Merci à tous pour vos reviews. Heureuse que vous ayez tous apprécié ce côté de Seversu, c'est vrai qu'on ne le voit pas tous les jours sous cet aspect...

Lone Wolf : Severus et Harry, pouvant être père et fils? C'est vrai qu'ils ont beaucoup de traits communs, et que leur relation, tout du moins de mon point de vue, est trés proche d'une relation père/fils, mais du type conflictuelle. Severus étant en quelque sorte une figure paternelle qui montre à Harry les limites et exige beaucoup de lui, et Harry se révélant alors une sorte de fils rebelle... ;) En tout cas, pas de lien de sang entre eux selon moi, je vous l'assure tout de suite... Je sais que tu as hâte de voir Severus et Mixiel ensemble, depuis le temps, mais tous deux sont plutôt du genre "timide", ils leur faut du temps...

Allez place à la suite que je vous avait promise et à bientôt! Bonne lecture!

CHAPITRE 42 : Quelques imprévus

Severus espérait au moins une chose : que cette journée soit un peu plus calme que la précédente. Entre son conflit avec Potter, un de plus direz-vous, une Molly malade, et donc le partage des tâches entre tous les membres de cette désespérante maison de fous… Heureusement, il n'avait pas eu à y assister, s'étant presque nommé d'office pour les repas. Mais il avait tout de même eu la joie d'entendre les hauts cris des uns et des autres, quand ils se jugeaient injustement traités et mal lotis par rapport aux autres…

Comment voulez-vous travailler sérieusement avec tout ce vacarme ? A vous donner la migraine, vous dis-je… Bon, d'un autre côté, ce petit manège avait un certain charme : voir tous ces chers Griffondors s'entre-déchirer pour des broutilles sans nom… Assez jubilatoires en fin de compte. Severus en riait encore intérieurement.

Toutefois, ce n'était pas une raison pour récidiver aujourd'hui. Ce fut dans cet état d'esprit des plus agréables que Severus arriva aux cuisines. Quelle ne fut pas sa surprise de voir, au milieu de la cuisine, un elfe babillant à des Griffondors abasourdis et à une Molly qui tentait vainement de reprendre le contrôle de la cuisine. Severus crut un instant, à son plus grand déplaisir d'ailleurs, que l'elfe en question n'était autre que Kreattur… Minerva devait en avoir eu assez de supporter les récriminations et insultes en tout genre de l'elfe acariâtre, obtus et raciste des Blacks.

Mais il réalisa rapidement, qu'il ne pouvait s'agir de Kreattur. Il ne babillerait certainement pas avec joie de la sorte. Un babillement incessant qui vous donnait la migraine d'ailleurs…. Severus la sentait déjà poindre dans son crâne douloureux. Lui qui avait eu toutes les peines du monde à s'en défaire ce matin… Raté !

L'elfe dut l'entendre arriver, car il se retourna vivement pour accueillir dignement le nouveau venu. Severus retint de justesse une exclamation de stupeur, en reconnaissant l'elfe en question.

- Ahhh ! Maître Snape ! Rousko est heureux de retrouver Maître Snape. Rousko est heureux de pouvoir enfin servir de nouveau Maître Snape.

L'elfe sautillait littéralement de joie, valsant presque au milieu de la cuisine, devant Severus, quant à lui, consterné. Il ne savait s'il devait se réjouir ou pleurer. Se réjouir de retrouver effectivement cet elfe un peu spécial, qui l'avait servi aussi fidèlement qu'il servait Poudlard et qui l'avait de si nombreuses fois aidé, quand il était professeur… Ou pleurer de retrouver ce babillage futile et bruyant, qui vous donnait une migraine d'enfer dès le matin… Enfin, quand ce même elfe tout babillant était aussi capable de vous calmer la dite migraine récalcitrante, où était le mal ?

Cependant, même s'il appréciait au fond de lui cet elfe, et qu'il était également plutôt touché de la démonstration d'allégresse que l'elfe manifestait sans contexte à l'idée de ces retrouvailles entre eux deux, il n'en restait pas moins que ce comportement énervait quelque peu Severus, lui toujours aussi impassible et aussi maître de ses émotions… la plupart du temps tout du moins.

- Rousko. Fit-il d'une voix basse mais menaçante. Cesse donc cette valse de suite, ou je te renvoie à Poudlard sur le champ.

L'elfe s'immobilisa aussitôt et commença à s'excuser, tout en se frappant la tête contre le carrelage.

- Cesse ce manège aussi. Ajouta vivement Severus. Si tu veux rester, nos arrangements d'antan sont toujours valables. Pas de punitions inutiles de ce genre. Pas de babillages incessants de si bon matin. Et surtout pas de questions quant à mes activités. Compris ?

L'elfe opina du chef, claquant ses oreilles l'une contre l'autre, avec un sourire aussi large que son visage. Tous les membres présents, à savoir Sirius, Rémus, Harry et ses amis, ainsi que Molly et Mixiel, observaient avec circonspection et un certain hébétement l'échange entre l'elfe et le Maître des potions. Ils n'en croyaient pas leurs oreilles. Apparemment tous deux se connaissaient plus que bien. Pourtant ils avaient cru comprendre que Severus n'avait pas d'elfe, et l'elfe avait dit être envoyé par Poudlard… En outre, Severus ne se montrait nullement cruel ou violent avec l'elfe, contrairement à ce qu'on aurait pu penser.

- Oui, Maître Snape. Rousko a parfaitement compris. Et Rousko fera tout ce que Maître Snape voudra.

- Déjà tu pourrais m'expliquer ce que tu fais ici. Fit Severus.

- Maître McGonagall, directrice de Poudlard, a jugé bon qu'un elfe vienne aider ici. Rousko a donc été envoyé pour aider l'Ordre et ses membres.

- Tu connais l'Ordre ? Que sais-tu d'autre ?

- Rousko ne sait pas grand-chose. Mais, oui, Maître McGonagall a parlé à Rousko de l'Ordre et de ses actions dangereuses, Maître McGonagall a dit que Rousko devait aider, en particulier en cas de coup dur, et que Rousko devait obéir à tous les membres, comme à Poudlard. Rousko est mis au secret, Maître Snape, et les autres Maîtres n'ont rien à craindre, Rousko ne dévoilera jamais le secret. Et de toute façon, Rousko n'en avait pas envie.

- Bien. Et pourquoi toi, au juste ?

- Quand Maître McGonagall a dit avoir besoin d'aide ailleurs qu'à Poudlard, il y avait peu d'elfes volontaires. Seuls Rousko et Dobby. Quand Maître McGonagall a dit à Rousko que Maître Snape y était, Rousko voulait à tout prix y aller. Mais Dobby aussi, car Dobby voulait être avec Maître Potter.

- Et pourquoi toi, encore une fois ? Insista Severus.

- Pas seulement Rousko. Rousko sera là quand Maître Snape sera là, et Dobby sera là le reste du temps, comme ça tout le monde est content.

Severus arqua un sourcil, interloqué. Minerva avait pensé à tout apparemment. Enfin, il n'avait pas à se plaindre, au moins il évitait les autres elfes stupides de Poudlard. En effet, Rousko avait montré une intelligence supérieure à la moyenne, et de ce qu'il avait pu en voir, Dobby était également du même calibre. Au moins un bon point.

