avouer, et il se sentait vidé, exténué.
Heureusement, il n'avait pas à retourner au quartier général des Mangemorts avant quelques jours… Au moins un peu de répit.
- Bonjour Severus. Fit une voix derrière lui.
- Lupin. Répliqua-t-il, se renfrognant davantage.
- T'es-tu bien reposé ? S'enquit le loup garou, un sourire jovial scotché sur les lèvres.
- Depuis quand t'inquiètes-tu de ma santé et de mon repos ?
- Allons Severus. Intervint Molly. Ce n'était qu'une simple question, cela n'a rien d'indiscret, que je sache. En tout cas, vous nous avez fait une peur bleue cette nuit.
Severus haussa simplement un sourcil pour marquer sa surprise et son incompréhension. Peur bleue ? Et à quel sujet exactement ? De quoi voulait-elle parler ? De la réunion interrompue brutalement pas Son appel ? De l'attaque à Pré au Lard ? Ou de son entrevue avec les Aurors ? Ou peut-être bien tout simplement de son arrivée à l'aube ?
- Et bien oui, cette nuit a été pour le moins agitée pour nous tous. Mais, à ce que j'ai cru comprendre, la vôtre l'était tout particulièrement…
- Que voulez-vous dire, Molly ? Se risqua Severus.
Il n'aimait pas vraiment ce genre d'inquisition, surtout de si bon matin. Bon, ce n'était peut-être plus vraiment le matin… Et sans doute dans l'esprit de Molly, cela ne correspondait pas non plus à une inquisition… Simple curiosité Griffondorienne, sans doute. Mais Severus n'appréciait pas pour autant. A priori peu de personnes étaient au courant de ce qui s'était passé exactement pour lui, de TOUT ce qui s'était passé cette nuit pour lui. Sa fille. Et peut-être deux autres hurluberlus qui avaient eu l'indélicatesse d'écouter aux portes… Trois personnes, c'était déjà bien trop à son goût.
- L'horloge vous a trahi dans un premier temps. Lui répondit Molly.
Severus tourna la tête en direction de la dite horloge, où l'aiguille portant son nom pointait enfin sur « en sécurité », tandis que Molly continuait ses explications, tout en lui tendant une tasse de café. Severus s'assit comme un automate devant la précieuse tasse, et but le liquide chaud et revigorant sans protester.
- L'aiguille vous concernant n'a cessé d'osciller entre « blessé », « en danger de mort » ou simplement « en danger ». En outre, votre exploit face aux Aurors n'est plus un secret pour personne dans cette maison, Severus.
Severus reporta vivement son attention sur Molly, la dardant d'un regard de jais à vous glacer les sangs. Mais celle-ci ne semblait pas être troublée outre mesure par cette tentative d'intimidation.
- Oui, Tonks est passée ce matin et était toute émoustillée par cette histoire. Continua-t-elle. Vos exploits ont fait apparemment le tour du Ministère et de l'académie des Aurors, de façon officieuse, cela va sans dire. Ils ne vont tout de même pas accepter un tel échec si facilement.
- N'empêche, Severus, tu aurais pu y rester… C'était de la folie ! S'exclama le loup garou.
- Qui te dit que c'était de la folie ? J'étais sûr de mon coup, il n'y avait aucun risque…
- C'est cela, oui. Et moi je m'appelle Merlin. Voyons, Severus, même pour un brillant et talentueux sorcier tel que toi, tu aurais pu te tuer…
- Oui, Rémus a raison, vous auriez pu y rester… ajouta Molly.
- Suffit vous deux. Cracha Severus, n'y tenant plus. Je n'ai pas besoin de vous pour me dire ce qui est dangereux ou non. J'ai pris un risque calculé et j'ai fait apparemment le bon choix, puisque je suis encore assis à cette table avec vous. Alors inutile d'en parler davantage. L'incident est clos.
- Mais… tenta encore Molly.
- Non. Encore un mot à ce sujet, et je quitte cette demeure. Fit Severus.
Le silence se fit instantanément. Peut-être avait-il trouvé là un argument irréfutable ? Ces Griffondors avaient tellement à cœur sa sécurité… Oui, ce serait une arme à garder précieusement de côté, à utiliser au cas où… Visiblement Severus venait de gagner ce combat, car ni Molly, ni Lupin ne tentèrent de continuer l'aventure sur ce terrain.
- L'un de vous sait-il si Minerva doit repasser ? S'enquit-il.
- Peut-être ce soir. Répondit Molly, d'un ton vexé, ce qui fit sourire Severus intérieurement.
Sans un commentaire supplémentaire, Severus se leva pour quitter la pièce.
- Merci pour le café, Molly. Fit-il, sans se retourner, une fois arrivé à la porte.
…………………………………………………………………………………………………
- Est-ce à ce point ?
Severus venait de faire part à Minerva de ses doutes au sujet de sa position au sein des Mangemorts. Tous les deux étaient précautionneusement enfermés dans le salon du rez-de-chaussée, protégé cette fois par un sort d'insonorisation, assis chacun dans un des fauteuils, devant une tasse de thé.
- Oui, je crois qu'il se doute de quelque chose. Répondit-il. Ce ne sont certainement pour le moment que de vagues soupçons. Mais il sait, cela est certain, qu'il y a un traître dans les rangs des Mangemorts. Et son attitude ces derniers temps me concernant est plus que douteuse. Je ne suis probablement pas le seul sur sa liste des suspects, mais je vais devoir jouer encore plus serré que de coutume…
Oui, Severus en était persuadé maintenant. Le Seigneur des Ténèbres savait qu'un traître espionnait pour l'Ordre ou pour le Ministère et il était l'un des suspects numéro un. Déjà le nombre de doloris assez conséquent qu'il avait reçus aux dernières entrevues… Ensuite, cette intrusion par legilimencie plus forte que d'habitude… Oui, Il avait des doutes, et Severus était dans la ligne de mire, même si d'autres étaient également soupçonnés. Et ce, même si le Maître avait l'air de lui laisser ses prérogatives de Second… Mieux valait se méfier.
- En outre, je suis sûr qu'Il a enfin recouvré tous Ses pouvoirs. Continua Severus, en un murmure plus rauque et plus bas, comme si le dire à haute voix ferait ressortir cette évidence plus violemment, plus difficilement supportable aussi. Il me paraît peut-être moins vigoureux qu'autrefois sur le plan strictement physique, mais Sa puissance magique est à nouveau là, aussi forte et aussi… disons, aussi troublante.
« Pour ne pas dire plus… » Pensa-t-il. « Pour ne pas dire aussi effrayante, aussi déroutante, aussi menaçante… ». Il fut coupé dans sa liste non exhaustive d'adjectifs qualifiant les pouvoirs du Seigneur des Ténèbres par Minerva, qui reprit, la voix teintée de résignation :
- Vous le connaissez mieux que personne. Vos craintes sont certainement fondées… Peut-être ne devriez-vous pas y retourner ? Se risqua-t-elle à proposer, redoutant en fait la réponse du Maître des potions assis en face d'elle.
