Chapitre 2

En s'approchant, le blond tendit la main, mais avant qu'il ait pu attraper le tissu, le sol se déroba sous ses pieds et…

… Draco eut l'impression de flotter quelques instants dans le vide avant de sentir qu'il tombait. Mais soudain quelqu'un attrapa son bras et à grande peine réussit à le tirer de la fausse au fond de laquelle le blond avait failli se retrouver. Une fois qu'il fut debout sur la terre ferme et sauf apparemment, la première réaction de Draco fut de jeter un coup d'œil au sol. Il ne put s'empêcher de frissonner en voyant les longs pics pointus qui se trouvaient au fond du creux.

Finalement avec un micro-sourire propre au blond, il se tourna vers son sauveur pour le remercier. Mais quelle ne fut pas sa stupéfaction en voyant qu'il ne s'agissait d'autre que de Potter lui-même. Potter qui le regardait – voyons, c'est bizarre – d'un air inquiet. Potter qui faisait une tête de plus que lui. Potter qu'il haïssait de toutes les fibres de son être. Potter dont l'expression soucieuse l'ébranlait. Potter… Potter.

Soudain, l'évidence le frappa comme un coup de fouet : Potter, son ennemi juré venait de lui sauver la vie à lui Draco Malfoy… Quelque chose n'allait pas dans l'ordre naturel des choses.

Le brun de son côté lisait toutes les pensées du blond grâce aux expressions de son visage. En effet sous le choc, Draco en oubliait complètement de remettre le masque de froideur et d'indifférence qui le caractérisait.

Cependant, au bout d'un moment, Harry en eut marre et haussant les épaules, se détourna et s'apprêta à partir.

Mais à peine avait-il fait un pas, que Draco se saisissait de son poignet. Sidéré, Harry s'arrêta et regarda cette main qui tenait la sienne. Comme brûlé à vif, Draco lâcha sa prise et sans le regarder, parla d'une voix qui toutefois était moins traînante que d'habitude.

- Tu viens de me sauver la vie, Potter.

- Merci de m'énoncer une évidence, Malfoy.

Le concerné lui jeta un regard noir, en réponse duquel le brun se contenta de hausser les épaules.

- Je disais donc, que comme tu m'as sauvé la vie. Il se trouve que je suis un gentilhomme et malgré le fait que je te déteste, force m'est de constater que je te suis redevable. Alors tu peux me demander n'importe quoi, j'essayerai de réaliser ce souhait par quelque moyen que ce soit. Je suis un homme d'honneur.

En entendant la dernière phrase, le brun sourit narquoisement.

- Pourtant ce n'est pas l'impression que tu donnes quand tu te sépares de tes conquêtes à grand renfort de scandale.

Draco haussa les épaules.

- Il n'est point de ma faute si ces écervelées ne comprennent pas les mots « ce n'est que sexuel » et que je ne leur promets pas le mariage.

- Ta galanterie m'épate, Malfoy.

- Potter, aies l'obligeance de fermer ta bouche puisque je ne suis pas là pour causer avec toi. Alors, dis-moi ce que tu désires et qu'on en finisse. Tu es déjà en train de salir mon espace vital et pourtant cela ne fait que quelques minutes que tu es là…

Mais le brun se sentait l'âme joueuse ce soir et voulait pousser son ennemi à bout. Il ne savait pas pourquoi, mais il avait envie d'une petite bagarre ce soir-là. D'ailleurs il se fichait pas mal de la faveur que le blond lui devait, mais c'était quand même un atout non-négligeable.

- Mais enfin, Draco chéri, fit Harry d'un air écœuré, je croyais que tu m'aimais !

Très énervé, Draco l'attrapa par les deux bords de sa veste et siffla d'un air venimeux.

- Potter, je te préviens ne me mets pas en rogne, sinon je te ferai rouer de coups et tu ne sais même pas à quel point je peux me fâcher.

Le brun, beaucoup plus grand que Draco ne fut pas impressionné pour un sou par le blond. Il fallait dire qu'avec ses traits presque androgynes, Malfoy faisait penser plutôt à une fille. Et ses cheveux longs ne l'aidaient pas. Seul le fait qu'il portait des vêtements d'homme montrait sa masculinité. Harry était tout le contraire de Draco. Grand, quelque peu musclé, brun, et avec des épaules larges.

Il leva un sourcil.

