*JKRowling*
Résumé du chapitre précédent :
Narcissa apprend que Darren Prince est en réalité Harry Potter, et que son fils œuvre avec le jeune homme contre Voldemort. Après une première surprise effrayée, elle l'accepte. Drago est heureux de ne plus lui mentir et qu'elle réagisse ainsi.
Voldemort convoque les Marqués. Il leur annonce que leurs missions arriveront prochainement, et leur indique les équipes de deux qu'il a constituées pour créer plus de cohésion entre eux. Voldemort reparle aussi avec Darren des pierres de l'héritage Prince, qu'il convoite pour acquérir Gringotts.
Des familles de sang-pur se retrouvent lors d'un dîner un peu étrange, car l'Attraction se réveille sur Allison, la sœur de Joris. Elle accepte de devenir une Amari, malgré les orientations politiques de sa famille, et même si les choses ne démarrent pas parfaitement.
Harry et Drago passent ensuite quelques jours chez les Nimwë, les cousins d'Harry, avec Blaise. Les cinq héritiers Prince associent les pierres des forces de la nature à leurs objets : Harry-épée-lune, Blaise-poignard-étoiles, Arthur-bague-soleil, Elian-bouclier-minéraux, et Lucy-collier-cristaux.
Ce chapitre se déroule : du vendredi après-midi 19 Juillet au mardi soir 30 Juillet
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PREMIERE PARTIE
Chapitre 3 – Dernières Vacances
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Arthur fut le premier à reprendre son souffle. Il se releva, et s'approcha de la stèle tandis que les autres se redressaient à leur tour. Ses yeux se posèrent sur les objets qui y reposaient, et il sourit. Les objets et les pierres brillaient tous encore un peu, mais d'une lueur beaucoup plus douce, et chaleureuse.
La pierre de soleil était devenue le bijou de la bague, et celle de lune s'était incrustée entre la garde et la lame de l'épée. La pierre des étoiles scintillait au pied du pommeau du poignard, celle des minéraux s'était divisée pour s'ancrer dans cinq compartiments du bouclier, à égale distance, et la pierre des cristaux était devenue le pendentif du collier.
Elian avança à côté de son frère, et posa une main sur son épaule, souriant lui aussi. Les deux frères s'étaient déjà sentis plus proches grâce au Lien des Amari, mais en cet instant, ils ressentaient quelque chose de nouveau. Lucy les regarda intensément, pleine de cette sensation, et Blaise et Harry échangèrent un regard tout aussi fort.
Ils se sentaient liés par quelque chose de nouveau, de différent des Amari. Quelque chose de plus vieux. D'ancestral. Un lien qui coulait dans le sang qu'ils partageaient, et dans leurs mémoires communes.
Il leur fallut un moment avant de sortir de cette sorte de transe tranquille qui les avait pris. Après être restés longtemps silencieux près de la stèle, Arthur le premier à nouveau fit un geste qui guida les autres. Il prit lentement la bague qui était sienne depuis qu'il l'avait choisie, et la passa à son doigt. Elle émit un instant une lueur joyeuse, et puis s'éteignit.
Elian prit le bouclier et passa son bras dans les anses, comme s'il était prêt à partir avec au combat. La même lumière en émana quelques secondes avant de s'éteindre. Le même phénomène se passa lorsque Lucy mit le collier autour de son cou, et lorsque Blaise fixa le poignard, prêt à être tiré, le long de son bras, à l'aide d'une large bande de cuir.
Et le phénomène fut le même lorsqu'Harry ceignit l'épée à sa taille, avec une ceinture légère et simple mais discrètement décorée, trouvée dans le reste de l'héritage. Mais à l'instant précis où la lueur de l'épée s'éteignit, les cinq objets disparurent.
- Que se passe-t-il ? s'écria Lucy.
- Je ne sens plus le poignard à mon bras ! réagit Blaise, effrayé.
- Où est passé mon bouclier ?! s'exclama Elian à son tour.
Harry, la main pressée contre sa hanche, là où il avait tenu l'épée une seconde auparavant, regarda Arthur avec une expression angoissée.
Mais Arthur leva les mains en signe d'apaisement, et son calme les rassurèrent.
- N'ayez crainte, les objets ne se sont pas évanouis. Ils ont disparu pour nous permettre de les avoir constamment avec nous sans les dévoiler, et sans qu'ils ne soient une charge encombrante. Regardez.
Et Arthur tourna sa main de telle sorte qu'il regardait la paume, et que le dos était visible aux autres. Alors, la bague apparut à son doigt. Arthur sourit.
- Essayez. Vous verrez, c'est assez naturel… dit-il doucement.
Ils lui firent confiance, et tentèrent à leur tour d'invoquer les objets qui leur étaient liés. Ils ne parvenaient à croire la peur panique qui venait de les prendre, ils ne parvenaient à croire à quel point ils étaient déjà affectés.
Et lorsqu'ils réussirent, les uns après les autres, à faire apparaître leurs objets à nouveau, aucun ne put ignorer le soulagement intense qui le prit. Ils furent également ravis de la facilité avec laquelle ils avaient pu faire cela. Il n'avait suffit que d'une inflexion de leur pensée.
- Ces objets sont nôtres, et nous leur sommes liés, murmura Arthur. Nous devons les protéger, et ils nous protégeront en retour lorsque nous aurons besoin de leur aide.
Il regarda sa bague avec intensité et… affection. Et puis elle disparut. Blaise suivit son exemple, et fit disparaître son poignard, une pointe de regret dans les yeux. Les autres firent de même.
A nouveau, un instant passa, avant qu'ils ne se décident enfin à quitter la pièce. Ils passèrent la grande porte, et la refermèrent avec la sensation profonde qu'ils ne reviendraient pas avant un long moment.
Ils émergèrent dans le salon du Manoir Nimwë, et Drago s'approcha immédiatement d'Harry. Ils ne parlèrent pas, et lièrent simplement leurs esprits pour partager l'expérience. Et puis ils s'embrassèrent, doucement.
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Le soir même, ils dînèrent joyeusement, et racontèrent à leurs parents ce qu'il s'était passé. Bérénice était au Manoir depuis plusieurs jours, appréciant ces vacances loin de l'Angleterre et de son époux, et de pouvoir profiter de son fils, et de sa sœur.
Andromaque et Echtelion se réjouissaient des avancées de leurs enfants. En sa qualité de mère, Andromaque sentait l'inquiétude poindre chaque fois qu'elle se souvenait qu'ils quitteraient le Manoir quelques semaines plus tard. Mais son cœur nordique, et la force de caractère qui les caractérisait elle et son époux, lui faisait aussi ressentir fierté et honneur, de voir leurs enfants prêts à se battre pour une cause noble et juste.
Lancelot était là depuis deux jours, pour profiter aussi de ses neveux, et depuis l'arrivée de Severus dans l'après-midi, il ne cessait de moquer et embêter le sorcier jusqu'à le mettre hors de lui.
Sa relation avec Daphné semblait parfaite. Ils s'écrivaient extrêmement souvent, et un rendez-vous avait été organisé avec les parents de la jeune fille dans les jours à venir. Lancelot fit mine d'être sûr de lui, mais il fut rapidement évident qu'il était terriblement inquiet, et Blaise et Drago lui parlèrent de ses futurs beaux-parents (qui n'avaient rien d'effrayant) pour le rassurer.
Le lendemain, Harry et Drago prirent congé. Blaise allait rester encore un peu, avec sa mère, et le reste de la famille, mais les deux garçons se rendaient désormais au Terrier, chez les Weasley, pour terminer le premier mois de vacances.
Arthur, Elian, et Lucy les retrouveraient ensuite début août. Lorsque Blaise viendrait à la Maison pour reprendre ses activités au sein de l'Armée du Phénix, la fratrie ferait de même. Ils l'avaient assez rapidement décidé, ne voulant plus être à l'écart comme ils avaient pu l'être à la fin de l'année précédente, puisqu'ils n'étaient pas à Poudlard.
Pendant cette dizaine de jours qu'Harry et Drago passeraient au Terrier, il avait été prévu de faire croire à Voldemort qu'ils restaient tout ce temps au Manoir Nimwë, et la famille savait qu'il ne fallait rien faire qui puisse menacer cette couverture.
Tandis qu'ils se disaient au revoir, Harry eut une pensée pour Allison.
La jeune fille n'était parvenue à vraiment s'intégrer aux Amari, ces quelques derniers jours. Cela ne faisait pas encore assez longtemps pour que la fusion soit parfaite, mais elle était particulièrement à l'écart.
Les vacances que chacun passait chez soi et un peu hors des Amari n'aidaient pas à une nouvelle cohésion. Pas plus que le caractère un peu difficile et hautain de la jeune fille, et son éducation. Toutefois, derrière ses attitudes méprisantes, Allison avait envie de se sentir plus à l'aise, et parmi les Amari, aucun n'avait intentionnellement envie de l'écarter.
"Je viens de me dire," interpela Harry alors qu'il saluait ses cousins. "Pourriez-vous inviter Allison à venir ici de temps à autres ? Avec Théodore, ils s'apprécient, et Daphné, avec qui je pense qu'elle devient un peu amie."
"Cela l'aiderait sûrement d'avoir des présences physiques au lieu de seulement les esprits en communication," ajouta Blaise en approuvant l'idée. "Et puis, elle pourrait partager son expérience d'éducation à la maison avec vous," ajouta-t-il en s'adressant à Arthur, Elian, et Lucy.
Harry acquiesça. Il pensa aussi au fait qu'Allison se sentirait sûrement plus à l'aise avec des jeunes sorciers ayant plus ou moins été élevés avec les mêmes valeurs aristocrates.
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Si Drago était prêt à passer deux semaines au Terrier, Allison, elle, était encore loin de pouvoir supporter des journées et conversations entières avec autant de personnes opposées à ce qu'on lui avait appris.
Drago entendit sa pensée et grimaça en entendant plus particulièrement celle qu'Harry eut à son sujet. Oui, il était assez bien élevé et mature maintenant pour ne plus faire de remarques méprisantes sur ce qu'il considérait comme inférieur.
Oui, il avait découvert que si Ron Weasley et lui ne seraient jamais vraiment amis, ils pouvaient se supporter, et même parler agréablement l'un avec l'autre. Oui, il respectait beaucoup plus les Weasley depuis qu'il les côtoyait davantage.
Mais vivre dans leur… demeure, et avec eux selon leurs modes de vie, si différents des siens, pendant presque deux semaines… Drago ne savait sincèrement pas s'il tiendrait le coup sans laisser sortir une seule critique ou remarque désobligeante.
Harry l'entendit à son tour, et lui prit la main en lui envoyant une pensée rassurante.
"Ne t'inquiète pas, tout se passera bien ! Ils vont t'adorer, et tu vas les adorer…"
"Tu en fais trop, Potter," grogna Drago en réponse.
Harry eut un petit rire.
Les deux garçons saluèrent tout le monde de la main. Puis ils minimisèrent leurs affaires pour les rendre plus facilement transportables, et Harry sortit alors sa cape d'invisibilité, qu'il mit sur son compagnon et lui. Et unissant leurs esprits, ils transplanèrent. Ils disparurent dans un craquement sonore.
