Avertissement pour ce chapitre : c'est violent ! ( j'ai fait pire mais bon, on sait jamais.) Pauvre Yoshiki, quand je pense que je suis censée l'aimer et je lui fais subir ça...
Au matin, ils arrivèrent enfin à Kobé. Malgré l'heure matinale, les cinq musiciens eurent la surprise de trouver une foule assez dense et agitée devant l'entrée de leur hôtel. Ils crurent d'abord que c'étaient des fans qui avaient appris on-ne-sait-comment à quelle heure ils devaient arriver mais le plus surprenant était qu'il y avait aussi une armada de journalistes. Surpris et décontenancés, ils fendirent la foule avec peine, aidés du personnel de l'hôtel et se réfugièrent dans le hall où les attendaient Michi, leur manager.
- Que se passe-t-il ? voulut savoir Yoshiki.
Michi, visiblement très énervé, répliqua :
- Ce qui se passe ?! Mais tu devrais le savoir !
Il lui jeta un magazine à la figure :
- J'attends des explications là-dessus ! C'est pas déjà assez de foutre en l'air la fin de la tournée, il fallait encore que vous vous retrouviez en première page des journaux people !
Yoshiki déplia le journal et pâlit en voyant la une. Toshi s'approcha de lui et lut par-dessus son épaule. Le gros titre déjà avait de quoi interloquer : Kaori Morisumi : Comment Yoshiki a détruit mon mariage. Le reste était une interview d'elle où elle racontait que Yoshiki avait réussi à envoûter Toshi pour le faire tomber amoureux de lui et lui faire annuler son mariage. Ca faisait des années qu'il en rêvait, disait-elle, et quand j'ai vu Toshi, je ne l'ai plus reconnu. Je vous assure que ce n'est pas du tout le genre à coucher avec un homme. Yoshiki l'a manipulé parce qu'il ne supportait pas de voir Toshi s'éloigner de lui alors qu'il le suit depuis si longtemps. Cet homme est un monstre d'égoïsme.
Toshi sentit une sourde colère lui serrer les entrailles :
- Mais quelle…quelle salope ! Envoûté hein? Comme si je n'étais pas capable de faire un choix moi-même...Elle n'est pas foutue de comprendre...
Il leva les yeux vers Michi :
- Les journaleux sont là pour ça ?
- Evidemment ! Ca a fait un scandale pas possible !! Et je peux savoir ce qu'il y a de vrai dans cette histoire ?
- De vrai ?! intervint Yoshiki sur un ton de défi. Toshi et moi, on s'aime et personne n'y changera rien !
Michi fit une mine de poisson rouge :
- Ah ? Ben manquait plus qu'ça ! Et toi, t'as annulé ton mariage Toshi ?
- Oui ! Mais c'était de mon plein gré ! C'est elle qui ne l'a pas supporté quand je le lui ai dit ! Ce n'est qu'une vengeance de la plus basse espèce !!
Toshi fit une geste rageur puis se tourna vers son amant :
- Ne bouge pas d'ici, j'y vais ! Je vais leur montrer moi si j'ai l'air d'un envoûté !
- Non Toshi, tu vas envenimer les choses !
- Mais non ! Je veux aller leur dire que nous sommes ensemble et que Kaori n'a raconté que des conneries ! On ne va tout de même pas rester sans rien dire après ça ! Tu te rends compte un peu de l'image de salaud qu'elle te donne ?!
- Alors je viens avec toi.
- Ok mais laisse-moi faire comme ça, ils ne pourront pas t'accuser de parler à ma place !
- D'accord.
Toshi lui prit la main et l'entraîna hors du hall sous la protection de quelques gardes. hide, un peu angoissé, resta avec Pata et Heath en croisant les doigts pour que tout se passe bien. Dés qu'ils sortirent, l'agitation décupla devant l'hôtel. Sans lâcher Yoshiki, Toshi expliqua à la dizaine de micros pointée sur lui ce qu'il en était vraiment de la situation et termina en disant :
- Voilà maintenant vous savez tout. Je ne sais pas pourquoi Kaori est allée raconter de telles horreurs sur Yoshiki mais elles sont totalement fausses. A présent, je demande instamment à la presse et aux fans de respecter notre vie privée à Yoshiki et à moi. Nous ne communiquerons plus rien sur le sujet à moins que Kaori ne fasse encore répandre de fausses rumeurs.