- Oui, il est vrai que comme tu n'as rien dans le pantalon pour te battre, tu préfères envoyer tes deux paquets de muscles faire le sale boulot à ta place. Ta précieuse peau pourrait s'en trouver abimée.

Un éclair de haine pure traversa les yeux du blond qui tenta de faire un coup de genou bien placé au brun. Cependant ce dernier qui s'attendait à quelque chose de ce genre, s'était préparé et il bloqua le genou de Draco entre ses cuisses puissantes.

- Tut tut tut, Malfoy, ta mère ne t'a jamais appris que la violence ne résolvait rien ?

Le blond eut un rire à glacer le sang.

- Et c'est toi qui me dis ça ? Tu connais au moins les rumeurs sur toi, mon pauvre vieux ? Dans tout Poudlard, les domestiques te haïssent, parce qu'ils te soupçonnent du meurtre de ton valet. Ils disent que tu l'a abattu de sang-froid parce qu'il avait osé te dire que la cravate que tu portais ne t'allait pas.

Le brun sembla pâlir étrangement en entendant ça. Il se dégagea de l'étreinte du blond comme si ce n'était qu'un bébé qui le tenait, et se recula.

Il regardait bizarrement le blond, puis soudain une fureur sans nom l'envahit.

- Espèce de vermisseau, de bâtard, je suis sûr que c'est toi qui as fait courir cette rumeur. Allez, avoue, dis-moi que c'est TOI qui as fait courir cette rumeur dans le seul but que le roi me fasse pendre ou me bannisse d'Angleterre. Bien sûr, ça t'arrangerait, n'est-ce pas ? Car dans ce cas-là, tu aurais la totalité du château et des terres !

Mais le blond ricana et fit d'un air méprisant

- Mais tu délires complètement Potter, que crois-tu que j'en fasse de ton château débile alors que j'ai déjà toutes les terres des Malfoy et le plus grand château qui existe dans le pays ?

- En effet, mais tu sais très bien que MON château, c'est-à-dire Poudlard, fit Harry d'un air sardonique, est encore plus grand, c'est pour cela qu'à la mort de Lucius tu as réclamé ce château en disant que tu es son héritier. Or tu sais très bien que Poudlard appartient aux Potter depuis des millénaires. D'ailleurs ton père n'était qu'un opportuniste, il n'avait épousé ma mère ou plutôt il avait obligé ma mère à l'épouser juste pour lui rafler tous ses biens.

Le sang de Draco ne fit qu'un tour en entendant toutes ces accusations et il empoigna à nouveau violemment Potter qui ne fit rien pour l'en empêcher, se contentant juste de le regarder narquoisement.

- Quoi ? Tu vas me battre ? Me tuer peut-être ?

Le blond sembla se calmer légèrement et lâcha le brun. Il laissa même un petit sourire fleurir sur ses lèvres.

- Oh après tout, crois ce que tu veux Potter. Ton avis m'importe peu, JE sais que MON père était un homme bien et ça me suffit. Maintenant si toi tu penses que c'était le dernier des monstres, à ta guise.

Le brun eut un sourire venimeux et se pencha vers le blond pour lui susurrer doucement dans le creux de l'oreille.

- Oh mais très cher, je crois que je vais te laisser dans tes illusions, mais je peux t'assurer que je ne suis pas le seul à penser cela de ton cher papa adoré.

Et il tourna les talons et s'éloigna dans les arbres.

Malfoy resta un long moment figé, puis finalement il reprit conscience et fou de rage s'élança dans le bois à la recherche du brun. Peu importe les témoins ou les conséquences, cette fois il allait tuer ce satané Potter une bonne fois pour toutes. Au bout d'une demi-heure, Draco avait l'impression d'avoir traversé tout le bois sans rencontrer âme qui vive. Il commençait légèrement à désespérer de ne plus trouver le brun lorsqu'au détour d'un sentier, il s'arrêta net car il entendait des voix, des gémissements plus précisément. Et l'un d'entre eux était celui du brun. Malfoy s'approcha avec précaution jusqu'à arriver devant une tonnelle placée à l'abri des regards. Le spectacle qui s'offrit à lui, faillit lui faire rendre son dîner. Devant les yeux du blond, Potter était en train de besogner violemment une femme. Cette dernière semblait apprécier le traitement au vu de ses gémissements et exhortait de plus en plus le brun qui lui de son côté ne se faisait pas prier. D'ailleurs il dut sentir le regard du blond car il releva brusquement les yeux.

