Voila le chapitre 2! Avec un léger retard puisque j'avais dit à certains reviewers (que je remercie chaleureusement) que je posterais mercredi, mais ma bêta et moi avons eu quelques contretemps!
Je la remercie toujours énormément, mais je vous remercie surtout VOUS! 7 reviews! (je m'enthousiasme de peu, je sais...;) ) Ca m'a fait très plaisir! Continuez comme ça, je vous aime!
Ce chapitre est un chouilla plus long, presque 5,500 mots, mais il combine en réalité 3, à la base ;) Des tout tout petits chapitres!
C'est donc un Rating T, et rien ne m'appartiens mais à la déesse JKR! (J'ai le droit de dire malheureusement?)
bref, je vous laisse à votre lecture, remercie encore et encore et encore ma bêta, et la j'arrête, vraiment!
A tout en bas!
Chapitre 2-Une journée -presque- parfaite!
Vous ai-je déjà dit que je détestais le rouge ? Non ? Et bien, c'est plus fort que moi, je ne peux pas m'en empêcher. Je le hais. C'est maladif mais c'est ainsi.
Je suffoquais donc, avec toute la classe dont je possédais, dans cette salle aux tapisseries rouges et or en surnombre, tandis que mon tuteur s'avançait vers le bar en cherchant un certain Tom, barman de son état.
Oui, vous l'auriez deviné, nous nous trouvions au Chaudron Baveur, entrée incontournable du fabuleux Chemin de Traverse.
Enfin, fabuleux, fabuleux, en voilà un bien grand mot…je ne l'avais pas encore vu, ce Chemin de Turpinpin-verse après tout…
J'étais tombé sur le cul, et littéralement, au grand damne de mon statut d'enfant froid et autoritaire si difficilement acquis, quand mes tuteurs eurent fini de me raconter l'histoire du gugusse de la matinée. Voyez par vous-même, il s'appelait Albus Dumbledore ! Vous connaissez un nom plus ridicule que celui-là ?
Et j'apprenais donc que j'étais destiné à l'enfermement complet dix mois sur douze dans une espèce de tas de pierres croulant, ressemblant plus à une immense prison qu'à une école. Cela, jamais !
Et pourtant…
D'après mes tuteurs, mon frère y irait aussi, et malgré ma haine pour Dumby j'avais très, très, envie de le voir. Ce que je n'aurais jamais avoué à quiconque, et surtout pas à l'autre magicien de pacotille !
Comment ça, je suis complètement chamboulé par le fait que je viens d'apprendre l'existence de mon frère ? Absolument pas du tout, du tout !
Disons que ma patience est mise à rude épreuve.
Ah, voilà mon tuteur qui revient ! Que porte-t-il sous son bras ? Etrange, généralement, il n'achète jamais rien à l'emporte pièce comme ça, il nous assomme de son baratin habituel sur la publicité mensongère pendant des jours à propos du produit.
Toujours est-il que j'avais pris bien soin de ne pas montrer mon état d'extrême impatience, et n'affichait qu'un air de profond dégoût. Air que je changeai en un regard apaisé et sans inquiétude dès l'instant ou nous passâmes dans l'arrière-cour, un lieu cloisonné par trois hauts murs de briques où nous ne pouvions qu'apercevoir un petit carré de ciel bleu au-dessus de nos têtes.
Mon tuteur fixa le mur face à nous, puis lâcha un retentissant « Merde ! J'ai oublié quelque chose ! » et il repartit à l'intérieur du bâtiment, me laissant seul au milieu des poubelles. Durant cinq très longues minutes, je restais parfaitement silencieux et pouvais percevoir la rumeur d'un nombre incalculable de voix venues de nulle part filtrer à mes oreilles. Ce bruit me fit d'ailleurs repenser au brouhaha auquel j'avais dû faire face au bar, et je me remémorai ainsi la multitude de personnes que j'avais surprises montrant mon front du doigt…
Cachée sous une mèche de mes cheveux, se trouve une cicatrice. Oh pas grand-chose, elle est petite mais assez surprenante car elle est en forme d'éclair, quelque chose qui a toujours fait jaser. À l'école, mon prof de sport m'appelait ainsi 'Firebolt' ou 'Volt', ce que je trouvais un poil vexant, parce que être comparé à un éclair c'est bien, mais pas à un chien !
Bref. Je pensais que cette cicatrice avait un rapport avec Voldemort. Le vieillard avait dit que sa mort avait été un fait exceptionnel, unique au monde. Et d'après ce que mes tuteurs m'avaient confié, mon frère et moi étions considérés comme les « sauveurs du Monde Sorcier »… Je n'arrivais pas encore à comprendre quel était le lien, mais ça n'allais pas tarder, je ne m'inquiétais pas pour ça.