Severus releva le regard vers Potter, lui aussi visiblement interloqué de ce qu'il venait d'entendre. Etait-ce d'apprendre qu'il allait bientôt retrouver Dobby ? Non, Severus aurait juré qu'il s'agissait d'autre chose. Et à en voir la tête que faisaient les autres membres présents, il y avait fort à parier, que cet autre chose envahissait aussi leurs pensées. Se pourrait-il, qu'ils soient étonnés de son comportement avec Rousko ? Ou peut-être étaient-ils étonnés que quelqu'un se soit attaché à lui, l'incurable et méprisable Maître des cachots ? Rien de quoi se vanter d'ailleurs… Qui pourrait se vanter que la seule personne, qui puisse s'attacher à vous, n'est autre qu'un elfe de maison ? Presque pathétique.

Severus jugea préférable de refouler au loin ses amères pensées, et s'installa à table, tandis que Rousko s'empressait de le servir.

- Je ne vois vraiment pas ce qu'a bien pu penser Minerva. On n'a pas vraiment besoin d'un elfe de maison… Ce n'est pas parce que j'ai eu une journée de fatigue, que je ne peux pas me débrouiller seule dans cette maison… Bougonnait Molly dans son coin, en regardant l'elfe s'affairer.

Severus aurait été tenté de la laisser bougonner ainsi, les autres Griffondors au grand cœur se chargeant de la consoler, mais la migraine menaçait de s'amplifier au galop… Il décida donc d'intervenir, d'un ton mélodieusement suave et mielleux.

- Voyons, Molly. Ce serait cruel d'enlever à ce charmant petit être un tel plaisir de nous servir. Cela vous laissera d'ailleurs plus de temps pour autre chose, pour aménager cette maison comme vous le souhaitez par exemple, ou que sais-je…

Visiblement son petit laïus eut l'effet escompté, puisque les bougonnements grognons cessèrent. Mais ils furent vite remplacés par une planification des modifications et autres aménagements à prévoir, d'un ton enjoué et enthousiaste… Au grand désarroi de Severus.

Il ferma les yeux sous la migraine taraudante qui le submergeait peu à peu, essayant de la chasser par la seule volonté de son esprit, mais sans succès. Personne ne sembla s'en rendre compte, personne à l'exception d'un petit être disproportionné mais attentif à tous :

- Maître Snape souhaite-t-il que Rousko le soulage ? Demanda l'elfe d'une toute petite voix.

Tous se turent, tandis que Severus rouvrit les yeux lentement, mais douloureusement. Il avait presque oublié l'elfe. Il l'observa un instant, réfléchissant à la proposition, hésitant en fait à accepter, devant les autres, l'aide d'un elfe. Mais cette satanée migraine était vraiment des plus intenables. Il acquiesça donc en silence et referma les yeux, laissant l'elfe apposer délicatement ses mains sur les tempes douloureuses de l'homme ténébreux.

Ils restèrent ainsi quelques minutes, Severus sentant le picotement caractéristique de la Magie de l'elfe faire effet sur ses centres nerveux douloureux. Puis finalement, l'elfe retira ses mains et regarda Severus avec un sourire heureux et fier. Il aimait bien aider cet homme. A Poudlard, il avait souvent dû le soulager de cette migraine, chaque soir en fait, et souvent le matin aussi. Il avait dû souvent le soigner également, quand il rentrait de ses étranges expéditions, et qu'il refusait que Rousko appelle l'infirmière Madame Pomfresh…

L'homme avait toujours eu un comportement étrange et bouillonnant, malgré ce qu'il laissait transparaître à ses semblables, mais Rousko n'avait jamais posé de questions, car il savait que l'homme avait l'entière confiance du Professeur Dumbledore, et maintenant du Professeur McGonagall. Et il savait qu'au fond de lui, cet homme était un homme bien, même si ces cauchemars témoignaient d'un passé lourd, difficile et taché de sang. Rousko avait pu lire dans son cœur, et son cœur n'était pas mauvais, pas tout à fait du moins…

Il avait été triste en apprenant que l'homme avait tué le Professeur Dumbledore et qu'il avait dû quitter Poudlard, mais il était sûr, sans pouvoir dire pourquoi, que l'homme n'avait pas vraiment assassiné le vieil homme de son propre chef. Il y avait trop d'estime, et même plus, entre les deux hommes, pour que le plus jeune ait pu tuer aussi simplement le plus âgé… Cela cachait quelque chose. Il avait donc été heureux d'apprendre, qu'il allait revoir Maître Snape et que celui-ci faisait partie de l'Ordre.

Oui, Rousko savait que l'Ordre oeuvrait pour le bien du monde sorcier et que cette organisation avait été créée par le professeur Dumbledore. Il n'en savait pas plus, mais il en avait conclu, que si Maître Snape faisait encore partie de l'Ordre, c'est qu'il oeuvrait toujours pour le bien et pour la cause du Professeur Dumbledore, et que ce meurtre cachait bien autre chose, comme il l'avait toujours pensé.

Rousko n'avait pas besoin d'en savoir plus, il voulait juste aider maintenant. Juste aider Maître Snape, cet homme qu'il avait eu l'honneur d'aider déjà avant, cet homme qui n'avait jamais été méchant avec lui, ni réellement violent. Il le savait grognon, grincheux, pouvant être dangereux aussi, surtout si on le réveillait brutalement ou lors de ses colères noires, mais pas méchant. Il n'avait en tout cas jamais frappé Rousko et surtout l'empêchait de se punir pour un oui et pour un non. Donc Rousko était content de le retrouver…

Severus avait senti instantanément la magie de l'elfe faire effet. Il n'avait jamais su comment ni pourquoi la magie des elfes l'aidait autant, mais c'était bigrement plus efficace que tout remède, moldu ou sorcier… C'est alors qu'il constata, qu'une part de lui aussi était contente de retrouver cet elfe si discret et si efficace. L'elfe l'avait souvent surpris de retour de mission, plus ou moins amoché, parfois sacrément blessé. Mais il n'avait rien dit. Pas de hauts cris, ni de pleurs désespérés, comme il aurait pu s'y attendre de la part d'autres elfes. Non, Rousko l'avait simplement aidé, soigné et avait parfois prévenu Dumbledore…

Il n'avait en outre jamais révélé son secret aux autres elfes. Il était simplement là quand Severus en avait besoin, et n'avait jamais créé de problème. L'elfe le connaissait d'ailleurs suffisamment bien, pour ne pas créer de problème… Et ne pas s'offusquer de son comportement non plus. Severus n'était en effet pas franchement plus amical avec les elfes qu'avec les humains, surtout lors des réveils en sursaut… Il n'appréciait pas spécialement d'être servi, et s'était difficilement habitué aux manies des elfes. En fait, il ne s'était jamais habitué à certaines manies, comme celles de se punir à tout bout de champ. Vraiment usant…

En outre, l'elfe avait un minimum d'intelligence, ce qui était plutôt appréciable. Dumbledore avait bien choisi l'elfe, connaissant le caractère un peu particulier de Severus, et on pourrait aller jusqu'à dire qu'une certaine complicité s'était créée entre l'elfe et l'homme…

Severus décida d'ouvrir enfin les yeux, l'elfe ayant rompu le contact physique depuis quelques secondes. Il se sentait beaucoup mieux, l'elfe avait encore fait des miracles.

