Yoshiki finit par sécher ses larmes :

- Bon, je crois qu'il faudrait aller à la salle pour répéter, on a déjà pris du retard.

Hide sourit :

- D'accord...et toi, fais gaffe à ne pas te casser la nuque encore une fois !

- Ne te tracasse pas pour moi.

Les cinq musiciens partirent quelques minutes plus tard à la salle de concert. Bien qu'il fût encore très tôt, certains fans acharnés étaient déjà là à attendre. Une fois sur scène, Yoshiki commença à s'échauffer les bras et Toshi de son côté, s'exerça aux vocalises à l'écart dans les coulisses, l'esprit très préoccupé par la scène qu'il avait surprise entre Yoshiki et hide. Il ne savait plus quoi penser surtout à l'égard de Yoshiki. Ce dernier avait-il réussi à le remplacer par hide en si peu de temps ? Sinon, comment cela s'était-il passé? Il était résolu à découvrir la vérité sous cette histoire et comme hide passait par là, il décida de faire comme s'il n'avait rien vu et d'aller lui demander conseil, comme il l'avait décidé, sur l'attitude qu'il devait adopter envers Yoshiki. A la manière dont hide lui répondrait, il essaierait de savoir quels étaient les sentiments du guitariste à l'égard de Yoshiki. Il s'approcha de hide:

- J'aimerais te parler? Tu as un moment ?

- Ouais mais fais vite, je dois faire les réglages.

- Tu es le seul à qui je puisse vraiment parler de ça. Je sais plus quoi faire pour Yoshiki...il s'enfonce de plus en plus à cause de moi et je ne sais pas quoi faire pour l'aider. J'ai peur qu'il ne finisse par refaire une bêtise et que cette fois il réussisse... Nous sommes ses plus proches amis et j'ai besoin de ton aide pour trouver le moyen de le sortir de là...

hide l'observa d'un air indéchiffrable :

- Je crois que malheureusement, tu ne peux pas faire grand-chose.

- Alors qui ? dit Toshi avec véhémence. hide, je ne pourrais pas le supporter s'il lui arrivait malheur à cause de moi. Qu'est-ce qu'il t'a dit quand tu es allé le voir ?

- C'est compliqué…il est profondément triste. Je pense que tu peux te mettre à sa place, il a tellement espéré être avec toi.

Toshi s'assit. Pour quelqu'un de profondément triste, Yoshiki n'avait pas tardé à le remplacer ! Mais l'hypothèse lui vint ensuite que c'était hide qui l'avait embrassé. En tout cas, il n'essaierait pas de le questionner là-dessus car il savait déjà qu'il allait se faire jeter.

- Quel con je fais... en plus, il a beau me dire le contraire, j'ai peur que nous ne soyons plus jamais les mêmes amis...

hide était partagé entre l'envie de l'aider et celle de l'envoyer bouler. Si Yoshiki était dans cet état, c'était de la faute de Toshi et maintenant, il venait se plaindre d'avoir perdu son amitié ! Mais la partie la plus raisonnable de son esprit lui disait que les sentiments ne se commandent pas et que, de ce point de vue, Toshi n'était pas plus responsable que Yoshiki.

- C'est sûr que ce ne sera plus comme avant pour tout le monde et surtout pour vous deux.

- J'ai sûrement perdue une partie de son amitié...si seulement il pouvait tomber amoureux de quelqu'un d'autre...

En disant cela, il regarda attentivement hide pour essayer de lire sur ses traits une réaction qui le renseignerait sur ce qu'il ressentait pour Yoshiki. hide s'efforça de rester stoïque et de répondre évasivement :

- Oui c'est sûr. Bon je vais aller préparer ma guitare.

Pendant qu'ils discutaient, Yoshiki s'était enfermé dans sa loge. En jogging blanc, torse nu, il observait dans un miroir son reflet au regard vide en ruminant de sombres pensées. Il avait cru pendant la nuit que l'amour que hide lui avait déclaré allait être capable de le guérir de Toshi mais il s'était rendu compte dés le lendemain matin que ça allait être beaucoup plus difficile. Pourtant, hide avait tout pour le rendre heureux. Il était beau, il l'aimait comme un fou, ils s'entendaient merveilleusement bien depuis leur première rencontre, ils avaient des tonnes de points communs… Alors pourquoi la seule vue de Toshi avait suffit pour replonger Yoshiki dans la douleur ?