Il sembla se passer un moment de flottement entre eux deux, mais le brun se reprit vite et lançant un regard provoquant à son ennemi juré se pencha et se mit à lécher le cou de sa compagne qui n'avait rien remarqué de la présence du blond. Blond qui malgré le dégoût que lui inspirait la scène était incapable de bouger regardant les deux protagonistes comme un papillon fasciné par la lumière. Il ne bougea pas non plus, lorsque le brun se mit à faire des gestes de plus en plus indécents toujours en le regardant droit dans les yeux, ni lorsque la femme jouit en criant de toutes les fibres de son corps. Il ne bougea pas quand le brun se leva comme si de rien ne s'était passé et se reboutonna, ni quand il sortit sans plus un regard à sa compagne.

Non, Malfoy se rendit seulement compte qu'il bougeait quand Potter sortit de la tonnelle et l'agrippa par le bras pour l'emmener plus loin.

Lorsqu'ils furent à nouveau à l'abri des regards indiscrets et que durant le petit laps de temps de leur marche Draco put reprendre ses esprits, ce dernier se dégagea de la poigne du brun et se recula le plus possible de lui.

Le concerné eut un sourire narquois.

- On a peur, Malfoy ?

Draco qui se sentait extrêmement troublé et au bord de la nausée, afficha cependant une assurance qu'il était loin d'éprouver et répondit dédaigneusement

- Je ne vois pas de quoi, Potter ? De ta bestialité ? Je ne suis pas une de ces… catins… qui se jettent sur toi au premier regard que tu leur adresses.

Le brun se mit à rire. Mais ce n'était pas un rire chaleureux, loin de là, c'était un rire froid, sans joie, désabusé. Mais il ne dit rien.

Alors le blond continua.

- Je ne vois pas ce qui peut t'amuser à ce point. J'ai remarqué que tu n'éprouvais même pas du plaisir, tu le faisais presque par mécanisme et cependant tu continues à le faire. Franchement tu me dégoûtes.

Pendant toute sa tirade, Draco n'avait pas remarqué que le brun se rapprochait petit à petit de lui avec une expression prédatrice. Lorsqu'il s'en aperçut, il était trop tard, il était déjà pris en sandwich entre le torse de Potter et le tronc d'un arbre.

Cependant Draco n'en montra rien et fit comme si cette position ne le touchait pas plus que cela. Il dit avec une voix dans laquelle transperçait l'ennui.

- Essayerais-tu de me séduire, Potter ? Je ne savais pas que tu avais jeté ton dévolu sur les hommes, je ne savais pas que c'était ta tasse de thé d'être… un anormal.

- Oh mais quand il s'agit de sexe, tout est ma tasse de thé, mon petit Malfoy, susurra le brun en approchant son visage vers celui du blond.

Ce dernier eut un ricanement sarcastique et répliqua d'une voix aussi coupante que la guillotine

- Je ne suis pas ta catin, Potter. Ne te berce pas d'illusions.


- Hum, il m'a l'air bien méchant ce Potter, dit le jeune garçon.

Dumbeldore eut un petit sourire et répliqua

- Non, il joue juste un rôle. Je n'ai fait qu'effleurer jusqu'à présent son histoire, mais c'est un garçon qui a beaucoup souffert. D'ailleurs tu en sauras un peu plus sur lui plus tard.

- Par contre, Draco, lui, il aime jouer avec le feu. Il n'arrête pas de provoquer Potter. Pourquoi il fait ça ? Par goût du danger ? Par divertissement ? Ou autre chose ?

- Hum j'avoue que sa personnalité est difficile à cerner, répondit le vieil homme, d'ailleurs plus on avancera dans le récit, plus tu te rendras compte de ses différentes personnalités. Attention, je ne dis pas qu'il est schizophrène, loin de là, non ce que je dis c'est qu'il peut être extrêmement provocateur une seconde et devenir terriblement timide la seconde suivante. Bien sûr cela étant un exemple puisque timide je crois que c'est le seul adjectif qui ne corresponde pas à notre cher blond.

Le garçon eut un petit sourire.

- Bon, donc, Malfoy dit qu'il n'est pas la catin de Potter et puis après ? Que va-t-il se passer ?

Dumbeldore sourit et continua son récit.