Ah tiens, le voilà qui revenait, accompagné cette fois d'un homme étrange, au dos bossu, et portant une cape noire sur ses robes de sorcier ce n'était pas le première personne que je voyais des gens vêtus ainsi, décidément les sorciers avaient un drôle de sens de la mode. Il sortit de l'intérieur de son vêtement un bâton en bois, d'une vingtaine de centimètres qu'il vint placer sur une brique bien précise qu'il tapota trois fois. Aussitôt, les briques se mirent à bouger toutes seules, séparant en deux parties distinctes le mur que nous avions eu plus tôt en face de nous.
Le bossu se retira, tout en nous souhaitant une bonne journée, puis nous découvrîmes une rue inégalement pavée envahie d'une foule prodigieuse, ce qui expliquait ainsi les voix qui s'étaient faites entendre quelques instants plus tôt.
Il y avait là de tout, de vieux hommes en longues robes noires et à l'œil perçant cherchant dans les vitrines des produits inconnus et tous plus incongrus les uns que les autres, sorcières entre deux âges pestant contre la montée des prix, ou encore, jeunes et moins jeunes mères guidant contre leur gré des enfants et des adolescents entre les étales de marchandises.
Tout ce mélange hétéroclite, habillé de couleurs vives m'étourdit les yeux quelques instants, avant que je ne me reprenne et que mon éternel air froid et peu avenant reprenne sa place sur mon visage. Nous nous avançâmes sur les pavés désordonnés de l'avenue, et après quelques instants d'hésitations, mon tuteur me fit signe de le suivre et, observant la liste de fournitures et le plan de l'avenue donné par Dumbledy à mes chers tuteurs, me conduisit à travers toute la rue vers un embranchement qui séparait le boulevard piéton en deux. A cet endroit se dressait l'entrée impressionnante d'un imposant bâtiment à colonnades irrégulières, devant lequel se tenait des hommes armés de grands bâtons ouvragés présentant des orbes bleues électriques mouvantes à leur extrémité. En dehors de ces gardes peu avenants, le bâtiment en lui-même respirait la puissance. Des sorciers en sortaient, certains habillés de robes simples et fonctionnelles, peu décorées, tandis que d'autre affichaient un luxe certain par des robes de grande qualités, en tissus précieux, et très ouvragées. Sur le fronton était gravée l'inscription : Banque de Dépôt et Retraits Gringotts, Succursale d'Investissement Britannique depuis -386 Av. Merlin, qui annonçait directement la couleur quand à la nature de l'activité de la bâtisse.
Après une inspiration collective, nous nous avançâmes parmi le peuple des sorciers pour atteindre le pallier des grande portes d'ors de la Banque. Alors que nous étions entrés et que nous avancions dans le hall surplombée de grands lustres de cristaux, mon tuteur sortit le paquet qu'il avait pris au Chaudron baveur de sous son bras et s'avança vers une des petites créatures fripées et carrément effrayantes qui se trouvait perchées sur leur grand tabouret de bois. Il toussota un instant, la créature ne lui jetant même pas un regard, il commença :
« Bonjour, nous sommes venus faire un retrait. »
La créature lui jeta un regard perçant, et comprenant qu'il ne s'était –justement- pas fait comprendre, il répéta :
« Nous sommes venus retirer de l'argent.
_A quel nom ? Dit enfin la chose avec un sourire moqueur.
_Monsieur Potter, Adrian Sirius Potter. Il parla d'un ton sec, visiblement agacé de l'impolitesse du nain-à-oreilles-pointues-très-très-moches.
_Passez-moi la clé du coffre, si vous l'avez, » déclara la chose-pas-belle-et-pas-gentille après avoir consulté ses registres.
Mon tuteur sortit donc du paquet une petite clé d'or pur qui brilla sous la lumières des lustres alors que la créature l'examinait sous mes yeux ronds. J'avais de l'argent, un coffre, moi ? Sacré non de Dieu, mais si je l'avais su, voilà longtemps que j'aurais quitté ces deux pots de colle !
Après nous avoir assuré de la sécurité de cette version de la clé (j'appris ainsi qu'il y en avait deux, une pour moi, et une pour –devinez qui ?- mon frère !) le truc-machin-chose-tout-laid nous mena jusqu'à une série de rails volants qui ne m'étonnèrent qu'à moitié vu tout ce que j'avais vu auparavant.
Après tout, des wagons qui volent…Pourquoi pas ?
Ce qui m'intrigua le plus fut quand nous fûmes installés dans un wagonnet, le bidule-sans-charme-du-tout dit simplement…
« Coffre des Potter ! »
…Et que nous partîmes d'un coup, à la vitesse de l'éclair, alors que je me demandais comment le wagonnet avait pu démarrer ainsi, à la seule voix du gobelin.