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Ils réapparurent à la lisière du périmètre de protection autour du Terrier, à l'intérieur duquel il n'était plus possible de transplaner, et passèrent la barrière, toujours invisibles. Ils avancèrent en se tenant la main, la Cape sur eux, jusqu'à la maison, et accueillirent avec plaisir les esprits de leurs amis Amari dont ils se rapprochaient.
Une fois à l'entrée, ils savaient que le périmètre s'étendait assez loin pour qu'ils ne soient pas reconnus, s'ils restaient bien face à la porte pour ne pas offrir leurs visages, si des ennemis surveillaient les environs.
Harry ôta l'anneau qui maintenait l'apparence de Darren Prince, et le mit prudemment sur une chaîne pour le porter en un collier qu'il était certain de ne pas perdre. Comme chaque fois qu'il changeait, Drago le regarda avec un air étrange. Le jeune homme ne parvenait à décider ce qu'il préférait, et ne cessait de répéter qu'il faudrait trouver un compromis. Et ne garder que ce qu'il aimait dans chaque apparence.
Ils frappèrent à la porte. Molly Weasley ouvrit presque instantanément. Ils entrèrent sans attendre, et elle les enlaça tendrement. Harry, plus habitué, rendit à la sorcière son étreinte maternelle, avec plaisir.
Et pour la première fois depuis le début de toute cette histoire, Drago ne sentit pas une bouffée d'émotion le prendre en sentant ces bras autour de lui. Car depuis la dernière étreinte de Mrs Weasley, qui l'avait tant bouleversée, Drago avait parlé à sa mère, et elle l'avait enlacée sans qu'il n'y ait plus aucun secret entre eux.
Harry fut heureux de la quiétude que ressentait son compagnon, et il se mit à sourire.
- Tout s'est bien passé ? Il n'y a pas eu de problèmes pour venir ? demanda Molly. Harry, mon garçon, c'est bien le premier été que je te vois arriver sans me dire qu'il faut que je te fasse à manger !
Des rires se firent entendre derrière elle. Ron apparut, et Harry s'avança vers lui avec enthousiaste. Ils s'étreignirent chaleureusement, ravis de se retrouver. Ginny, Fred, et Georges saluèrent Harry tout aussi amicalement, et adressèrent à Drago aussi un accueil des plus agréables et chaleureux.
Drago se sentait tellement bien, entouré de personnes qui devenaient ses amis à lui aussi, et ressentant le véritable plaisir d'Harry à être en cet endroit et avec ces personnes, qu'il ne fit pas attention une seule seconde au lieu qui l'entourait. Et lorsqu'il le réalisa, et qu'il commença de remarquer les fissures dans les murs, et le parquet non ciré, il réalisa aussi qu'il n'en avait rien à faire.
- Bonjour Harry ! se fit entendre une voix masculine qu'Harry connaissait moins.
Bill Weasley, le frère aîné de la famille, entra et salua les arrivants. Il avait toujours ses cheveux longs, et sa boucle d'oreille… et à son bras apparut Fleur Delacour.
- Fleur ! s'exclama Harry.
"C'était donc elle la petite amie de ton frère !" lança-t-il à Ron. "Pourquoi tu ne m'as rien dit ?"
"Ta tête en la découvrant était beaucoup plus amusante !" répliqua Ron.
- Bonjour Arry ! salua Fleur à son tour. Je suis ravie de te revoir !
- Elle est venue travailler à Gringotts, c'est comme ça que nous nous sommes rencontrés, expliqua Bill. Et puis après quelques dîners professionnels…
Il termina sa phrase par un regard amusé et entendu, et Fleur leva au ciel des yeux rieurs.
- Mais entrez donc plus à l'intérieur, invita Molly. Ron, je te laisse faire visiter à Drago le reste de la maison. Tu as rangé ta chambre pour qu'ils puissent y dormir ?
- Oui, maman… marmonna Ron.
Fred et Georges se moquèrent de lui. Drago eut envie de lancer une remarque narquoise et moqueuse à son tour, mais n'osa pas. Et puis il réalisa soudain qu'Harry et lui allaient dormir dans la même pièce que la belette, et il retint une grimace.
Alors que Ron commençait de les emmener à l'étage, la porte d'entrée s'ouvrit, et Arthur Weasley ainsi que les deux fils que Drago n'avait pas encore rencontrés, pénétrèrent dans la maison.
- Harry, tu es arrivé ! Et Drago aussi, bienvenue mon garçon ! les salua Arthur.
Charlie, le deuxième fils, qui s'occupait de dragons en Roumanie et qui était revenu pendant ces temps troublés, salua Harry très amicalement, et Drago avec un peu plus de réserve, mais sans animosité.
Harry redécouvrit alors Percy, le troisième frère Weasley. Il ne l'avait pas revu depuis deux étés auparavant, et il n'avait pas un très bon souvenir de lui. Mais Ron lui avait raconté que Percy était rentré à la maison, et avait des excuses sincères à toute la famille, après avoir passé une grande partie de l'année à médire contre eux et Dumbledore. Percy avait toujours été très travailleur, et ambitieux, et il s'était allié avec le Ministère de la Magie pendant un temps. Mais il n'avait jamais été un partisan de Voldemort.
Fred et Georges retournèrent vaquer à leurs occupations (leurs farces et attrapes pour le magasin qu'ils étaient sur le point d'ouvrir sur le Chemin de Traverse), et les aînés partirent aussi de leur côté. Ginny resta avec Ron, Harry, et Drago, et les jeunes sorciers montèrent jusqu'à la chambre de Ron.
- C'est un peu le bazar, pour loger tout le monde, raconta Ron avec légèreté. Bill et Charlie avaient leur chambre partagée avant, mais maintenant que Fleur est là, Bill et elle ont leur propre chambre. Charlie a déménagé dans celle de Percy, et ils s'entendent plutôt bien depuis quelques semaines. Maman est ravie de voir que Percy réussit à réintégrer la fratrie, parce que ce n'était pas très bien parti…
Ginny rigola franchement à cet euphémisme, et partagea avec Harry et Drago quelques souvenirs d'épisodes houleux, même après le retour de Percy à la maison.
- Officiellement, lorsqu'Hermione arrivera, elle sera dans la chambre de Ginny, et donc vous deux, vous êtes dans la mienne, avec moi. Mais comme on avait tous envie aussi de… se retrouver, continua Ron en rougissant un peu mais amusé tout de même, on a trouvé un autre arrangement.
L'intérêt de Drago fut tellement visible qu'ils se mirent tous à rire.
- Ginny ira dans la chambre de Fred et Georges, et vous pourrez aller dans la sienne. Quand Hermione arrivera, elle viendra dans la mienne, exposa alors Ron. Ginny a été très claire sur le sujet : elle a refusé catégoriquement de laisser Hermione et moi dans sa chambre, consciente des implications, mais en revanche, vous deux, cela ne lui posait pas de problème !
Ginny hocha la tête vigoureusement et prit un air décidé. Ron rit de nouveau, et Harry, plus à l'aise sur le sujet et avec lui, le suivit. Mais Drago se sentit extrêmement mal à l'aise, et il rougit. Ron et Ginny n'en rirent que davantage, et il se mit à bouder, déclenchant l'hilarité d'Harry.
- Et quand Caitlin arrivera à son tour, normalement ce soir puisque vous êtes bien arrivés, elle dormira aussi dans le chambre de Fred et Georges avec eux et Ginny.
Ils parlèrent un long moment, de leurs débuts de vacances, d'anecdotes et de faits amusants surtout, et évitèrent pour l'instant les sujets plus sérieux. Ils descendirent d'un étage, pour discuter dans la chambre de Ginny, qui avait déplacé ses affaires en prévoyant l'arrivée d'Harry et Drago, et ceux-ci y rangèrent les leurs pour la dizaine de jours à venir.
L'heure du déjeuner ne tarda pas à pointer, et ils descendirent tous les quatre pour aider Molly à la cuisine et l'installation de la table à manger. Comme il faisait assez bon dehors, et lumineux, la sorcière annonça qu'ils mangeraient dehors à tous les repas, pour avoir assez de place.
Harry était en train de poser des assiettes et couverts, quand il vit Drago préparant une salade pour le repas. Il le regarda un moment, avec un air attendri. Son compagnon n'avait pas fait une seule remarque depuis son arrivée, ni n'en avait eu des pensées. Et puis il faisait la cuisine. Harry trouvait cela tout à fait admirable et charmant.
Drago sentit son regard sur lui et joua l'indifférence pour garder contenance. Harry s'approcha de lui pour prendre des pichets d'eau qui était sur la table devant lui, et passa ses bras autour de la taille de son compagnon. Drago sourit. Harry déposa tendrement ses lèvres dans le creux de son cou, et, attrapant les pichets voulus, se détacha de son amour, et quitta la pièce.
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Le reste de la journée se passa dans une atmosphère tranquille et agréable pour tous ceux qui restèrent à la maison. Les aînés et Arthur œuvraient pour l'Ordre du Phénix et ils furent absents une bonne partie de l'après-midi.
Après le repas, Ron invita Drago et Harry à venir dans le jardin, à l'arrière de la maison, et ils y découvrirent… Cernunnos ! Le petit cerf de l'Aventure, la journée organisée par les professeurs de Poudlard à la fin de l'année pour faire les élèves s'amuser en équipes, gambadait gaiement en jouant avec Coquecigrue, le petit hibou surexcité de Ron, sous le regard fatigué d'Errol, le vieil hibou de la famille.
Pendant l'Aventure, durant l'une des quêtes lancées par les professeurs, Ron et son équipe avaient rencontré donc un petit cerf, qu'ils avaient nommé Cernunnos, comme le dieu celte de la forêt, et Ron avait ensuite adopté l'animal, et l'avait ramené chez lui. En le voyant s'amuser ainsi, Drago eut une idée.
- Vous pensez qu'on pourrait laisser sortir Noumenia ? demanda-t-il soudain.
Ron, Ginny, et Harry se montrèrent extrêmement enthousiastes et ravis de la proposition. Mais Harry réalisa quelque chose :
- Mais elle pourra être vue et reconnue, non ? fit-il remarquer. Elle est associée à Drago. Et je sais qu'il y a les haies autour du jardin, qui empêchent de voir, mais elle vole, et elle les dépassera.
- C'est bon, tout va bien, rassura Ginny. Avec votre arrivée, on a jugé préférable d'ajouter un sortilège d'invisibilité à notre protection autour de la maison. Vous ne risquez rien, même si vous allez devant, là où vous pourriez être reconnus peut-être s'il y a des gens qui surveillent.
Alors comme il n'y avait plus de problème, Drago effectua le sortilège qui lui permettait d'accéder à son espace secret, suspendu entre deux dimensions. Cet espace lui servait d'endroit pour ranger des choses précieuses, importantes, personnelles. Il pouvait y accéder n'importe où et n'importe quand, à condition d'avoir sa baguette.