- Mais tu sais que c'est très facile de le devenir ? fit sardoniquement le brun.

La nausée du blond s'accentua et sa tête se mit à tourner.

Il regarda le brun avec un dégoût et un mépris évidents.

- Tu es horrible Potter, je savais que t'étais un véritable salaud, mais là, tu dépasses tout ce que j'aurais pu imaginer.

- Oh j'ai choqué la petite vierge effarouchée ? fit Potter en le lâchant et s'affalant par terre contre un arbre.

Un moment Draco ne put s'empêcher de penser que Potter était vraiment l'incarnation de la débauche, assis comme ça nonchalamment, dos contre l'arbre, les genoux légèrement repliés, la chemise à moitié déboutonnée alors que le tissu de son nœud papillon pendait lamentablement autour de son cou, et sans oublier ses éternels cheveux en bataille qui faisaient baver toutes les filles du pays, que ce soit des aristocrates, des courtisanes ou des roturières. Mais chassant violemment ces pensées de sa tête, le blond répondit avec le plus grand calme.

- Potter, ce n'est pas parce que tout le monde n'affiche pas comme toi ses conquêtes, que tu dois traiter les gens de vierges effarouchées.

- Et parmi les « « gens », tu veux dire plus précisément « toi » ?

Draco eut un sourire ironique.

- Potter, crois-tu vraiment être le seul à avoir des maîtresses ?

Le brun fit semblant de réfléchir puis cette fois avec du vrai amusement dans la voix répondit

- Non je sais que toi aussi tu en as… et pour preuve, tout est étalé dans les journaux et ce, depuis plusieurs années. Il ne s'est pas passé un seul jour sans que ton nom n'y apparaisse. Mais il faut avouer que tous les hommes de la noblesse ne sont pas des vraies beautés, ce qui nous laisse à toi et moi le champ libre pour les avoir toutes… étant donné que nous sommes les deux seuls mâles les plus beaux qui aient jamais existé.

Si Draco sembla surpris par le changement radical qui venait de s'opérer en moins de deux secondes dans son ennemi juré, il n'en laissa cependant rien paraître et répondit sur le même ton que le brun.

- Vois-tu, tout le monde n'a pas les mêmes critères de beauté que toi, mais merci pour le compliment que tu viens indirectement de me faire.

- Sais-tu que tu peux dire « je » au lieu de parler avec des cas généraux ? Tu n'es pas obligé de dire « tout le monde » ou « les gens » à chaque fois que tu ouvres la bouche. D'ailleurs je ne te savais pas si modeste, non en fait je t'ai toujours connu très vaniteux et m'as-tu-vu. En quel honneur ce changement… radical ?

Le blond haussa les épaules. Finalement prenant une grande inspiration, il se tourna vers le brun et répondit en plantant ses yeux dans les siens.

- Je ne veux plus être ton ennemi. J'en ai marre de cette rivalité débile. Quand nous nous disputons, j'ai l'impression d'être encore un gamin de dix ans. Mais il n'y pas que ça, j'en ai marre de l'Angleterre, de toute cette société hypocrite, de ces distractions et de ces filles superficielles. J'ai décidé de m'en aller.


- QUOI ? ne put s'empêcher de s'écrier le jeune garçon.

Dumbeldore le regarda avec indulgence et sourit.

- Mais c'est impossible, d'ailleurs je crois que si j'ai bien deviné ce sont Malfoy et Potter qui sont les Amoureux Aveugles, n'est-ce pas ? Mais s'il s'en va… non c'est pas possible !

Le jeune continua à monologuer comme ça pendant un certain temps, jusqu'à ce qu'il se rende compte qu'il était seul dans la chambre. Dumbeldore était parti.

C'est seulement alors qu'il se rendit compte qu'il faisait déjà nuit. Légèrement honteux, il arrangea ses oreillers et se prépara à dormir.

Mais cette histoire était trop présente dans sa tête, il se posait trop de questions sur ce qui allait arriver et en plus par dessus tout, il mourrait d'envie de connaître la suite. En ce moment il aurait été prêt à tuer Dumbeldore à mains nues pour avoir osé s'arrêter à un tel endroit.

Durant toute la nuit, le garçon n'arrêta pas de se tourner et se retourner dans son lit et ce ne fut qu'aux petites lueurs de l'aube, qu'épuisé, il finit par sombrer dans un sommeil agité.