Les journalistes insatiables voulurent encore poser d'autres questions mais Toshi et Yoshiki manifestèrent leur désir de repartir. Voyant cela, la foule devint comme folle. Comme un seul homme, elle se resserra en une masse étouffante et braillante. Yoshiki saisit au passage des insultes et des mots de dégoût. Des mains surgirent de partout et tentèrent de les agripper. Toshi serra Yoshiki contre lui pour essayer de le protéger mais ils eurent beaucoup de mal en dépit des efforts de leurs gardes. Comme l'ambiance commençait à devenir explosive, il fallut tailler dans la masse, parfois rudement. Une main de fille aux ongles pointus parvint même à griffer Toshi à la joue. Au bout de plusieurs minutes d'enfer, ils arrivèrent enfin à s'engouffrer dans l'hôtel et comme tout le monde pouvait encore les voir, les cinq compères s'enfuirent vite à l'étage dans une salle à l'abri des regards en laissant dehors la foule hurler à son aise. Toshi ne disait rien mais il était choqué ; il n'aurait jamais pensé qu'un truc pareil pouvait arriver. Du sang perlait de l'estafilade qu'il avait à la joue. Yoshiki, secoué, se blottit dans ses bras et Toshi le berça doucement :
- T'as eu peur mon Yoshiki ?
- Oui…J'ai paniqué.
- Moi aussi. Maintenant j'espère que j'ai été convaincant et qu'ils vont finir par nous foutre la paix. J'appellerai Kaori pour lui dire ma façon de penser !
Yoshiki le regarda avec une légère surprise :
- C'est rare de te voir aussi déterminé.
- Tu devrais me connaître mieux que ça ! répondit Toshi faussement vexé. J'ai l'air d'une bonne pâte mais il y a des limites. En plus, cette histoire te concerne aussi alors j'ai encore plus de raisons de nous défendre.
Yoshiki posa sa tête sur son épaule :
- Qu'allons-nous faire maintenant ?
- Attendre….
Michi interdit à tout le groupe de faire un pas dehors tant qu'il y aurait du monde autour de l'hôtel. Les journalistes se retirèrent vite mais les fans, plus tenaces, firent le pied de grue jusqu'à une heure avancée de la nuit mais en furent pour leurs frais car aucune de leurs idoles ne se montra. Toshi et Yoshiki passèrent le plus clair de leur temps dans leur chambre, rideaux fermés, blottis l'un contre l'autre, écoutant parfois leurs noms hurlés par les hystériques postés sous leurs fenêtres.
- Et si le groupe coule à cause de cette histoire ? demanda soudain Toshi qui serrait la tête de son amant contre son cœur.
Yoshiki, le nez collé contre sa peau, somnolait en respirant son odeur :
- Je n'y crois pas. Toutes ces années où ils ont clamés qu'ils nous aimaient seraient vraiment balayées juste parce que nous sommes ensemble ? C'est impossible. Certaines personnes vont nous lâcher oui, je pense surtout à ces petites pisseuses à peine pubères qui ne s'intéressent à nous que pour notre physique.
Toshi ne put retenir un rire :
- Premièrement, c'est à toi uniquement qu'elles s'intéressent. Deuxièmement, je ne t'avais jamais entendu parler d'elles aussi durement. Tu avais l'air d'aimer ça, jouer les sex-symbols pour ce genre de filles !
- C'était avant Toshi. Maintenant, j'emmerde cordialement tous ceux que notre relation dérangera. Les véritables fans, eux, passeront au-dessus de ça et je suis persuadé qu'ils sont en majorité.
- J'espère…parce que je pense à Pata, Heath et hide. J'ai pas envie qu'ils aient à subir les répercussions de tout ça.
- Ne t'en fais pas, X-Japan en a encore pour un moment.
Les derniers fans se dispersèrent vers vingt-trois heures. Yoshiki, qui voulait se dégourdir les jambes, quitta la chambre pour aller s'acheter des cigarettes au convini situé non loin de l'hôtel. Comme il faisait sombre, il n'avait pas pris la peine de cacher son visage en pensant que ça ne risquait rien. Il acheta ses clopes et repartit tranquillement, heureux de respirer un peu d'air frais après être resté enfermé toute la journée. Au moment où il s'apprêtait à traverser la rue, une silhouette cagoulée se glissa derrière lui et l'assomma avec une matraque. Il s'effondra sans avoir eu le temps de comprendre ce qu'il lui arrivait.
Au bout d'une demi-heure, Toshi, ne voyant pas revenir Yoshiki commença à se poser des questions. Il sortit de la chambre et descendit au rez-de-chaussée. Au bar, il trouva hide et Pata en train de boire en dépit de l'heure tardive.
- Vous n'avez pas vu Yoshiki ?
- Non, répondit Pata. Il n'était pas avec toi ?
- Si mais il est sorti pour s'acheter des cigarettes. Ca fait une demi-heure maintenant !