Apparemment, on n'oublie pas si facilement un amour entretenu pendant si longtemps même avec le meilleur des amants…

Non seulement il souffrait à cause de Toshi mais en plus, il se sentait coupable de ne pas pouvoir répondre aux sentiments de hide. Ce dernier s'était offert sans rien lui demander en échange mais Yoshiki se sentait très mal à l'aise par rapport à cela. Le poids de tant d'émotions devenait si lourd à porter pour le batteur qu'il avait l'impression d'être vidé de toute force et de toute envie.

Toshi, lui, faisait les cent pas dans le couloir, l'âme assombrie par ce que hide lui avait dit. Il n'avait rien appris sur ce qu'il faisait avec Yoshiki mais ce n'était pas le plus important pour le moment. Il n'aurait jamais pensé que ça lui ferait aussi mal d'abîmer son amitié avec Yoshiki. Ils s'étaient disputés de nombreuses fois mais ça avait toujours fini par s'arranger. Seulement cette fois...Il s'arrêta devant son reflet dans une porte vitrée.

J'ai vraiment l'air d'un gros con...

L'impuissance lui donnait envie de casser quelque chose.

Tous les cinq finirent par se retrouver sur scène. Yoshiki effectua quelques moulinets du bras pour s'assouplir mais le cœur n'y était pas. hide allait tester sa nouvelle guitare qu'il venait de finir de peindre en jaune avec des cœurs rouges. Toshi, qui prévoyait déjà que la répétition allait se dérouler dans une sale ambiance, tenta d'alléger l'atmosphère :

- Wouah hide, t'as fait une nouvelle gratte ! Ca fait très...hippie !

Yoshiki ignorait totalement ses camarades et se mit à frapper sa batterie avec violence. hide l'écoutait d'une oreille inquiète et essaya de sourire a Toshi :

- Elle est belle hein ? Kitsch a souhait !

Il aurait fallu que Yoshiki leur dise par quoi il fallait commencer la répétition mais comme il ne semblait pas vouloir s'arrêter, hide vint près de lui et dit avec précaution:

- Euh grand chef ? On est prêts, on commence par quoi ?

Yoshiki s'arrêta, essoufflé et à moitié aveuglé par ses mèches blondes :

- J'en sais rien.

Pris au dépourvu, les quatres musiciens s'entre-regardèrent. Si Yoshiki manifestait si peu d'enthousiasme, la répétition n'irait pas loin. hide comprenait mieux que personne ce qu'il se passait mais il tenta quand même de sauver les meubles :

- Euh ben…il y a un truc en particulier que vous voulez faire vous autres ?

Soudain, Yoshiki marmonna un "je reviens" et disparut dans les coulisses en plantant là ses amis stupéfaits.

- Mais qu'est-ce qu'il a ? demanda Pata en retirant sa Gibson de ses épaules. Je ne l'ai jamais vu aussi découragé.

- Je sais pas…bredouilla hide, alarmé. Putain, il va vraiment pas bien…

Une grosse boule était en train de se former dans sa gorge. Des larmes d'angoisse et d'impuissance commençèrent à lui brouiller la vue et il se détourna pour que les autres ne le voient pas. Heath, les mains sur les hanches, déclara d'un air sombre:

- Je crois que s'il continue comme ça, le concert ne pourra pas se faire.

Toshi baissa la tête avec l'envie de se mettre à pleurer aussi.

Non…Il ne va jamais tenir.

Son sentiment de culpabilité était si fort qu'il ne put supporter de rester encore sans rien faire. Rassemblant tout son courage, il quitta la scène à grand pas pour retrouver Yoshiki.

hide le regarda partir, le coeur lourd.

Oui va le voir. En fait c'est vraiment de toi qu' il a besoin...Moi, j'aurais beau tout faire, ça ne suffira jamais. Si seulement tout pouvait changer...Je préfèrerai le voir heureux avec toi plutôt que sans cesse en train de pleurer dans mes bras. Je ne lui suffis pas..

Il avait l'impression de se marcher sur le coeur avec cette pensée mais il ne pouvait plus supporter de voir Yoshiki aussi malheureux. S'il y avait la moindre chance que Toshi tombe un jour amoureux de Yoshiki, il les laisserait ensemble quitte à en souffrir. Il se retira à l'écart de Pata et Heath et s'assit au bord de la scène en essuyant une larme qui roulait sur sa joue.

Yoshiki s'était enfermé dans sa loge et était tombé en sanglots sur le canapé, la tête dans les mains. Il ne savait pas comment faire pour se sortir de cette humeur morbide qui lui rongeait le cœur. Tout lui semblait gris et sans solution. Il essayait de sécher ses larmes lorsque Toshi frappa à la porte.