Après maints détours et escalades en tout genre, piqués et remontés, nous arrivâmes devant un coffre à l'allure bizarre, étrange et inconnue, qui ne me rappelait rien.
C'était un simple cercle, gravé de lignes, rigoles, creux et épaisseurs, et autres reliefs que la créature observa un instant, avant de placer son doigt et la clé dans un trou double, sur la droite.
Aussitôt, la porte disparut, laissant place à une grande salle où croulait des montagnes d'or de pierreries, de porcelaines de Chine inestimables, de tissus d'Inde et du Japon qui au touché, semblait être invisibles sous les doigts. Dans le fond, j'aperçus des meubles couverts d'argenterie qui malgré les années (Notre guide-moche nous avait avertis de que le coffre n'avait pas été ouverts depuis environ dix ans, onze mois et vingt-trois jours.) brillait toujours de mille feux. Juste contre le mur du fond, je vis qu'il y avait une série de tableau, je demandai :
« Pourquoi l'argenterie et les tableaux sont-ils entreposés ici ?
_Vos parents, à la mort de vos grands parents paternels, ont fait déplacer tous leurs meubles et possessions ici car n'ayant pas la place de les prendre dans leurs résidence de Godric's Hollow. Par ailleurs, les œuvres d'art les plus inestimables que contient ce coffre viennent directement du manoir Potter, la résidence ayant été détruite lorsque…lorsque vos parents ont succombé, répondit l'employé de Gringotts après m'avoir jeté un regard perçant.
_Comment a-t-on procédé pour les protéger, afin qu'elles ne soient pas détruite ? Demandai-je, curieux, mais impassible.
_Voyez-vous jeune homme, les plus grands artistes sorciers, une fois une œuvre exécutée, lui jette un sortilège de protection très puissant, qui pour certains dérive de la Magie Noire. La peinture reste alors insensible aux conséquences naturelles, magiques et celles du temps, me répondit-il mécaniquement, comme étonné que je sois si peu renseigné…
_ Je vois… » Je ne le laissais pas paraître, mais plus j'en découvrais sur le monde magique, plus je mourrais d'envie d'en savoir plus. C'était bien plus excitant que le monde moldu, ou tout était simple et ennuyeux. Et petit à petit, Poudlard me paraissait être une opportunité des plus alléchantes pour tout y apprendre.
Soudain, j'entraperçus parmi les tableaux une toile qui attira mon œil… Un couple : un homme grand et plutôt beau, les cheveux noirs et en bataille, était debout tenant par la taille une femme rousse, aux yeux d'un vert émeraude éclatant, plus profond que les miens et ils tenaient entre leurs bras deux bébés, aussi joyeux et souriants l'un que l'autre l'un aux yeux exactement identiques ceux de la femme et avec les mêmes cheveux broussailleux que l'homme, tandis que l'autre avait des cheveux corbeaux plus lisses, plus longs aussi, et des yeux verts, mais plus clairs. La peinture bougeait légèrement, et les sujets souriaient en se faisant des chatouilles. J'en eus les larmes aux yeux, mais discrètement.
Parce que j'avais su, dès que je l'avais vu, que cette peinture nous représentait, moi, mon frère et mes parents, avant qu'ils ne soient tués. Et même si j'avais décidé de passer à autre chose, parce qu'il ne sert à rien de pleurer des morts qu'on n'a pas connu, je maudis ce Voldemort une bonne centaine de fois à cet instant-là. Parce qu'il m'avait enlevé une vie normale et heureuse mais aussi ma famille, et que j'avais le droit à un soupçon de ce bonheur, mais je ne pouvais y accéder, ce que je trouvais terriblement injuste.
D'un brusque mouvement de talons, je me retournai, prit une bourse sur une étagère, la vidai de ses rubis et la remplis de pièces d'or, d'argent, et de bronze que le machin-truc me désigna comme étant des Gallions, des Mornilles, et des Noises. Avant de partir, je me retournai et demandai une dernière chose à mon guide, d'une voix circonspecte :
« J'ai autant d'argent que ça ? »
Il me répondit presque du tac au tac :
« A vrai dire, vous et votre frère partagez la fortune Potter qui s'élève à plus de 16, 365 millions de Gallions, la fortune Potter représentant la troisième fortune Anglaise, récemment devancée par la nouvellement veuve Mme Zabini, et la dix-neuvième fortune mondiale.
_...Mon Dieu… » Cette fois j'étais réellement estomaqué, ne m'attendant pas à avoir autant d'argent. D'ailleurs, qu'est ce que je pourrais bien en faire ? Je n'aimais pas le milieu des affaires, et le luxe de mauvais goût ne me tentait pas…alors…
Bref, je verrai cela plus tard.
