EPILOGUE

Quand Elizabeth pénétra dans le salon un peu plus tard, cinq paires d'yeux la considérèrent avec curiosité. Wilde fut le premier debout et vint à sa rencontre. Nerveux, il s'assura qu'elle allait bien, la serra brièvement dans ses bras, puis la mena vers les canapés.

Son entrée signifia la fin de la réunion qui se tenait là, puisque Dembé, Diana et Sinclair se levèrent, puis quittèrent la pièce.

Reddington se leva avec galanterie, lui fit un sourire et la pria de s'assoir à côté de lui.

« Lizzie, ça va ? »

« J'ai dormi un peu. Qu'est-ce que j'ai manqué ? »

« Raymond, tu peux lui épargner ça ? »

« Non, non, je veux savoir… Danny, ça va aller, je t'assure. »

Elle aperçut les photos volées d'un homme jeune et séduisant, prises visiblement par un photographe caché, alors que l'homme sortait d'un bâtiment et s'apprêtait à monter dans sa voiture.

« Qui est-ce ? »

« Un certain Jonathan O' Sullivan. Selon les informations recueillies par les amis de Sinclair au MI5, il est le fils d'un membre du parti travailliste irlandais. C'est un voyou qui trempe dans des affaires de paris truqués et des matches de boxe clandestins. Il trafique aussi un peu. Il possède des night-clubs ici à Londres. »

« Et ? »

« Et il est le lien qui va nous mener à Syracuse. »

« Comment ? »

« C'est ce que nous allons demander ce soir à ce jeune homme. »

« Nous ? Vous voulez dire, tous les six ? »

« Si vous souhaitez venir, vous êtes la bienvenue. »

« Ray… »

Le ton et l'expression de Wilde était tendu. Il croisa les bras et regarda froidement le criminel.

« Reddington te manipule, Liz. »

« Danny, je n'ai plus dix ans. Je te rappelle que je suis un agent du FBI assermenté, formée pour intervenir sur le terrain… »

« Nous sommes en Grande-Bretagne, Liz. Ici, tu es un sujet de Sa Majesté comme les autres… Tu ne peux pas faire n'importe quoi. »

« D'après ce que tu m'as raconté, tu n'es pas le dernier à avoir contourné la loi, Danny. »

« Je voudrais te faire profiter de mon expérience et t'éviter de faire des bêtises, c'est tout. »

« C'est mon travail de protéger l'atout du FBI. »

Elizabeth se tourna vers Reddington et le regarda dans les yeux pendant que l'homme d'affaires américain rongeait son frein. Il était évidemment mal placé pour la contredire. Délibérément, Elizabeth posa la main sur celle de Raymond Reddington.

« Je viens avec vous. Quand et où ? »

« Vingt trois heures. Au Blue Diamond's. Soyez sur votre trente et un… Vous avez ce qu'il faut ? »

« Les placards de Sinclair regorgent de tenues sexy de ses précédentes petites amies. Je devrais en trouver une à ma taille. »

« Hum… A ce propos, ça me gêne de dire ça… » Commença Wilde avec embarras « … mais ce sont les tenues personnelles de Brett… Tu ferais bien de lui demander avant d'en emprunter. »

« Personnelles ?... » Liz fronça les sourcils, puis comprenant soudain : « Personnelles ? »

Reddington et Elizabeth regardèrent Wilde avec la même expression ahurie.

« Mais ça ne l'empêche pas d'aimer les femmes ! Il aime juste se travestir de temps en temps ! »

Reddington et Elizabeth s'esclaffèrent soudain.

« Ne lui dites pas que je vous l'ai dit, il me tuerait... » Continua Danny qui vit l'expression malicieuse de Red. « Et toi, ne t'avises pas de le faire chanter… »

« Oh, ce n'est pas assez croustillant… »

Liz lui donna un coup de coude dans les côtes.

« Menteur… »

Red passa le bras autour des épaules de Liz et ils continuèrent à rire tous les deux, serrés l'un contre l'autre. Leur familiarité n'échappa pas à Wilde qui se rembrunit.

« Je continue à trouver que c'est une mauvaise idée, cette soirée… »

Liz s'essuya les yeux et retrouva un peu de sérieux.

« Red s'occupera de ma sécurité, comme je m'occuperai de la sienne, ça te va ? »

« Je ne la quitterai pas d'une semelle, Danny. »

« Et moi, je garderai un œil sur toi, Reddington. »

Que l'on pouvait traduire par : Bas les pattes, vieux pirate, tu ne touches pas à ma fille… L'avertissement était clair, mais Red n'en avait que faire. Présentement, il regardait Lizzie avec des yeux brillants et elle lui retournait ses sourires en ne boudant pas son plaisir. Wilde secoua la tête et inspira un bon coup. Il connaissait les signes de l'entreprise de séduction Reddington. Il l'avait vu se mettre en marche déjà des dizaines de fois auparavant. Il préféra prendre la direction de la porte, avant d'en arriver à certaines extrémités.

« Au fait, Danny… »

Wilde se retourna.

« … Tu veux bien me prêter ta Ferrari ? Je sors avec une fille formidable ce soir et je dois lui en mettre plein la vue... »

Seul le claquement de la porte lui répondit.

FIN

qui n'en est pas vraiment une, puisque vous retrouverez les suites des aventures de Liz et Red dans « Syracuse »…

J'espère que ça vous a plu et que vous continuerez à me suivre. Laissez-moi vos commentaires pour avoir vos retours et vos ressentis. Merci.