Chapitre 4

Potter mit quelques secondes à comprendre ce qui était écrit sur le parchemin de cette belle écriture arrondie. Lorsque ce fut fait, sa première réaction fut une rage sans nom. Comment ce bâtard de Malfoy osait-il parler ainsi alors qu'il venait de s'enfuir comme un lâche ? S'il avait été un homme, il serait resté et ils auraient pu avoir une discussion pour mettre les choses au clair. Non mais pour qui se prenait-il de s'enfuir ainsi comme un minable voleur ? Harry Potter était dans une rage extrême qui l'empêchait de raisonner.

D'ailleurs à force d'aller et venir comme un lion en furie sur le magnifique tapis persan, ce dernier commençait à s'effilocher alors qu'une trachée se formait. Mais Potter n'en avait cure. Il se sentait trahi, blessé… piétiné.

Cette nuit, il avait tout offert sans concessions à Malfoy, tout. Et tout ce que ce dernier trouvait à faire était de partir en lui laissant, en tout et pour tout, cette phrase. Claire comme de l'eau de roche mais également incompréhensible. Potter ne savait plus où il en était. Il savait qu'il désirait son rival… non maintenant il était son amant. Il savait qu'il s'était ouvert à ce dernier, chose qu'il n'avait jamais fait à personne d'autre. Il savait qu'il avait aimé cette nuit au-delà du possible. Il savait que lors de cette nuit, il avait presqu'adoré le corps du blond. Il savait que cette nuit, lui, Harry Potter, avait été en complète harmonie avec Draco Malfoy. Mais, car il y a toujours un mais, qu'en était-il des sentiments du blond ? Qu'est-ce que ce dernier avait ressenti ? Que voulait dire Draco avec ce départ précipité ? Il lui avait dit que son départ d'Angleterre était dû à son dégoût de la société forgée sur l'hypocrisie… mais était-ce là l'unique raison ? Draco avait refusé de lui dire quoi que ce soit. Et puis il y avait cette nuit qu'ils venaient de passer à deux, cette merveilleuse nuit… Pourquoi Draco l'avait-il laissé lui faire l'amour ? Harry savait que Draco avec quelques mots bien placés aurait pu le faire revenir sur terre et l'empêcher d'aller plus loin. Mais Draco l'avait laissé faire. Pourquoi ?

Harry s'assit sur le lit et se prit la tête entre ses mains. Il ne savait plus que penser. Il se sentait perdu. Surtout que, une seule question parmi toutes, beaucoup plus égoïste, l'envahissait en force. Pourquoi Draco l'avait abandonné lui, Harry Potter, dans les ténèbres qui l'entouraient ? Pour la première fois de sa vie, Harry Potter avait réellement peur d'une chose. Jusqu'à présent, bien qu'étant son rival, Draco Malfoy l'avait toujours inconsciemment empêché de sombrer dans les ténèbres. Il lui avait toujours insufflé malgré lui, la force et le courage nécessaires pour garder la tête hors de l'eau. Et maintenant, Draco Malfoy était parti et l'avait abandonné. Alors comment allait-il faire, lui ?


- Non, ne me dîtes pas que Potter va tomber dans la dépression ! Ce serait vraiment trop bête après tout le temps qu'il a passé à se battre, s'écria le jeune garçon.

D'ailleurs ça se voyait qu'il n'arrivait pas à suivre la logique des raisonnements de Draco d'abord et ensuite d'Harry.

Dumbeldore eut un petit sourire.

- Je sais que c'est très difficile à comprendre, mais ferme les yeux un instant…

Dumbeldore attendit que le jeune garçon obtempère.