Même si avoir un espion dans les rangs ennemis était un atout majeur et inestimable, crucial même pour l'Ordre, elle avait appris à apprécier son ancien collègue et aurait aimé lui épargner ces risques considérables. En fait, elle ne voulait pas le perdre, elle ne voulait pas perdre un autre ami, pas maintenant, pas après tout ce qu'elle avait appris sur lui. Il méritait autre chose. Albus avait raison, Severus méritait mieux, il méritait de pouvoir vivre enfin sa propre vie…
Ce dernier releva brusquement la tête à ces paroles, visiblement outré que l'on puisse envisager une telle chose.
- Ceci est inenvisageable. Jamais, vous m'entendez, jamais je n'opterai pour une telle lâcheté. Cracha-t-il.
- Mais cela n'a rien à voir avec la lâcheté, Severus. Essaya-t-elle encore d'objecter.
- Inutile d'insister, Minerva. Ma décision est prise depuis bien longtemps déjà, et je n'y reviendrai pas. Je continuerai mon rôle d'espion, mais je devrai certainement prendre quelques précautions supplémentaires.
Minerva ne pouvait rien dire d'autre. Elle savait en outre que le jeune homme avait raison. Ils étaient en temps de guerre… Ils ne pouvaient avoir de telles considérations.
- De notre côté, nous essayerons d'agir le plus discrètement possible… Répondit-elle finalement. Au fait, vous serez certainement heureux d'apprendre que les personnes en danger, que vous nous avez dévoilées comme cibles prioritaires des mangemorts, sont toutes mises en sécurité ou sous haute protection.
- Toutes ?
- Oui, toutes. Même si certaines, comme une certaine Madame Londubat, nous ont donné du fil à retordre, pour accepter ce que nous leur proposions.
- Elle ne changera donc jamais. Fit Severus, un léger sourire effleurant ses lèvres au souvenir de cette femme de caractère. Mais il fut de nouveau interrompu dans ses réflexions.
- Il est bientôt l'heure de dîner, je crois. Je vais retourner à Poudlard.
- A bientôt Minerva.
- A bientôt Severus.
Elle leva alors le sortilège d'insonorisation et disparut par la cheminée dans un léger nuage verdâtre, laissant Severus seul avec ses pensées. Mais cette douce solitude ne dura guère…
Quelques minutes à peine après son départ, quelqu'un frappa à la porte. Qui venait donc encore le déranger dans ce rare moment de paix ? Severus n'eut cependant pas le loisir de s'interroger davantage. Apparemment, la politesse était une vertu en voie de disparition, car l'inopportun n'attendit même pas une quelconque réponse et ouvrit sans permission.
- Severus, j'aurais aimé te parler un moment.
- Pour ma part, je n'ai pas grand-chose à te dire, Sirius. Mais je t'en prie, ne te gêne pas, fais donc comme chez toi. Lui répondit narquoisement Severus, ne daignant pas se lever pour autant à son entrée, bien que restant sur le qui vive. Et je vois que tu as besoin comme toujours de ta garde rapprochée, ajouta-t-il en voyant Lupin à la suite de l'animagus.
Il leur montra tout le dédain dont il était capable, et ne les invita pas à s'asseoir en sa compagnie, encore moins à prendre une tasse de thé. Après tout, Black était chez lui et pouvait bien faire ce qu'il voulait, Severus n'était pas là pour recevoir ni pour être poli… Il resta donc tranquillement assis dans son fauteuil, tout en croisant nonchalamment les jambes, pendant que les deux autres s'installèrent sur le canapé, .côte à côte, visiblement mal à l'aise…
Sirius et Rémus ne savaient par où commencer. Et à vrai dire, Severus ne les aidait guère. Il les provoquait même ouvertement. Les deux anciens Maraudeurs le savaient parfaitement bien. Sirius tenta donc de ne pas rentrer dans son jeu. Ce qui était considérablement difficile pour lui, Griffondor impétueux et impulsif.
- Pourquoi faut-il toujours que tu rendes les choses plus difficiles qu'elles ne le sont déjà ?
- Pourquoi faut-il toujours que tu poses des questions dont les réponses te sont évidentes ? Rétorqua Severus, toujours provocateur.
- Et après, tu oseras me reprocher de toujours t'attaquer le premier ? Fit Sirius, le ton montant d'un cran.
Même s'il avait pris de bonnes résolutions, et qu'il faisait d'énormes efforts pour ne pas se ruer sur le Serpentard afin de lui apprendre ce qu'était la politesse, il avait de grandes difficultés à se contenir. Et l'autre n'était pas vraiment de bonne volonté, qui plus est.
- Arrêtez donc vous deux. Intervint Rémus, excédé de ces disputes.
« Et dire qu'ils étaient censés avoir accepté, par accord tacite, de cesser leurs éternelles querelles… » Pensa le loup garou. « Si au moins, ils arrivaient à ne pas s'entretuer ! »
- Je croyais que vous vous étiez mis d'accord pour ne plus vous quereller sans cesse. Reprit-il tout haut.
- L'accord, comme tu l'appelles, a apparemment pris fin. Rétorqua Severus, toujours aussi stoïque.
- Et depuis quand ? Demanda l'animagus, troublé au fond de lui par cette réponse.
- Depuis que je dois répondre aux accusations de Black pour un oui et pour un non. Fit le Maître des potions.
- Mais… Commença Sirius.
- Ah oui, j'oubliais… Tu ne peux pas comprendre. Mon attitude et mes actes sont trop difficiles à comprendre pour un esprit aussi étriqué et étroit que celui d'un Griffondor tel que toi. Continua Severus, la voix devenant de plus en plus doucereuse et suave.
- Severus… Commença le portrait d'Albus, dans une vaine tentative de calmer son jeune ami.
- Non Albus. Vous n'avez pas à vous mêler de ça. Restez donc où vous êtes pour une fois. Le coupa Severus.
Le portrait se tut, se sentant de toute façon impuissant.
- Severus… Tenta à son tour Rémus.
Mais il n'eut guère plus de succès que le portrait et se fit fusiller du regard par Severus :
- Toi Lupin, tu ferais mieux de t'occuper de tes affaires. Comme la potion Tue-Loup. Il serait regrettable que l'incident de la dernière fois se reproduise. Fit-il sournoisement à l'adresse du loup garou, lui faisant amèrement se rappeler cette fameuse pleine lune d'il y a quelques mois, où il avait oublié sa potion et avait bien failli tuer Severus, ou le mordre… et le contaminer…
- Severus ! S'écria Sirius. Ce n'était qu'un accident, et tu le sais parfaitement bien. Arrête donc ce petit jeu.
- Un accident ?! Comme il est étrange que ce genre d'accident ait toujours une fâcheuse tendance à se produire en ma présence…
Bon là, Severus le savait, il était franchement de mauvaise foi. Mais il n'avait pas envie de l'avouer, surtout pas devant ces Maraudeurs. Il voulait être seul, qu'ils le laissent en paix, tous… Rien de mieux que les sarcasmes, le mépris et la haine pour obtenir ce qu'il voulait… Et Severus maîtrisait à la perfection ces armes, il les avait suffisamment affûtées toutes ces années, pour en connaître tous les artifices et pour en garantir le tranchant. Cela avait toujours admirablement bien marché, et il avait ainsi toujours su préserver sa tranquille solitude, repoussant quiconque osait l'approcher d'un peu trop près en lui offrant son meilleur masque d'indifférence et de dédain, voire de froide aversion.