J'empochai l'argent (pas tout, jeunes naïfs) et me précipitai hors de la banque, soudainement pressés de quitter cet endroit bien trop souterrain à mon goût !
Après être descendus et que mon tuteur m'eut fait comprendre qu'il fallait que je donne un pourboire à la chose pour son service, ce que je refusai avant d'abdiquer, nous ressortîmes dans la rue où le soleil brillait haut dans le ciel. Je m'avançais jusqu'en haut des marches qui menaient à la banque en m'étirant.
Et là, je tombai sur la plus grosse surprise de ma courte vie…
Avez-vous deviné de quoi je parlais ? Ou plutôt de qui, devrais-je dire ?
Je tombais donc nez-à-nez avec un gros sorcier ahanant –enfin, gros, disons plutôt qu'il me semblait avoir la taille d'un bébé dinosaure-, un beau bébé que ça aurait été d'ailleurs…
Enfin, d'après moi…
Enfin.
Bref !
Et devinez qui est-ce que je vis, ratatiné à côté de lui ? Perdu dans des vêtements trop grands, ayant au nez des lunettes qui paraissaient avoir connu le Ragnarok ?
Je parle bien d'Harry James Potter, mon frère.
Je me retins d'éclater de rire. Je n'y pouvais rien, le cynisme fait partie intégrante de mon ADN.
Mais où donc achetait-t-il ses fringues ?
Il me fixait la bouche grande ouverte, totalement déboussolé, tandis que mon orifice buccal demeurait irrémédiablement fermé. Je dus d'ailleurs lui paraître très impressionnant car il rougit et je me demandais soudainement pourquoi je mourais d'envie de le prendre dans mes bras.
Oui, j'en mourais d'envie.
Alors je m'approchais de lui, et alors que nous étions face-à-face lui légèrement plus grand que moi, malgré sa maigreur je l'enlaçais, brusquement et sans prévenir, mettant mes bras autour de son cou et nos tempes l'une contre l'autre.
« Tu m'as manqué, frérot » je me souvins de lui avoir dit.
Cette phrase m'était venue toute seule, sans que je n'eusse eu besoin d'y réfléchir car je la pensais vraiment. Je n'avais alors jamais exprimé mon affection profonde à qui que ce soit, parce que personne ne l'avait méritée et cet instant avait largement à mes yeux mérité ces paroles. Ce dut être une réminiscence de notre petite enfance, ou que sais-je, mais je me sentis alors à ma place, aux côtés de mon frère, comme si cette réunion m'avait longtemps manqué, sans que je n'en eusse conscience.
Ainsi donc, Harry Potter entra pleinement dans ma vie.
Il me rendit d'ailleurs mon câlin sans vraiment rien dire, accompagné juste d'un léger soupir que je crus être le seul à avoir entendu.
Nous ne nous séparâmes que quelques minutes plus tard, lorsque la voix de mon tuteur retentit dans mon dos.
« Hum, serais-tu Harry par hasard ? » dit-il en lui tendant la main.
Mon frère (j'estime avoir le droit de nommer ainsi ce timide personnage) le fixa et eut un mouvement de recul face à la main ouverte de mon tuteur, avant de la serrer faiblement. Je fronçai les sourcils face à cette réaction, mais décidai de ne pas chercher plus loin pour l'instant.
« Lui, c'est Hagrid, répondit mon frère en désignant le bébé dinosaure du doigt.
_Gardien d'clés d'Poudlard ! surenchérit celui-ci d'une voix bourrue. Vous d'vez êt' l'tuteur du p'tiot, j'me trompe ? L'directeur m'vait dit qu'on risquait d'vous croiser. »
Encore Dumby ! Bigre, ce pédoncule à barbe blanche est partout à ce que je vois !
Cette pensée me détourna du fait que la voix d'Harry était chevrotante et faible, moi qui passais mon temps à hurler ! Voilà qui était signe de grands changements.
Après avoir fait la voyante, je demandais à Harry :
« Tu vas chercher ton argent ? Si tu veux, j'en ai et comme on a le même coffre…commençais-je.
_Non, non c'est bon, me coupa-t-il. Tu ne dois pas en avoir beaucoup alors…
_ Alors ça, détrompe-toi, le contredis-je. Notre coffre est plein à ras-bord ! »
Il eut un instant d'égarement avant d'éclater de rire. Je ne compris ensuite pas un traître mot de ce qu'il déclara, hormis 'Dursley' et 'riche'.
Faut pas chercher, me dis-je. Mon frère était fou.
Quand il eut fini de rire, je lui donnais une partie de mon or et nous décidâmes d'un accord tacite de ne pas se quitter de la journée.