Par égard pour Noumenia, il avait modifié un peu ledit espace, qui n'était plus une simple grotte, mais avait désormais un peu d'extérieur. Toutefois, il trouvait cela bien mieux pour elle de la laisser sortir au grand air !
Noumenia était une petite dragonne, réplique du Magyar à Pointes qu'Harry avait affronté en quatrième année lors du Tournoi des Trois Sorciers. Il avait reçu une petite figurine assez vivante du dragon qu'il allait affronter, et voyant que l'animal était pratiquement un réel être vivant, Harry l'avait offert à Drago.
C'était une femelle, qui se comportait comme un jeune animal, un dragon enfant, et Drago l'avait nommée Noumenia, mot grec ancien désignant la phase de la lune naissante. L'an passé, Noumenia avait participé à des entraînements de l'Armée du Phénix, et aussi à l'Aventure. Et puis Drago aimait la laisser sortir un peu lorsqu'il était avec Harry, et la dragonne manifestait beaucoup d'affection envers eux.
Elle était assez petite, originellement, mais Drago lui lançait parfois un sort d'amplification, lui donnant une taille moyenne tout à fait respectable, taille qu'il lui donna de nouveau lorsqu'elle sortit dans le jardin des Weasley.
Voyant la nouvelle arrivante, qui vola un peu autour d'eux, Cernunnos et Coquecigrue s'arrêtèrent de s'amuser un instant, pour accueillir la dragonne. Tous les trois étaient jeunes et joueurs, et inoffensifs. Ils se mirent rapidement à se poursuivre dans le jardin.
C'est alors qu'un gnome eut la mauvaise idée de sortir la tête de la terre. Les trois animaux fondirent sur lui. Rapidement, et provoquant les rires des jeunes sorciers qui les regardaient, une chasse aux gnomes absolument hilarante fut lancée à l'arrière de la maison.
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Certains étaient dans la cuisine, peu avant l'heure du dîner, lorsque Cassiopeia frappa à la porte, Caitlin avec elle. Elles furent accueillies joyeusement, et Caitlin se jeta dans les bras d'Harry en le voyant.
La petite fille, qui allait sur ses onze ans et entrerait à Poudlard à la rentrée, avait été sauvée par Harry l'an passé, et Cassiopeia particulièrement s'occupait d'elle depuis. Toutefois, Harry était considéré par tous comme le tuteur de Caitlin, et Cassiopeia avait la charge de la petite fille tant qu'Harry était occupé par la guerre, et vivait avec des risques constants.
Caitlin était aussi l'héritière de Poufsouffle, désignée parmi les descendants pour être celle qui participerait au Rituel. Comme la Fondatrice, elle était pure, généreuse, et heureuse de vivre. Elle était aussi particulièrement sensible aux douleurs et peines des autres, et avait grand cœur. Mais elle n'était pas sans caractère, ni sans défense.
Dumbledore avait demandé à Cassiopeia de retrouver l'héritier de Serpentard, et elle avait passé le début du mois de Juillet avec Caitlin à Poudlard, à chercher le médaillon du Fondateur, dont elle allait apparemment avoir besoin. Comme elle était sur le point de le trouver, elle avait arrangé avec Mrs Weasley, au grand plaisir de la petite fille, que Caitlin vienne au Terrier lorsqu'Harry y serait aussi.
Caitlin retrouva avec un ravissement sans précédent les animaux dans le jardin. Elle n'était plus vraiment une petite fille, elle avait beaucoup appris ces derniers mois, et avait bien grandi. Toutefois, elle était encore très jeune, et l'impression d'avoir été forcée à grandir plus vite qu'elle ne l'aurait dû réveillait parfois des envies beaucoup plus enfantines. Et personne ne pouvait l'en blâmer.
- Je trouverai le médaillon ce soir, annonça Cassiopeia au cours du repas, aux jeunes sorciers qui l'entouraient à table. Et je partirai demain matin, aux premières lueurs. Cette affaire n'a déjà que trop tardé. Mais Dumbledore m'a laissé des énigmes particulièrement difficiles à résoudre, et je n'ai pu les terminer qu'hier. Il me reste une dernière étape pour accéder au médaillon, et j'irai enfin chercher l'héritier de Serpentard.
Harry acquiesça. Cassiopeia refusait toujours de lui dévoiler l'identité dudit héritier, car elle l'avait promis à Dumbledore, mais il avait cessé de lui demander : il lui faisait confiance. Et puis, Harry pressentait que cette histoire était beaucoup plus personnelle pour la jeune femme que ce qu'ils savaient.
Après le repas, elle resta encore un peu, et ne partit qu'après avoir dit bonsoir à Caitlin qui s'endormait malgré son excitation à être là. Harry la raccompagna un peu, et Cassiopeia transplana sans attendre, une fois la limite franchie. Elle ne reviendrait désormais qu'avec l'héritier de Salazar Serpentard, prêt à se battre aux côtés d'Harry. Elle en avait fait la promesse à Dumbledore, et elle la tiendrait.
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Quelques jours plus tard, Harry et les autres Marqués sentirent leurs bras les brûler, et ils entendirent au plus profond d'eux-mêmes l'appel du Seigneur des Ténèbres. Ils ne le firent pas attendre, et transplanèrent tous rapidement auprès de lui.
Voldemort ne les salua pas, ni même ne montra s'il les avait entendus arriver. Lorsqu'ils entrèrent dans la salle, Queudver les reçut et leur distribuer des parchemins, tandis que le mage noir regardait vers l'extérieur, debout près des hautes fenêtres.
Harry lui jeta un regard intrigué, curieux de savoir ce qui pouvait préoccuper le sorcier. Mais Antonia se planta devant lui.
- Darren Prince, tu as notre mission. Ouvre-la, que l'on sache ce que l'on devra faire ! lui dit-elle vivement.
Il ne fit pas attention à elle, mais ouvrit cependant le papier qu'on lui avait remis.
- « Les personnes nommées ci-dessous sont des espions qui me renseignent. Cependant, je les suspecte de jouer un double-jeu. Surveillez-les, et si vous découvrez le moindre signe de traitrise, éliminez-les » lut Harry pour qu'Antonia découvre leur mission en même temps que lui.
La jeune fille prit un air satisfait, et Harry resta plutôt indifférent. Il était véritablement préoccupé par ce qui semblait retenir Voldemort ailleurs, et il laissa Antonia prendre le parchemin, et parler à son frère, pour s'approcher un peu du mage noir.
Il resta en retrait, ne souhaitant pas le déranger et subir ensuite sa colère, et il l'observa de là où il était. Un trait soucieux barrait le front de Lord Voldemort, et dans ses yeux tournaient des lueurs qui semblaient pleines de doutes et de questionnements.
Voldemort se rendit compte de la présence d'Harry et tourna la tête vers lui. Harry lui rendit son regard sans crainte, cherchant simplement à comprendre. Le mage noir se détourna finalement et quitta la pièce sans leur adresser un mot. Harry le suivit des yeux jusqu'à ce qu'il eût disparu.
"Harry ?" appela alors Drago.
Sa voix était légèrement inquiète. Il ne savait jamais comment réagir à ce genre d'attitude ou de pensées qu'Harry pouvait avoir parfois. Comme s'il oubliait qui était vraiment Voldemort, et qu'il… le considérait, le reconnaissait. Et Drago n'aimait pas ça.
Harry sourit à son compagnon pour le rassurer, et alla voir Antonia pour discuter de ce qu'ils allaient mettre en place pour mener à bien leur mission. Comme Joris se montrait autoritaire et méprisant, Drago lui accorda toute sa concentration pour ne pas se laisser faire.
Les deux garçons devaient retrouver des informateurs et rapporter ce qu'ils avaient à dire à Voldemort, mais ils allaient devoir se montrer prudent car lesdits informateurs étaient apparemment des hommes difficiles à approcher.
De leur côté, Théodore et Adrian devaient s'occuper de démanteler un réseau mineur de résistance, qui opérait dans une communauté en Irlande, et qui était une branche dérivée de l'Ordre du Phénix.
Théodore espérait qu'ils ne réussiraient pas à les débusquer, ou bien qu'il pourrait peut-être les aider à fuir si Adrian les découvrait, mais il mettait sa propre sécurité toutefois en priorité, et savait pertinemment qu'il ne devrait pas se laisser dévoiler.
Pansy et Blaise devait simplement apporter des messages de la part de Voldemort à des interlocuteurs disséminés en Grande Bretagne, et Blaise ne s'inquiétait que de devoir supporter la jeune fille à chacun de leurs déplacements.
Et Daphné, qui répugnait de travailler avec Mike autant que lui avec elle, devait avec lui convaincre des mercenaires de travailler pour le Seigneur des Ténèbres.
Chaque équipe passa un petit moment à préparer déjà leurs expéditions et actions, et ils s'accordèrent pour ne commencer que plus tard. Même les véritables partisans de Voldemort appréciaient leurs vacances.
Et puis certains se mirent, un peu inconsciemment, et tout à fait naturellement, à discuter assez tranquillement. Après avoir terminé de parler (hautain et condescendant) avec Drago, Joris s'approcha cependant de Théodore avec un air plutôt menaçant.
- Nott, je sais que tu flirtes avec ma sœur, attaqua tout de suite le jeune homme.
Théodore hocha les épaules.
- Fais attention, je vous surveille, tous les deux. Tu es un bon parti, et l'un des nôtres, c'est pourquoi je ne vais pas t'interdire de t'approcher d'elle. Mais au moindre faux pas, tu es un homme mort, est-ce que c'est clair ?
Théodore carra la mâchoire, devant le ton employé et les menaces de son interlocuteur, mais il resta silencieux. Il soutint le regard de Joris en lui exposant la même expression calme et indifférente que d'ordinaire, mais Blaise, qui le connaissait bien, et Harry, qui pouvait le ressentir même en restant loin de son esprit, comprirent qu'il était, aussi rare que cela pouvait être, sur le point de perdre son sang-froid.
Il n'était pas moins humain que les autres, même s'il pouvait parfois en donner l'impression. Il avait une extrême maîtrise de lui-même et de ses émotions, et restait très rationnel et pratique dans toutes situations. Toutefois, se faire parler ainsi, et entendre parler d'Allison comme d'une propriété sur laquelle Joris aurait eu tout contrôle, le mettait hors de lui. Il n'était pas souvent en colère, mais une rage sourde monta en lui à cet instant.
Mais Joris se détourna rapidement, et Théodore se contenta de lui jeter un regard glacé.
- Je m'en vais, dit-il froidement.
- Pas si vite, jeune Nott, intervint alors une voix derrière eux.
Voldemort était revenu dans la pièce, pendant l'échange un peu houleux.
- Avant que vous ne partiez, je tiens à vous rappeler que ces missions sont à la fois pour vous former et vous évaluer. La plupart d'entre vous aurez affaire à des hommes sans pitié et violents, et ils ne feront pas grand cas de vous. Oubliez vos positions privilégiées de Poudlard. Je veux que vous connaissiez la réalité du monde, explicita le mage noir.