Tous s'y étaient laissés prendre. Enfin tous, sauf Albus… Mais cela ne comptait pas. Ces derniers temps, il avait laissé trop de prise sur lui à certaines personnes, il les avait laissées s'approcher trop près, dangereusement près… Mais il devait se reprendre maintenant. Il était hors de question que quiconque empiète davantage son espace vital… A quelques exceptions près bien sûr... Seuls Mixiel et Nuwan auraient le droit à cette concession. Severus voulait les connaître, et pouvoir partager quelques moments avec eux, ce qui voulait dire, bien entendu, qu'il devait leur laisser la possibilité de le connaître aussi… Mais pour les autres…
- Severus… Mais tu vas…
Mais Sirius ne put finir, Rémus le retenant à temps, alors qu'il était prêt à se jeter, une fois de plus, sur Severus. Ce dernier, pour sa part, regardait l'animagus avec un air hautain, gardant ostensiblement sa pose attitude de dandis nonchalant. Ces armes avaient toujours particulièrement bien marché avec Black. S'en était même presque trop facile…
- Non, Siri. Fit Rémus à l'oreille de son ami, assez fort toutefois pour que Severus entende également. Tu ne vois donc pas que c'est ce qu'il cherche. Il te provoque, et toi tu sautes à pieds joints. Tu ne vois donc pas qu'il ne cherche qu'à nous repousser… Tu ne vois donc pas son jeu ?
- De quel jeu parles-tu donc, Lupin ? S'enquit Severus, une légère lueur d'inquiétude dans le regard.
Finalement, il avait peut-être crié victoire trop vite. Se pourrait-il que le lupus ait vu clair dans son « jeu », et qu'il l'ait percé à jour. Non, impossible… N'est-ce pas ? Quoique…
- Mais de ce jeu de sarcasme et d'ironie, qui te permet de te cloîtrer du monde et des amis qui se présentent à toi… Fit le loup garou, tout en lâchant Sirius qui visiblement s'était calmé. En fait, tu te protèges des autres derrière ton masque d'indifférence et de cruelle froideur, mais je crois avoir compris maintenant. Tout ceci n'est qu'un personnage, une façade…
- Ah oui, tu crois ainsi pouvoir me comprendre ?! Répondit Severus, mi cynique, mi rageur.
Le lupus se révélait bien plus perspicace encore qu'il ne l'aurait cru. Bon, pour être honnête, il l'avait toujours su. C'était, il en était sûr, la tête pensante et surtout la tête raisonnante des Maraudeurs. Il avait toujours obtenu de bons résultats à Poudlard et n'était pas un sorcier manchot ou idiot… Et c'était en outre un fin observateur. Severus l'avait déjà remarqué dans leur jeunesse… Après tout, c'était Lupin qui avait, le premier, détecté sa relation avec Freyja… Mais là, cette qualité d'observateur devenait vraiment gênante… Vraiment.
- Peut-être pas te comprendre entièrement. Rétorqua calmement Rémus. Tu es bien trop complexe et circonvolutionné pour ça. Mais je commence à entrapercevoir comment tu fonctionnes.
Severus haussa un sourcil, comme pour le défier. Défi que Rémus releva courageusement.
- Un homme qui est capable de se comporter avec tant de délicatesse et si tendrement avec sa fille, ne peut être complètement pourri ou froid de cœur. Continua donc le loup garou imperturbable. Tu ne fais que présenter un masque au monde qui t'entoure, comme pour mieux le repousser de toi, ou peut-être pour mieux t'en protéger toi-même. Mais ce masque est certainement tout le contraire de l'homme véritable qu'il y a en dessous.
- Tu as l'air bien sûr de toi. Le coupa Severus.
Il en avait assez entendu, inutile de s'éterniser…
- De quoi voulais-tu donc me parler, Black ? Reprit-il, essayant de dévier au plus vite la conversation.
Mais le Black en question était encore resté sur les dernières paroles de son ami, comme méditant sur ce qu'il venait d'entendre, tout en fixant attentivement les flammes virevoltantes du feu chaleureux. Oui, Rémus avait raison, il avait sans doute raison, même si c'était encore difficile à réaliser, et surtout à accepter. En fait, son ami ne faisait que dire avec des mots clairs et précis, ce que lui-même avait vaguement ressenti envers cet homme étrange et ténébreux qu'était Severus, lors de leur voyage chez les vampires. Et toutes les pièces du puzzle commençaient doucement à se mettre en place.
- Sirius ?! S'exclama Severus, commençant à perdre patience, cette vertu n'étant déjà pas son point fort… Qu'avais-tu donc à me dire de si important pour venir me déranger ?
Rémus aurait presque éclaté de rire devant la scène qui se présentait à lui, s'il n'avait craint la réaction volcanique du sombre Serpentard. Sirius, presque hébété, était soudain silencieux devant son ancien ennemi, Severus quant à lui furieux… Furieux de l'absence totale de réaction de l'animagus, mais certainement aussi d'avoir été démasqué, en quelque sorte… Rémus jubilait en son fort intérieur… Il avait vu juste : la réaction gênée, voire confuse, de Severus en disait plus long que n'importe quelle protestation. Et cela le rassurait un peu aussi…
Cela lui donnait même l'envie de mieux connaître cet homme… Tout comme Sirius lui avait dit vouloir apprendre à mieux connaître Severus, à son retour de chez les vampires. Cette réaction inhabituelle de son ami l'avait alerté au début. Puis, après avoir patiemment écouté ce que Sirius avait vu et ressenti, il avait décidé d'observer plus attentivement encore Severus, et c'est alors qu'il avait peu à peu compris… Oui, Severus cachait bien des choses derrière ce masque, un lourd passé qui l'avait forcé à se forger une personnalité désagréable de prime abord, mais dissimulant en fait une sensibilité à fleur de peau…
- Sirius ? Je te le demande une dernière fois, continua Severus, de plus en plus bouillonnant. Tu as une dernière chance pour me dire ce qui te démangeait tant la langue, avant que je ne décide de te laisser à ton triste sort…
Sirius sortit enfin de sa léthargie, comme si seule la menace avait une véritable influence sur lui.
- Ah oui. Fit-il, tout en s'ébrouant rapidement pour recouvrer ses esprits. Oui, ce que je voulais te dire. Et bien, j'étais… j'étais venu…
L'animagus hésitait, regardant ses pieds, cherchant ses mots, ne sachant comment présenter la chose. Severus avait un étrange pressentiment, mauvais pour lui… Cela ne pouvait en être autrement, vu son aura ces derniers temps…
Rémus vola alors au secours de son ami.
- Nous voulions te remercier dans un premier temps.
- Me remercier ?! Fit Severus, son incrédulité se marquant clairement sur son visage.
Cela sentait le piège, à coup sûr ! Les Maraudeurs, le remercier ? Pff…
- Oui te remercier. D'abord pour ce que tu as fait pour Sirius à Pré au Lard. Tu lui as certainement évité un voyage à Sainte Mangouste pour séquelles irréversibles dues aux doloris.
Severus n'en croyait pas ses oreilles. On pouvait répéter ? Mais Rémus continua son laïus, sans laisser le temps à Severus de réaliser pleinement ce qui lui arrivait.
