Chapitre 7
Reposée comme elle ne l'avait pas été depuis longtemps, Elizabeth Keen fit son entrée dans la salle des opérations, accompagnée de Raymond Reddington, qui la suivait, le regard clairement amusé. Quoi qu'il ait pu lui dire précédemment, il semblait incroyablement satisfait de lui-même.
Pour un observateur extérieur comme Cooper, ces deux là partageaient visiblement des secrets. Il était clair que le charismatique criminel avait des sentiments pour l'Agent Keen, que ledit Agent Keen essayait de garder une attitude professionnelle et détachée, et qu'elle n'y parvenait guère. Personne n'était dupe. Et tout le monde trouvait ça fascinant… Les rumeurs les plus folles couraient à leur sujet. Il avait même entendu que des paris étaient en cours… Si jamais cela venait à se savoir à l'extérieur de leur petite unité, il ne donnait pas cher de leur peau au Département de la Justice…
La salle d'opérations bourdonnait comme une ruche. Les agents s'affairaient dans tous les sens. Avec les renseignements que Reddington avait donnés, Cooper avait dû même faire appel à du personnel supplémentaire. Le Directeur observa Reddington saluer courtoisement tout le monde et s'avancer vers Ressler, qui, involontairement, se raidit lorsqu'il aperçut le criminel.
« Reddington ! » l'interpella Cooper.
Red leva la tête et sourit quand il aperçut le Directeur dans l'escalier venir à lui en boitillant.
« Harold ! Alors, vous êtes content ? »
« Vous auriez pu nous prévenir tout de même. »
« Ah, mais une surprise doit rester une surprise, sinon ce n'en est plus une… »
L'informaticien prodige du Bureau de Poste passa à côté de Reddington sans le remarquer, tellement il était concentré sur les papiers qu'il compulsait.
« Hé Aram ! Alors vous vous éclatez ? »
« M. Reddington…Bonjour ! Euh… C'est fantastique… Une vraie mine d'or ! Merci ! »
« Heureux de vous rendre service… A l'occasion, je vous paie un verre ? »
Aram réussit à pâlir sous son hâle. Il eut un sourire crispé, inclina la tête et prit littéralement ses jambes à son cou.
« Arrêtez de le taquiner comme ça… » Murmura Elizabeth. « Nous avons encore du travail. De la Montès n'est pas encore sous les verrous, je vous rappelle. »
« Ça ne saurait tarder… Donald, pas trop fatigué par votre nuit de folie ? »
Ressler inspira profondément. Il venait de passer une nuit blanche et ça se voyait. Il était pâle comme un linge, avait des cernes conséquents sous les yeux, et n'était pas en état de rivaliser avec un Reddington au sommet de sa forme.
« Nous avons arrêté Diana Martin. » Déclara Ressler. « Nous tenons enfin cette femme. Fait-elle partie de votre liste ? »
« Pas à ce jour… » Répondit Reddington. « … Donald, vous allez devoir la relâcher. »
« Elle travaille pour de la Montès ! Je ne vais pas la relâcher ! » S'emporta Ressler.
« Non, elle travaille pour moi. »
« Pour vous ?... C'est ça, et je suis le grand Chambellan de la Reine Elizabeth II… »
« Ha ! Ha ! Donald, vous avez mangé un clown ce matin ? Savez-vous que vous me privez de mon chef ? »
Donald Ressler et Elizabeth Keen s'arrêtèrent dans ce qu'ils faisaient et le dévisagèrent soudain, interrogatifs.
« Mon cuistot… Ma cuisinière, quoi ! » Précisa Reddington.
« C'est quoi ce délire ? » Grommela Ressler.
« Ress, je peux la voir ? » Demanda Elizabeth, effleurée par un doute.
« Oui, elle est dans la salle d'interrogatoire numéro trois avec Samar, mais je n'ai pas… »
Elizabeth Keen se dirigea vers les salles attenantes, suivie par Reddington. Normalement, ce n'était pas une zone autorisée pour lui, mais personne n'osa intervenir pour lui dire quoi que ce soit.