Il était extrêmement sérieux, mais pas menaçant. De nouveau, Harry fut intrigué. Il se sentait, quelque part, fasciné par cette facette de Voldemort. Drago se moqua de la prudence, et il donna un coup de coude, le plus discrètement possible, mais aussi fort qu'il le pouvait malgré tout.
- Je veux également, et ce n'est pas négociable, que vous appreniez à travailler les uns avec les autres, et que vous passiez au-delà de vos petites querelles personnelles. Ne revenez pas me voir tant que vous n'aurez pas terminé vos missions. Allez, maintenant !
Et il s'assit sur son trône pour les regarder partir avec insistance.
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Harry et Drago rentrèrent au Terrier dans leurs pensées. Ils avaient l'impression que quelque chose avait perturbé Voldemort, et même si Drago désapprouvait la façon dont Harry pouvait penser le mage noir, il avait aussi remarqué qu'il était préoccupé. Mais ils se demandaient bien ce qui pouvait troubler ainsi Lord Voldemort.
Lorsqu'ils passèrent la porte d'entrée, Hermione apparut d'un seul coup. Elle enlaça Harry avec force et affection tout en le saluant avec émotion.
- Harry ! Je suis tellement contente de te voir ! Je me sentais si loin de vous tous !
Elle lâcha Harry qui se mit à rire.
- Et quand je suis arrivée, vous étiez auprès de Voldemort, alors même s'il n'y avait pas de problèmes, j'étais inquiète ! Et…
- Tout va bien, Hermione, lui dit Harry en souriant.
Elle lui adressa un petit sourire d'excuse, mais elle n'avait rien à se faire pardonner, au contraire. Harry était toujours touché de ressentir son affection et son amitié. Hermione se tourna vers Drago, et tout le monde put voir l'élan qu'elle commença d'avoir pour l'étreindre à son tour. Mais elle hésita, et il se sentit mal à l'aise.
Finalement, ils se saluèrent simplement, mais chaleureusement tout de même. Ils étaient devenus beaucoup plus amis, et avaient réalisé que lorsqu'ils oubliaient ce qui avait pu créer l'antipathie, ils avaient beaucoup de points communs. En particulier leurs reproches constants des inconsciences d'Harry…
- Alors, comment se sont passées tes vacances ? demanda Harry tandis qu'Hermione, Drago, et lui, allaient retrouver les autres dans le jardin.
Ron y était, sous sa forme Animagus chien, en train de transporter Caitlin à la poursuite de Cernunnos et de Noumenia, qui semblaient avoir formé une alliance animale. Coquecigrue semblait vouloir aider, sans pouvoir être vraiment efficace.
Harry remarqua qu'Hedwige restait un peu à l'écart, avec un air légèrement indifférent. Cela l'amusa, il avait l'impression que la chouette se jugeait au-dessus des ces enfantillages. Errol à côté d'elle était tout simplement trop vieux pour pouvoir se le permettre.
Ginny, assise un peu plus loin dans l'herbe, regardait ce spectacle en riant de bon cœur. Harry et Hermione allèrent s'asseoir à côté d'elle, mais Drago, voyant que sa dragonne se faisait charger par la taille conséquente de Ron-labrador, s'élança pour lui apporter son aide.
- C'était très intéressant, et très agréable ! répondit Hermione à la question d'Harry. J'ai découvert de vieux livres fascinants sur l'Australie et les tribus Aborigènes.
Ginny lança à Harry un regard narquois, pour se moquer gentiment d'Hermione.
- Et comment vont tes parents ? demanda alors Harry.
Mais Hermione se tut subitement. Se tournant vers elle, surpris de son silence, Harry découvrit un regard extrêmement dur et complètement fermé. Et ses yeux qui brillaient de larmes soudainement montées, et contenues.
- Ils sont restés en Australie, dit-elle finalement, d'une voix aussi dure que l'expression de son visage.
Et puis sa voix se fit plus hésitante. Troublée.
- Je… Ils ne se souviennent pas de moi. J'ai voulu… j'ai voulu les protéger. Je me suis dit que ce serait plus sûr…
La main de la jeune fille se mit à trembler.
"Hermione… Je suis désolé. Je ne voulais pas…" s'excusa Harry.
Parler en esprit lui était venu inconsciemment. Plus naturellement. Ses paroles eurent plus de sens, et de profondeur.
- Ce n'est pas ta faute, murmura Hermione, tu ne pouvais pas savoir.
Elle parla à voix haute, bien que sur un ton très bas. C'était trop douloureux. Elle sentait que si elle ouvrait son esprit, n'était-ce que pour répondre à son ami, tout sortirait. Et elle ne voulait pas.
Ron s'approcha, et sans reprendre forme humaine, posa sa tête sur les jambes d'Hermione. La jeune fille passa tendrement la main sur la tête de son petit ami transformé. Un moment de calme passa près du petit groupe, tandis que le rire de Caitlin continuait de résonner non loin d'eux.
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Fin Juillet approchait lorsque les hiboux de Poudlard rendirent visite au Terrier. En les apercevant ce matin-là, Hermione devint surexcitée.
- Les résultats des BUSES ! s'exclama-t-elle.
Elle ouvrit la fenêtre frénétiquement, et fit de la place sur la table, pour que les volatiles puissent s'y poser. Les hiboux laissèrent tomber ainsi plusieurs courriers, et tandis que les autres jeunes sorciers rejoignaient la cuisine, Hermione chercha la lettre qui la concernait avec passion.
Harry s'aperçut qu'il était particulièrement impatient lui aussi de connaître ses résultats, et Ron avait également hâte de savoir. Mais Drago se montra tout aussi frénétique qu'Hermione. Il avait toujours jugé les résultats scolaires importants, et depuis la première année, était dans une compétition silencieuse avec Hermione, qui le dépassait constamment.
Ginny n'avait pas eu d'examens majeurs, elle chercha donc le courrier qui lui était adressé avec plus de nonchalance. Et Fred et Georges se moquaient de connaître leurs résultats aux ASPICS de toute manière, alors ils attrapèrent leurs lettres avec légèreté, bien que leur mère soit prête à leur arracher des mains pour savoir ce qu'ils avaient réussis.
Harry ouvrit l'enveloppe, et sentit son cœur battre un peu plus vite tandis qu'il dépliait le parchemin. Il découvrit alors une feuille blanche. Surpris, il la retourna. Mais alors qu'il l'observait, des lettres apparurent.
« Déclinez votre identité. »
Harry, comprenant que Kingsley s'était assuré que personne d'autre que lui ne puisse lire le parchemin qu'il avait entre les mains, prononça clairement :
- Harry James Darren Potter Prince.
Alors les résultats apparurent à leur tour.
Résultats au Brevet Universel de Sorcellerie Elémentaire
Notes permettant le passage:
Optimal (O)
Efforts Exceptionnels (E)
Acceptable (A)
Notes empêchant le passage
Piètre (P)
Désolant (D)
Troll (T)
M. Harry James Darren Potter Prince a obtenu :
Astronomie (A)
Botanique (A)
Défense Contre les Forces du Mal (O)
Divination (P)
Histoire de la Magie (A)
Métamorphoses (E)
Potions (E)
Soins aux Créatures Magiques (A)
Sortilèges (E)
Un sourire éclaira son visage. Il avait presque tout très bien réussi ! Il ne s'était pas attendu à avoir une note passable en Divination, et n'était pas surpris.
En revanche, il était agréablement étonné de découvrir l'Effort Exceptionnel obtenu en Potions ! Il imaginait déjà la fierté de son père lorsqu'il lui montrerait. Après des années d'incapacités dans ce cours, il obtenait une excellente note. Bien sûr, le mérite revenait aussi aux circonstances, mais tout de même !
Considéré les années à ne rien apprendre des cours d'Histoire de la Magie avant cette année-là, Harry s'estima heureux d'obtenir une note passage dans cette matière. La Botanique et les Soins aux Créatures Magiques étaient deux matières dans lesquelles il n'avait jamais vraiment mis beaucoup d'efforts, et les notes étaient un juste reflet de son travail.
Les Efforts Exceptionnels en Métamorphoses et Sortilèges étaient un vrai plaisir à voir. Mais Harry était plus particulièrement fier de son Optimal en Défense Contre les Forces du Mal ! Un sourire ravi s'étira sur ses lèvres tandis qu'il le regardait.
Drago lui prit alors le parchemin des mains, et d'un air exagérément hautain, fit mine de juger les résultats de son compagnon.
- Mm… Oui… D'accord… dit-il en lisant les notes. Bon, on va faire avec !
Harry leva les yeux au ciel, mais en souriant toujours. Drago l'attrapa alors et l'embrassa assez passionnément. Il avait lui-même obtenu d'excellents résultats, et sa satisfaction rejoignait celle d'Harry. Heureux tous les deux et l'un pour l'autres, ils eurent envie de célébrer.
- Bravo Ron ! s'écriait Hermione à côté. 7 BUSES sur 9 matières, c'est très bien !
- C'est plus que Fred et Georges ! railla alors Ginny.
Les jumeaux n'avaient pas plus réussis leurs BUSEs deux ans auparavant que leurs ASPICs cette année-là, mais ils n'en avaient rien à faire. Ils prirent un petit air mystérieux, échangèrent un regard entendu, et jetèrent plus loin leurs résultats, sous le regard courroucé de Mrs Weasley, pour féliciter plutôt leur frère et leurs amis.
- Alors Granger ? Tu as eu des Optimal partout ? demanda Drago en cachant son impatience de savoir s'il avait fait mieux qu'elle derrière une attitude un peu moqueuse.
Harry lui donna un coup de coude.
- Presque, répondit Hermione avec un air déçu. Je n'ai eu qu'Effort Exceptionnel en Défense Contre les Forces du Mal... Mais heureusement, j'avais assez de matières pour compenser !
Drago pesta : il avait les même résultats, mais avec moins de matières ! Il était donc encore une fois derrière elle.
- Je pense que seul Harry a eu Optimal en Défense. Après tout, personne d'autre de notre année n'a réussi à faire un Patronus ! intervint Ron.
Hermione fit une petite moue, mais après quelques minutes de célébrations mutuelles, elle se dérida.
- Pour vous féliciter tous, oui, même vous deux, dit alors Mrs Weasley en regardant les jumeaux, et toi aussi Ginny pour tes très bonnes notes de l'année, nous ferons un dîner un peu festif ce soir !
Ils se réjouirent et approuvèrent.
- Chouette ! Une petite fête ! réagit Caitlin, ravie.
- Tu veux m'aider à préparer cela ? demanda Mrs Weasley à la petite fille.
Caitlin hocha la tête et alla chercher un parchemin et une plume, pour écrire la liste des choses à faire et organiser. Drago sembla alors hésiter sérieusement, essayant de décider s'il allait s'impliquer ou non.
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Il avait passé les derniers jours à retenir absolument tous les commentaires qui lui étaient passés par l'esprit, au sujet du Terrier, et de la façon dont certaines choses étaient faites. Passé le premier jour, et les sensations agréables de simplicité et de convivialité, Drago avait regretté de plus en plus le confort et l'espace de son Manoir.
