Chapitre 12
Deux coups frappés brièvement mais fermement à la porte, et Dembé vint interrompre le tête-à-tête courtois de Reddington avec Diana Martin en brandissant le téléphone.
« Raymond ? Une urgence. C'est Londres. »
Reddington prit le portable en remerciant son ami et sortit sur la terrasse de la nouvelle planque qu'ils occupaient. Il s'appuya contre le garde-corps en pierre et plongea les yeux dans la magnifique piscine à déversoir sous ses pieds.
« Allo ? »
« Raymond ? C'est Danny. C'est au sujet de Liz… »
Aussitôt, Reddington se tendit et se redressa, oubliant où il se trouvait.
« Il lui est arrivé quelque chose ? »
« Non… Enfin, si… Je lui ai dit qui j'étais… »
« Et ? »
« Et elle est en route vers l'aéroport. Je n'ai pas pu la retenir. »
« Oh, Seigneur, Danny… Comment l'a t'elle prit ? »
« Mal, au début. J'ai cru qu'elle faisait un malaise… Elle m'a ensuite expliqué que des souvenirs lui étaient revenus, des choses qu'elle avait dû refouler quand elle était enfant, mais elle n'a pas voulu m'en dire plus. Elle était bouleversée. On a parlé un peu, mais je crois que tu devrais l'appeler. »
Reddington consulta sa montre et fit un rapide calcul. Il devait être près de vingt-deux heures à Londres.
« Je m'en veux, j'aurai mieux fait de me taire… »
« Non, Danny. Il était temps qu'elle sache. » Reddington se frotta le front. « Ne t'inquiètes pas. Je vais vous la ramener. »
« Merci, vieux frère. »
OOOoooOOO
Dans le taxi qui la conduisait à Heathrow, Elizabeth Keen regardait les phares des voitures roulant dans l'autre sens défiler sans vraiment les voir. Trop de pensées s'entrechoquaient dans sa tête, trop d'éléments qui demeuraient encore et toujours sans réponses.
Son téléphone bourdonna une nouvelle fois et elle en prit enfin conscience. Nick's pizza. Reddington cherchait à la joindre. Elle décrocha.
« Lizzie… Où êtes-vous ? »
Elle ferma les yeux et ne répondit pas immédiatement. C'était bon d'entendre sa voix, et en même temps, cela mettait du sel sur sa blessure à vif.
« Lizzie ? »
« Oui ? »
« Est-ce que vous allez bien ? »
L'inquiétude sincère dans sa voix était palpable.
« Ça va… »
« Ne prenez pas cet avion. Retournez chez Sinclair. »
« Il faut qu'on parle... de visu. »
« Non, je dois d'abord régler un problème ici. »
« Où êtes-vous, Red ? »
« Retournez voir Danny, il se fait un sang d'encre à votre sujet. Nous en reparlerons demain, mais ce soir, il ne faut pas que vous soyez seule. »
Il avait encore détourné la conversation pour ne pas répondre à sa question.
« C'est dur… Tout est tellement confus… Je suis soulagée, et en même temps, je me sens si mal… »
« Oh, Lizzie… »
Elizabeth ferma les yeux. La voix de Reddington trahissait tellement d'empathie qu'elle avait l'impression qu'il aurait donné n'importe quoi pour supporter son fardeau à sa place. Elle sentit les larmes lui monter aux yeux, alors que le silence entre eux s'éternisait.
« C'était vous, n'est-ce pas ? L'incendie, c'est vous qui m'avez sorti de là… Je m'en souviens maintenant… »
Elle ne put réprimer un sanglot. Cela faisait si mal de se rappeler. Deux grosses larmes coulèrent sur ses joues qu'elle essuya maladroitement. Elle poursuivit néanmoins :
« … J'étais dans vos bras avec mon lapin, je vous serrais très fort… Il faisait une chaleur épouvantable, la fumée me brûlait les poumons… Vous aussi, vous toussiez tout en courant dans l'obscurité. Puis soudain, il y a eu une violente explosion de lumière quand tout s'est effondré brutalement autour de nous... Les flammes étaient partout… La chaleur était insoutenable. J'ai entendu votre hurlement. Nous sommes tombés par terre. J'ai crié moi aussi, j'avais peur, c'était l'enfer et puis tout est devenu noir… »
Il y eut un silence pesant pendant lequel elle entendit juste son souffle rauque à l'autre bout du téléphone. Elle dut se mordre les lèvres pour ne pas laisser échapper un nouveau sanglot, mais de nouvelles larmes glissèrent malgré tout sur ses joues.