- …et maintenant met-toi à la place d'Harry. Imagine que tu viens de passer une nuit d'amour avec une personne que tu as haï dès ton plus jeune âge. Et puis c'est le matin, tu te réveilles tout seul dans le lit et parfaitement désemparé. Tout se mélange dans ta tête, tu ne sais plus où tu en es, tu ne sais plus ce que tu dois ressentir. Tu ne sais plus que faire. Tu te sens démuni car jusqu'à présent la seule chose… personne pour laquelle tu avais continué à vivre… non à exister, venait de partir en te laissant seul derrière elle. Car sans t'en rendre compte, les seules présences de ton rival et vos rixes t'aidaient à avoir une raison de rester sur terre. Et tu te rends compte de tout cela en même temps dans un déferlement de sentiments, d'émotions et de souffrance surtout. Sans que tu ne saches pourquoi, ton cœur pleure et tu as peur de ce que cela pourrait signifier. Ça te donne l'envie de te renfermer encore plus sur toi-même pour que tu ne sois plus jamais dépendant de rien ni personne…

Quelques secondes passèrent, après que Dumbeldore se soit arrêté de parler. Les larmes coulaient à présent librement sur les joues du jeune homme sans que ce dernier tente de les arrêter ou de les cacher.

Le vieil homme respectait le silence du plus jeune et ne disait rien attendant que celui-ci parle en premier.

Plusieurs longues minutes passèrent au bout desquelles, on n'entendit dans la chambre rien d'autre que le bruit des sanglots du plus jeune. Dumbeldore s'était levé et approché du lit. Et puis avec hésitation et tout doucement, pour ne pas brusquer le plus jeune, il l'avait pris dans ses bras réconfortants. Par son expérience, Albus savait que dans un moment pareil de crise, il avait besoin d'une bouée à laquelle s'accrocher et était plus vulnérable que jamais.

Finalement, le jeune homme se dégagea doucement de l'étreinte et demanda faiblement

- Pourquoi avez-vous commencé à me raconter cette histoire alors que dès le début vous connaissiez déjà mes sentiments, ce que je ressentais et la manière dont j'agirais ?

- Parce que tu avais besoin d'être sauvé.

- Que voulez-vous dire par là ?

- Tu sais, quand je t'ai rencontré dans le cimetière ce n'était pas un hasard. Cela fait déjà de nombreuses années que je te vois venir tous les mois, un bouquet de fleurs à la main, te recueillir sur la tombe de tes parents. Mais j'avoue que ce n'est pas cela qui m'a intrigué chez toi. Habitant près d'un cimetière, je suis habitué de voire des personnes venir se recueillir sur la tombe de leurs proches, que ce soit de manière régulière ou irrégulière. Non, ce qui m'a, disons, peiné c'est ton visage neutre où ne transparaissait aucune émotion. Je ne t'ai jamais vu pleurer ou montrer un autre sentiment ne serait-ce que minime. Et malgré ce visage neutre, même de loin j'apercevais ce gouffre sans fond qu'étaient devenus tes yeux. C'était comme s'ils étaient vides. Et cela, aucune personne, surtout un garçon aussi jeune que toi ne doit avoir. J'ai décidé de mener mon enquête sur toi, et pour tout te dire, je n'ai pas appris grand chose. Tout ce que je sais, c'est ton passé dans les grandes lignes d'après les quelques minimes informations qu'un ami travaillant dans les services sociaux a pu me fournir. Je sais que tu es né dans une famille aisée avec des parents qui t'aimaient beaucoup. Tu es fils unique. Cela a été le bonheur total, jusqu'à ce jour maudit. Tu avais sept ans. Un jour un des associés de ton père a débarqué dans votre maison avec plusieurs autres hommes et puis…

- ASSEZ ! Ne put s'empêcher de crier le jeune garçon. Pourquoi me torturez-vous ainsi ? Ça vous donne du plaisir de me parler de ça comme si c'était tout à fait banal ? Vous me relatez ça comme si… comme si… comme… MERDE ! J'en ai marre de toutes vos histoires. Vous me faites peur avec vos discours, je veux m'en aller de cette maison de fous. Je n'aurais jamais dû accepter de vous accompagner. Je… je… je dois y aller.

Le jeune s'était déjà levé du lit à la recherche de ses vêtements lorsqu'un vertige le prit. Il se serait étalé par terre sans les reflexes, assez rapides pour quelqu'un de son âge, de Dumbeldore qui le rattrapa.