Il avait l'habitude d'être servi, de ne pas avoir à faire trop de choses par lui-même en ce qui concernait entretien de la maison et de ses affaires. Et voilà qu'il était tous les jours sollicités pour aider à telle ou telle tâche. Il avait espéré qu'avec autant de personnes au même endroit, il pourrait éviter ce genre de demandes ! Mais c'était le contraire : le nombre élevé d'habitants ajoutait au nombre de choses à faire, et à la nécessité de faire lui-même ce qui le concernait directement.
Et c'était d'ailleurs un autre problème pour le jeune homme : la trop grande densité de personnes toutes à l'intérieur du Terrier. Il avait vécu seul, avec ses parents, pendant toute sa vie, et les serviteurs savaient rester discrets pour ne pas être remarqués. Et voilà qu'il se retrouvait au milieu de toute cette immense famille dans un endroit bien trop petit !
Certes, la faute venait aussi du fait qu'Harry et lui, ainsi qu'Hermione, Caitlin, et la petite amie de Bill, Fleur, étaient présents. Mais Drago commençait à ne plus pouvoir supporter de ne jamais être seul, ou d'être toujours entouré de bruit, et de conversations.
Si Drago hésitait à s'impliquer dans l'organisation de la fête, c'était parce qu'il ne voulait pas avoir encore des choses en plus à faire. Mais il avait bien envie que pour une fois, quelque chose soit bien fait. Bien fait… selon ses critères.
Mais comme il se souvint alors qu'il y avait encore l'anniversaire d'Harry à organiser, il décida plutôt de s'impliquer dans cet évènement-là. Et personne n'avait intérêt à le contrer sur cette question : ce serait le premier anniversaire de son compagnon qu'il fêterait avec lui, et il avait l'intention de rendre cela inoubliable !
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Ce soir-là, ils eurent donc un dîner plus riche que d'ordinaire, mais restèrent tout de même entre eux. Et le lendemain matin, Drago s'attela à sa nouvelle mission : trouver comment faire le meilleur anniversaire qu'Harry n'avait jamais eu.
Drago était conscient d'une chose essentielle. Malgré sa propre envie de lui donner une fête grandiose, il savait pertinemment que ce n'était pas ce qu'Harry allait apprécier. Il laissa donc de côté cette idée-là. De plus, cela n'aurait pas été très facile à mettre en place sans se faire remarquer.
Il fallait tout de même inviter quelques personnes. Drago savait qu'Harry, poussé par son statut de Princeps, attendait avec impatience de se retrouver avec tous ses Amari. Il estima qu'il pourrait en inviter certains, mais abandonna l'envie de tous les faire venir.
Drago eut aussi l'idée de contacter quelques autres personnes… Malgré son désir de tout organiser tout seul, il estima qu'il pouvait déléguer les tâches, et demander l'aide des habitants du Terrier. Des messages furent ainsi passés discrètement, en secret d'Harry.
Caitlin, mise dans la confidence, reçut de la part de Drago la mission d'occuper et de distraire Harry. Ce qu'elle fit avec plaisir. Drago confia à Ron, Hermione, et Ginny, le soin de contacter les Amari invités, et à Arthur et Bill Weasley il demanda de faire passer le message aux invités extérieurs.
Il fallait décider du repas, en particulier du gâteau. Un après-midi, lorsque Mrs Weasley n'était pas dans la cuisine, Drago y descendit pour chercher des idées. Il grimaça en passant devant les casseroles et ustensiles en pauvres matériaux, et à peine rangés, et alla fouiner un peu dans les livres de recettes.
A nouveau, il dut faire taire son éducation pour regarder au-delà des pages cornées, tâchées, et des reliures abimées, et lire le contenu des pages froissées. Assez vite cependant, absorbé par sa quête culinaire, il oublia le support en incohérence avec ses critères.
- Puis-je t'aider ? entendit-il la voix de Molly Weasley derrière lui après quelques minutes. Tu cherches quelques choses en particulier ?
Drago se retourna vers la sorcière, qui approcha de lui et regarda ce qu'il lisait.
- Oh, j'ai eu une idée déjà, pour le gâteau d'Harry, dit Mrs Weasley.
Le jeune homme resta complètement stoïque, mais intérieurement, il pestait déjà. Il voulait tout décider, lui, et personne d'autre. C'était l'anniversaire de son amour, de son compagnon, et il voulait…
- Tiens, regarde, je l'ai là, continua Mrs Weasley sans réaliser ce que pensait Drago.
Et elle tourna quelques pages.
Mince. C'est une excellente idée, ce gâteau a l'air vraiment bon, pensa immédiatement Drago en découvrant la recette en question.
- Oui, pourquoi pas, dit-il poliment.
Mrs Weasley leva les yeux au ciel sans qu'il ne la voie, amusée. Elle n'était ni idiote, ni aveugle. Elle avait très bien compris que Drago, depuis son arrivée, avait eu envie de dire un certain nombre de choses sur le Terrier et sur les Weasley, et elle appréciait beaucoup qu'il se soit contenu.
Elle savait que ce n'avait pas dû être simple, elle se souvenait très bien du nombre incalculable d'insultes méprisantes que Lucius Malefoy avait adressées à Arthur, et elle était tout à fait consciente du fait que Drago n'avait entendu que cela pendant des années. Alors, oui, elle était très reconnaissante au jeune homme de faire attention à ne pas le laisser transparaître.
Mais elle voyait aussi que malgré sa maturité sur la question, comme un pendant pour balancer sa retenue par ailleurs, Drago essayait de tout contrôler ce qui touchait à l'anniversaire d'Harry. Comme s'il reportait sur cet évènement tout ce qu'il avait contenu depuis plus d'une semaine, à propos de là où il avait été un peu obligé de venir.
- On peut faire la base de ce gâteau, reprit-elle, et apporter une décoration plus personnalisée.
Drago hocha la tête. Il n'avait absolument aucun argument rationnel pour la contredire, alors il abandonna ce combat-là.
- Mrs Weasley, voudrez-vous bien vous occuper de ce dessert ? demanda-t-il.
Elle sourit.
- Bien sûr, répondit-elle.
Drago la salua de la tête, et s'en alla. Elle le regarda partir avec amusement. Et puis elle soupira, un peu plus attristée. Elle aurait aimé que le jeune homme puisse se détendre davantage, se laisse plus aller. Mais malgré tous les changements, toutes les transformations provoquées par l'année passée et son contact avec Harry, Drago était toujours un Malefoy.
Le jeune homme rendit ensuite visite à Fleur. Elle était dans la chambre qu'elle partageait avec Bill, et écrivait à sa famille, en France.
- Que puis-je faire pour toi ? lui demanda-t-elle aimablement.
Elle avait toujours un petit accent français, mais parlait anglais de mieux en mieux.
- Accepterais-tu de te charger des décorations du jardin, pour l'anniversaire d'Harry ?
- Oh, bien sûr ! Avec plaisir ! réagit-elle.
Un grand sourire étira ses lèvres.
- As-tu des commandes particulières ? interrogea-t-elle.
- Je veux que ce soit complètement en lien avec Harry. Alors… des couleurs de Gryffondor, répondit-il en grimaçant.
Elle se mit à rire en le voyant, et il put voir alors en elle son ascendance Vélane. Il s'y sentait immunisé, mais il le remarquait tout de même.
- Très bien ! Autre chose ?
Il hésita. Elle lui adressa un sourire encourageant.
- Harry aime les souvenirs, les photos de ses parents, de ses amis, dit-il alors.
- D'accord ! répondit-elle avant qu'il n'ait le temps d'approfondir.
Et elle se leva et quitta la pièce, visiblement déjà en train de réfléchir à la question. Drago la suivit des yeux, un peu troublé. Elle était si belle qu'il oubliait qu'elle pouvait aussi être un peu étrange parfois.
La plupart des éléments de base pour l'anniversaire étaient réglés, ou délégués et précisés en tout cas. Il restait maintenant à réfléchir aux petits extras. Drago frappa alors à la porte de Fred et Georges.
Quelques minutes plus tard, quand il ressortit de leur chambre, il avait limité les dégâts. Car les jumeaux ne l'avaient pas attendu pour imaginer toutes sortes d'idées et de farces à jouer lors de l'anniversaire d'Harry, à ses dépends ou aux dépends des autres. Mais Drago réussit à obtenir qu'ils ne fassent que ce qu'il décida avec eux.
Drago savait qu'Harry n'aimait pas le grandiose, et qu'il appréciait par-dessus tout être avec ses proches, et sentir leur affection.
Réfléchissant à ce qui pourrait rendre la fête unique pour son amour, il réalisa que simplement les efforts qu'il faisait déjà, justement pour la faire en fonction de ce qu'Harry aimait, et non de ce qu'il voulait, rendrait la soirée plus spéciale que tout ce qu'il aurait pu imaginer faire.
Et puis Drago réalisa aussi, qu'au nombre restreint d'anniversaires qu'Harry avait pu passer avec des proches (y en avait-il seulement eu, d'ailleurs ? Drago n'en avait aucune idée), la soirée qui s'organisait serait exactement ce qu'Harry allait apprécier. Et Drago s'en sentit ravi et heureux d'avance.
C'est à ce moment-là que Drago réalisa qu'il n'avait absolument pas prévu de cadeau. Et il paniqua.
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Deux jours avant l'anniversaire d'Harry, Fred et Georges réunirent tout le monde dans le jardin. C'était là qu'ils se retrouvaient lorsqu'ils voulaient discuter tous ensembles, car le salon était trop petit pour que tous puissent s'y asseoir.
C'était le soir, et ils avaient attendu que toute la famille soit là.
- Nous avons une annonce à faire… commença Fred avec un air mystérieux.
- Comme vous le savez déjà, nous avons passé du temps à fabriquer des farces et attrapes, depuis plusieurs années déjà, continua Georges.
- Du temps et des Gallions ! ajouta Fred en faisant un clin d'œil à Harry.
- On y a aussi passé des vêtements qui ont brûlé, et des sourcils, renchérit Georges.
Ginny se mit à rire, mais Mrs Weasley jeta aux jumeaux un regard un peu réprobateur.
- Mais nos efforts ont enfin payé ! reprit Fred.
- Tout comme nos affaires, intervint Georges.
- Et nous avons enfin réussi à…
- Ouvrir notre propre magasin de farces et attrapes ! terminèrent-ils en même temps.
Leurs proches et leurs amis réagirent avec enthousiasme et acclamations. Ils leurs posèrent des questions tous en même temps, et même Molly Weasley était heureuse pour ses fils. Elle avait toujours été inquiète de ce qu'ils allaient devenir, à être obsédés ainsi par leur passion, mais ils lui prouvaient ce soir-là qu'ils savaient comment prendre leur vie en main. Arthur et Molly échangèrent un regard, et se sentirent extrêmement fiers.
Ils fêtèrent la nouvelle au dîner, et le lendemain matin, se rendirent sur le Chemin de Traverse pour l'inauguration de la boutique nouvelle :Chez Weasley, Farces Pour Sorciers Facétieux.