- Ensuite pour Harry. Il nous a tout raconté. Pour les enfants d'abord, qui grâce à toi ont été mis en sécurité. Ensuite pour sa confrontation avec Lucius. Tu lui as évité le pire, apparemment…
- Vous vous moquez de moi ? Ne put s'empêcher de rétorquer Severus.
- Se moquer ?
- D'abord vous m'insultez et m'accusez presque de doloriser moi-même à tout va tous les membres de l'Ordre, quand il ne s'agit pas de les avadakedavariser… Sans compter les coups, les tentatives d'étranglements et tout le reste… Et ensuite vous venez me remercier ?!
- Oui. Fit Rémus penaud, tandis que Sirius se contentait de hocher silencieusement la tête de haut en bas, fuyant le regard du Serpentard.
Severus se tut, sceptique et méfiant. « Vigilance constante ! » Pensa-t-il malgré lui. Cela devait cacher quelque chose. Obligé. Méfiance, méfiance, cette bonne vieille amie de toujours… Amie précieuse, mieux valait ne pas la laisser tomber si rapidement…
Après plusieurs minutes de long silence, Severus se décida à le rompre. C'est qu'il n'avait pas prévu d'y passer toute la journée, quand même… Il haussa donc un sourcil, signifiant son scepticisme et son dédain pour ces pâles remerciements à retardement. Le principal intéressé, à savoir Harry Potter susnommé Le Survivant, n'avait d'ailleurs pas daigné les présenter lui-même, ni même être présent, ce qui en disait long…
- Bien. Et dans un second temps ?
Rémus écarquilla les yeux d'incompréhension.
- Oui, qu'aviez-vous à me dire dans un second temps ? S'impatienta Severus.
« Qu'est-ce qu'ils pouvaient être lents d'esprit parfois ! » Fulmina-t-il pour lui-même. « Et moi, qui lui trouvait un semblant d'intelligence deux minutes auparavant… Le lupus cache bien son jeu, lui aussi ! »
- Et bien…
Cette fois, c'était à Rémus d'hésiter. Et ce fut à Sirius de venir à son secours.
- Nous voulions aussi te rendre ça.
Se disant, il tendit à Severus une boîte en bois… La boîte qu'il lui avait dérobée, il y a quelques mois. Il regrettait ce geste maintenant. Mais il était trop tard pour revenir en arrière. Heureusement, il ne l'avait pas jetée…
Severus regarda la boîte en question quelques instants, indécis… Devait-il la reprendre ? Non, à bien y réfléchir, non, il ne valait mieux pas… Il releva donc le visage vers Sirius, un visage fermé et presque méprisant, avant de répondre d'un ton glacial :
- Tu peux la garder. Je n'en ai plus que faire maintenant.
- Non, Severus. Je te la rends. Tout y est. Je t'ai tout rendu, le carnet, tout… J'ai également mis les deux anneaux que tu portais dedans.
A l'évocation de ces deux anneaux, Severus blêmit quelque peu et hésita de nouveau. Il s'empara alors de la boîte, lentement, d'un geste fébrile. Il l'ouvrit lentement, très lentement, et observa son contenu, dans un silence tendu et pesant.
Mais ce simple geste remuait encore trop de choses en lui. Ce tumulte de sentiments, qui l'assaillaient de toute part, devint très vite suffoquant, insupportable, insoutenable. Ces sentiments qui le rendaient faible, trop faible, et si exposé… Or il ne pouvait se le permettre. Ce n'était pas le moment de montrer ses faiblesses…
Il referma alors brutalement la boîte, et se leva soudain, sans préavis, sa fureur s'inscrivant sur chaque trait de son visage, alors que son bras était déjà levé, afin de jeter la dite boîte au feu. Mais il fut freiné à temps dans son mouvement par Sirius, le plus proche de lui, qui lui attrapa vivement le poignet et le lui enserra d'une poigne de fer. Severus se dégagea tout aussi vivement et s'apprêta à finir son geste.
Mais il fut de nouveau arrêté dans son élan par une main sur son épaule gauche, qui le força à se retourner et lui fit lâcher la boîte. Severus se dégagea violemment, comme s'il avait été brûlé à vif. Ce qui n'était pas très loin de la vérité… Il était à la fois brûlé par des souvenirs récalcitrants à rester enfermés, mais aussi brûlé par la douleur aiguë que lui avait ravivée cette emprise sur son épaule blessée. Même si Nuwan avait fait des miracles, sa vilaine blessure restait douloureuse… et tatillonne.
Severus ne se rendit pas compte qu'en se dégageant il avait giflé rudement l'animagus d'un revers de main. Celui-ci, interprétant mal le geste du Serpentard, se rua sur lui, lui attrapa les poignets pour le maîtriser et, dans sa tentative de l'immobiliser, le fit basculer sur le fauteuil. Sirius se retrouva alors à califourchon sur Severus, qui se débattait comme un diable, tout en grognant des noms inimaginables envers son agresseur. Rémus, quant à lui, tenta, mais en vain, de retenir son ami…
Sirius ne cherchait pas à frapper, juste à maîtriser l'autre et à l'immobiliser. Mais dans leur mêlée, son genou s'enfonça un peu trop dans le flanc gauche de Severus, ce qui arracha à ce dernier un gémissement de douleur involontaire et lui coupa le souffle. Severus cessa instantanément de se débattre. Sirius l'imita aussitôt et lâcha prise, tout en se redressant doucement, réalisant, mais trop tard, qu'il y était peut-être allé un peu violemment.
Severus resta prostré quelques secondes, attendant que la douleur s'estompe un peu, et essaya de reprendre une respiration plus normale. Il se redressa à son tour lentement, tout en grimaçant sous les élancements, et de son épaule, et de son flanc… Il sentait un liquide chaud suinter furtivement de sa plaie, certainement devait-elle s'être remise à saigner. Maudit clébard !
- Je suis désolé, Severus. Je ne voulais pas, je croyais… Bafouilla Sirius.
- Tu ne voulais pas quoi, tu croyais quoi ? Ragea Severus, tout en faisant face à l'animagus, aussi dignement qu'il le pouvait, une main se tenant toutefois le flanc douloureux.
Au moins porter du noir avait un avantage, le cabot n'aurait pas la joie de le voir saigner…
- Je ne sais pas. Je voulais juste t'éviter de brûler cette boîte. Tu y tiens certainement pour l'avoir conservée tout ce temps et pour l'avoir ramenée ici…
« Un point pour Griffondor ! » Pensa Severus pour lui-même.
- Tu pourrais le regretter par la suite. Continua Sirius. Et quand j'ai senti ta gifle, je ne sais pas, un instinct peut-être, j'ai cru…
- Comme toujours… Tu as cru. Siffla Severus. Et cela ne t'est pas venu à l'idée que ma « gifle » n'était peut-être, elle aussi, qu'un « instinct » ?
- Je suis désolé, Severus. Que veux-tu de plus ? J'avais oublié pour ton épaule, je n'ai pas pensé à te faire mal…
- Et comment voudrais-tu que je te croie ? Tu as toujours l'excuse pratique : « Je n'ai pas pensé… ». Trop facile. Apprends donc à assumer tes actes.
