Je vis vraiment dans une fanfiction de The French Mistake : actuellement je suis dans une ferme d'Alpacas sur l'île de Vancouver parce que Geneviève et Jared Padaleki sont censé en avoir un dans leur jardin... La prochaine fois qu''on me dit de regarder une série parce qu'il y a du slash j'irais plutôt manger une pomme.


Chapitre Deux :

Il ne devait pas y avoir de blessés car le conducteur remit les gaz à fond et s'élança de nouveau plein pot sur l'autoroute, me laissant en plan dans la fumée du pot d'échappement.

Je revins à ma place piteusement et reprit l'attente. La nuit n'en finissait pas, les phares des voitures m'éblouissaient cruellement et j'avais de plus en plus soif. Mais alors que je me reprenais à pousser la chansonnette, un cri de douleur tout ce qu'il y a de plus humain s'éleva de la forêt dans la direction où l'orignal était parti. Je frissonnais violemment, j'étais déjà glacée de froid et me voilà glacée de peur. Ce pourrait-il que le moose blessé rendu fou ait attaqué quelqu'un dans la forêt ou sur une route de campagne ? Mais aussi quel clampin était assez con pour être dehors dans la forêt à une heure pareille ?

Si je l'étais quelqu'un d'autre pouvait l'être.

J'attendis quelques minutes, en proie à la panique. Je ne pouvais pas faire grand chose dans ma situation...

Les cris reprirent, plus faibles.

C'était très clairement en train de devenir de la non assistance à personne en danger. Ayant perdu mon téléphone portable je ne pouvais pas appeler les urgences, et ici au Canada il n'y avait pas de téléphone d'urgence le long de l'autoroute. La première station service devait être à quatre-vingt kilomètres et je me savais loin de toute ville ou village... Les cris s'espaçaient... J'avais toujours la possibilité de sortir ma lampe frontale et mon poncho de pluie orange réfléchissant et de m'élancer sur l'autoroute pour stopper de force une voiture... c'était un plan dangereux et j'optais plutôt pour ceci : comme je ne pouvais as prendre le risque de marcher dans la forêt avec mon sac à dos ultra lourd, je le laissais sur le bord de la highway, où il servirait aussi de point de repère s'il y avait besoin de me chercher dans le pire des scénarios. J'allégeais mon petit sac de tout ce qui était inutile, puis mis dedans ma trousse à pharmacie et le poncho de survie, agissant comme les couvertures du même nom, le peu d'eau qu'il me restait, ma serviette de toilette. En revanche je laissais la nourriture, ne voulant pas attirer les animaux. Je mis ma lampe frontale et la réglais, puis traversais la route et m'engageais dans la forêt, serrant ma bombe au poivre dans une main et mon couteau prêt à être dégainé de l'autre. L'eau me tomba sur les lunettes, le visage, à mesure que je m'avançait dans les branchages. Bientôt mes chaussettes furent trempées, ainsi que on pantalon. J'avançais très péniblement, essayant de tailler tout droit pour ne pas me perdre. Si je ne trouvais rien je m'arrêterais de toute façon à 400 mètres de la route, plus loin je ne pourrais plus entendre entendre assez bien les voitures. Je serais obligée soit d'arrêter enfin une voiture, soit de marcher jusqu'à une habitation, ce qui pouvait largement laisser le temps au soleil de se lever.

Après un pénible périple dans la forêt, j'entendis des gémissements à ma droite. L'homme n'était pas loin. L'homme car il n'y avait qu'eux pour être aussi inconscients pour se balader dans la forêt à cette heure-ci, et que la voix qui poussait ces cris et gémissements était très masculine.