« Je n'ai fait que mon devoir. »
La voix de Red ressemblait à du papier de verre, tellement elle était éraillée par l'émotion. Lui aussi revivait cette scène de cauchemar avec la même vivacité qu'elle.
« Red… Je vous ai vu… Je vous ai vu… »
Une boule se forma dans sa gorge, puis un nouveau sanglot l'étrangla. Elle ne pouvait pas lui dire ce qu'elle l'avait vu faire... L'horreur indicible qu'elle n'avait pas comprise du haut de ses quatre ans, mais qu'elle réalisait maintenant… Elle se mordit le poing en se sentant plongée à nouveau dans l'enfer.
« Lizzie… » La voix de Red était à présent à peine audible au travers du brouillard qui l'enveloppait. « … Retournez à Londres, vers Danny. Vous avez besoin de lui. Il a aussi besoin de vous… Lizzie, je viendrai dès que je le pourrai. Je sauterai dans mon jet, et je serai là, promis. Et on se parlera… »
« Ne me laissez pas, s'il-vous-plaît… »
Mais il avait déjà raccroché. Elle resta un moment encore à contempler le téléphone muet et eut la tentation de le rappeler. Instinctivement, elle savait qu'il ne répondrait pas, qu'il était lui aussi anéanti par le souvenir de cette nuit. Elle prit quelques instants pour réfléchir, puis ordonna au chauffeur de faire demi-tour.
OOOoooOOO
Dembé le trouva, assis par terre, le dos calé contre le mur. Il était livide, les yeux hantés par des images qu'il était le seul à voir.
« Hé, Raymond… Ne reste pas là. Viens… »
Doucement, Dembé aida son ami à se mettre debout. Il l'entraîna, ou plutôt le traîna vers le bureau, où il savait qu'ils seraient seuls. Il ne fallait pas que Diana le voit dans cet état.
« Elle m'a vu… Dembé, je l'ai perdue… »
« Chut… Tu m'as dit un jour que rien n'était écrit dans la pierre, que tu ne croyais pas au destin, qu'il y avait toujours une solution… »
Reddington ne semblait pas l'avoir entendu.
« Dis à Gary de préparer le jet. Nous partons pour l'Angleterre dès que possible. »
« Raymond, tu n'es pas en état d'avoir cette discussion avec elle, ni maintenant, ni dans quelques heures, ça va te démolir... »
« Elizabeth a besoin de moi. »
« Et toi, tu as besoin de te protéger ! Te rends-tu compte à quel point tu t'exposes, à quel point elle te rend vulnérable ? »
« Je veux être honnête avec elle. »
« Le prix à payer est trop élevé. Je me suis engagé à te protéger, même de toi-même s'il le faut. Je ne te laisserai pas faire ce voyage. »
« Dembé, c'est ma faute si on en est là aujourd'hui… »
« Il faut que vous vous laissiez du temps pour réfléchir et prendre le recul nécessaire. Elizabeth doit apprendre à voir au-delà des apparences. Fais-lui confiance…Tout finira par s'arranger… »
Dembé déposa Raymond dans le canapé et alla chercher un verre et la bouteille de Scotch. Quand il revint vers lui, Red n'avait pas bougé et était perdu dans ses pensées, le regard fixe dans le vague. C'était la première fois qu'il voyait son ami aussi défait et fragile. Il lui mit le verre de force dans la main.