- Et toi, tu assumes les tiens peut-être ? Rétorqua Sirius.
L'animagus réalisa soudain les mots malencontreux qu'il venait de laisser échapper, une fois de plus, et, honteux, se morigéna intérieurement de parler trop vite avant de réfléchir. Il n'était décidément pas très doué en diplomatie, surtout quand il s'agissait de Severus… Il n'avait pourtant aucune intention de le blesser, en tout cas pas consciemment.
- Sirius ! S'exclama Rémus.
Mais trop tard. Si son ami pensait résoudre ses problèmes avec le Serpentard de cette façon, ce n'était pas gagné…
Severus, quant à lui, observait Sirius intensément. « Je les assumes plus que tu ne le crois. » Répondit Severus en son fort intérieur. « Tous les jours, toutes les nuits, à chaque heure, chaque minute, à chaque seconde même… » Mais à quoi bon répondre, Black ne pouvait pas comprendre, il l'avait dit lui-même.
Severus se tut donc, une lueur terne envahissant ses prunelles si vives, le visage impassible par ailleurs, tout du moins pour un observateur extérieur. Mais Rémus remarqua les mâchoires du Maître des potions se contracter légèrement, le muscle de sa joue tressauter presque imperceptiblement, tandis que la veine à ses tempes pulsait furieusement… Le loup garou admirait le contrôle quasi parfait que Severus arrivait à garder en apparence, ne se laissant trahir que par des signes discrets, que seuls des sens aiguisés permettaient de déceler. Cependant ces mêmes signes de tension intérieure n'échappèrent pas non plus à Sirius, qui devenait lui aussi de plus en plus vigilant envers les réactions du Serpentard.
- Tu es toujours aussi impulsif, à ce que je vois. Fit finalement Severus, d'un ton froid et distant.
Plus une constatation pour lui-même qu'autre chose d'ailleurs.
- Je n'ai pas toujours été comme ça. Répondit Sirius, le regard toujours accroché dans celui de Severus. Avant je ne réagissais pas comme ça, pas aussi… violemment.
- Ah oui ?! Répliqua simplement Severus, encore plus sceptique qu'il ne l'était déjà.
- Non, effectivement, avant, Sirius n'était pas aussi impulsif, ni aussi… violent. Intervint Rémus, prêtant main forte à son ami.
- Et bien, je vois que ce n'était pas toi qui devais déjouer ses farces et maléfices en tout genre, il y a quelques années. Cracha Severus, une pointe de haine et d'amertume dans la voix.
- C'est vrai. Avec toi, j'étais ainsi. Répondit Sirius, la sincérité transparaissant de tout son être. Avec les Serpentards. Peut-être aussi avec quelques autres. Mais cet aspect de ma personnalité n'est pas moi, pas tout à fait. Je ne suis pas toujours ainsi.
- Et depuis quand aurais-tu donc changé ? Azkaban peut-être. Fit narquoisement Severus. Mais son sourire mauvais et mesquin disparut soudainement à la réponse de l'animagus.
- Non, depuis mon retour de derrière le voile.
« De derrière le voile… » Pensa songeur Severus, ses neurones de nouveau en pleine ébullition.
- Ce ne doit être qu'une impression. En tout cas pour moi, tu n'as pas changé d'un iota. Répondit enfin le Maître des potions, reprenant son aplomb.
- Harry m'a fait la même réflexion. Mais tous les autres s'accordent à dire que je suis plus incontrôlable, plus impétueux, plus nerveux… voire plus agressif…
Severus se tut, repartit dans ses intenses réflexions. « Ainsi Potter pense la même chose que moi, pour une fois… Donc Potter et moi sommes les deux seuls à ne pas le trouver changé… Etrange. Et ce changement aurait eu lieu depuis son retour de derrière le voile ? Troublant. D'autant plus troublant, quand on songe que c'est grâce à moi, et en partie à Potter, que Sirius est revenu… » Severus dardait Sirius d'un regard scrutateur, comme s'il cherchait à déceler lui-même ces fameux changements. Mais bien sûr, il n'en trouva aucun. Ce n'était pas physique, seulement mental apparemment…
Sirius était lui aussi troublé par ce brusque silence, et surtout par l'observation intense et minutieuse dont il était l'objet… Mais qu'avait donc Severus tout d'un coup ? Pourquoi le fixait-il ainsi ? Qu'avait-il dit encore ? N'en tenant plus, et voulant rompre à tout prix ce silence de plus en plus mortel pour ses nerfs en pelote, il crut bon d'ajouter :
- Mais cela semble s'estomper peu à peu.
- S'estomper ? Répéta Severus, comme sortant de sa transe.
- Oui, s'estomper. Répéta simplement Sirius.
- En fait, peu à peu, Sirius arrive à mieux se contrôler. Fit Rémus à son tour. Il redevient peu à peu… Sirius, quoi. Le Sirius qu'on a connu.
Cette dernière phrase fut comme un déclic dans l'esprit de Severus.
- Que VOUS avez connu. S'exclama-t-il tout haut, son regard noir perçant toujours sur Sirius.
Puis soudain Severus s'écarta, et commença à faire les cent pas devant les deux anciens Maraudeurs, tout à coup complètement perdus devant le comportement étrange du Serpentard. Mais quelle mouche l'avait donc piqué soudain ? Au bout d'un laps de temps indéfinissable, ils l'entendirent murmurer :
- Se pourrait-il… sa question à peine posée se perdant dans le vide.
- Se pourrait-il que quoi ? Se risqua Rémus.
- Tu ne pourrais pas être un peu plus clair ? Rugit Sirius, les nerfs beaucoup trop fragiles pour endurer ce cirque une minute de plus. Et surtout, tu ne pourrais pas arrêter de tourner en rond ? Tu me donnes le tournis, à la fin.
Severus s'arrêta net de marcher, et se retourna d'un geste gracieux vers eux, ses yeux brillants soudain d'une étrange lueur qu'ils ne lui avaient jamais vue auparavant, ou rarement. Son visage en était presque illuminé… Severus jubilait. Comme un enfant découvrant un cadeau…
- Je sais. Fit-il de sa voix profonde et suave.
- Tu sais quoi ?
- Je sais, Rémus. Ou du moins je crois savoir. Je crois avoir compris d'où vient ce changement… Enfin si changement il y a bien…
- Cela t'embêterait-il de nous expliquer enfin ce à quoi tu penses ? Insista Sirius, sa curiosité alors attisée au plus haut point.
- Oui, je serais aussi assez curieux de savoir ce à quoi vous pensez. Fit une voix derrière Severus.
- Albus. Répondit le jeune homme ténébreux, en se retournant à demi vers le tableau. Vous n'avez cessé d'écouter depuis le début, je parie.
- Vous pariez bien. Mais pourriez-vous enfin nous expliquer, vous qui aimez tellement qu'on aille droit au but ?
- Et bien, ce n'est qu'une simple idée, qu'une théorie. Répondit Severus, son ton professoral reprenant subitement le dessus.
- Encore une. Lâcha Rémus, bien malgré lui.
Ce qui lui fit se recevoir trois regards de plein fouet. Un courroucé, celui de Severus, un curieux et étonné, celui de Sirius, et un amusé, celui de… vous savez qui… à savoir Albus portrait.