- Parfait. Fit simplement Severus à l'attention de l'elfe. Ceci m'évitera ainsi d'avoir recours à moult potions plus ou moins inutiles.

- Rousko est heureux de rendre de nouveau ce service à Maître Snape. Répondit l'elfe, joyeux.

Personne ne souffla mot, chacun méditant silencieusement sur ce qu'ils venaient de voir, tandis que Severus goûtait à la douce quiétude, qui avait subitement envahi la cuisine et son esprit.

…………………………………………………………………………………………………

Il avait besoin de données supplémentaires, ses recherches sur les potions que le Maître lui avait demandées butaient depuis quelques temps, sans résultat probant. Severus avait pensé pouvoir avancer un peu plus, maintenant qu'il avait regagné une certaine tranquillité, mais il ne parvenait toujours à rien. Il y avait travaillé toute la matinée, mais rien. Il sentait qu'il lui manquait quelque chose…

Pourtant il avait déjà épluché sa propre bibliothèque et celle d'Albus, qui avaient été en partie transférées au 12 Square Grimmaud, mais sans rien trouver de plus utile que ce qu'il n'avait déjà. Peut-être trouverait-il ce dont il avait besoin dans la bibliothèque des Blacks, située dans le petit salon… Elle n'était pas immense, mais regorgeait de certains trésors.

Severus décida donc de s'y rendre, espérant qu'il y serait seul. Son maigre espoir fut vite réduit en poussières, quand il aperçut, en entrant dans le dit salon, Miss Granger confortablement installée dans un des fauteuils, un magazine entre les mains. Au moins, elle ne devrait pas trop le déranger, obnubilée comme elle l'était dans sa lecture.

Celle-ci daigna enfin lever les yeux de sa revue si captivante, pour prendre connaissance de l'identité de l'intrus, qui envahissait si soudainement son havre de paix. Cet intrus n'était autre que son ancien professeur. Il lui avait bien semblé reconnaître son pas, un pas d'homme, mais si discret, presque silencieux, peu commun pour un homme d'ailleurs, un pas si caractéristique, ressemblant à s'y méprendre à celui d'un félin en mode prédateur… Certainement avait-il dû développer cette façon si féline et si furtive de marcher, au cours de ces années d'espionnage…

Hermione avait également cru reconnaître le Maître des potions au frottement si familier de ses robes, ainsi qu'à l'odeur particulière qui le caractérisait, un subtil mélange d'épices et de musc assez envoûtant… Et elle n'avait pas été déçue, en le voyant apparaître sur le seuil de la pièce. Elle lui adressa alors un simple sourire et, sans attendre la moindre réponse de son professeur, elle replongea dans sa lecture. Inutile d'engager la conversation, ce n'était pas le genre de Snape…

Severus fut quelque peu surpris de l'attitude à la fois si familière et si discrète de son ancienne élève. Mais il se reprit bien vite et se dirigea sans un mot, tout en ignorant ostensiblement la jeune femme, vers la bibliothèque, pour entreprendre sa recherche.

Il ne fut pas long à trouver deux ou trois livres pouvant se révéler prometteurs. Il s'en empara donc et s'installa à son tour dans l'autre fauteuil. Il aurait très bien pu les consulter dans son laboratoire, mais il n'avait pas vraiment envie de faire des allers et venues inutiles et fatigants, dans l'éventualité où ces livres-là se montreraient insuffisants à compléter son raisonnement.

Il commença alors à les éplucher consciencieusement, rapidement captivé à son tour par sa propre lecture. Très vite, chacun d'eux oublia la présence de l'autre. Ils travaillèrent ainsi en silence une petite heure, jusqu'à ce qu'Hermione, ayant fini son magazine, rompît le calme ambiant en s'étirant tel un chat dans son lit.

Severus releva subrepticement le regard vers la Griffondor, qui avait osé troubler le cours de ses réflexions, quand son regard tomba sur la revue, que la jeune femme venait de reposer sur la table basse. La gazette de potions avancées. Gazette où toutes les dernières avancées ou améliorations dernier cri en matière de potions étaient retranscrites.

Gazette à laquelle Severus, pourtant abonné depuis ses plus jeunes années, n'y avait plus accès… En effet, son abonnement avait été d'office résilié après cette maudite nuit… Et il aurait été malvenu de se le faire parvenir, même sous un nom d'emprunt, que ce soit au Manoir du Seigneur des Ténèbres ou au quartier général de l'Ordre. Trop risqué. Severus avait donc bien du mal à se tenir quelque peu au courant des dernières découvertes… Et, plus que tout, cela lui manquait cruellement, il se sentait exclu de la communauté des Maîtres de potions encore plus fortement qu'auparavant.

Lui, le plus jeune et le plus doué des Maîtres de potions de tous les temps, qui avait été intronisé dans cette communauté très fermée alors qu'il était à peine âgé de dix-huit ans, âge officiel, soit seize ans en âge réel, avait toujours eu du mal à se faire réellement accepter par ses paires. Certainement à cause de la jalousie qu'il suscitait, peut-être aussi à cause de la peur qu'il pouvait inspirer. Néanmoins, il avait également pu sentir le respect, que les autres membres de cette communauté scientifique lui témoignaient malgré tout. Respect dû à ses capacités non négligeables en potions et aux avancées considérables auxquelles il avait souvent contribué. Or aujourd'hui, il était clairement mis au ban par ces mêmes Maîtres des potions, qui autrefois le consultaient régulièrement pour tel ou tel problème... Cela manquait cruellement à Severus, peut-être même plus que Poudlard…

Tout à ses pensées moroses, Severus n'avait pas détaché son regard de la Gazette, ce qui n'échappa pas à la vigilance d'Hermione. Elle perçut le trouble de son ancien professeur, et cela la mit mal à l'aise. Elle réalisa soudain, qu'il ne devait certainement plus pouvoir la lire régulièrement… Il avait dû être rayé des listes des abonnés, un fugitif renégat et meurtrier ne pouvait maintenir un abonnement à une telle Gazette. Et il aurait été impensable de s'abonner sous un autre nom sans attirer les soupçons, sans compter de savoir à quelle adresse la faire parvenir… Hermione comprit alors la position plus que désastreuse et cruellement désespérante, dans laquelle le Maître des potions se trouvait à l'heure actuelle depuis le meurtre de Dumbledore.