Furetant, toujours à deux, devant toutes les vitrines de l'avenue, nous découvrîmes des choses exceptionnellement étranges. Telles que le 'pus de Bulbobulb éternel', dont une inscription parlante citait en boucle les mérites : 'n'ayez plus besoin de le ramasser vous-même ! cette machine le fait pour vous !', et l'on voyait une espèce de roue infernale presser jusqu'à l'assèchement un cactus jaune et racornis d'où s'échappait un liquide gras et nauséabond.
Nous passâmes d'abord chez Fleury et Bott, la meilleure librairie du Chemin de traverse, d'après Hagrid. Harry et moi, nous profitâmes de ces instants pour fouiner encore un peu plus, cherchant le livre rare. Nous étions tous deux émerveillés de ce monde nouveau que nous découvrions, et rien n'échappait à notre regard curieux, de L'Encyclopédie des Formes Animagus, à L'Etude Géographique des dragons Européens et Africains.
Après l'heure et demie que nous passâmes là-bas, Hagrid nous mena chez Mme Guipure, une vieille boutique ou s'affichaient -sur des mannequins de bois qui défilaient en faisant les cents pas- non seulement les robes noires de Poudlard, mais aussi des robes de tout les jours et de soirées, très habilement coupées et cousues.
Aussitôt la porte du magasin poussée, une vieille voix chaleureuse nous interpella :
« C'est pour Poudlard, j'imagine ?
_Oui, en effet ! Répondit mon tuteur en cherchant la propriétaire de la voix du regard.
_ J'arrive tout de suite ! »
Une vieille sorcière enrobée surgit d'entre les cintres et nous apercevant, nous prit par la main en demandant aux adultes de patienter quelques minutes.
Elle nous mena vers le fond de la boutique, à côté d'un mur recouvert de grands miroirs vers lesquels se tournait tout une rangée de tabourets.
Un seul enfant, un garçon de notre âge à peu près, y était assis. Il tourna vers nous son regard gris acier et nous salua d'une voix traînante, alors que la sorcière avait disparue.
« Salut.
_ Bonjour, nous répondîmes d'une même voix.
_ Je m'appelle Draco Malefoy, et vous ?
_Harry Potter, commença Harry, en lui envoyant un sourire.
_Adrian Potter, finis-je.
_Potter…Comme, les Survivants ? Demanda l'autre, hésitant tout d'un coup.
_Oui, me chargeai-je de répondre. C'est nous.
_ Et vous allez à Poudlard ?
_ Oui, et toi ?
_ Oui, bien sûr ! J'espère être à Serpentard, là où toute ma famille a été, où à Serdaigle à la limite…Mais pas Gryffondor, ce serait bien trop déshonorant ! » entama le blond, parlant soudainement plus vite, enthousiasmé par le sujet de la conversation.
Harry et moi échangeâmes un regard perplexe. De quoi parlait-il ? Qu'étions-nous censés répondre ? Pour la forme, je lançai :
« Si tu le dis…
_Vous vous imaginez être à Poufsouffle ? Je préfèrerais mourir plutôt que de me retrouver là-bas ! Quelle honte ! Mon père me changerait sûrement de maison. »
Sous son regard inquisiteur j'observais Harry, voyant bien dans son regard que le blond l'agaçait, mais n'osant faire de commentaire.
J'étais moi-même plutôt réservé quand à l'attitude à adopter, nous ne savions pas de quoi il parlait, comment juger ? Mais son ton suffisant m'agaçait au plus haut point.
« Vous jouez au Quidditch ? continua-t-il, n'obtenant pas de réponse.
_Euh…non, répondit Harry.
_Nous n'aimons pas trop cela, finis-je.
_Ah oui ? Moi je trouve ça génial comme sport, dit-il en prenant un air dédaigneux. J'y joue souvent. »
Cependant, coupant court à notre discussion, un grand fracas se fit entendre, avant que mon tuteur n'apparaisse entre les cintres et pour nous dire :
« Excusez-nous, c'est Hagrid, il a du mal à passer les rayons. »
Un autre bruit se fit entendre alors que la vendeuse réapparaissait. Elle finit de s'occuper de Draco, avant de prendre nos mesures et de nous apporter, d'un mouvement de baguette des uniformes à notre taille.
Nous payâmes et alors que nous sortions du magasin, mon tuteur demanda :
« _Qui était ce garçon à côté de vous ? Vous avez fait connaissance ?
_Oui, mais il n'avait pas l'air très amical…commençais-je.
_ Je ne l'ai pas du tout aimé. Il avait l'air tellement arrogant ! Continua Harry.
_N'exagère pas…
_Comment s'appelait-il ? demanda Hagrid, intrigué.
_Draco Malefoy », répondis-je.