- Donc, comme je disais, avant d'être interrompu, reprit Severus, ce n'est qu'une théorie. Rien n'a été vérifié, et cela ne pourra certainement jamais être vérifié. Mais je crois avoir compris pourquoi tu te sens changé depuis ton retour de derrière le voile.
Sirius acquiesça silencieusement, montrant à Severus qu'il avait toute son attention.
- Tu dis être plus agressif, plus impulsif qu'avant, comme si tu étais… disons, tronqué, comme si une seule partie de toi était revenue en fait. Ca, c'est le premier point. Le deuxième point à prendre en compte, et le plus intéressant ce me semble, est le fait que seules deux personnes ne t'ont pas trouvé changé, pas vraiment… Et que ces deux personnes ne sont autres que Potter et moi. Or Potter ne t'a connu que sous certains aspects. Sous tes aspects les plus impulsifs, justement… Soit tu étais à l'étouffer sous tes étreintes fougueuses et baveuses de Griffondor sentimental, soit tu étais agressif et violent, comme dans la cabane hurlante ou avec moi, ou maussade et rageur par l'inaction, ou encore sur le qui vive quand tu étais en fuite, ou…
Mais il fut interrompu dans sa tirade par Sirius, qui lui demanda, d'un simple geste de la main, d'arrêter l'énumération de ses démonstrations si impulsives. Severus obtempéra, mais ne put s'empêcher de lui adresser un rictus moqueur des plus explicites.
- Oui, tu as raison, mieux vaut arrêter là. Reprit le Serpentard, d'une voix doucereuse. La liste est longue comme tu as dû le comprendre. Quant à moi, tu imagines très bien le tableau que je peux me faire de toi. Inutile de te faire un dessin…
Les trois hommes entendirent alors un rire étouffé du côté du tableau, que Severus choisit d'ignorer ostensiblement. Il reprit simplement sa marche des cent pas, devant Rémus et Sirius, qui l'écoutaient maintenant avidement, essayant de comprendre où il voulait en venir.
- Maintenant mettons ensemble ces deux éléments. Je crois que vous avez compris le principe du voile noir. En tout cas, ce que j'ai posé comme théorie, et qui semble s'avérer exact… Donc vous devez sans doute vous rappelez de ma principale hypothèse, à savoir que quelqu'un le traversant ne meurt pas, tant qu'une personne ici bas pense encore ardemment à lui. Mon pari, réussi une fois encore, était que Potter penserait encore suffisamment fort à son parrain pour qu'il soit resté… mmh… vivant… en un certain sens.
- Oui, tu nous l'as déjà expliqué. Fit Rémus. Ce serait les pensées de Harry pour Sirius qui lui aurait permis de ne pas sombrer dans le néant.
- Oui, tout du moins en bonnes parties. Répondit Severus, avec un rictus moqueur sur les lèvres. Tu y es peut-être aussi un peu pour quelque chose… Bref. Ce que vous ne savez pas tous par contre, c'est ce que j'ai dû moi-même réalisé derrière le voile pour ramener Sirius.
- Et… ? Demanda Rémus, curieux, voyant le silence de Severus s'éterniser. « Serpentard quand même, même si qu'à demi… Il fait durer le suspens et en jubile d'avance… » Pensa le loup garou.
- Et… Reprit Severus, les yeux étincelants. J'ai dû me rappeler aussi précisément que possible de lui, me rappeler les souvenirs que j'avais vécus avec lui… Gros sacrifice en somme. Ajouta-t-il, avec une moue légèrement dégoûtée. Vous devez donc concevoir parfaitement l'image que je me suis rappelée de lui, non ?
- Impulsif, agressif, violent… Répondit Sirius, à contre cœur.
Inutile de faire un dessin effectivement. Severus devait certainement le dépeindre aussi sommairement dans son esprit… Mais comment lui en vouloir ? Après tout n'était-ce pas la seule image qu'il lui avait donnée de lui ? Tout comme le Serpentard ne donnait de lui qu'une image méprisante et haineuse… une image peut-être trompeuse, mais l'image qu'on avait de lui quand même… Sirius commençait à comprendre où en venait Severus.
- Tout à fait. Tes capacités de déduction n'ont pas été trop altérées apparemment. Peut-être te voyais-je également avec quelques neurones tout de même… Décérébré peut-être, mais pas totalement non plus… Juste de quoi suivre une conversation en somme.
- Severus, vous vous égarez. Le rappela à l'ordre Albus, d'une voix teintée toutefois d'un léger amusement.
Sirius se tut, trop curieux de la suite, pour oser froisser de nouveau le Maître des potions.
- Soit. Si vous avez bien suivi, vous devriez entrapercevoir mes conclusions : je pense que Sirius est revenu comme tel, car les deux personnes qui ont activement participé à son retour le voyaient comme tel… Potter et moi te voyions agressif, violent ou impulsif, quelques soient les sentiments que tu pouvais éprouver, tu es donc revenu ainsi. Je ne sais pas lequel de nous deux, au juste, à influencer le plus ce fait. Je ne sais pas si ce sont les pensées de Potter, ou mes souvenirs, ou les deux à la fois qui ont défini le Sirius revenu parmi nous… Je n'ai aucun moyen de le savoir… Mais je pencherais plus pour les deux… S'il n'y avait eu que Potter, je suis presque sûr que tu serais moins… violent…
- Brillant ! S'exclama Rémus, admiratif au fond de lui d'un tel raisonnement.
Personne n'y avait pensé un seul instant. Tout le monde avait mis ce comportement sur le traumatisme et le choc, mais jamais sur un possible… effet secondaire… Mais qu'y avait-il de si étonnant à ce que Severus ait pu parvenir à une telle thèse ? Outre le fait qu'il en savait plus que quiconque sur le voile de la mort, c'était un scientifique dans l'âme, et il avait un esprit redoutablement vif… N'avait-il pas dit également que le choipeau avait hésité un court instant à le mettre à Serdaigle ?
- Je sais. Répondit Severus, d'un air hautain et fier de lui.
- Donc, si je suis ainsi, je te le dois en grande partie, si j'ai bien compris… Sirius était un peu dépité, car ce qu'il avait redouté au fil de l'exposé se voyait affirmé par Severus. Et Sirius était persuadé que ce dernier ne s'était pas trompé. C'était plus que cohérent…
- Tu aurais peut-être préféré que je te laisse là où tu étais ? Ou peut-être aurais-je dû y envoyer quelqu'un d'autre ? Quelqu'un qui avait une meilleure image de toi ? Sache que cela m'aurait bien arrangé également, cela m'aurait épargné bien des déboires. Fit Severus d'un ton amer.
- Ce n'est pas ce que je voulais dire. S'empressa de répliquer l'animagus. Je te suis reconnaissant d'être venu me chercher, même si tu avais vraisemblablement d'autres motivations pour t'encourager.
Severus haussa un sourcil sous l'étonnement. Avait-il bien entendu ? Sirius l'avait quasiment remercié de l'avoir sorti du voile, là, non ? Il ne l'avait encore jamais fait avant… Non, en tout cas, pas des remerciements sincères comme il venait d'en faire à l'instant. Severus fut presque gêné et ne sut trop quoi répondre.