Outre le fait d'être exclu de la société sorcière et d'être considéré comme le pire des criminels mangemorts, il était également exclu de la communauté scientifique, lui, le plus brillant de tous les Maîtres des potions et un des plus brillants esprits. Cruel et injuste, pensa Hermione. Elle ne sut alors comment réagir. Que devait-elle faire ? Lui proposer de lire sa Gazette à elle, aussi souvent qu'il le désirait ? Non, impensable. Il le prendrait mal, à coup sûr, pensant qu'on le prenait en pitié… Et cela ne ferait que raviver son sentiment d'amertume : en effet, quoi de plus humiliant, pour un être aussi fier que lui, que de constater que ses propres alliés avaient également vivement conscience de sa situation de proscrit exclu et rejeté par ses paires… Il se sentirait encore plus exposé…

Non, elle devait trouver autre chose… Mais quoi ? C'est alors qu'elle eut une idée… Après tout, depuis le temps qu'elle voulait lui demander son aide pour les ASPICS… Le Professeur McGonagall lui avait assuré, qu'il ne pouvait qu'accepter. Et quand il aura accepté, elle pourra mettre facilement cette Gazette à sa disposition, sans titiller sa susceptibilité… Elle ferait alors d'une pierre deux coups, elle aurait ses cours et lui aurait la Gazette…

Après une profonde inspiration, Hermione prit donc son courage à deux mains, telle la Griffondor qu'elle était, et s'élança :

- Professeur… Euh Monsieur Snape ? Se corrigea-t-elle rapidement, réalisant que l'appellation de professeur lui avait encore échappé. Si elle pensait pouvoir l'amadouer, en lui rappelant de la sorte ce qu'il avait dû quitter…

Severus sortit brutalement de ses songes et leva les yeux vers Hermione, la regardant un instant d'un air meurtrier. Combien de fois faudra-t-il lui dire de ne plus l'appeler professeur ? Au moins, elle avait eu la décence de se reprendre.

- Oui, Miss Granger. Fit-il au bout de quelques secondes, d'un ton doucereux mais froid.

- J'aurais aimé vous demander une faveur.

- Une faveur ?! Vous savez pertinemment bien, que je ne suis pas enclin à accorder mes faveurs à n'importe qui. Répliqua-t-il, sa voix se teintant alors de cynisme.

Hermione encaissa l'injure implicite sans rien dire. Elle en avait l'habitude avec lui, après tout. Et elle commençait à croire que Snape ne les pensait pas réellement, que c'était juste une manière d'écarter les autres de lui, ou d'affirmer son ascendance sur quelqu'un. Elle continua donc, courageusement :

- Oui, une faveur. Comme vous le savez déjà, Harry, Ron et moi préparons nos ASPICS. Ce n'est pas parce que nous ne sommes pas à Poudlard, que nous avons abandonné nos études, et ce n'est pas parce qu'il y a la guerre, qu'il faut oublier l'avenir.

- Quel beau discours. Répondit Severus, ne cachant pas l'ironie qu'il ressentait à cette tirade si Griffondor.

Comment pouvait-on encore parler d'avenir, avec toutes les horreurs qui se passaient au dehors et qui s'annonçaient bientôt ? Mais après tout, ils étaient jeunes encore… Etait-il si inconcevable que ces jeunes gens puissent espérer un avenir ? Avait-il le droit de briser leurs espérances ? Devait-il leur ouvrir les yeux sur le monde présent et les réalités de la guerre ? Devait-il leur faire réaliser que la guerre détruisait tout, que le monde qu'ils avaient connu n'existerait plus, plus vraiment, et que cet avenir ne pouvait être désormais que teinté de noir et de sang ?

La jeune Griffondor, de son côté, ne se laissa pas décontenancée pour autant et coupa court au questionnement intérieur de son ancien professeur, en poursuivant sur un ton déterminé :

- Qu'importe ce que vous pouvez bien penser à ce sujet. Nous croyons à l'avenir, je crois à l'avenir. Sinon on ne se battrait plus avec tant de convictions… Pour en revenir à ce que je voulais vous demander… J'aurais aimé que… Enfin je…

Soudain, elle semblait perdre de son assurance, ce qui fit rire Severus sous cape. Elle n'avait pas tant changé que ça au final. Toujours prête à se démener pour les causes perdues d'avance, fière de ses convictions, brandissant son étendard contre vents et marées… Mais quand il s'agissait de ses propres intérêts personnels, tout son bel enthousiasme s'envolait en éclat. Vraiment typique de la Miss-je-sais-tout qu'il avait connue.

- Vous auriez aimé quoi ? Finit-il par dire, voyant que la Miss-je-sais-tout s'était tu, probablement vexée qu'il se moque ouvertement d'elle en pareil moment.

- J'aurais aimé vous demander de nous aider à préparer nos ASPICS en potions et dans d'autres matières. Répondit-elle d'une traite.

- Pardon ?

Severus ne s'était pas du tout attendu à cette demande. Comment pouvait-elle vouloir que, lui, son ancien professeur le plus honni de tout Poudlard, l'aide pour ses ASPICS. Un moment, correction, pour LEURS ASPICS. Ce qui signifiait, qu'elle incluait également dans ce stupide projet ses deux amis Griffondors… Impensable !

- J'aurais aimé vous demander de nous aider à… Commença-t-elle à répéter.

- J'avais bien compris. La coupa Severus, appuyant ses paroles d'un geste impatient. Ce que je ne comprends pas, c'est pourquoi me demander ça, à moi. Minerva ou Rémus, peut-être même certains autres membres, sont tout aussi aptes à vous aider…

- Oui, Rémus et Tonks, ainsi que Sirius, Mixiel et Nuwan, nous aident grandement, c'est vrai. Le Professeur McGonagall, par contre, n'a pas de temps à nous consacrer, entre Poudlard et l'Ordre. Mais, il y a certains points, entre autre en potions, qu'ils sont incapables d'éclaircir.

- Je croyais que Mixiel et Nuwan se débrouillaient bien en potions.

L'intérêt de Severus était soudain davantage piqué au vif.

- Oui, mais certaines potions leur sont inconnues, ils n'ont pas le même programme que nous en Amérique. En outre, ils n'ont qu'une année de plus que nous, ils ont passé leurs examens l'année dernière seulement, certains points leur semblent aussi obscurs qu'à nous. Quant à Rémus, Sirius ou Tonks, ils sont plutôt nuls en potions.

Severus eut un sourire en coin à cette remarque. Effectivement, les Maraudeurs ne brillaient pas vraiment en potions à Poudlard. Les explosions de leurs chaudrons étaient monnaie courante d'ailleurs. Un des seuls domaines où Severus n'était pas en concurrence avec eux… A se demander, comment ils avaient réussi leurs examens…

- Je peux aisément le concevoir, les potions n'étaient pas leur point fort, et je doute que cela ait grandement changé. Mais ne croyez pas, que j'accepte pour autant votre requête. Ajouta-t-il aussitôt, voyant le sourire de Granger s'étirer dangereusement, comme si elle croyait avoir gagné.

- Mais…

- Tout comme Minerva, je suis très pris, même si je n'ai pas une école de sorcellerie à gérer… Il regarda la Griffondor droit dans les yeux, lui faisant comprendre implicitement que gérer un manoir de mangemorts n'était pas non plus des plus reposants… Je crains de devoir vous refuser ce plaisir, continua-t-il avec un rictus carnassier et moqueur.

- Mais… tenta de nouveau Hermione.

- Il n'y a pas de mais. Même si j'avais la moindre envie de céder à votre requête, ce qui n'est absolument pas le cas, je vous l'assure tout de suite, je ne vois vraiment pas quand, ni comment trouver le temps pour ce faire.