Hagrid marqua un temps d'arrêt à la mention de son nom, et, se tournant vers nous, il nous dit :
« Faites attention à lui les enfants, Il vient d'une famille de sang-purs très respectée, son père était un proche de Vous-Savez-Qui, un de ses plus fervents partisans. »
Et avant que l'un d'entre nous ne demandât ce qu'était un sang-pur, ou même comment un partisan de Vous-Savez-Qui pût ne pas être en prison actuellement, nous arrivâmes devant une vieille boutique à la vitrine poussiéreuse, et où le haut de la porte était orné de l'inscription suivante en lettres dorées : Ollivander, fabricant de baguettes magiques depuis 382 av J-C.
Hagrid, d'un regard entendu avec mon tuteur fit signe qu'ils reviendraient bientôt, nous laissant seuls face à la devanture.
Après une grande inspiration (je dois avouer que cette boutique, avec son bois noir écaillé et ses baguettes poussiéreuses ne me disait rien qui vaille), nous entrâmes accompagnés d'un tintement de clochettes.
Aussitôt, un vieil homme maigre, pâle et aux rares cheveux blancs arriva devant nous. Il portait une vielle redingote, type dix-septième, des bas blancs et des bottes de cuir lustré qui le faisaient légèrement ressembler à un mousquetaire. Le tout dans cette très vieille boutique, c'était assez surprenant.
« Hum hum, Messieurs les Survivants, je m'attendais à vous voir ici mais sûrement pas en même temps, susurra-t-il alors que nous dansions tous deux d'un pied sur l'autre, encore assez mal à l'aise avec ce titre que tous le monde nous donnait.
_Ce serait pour des baguettes, demanda Harry d'une voix timide.
_Oui oui, je m'en doute bien Mr Potter. Assoyez-vous tous les deux. »
Nous nous exécutâmes et il nous demanda de quelle main nous tenions nos plumes, et supposant qu'il parlait du stylo plume, je répondis que j'étais gaucher, et appris ainsi que Harry était droitier.
« _Comme votre mère Mr Potter, me dit-il. Vous lui ressemblez bien plus que votre frère qui a les traits de son père.
_Ah bon ? » fut tout ce que je trouvai à répondre.
Ollivander ne sembla pas m'avoir entendu et, sortant un mètre ruban de dix mètres de long de sa poche il commença à prendre nos mesures Ensuite, il fit passer un nombre incalculable de baguettes entres les mains d'Harry, contribuant ainsi à la destruction certaine de sa boutique. Certaines étaient en hêtre, elle firent généralement brûler un ou deux meubles, en chêne, celles-là ne firent qu'exploser le lustre et les lampes tandis que celle remplies de ventricules de dragon expulsaient souvent ce vieux tas d'os d'Ollivander au fond de la pièce, et nous étions alors obligés de nous enquérir de sa santé, en ayant préalablement posé la malheureuse baguette. Aucune ne lui allait ! Au bout d'une bonne centaine de baguettes, et d'accidents divers et variés, Ollivander grommela quelque chose d'incompréhensible et repartit dans son arrière-boutique, et nous pûmes enfin nous regarder dans le blanc des yeux, plus qu'intrigués par l'étrange nature de ce personnage, mais aucun de nous deux n'osant faire de commentaire désobligeant.
Il revint bientôt, tenant en main une seule boîte, simple et sans ornements, dont il sortit une baguette sans plus d'ajout.
« Bois de houx et plume de Phénix, 27, 5 centimètres, facile à manier, très souple. Une excellente baguette, à mon humble avis. »
Harry prit la baguette entre ses doigts et aussitôt fut entouré d'un grand halo doré. Il fit un mouvement quelconque, sous le regard brillant du vendeur et des jets d'étincelles rouges et argent sortirent de sa baguette.
Harry leva la tête vers l'homme, qui l'observait de ses yeux perçants en murmurant des mots que je ne compris pas.
« Excusez-moi, monsieur, mais que trouvez vous d'étrange dans ma baguette ?
_Voyez-vous monsieur Potter, votre baguette possède une unique jumelle… il marqua un temps d'arrêt, qui n'est autre que celle ayant fait ceci, dit-il en pointant nos deux fronts, et je vis Harry me fixer avec des yeux ronds.
_Alors toi aussi ? »
Je lui fis un petit sourire d'approbation, avant qu'Ollivander ne commence à s'occuper de moi.
Je ressortais de la boutique avec une baguette en bois d'olivier, nageoires de siron, maniable et souple, mesurant 21, 5 centimètres.
Fort heureusement, (du moins, le pensais-je) Ollivander n'avait pas fait un seul commentaire sur ma baguette, qui se trouvait être totalement anodine.
Nous retrouvâmes Hagrid et mon tuteur à la sortie du magasin et les adultes nous firent une bien bonne surprise en sortant chacun de derrière leur dos une cage avec chacun un animal à l'intérieur.