Il grommela quelque chose dans sa barbe lorsqu'ils passèrent devant la Boîte. Elle aurait dû être démontée mais quelqu'un en haut lieu pensait qu'elle pourrait encore servir. A chaque fois qu'Elizabeth passait devant, elle ne pouvait s'empêcher de penser à ce tordu d'Anszlo Garrick. Elle pensait aussi à Ressler, blessé gravement à la cuisse, au regard soulagé de Red quand il était sorti de la cage pour la sauver. Que des mauvais souvenirs… Mais cela ne devait être rien comparé à ce que Reddington avait vécu, quand Lulli avait été tuée sous ses yeux.
Liz ouvrit la porte de la salle numéro trois et se retrouva face à la femme qui avait tué le garde du corps de de la Montès. Dans sa robe de soirée de la veille, elle semblait très à l'aise et pas du tout perturbée par le fait d'être menottée. On aurait dit qu'elle prenait le thé tranquillement en bavardant avec une amie. Samar se trouvait là avec elle, et se leva quand elle vit le couple entrer.
« J'ai fini avec Mme Martin… Reddington, vous avez le droit d'être ici ? »
« Agent Navabi… Diana. Tout va bien ? » Demanda t-il à l'adresse de la femme.
« Je vais bien, merci. »Répondit Diana Martin.
« Est-ce que l'Agent Ressler vous a bien traitée ? »
« Oui mais je crois qu'il est sorti d'ici… frustré ?… Oui, c'est ça. Frustré. »
« Il ne s'est pas servi de son pistolet depuis un certain temps… »
Elizabeth leva les yeux au ciel. Samar Navabi préféra regarder ses chaussures en réprimant un sourire. Diana Martin haussa les sourcils très légèrement en regardant Reddington mais ses yeux pétillaient indéniablement de malice. Un ange passa.
« Mme Martin, je suis l'Agent Keen, et… »
« Je sais qui vous êtes, Agent Keen… Et vous perdez votre temps. »
« C'est ce que nous verrons, vous ne croyez pas ? Nous allons continuer à vous interroger. »
« Vous devriez la relâcher » Dit Reddington lentement. « Vous n'obtiendrez d'elle que ce qu'elle veut bien vous dire. »
« Et vous, Reddington, vous ne devriez même pas être là. Vous sortez d'ici ou je vous mets dehors ? »Demanda Elizabeth, en croisant les bras sur sa poitrine.
« Allez-vous la relâcher, Agent Navabi ? » Demanda Red en ignorant l'intervention d'Elizabeth.
Samar haussa les épaules.
« Si ça ne tenait qu'à moi, elle resterait enfermée ici deux cents ans au moins. »
« Et maintenant l'agent Navabi… Diana, vous ne savez pas vous faire des amis ? »
« Vous me connaissez. Je suis asocial, le genre… sauvage… »
« Mmm…. »
Sa voix était descendue d'une octave, rendant l'atmosphère ambiguë, pour le moins. Elizabeth et Samar tournèrent simultanément la tête vers lui. Les yeux de Reddington brillaient d'amusement à présent et son sourire s'élargit, devenant franchement… espiègle.
« Reddington, ça suffit ! » Elizabeth se tourna vers la femme menottée. « J'ignore qui vous êtes et pourquoi on vous retient, mais si vous êtes ici, c'est que vous n'êtes pas blanche comme neige. Vous ne vous en tirerez pas comme ça… »
« Liz, c'est une tueuse professionnelle. » intervint Samar. « On lui attribue une centaine de contrats. »
« Vous n'avez aucune preuve contre moi, Agent Navabi. »
« Je vous ai vue tuer un homme hier soir. » Affirma Elizabeth.
« C'était de la légitime défense, Agent Keen. Vous seriez morts tous les deux si je n'étais pas intervenue, n'est-ce pas, Raymond ? »
« Je témoignerai en votre faveur si c'est nécess… » Commença Red.
« Taisez-vous, vous n'avez pas la parole ! Où avez-vous vu que vous aviez des droits, Reddington ? »
« Alors là, Lizzie, c'est très discutable, et je m'insurge contre… »
« REDDINGTON, SORTEZ OU JE VOUS METS DEHORS ! »
Raymond Reddington regarda Lizzie avec stupéfaction. Samar Navabi les observa soudain, inquiète, mais se mordit les lèvres pour ne pas rire quand elle vit l'expression faussement outragée du « terrifiant » criminel.
« Très bien, Agent Keen, mais je vais aller en parler avec Harold ! Immédiatement ! » Dit-il en enfonçant son chapeau sur sa tête.