- Mais si cela peut te rassurer, ajouta-t-il finalement pour dissiper son propre malaise, il semble que ton tempérament redevienne plus stable au fur et à mesure… Peut-être, oui peut-être que les souvenirs d'autres personnes ont eu tout de même une petite influence. Trop petite pour que tu recouvres tout de suite ta… mmh… véritable personnalité, mais tout de même assez pour que tu puisses la recouvrer un jour… avec le temps…
- Tu crois ? S'exclama Sirius soudain soulagé, un grand poids s'enlevant subitement de sa poitrine.
- Je ne suis sûr de rien, je te le répète. Tout n'est qu'hypothèses et conjectures… Mais tu dis toi-même être de moins en moins impulsif. Pour ma part, je ne demande qu'à voir…
Sirius lui offrit alors un sourire épanoui et rayonnant. Un sourire que Severus n'avait jamais vu sur ce visage à son adresse… Un sourire qui lui fit presque peur d'ailleurs. Un léger tic nerveux fit tressauter un muscle au coin de son œil droit, tandis qu'une barre venait rider son front.
Rémus perçut cette légère réaction de la part du Maître des potions et en fut un peu amusé, et en même temps attristé. Il était dommage que Sirius et Severus soient passés ainsi l'un à côté de l'autre, sans jamais se connaître… Même s'ils n'étaient effectivement pas forcément faits pour s'entendre, ils auraient pu réellement s'apprécier. Tous deux vifs d'esprits et espiègles, doués et pourtant rejetés par la société… Mais peut-être n'était-il pas trop tard ?
- Merci Severus. Fit soudain Sirius, tout en s'avançant vers le dénommé.
Ce dernier eut un mouvement de recul, jusqu'à ce qu'il vit la main que lui tendait l'animagus. La main gauche. Severus en était cloué sur place.
- Que veux-tu, Black ?
- Je croyais que l'on avait décidé d'enterrer la hache de guerre et de s'appeler par nos prénoms. Répondit l'animagus, sans se départir de son calme, la main toujours tendue.
- Peut-être, mais c'était avant que tu ne m'agresses à nouveau sans réelle raison.
- Je n'aurais peut-être pas dû t'attaquer, sans écouter ce que tu avais à dire et sans essayer de comprendre ton point de vue. Je dis bien essayer… Mais vas-tu donc rester avec cette rancune, ou accepter la main que je te tends à nouveau ?
Severus hésita, les mots de Sirius le percutant de plein fouet, le giflant en plein visage. Un doloris aurait peut-être été moins violent… Quoique, à voir… Severus venait de recevoir comme une décharge. S'étaient-ils tous ligués contre lui, dans cette maison, pour tous lui faire remarquer, un à un, qu'il lui fallait peut-être accepter ce que les autres voulaient lui offrir ?
Lui qui, quelques heures plus tôt, avait décidé de reprendre ses distances et de tous les éloigner du mieux qu'il pouvait… De ne plus leur accorder que haine et mépris, indifférence et froideur, sauf à quelques privilégiés, comme Nuwan et Mixiel, et peut-être Minerva…
Que décider ? Devait-il accepter cette main, et ce que cela impliquait ? Il l'avait déjà acceptée, il n'y a pas longtemps pourtant, et le résultat avait été… décevant. Non pire, pour être honnête. Humiliant et brisant. Le comportement de Black par la suite avait brisé tous les espoirs que Severus avait pu fonder dans cette poignée de main qu'ils avaient échangée dans la forêt. Sirius avait bien vite bafoué leur accord tacite et était très rapidement revenu à ses vieilles habitudes de l'humilier et de l'insulter en public, voire pire… Devait-il lui accorder une seconde chance ?
Severus scruta les yeux de l'animagus et tenta doucement d'entrer dans son esprit par legilimencie. Il devait savoir. Il devait savoir si l'autre était honnête ou ne cherchait simplement qu'à se jouer de lui. Il parvint à franchir peu à peu les barrières, bien maigres, mais présentes quand même, de Sirius, et tâta précautionneusement ce qu'il trouvait sur son chemin, ne s'attardant que sur ce qui pouvait l'intéresser dans la situation présente.
- Tu cherches à lire en moi ? Demanda Sirius, son ton dénué de toute colère ou de tout dépit.
En fait, il s'y était attendu. Il connaissait assez bien le côté paranoïaque et méfiant de Severus, ajouté à cela la sorte de déception qu'il avait perçue ces derniers temps en Severus concernant leur… relation… Il savait que le Serpentard chercherait à vérifier s'il était sincère. Et comment pouvait-on le lui reprocher, une fois de plus ?
Sirius baissa donc totalement les quelques barrières mentales qui protégeaient son esprit, laissant libre passage à Severus.
Ce dernier eut un mouvement d'arrêt, plus qu'étonné par cette marque de confiance. Une confiance totale, presque… Car même si Sirius connaissait ses capacités de legilimens pour savoir que Severus était largement capable de tout lire sans grandes difficultés, l'animagus aurait pu se révolter et vouloir le repousser. Mais non, au contraire, il lui livrait tout. Severus était libre de tout explorer dans l'esprit de Sirius. Et la tentation était grande…
Qui lui interdirait donc d'aller voir ce que Sirius ressentait réellement pour Nuwan ou pour Freyja ? D'aller voir ce qu'il pensait réellement de l'Ordre, de Vous-savez-qui, ou autre, de Poudlard, de lui étant jeune… Bref de tout voir, presque de violer son intimité la plus profonde, ses sentiments les plus secrets… Personne n'était là pour s'interposer, après tout.
Il y eut comme un moment de flottement entre eux, Sirius percevant l'hésitation de Severus. Mais il se contrôla le mieux possible et garda ses barrières baissées. Il avait choisi de lui faire confiance, totalement confiance. Il verrait enfin s'il avait eu raison, ou s'il s'était trompé sur le personnage…
Severus hésitait encore. Qui l'empêcherait de… ? Mais la réponse était évidente en fait. Lui-même. Lui-même se l'empêcherait. L'autre lui faisait confiance, venait de lui donner une grande marque de confiance, confiance qu'il avait sans cesse réclamée à corps et à cri… Et maintenant qu'il l'avait, il allait la trahir ? Non, ce ne serait pas digne de lui… Il avait encore un certain sens de l'honneur, et ne le souillerait pas ainsi. Severus se contenta donc de rechercher ce qui le concernait présentement, et seulement présentement, effleurant délicatement les autres pensées ou souvenirs sans les ouvrir pleinement.