Le lendemain, il était déjà trois heures de l'après-midi, quand Albus revint dans la chambre du garçon qui l'attendait en trépignant d'impatience.

- Hum, je vois que tu te rétablis à vue d'œil, fit le vieux.

Mais le garçon, sans même répondre lui dit

- Qu'est-il arrivé ? Quelle est la suite ?

Dumbeldore sourit et se rassit confortablement dans le fauteuil devant le lit.

- Où en étais-je resté ?

- Quand Malfoy dit à Potter qu'il a décidé de s'en aller.

- Ah oui. Alors…


Potter resta quelques instants figé par la nouvelle. Comme au bout de plusieurs minutes, il n'avait toujours pas bougé, le blond s'approcha doucement de lui.

- Eh Potter, tout va bien ?

Aucune réaction.

- Potter ?

Toujours rien.

Draco poussa du pied sa jambe. Après deux, trois secondes, ce geste sembla réveiller le brun qui regarda fixement son interlocuteur.

- Pourquoi veux-tu partir ?

Draco souffla d'un air exaspéré.

- As-tu des problèmes de surdité ? Je t'ai déjà dit que c'est à cause d…

- Je me fiche des bobards que tu vas sortir aux autres, je veux la vraie raison de ton départ.

Le blond haussa les épaules nonchalamment.

- Crois ce que tu veux, et puis de toute façon je n'ai pas de comptes à te rendre.

Le brun se releva brusquement et saisit Draco par les épaules.

- J'exige de savoir sinon…

- Sinon quoi, l'interrompit Draco, que vas-tu me faire ? Ne te rends-tu donc pas compte que tu passes la moitié de ton temps à lancer des menaces en l'air ? De toute façon, je ne vois pas par quel moyen existant en ce monde tu pourrais m'obliger à parler. La torture ?

Le brun eut un petit sourire en coin indéfinissable.

- Oh mais tu sais, il existe différentes formes de torture.

Cette phrase sibylline fit froncer les sourcils de Draco, mais avant qu'il ait pu dire quoi que ce soit, Potter plaquait ses lèvres contre les siennes.

Ce fut un baiser brutal, comme tout ce qui caractérisait Potter, sans aucune tendresse, ayant pour unique but de dominer l'autre.

Mais Draco Malfoy, bien qu'étant beaucoup plus petit et moins fort que le brun n'était pas homme à se laisser faire comme ça. C'est pourquoi il mordit sauvagement et jusqu'au sang la lèvre de Potter. Aucun son ne sortit de la bouche de ce dernier mais il arrêta de l'embrasser. Il regarda longuement le blond, le sang continuant à ruisseler de sa lèvre. Mais le brun n'y prenait pas garde, il se contentait juste de fixer les yeux gris qui lui faisaient face. Lentement ses mains qui tenaient toujours le blond par les épaules, relâchèrent leur étreinte, mais ce fut pour glisser autour de la taille de Draco qui regarda son ennemi d'un air abasourdi. Il se sentit attiré contre le brun qui resserrait ses bras autour de sa taille, mais le blond n'y prit pas garde tellement il était envoûté par l'éclat brillant de ses yeux verts cristallins.

Le brun commença à pencher la tête dans le but évident de l'embrasser à nouveau. Pour lui, Draco en ce moment ressemblait à un crotale, le regardant attentivement mais se tenant prêt à lui instiller son venin au moindre mouvement brusque. Malheureusement, lui Potter, était également fasciné par ce crotale qui sous l'apparence d'une couleuvre à collier, semblait prêt à bondir à n'importe quel moment.

Draco de son côté, à travers les brumes de son cerveau, se rendant compte que le brun allait l'embrasser à nouveau, réussit à émettre un murmure à peine perceptible.

- Fais attention à ne pas te brûler les ailes à trop jouer avec le feu.

C'est à peine si le sourire du brun fut visible, mais il répondit

- Le danger pour moi, c'est comme le miel pour une abeille.

Et sans attendre de réponse, il déposa une deuxième fois ses lèvres sur les siennes. Cette fois-ci le baiser était comment dire étrange. Trop habitué aux baisers violents et passionnés, le brun ne savait pas réellement comment s'y prendre. Il était comme un jeune adolescent de treize ans devant sa petite amie. Le brun se sentait maladroit et gauche, mais continuait à butiner la bouche du blond, simplement parce qu'il avait l'impression que ce serait la fin du monde s'il s'arrêtait maintenant. Ses lèvres roses étaient si tentantes, si douces, si sucrées. Petit à petit il prit de l'assurance et approfondit le baiser. Plus il embrassait le blond, plus il avait envie de continuer sans jamais s'arrêter. Il voulait vénérer Draco jusqu'à la fin de sa vie.