Harry se vit offrir une chouette blanche comme la neige qu'il ne nomma pas immédiatement, tandis que je recevais un grand hibou au plumage noir que je nommais Edgar. Bien que mon animal n'eût rien de commun avec un corbeau, je trouvais que la couleur sombre de ses plumes lui faisait bien porter son nom
Alors que nous nous arrêtions chez Florian Fortarôme pour le goûter, Harry demanda au gardien des clés :
« Hagrid, qu'est ce que le Quidditch ?
_Oui, et Poufsouffle, Serdaigle et Serpentard ? Surenchéris-je immédiatement, très intéressé.
_Non d'une gousse d'ail suceus' d'sang ! J'oublie toujours qu'vous connaissez pas not'e monde ! Ben…l'Quidditch est un sport sorcier, composé d'deux équipes d'sept joueurs, un gardien, deux batteurs, trois poursuiveurs et un attrapeur qui s'joue sur d'balais volants. C'est un sport très populaire d'not'e monde, pi'sque presque tout l'monde y joue…
_Un peu comme le foot quoi, résumais-je, blasé soudain par le fait que ce soit un sport.
_L'quoi ? demanda Hagrid, mais Harry réussit à le recentrer sur notre autre interrogation, et il répondit bientôt à ma question.
_Quant à Serpentard, Gryffondor, Serdaigles et Poufsouffle, c'sont les quat'e maisons d'Poudlard, c'est là qu'sont réparties l's'élèves à leur entrée en première année. Elles ont été créées par l'quat'e fondateurs d'Poudlard, lors d'l'ouverture d'l'école, y a plus d'mille ans. »
Suite à ces brèves explications, Harry et moi entamâmes une discussion sur le Quidditch, lui persuadé que ce devait être passionnant et impatient de le tester, et moi tentant de le convaincre que le sport n'était qu'une ineptie destinée à nous faire perdre notre temps.
Bien entendu, je n'aboutis à rien, et il me traîna moi, jeune supplicié destiné à la torture de l'effort physique, vers la vitrine d'un magasin de Quidditch, où il passa trois quarts d'heure à admirer balais, étuis et kits de nettoyage en bavant abondamment.
« Harry, finis-je par lui dire.
_Hum, oui ? répondit-il distraitement.
_Dis-moi, après ça, serais-tu près à me faire une faveur ?
_Hum, si tu veux.
_Tu promets, hein ?
_Oui oui…
_D'accord ! On va voir le magasin de potions !
_Hein, quoi ? Non, arrête ! Lâche-moi le bras ! se réveilla la limace humaine.
_Tu as promis, s'il te plaît ! m'exclamai-je en changeant mon expression ennuyée et dégoûtée en une mimique toute mignonne, essayant de l'apitoyer le plus possible.
_Hors de question, je t'interdis de m'emmener là-bas !
_...Pas la peine, je m'y autorise tout seul ! »
En l'occurrence, quelques heures auparavant, Harry avait été totalement épouvanté par une vitrine de potioniste exposant des dizaines d'yeux de crapauds, de langues et d'oreilles d'origines inconnues dans des bocaux remplis de liquides étrange et suspects. Ceci avait eu pour effet immédiat d'éloigner à jamais les potions de l'esprit bouleversé de mon cher frère.
Et eut pour autre conséquence de me donner ma petite vengeance.
Enfin bon, passons.
Après une heure et demie passée là-bas pour nos achats et mon plaisir personnel nous dûmes partir, et alors que nous passions le pas de la porte, nous nous aperçûmes que le soleil déclinait et qu'il était temps pour nous de se quitter.
Tenant à partager ces instants de fraîcheur saisonnière si rares avec mon frère, nous avançâmes et prîmes un peu d'avance sur les adultes, qui se questionnaient mutuellement sur leurs mondes personnels.
A l'abri des oreilles indiscrètes, je posai la question qui depuis le début de l'après-midi, me trottait dans la tête :
« Dis-moi Harry…Comment sont notre oncle et notre tante dans la vie ? »
Aussitôt, il se raidit, et je m'aperçus que j'avais touché un point sensible.
Et comme tout Potter qui se respecte, je fonçai tête baissée dans les questions qui fâchent, sans aucun tact.
« Euh, il n'y a pas de problème au moins ?
_Non non, me répondit-il du tac au tac, soudainement dédaigneux et volontairement effrayant.
_Sûr ? » continuai-je, parce qu'il en faut un peu plus pour m'effrayer, ma foi !
Il parut se détendre un peu, comme si le danger était passé.
Seulement il ne me connaissait pas, le bougre. J'avais pour vilaine habitude d'être terriblement curieux, et il devrait s'y préparer le pauvre bichon...
« Sûr. » me répondit-il cette fois sans animosité.