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Pour des questions élémentaires de sécurité, Harry et Drago changèrent leurs apparences, et prirent du Polynectar pour devenir des visages inconnus et sans intérêt pour quiconque les surveilleraient. Si leurs amis s'adressaient à eux, ils les appelaient Francis et Charles, et ils ne ressemblaient en rien à qui ils étaient réellement.
Le Chemin de Traverse était, à la surprise d'Harry, extrêmement vivant et prospère. Il y avait du monde dans les rues, comme si rien ne se passait en dehors, et les boutiques semblaient fonctionner comme tous les étés.
C'est en remarquant les gardes circulant à différents endroits, dans la ruelle et sur les toits, qu'Harry comprit. Bien qu'Ombrage ait disparu de la circulation, et bien qu'elle ait été un temps prisonnière, les soldats de son armée qui étaient postés sur le lieu n'avaient pas bougé.
Ils contrôlaient la ruelle, certes, et c'était un problème pour des questions de pouvoirs et d'influences entre les camps en guerre, mais ils protégeaient aussi tous les commerçants et habitants des attaques de Mangemorts, et cela n'était pas négligeable. Puisque pour le moment, les choses pouvaient continuer de la sorte, l'Ordre avait décidé de ne pas y changer quoi que ce soit.
Ainsi, Fred et Georges avaient pu établir leur commerce sans heurter de difficultés, et grâce à leurs fonds et à ceux qu'Harry leur avait fournis, leur magasin était déjà bien établi.
Quelques amis de Poudlard, la plupart Amari, vinrent assister à l'inauguration de la boutique des jumeaux, qu'ils connaissaient bien. Il y eut aussi quelques professeurs de l'école, ravis de voir ce que les deux garçons avaient fait de leurs talents particuliers.
Tout était encore éteint, un bandeau coloré ornait la devanture extérieure. Fred et Georges prirent leurs baguettes, et les pointèrent sur le tissu.
- Merci à tous d'être venus ! dirent-ils d'une voix claire et heureuse. Et bienvenue Chez Weasley, farces pour sorciers facétieux !
Et d'un geste, ils découpèrent de leurs baguettes le ruban devant eux. La boutique s'illumina sous les applaudissements, et des feux d'artifices éclatèrent au-dessus des proches rassemblés. Fred et Georges saluèrent exagérément, sous les applaudissements de leurs amis, et invitèrent ensuite tout le monde à entrer.
- C'est impressionnant ! commenta Hermione en découvrant l'intérieur.
- Oui, n'est-ce pas ! répliqua Fred.
Il y avait un grand nombre d'étagères aux murs et dans l'espace où évoluaient les nouveaux clients, remplies d'objets en tous genres. Cela semblait placé au hasard, mais on s'aperçut vite que les produits étaient organisés par thématiques. Un escalier central menait à l'étage, ouvert sur le sous-sol, et de nombreuses farces et attrapes supplémentaires n'attendaient que d'être achetées.
Harry se mit à rire en tombant sur les sortes de dragées qui avaient fait grandir la langue de Dudley l'été précédent, et partagea le souvenir avec Drago. Celui-ci rit d'abord, et puis se renfrogna. Il en voulait toujours à Harry de ne pas l'avoir laissé exprimer aux Dursley son avis sur la façon dont ils avaient traité son compagnon.
Il fut distrait par Ron tirant une Hermione exaspérée loin des filtres d'amour, et se moqua ouvertement du jeune Weasley. Harry le laissa dire. Comme Ginny observait elle aussi lesdites potions, elle reçut des remarques de la part de ses frères, qui l'énervèrent profondément.
Elle n'avait pas vu Neville de tout l'été, et il lui manquait terriblement. Que ses idiots de frères puissent l'embêter sur le sujet de ses relations avait toujours été un sujet délicat, mais il l'était plus encore depuis plusieurs semaines. Et Ginny alla prendre l'air.
Comme ils étaient sur le Chemin de Traverse et qu'ils avaient reçu leurs listes de Poudlard en même temps que leurs résultats d'examens, Harry proposa que Drago et lui aillent s'occuper des fournitures nécessaires pour ceux qui avaient besoin de quelque chose. On leur jeta des regards moqueurs et entendus. Personne n'était dupe : les deux garçons avaient surtout envie de se retrouver juste tous les deux.
Et ce n'était pas faux, Harry avait bien suggéré cela pour gagner un peu d'intimité avec son amour. Mais il avait aussi voulu aller acheter lui-même, et avec Drago, les manuels et autres fournitures scolaires de ses amis.
Il savait qu'ils n'aimaient pas quand il cherchait à les aider financièrement, mais il voulait remercier les Weasley de leur accueil, chaque été, et cet été plus encore, puisque Drago était avec lui, et que sa présence avait provoqué aussi celle de Caitlin.
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En parlant de la jeune fille, celle-ci fit promettre à Harry et Drago de revenir la chercher le plus vite possible. Car elle allait commencer à Poudlard à la rentrée, et il lui fallait faire ses achats scolaires pour sa première année.
C'était un moment important, et Harry avait tenu à ce qu'elle l'ait, comme lui avait vécu son arrivée dans le monde des sorciers avec émotion, l'été de ses onze ans.
- Ouf, j'ai cru qu'on ne pourrait jamais se retrouver seuls, grogna Drago. Et quand on sera à la Maison, il y aura déjà toute la bande avec nous, et puis les autres vont arriver ensuite ! J'exige une journée sans personne d'autre !
Harry lui adressa un sourire d'excuse. Les effets du Polynectar allaient bientôt cesser, et ils y comptaient : ils devaient retirer de l'argent à Gringotts, et seules leurs véritables identités leur permettraient de passer.
Pour Drago, c'était assez simple, il n'avait qu'à être lui, entrer, et les gobelins ne feraient aucun commentaire. Ils avaient hésité un moment avant d'estimer qu'il serait bien malgré les risques qu'Harry prenne de l'argent dans son propre coffre. Drago avait proposé de payer pour lui leurs achats du jour, mais Harry voulait prendre aussi pour plus tard, et créer une petite réserve dans la Maison.
Ils se séparèrent donc un moment, pour ne pas entrer à Gringotts ensembles. Drago alla le premier retirer de l'argent dans son coffre, et revint assez rapidement vers Harry qui avait retrouvé son apparence entre temps.
Caché sous sa cape d'invisibilité, le jeune homme avança jusqu'à la banque. Et une fois devant les portes, se mêlant à la foule, il ôta discrètement sa cape, et garda la tête baissée pour ne pas être reconnu trop vite. Arrivé à un guichet, il se redressa.
- Ah… Mr Potter… susurra le gobelin.
- Je souhaite accéder à mon coffre, s'il vous plaît, dit Harry sans crainte.
Il savait que les gobelins n'étaient fidèles qu'à eux-mêmes, et loyaux qu'à leur banque. Il était donc assuré qu'aucun n'irait chercher Voldemort.
"Fais tout de même attention qu'il n'y ait pas de Mangemorts ou autres serviteurs de Face-de-Serpent dans les parages," lui rappela Drago.
Harry acquiesça mentalement, amusé par le nouveau surnom que Drago semblait avoir trouvé au mage noir. Le gobelin en appela un autre, qui mena Harry jusqu'à son coffre. Le jeune homme resta quelques minutes à l'intérieur, regardant un peu s'il y avait d'autres choses que de l'or, héritage des Potter, mais ne vit rien qui pouvait lui être utile dans l'immédiat.
Lorsqu'il ressortit, il se souvint qu'il avait aussi accès au coffre des Black désormais. Mais il n'avait pas pris la clef avec lui.
"C'est malin," lui reprocha Drago.
Harry l'ignora.
- Tout va bien monsieur ? demanda le gobelin qui l'accompagnait, ne le voyant pas monter dans le wagon qui les transportait à l'intérieur de la banque.
- Oui, excusez-moi, répondit Harry. Allons-y.
Et ils commencèrent de remonter vers l'extérieur.
Mais tandis qu'ils voyageaient sur les rails, ils croisèrent un autre wagon.
Reconnaissant Grispec, le gobelin qu'il avait rencontré en premier l'été de ses onze ans, lorsqu'Hagrid l'avait emmené à Gringotts, Harry fit un signe de la main dans sa direction. Et les voyageurs qui l'accompagnaient tournèrent alors la tête vers lui.
Harry sortit immédiatement sa baguette et se redressa. En face, Rodolphus Lestrange et Elliot Haken, le père de Joris et d'Allison, jetèrent des sorts dans sa direction à une vitesse impressionnante.
- Potter ! cria Lestrange. Sale…
Mais les wagons étaient rapides, et les gobelins ne les avaient pas arrêtés. Rapidement, les opposants furent hors de portée les uns des autres.
- Fais-nous faire demi-tour, gobelin ! ordonna Lestrange en hurlant de colère.
- Je ne peux rien faire tant que nous ne sommes pas arrivés à destination, répondit Grispec, droit et indifférent.
Lestrange jura. Haken le fit se rassoir dans le wagon pour l'empêcher de tomber et le raisonna. Tandis qu'ils parlaient à voix basse pour ne pas être entendus du gobelin, établissant leur plan pour rattraper Potter le plus vite possible, Grispec, discrètement, fit prendre au wagon un chemin beaucoup plus long.
Harry sauta du wagon à peine celui-ci à quai, et partit en courant sous le regard interloqué du gobelin. Il quitta la banque à toute vitesse, mettant sur lui sa Cape d'Invisibilité tandis qu'il courait toujours, et se dirigea vers la ruelle déserte dans laquelle attendait Drago.
Celui-ci attrapa Harry dès qu'il arriva.
- Ca va ? Tu vas bien ? Putain de merde, on doit s'en aller ! dit Drago avec précipitation.
- Non… non on n'a pas… pas besoin, répliqua Harry en reprenant son souffle, les mains sur les genoux.
Drago inspira profondément pour se calmer, et réfléchit raisonnablement.
- Ce serait plus sûr, ils vont nous chercher partout. Et s'ils voient les Weasley… argumenta-t-il.
- Mais j'ai promis à Caitlin, répliqua de nouveau Harry.
Drago ne put rien répondre à cela. Même lui ne pouvait rien refusé à la jeune fille, et il acquiesça.
- Mais au moindre signe d'eux…
- On va prévenir les Weasley de jouer la comédie s'ils se font questionner par ces deux Mangemorts : ils leur diront d'aller se faire voir, et certains feront mine d'être surpris d'apprendre que j'étais dans les parages, exposa Harry. Et nous allons reprendre du Polynectar. On pourra toujours prétendre être de la famille d'Hermione si on en vient à ça.
Cela pouvait fonctionner. Drago acquiesça, un peu à contrecœur.
- Et les Weasley sont des sorciers civils, s'ils appellent les gardes à l'aide, les Mangemorts n'auront pas le choix de fuir, rappela aussi Harry.
Cette fois, Drago n'eut plus d'objections. Ils reprirent donc de la potion, et leurs apparences changèrent à nouveau. Harry rangea ensuite sa Cape dans son sac, et, surveillant tout de même les alentours, se mêlèrent de nouveau à la foule, pour aller faire les quelques achats qu'ils devaient effectuer avant d'emmener Caitlin faire les siens.