Les arbres se clairsemèrent rapidement et je débouchais enfin sur une clairière. Je levais la tête de mes pieds et le rayon de ma torche éclaira tout de suite un corps humain nu moitié allongé sur un tronc d'arbre au sol. Je poussais un glapissement de peur et me cachais les yeux,mon cri continuant en quelque chose de ridicule comme "Gahahahaaaaa..." C'était une chose que d'y avoir réfléchit, mais tomber sur un blessé grave au milieu d'une forêt la nuit dans un pays étranger foutait quand même la trouille. Et puis qu'est-ce qu'il foutait à poils ?! J'eu envie de me tirer de là à toutes jambes, prétextant n'avoir rien vu, rien entendu si un jour on me demandait, mais un faible gémissement se transformant en râle à quelques mètres de moi m'empêcha de bouger. Il ne serait pas dit que j'aurais un mort sur la conscience ! Rouvrant prudemment les yeux je m'avançais lentement, évitant de trop détailler le corps nu. Il me tournait le dos et était à moitié caché dans les hautes herbes. Je ne voyais que l'arrière de la tête, des cheveux plutôt longs, châtains, un peu de sang que lavait la pluie, et tout le dos, très massif, très musclé. Ce type était un géant, dans le genre bûcheron canadien viril à souhait que ma bêtalectrice voulait que je lui ramène en souvenir.

Je m'agenouillais du côté de son visage et constatais que mes genoux s'enfonçaient dans 5 centimètres d'eau : j'allais devoir le traîner hors d'ici au lus vite et il devait bien faire dans les 100 kilos au vu de sa corpulence. Enfin si je le pouvais car il était sacrément amoché : tout son flanc du côté droit n'était plus qu'une bouillie violacée, je ne pouvais risquer de lui perforer un poumon en le bougeant. Peut-être que l'orignal lui avait balancé un énorme coup de sabot en ruant ?

Voyant qu'il papillonnait des yeux je lui touchais précautionneusement la joue. Elle était glacée.

Il ouvrit les yeux et me regarda avec des pupilles dilatées. Il dit quelque chose en anglais que je ne compris pas et me fit un grand sourire qui se transforma en grimace de douleur, ava,t de replonger dans l'inconscience. Je me dis que ce mec avait du prendre de la drogue, et pas de la douce, pour s'être retrouvé à courir à poils au milieu de la forêt canadienne. Ou alors il essayait d'échapper à des trafiquants d'organes humains qui allaient bientôt nous retrouver. Ou des aliens. Au choix.

Dans tous les cas il fallait que j'agisse. Je me relevais et cherchais un endroit près d'ici où je puisse le sortir de l'eau et de la boue. J'avisais le sol presque sec sous un gigantesque sapin et revins vers on inconnu blessé. Essayant de ne pas fixer son intimité j'enroulais le bas de son corps dans la serviette de bain, la coinçais à a taille et le pris aussi doucement que je put par dessous les épaules. Je n'avais même pas encore commencé à le traîner qu'il gémissait déjà de douleur dans son délire. C'était une horrible tâche à accomplir, mais prenant une grande inspiration, je le traînais en direction du sapin.

Il commença à crier e façon absolument dramatique. Sa voix résonnait dans la clairière, éraillée, rauque d'avoir trop crié durant l'heure précédente. Il se réveillait, se débattait, me demandait de stopper, me suppliait plus ou moins intelligiblement. Il me fit quand même le lâcher six fois durant le court trajet. Je me pris des coups sur les bras, les mains, dans les jambes, mais heureusement pour moi la douleur et la fièvre l'empêchaient d'agir avec une quelconque réflexion. Ses poings étaient durs et je sentais qu'il était habitué à cogner. J'aurais sûrement des tonnes de bleus mais je continuais à le traîner. Je soufflais, je suais, je tirais.

Enfin j'arrivais sur le sol à peu près sec et le lâchais avec soulagement. Il avait à nouveau perdu connaissance.


Note: en fait j'ai vécu quelque chose qui foutait encore plus la trouille avec un blessé inconscient, mais une autre nuit. La réflexion n'est pas si aisée...