Les deux guitaristes froncèrent les sourcils, hide tentant de dissimuler l'angoisse qui le saisissait à chaque fois que quelque chose allait de travers avec Yoshiki. Il ne s'était pas encore passé quelque chose grave non ?
L'homme qui avait enlevé Yoshiki s'appelait Ryu. 35 ans, fraîchement licencié de son usine, il n'avait rien d'autre à faire de sa vie que d'écouter X-Japan et avait développé une sérieuse obsession pour Yoshiki que Freud aurait appelé " la névrose de l'homo qui s'ignore". En très bon chemin pour la folie, il avait senti son sang faire un tour en apprenant que Yoshiki était avec Toshi. Yoshiki était à LUI !!! Il était dans ses rêves, sur tous les murs de sa maison et dans ses fantasmes. Il était à lui et il allait le garder pour toujours. Il chargea Yoshiki inerte à l'arrière de sa voiture branlante et roula, sourire tranquille aux lèvres, vers son repaire...
La route était longue et Yoshiki commença à se réveiller lentement à l'arrière de la voiture en se tenant la tête. Ryu, cigarette au bec, l'observa dans le rétro intérieur mais ne dit rien. Yoshiki se redressa péniblement et il n'eut pas besoin de réfléchir beaucoup pour comprendre qu'il était dans une sale situation.
- Laissez-moi partir…Qu'est-ce que vous me voulez ? De l'argent c'est ça ?
Ryu répondit d'une voix grasseyante :
- Rallonge-toi mon beau, on est presque arrivés. Je te ne veux pas de mal. Tu verras comme on sera bien tous les deux.
- Comment ça « tous les deux » ?!
Ryu ne répondit pas. Bientôt, ils se garèrent devant une bicoque en bois de misérable aspect, perdue au milieu d'une forêt. Ryu descendit et ouvrit la porte arrière :
- Allez viens, on va soigner cette jolie tête.
- Non ! cria Yoshiki. Laissez-moi partir !!!
- Y'a personnes à des kilomètres à la ronde alors pas la peine de crier ! l'avertit Ryu.
Il attrapa Yoshiki par le bras et le tira de la voiture sans ménagement. En dépit du vertige qui le saisit, Yoshiki se débattit :
- Enfoiré !!
Et lui décocha un coup de pied dans le ventre. Sous la douleur, Ryu le lâcha et Yoshiki tenta de partir en courant. Mais sa tête douloureuse ne lui permit pas d'aller très loin. Il trébucha et s'étala sur le sol couvert d'humus. Ryu, passablement énervé, le releva avec brusquerie :
- Oh tu m'as fais mal méchant ! Tu vas rester là que ça te plaise ou non ! Tu es à moi !
Comme Yoshiki criait toujours, il le bâillonna de sa grosse main et le souleva pour l'emmener dans la maison. A l'intérieur, il balança Yoshiki sur un lit miteux et ferma la porte à double tour. Tous les volets étaient fermés, ça puaient l'humidité et on y voyait presque rien. Yoshiki, cette fois très effrayé, se recroquevilla sur lui-même :
- Qu'est-ce que vous me voulez… ?
- Mais rien d'autre que toi. Si tu savais depuis combien de temps j'attends ce moment.
Il craqua une allumette pour allumer une lampe à gaz qui diffusa aussitôt une forte lumière blanche qui éclaira les murs. Horrifié, Yoshiki aperçut qu'ils étaient couverts de posters et de photos de lui. Pire encore, certaines d'entre elles ne venaient pas de magazines. Elles avaient été prises directement par cet individu, à son insu.
- Vous êtes…complètement malade…
- Moi malade ? C'est ce que tout l'monde dit ! M'en fous, c'est toi qui 'ma rendu comme ça... Il s'approcha du lit :
- Toi, ton corps, ta musique... c'est tout ça qui m'a rendu fou. J'en pouvais plus de vivre avec des photos. Je voulais l'original dans ce temple dédié à Yoshiki Hayashi. C'est pas cool ça ? conclut-il avec un regard de dément.
Yoshiki le toisa d'un air méprisant :
- Non, c'est même répugnant !
- Tu finiras par t'y faire. Regarde j'ai tout prévu pour ton plaisir !
Il souleva un grand drap qui recouvrait un meuble auquel Yoshki n'avait pas fait attention. Dessous se trouvait un piano assez poussiéreux. Yoshiki l'observa froidement et dit :
- Il y a sûrement un arrangement possible pour que vous me laissiez partir.
- Non tu pars pas. On est fait pour être ensemble. Laisse tomber ce con de Toshi. On va être heureux tout les deux ici et je vais t'écouter jouer pour toujours.
Un éclair passa dans les iris de Yoshiki :
- Je vous interdis de l'insulter ! C'est lui que j'aime !!!