C'est alors qu'une idée brillantissime germa dans l'esprit de la Griffondor…

- Et si…

Mais devant l'air meurtrier de Snape, elle hésita quelques instants. Que risquait-elle à lui proposer cette idée ? Il n'allait pas la tuer tout de même, si ?

- Et si, quoi ? S'impatienta Severus.

- Et si on vous allégeait de quelques tâches ?

Severus ricana et répondit d'une voix mesquine et nonchalante :

- Ah oui ? Et de quelles tâches ? Peut-être songeriez-vous à devenir Mangemort à votre tour et me remplacer dans le rôle d'espion ? Libre à vous d'essayer, mais je doute toutefois que le Seigneur des Ténèbres accepte une Sang de Bourbe telle que vous, aussi intelligente soit elle.

Soudain la gifle claqua. Severus ne l'avait pas vu venir, et n'avait pas prévu le coup. Mais alors pas du tout. Comment aurait-il pu penser, que cette élève, si calme et si sereine le plus souvent, pouvait devenir parfois si rebelle et si offensive ? Bon, à vrai dire, il avait déjà pu goûter de son côté rebelle, que ce soit en cours, quand elle se rebellait contre la soi-disant injuste flagrante dont il faisait preuve envers les Griffondors, ou que ce soit pour faire les quatre cents coups avec ses deux meilleurs amis, dont Potter… A se demander qui entraînait qui dans ces mésaventures.

Une douleur cuisante lui brûlait maintenant la joue gauche. Severus en était resté abasourdi, une main sur sa joue, cherchant à comprendre ce qui venait de se passer. La Griffondor se tenait, quant à elle, fièrement debout devant lui, prête à répliquer de nouveau si le besoin s'en faisait sentir. Mais Severus peinait encore à réaliser l'offense, pour pouvoir lui répondre de suite par un de ses sarcasmes habituels.

Ce n'est qu'au bout de quelques longues minutes, qu'il reprit ses esprits, et la colère commença à monter insidieusement en lui. Elle l'avait giflé… Comment avait-elle osé ? Elle voulait lui demander quelque chose, un service en quelque sorte, et tout ce qu'elle trouvait à faire pour appuyer sa demande c'était de le gifler… Quel sens de la diplomatie ! Elle n'avait pas besoin que de cours de potions, apparemment… Il releva enfin la tête vers Granger et la foudroya du regard.

Elle semblait à la fois déterminée et apeurée. Déterminée, car elle se sentait certainement dans son bon droit, et aussi apeurée par le geste qu'elle avait osé lever sur Snape.

- C'est ainsi que vous pensez pouvoir me convaincre de vous aider pour vos ASPICS, peut-être ? S'enquit-il, sa voix basse et menaçante, cette voix si célèbre qu'il prenait depuis tant d'années pour terroriser ses élèves.

- Non, ça, c'est pour m'avoir insulter. Répondit-elle bravement, la juste colère coulant encore dans ses veines et lui donnant la force de faire front à cet homme pourtant si menaçant.

- Vous avoir insulter ? S'étonna Severus.

Bon, soit, il l'avait traité de Sang de Bourbe, mais plus pour lui faire comprendre le point de vue du Seigneur des Ténèbres, que pour lui donner son propre point de vue à lui. En outre, il avait tout de même ajouté qu'elle avait une certaine intelligence, non ? Déjà qu'il était avare de compliments, si en plus on le remerciait de la sorte, pas la peine d'insister, il garderait ses compliments pour lui… Pour ce que ça lui rapportait !

- Vous n'aviez pas à me gifler, Miss. Je suis encore votre aîné, à défaut d'être encore votre professeur. Vous me devez donc un minimum de respect.

Severus luttait pour garder son self contrôle, mais il ne pouvait empêcher sa voix de conserver quelques intonations menaçantes.

- Vous me devez également un minimum de respect, Monsieur. Même si je suis plus jeune que vous, vous n'avez pas à m'insulter de la sorte.

McGonagall choisit alors ce moment pour faire son apparition sur le seuil du salon. Severus avait oublié. Il était prévu qu'elle passe en fin de matinée. Elle avait dit vouloir le voir pour lui demander un service. « Encore un », pensa-t-il malgré lui.

- Bonjour Severus. Bonjour Hermione. La voix de Minerva mourut sur les dernières syllabes, réalisant que quelque chose n'allait pas dans cette pièce.

McGonagall se figea soudain devant la scène qui se présentait à elle. La jeune Griffondor, debout devant Severus, quant à lui assis, avait l'air hors d'elle. Elle n'avait pas entendu d'éclats de voix depuis la cuisine, mais on pouvait faire confiance à ces deux-là pour se disputer calmement. « Enfin, calmement, façon de parler… » Pensa Minerva en voyant tout à coup la joue rougie de Severus. Se pourrait-il que Granger ait osé gifler son ancien professeur de potions ? Elle, si respectueuse d'habitude… Severus devait encore avoir poussé le bouchon un peu loin, pour faire sortir la jeune femme de ses gonds…

- Pourrait-on savoir ce qui se passe ici ? Demanda-t-elle, les lèvres pincées et reprenant son air sévère de professeur et directrice.

Ce fut Severus qui lui répondit, les basses inflexions de sa voix trahissant la tension qui l'habitait.

- Comme vous pouvez le constater, Miss Granger et moi-même avons un petit désaccord. Petit désaccord qui m'a valu un manque de respect flagrant de la part de Miss-je-sais-tout.

- Manque de respect réciproque. Continua la jeune Griffondor.

- Si vous m'expliquiez plus précisément… Fit Minerva, excédée de toujours devoir intervenir quand il s'agissait du Maître des potions.

Severus et Hermione lui expliquèrent alors succinctement leur « entretien ». A la fin du récit, Minerva était partagée entre le rire et l'énervement. Severus pouvait bien critiquer la diplomatie de la jeune femme, il n'était pas plus doué qu'elle.

- A mon humble avis, tout ceci n'est qu'un malentendu. Je pense que Severus ne vous a pas traitée directement de Sang de Bourbe. Non, laissez-moi donc finir, Hermione, s'il vous plaît. Vous pourrez vous exprimer ensuite.

Severus eut une mimique victorieuse, qui s'effaça bien vite quand Minerva reprit :

- Je pense que Severus ne faisait qu'exprimer, de façon peu courtoise certes, l'opinion de Vous-savez-qui. Mais il est vrai également, que vous y êtes allé un peu fort, Severus. Pourquoi avez-vous eu besoin de faire une telle remarque ?

- Parce que, maintenant, je devrais peser mes mots ? Si Miss-je-sais-tout a besoin qu'on la ménage, qu'elle aille voir ailleurs si j'y suis. Nous sommes en temps de guerre, et je ne suis pas là pour ménager qui que ce soit.

- Voyons, Severus. Et cessez donc de l'appeler Miss-je-sais-tout. Tout comme vous n'aimez pas, qu'on vous rappelle votre ancien titre de professeur…

Severus se renfrogna. Il se leva subitement, tout en ramassant les livres qu'il étudiait quelques instants plus tôt, et s'apprêta à partir, quand Minerva l'apostropha.

- Où comptez-vous aller Severus ? La conversation n'est pas finie.