- Yoshiki, ouvre-moi.

Le pianiste marque un temps d'hésitation mais il finit par aller ouvrir. Toshi eut mal au coeur de voir qu'il avait encore pleuré. Comment pouvait-on faire souffrir quelqu'un à ce point sans le vouloir? Il saisit Yoshiki dans ses bras et le tint longtemps serré sans un mot. Il se sentit se raidir à l'extrême et se mit à pleurer en pensant qu'autrefois, Yoshiki accueillait toujours ses étreintes avec plaisir.

- Toshi, ne pleure pas s'il te plaît.

- C'est encore a cause de moi que tu es dans cet état ce matin. Pardon…

- Tu ne peux rien faire contre ça. Ce n'est pas de ta faute.

- Viens avec moi, proposa Toshi. Tu n'es pas en état de jouer ce soir. On va prendre l'air.

- On ne peut pas annuler la répèt, on a un concert ce soir, s'entêta Yoshiki.

- Arrête de toujours tout sacrifier pour le boulot ! On n'a pas besoin de répèt et c'est au moins le vingtième concert de la tournée ! Nous sommes parfaitement capables d'assurer ce soir, on est des pros non ? Le plus important c'est toi...

Yoshiki baissa les yeux. La vérité c'était qu'il avait peur de se retrouver seul avec Toshi. Emotionnellement parlant, il ne se sentait pas capable de l'assumer. Mais d'un autre côté, il pourrait au moins être avec lui…Il lui jeta un regard furtif:

- Ok, on va faire un tour. Tu permets que je me change avant ? Je te rejoins dans l'entrée.

- Ok vas-y, je me charge d'expliquer ça aux autres.

Yoshiki acquiesça et Toshi le laissa pour retourner avec leurs amis:

- Les gars, on annule la répètition pour aujourd'hui.

- Quoi ? s'écria Heath. Mais…

hide, qui était toujours assis dans son coin, se leva brusquement en craignant une mauvaise nouvelle:

- Comment va Yoshiki ?

Pata posa sa guitare et attendit la réponse en silence. Toshi leva les mains en signe d'apaisement:

- Il va bien. Nous allons juste aller faire un tour et nous serons revenus pour le concert. Vous avez carte blanche jusqu'a ce soir.

- Bon ok…bougonna Heath. J'espère qu'on pourra gérer.

hide ne dit rien.

Yoshiki est avec Toshi alors c'est bon.

Son instinc lui disait qu'il était en train de laisser fuir l'amour de sa vie mais il n'avait plus envie de se battre. S'il revoyait Yoshiki sourire comme avant grâce à Toshi, alors sa propre peine n'avait pas d'importance. Il regarda le chanteur s'éloigner en pensant :

Ne le blesse pas davantage et prends soin de lui Toshi…

Toshi gagna le hall et y trouva Yoshiki en train de fumer une cigarette avec ses éternelles lunettes noires sur le nez. Il lui sourit et le conduisit sans un mot à sa voiture. Il démarra et se lança sur une nationale qui sortait de la petite ville de province où ils se trouvaient. Yoshiki ne disait pas un mot et restait tourné vers la fenêtre où un paysage monotone de prairies défilait.

Toshi savait à peu près ce qu'il voulait faire. Aider Yoshiki à lâcher tout ce qui le rongeait de l'intérieur. Le connaissant ce serait sûrement violent et douloureux mais ça lui ferait du bien. Yoshiki était quelqu'un qui avait besoin d'exorciser. Tout en conduisant, il le regarda discrètement et le revit en train d'embrasser hide. Le pincement qu'il avait ressenti se présenta à nouveau. Pourquoi est-ce que ça l'avait dérangé ?

C'était comme si...j'étais jaloux de le voir se faire consoler par quelqu'un d'autre que moi...

Il se raidit à cette pensée.

Parce qu'avant, c'était toujours moi pour lui et lui pour moi.

Si la situation avait changé, c'était bien de sa faute. Il ne s'était même pas rendu compte qu'il avait commencé à délaisser son meilleur ami pour sa fiancée. A présent, il se rendait compte à quel point Yoshiki lui était précieux.

Ils finirent par atteindre le bord de mer, un endroit que Toshi avait découvert depuis le bus de tournée et qui lui avait paru tout à fait sympathique. Yoshiki ouvrit la bouche pour articuler d'une voix morne :

- On va où là ?

- Tu vas voir, ça devrait te plaire toi qui aime la mer. On est presque arrivés.