« Raymond, je t'ai vu livrer des batailles, gagner souvent, et perdre parfois. Quand cela arrivait, tu te relevais à chaque fois, encore plus fort. J'ai confiance en toi parce que je t'ai vu faire des choses réputées impossibles et les plier à ta volonté... Aujourd'hui, Elizabeth est ton plus gros défi. Je sais que tu livres le combat d'une vie avec elle, que tu as peur parce que tu n'as pas toutes les cartes en main… Mais tu as cette capacité, cette détermination à te battre jusqu'au bout. Quand la mort te regarde en face, Raymond Reddington, tu lui ris au nez et tu t'en sors avec une pirouette… Même si tu ne maîtrises pas tout, il y a une chose que tu ne dois pas perdre de vue : vous avez besoin l'un de l'autre. Elle n'en a peut-être pas encore conscience, mais elle finira par le comprendre. Vous êtes liés. Pour toujours. Et c'est ce qui fait votre force à tous les deux. »
« Suis-je devenu autant transparent pour que tu lises en moi comme dans un livre ouvert ? »
« Non, mon ami, je te connais bien, et je sais ce qu'il y a ici… »
Dembé posa la main sur la poitrine de Red à l'endroit de son cœur. Reddington prit la main de Dembé et la serra.
« Tu n'as toujours voulu voir qu'une partie du tableau, Dembé. Je ne suis pas un homme bon. Je suis un être malfaisant, dangereux et manipulateur. J'ai fini par accepter cette partie de moi-même, parce que c'est ce que je suis…intrinsèquement. Elizabeth doit me haïr et elle a raison de le faire… Je pensais simplement… naïvement… que cela serait plus facile pour moi, mais il semblerait que je me sois trompé sur ce point. »
« Et heureusement que tu t'es trompé. Tu auras beau te dire que tu es un monstre, il n'empêche qu'il y a aussi de la bonté en toi. Tu n'en serais pas là aujourd'hui, à faire ce que tu fais, si tu n'y croyais pas une minute. Tu n'éprouverais pas autant de culpabilité, si tes actes passés t'indifféraient. Tu ne livrerais pas tous ces noms au FBI, si tu n'avais pas le sentiment de devoir le faire. »
« Oh, Dembé… Si seulement tu avais raison, mais cela ne me rachètera pas aux yeux de la société… »
« Peut-être que si, qui sait ? Mais tu as toujours placé la barre plus haute. Tu as choisi Elizabeth parce qu'elle fait de toi un homme meilleur, et ce, depuis que tu l'as sauvée enfant... Tu sais qu'elle est ta chance de salut, pour te racheter à tes propres yeux. »
« Ça n'arrivera plus, j'ai détruit tout ce en quoi elle croyait. Quand elle saura toute la vérité, elle me tournera le dos et s'en ira… »
« Non, je ne crois pas qu'elle partira. Si Elizabeth te hait maintenant, cela lui passera, quand la nécessité s'imposera, quand elle comprendra tout ce que tu as accompli par amour pour elle… »
« Dembé… »
« Et elle t'aimera en retour, comme je t'aime, mon frère. »
Red eut un sourire devant la conviction de son ami.
« Tu ne parles pas souvent, mais quand tu te lances, tu es diablement convaincant. »
« Je t'observe et j'apprends… En revanche, Diana... »
« … ne doit pas savoir ce qui s'est passé ce soir. »
Reddington s'était repris. Rassuré, Dembé se redressa.
« Tu es fatigué, Raymond. Tu devrais essayer de dormir. »
« Merci, Dembé. »
« Non, c'est moi qui ne te remercierais jamais assez pour ce que tu as fait pour moi. »
« On peut tout fuir, sauf sa conscience… Dembé, que ferai-je sans toi ? »
Le soudanais hocha la tête avec un sourire et quitta le bureau aussi silencieusement qu'un chat. Il laissa son ami faire la paix avec lui-même de la seule façon qu'il lui connaissait : en s'abrutissant d'alcool. Peut-être que le sommeil viendrait après…
OOOoooOOO
La puissance de la musique enfla et fit trembler les vitres de la serre. Pablo de la Montès ferma les yeux et se laissa porter par « les Troyens » de Berlioz. Ce soir, il se sentait l'âme conquérante et invincible. Ce soir, ses hommes allaient capturer Raymond Reddington et lui apporter le criminel sur un plateau. Alors il pourrait accomplir sa vengeance et triompher de ses ennemis en leur apportant littéralement la tête du « Concierge du Crime ». Ce serait son moment de triomphe.