- Si, pour moi, elle l'est. De toute façon, je connais déjà la fin de cette… « discussion ». Comme toujours, vous donnerez raison à vos précieux petits Griffondors.

- Mais Severus, ne faîtes pas l'enfant. Nous ne sommes plus à Poudlard. Et je ne pensais pas prendre la défense de qui que ce soit. Je cherche juste à vous faire comprendre à tous deux, que votre dispute est idiote et inutile.

- Oui, vous avez raison, Professeur McGonagall. Intervint alors Hermione, penaude de s'être laissée emportée. Monsieur Snape, je vous demande de bien vouloir m'excuser. Je n'aurais jamais dû vous gifler.

- En effet. Rétorqua-t-il, glacial. Surtout que mon intention n'était nullement de vous insulter. Seulement de vous faire comprendre certaines choses…

- J'ai compris ce que vous vouliez dire. Fit Hermione, d'un ton de nouveau plus assuré. Mais ma proposition tient toujours. Nous aimerions sincèrement, que vous nous aidiez dans certains domaines, vous êtes le seul apte à nous faire avancer. Et quand je parlais de vous alléger de certaines tâches, je ne parlais bien évidemment pas de votre rôle… d'espion. Je parlais de fournir les stocks de potions pour l'Ordre, par exemple… Ou que sais-je…

Severus parut un instant circonspect. Peut-être avait-il réagi un peu abruptement lui aussi… Cependant, il n'allait pas l'avouer pour autant, et encore moins s'excuser. Par contre, cette proposition pourrait s'avérer intéressante. Certes, son emploi du temps ne serait peut-être pas vraiment allégé, puisqu'au lieu de reconstituer les stocks de potions, il devrait donner des sortes de « cours » au trio Griffondor. Et surtout, au lieu d'être seul avec lui-même et ses chères potions, il devrait supporter ces Griffondors exaspérants…

Mais peut-être pourrait-il aussi en tirer d'autres avantages, en émettant certaines conditions… La première d'entre elles serait un arrêt immédiat de leur accord au moindre signe de comportement irrespectueux et agressif… Un peu de paix ne lui ferait pas de mal. La deuxième serait d'inclure Mixiel et Nuwan dans ces « cours », ils relèveraient ainsi le niveau général et cela s'avérerait alors un tant soit peu intéressant. Granger lui avait bien dit, qu'eux deux avaient été leurs professeurs en quelque sorte, mais qu'ils bloquaient sur certains points. Et ce pourrait être l'occasion de se rapprocher d'eux… Oui, une très bonne occasion même.

Même si pour cela, Severus devait supporter tous les Griffondors de la terre, il ne laisserait jamais passer une telle occasion… Il devait saisir cette chance.

- Bien, je vais y réfléchir. Répondit-il d'une voix neutre.

Ne surtout pas accepter précipitamment, les faire languir… Ses conditions seraient plus facilement acceptées.

- Severus, vous ne pouvez décemment pas refuser, tout de même. Intervint Minerva, avec un air charmeur, qu'il lui avait déjà vu parfois, comme quand il refusait de lui céder le terrain pour des entraînements de Quidditch…

- J'ai dit que je vais y réfléchir, Minerva. Je n'ai encore rien refusé, à ce que je sache…

- S'il vous plaît, Monsieur. Fit Hermione. Nous accepterons toutes vos conditions, sans exceptions.

- Toutes ?! Répliqua-t-il avec un sourire narquois. Il sentait qu'il allait gagner.

- Toutes.

- Bien. Alors j'exige du respect, aucune marque d'agressivité, quelqu'elle soit, une écoute attentive et de la bonne volonté. A la moindre incartade, notre accord tombe à l'eau.

- D'accord. Nous serons sages comme des images.

- Mixiel et Nuwan y participeront aussi, en plus de vous et de vos deux amis.

- Et Ginny. Fit Hermione.

Severus soupira mais acquiesça silencieusement. La jeune Weasley n'était pas la pire après tout…

- Vous ne rechignerez pas, quand je vous donnerai la liste des potions à faire. Il y aura celles de l'Ordre, mais aussi celles que je dois faire pour les Mangemorts. Ne me regardez pas avec ces yeux exorbités. Bien évidemment, je suis également chargé de leur stock et me dois de les faire consciencieusement.

McGonagall hocha la tête d'assentiment. Mais Hermione semblait soudain hésiter.

- Miss Granger ?! S'enquit Severus. Dois-je comprendre que vous refusez cette condition ? Sachez que si je vous demande cela, c'est uniquement dans le but de me libérer un peu plus de temps, pour pouvoir vous accorder cette aide que vous réclamez tant…

- Et vous pensez faire les potions des Mangemorts avec les ingrédients de l'Ordre ? Demanda Hermione, suspicieuse.

- Quel sens pratique, Miss ! Non, si je peux vous rassurer, ces potions seront faites avec les ingrédients fournis par les Mangemorts, tout comme certaines potions pour l'Ordre d'ailleurs.

- Vous voulez dire, que vous utilisez certains ingrédients de chez eux, pour les potions de l'Ordre ? Fit Minerva, soudain sidérée.

- Bien entendu, répondit Severus avec un air désinvolte. Il faut bien tirer quelques avantages de cette condition, non ? J'ai carte blanche sur mes dépenses par le Seigneur des Ténèbres Lui-même. Même si je dois tenir un listing précis des stocks des ingrédients et des potions, il est toujours difficile, surtout pour des profanes, de vérifier les quantités exactes dont j'ai réellement besoin. Surtout si on prend en compte les recherches qu'Il m'a demandées… Ajouta-t-il d'un air sous-entendu à l'attention de Minerva.

- Mais c'est tout de même risqué, non ? Continua la Directrice de Poudlard.

Elle savait que Severus avait un esprit très Serpentard quand il s'y mettait, mais à ce point-là !

- Il suffit d'être discret. Ne vous inquiétez pas, je ne prends aucun risque inutile.

- Mais cela ne paraîtra-t-il pas surprenant, que vous preniez moins de temps pour faire leurs potions ? Demanda Hermione, toujours circonspecte.

- Mon emploi du temps n'est pas surveillé, pas autant en tout cas que vous paraissez le croire. Je pourrai tout simplement consacrer un peu plus de temps pour mes recherches, quand je serai là-bas. Ils n'y verront que du feu.

- Bien. Puisque vous semblez sûr de vous… Pour ma part, je n'y vois aucun inconvénient, dans ce cas. Concéda Minerva.

- Bien entendu, ajouta Severus en s'adressant à la jeune Griffondor, quand je vous donnerai les listes des potions à faire, vous ne saurez pas lesquelles sont pour l'Ordre et lesquelles sont pour les Mangemorts. Ainsi vous ne serez pas tentés de les saboter. En outre, je les vérifierai moi-même à chaque fois, avant qu'elles puissent être utilisées.

- Bien. J'accepte. Fit finalement Hermione, après quelques secondes de réflexion. Ces conditions n'étaient, somme toute, pas si difficiles à accepter.

- C'est moi qui choisirai le jour et l'heure, continua Severus. Nous nous verrons tous ensemble dans cette demeure bien sûr, mais pas forcément au laboratoire. Il serait peut-être sage d'aménager une pièce pouvant s'adapter en fonction des besoins.