Sirius pouvait sentir la présence dans son esprit. C'était une sensation étrange. Il avait déjà eu à faire face à des legilimens bien sûr. Mais rarement à d'aussi puissant, mis à part Albus. Et pourtant le toucher de Severus n'était ni brutal ni douloureux. Il était… délicat, doux, et surtout discret. Il ne forçait pas, et surtout ne fouillait pas outre mesure ses pensées et souvenirs… Sirius était soulagé. Severus avait respecté la confiance qu'il lui accordait, il s'était révélé digne de cette confiance…
Severus trouva rapidement, il put sentir ce que Sirius voulait de leur relation, ce qu'il espérait, ce qu'il ressentait pour lui, le Serpentard autrefois haï. Autrefois, oui, car maintenant, Severus ne lisait plus vraiment de haine, peut-être quelques ressentiments encore, tout comme lui-même devait encore en avoir au fond de lui, mais pas de cette haine viscérale qui les avait déchirés autrefois. Severus pouvait ressentir aussi un réel désir de mieux le connaître, de mieux le comprendre, même s'il y avait encore de nombreuses interrogations et incompréhensions… Un désir presque de lier une quelconque amitié si c'était possible… Un désir sincère de recommencer quelque chose… En tout cas pas de mépris, pas dégoût non plus, malgré cette Marque, pas de tromperie… Sirius ne se jouait pas de lui.
Severus sortit alors aussitôt de l'esprit de Sirius, il avait vu ce qu'il avait à voir. Mieux valait ne pas tenter le diable davantage. Cet intermède n'avait duré en fait que quelques secondes, une minute tout au plus, mais cela avait paru une éternité aux deux protagonistes. Ils continuèrent à se regarder les yeux dans les yeux, Severus étant encore indécis… Il se sentait même un peu honteux lui-même, car en fait Sirius venait de lui offrir une confiance totale. Confiance que lui-même avait été, et était encore, incapable de lui accorder à l'heure actuelle… Malgré ce qu'il venait de lire en Sirius. Et peut-être n'en serait-il jamais capable…
Il avait déjà eu tant de mal à accorder sa confiance et son amitié à Albus… Alors à Sirius, son ancien ennemi et bourreau ?... Severus ne savais pas s'il en était capable, mais peut-être pouvait-il essayer ?
- Je ne sais pas… Commença-t-il, hésitant, cherchant ses mots.
- Tu ne sais pas quoi, Severus ? Demanda calmement Sirius. Il sentait le trouble de l'autre, sans réellement le comprendre, mais essayait de se contenir, de ne pas laisser l'impatience, qu'il sentait monter, l'envahir. Severus avait vraisemblablement besoin de temps, il pouvait bien le lui accorder…
- Je ne sais pas si je peux, à nouveau, accepter… ce que tu me proposes. Je n'ai pas envie que…
- Que je recommence à te bafouer et à renier notre « accord » ? Continua Sirius à la place du Maître des potions.
- On peut dire ça comme ça. Répondit celui-ci, une légère moue cynique étirant ses lèvres.
- Alors que décides-tu ? Demanda une fois encore Sirius, tendant de nouveau sa main gauche vers Severus.
Severus baissa le regard vers cette main tendue, puis le releva vers Sirius. Il n'avait pas menti, il l'avait lu, il pouvait donc bien accepter, non ? Mais que faisait-il donc de ses précédentes résolutions ? Ses fameuses résolutions qu'il avait prises il y a si longtemps ? S'isoler du reste du monde, et se faire craindre ou mépriser, et mépriser les autres ? Où cela l'avait-il mené ? A rien. Le néant. Peut-être pouvait-il essayer de s'ouvrir à nouveau à quelques uns ? Juste un petit peu, pour voir… Et si ça ne marchait pas, il connaissait la solution… Il n'aurait qu'à reprendre illico presto ses anciennes habitudes… Après tout, on ne parlait pas de devenir de grands amis, ni de s'ouvrir totalement, comme il l'avait fait avec Freyja ou Albus…
Mais toutes les personnes à qui ils s'attachaient étaient maudites, tout comme lui, comme si sa propre malédiction les entachait à leur tour… Toutes les personnes qu'il avait aimées avaient eu un tragique destin. Mais qui parlait de s'attacher ou d'aimer ? Personne… Il s'agissait juste d'une trêve… définitive et pacifique… D'apprendre à mieux s'apprécier, rien de plus. Il ne risquait donc pas grand-chose…
Severus se décida enfin, et tendit à son tour sa main. Gauche. Et serra celle de Sirius, comme ils l'avaient déjà fait dans la forêt en revenant de chez Valâa. Sirius lui rendit son étreinte avec un large sourire, faisant passer son enthousiasme dans sa poigne. Un peu trop d'ailleurs, ce qui raviva de nouveau la douleur à son épaule. Et lui rappela par la même occasion celle de son flanc.
Rémus s'avança alors à son tour et lui tendit également une main tremblante. Egalement la gauche. Comme s'il avait compris la signification que cela revêtait aux yeux de Severus. L'accepter tel qu'il était. Avec sa Marque. Et ce que cela impliquait.
Severus hésita un instant. Il gardait beaucoup de rancune envers le loup garou. Non pas parce qu'il avait été un tortionnaire, à vrai dire, Rémus avait été le moins pire des quatre, mais surtout parce qu'il n'avait rien fait. Et une part de lui, ne pouvait non plus s'ôter de la tête cette image du loup garou, ce même loup garou qui l'avait agressé par trois fois et avait bien failli le tuer. Mais l'homme n'était pas responsable, pas vraiment… Et c'était un homme d'une certaine valeur, Severus ne pouvait le nier.
Bizarrement Severus n'éprouvait pas ce besoin de vérifier la sincérité du lupus… euh de Lupin. Il le savait honnête et loyal Jamais il ne se jouerait de la sorte de lui. Severus le savait. Il accepta donc également cette poignée de main.
- Et bien voilà une bonne chose de faite ! S'exclama le tableau. Il en fallu du temps, mais avec de la patience…
- Rien n'est encore gagné, Albus. Rien n'est encore gagné. Fit Severus, plus à l'attention des deux autres qu'à l'attention du portrait. Comme pour leur signifier, que, malgré tout, il gardait une certaine méfiance et une certaine réserve, et attendait de voir dans l'avenir ce que cela donnerait…
- Il serait peut-être temps que tu ailles soigner ta plaie, Severus. Ajouta Rémus avec un sourire. Tu saignes…
Severus écarquilla les yeux et les porta instinctivement sur son corps, comme pour vérifier… Mais on ne voyait rien, sur du noir… Comment avait-il su ? Il réalisa soudain. Le sang. Loup garou. Ses sens aiguisés de loup garou avaient dû le sentir…
Severus le regarda brièvement, puis regarda Sirius, avant de s'éclipser rapidement de la pièce pour obtempérer, une fois n'est pas coutume, aux invitations d'un Maraudeur…
Sirius et Rémus se retournèrent l'un vers l'autre et se sourirent. Ils se sentaient apaisés. Ils étaient simplement venus pour s'excuser et rendre ses biens à Severus, et en fait avait obtenu beaucoup plus. Ils savaient que Severus était encore loin de leur faire une pleine et entière confiance, mais c'était un début. Un début auquel ils ne s'attendaient plus vraiment… Comme quoi…
Sirius remarqua alors les objets de Severus répandus à terre, la boîte s'étant ouverte en tombant violemment à terre. Vraisemblablement Severus n'était pas prêt à récupérer cette boîte et son contenu, il le lui garderait donc en attendant. Cette boîte devait contenir bien des démons pour que le Serpentard réagisse ainsi…
Sirius se baissa donc et ramassa un à un les différents objets, bientôt aidé par Rémus et ils remirent précautionneusement les reliques dans la précieuse boîte. Puis ils sortirent à leur tour.
Fin du chapitre 40