- Le temps commence à se gâter…

- Bah, s'il pleut, on avisera !

Toshi se gara au bord de la route. Pour un coin paumé, c'était un coin paumé ! Pas un chat dans les environs et une étendue herbeuse qui decendait jusqu'à une plage étroite entre deux masses de rochers. C'était parfait ! Il y avait du vent, la mer était grise et agitée. Toshi sourit en respirant l'air chargé d'iode et ouvrit lui-même la porte de Yoshiki :

- Allez viens, il fait bon dehors !

Yoshiki obtempéra mais commença aussitôt à se frictionner les bras :

- Tu appelles ça « faire bon » ?! Je me gèle moi !

- P'tite nature va !

Toshi enleva sa veste, la posa sur les épaules de Yoshiki et le prend par la main pour le faire descendre la pente jusqu'à la plage. Arrivé là, il se posta en face de lui, le visage grave :

- Alors maintenant, voilà ce que je voudrais que tu fasses. Au lieu de te défouler sur ta batterie au risque de te briser le cou en direct, tu vas te lâcher ici. Tout ce que tu n'as jamais osé me dire, tout ce que tu as envie de faire, ta souffrance, ta rage, ta colère laisse tout sortir. Crie, pleure, frappe-moi, bats-toi contre les vagues si ça t'amuse ! Il n'y a personne pour te voir.

Yoshiki prit peur. Toshi le mettait au pied du mur, sans défense face à tous ses problèmes. Il se braqua et recula en lançant :

- Fous-moi la paix…

Toshi fit deux pas vers lui :

- Te foutre la paix dans l'état où tu es, c'est te laisser mourir...Compte pas sur moi !

- Je t'ai déjà dit ce que je ressentais pour toi, lança Yoshiki d'un ton agressif. Qu'est-ce que tu veux de plus ? Que je me mette à genoux en te suppliant ?! Non, c'est pas la peine et je sais que ça ne servira à rien.

Comme une petite pluie fine commençait à tomber, Yoshiki ajouta :

- Je remonte dans la voiture.

Il tourna les talons et commença à remonter la butte sableuse. Mais Toshi qui ne savait plus quoi faire se mit soudain à lui crier :

- Pourquoi t'as attendu si longtemps pour me parler ?! Plus de dix ans putain ! Pourquoi t'as attendu que je sois fiancé pour m'avouer tout ça ?

Yoshiki stoppa net sa progression et se retourna avec un visage furibond :

- Tu crois que c'est facile ?!

- Non justement ! Je me demande comment t'as pu tenir aussi longtemps !

Des mots sarcastiques s'échappèrent de la bouche de Toshi :

- Ou alors c'est hide qui t'as servi de bouche-trou en attendant ?

- COMMENT OSES-TU DIRE CA !

Yoshiki redescendit la pente et poussa violemment Toshi :

- Je te permets pas de dire ça sur hide !!

- Je ne fais que tirer des conjectures sur ce que j'ai vu ce matin ! répliqua Toshi que la fureur du leader n'effrayait pas. Je vous ai vu en train de vous embrasser ! Je me suis demandé à quoi tu jouais !

- Je joue à rien, il m'a embrassé et je l'ai laissé faire c'est tout ! – Yoshiki se prit la tête à deux mains- TU ME RENDS MALADE, JE SUIS AU BORD DE LA FOLIE A CAUSE DE TOI !!

Un sanglot rageur lui brisa la gorge et il ajouta tant bien que mal :

- J'en ai marre de tout ça ! Franchement, j'aurais préféré de jamais tomber amoureux de toi !... Ca m'aurait évité bien des souffrances !! Crois-moi c'est horrible d'aimer quelqu'un qui ne ressent pas la même chose que soi !!

Il ôta ses lunettes de soleil pour essuyer les larmes brûlantes qui débordaient de ses yeux. Toshi qui avait commencé à s'énerver aussi, fut atteint au coeur par les mots de Yoshiki. Toute sa colère s'évapora d'un coup remplacée par l'envie viscérale de le serrer dans ses bras. Il répondit d'une voix faible :

- Et tu crois que c'est facile pour moi? De te voir te détruire...

Il voulut avancer la main vers les cheveux de Yoshiki mais celui-ci se déroba et partit en courant vers la voiture :

- Laisse-moi !!

Là dessus, la raison de Toshi se mit en mode "pause". Uniquement animé d'un élan violent, il s'élança vers Yoshiki et le rattrapa dans la pente. Mais il glissa sur l'herbe et il l'entraîna dans sa chute. Ils roulèrent et se retrouvèrent sur le sable froid. Yoshiki se débattit rudement :

- Mais qu'est-ce que tu fous bon sang ?!