- Je m'en charge. Nous verrons ça avec Ron et Harry, répondit-elle. Peut-être pourrons-nous utiliser le salon du premier étage.

Severus acquiesça d'un signe de tête.

- Est-ce tout ? Demanda la jeune Griffondor, visiblement étonnée, que Snape n'ait aucune autre requête.

Elle aurait pensé, qu'il aurait demandé d'autres concessions encore, et peut-être même de pouvoir lire les différents magazines scientifiques auxquels elle pouvait être abonnée. Mais non, rien de tel. En fait, Snape n'avait rien demandé de véritablement personnel, rien de quoi tirer un véritable profit personnel en tout cas… A part concernant Mixiel et Nuwan…

- Que voulez-vous que j'exige de plus ? Répliqua Severus, un brin moqueur. Oui, c'est tout, Miss. Mais si vous le souhaitez vraiment, je pourrais bien trouver d'autres conditions supplémentaires.

- Je tiens à préciser, ajouta Hermione, que nous avons décidé de prendre les abonnements pour les magazines scientifiques divers en commun. Ils sont donc disponibles pour tous ceux qui participent à ces « cours », Mixiel et Nuwan les consultent d'ailleurs régulièrement. Cette prérogative vous est, bien entendu, également accordée.

Severus en resta momentanément perplexe. Il était persuadé, que la Griffondor avait compris son envie et son amertume, en voyant la Gazette de potions avancées tout à l'heure. Et elle venait de lui proposer, assez élégamment, de la consulter quand bon lui en semblait. C'était, mine de rien, finement joué. Il ne pouvait s'offusquer de cette offre, qu'elle venait de faire à mots couverts, afin de préserver son amour propre à lui. « Un petit côté Serpentard, vous aussi, Miss Granger ? » pensa-t-il.

- Bien, Miss. Puisque nous sommes d'accord.

Severus s'était déjà retourné, prêt à partir, quand Minerva l'arrêta de nouveau dans son élan.

- Severus, je souhaitais vous parler.

« Ah oui, c'est vrai ! » maugréa-t-il intérieurement. Il se tourna donc vers Minerva et la regarda avec un air résigné, tandis qu'Hermione s'éclipsait discrètement pour les laisser seuls.

…………………………………………………………………………………………………

- Non, Minerva. S'entêta Severus.

Cela faisait une demi heure qu'ils discutaient à ce sujet, chacun fermement campé sur ses positions.

- Non, reprit-il. Je vous l'ai déjà dit, je ne reprendrai plus les cours d'occlumencie avec Potter.

- Mais voyons, Severus, nous n'avons pas le choix. Je peux concevoir, que les relations soient difficiles entre vous deux. Je comprends aussi, que vous lui en vouliez encore d'avoir violé vos souvenirs en regardant dans votre pensine. Mais Harry a besoin d'apprendre à fermer son esprit, les visions ont repris, même si elles sont moins fréquentes que lors de sa cinquième année, et plus sélectives aussi.

Severus eut une moue de dégoût. En effet, les visions de Potter semblaient essentiellement concerner ses entrevues à lui avec le Seigneur des Ténèbres, en particulier quand il se faisait doloriser… Cela avait un côté humiliant. Severus ne pouvait se faire à l'idée, que le gamin puisse le voir, lui, son ancien professeur honni, aux pieds du Mage Noir, faible et impuissant, soumis même… Humiliant.

- Vous m'avez déjà expliqué tous ces arguments, Minerva. Mais cela ne changera en rien ma décision. Non, c'est non.

- Vous avez bien accepté de les aider pour leurs ASPICS, alors pourquoi refuser ces cours à Harry ?

- Je vous l'ai déjà dit, ce n'est pas la même chose.

- Mais, Severus, vous êtes le seul à pouvoir lui enseigner l'occlumencie.

- Peut-être pas le seul, répondit le Maître des potions songeur.

- Qu'entendez-vous par là ? S'enquit la Directrice de Poudlard, reprenant soudain espoir que son ancien collègue change d'avis.

- Je ne suis pas le seul occlumens dans cette maison.

Severus regarda Minerva droit dans les yeux, avant d'ajouter :

- Vous oubliez Mixiel et Nuwan. Eux aussi ont d'excellentes prédispositions et sont plutôt bons en occlumencie.

- Effectivement. Mais ils ne sont pas aussi expérimentés que vous. Et Harry a besoin d'un expert en occlumencie et de quelqu'un connaissant parfaitement Vous-savez-qui.

- Vous avez en partie raison. Mais il ne manque plus grand-chose pour que Nuwan et Mixiel maîtrisent cet art à la perfection. En outre, Potter n'a pas une once des qualités requises pour maîtriser l'occlumencie. Ou tout du moins ne daigne pas les cultiver. Alors, que son enseignant soit un expert ou non, cela n'y changera pas grand-chose…

- Severus, vous y allez un peu fort avec Harry. N'avez-vous jamais pensé, que vos méthodes étaient peut-être aussi en partie la cause de ce manque de résultat ?

Severus la foudroya de son regard de jais, et siffla entre ses dents, d'une voix dangereusement basse :

- Et bien, raison de plus Minerva, pour que ce ne soit pas moi qui se charge de ces cours. Il ne doit pas être si difficile de trouver un Maître en occlumencie aux méthodes moins… douteuses.

- Ce n'est pas ce que je voulais dire. Tenta de se rattraper Minerva.

- Pourtant vous avez été parfaitement claire. Puisque vous contestez mes méthodes d'enseignement, vous n'avez qu'à trouver quelqu'un d'autre.

Severus détestait que l'on critique ses méthodes de la sorte. Soit, il était un professeur dur, autoritaire et intransigeant. Certes, il avait parfois des manières un peu brusques et aimait également pousser chacun dans ses derniers retranchements. Mais les matières qu'il avait enseignées nécessitaient concentration, rigueur et précision. Et l'occlumencie ne dérogeait pas à la règle. Il ne pouvait se permettre d'être laxiste.

Qui avait dit qu'il était partial, injuste et sectaire ? C'est vrai, qu'il avait toujours eu tendance à favoriser son ancienne maison au détriment des autres. Mais il fallait bien qu'il compense pour le favoritisme, dont les autres maisons bénéficiaient ouvertement bien souvent au détriment des Serpentards. Il fallait bien qu'il défende les élèves dont il avait la charge, et qui, bien souvent, étaient mis au ban, pour la simple et mauvaise raison qu'ils appartenaient à une maison ayant mauvaise réputation et connue pour certaines idées racistes…

Or, ce que tous oubliaient un peu trop rapidement au goût de Severus, c'est que tous les Serpentards n'étaient pas des futures Mangemorts en puissance, et que tous n'adhéraient pas à ces idées racistes… Bien loin de là. Ces élèves avaient droit à une chance et à être traités sur un pied d'égalité avec les autres. Puisque tel n'était pas le cas, Severus avait décidé de les protéger et de leur faire savoir que leur Directeur de maison était là pour eux, pour les défendre et les soutenir. Et qu'il ne laisserait pas cette injustice non payée, quitte à être lui-même injuste avec les autres maisons…

Il est vrai également, que cette prise de position lui avait, par la même occasion, permis d'asseoir sa réputation et de garder en partie sa couverture vis-à-vis des enfants de Mangemorts. Mais cela n'était qu'un bonus, dirons-nous…

Quoiqu'il en soit, il ne tolérait pas que l'on critique ainsi ses méthodes. Il tolérait d'autant moins ces critiques venant de Minerva. Il avait pourtant cru avoir acquis un certain respect de sa part, bien que leur façon d'enseigner ne soit pas tout à fait les mêmes. Bien sûr, elle s'était plainte à maintes reprises de son autoritarisme et de son soi-disant manque de partialité, quand ils étaient collègues à Poudlard, mais il avait cru également l'entendre affirmer, qu'elle le considérait comme un bon professeur…

- Severus, je ne voulais pas vous vexer. Je vous prie de m'excuser. Fit McGonagall, d'une toute petite voix, ayant soudain perdu son air autoritaire. Ce n'est pas ce que je voulais dire.