Aux dernières nouvelles, l'opération se déroulait comme prévu. Les récompenses proposées avaient fini par payer et la surveillance avait bien confirmé la présence de Reddington dans cette vaste villa de banlieue. Son groupe d'intervention avait investi la planque où se trouvait le criminel et avait presqu'éliminé toute résistance. Il ne restait plus qu'à s'emparer de Red.
Bientôt…
De la Montès se força à calmer son excitation. Il avait tellement passé de temps ces derniers jours à peaufiner le moindre détail de l'opération qu'il ne pouvait envisager d'autres issues que le succès.
Rien que d'y penser, c'était presque jouissif. Il se sentait si bien au milieu de ses roses, dont la beauté éclatait en pleine lumière, sous les projecteurs dont il avait supervisé l'installation pour la rendre la plus féérique possible.
La musique atteignit à nouveau son paroxysme et l'homme se mit à improviser une danse de mort, dans les allées entre ses rosiers. Il se sentait fort, puissant, unique… transporté par les voix profondes du chœur, la violence presque rageuse des accords, les changements de rythme, le souffle épique de l'orchestre entier sous la houlette du chef … C'était grandiose, imposant, majestueux...
Le silence se fit brutalement. De la Montès reprit subitement contact avec la réalité.
Qui avait osé arrêter la musique ?
« Esteban ! Esteban ! »
Fou de rage, De la Montès traversa la serre en appelant son majordome. Comme personne n'accourait, il voulut sortir, mais trouva porte close. Incrédule, il s'acharna sur la serrure. En vain. On l'avait enfermé.
« Esteban ! »
Il frappa sur les carreaux en continuant à appeler mais personne ne vint. Quelqu'un se racla la gorge derrière lui. Il se retourna lentement et sursauta violemment.
La tête inclinée sur le côté, Raymond Reddington se tenait tranquillement devant lui, les mains croisées, presque en position d'attente.
« Je crains que personne ne vienne à ton secours, Pablo. »
L'homme se passa nerveusement la langue sur les lèvres et chercha des yeux quelque chose pour le protéger. Son regard tomba sur une bêche, dont il s'empara. Reddington, qui n'était pas armé, se mit à rire doucement.
« Tes affaires ne sentent pas vraiment la rose en ce moment, mon cher Pablo. Je dirais même que tu n'es pas en odeur de sainteté parmi tes associés qui ont visiblement décidé de me laisser agir et de régler ton sort… »
De la Montès regarda à droite et à gauche pour s'assurer que Reddington était seul. Comment en être sûr ? La végétation apparaissait à présent comme une menace potentielle qui recelait des dangers inconnus.
« Je t'avais pourtant prévenu, mais tu n'as pas voulu m'écouter… Tu t'es laissé dévorer par ta propre ambition et par ton aveuglement contre moi. D'ailleurs, tu ne m'as jamais dit ce que je t'avais fait pour mériter un tel acharnement ?… »
« Bueno Aires, Mars 2001. »
« Quand j'ai aidé Valverde à s'échapper de prison ? »
« Valverde m'a ensuite empêché d'accéder au Conseil. Il m'a fallu cinq longues années pour reconstruire ce que j'avais mis si longtemps à bâtir dans l'ombre. »
« Et tu l'as tué pour lui faire payer son ascension fulgurante. »
« Oui, mais pas avant qu'il m'ait révélé le rôle exact que tu as joué dans cette histoire ! »
Pendant qu'ils parlaient, De la Montès s'était approché de Reddington qui ne le quittait pas des yeux une seconde.
« Tu m'as vendu au FBI, Red. Tu sais ce qu'on fait subir comme sort aux traîtres et aux balances ? On les écrase comme des punaises… »
« Qu'as-tu l'intention de faire avec cette bêche, Jardinier ? Creuser ta propre tombe ? »
L'homme, excédé par le ton et le sourire ironique de Reddington, se précipita vers ce dernier en brandissant l'outil au-dessus de sa tête et en poussant un cri de rage. Il ne fit pas deux mètres qu'un sifflement strident se fit entendre.