Toshi tenait étroitement Yoshiki dans ses bras et il était tombé, sa joue près de la sienne et le nez dans son cou. Un trouble inexprimable le saisit. Maintenant qu'il y pensait, c'était un peu le même que celui qui le prenait toujours quand Yoshiki se jetait dans ses bras à la fin des concerts. Dieu qu'il aimait ça ! Et son odeur qu'il connaissait depuis l'enfance, c'était comme s'il la redécouvrait à ce moment-là. C'était SON Yoshiki,, rien qu'à lui depuis toujours. Sans lui, il était incomplet comme artiste et comme être humain. Sans bouger, il laissa échapper des mots sans suite, tout juste révélateurs de son émotion :

- S'il te plaît...Yoshiki...Pas sans toi...Tu comptes trop pour moi...

Quelque chose menaçait de monter de son coeur à ses lèvres. Yoshiki cessa de se débattre et lui lança un regard chargé d'incompréhension.

Toshi ne comprenait même plus ce qu'il faisait. Tout ce dont il avait conscience c'était du fait que Yoshiki lui échappait. C'était la mort de leur amitié et dans le pire des cas, la mort de Yoshiki tout court. Il voulait qu'il reste près de lui et c'était tout. Ignorant les larmes qui lui coulaient sur les joues, il regarda Yoshiki jusqu'au fond des yeux, sa main gauche posée sa joue.

- Qu'est-ce que tu fais ?, murmura Yoshiki, figé par la surprise.

Toshi, comme hypnotisé fut incapable de répondre. Obéissant juste à une envie impérieuse, il se pencha et embrassa tendrement Yoshiki en le soulevant dans ses bras contre sa poitrine.

Le blond fut d'abord surpris par le baiser mais commença à y répondre. Ca faisait si longtemps qu'il l'attendait ce baiser. Il ferma les yeux et passa ses bras autour du coup de Toshi. Quand ce dernier sentit les lèvres de Yoshiki contre les siennes, ce fut comme si le ciel s'ouvrait pour lui découvrir la vérité. Il comprit tout. Il n'avait pas pensé à Kaori depuis qu'ils étaient arrivés sur la plage et il ne devait plus y penser avant de longues heures encore. Il n'avait tout simplement jamais ressenti une chose pareille dans un baiser : il sentit complet et à sa place. Son baiser se fit plus avide, plus passionné encore. Il ne voulait pas y mettre fin. Il

l'aurait embrassé pour l'éternité s'il n'y avait pas eu l'humaine nécessité de respirer. Mais il resta, le front contre le sien, avec le sentiment d'être tout d'un coup devenu un tout autre homme. C'était énorme et bouleversant. Et des mots magiques jaillirent directement de son cœur chamboulé :

- Je t'aime...Je...pourquoi j'ai rien vu ? Pourquoi j'ai pas compris? Je t'aime Yoshiki.

Yoshiki écarquilla ses yeux pleins de larmes :

- Tu…quoi ?

Toshi n'en revenait pas de ce qui était en train de lui arriver. Il aurait pu penser que c'était beaucoup trop soudain pour être sérieux, qu'on ne tombe pas amoureux en deux secondes mais la vérité c'était que ses sentiments étaient déjà là avant. Il l'avait préssenti confusément en voyant hide embrasser Yoshiki. Il sourit faiblement et dit à Yoshiki en entrecoupant chaque phrase par un baiser :

- Pour toutes les fois où j'aurais dû le faire, je vais te le répéter jusqu'à ce que t'en ai marre. Je t'aime, je t'aime, je t'aime...

- Tu m'aimes comme moi je t'aime ?

- Tu m'aimes comment ?

- Comme l'homme avec qui j'ai envie d'être.

- Alors moi je t'aime comme l'homme avec qui j'ai passé toute ma vie...et avec lequel je veux la passer jusqu'à la fin.

- Mais…balbutia Yoshiki. Tu es fiancé !

- J'men fous...Si tu savais ce que je m'en fous en ce moment. J'ai été le pire des abruti. Comment j'ai pu croire que Kaori comptait plus que toi ? C'est fini Yoshiki, je ne veux plus de ce mariage, je vois clair maintenant.

Yoshiki commença enfin à réaliser et des larmes, de joie cette fois, coulèrent de ses yeux. Jetant ses bras autour du cou de Toshi, il l'entraîna dans un baiser passionné.