- Ah oui ? Et que vouliez-vous dire au juste ? Cracha-t-il.

- Je voulais juste essayer de vous faire comprendre, que peut-être vos sentiments envers Harry étaient en partie en cause. Les sentiments de Harry à votre égard ont certainement également une part de responsabilité dans cet échec. Mais si, tous deux, vous essayiez de mettre votre animosité réciproque de côté, peut-être les choses se passeraient-elles mieux ?

- J'en doute, Minerva. Cette « animosité », comme vous l'appelez, est bien trop ancrée en Potter, pour que quoi que ce soit venant de moi puisse entrer dans ce qui lui sert de cerveau.

- Severus.

- Quoi ?

- Vous recommencez. Fit simplement McGonagall.

- Je ne recommence rien. Et inutile d'insister, je ne reprendrai pas les cours d'occlumencie avec Potter. En tout cas, pas dans l'état actuel des choses.

Severus regarda l'air déçu que lui offrait McGonagall. Mais il ne reviendrait pas sur sa décision. Elle ne le ferait pas flancher, pas ainsi, pas cette fois.

- Par contre, reprit-il d'une voix suave, j'ai une autre solution à vous proposer.

McGonagall hocha la tête pour l'encourager à continuer. « Faute de mieux… » Pensa-t-elle.

- Si Mixiel et Nuwan sont d'accord, continua-t-il donc, il serait intéressant qu'ils s'occupent d'inculquer les bases à Potter. Je me chargerai alors de former moi-même les jumeaux, pour qu'ils se perfectionnent au mieux, et de leur donner quelques conseils pour les cours de Potter. Ils auront d'ailleurs certainement plus de temps à consacrer au gamin et avanceront ainsi plus vite. Ensuite, si Potter progresse un tant soit peu, nous aviserons. C'est à prendre ou à laisser.

McGonagall soupira de dépit. Après tout, Severus ne lui laissait pas vraiment le choix. Et peut-être que les jumeaux se révéleraient à la hauteur. En outre, en faisant cette proposition, Severus laissait une ouverture, en fonction des progrès de Harry. Il ne refusait pas catégoriquement de reprendre les rênes, quand Harry aurait suffisamment avancé… Alors que jusque là, il était resté obtus à toute proposition. Il valait peut-être mieux accepter, c'était toujours mieux que rien…

- Bien. Dans ce cas, vous vous chargerez de Mixiel et Nuwan pour leur perfectionnement, et eux deux se chargeront de Potter. Tout du moins dans un premier temps, s'empressa-t-elle de rajouter devant le sourire triomphant de Severus.

Il avait encore obtenu ce qu'il désirait. Et elle était certaine, qu'en fait cette proposition n'était qu'une occasion supplémentaire de passer un peu plus de temps avec ses deux enfants. Mais pouvait-on le lui reprocher ? « Non, pas vraiment. » Conclut Minerva pour elle-même.

- Cependant je tiens à préciser, continua-t-elle, d'un ton autoritaire et intransigeant, qu'au moindre signe de stagnation dans les progrès de Potter, vous assurerez la relève. Et je souhaite également que, quand il sera prêt, vous lui appreniez tout ce que vous savez, je dis bien tout, pour faire face à Vous-savez-qui. Et cela ne concerne pas forcément uniquement l'occlumencie.

Severus ravala son sourire. Cette clause n'était pas vraiment pour lui plaire. Mais il avait déjà remporté une grande victoire et avait obtenu de pouvoir mieux former lui-même les jumeaux. Le reste lui importait peu, en fait.

- Bien, j'accepte. Marché conclu. Fit-il, son sourire cynique revenant étirer ses fines lèvres.

McGonagall lui rendit son sourire, une lueur amusée dansant dans ses yeux de chat.

- Nous avons pensé aussi, qu'il serait judicieux que Nuwan enseigne les bases de médicomagie à ceux qui le souhaitent.

- Il est vrai que cela peut s'avérer utile, et je suis certain que Nuwan sera parfaitement à la hauteur.

- Oui, elle savait déjà beaucoup de choses avant de venir. Je crois qu'elle envisageait des études de médicomage, mais elle a dû malheureusement interrompre ses études pour venir ici. Et il serait impensable, qu'elle s'inscrive à l'université en Angleterre pour le moment. Ce serait trop risqué pour elle.

Severus sentit une vague de tristesse et d'amertume l'envahir, en entendant les paroles de McGonagall. Sa propre fille, pourtant si douée, ne pouvait réaliser son rêve, et tout ça à cause de lui. Tout ça, parce qu'elle était sa fille, la fille d'un Mangemort, et du repris de justice le plus recherché de tout le Royaume, après Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom. Leur ressemblance physique était trop troublante pour pouvoir passer inaperçue. Encore une fois, il gâchait tout, il n'avait pu réaliser ses propres rêves étant jeune, et ses enfants voyaient à leur tour leurs rêves briser. Quand ce cycle infernal se terminera-t-il donc ?

McGonagall perçut le trouble de Severus et tenta de le rassurer.

- Mais rien n'est perdu. Madame Pomfresh lui enseigne, au fur et à mesure, tout ce qu'elle sait. Elle a d'ailleurs, à maintes reprises, fait les éloges de Nuwan, la trouvant particulièrement douée. Quant tout ça sera fini, je suis sûre qu'elle pourra faire valider son expérience et reprendre ses études.

- Je l'espère, je l'espère. Marmonna Severus, plus pour lui-même. Et savez-vous quels étaient les projets de Mixiel, avant de nous rejoindre ici ? Demanda-t-il un peu plus fort.

- Non, il ne nous en a pas parlé. C'est un jeune homme assez renfermé, très agréable, mais peu bavard. Sur ce point, il a de qui tenir.

Cette réflexion arracha un léger sourire en coin au Maître des potions, bien malgré lui. Oui, il avait de qui tenir. A son âge, Severus non plus n'était pas très bavard…

Devant le silence songeur du Maître des potions, McGonagall décida de le laisser :

- Bien, Severus. Je vais devoir y aller.

- Mmh… répondit-il simplement, réalisant à peine ce qu'elle venait de dire.

- A bientôt. Fit-elle, un sourire amusé sur les lèvres, avant de partir.

Fin du chapitre 42.