« C'est ça, faites !» Répliqua Elizabeth Keen, décidemment très remontée.
« Lizzie, c'est vous qui vous mettez en colère. Je me demande bien pourquoi d'ailleurs… »
« Et foutez-vous de ma tronche avec ça !… »
Reddington sortit après un petit clin d'œil à l'adresse de Diana. Et Samar dut clairement se retenir de rire quand elle vit l'expression furieuse d'Elizabeth, qui se tourna vers elle, prête à mordre.
« Pardon, Liz, mais tu l'as bien cherché… » Elle leva la main. « Je sais, je sors. »
A peine avait-elle refermé la porte que le rire de Samar Navabi résonna dans le couloir. Elizabeth Keen et Diana Martin restèrent seules. Aucune des deux femmes n'avait envie de rire.
« Qui êtes-vous réellement ? » Demanda Elizabeth.
« Raymond vous l'a dit. Je suis son chef cuisinier… »
« J'ai déjà entendu cette réplique. Si vous maniez les couteaux de la même façon que le héros de ce film, il doit y avoir de nombreux cadavres dans vos frigos… »
« C'est pourtant la vérité. »
« C'est vous qui avez tué Fontero. »
« Peut-être… Peut-être pas… Encore une fois, vous n'avez pas de preuve. Et vous n'étiez pas là quand c'est arrivé. »
« Nous allons interroger les personnes présentes. Les témoins parleront. »
« Vous croyez vraiment ce que vous dites, Agent Keen ? C'est une lutte interne. Ces gens lavent leurs linges sales en famille. Vos témoins ne parleront pas. »
« Il y avait des caméras de surveillance à cette soirée. Nous allons vous coincer. »
« Il n'y en avait plus, Agent Keen. Je m'en étais d'abord assurée. » Répliqua doucement Diana Martin. « Ecoutez, vous perdez votre temps. Raymond va me faire sortir d'ici. »
« Il est écrit dans ce rapport que vous avez travaillé pour de de la Montès. C'est vrai ? »
« Oui. C'était avant que Raymond Reddington me propose un travail plus lucratif et valorisant. »
« Parlez-moi de de la Montès. »
Et Diana Martin parla. Elle se mit même à table une heure durant, sans s'interrompre, fournissant des informations capitales pour la capture de l'homme d'affaires, sans toutefois préciser son rôle exact dans son organisation. Tout fut enregistré et consigné dans son dossier. En revanche, quand il fut question de parler de ses activités avec Reddington, Diana Martin se tut et l'Agent Keen se heurta à un mur.
Quand Elizabeth rejoignit le groupe dans la salle d'opérations, elle eut la surprise de découvrir des visages graves.
« Qu'est-ce qu'il se passe ? » Demanda-t-elle.
« On va relâcher Diana Martin, tu vas voir. Reddington est en train de discuter avec Cooper. » Répondit Ressler, dégoûté.
Liz leva la tête et découvrit les deux hommes qui conversaient à l'étage.
« De quoi parlent-ils ? »
« Ils règlent les détails d'une opération que veut mener Reddington… Seul. »
« Hein ? »
« Je n'en sais pas plus, Keen. Cooper va nous faire appeler quand ils auront terminé. »
« C'est ce qu'on va voir ! »
« Keen ! »
Trop tard, Elizabeth montait déjà l'escalier pour débouler dans le bureau de Cooper, furieuse.
« Reddington ! Qu'est-ce que vous avez encore inventé ? »
« Lizzie ! Ce n'est pas gentil de vous inviter sans être conviée. »
« Monsieur, il ne faut pas que vous l'écoutiez !… »
« Elizabeth, calmez-vous… »
D'en bas, Samar, Aram et Ressler avaient la tête levée vers le bureau et apercevait leur collègue gesticuler et s'emporter.
« Le temps est à l'orage, on dirait… » Remarqua Samar Navabi.
« Cent dollars que Reddington obtient ce qu'il veut de Cooper et que Liz s'écrase. »
« Tenu. »
La discussion dura encore une bonne dizaine de minutes avant que Cooper leur fasse signe de les rejoindre.
Samar, Aram et Ressler s'installèrent dans le petit bureau du Directeur et attendirent. Dans son coin, Elizabeth Keen rongeait son frein. Reddington prit la parole.