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Ils réussirent à revenir Chez Weasley sans incident majeur. Ils avaient eu à prétendre l'indifférence lorsque les deux Mangemorts étaient entrés dans l'une des boutiques qu'ils visitaient et avaient commencé de bousculer les gens pour les examiner. Mais ils n'avaient évidemment pas soupçonné deux jeunes garçons, prétendument élèves de l'école.
- Caitlin ? appela Harry.
La jeune fille s'approcha de lui.
- Il y a des Mangemorts dehors, alors on va devoir se montrer prudents, lui expliqua-t-il.
- D'accord, répondit-elle sérieusement.
- Tu vas rester sous ma Cape d'Invisibilité tant qu'on sera dans la rue, et tu ne l'enlèveras que quand on entrera dans les magasins. Et s'ils y viennent, tu la remettras tout de suite, continua-t-il.
Elle hocha la tête. Elle avait bien compris les risques et l'importance de la chose, et elle était décidée à ne pas se mettre inutilement en danger.
- Eh bien, heureusement qu'elle n'est pas l'héritière de Gryffondor, grogna Drago, parce qu'on l'aurait déjà perdue.
Harry leva les yeux au ciel.
- Tous les Gryffondors ne sont pas inconscients ! Hermione essayait toujours de nous arrêter, et Neville n'était pas très courageux les premières années, répliqua-t-il.
- Mais l'héritière de Gryffondor, Potter, l'héritière ! riposta Drago à voix basse, avec une grimace. On n'aurait eu aucune chance.
Mrs Weasley s'approcha d'eux, avec Ron et Hermione, et ils leur donnèrent les achats qu'ils avaient déjà faits.
- Harry, non, il ne fallait pas ! protesta Ron en découvrant que son ami avait acheté aussi les livres de sa sœur et les siens.
- C'est ma façon de vous remercier pour votre accueil cet été, pour Caitlin, Drago, et moi, répondit Harry en souriant amicalement.
Mrs Weasley resta silencieuse. Elle n'aimait pas cela, mais elle comprenait aussi les raisons du jeune homme, et elle était tout à fait consciente qu'il fallait bien pouvoir acheter les livres en question, et qu'Arthur et elle n'avait plus l'argent nécessaire.
- Faites attention à vous, dit-elle seulement. Revenez tout de suite par ici si vous avez des ennuis, ou nous pourrons vous aider.
Harry hocha la tête.
- Et si les Mangemorts viennent… commença-t-il.
- Ne t'inquiète pas, on sait ce qu'on a à dire et à faire, le rassura Hermione. Allez-y, et revenez vite.
Harry, Drago, et Caitlin quittèrent alors la boutique, déguisés et invisibles.
Harry emmena d'abord la petite fille chez Ollivanders. Le marchand de baguettes était toujours là, fidèle au poste, bien qu'Harry le trouve vieilli.
- Bonjour, jeune fille, salua le vendeur. Qui es-tu ?
- Je m'appelle Caitlin, répondit-elle, un peu intimidée.
- Elle est née-Moldue, vous ne connaitrez pas ses parents, ajouta Drago, sachant qu'Ollivanders aimait se souvenir des baguettes vendues aux membres d'une même famille.
Le vendeur hocha simplement la tête, et prit les mesures de Caitlin tout en l'observant, et en observant les deux jeunes gens qui l'accompagnaient.
- Je ne me souviens pas de vous, signala-t-il en allant chercher des baguettes qui pourraient convenir à sa nouvelle cliente.
- Etrange… vraiment très étrange… répondit Harry en regardant Ollivanders avec un petit sourire moqueur.
Ollivanders sursauta, et tourna la tête vers lui.
- Vous…
Harry hocha la tête en souriant d'un air engageant. Ollivanders se reprit, se détendit, et apporta quelques boites allongées.
- Miss Caitlin, veuillez prendre une baguette, et l'essayer s'il vous plaît, invita-t-il.
"Qu'est-ce qu'il s'est passé ?" demanda Drago, qui n'avait pas compris l'échange qu'avaient apparemment eu le vendeur et Harry.
"J'ai répété à Ollivanders une phrase qu'il m'avait dite lorsque je suis venu acheter ma baguette, il y a cinq ans," expliqua Harry, amusé de son petit manège.
Drago resta sceptique sur les bien-fondés d'une telle action.
"Que veux-tu qu'il fasse ? Il ne va pas nous dénoncer, et puis les Mangemorts savent déjà que je suis là, et Voldemort sait que Caitlin est avec moi", réagit Harry.
- Essayez celle-là, Miss, continuait Ollivanders pendant ce temps. Très souple, crin de licorne, et bois de cerisier.
Harry estima que si celle-là ne convenait pas, il ne voyait pas quelle baguette le pourrait. Elle semblait être exactement faite pour Caitlin ! Il ne s'agissait que de connotations qu'il avait, mais l'association des éléments lui faisait immédiatement penser à la petite fille.
Caitlin prit la baguette, et un courant d'air se leva alors autour d'elle, tandis que des étincelles dorées et scintillantes apparaissaient. La jeune fille rit aux éclats.
- Excellent ! salua Ollivanders. Vous avez trouvé votre baguette, puissiez-vous en prendre grand soin.
- Je le promets, assura Caitlin, très sérieuse.
Harry paya, et Ollivanders soutint un instant son regard, mais les laissa partir sans lui parler davantage. De nouveau couverte par la Cape d'Invisibilité, Caitlin observait sa baguette avec ravissement et fascination, tandis qu'elle avança aux côtés d'Harry et Drago jusque dans la boutique suivante.
Ils allèrent voir d'abord Madame Guipure, puis entrèrent à Fleury et Bott pour récupérer les manuels de première année, et se rendirent ensuite dans les magasins qui permettaient de trouver chaudron, balance, et autres ustensiles nécessaires aux cours de Potions, de Botanique, et d'Astronomie.
Et puis, il ne leur restait plus qu'un lieu à visiter, auquel Caitlin n'avait pas pensé, et Harry voulait lui en faire la surprise.
- L'animalerie ! s'exclama la petite fille en découvrant le magasin.
- Chut, Caitlin, lui rappela Harry.
- Pardon, chuchota-t-elle.
Ils entrèrent, et discrètement, elle ôta la Cape et regarda autour d'elle.
- Tu as le droit à un chat ou à un hibou, mais il est hors de question que tu prennes un rat, posa Drago, ou encore pire : un crapaud. Rien de tel pour que les autres élèves décident de se moquer de toi.
Il avait pris un air sûr de lui et hautain à nouveau, et Harry lui donna un coup de coude.
- Laisse-la donc choisir ce qu'elle veut, dit-il.
- Les enfants ne savent pas toujours ce qui est le mieux pour eux, et ce qu'ils veulent peuvent leur attirer des ennuis, répliqua Drago. Je n'ai pas besoin de te rappeler Londubat : pourquoi crois-tu qu'il était toujours en train de chercher son horrible crapaud ?
Harry jeta à Drago un regard réprobateur.
- Si elle trouve un joli rat, ou un joli crapaud, elle aura le droit de le prendre. Je ne vais pas la brider sous prétexte que ci ou ça n'est pas à la mode ! réagit Harry. Tu nous as déjà fait une scène pour les instruments de potions, et elle a les plus beaux qu'on a pu trouver parce que j'en avais assez de t'entendre et que ce n'est pas important, mais pour l'animal de compagnie, je veux qu'elle choisisse ce qu'elle veut !
Cela l'énervait que Drago cherche déjà à guider les choix de Caitlin par ce que les autres pourront penser.
- Mais oui, excellente idée ! Laissons-là être moquée par les autres parce qu'elle aura choisi quelque chose de ridicule ! Ce n'est pas grave, c'est elle qui l'a voulu ! riposta Drago avec verve.
- Ce n'est pas parce que tu n'as jamais pu faire ce que tu avais envie qu'il faut lui infliger cela ! Tu n'es pas ton père ! attaqua Harry. Et fais attention, parce que tu commences sérieusement à lui ressembler !
Drago carra la mâchoire.
- Et bien avec ces critères, au moins toi, tu ne risques pas de ressembler au tien ! siffla-t-il.
Le silence tomba immédiatement. Harry pâlit. Il se détourna, rappela à Caitlin qu'elle pouvait prendre ce qu'elle voulait, et la prévint qu'il allait prendre l'air. Puis il sortit. Drago ne l'avait pas quitté des yeux tout ce temps, mais n'avait pas dit un mot.
- Pourquoi vous disputez-vous ? lui demanda doucement la petite fille. Je ne veux pas que vous vous disiez des méchantes choses à cause de moi.
Drago tourna la tête vers elle. Caitlin avait les yeux brillants de larmes, et d'une frayeur qu'il n'avait jamais vue chez elle. Il soupira, prit sa main et lui répondit :
- Ce n'est pas ta faute, la rassura-t-il. Nous sommes tellement pris par tous les événements, et tellement amoureux l'un de l'autre, que parfois on oublie que nous sommes aussi très différents. Et aucun de nous n'aime s'en rendre compte.
La petite fille resta silencieuse et reprit son calme.
- Mais tu lui as dit quelque chose de méchant… rappela Caitlin dans un murmure après quelques instants. Ce n'était pas la peine, même si vous n'étiez pas d'accord, tu ne penses pas ?
Drago baissa la tête, un peu honteux. Elle avait raison.
- Va lui parler, je vais choisir un animal, dit Caitlin. Je ne bouge pas de la boutique, et si quelqu'un entre, je me cache, promis.
Le jeune homme la regarda un long moment, essayant d'estimer s'il était assez sage de faire comme elle le suggérait.
- J'ai une meilleure idée, dit-il alors.
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Harry ne resta pas longtemps dehors. Il ne voulait pas laisser Drago seul avec Caitlin à protéger, si un incident se produisait, alors il retourna assez rapidement dans l'animalerie.
Il avait été blessé par ce que Drago lui avait dit, mais il réalisait que finalement, ce n'avait pas vraiment d'importance, en réalité. Et Drago n'avait répliqué cela que par réflexe, par habitude de chercher le point douloureux de son adversaire, Harry savait qu'il ne l'avait pas pensé.
Et puis Harry sentait que Drago s'en voulait. Et comme lui-même réalisait que les paroles prononcées n'avaient aucune implication, aucune conséquence réelle, il estima préférable de ne pas s'attarder sur leur échange houleux plus longtemps.
Harry poussa la porte du magasin… et resta bouche bée en voyant Drago, une grimace évidente de mécontentement résigné sur le visage, avec dans les bras… une fouine.
Il éclata de rire.
- Ce n'est pas une fouine ! répliqua Drago immédiatement. C'est une hermine. C'est une autre sorte d'animal !
Harry le regarda, toujours hilare, mais interrogateur.
"Je suis désolé," lui adressa mentalement Drago. "C'est assez pour me faire pardonner ?"