Soudain, prenant conscience de ses pensées, Potter se dégagea brusquement et observant un moment le blond qui ouvrit difficilement les yeux, s'en alla en courant, laissant un Draco très abasourdi, planté là.

Il commençait un peu à s'habituer à la contradiction qui existait chez ce Potter de malheur. Comment pouvait-il passer d'une brutalité extrême à une douceur sans bornes en à peine deux secondes ? N'y comprenant rien, Draco secoua la tête. Puis il se rappela le baiser qu'ils venaient d'échanger et de la manière dont Potter venait de s'enfuir. D'ailleurs à ce souvenir, le blond fut pris d'une rage extrême. Alors comme ça, Potter avait trouvé un nouveau moyen de se moquer de lui ? Très bien, s'il le voulait. Mais pour lui, Draco Malfoy, sa décision était prise. Il ne continuerait plus ces gamineries. Il fallait bien que l'un d'eux ait la tête sur les épaules, et apparemment Potter ne semblait pas vraiment sur le point de l'avoir.

D'un pas rageur, Draco revint dans la salle de réception qu'il traversa sans saluer personne.

A peine sorti du château du roi, un valet accompagné de son cocher lui amenèrent son carrosse dans lequel il s'engouffra en lançant

- A Poudlard, Londubat et le plus vite possible.

Le cocher fit un signe de tête et fouetta les chevaux pour les mettre au galop.

En arrivant devant le château aux aspects féeriques, les chevaux écumaient, ils venaient de faire environ soixante kilomètres en à peine une heure et demie.

Dès que le carrosse s'arrêta, Malfoy sortit précipitamment et sans attendre que le majordome vienne lui ouvrir, entra dans le château.

Aussitôt il monta les escaliers, et s'engouffra dans sa chambre où après avoir appelé son valet de chambre, il se mit déjà lui-même à empaqueter quelques vêtements à lui.

Son valet entra, légèrement ensommeillé.

- Monsieur désire ?

- Nott, fais tes affaires, nous partons sur le champ. Ne prends que le strict minimum, il ne faut pas que nous soyons entravés à cause de nos bagages.

Le valet sembla surpris et demanda poliment

- Puis-je demander à Monsieur notre destination ?

- Nous allons faire le tour du monde. L'atmosphère de l'Angleterre me pèse.

Nott allait parler de nouveau lorsque la porte de la chambre s'ouvrit avec fracas. En se tournant, Draco vit qu'il s'agissait ENCORE de Potter.

En soufflant d'exaspération, le blond s'adressa au brun.

- Que me veux-tu Potter ? Ne vois-tu donc pas que je suis occupé ?

Cependant, sans prendre la peine de lui répondre, le brun dit à l'intention du valet

- Laisse-nous seuls, Nott.

Le valet de chambre hocha la tête et sortit discrètement de la pièce. Mais Draco continua à s'affairer sans tenir compte du brun qui suivait chacun de ses mouvements. Finalement, il ouvrit la bouche.

- Tu ne m'as toujours pas dit la raison de ton départ, Malfoy.

- Et tu peux toujours rêver pour que je te la dise, Potter, fit Draco sans même tourner la tête.

- Crois-tu cela ? Et si je recommençais la torture que tu semblais apprécier tant tout à l'heure ?

Draco se refusa à rougir, mais les yeux haineux, il se planta devant le brun.

- Il me semblait aussi que de nous deux le plus torturé, c'était toi, tout à l'heure. Franchement Potter, je n'aurais pas pu faire mieux, ton propre piège s'est tourné vers toi.

- Qui te dit que j'étais torturé ?

Et sur ces mots, le brun souleva Draco comme s'il ne pesait pas plus lourd qu'une feuille et le jeta sur le lit. Puis il s'affala durement sur lui et se remit à l'embrasser tout en essayant de déshabiller le blond. Mais…

TBC

Et voilà, le chapitre deux de terminé. N'hésitez pas à me faire savoir ce que vous en avez pensé. Sur ce, on se revoit au chapitre prochain.

Bisous bisous et à bientôt,

NdM