« De nouveaux éléments dans une affaire sont apparus récemment, dont je dois absolument m'occuper. Pendant un temps indéterminé, je vais faire profil bas et disparaître de vos tablettes. Dans tous les cas, je serai en contact avec l'Agent Keen qui me fera parvenir vos demandes. Si vous avez besoin d'infos, je me débrouillerai pour vous les faire parvenir. »
« Mais, Monsieur… » Intervint Ressler. « Le deal repose sur sa collaboration avec nos services. S'il n'est plus là… »
« Je ne vous quitte pas pour disparaître dans la nature, Donald. Je m'absente provisoirement. Vous pourrez bien vous passer de moi pendant quelques semaines ? Ou dois-je en déduire que vous vous êtes attaché à moi et que je vais vous manquer ? »
« En ce qui me concerne, vous pouvez bien aller au diable… » Grogna Ressler en lui jetant un regard désagréable. « Est-ce que Liz vous accompagne ? »
« Non. L'Agent Keen reste ici. »
Ainsi donc c'était la raison pour laquelle Elizabeth n'était pas contente. Elle venait d'être mise devant le fait accompli et il était clair que ça ne lui convenait pas du tout. Tout le monde se rendit compte qu'elle se retenait pour ne pas exploser en public.
« Même si cela ne me plaît guère, je suis tombé d'accord avec Reddington. » Déclara Cooper. « Nous n'avons pas le choix, à vrai dire. Nous sommes déjà pris sur l'affaire en cours avec de la Montès, et ce pour quelques semaines… Ressler, je sais que ça ne va pas vous plaire mais Diana Martin part avec Reddington. Vous la libérez. »
« Monsieur… » Protesta l'intéressé. « … Nous soupçonnons qu'elle est impliquée dans plusieurs affaires de meurtres… Des contrats… »
« Je sais, mais elle fait partie de l'équipe de Reddington, et ce n'est pas négociable. »
« Donald, je vous promets de faire tout mon possible pour que Diana revienne, saine et sauve. Vous l'inviterez à dîner, vous ferez connaissance, peut-être se montrera t'elle intéressée par votre personne, même si je me demande ce qu'elle pourrait bien vous trouver… »
Ressler se leva soudain et se planta à quelques centimètres de Reddington en le dominant de toute sa taille.
« C'est quoi votre problème, Reddington ? Vous avez peur que je vous la pique ? Et bien, ça n'arrivera pas parce que je ne m'intéresse pas à elle de la façon dont vous l'entendez… »
« C'est dommage, vous ne savez pas ce que vous perdez, croyez-moi… »
Reddington inclina la tête et un petit sourire provocateur illumina ses traits. Il attendait visiblement la réaction de Ressler qui serrait les poings pour ne pas envoyer le criminel au tapis. Samar Navabi posa la main sur le bras de son collègue.
« Ça sent la testostérone ici d'un coup… Ressler, je crois que tu ferais mieux de laisser tomber. »
« Ouais, tu as raison. Il n'en vaut pas la peine. »
Ressler jeta un dernier regard méprisant vers Reddington, puis sortit du bureau, pour aller chercher Diana Martin. Red eut un sourire éclatant et regarda Elizabeth qui avait croisé les bras et fulminait.
« Achetez-lui un cerveau, voulez-vous ? Ça pourrait lui servir… s'il trouve le mode d'emploi… » Lui dit-il.
« Reddington, je peux avoir un mot en privé avec vous ? » Demanda-t-elle, crispée.
Elle n'attendit pas sa réponse et sortit à son tour en sachant qu'il la suivrait. Aram et Samar se regardèrent en silence, et Cooper leur fit signe de sortir de son bureau, puisqu'apparemment, la réunion était terminée.
Reddington ferma la porte du bureau d'Elizabeth. Elle croisa les bras sur sa poitrine et le fusilla du regard.