Harry avança vers lui. D'un geste passionné, il l'attrapa, et l'embrassa intensément. Drago l'enlaça tout en lui retournant son baiser, et ils rirent lorsque leurs lèvres se séparèrent. Caitlin attrapa l'hermine, et la calcina en jetant aux deux jeunes gens un regard ravi.
- Elle te plaît ? demanda Harry à la petite fille.
- Oui, beaucoup ! Dra… Charles m'a dit que c'était une blague entre vous, mais il n'a pas voulu me raconter ! dit Caitlin.
- Je te dirai tout quand il aura le dos tourné, chuchota Harry en réponse, un sourire espiègle sur le visage.
Drago fit mine de n'avoir rien entendu, et paya pour l'animal, la cage, et les quelques accessoires qu'ils avaient décidé de prendre.
- Comment veux-tu l'appeler ? demanda Drago tandis qu'ils se dirigeaient vers la sortie.
- Je ne sais pas encore… répondit Caitlin en fronçant les sourcils.
- Et bien, réfléchis-y pendant que nous retournons Chez Weasley, suggéra Harry.
Caitlin hocha la tête et remit la Cape sur elle en donnant la cage et l'hermine à l'intérieur à Drago pendant qu'Harry prenait le reste.
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Tant bien que mal, ils réussirent à retourner à la boutique de Fred et Georges avec toutes les affaires. Ils passèrent la porte… et tombèrent sur un silence pesant.
Rodolphus Lestrange et Elliot Haken pointaient leurs baguettes sur la famille Weasley et leurs amis. Il n'y avait pas d'autres clients que les invités à l'inauguration du magasin, et tous étaient des proches, de l'Ordre ou de l'Armée du Phénix, et ils avaient tous leurs baguettes tirées et prêtes à attaquer.
Harry et Drago se cachèrent immédiatement derrière la première étagère, Caitlin avec eux toujours invisible.
- Pour la dernière fois : où est Potter ?! interrogea Lestrange.
- Et pour la dernière fois : nous ne vous répondrons rien ! répliqua Arthur Weasley.
- Sortez d'ici, vous n'êtes pas les bienvenus ! cracha Georges.
- Allez-vous-en ! renchérit Fred.
Haken ricana.
- Vous ne nous faites pas peur, et vous ne pouvez rien contre nous !
Ses interlocuteurs raffermirent leurs prises sur leurs baguettes.
- Nous sommes largement supérieurs en nombre. Partez si vous voulez vivre… gronda Ron.
Tous les Amari de la pièce étaient dans le même état que lui : ils étaient liés à Harry, et Rodolphus Lestrange et sa femme étaient les Mangemorts qui avaient tirés Harry vers les ténèbres et la magie noire. Ils savaient aussi, pour la plupart, ce que le couple avait infligé aux parents de Neville. L'un des leurs. Aucun Amari ne pouvait rester stoïque en la présence des deux personnages.
Harry cherchait comment sortir de cette situation sans que personne ne soit blessé. Soudain, il eut une idée :
"Drago, va alerter les gardes. Allison ? Je suis vraiment désolé de te demander cela, mais j'ai besoin de ton aide…"
Drago acquiesça et quitta la boutique en faisant attention à ne pas faire de bruit lorsqu'il passa la porte. La jeune fille répondit assez rapidement, et Harry lui présenta le problème.
"C'est bon," dit-elle alors sans hésiter longtemps. "Je sais comment attirer mon père à l'extérieur."
Harry put sentir Allison se concentrer. Les autres Amari restaient en général à l'écart de l'esprit de la jeune fille, et elle ne les approchait pas. Ils savaient qu'elle supportait difficilement les foules, alors dans sa tête…
Mais cette fois, elle entra d'elle-même dans la sphère mentale qu'ils partageaient tous. Et Harry comprit son idée.
"Non, Allison ! On va trouver autre chose, ne…"
C'était trop tard. Même si elle y était entrée volontairement, ses traumatismes passés reprirent le dessus sur sa maîtrise d'elle-même, et elle réagit.
Dans la boutique des jumeaux Weasley, Elliot Haken porta soudain la main à son épaule, et une grimace parcourut son visage, en même temps qu'une expression inquiète. Il se tourna vers Lestrange, et prononça entre ses dents :
- Ma fille a un problème, je dois aller auprès d'elle.
- Ta fille passe après la capture de Potter ! répliqua Lestrange avec colère.
- Potter n'est pas là ! Il a fui à la seconde même où il nous a vus, et nous ne pourrons pas les maîtriser tous ! répondit Haken, furieux. Ma fille a besoin de moi !
Et il se détourna, sortit en courant, et quitta le Chemin de Traverse. Harry se sentit alors étrange en le regardant partir. Il était vraiment soucieux, et Allison venait d'utiliser l'affection de son père pour les aider. Sans oublier qu'elle s'était mise dans une situation difficile dans ce but. Harry se sentit mal à l'aise.
- Ce n'est pas fini ! criait Lestrange.
Mais il était seul, entouré d'ennemis. La porte s'ouvrit de nouveau, et cette fois, des gardes d'Ombrage entrèrent.
- Il y a un problème ici ? demanda l'un d'eux d'une voix sévère.
- Cet homme est venu créer des problèmes dans notre boutique, alors que nous venons d'ouvrir, répondit Fred.
- Monsieur, je vais vous demander de sortir, dit l'autre garde, à l'adresse de Lestrange.
Le Mangemort grinça des dents, et l'espace d'une seconde, tous se demandèrent s'il n'allait pas les attaquer tous malgré tout. Mais il se détourna finalement, et quitta le magasin à grands pas énervés.
- Merci, monsieur, dit Georges poliment, et pour ne pas leur attirer d'ennuis.
Les gardes saluèrent, et s'en allèrent.
Tout le monde respira. Drago retrouva Harry, et ils se prirent la main. La famille Weasley se rassembla, leurs amis avec eux, et ils fêtèrent avec humour la première attaque de Mangemorts sur la nouvelle boutique Chez Weasley, Farces pour Sorciers Facétieux.
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Si Harry alla se coucher assez vite, Drago resta éveillé jusqu'à être certain que tout était préparé pour le lendemain. Mrs Weasley et Ron avec lui, il vérifia les moindres détails, et ne se disposa à rejoindre Harry que lorsque tout fut absolument prêt.
- Où étais-tu ? marmonna Harry quand Drago vint dans leur lit.
- Juste en bas, répondit doucement Drago.
- Qu'est-ce que tu faisais ? demanda Harry toujours endormi.
Drago se pencha sur son compagnon et dépose un léger baiser sur sa joue.
- C'est une surprise… murmura-t-il.
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Sur la côté anglaise, une barque accoste. Une jeune femme masquée par une capuche, et à la gorge décorée d'un collier au pendentif vert, monte, et le batelier fait repartir l'embarcation. La mer est calme, et le brouillard s'étend.
Les voyageurs disparaissent dans la nuit.
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Explication du titre [Dernières Vacances] :
Même s'il y a eu quelques rappels de la guerre et de la réalité, le mois de juillet est resté assez tranquille, et les jeunes sorciers ont eu de véritables vacances.
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Remarques sur le chapitre :
Je me suis un peu amusée avec les scènes plus légères et tranquilles au Terrier. Sachant que la suite va être plus dure et plus sombre, c'était agréable d'écrire ce passage, et préférable de le donner aux personnages.
Voldemort a fait des équipes et donne des missions pour les raisons qu'il explicite un peu dans ce chapitre. J'ai eu des remarques là-dessus, alors j'y reviens pour essayer d'expliquer mes choix :
Je voulais que les Marqués aient des choses à faire, pendant l'été, et qui leur soient spécifiques. Je voulais aussi faire travailler certains qui s'entendent moins bien, parce que je pense que ce sera intéressant. Il me semblait aussi une bonne idée de mettre les Marqués Amari dans des positions difficiles, c'est ce qui se passera par la suite.
J'ai eu l'idée de ces missions données par Voldemort en me disant qu'il pourrait avoir envie de créer une véritable cohésion parmi ses Marqués, pour obtenir une sorte d'élite de mages noirs à son service. S'ils ne se battent pas entre eux, ils sont plus efficaces pour lui.
Il est aussi vrai qu'ils sont tous un peu des durs, mais ils l'ont été surtout à l'école. Enfin, pour les non Amari en réalité, mais Voldemort pense qu'ils sont tous à ce même niveau d'inexpérience du vrai monde, et de la vraie guerre.
Il veut les former aussi à d'autres choses que le combat simplement, et leur faire comprendre les autres mécanismes du pouvoir et de la conquête. Il ne veut pas qu'ils soient idiots, il veut qu'ils soient une élite, qu'il pourra utiliser pour diriger le monde, et qui lui seront loyaux.
J'ai donné à Harry des résultats un peu meilleurs à ses BUSES que dans le livre : sous son rôle de Darren Prince, il est supposé être bon à l'école, et puis, Drago l'a vraiment aidé aussi, donc je le justifie ainsi.
Drago a eu un peu de mal à rester au Terrier sans faire de scène ! Mais il a réussi à ne pas trop créer de problèmes, soyons fiers de lui, haha ! Et puis bon, j'ai fait un peu se disputer Harry et Drago, je pense qu'il le faut de temps en temps.
Je ne voulais pas mettre de fouine, exactement : cela a été trop fait, j'ai trouvé. Alors j'ai essayé de faire un clin d'œil à la chose sans la reprendre exactement !
Réjouissez-vous, bientôt nous en saurons plus sur l'héritier de Serpentard !
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Questions de fin de chapitre :
Qui est l'héritier de Serpentard ? Cassiopeia pourra-t-elle convaincre l'héritier de venir avec elle et de se ranger du côté d'Harry ?
A quoi serviront davantage les objets de l'héritage des Prince ?
Les Marqués parviendront-ils à travailler ensembles pour accomplir les missions de Voldemort ? Les Amari des Marqués réussiront-ils à ne pas blesser des innocents, à ne pas créer de problèmes pour ceux qui se battent contre le mage-noir, malgré leur position ? Pourquoi Voldemort est-il préoccupé ainsi ?
Allison réussira-t-elle à jongler entre sa famille et sa nouvelle allégeance, sans en souffrir ou sans risquer sa sécurité ?
De quoi sera composé l'anniversaire d'Harry ? Qui seront les autres invités ? Quels seront les cadeaux offerts à Harry ? Y aura-t-il un incident ?
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Remarques références :
*Harry Potter Et Le Prince De Sang-Mêlé (Tome 6) : Fred et Georges ouvrent une boutique de farces et attrapes sur le Chemin de Traverse ; Couple Bill et Fleur (elle travaille pour Gringotts) ; Résultats des BUSES.
*Harry Potter Et Les Reliques De La Mort (Tome 7) : Hermione envoie ses parents en Australie sans souvenirs d'elle pour les protéger de Voldemort
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Annonce du chapitre suivant :
Intitulé [Pairs Et Adversaires], l'Armée du Phénix reprendra de l'activité, et viendra en aide aux siens, tout en avançant dans la préparation du Rituel, et les Marqués commenceront leurs missions, pendant que Lucius Malefoy commencera à se poser des questions sur ses ravisseurs…