De la Montès s'arrêta net et regarda avec stupéfaction le trait d'arbalète qui dépassait de son épaule droite. Reddington n'avait pas bougé d'un pouce et le regardait, d'un air ennuyé. La douleur ne tarda pas à irradier et il lâcha la bêche qui tomba avec fracas sur le sol cimenté. L'homme d'affaires essaya alors de retirer la flèche de la main gauche, mais le simple fait de la saisir lui arracha un cri de souffrance.
« Je ne ferai pas ça si j'étais toi… »
De la Montès releva la tête en entendant une voix féminine et s'avisa de la présence de Diana Martin, qui vint se ranger à côté de Reddington. Tranquillement, avec des gestes sûrs et sans quitter des yeux le trafiquant, elle rechargea son fusil-arbalète. Choqué, l'homme la regarda en frémissant de colère et de peur.
« Les pointes se sont déployées dans les chairs. Ça fait mal, hein ? »
« Diana, ce n'est pas gentil de se moquer de notre hôte qui souffre. »
« Il ne s'est pas gêné, lui, quand il m'a brisé la clavicule et l'épaule à coups de masse. Par quatre fois il m'a frappé. Quatre fois, il m'a entendu l'implorer d'arrêter ce supplice… »
« Salope, j'aurai dû te tuer ce jour-là… »
« Oui, j'aurai préféré mille fois la mort à ce que tu m'as fait subir, espèce de sadique... »
Reddington posa la main sur le bras de Diana qui tremblait. Elle ne lui avait jamais dit ce que De la Montès lui avait fait subir. A présent, le criminel ne souriait plus.
« Ramasse la bêche, Pablo. »
« Non. »
« Ramasse… la… »
Cette fois, il détacha les mots avec un ton clairement menaçant. De la Montès déglutit et baissa les yeux, avant de se pencher en grimaçant pour la prendre. Reddington lui désigna le petit carré de terre qui attendait de nouveaux plants.
« Creuse. »
L'homme obéit et, maladroitement, commença à enlever le terreau souple fraîchement déposé. Il s'arrêta au bout de deux pelletées, en sueur et tremblant.
« Continue… »
« Je ne… peux pas… »
« Il te faut une autre stimulation ? Dans la cuisse, par exemple ? »
Diana arma l'arbalète à poulie et la pointa vers l'endroit mentionné par Reddington. En serrant les dents, De la Montès continua à creuser encore un peu. Puis il tomba à genoux, épuisé, le bras pendant, en les implorant :
« Je vous en prie… »
Il se mit à sangloter pitoyablement. Reddington s'approcha de lui et s'agenouilla pour le regarder en face.
« Pablo, j'ai connu bien des hommes qui affrontaient la mort en la regardant dans les yeux, mais jamais en se roulant lâchement au sol, comme tu le fais… Redresses-toi ! Tu as loupé ta vie, ne rate pas ta mort ! »
L'homme se mit à gémir encore plus et s'effondra comme une chiffe molle. Reddington eut un rictus dédaigneux et se releva en soupirant.
« Finissez-en, Diana, sinon on y sera encore demain matin… »
Elle mit en joue De la Montès et n'eut aucune hésitation quand elle appuya sur la gâchette. Le trait partit et transperça de part et d'autre le crâne du trafiquant qui s'effondra en arrière comme une poupée désarticulée. Le corps eut quelques encore soubresauts puis ne bougea plus.
Diana Martin releva son arbalète et observa avec fascination les gouttes de sang qui perlaient à présent sur les roses blanches derrière le cadavre. Finalement, à bien y regarder, même la mort recelait une certaine beauté…
A suivre…
Bon ben, ça, c'est fait ! Comme on dit... Je ne suis pas fâchée d'en avoir terminé avec cette partie un peu lourde, question tension, mais j'aime bien torturer les personnages… Petite mention spéciale : La musique m'a d'ailleurs aidé pour écrire l'ambiance et le rythme du chapitre, notamment Pearl Jam (Pendulum et Just breathe), Berlioz bien sûr (les Troyens), et Big Data (Dangerous).
Sur ce, faites de beaux rêves, je vais aller me revoir un Tim Burton bien glauque : Sweeney Todd… Ça me changera les idées (rire diabolique) !