« C'est quoi ce comportement de sale gosse depuis ce matin ? Vous vous croyez où, là ? Dans une cour de récréation ? »
« Oh, si on ne peut plus plaisanter… Regardez l'Agent Navabi, elle connaît l'importance de ces moments de détente pour une équipe. On ne tient pas sous une pression permanente. Il faut parfois lâcher du lest, sinon à force de tirer sur la corde comme l'Agent Ressler, on finit par craquer... »
« Et vous croyez que vous moquer de lui comme vous le faites va arranger les choses ? »
« Je le testais. Donald est très tendu. Il n'a pas bonne mine. N'aurait-il pas besoin de vacances ? »
« Il a traversé des moments difficiles. Il continue à… avoir des difficultés. »
« Il est instable. Tout comme vous. Dois-je vous rappeler que vous faites équipe tous les deux et que vous dépendez l'un de l'autre en opérations ? Agent Keen, je ne veux pas que ma scuderia s'effondre quand je vais en avoir besoin ! »
« Votre "scuderia" ? »
« Ma scuderia… mon team, si vous préférez ! »
« Le FBI n'est pas votre team, Reddington ! Nous ne sommes pas à votre service et nous ne servons pas vos intérêts ! »
« Quand les objectifs sont communs, quand nos intérêts sont les mêmes, nous dépendons tous les uns des autres. Ça s'appelle de la solidarité. La mort de Meera ne vous a-t-elle donc rien appris ? »
« Ça, c'est un coup bas… »
« Aujourd'hui, vous faites cavalier seul, Ressler brûle la chandelle par les deux bouts, et Samar s'est mise en porte-à-faux vis-à-vis du Mossad, qui va le lui faire payer tôt ou tard... Savez-vous qu'en vous fédérant contre moi, je vous rassemble ? Si je dois être le méchant Red, alors je serai le méchant Red qui fait l'unanimité contre lui. »
« Vous êtes impossible… Il est impossible d'avoir une discussion sérieuse avec vous ! »
« J'ai une conversation sérieuse avec vous… La preuve, je vais même vous faire une confidence et vous dire pourquoi je disparais de la circulation. »
Soudain attentive, elle croisa les bras et attendit, impassible.
« La personne que je cherchais. Je l'ai retrouvée. »
« La personne… Dois-je en déduire qu'il ne s'agit pas de votre fille ? »
« Non. C'est la fille de Berlin, elle est vivante… »
« Quoi ? Mais comment ? Comment avez-vous fait ? »
« Ce serait trop long à expliquer mais j'ai acquis la certitude qu'il s'agit bien d'elle. Je vais jouer une partie difficile, Lizzie. Je vais opérer un rapprochement avec Berlin en lui rendant sa fille et m'allier avec lui pour découvrir qui est celui qui a manigancé cet immense gâchis. »
« C'est de la folie, Red… » Commença Elizabeth. « Je croyais que vous vouliez tuer Berlin ? »
« Il n'est plus ma cible prioritaire pour l'instant. »
« Et qu'est-ce qui vous fait croire qu'il va coopérer avec vous ? »
« Quelqu'un s'est donné beaucoup de mal pour nous dresser l'un contre l'autre. Berlin a été manipulé. Je pense qu'il aura à cœur de découvrir qui lui a pourri la vie pendant toutes ces années. »
« Mais c'est terriblement dangereux. Et si… si ça se passait mal ? S'il essayait de vous tuer ? »
« Il va essayer. Je suis prêt à prendre le risque. »
« Je veux venir avec vous. » Affirma Elizabeth avec autorité.
« Non, Lizzie, c'est impossible. Berlin vous connaît et il servira de vous contre moi. Je ne peux pas me permettre de vous mettre en danger ainsi. Pendant mon absence, un protocole de sécurité sera mis en place avec votre accord. Je vous l'expliquerai demain matin. »
« Pourquoi ne pas me le dire maintenant ? »
« Parce que cela ne dépend pas que de moi. Une autre personne est impliquée et j'ai besoin de son aval. »
« Qui ? Et depuis quand vous préoccupez-vous de l'avis de quelqu'un ? »
Raymond Reddington mit son chapeau et se dirigea vers la porte. Il se tourna vers elle.
« Le rendez-vous est au Cimetière d'Arlington à onze heures. Dembé vous précisera l'endroit. Soyez-là demain sans faute. »
Il s'en alla. Elizabeth soupira et le suivit des yeux alors qu'il allait rejoindre Diana Martin. Elle les vit se sourire et échanger quelques mots en partant, non sans ressentir une pointe de jalousie devant leur familiarité évidente.
A suivre...
Voilà un chapitre au ton plus léger, avant à nouveau d'enchaîner sur un gros morceau... Merci à toutes celles qui laissent des commentaires, remarques, critiques, encouragements, etc...