- On dit ça ! ricana Ryu qui ouvrit sa chemise sur son ventre gras et poilu :
- Alors j'suis pas sexy aussi ?
Yoshiki eut l'air de quelqu'un pris de nausée :
- Non, t'es immonde !
Ryu eut un sourire machiavélique et parti chercher deux bouts de cordes sur un buffet. Yoshiki crut d'abord qu'il allait l'étrangler mais Ryu ricana :
- Tu changeras vite d'avis quand je t'aurais fait couiner !
Sans préavis, Ryu se jeta sur le lit et s'empara de Yoshiki sur lequel il s'allongea. Il souleva de force ses bras et le ligota au sommier du lit. Ensuite Ses mains commencèrent à se promener sur le batteur.
- T'es encore plus attirant qu'en photo…
Yoshiki, pris de panique, se débattit violemment :
- Mais dégage de là espèce de gros porc !!
Malheureusement, le gros porc pesait au moins trente kilos de plus que lui. Yoshiki, immobilisé sous son poids, sentit avec horreur quelque chose de dur contre sa cuisse. Plus il s'agitait, plus Ryu s'excitait. Ce dernier lui ouvrit sa chemise avec tant de rudesse que des boutons sautèrent. Puis il s'attaqua son jean. La peur pris bientôt le dessus et Yoshiki se mit à hurler sans contrôle :
- AU SECOURS !! Lâche-moi salaud !! Pourriture !!! TOSHI !!! HIDE !!!
- Ta gueule !!
Un coup de poing si violent que les cris de Yoshiki se turent net. Le nez en sang, il resta plusieurs secondes, sonné. Juste le temps qu'il fallut à Ryu pour le déshabiller facilement comme une poupée de chiffon. A travers le brouillard de son esprit douloureux, Yoshiki comprit que Ryu baissait son pantalon et lui écartait les cuisses en le clouant au matelas de son gros ventre. Tout d'un coup, une terrible douleur réveilla Yoshiki de son KO et il laissa échapper un cri. Ryu l'avait pénétré brutalement et il se mit à le besogner comme un animal. Yoshiki serra les dents pour s'empêcher de crier de souffrance. Il lui semblait que son corps se déchirait et il était sûr qu'il saignait. Des larmes brûlantes coulèrent de ses yeux clos Il aurait voulu s'évanouir pour ne plus rien sentir et ne plus rien entendre de ce sale porc qui haletait de façon répugnante à son oreille.
- Aaaaaah oui !!! Crie ma p'tite salope !
Dans un sursaut de rage, Yoshiki lui cracha à la figure. Furieux, Ryu lui asséna une claque retentissante.
- Mais tu te prends pour qui ? T'as passé dix ans habillé en meuf à exciter tout le monde avec des bas-résilles, tu te fais fouetter sur scène et tu marmonnes des poèmes avec ta voix de p'tit pédé chauffé et tu viens jouer les prudes ? Mais t'es juste bon à t' faire baiser mon beau alors montre-moi que t'aimes ça !
Ces mots atteignirent profondément Yoshiki. Il n'avait jamais cherché à exciter quelqu'un. Il en oubliait presque l'insupportable douleur physique qu'il subissait tellement son coeur lui faisait mal à présent. Ses larmes redoublèrent d'intensité mais aucun son ne sortit de sa bouche sur laquelle le sang coulait.
Au bout d'une éternité, Ryu finit par jouir et se retira. Yoshiki, les yeux fermés, souhaitait ardemment qu'après ça, il le tue. Mais le calvaire n'était pas terminé :
- C'était bon tu sais ? Et il y aura plein d'autres fois.
Ses poignets furent détachés et soudain, Yoshiki fut tiré hors du lit par la poigne de Ryu et traîné jusqu'au piano :
- Joue-moi quelque chose !
- J'ai une main dans le plâtre connard !
- Ah ouais merde…
Ryu l'attrapa par la nuque et Yoshiki ne put retenir un gémissement plaintif parce qu'il appuyait justement sur la zone qui était fragile depuis son accident à la batterie. Il fut de nouveau jeté et ligoté au lit.
- Tu vas rester là sagement, je sors quelques minutes…
Lorsque Ryu fut parti, Yoshiki éclata en sanglots. Il avait mal partout, il était nu et jamais de sa vie, il ne s'était senti aussi sale et humilié.
Qu'il me tue…Après ça, je peux plus…faites qu'il me tue en revenant…
Il tourna son visage contre un oreiller qui sentait le moisi et le tacha du sang et des larmes qui lui maculait le visage et deux mots à peine imperceptibles se glissèrent entre ses pleurs :
- Toshi…hide…