Ainsi donc, il souhaitait m'effrayer pour mieux éviter le sujet ? Il est vrai que son ton lourd et sa voix pleine de menaces aurait eu un très bon effet sur moi…Si je ne m'étais pas appelé Adrian Sirius Potter, cela va sans dire.
« Tu peux tout me dire, hein, continuais-je en essayant de réfréner la lueur de curiosité et d'inquiétude qui filtrait à travers mes yeux.
_Non, je ne pense pas, tu sais… »
Il fut brusquement interrompu par un éclat de voix rieur et enjoué, qui nous obligea à relever la tête mon regard était devenu haineux pour moi et effrayé et impressionné pour Harry, qui regardait admiratif le sorcier aux lunettes en demi-lunes, lunettes qui jamais ne devraient être autorisées à la vente.
Albus Perceval Wulfric Bryan Dumbledore, président du Magenmagot, Ordre de Merlin Première Classe, et Grand Manitou –Gourou- d'un quelconque conseil, nous observait de ses grands yeux bleus éclatants.
« Alors les enfants, je vois que vous avez fait connaissance ? Tu dois être Harry, n'est ce pas ? demanda le vieux croûton à mon frère qui le fixait d'un regard complètement gaga.
_Ou…oui, monsieur… ? répliqua mon faible et influençable frère.
_Dumbledore, Harry, Albus Dumbledore… »
Bien sûr ! 007 au service de sa majesté tant que tu y es ? Ridicule pingouin à barbe.
Nos accompagnateurs nous rattrapèrent peu après, le saluant respectueusement alors qu'il discutait avec Harry, moi gardant ma bouche close, de peur de hurler de rire au nez et à la barbe (c'est le cas de le dire) du grand échalas hypertrophié qui allait nous servir de directeur.
Soudainement au milieu de la rue, alors que les boutiques se vidaient une à une, j'eus, sans me vanter, une idée brillante :
« Mais Monsieur ! Pourquoi Harry ne viendrait-il pas habiter avec nous ? »
Je devais les avoir coupé à un moment important de la conversation parce que mon tuteur et le demi-géant me fixaient comme si je venais de faire exploser Buckingham Palace.
Ceci étant dit, Harry me regardait avec un air de gamin qui venait de se faire offrir son jouet préféré et le plus attendu, soit des étoiles plein les yeux.
Dumbledore sourit immédiatement à mon encontre.
« Mais oui ! Parfaitement ! En voila une excellente idée ! Qu'en penses-tu Harry ? Et vous monsieur Twinkle ?
_Oui, pourquoi pas… répondit mon frère, tentant tant bien que mal de cacher son excitation.
_ Je n'y vois pas d'inconvénient, » renchérit mon tuteur, un soudain sourire aux lèvres.
Et Hagrid semblait approuver puisqu'il sourit bêtement en découvrant toutes ses grosses dents tout au long de la soirée.
Après cela, je restais attentif et observateur, étant particulièrement intrigué par toute cette attitude qu'adoptait mon frère avec les adultes.
En effet, chaque fois que mon tuteur, Hagrid ou…Sacrebleu, où avait bien pu disparaître ce maudit citronné !? Merdouille ! Il a disparu !
Donc…où en étais-je ?
Ah oui.
Chaque fois qu'un adulte lui adressait la parole, Harry se tendait comme un arc et ressemblait à une de ses biches effrayées que les chasseurs prennent toujours plaisir à tuer à la télévision.
Harry ressemblait donc à une bête traquée, sur le point d'être blessée, torturée. Il en puerait presque la trouille.
Et je veux savoir pourquoi, parce que ce n'est pas normal.
C'est pour cela que je ne parlai que très peu lorsque nous remontâmes le Chemin de traverse maintenant presque vide.
« C'est vrai qu'il commence à s' faire tard ! J' dois y aller moi ! J' vous les laisse, Mr Twinkle, à bientôt les enfants ! » nous salua-t-il avant de disparaître dans le peu de foule dispersée qui restait dans l'avenue.
Mon tuteur se tourna alors vers nous avec un grand sourire.
« Allez, hop ! A la maison les enfants, s'exclama-t-il enjoué. On rentre !
_Oui Monsieur, » nous répondîmes à l'unisson en nous dirigeant vers le Chaudron Baveur d'un pas pressé.
Oui, cela m'a aussi paru après coup très niais, mais franchement sur le moment, je n'avais pensé qu'une seule chose : que cela avait été une excellente journée.
-A suivre-
Alors, vos avis encore une fois? N'hésitez pas à critiquer (de façon constructive s'il vous plaît, dire "c'est nul!" ne me servira à rien pour que ça ne le soit plus!)
Bref, j'vous n'aime!
Bises, Blanc Lapin :B