En soupirant, avec un air désolé, Albus dit, tout en le portant vers le lit.

- Mais quelle tête de mule. Pourquoi tu ne veux tout simplement pas me laisser t'aider, hein ?

De son demi-sommeil, dans un état semi-comateux, le jeune garçon murmura quand même.

- Je ne suis pas une tête de mule.

Un petit rire secoua Dumbeldore, qui après l'avoir bordé, s'en alla en fermant tout doucement la porte derrière lui.

Le lendemain, le jeune garçon se réveilla toujours malade, mais allant quand même un peu mieux. Il passa sa matinée à pester contre Dumbeldore, sachant en lui-même que ce dernier n'y était pour rien quant à son état. Il s'y était mis tout seul en s'énervant ainsi la veille.

Ce ne fut qu'en fin d'après-midi que le jeune garçon reçut enfin de la visite. Mais au lieu de Dumbeldore qu'il s'attendait à voir entrer, ce fut un garçon dans sa vingtaine avancée qui apparut.

Le jeune garçon fronça les sourcils, mais avant qu'il ait pu dire quoi que ce soit, l'autre garçon commença à parler.

- Salut, alors c'est toi le garçon dont papa n'arrête pas de parler ?

Le jeune garçon écarquilla les yeux et ne put que s'exclamer

- PAPA ?

- Ah oui pardon, je ne me suis même pas présenté. Je m'appelle Seamus Finnigan. Et, celui que j'appelle papa, c'est Albus Dumbeldore. Enfin c'est mon père adoptif mais je le considère comme mon véritable père. Toi, je suppose que tu es son nouveau protégé ?

Le jeune garçon faillit s'étouffer avec sa salive.

- Protégé ? Papa ? Adoptif ? Mais d'où est-ce que vous débarquez ? Et qu'est-ce que vous racontez ?

- Ah, je vois que papa ne t'as encore rien raconté… hum c'est bizarre qu'il ne l'ait pas déjà fait…

- Bien sûr que si, il est en train de me raconter une histoire. C'est au sujet des…

- STOOOOP ! Je ne veux pas le savoir !

- Hein ? Fit très peu élégamment le jeune garçon.

- Je ne veux pas savoir quelle histoire papa te raconte. A chacun de nous, il raconte une histoire différente qu'il nous offre en quelque sorte.

- Nous ? Mais de quoi tu parles ? Tu veux dire que Dumbeldore s'amuse à prendre des gamins en détresse pour les aider ou quoi ?

- C'est tout à fait ça ! fit Seamus en souriant d'un air fier.

- Et toi tu es content qu'il fasse ça ? fit le jeune garçon d'un air sceptique.

- Pourquoi je ne le serais pas ? C'est ainsi qu'il m'a « sauvé » et permis de vivre correctement ma vie, libéré de tout mauvais sentiment. Papa m'a aidé à accepter mon passé tout en faisant en sorte qu'il ne me gâche plus la vie et ne me tue pas de l'intérieur.

- Alors tu fais partie de ces personnes que Dumbeldore a recueillies ?

- Oui, et d'ailleurs je lui en étais tellement reconnaissant qu'un soir sur un coup de tête je me suis écrié que j'aurais tellement aimé qu'il soit mon père. Il est resté stupéfait pendant quelques instants, puis m'a déclaré que si je le voulais vraiment, alors il pourrait peut-être arranger ça. Il m'a laissé une semaine entière pour y réfléchir et deux semaines plus tard, il m'avait adopté.

Le jeune garçon resta stupéfait, puis son visage s'assombrit.

- Pourquoi Dumbeldore veut à tout prix aider des gens comme nous ?

Seamus devint grave et perdit son sourire.

- Papa ne me l'a jamais vraiment dit, mais je sais qu'il a connu quelque chose d'horrible dans son enfance. Et lui, contrairement à nous, n'a vraiment eu personne pour l'aider. Il s'en est sorti tout seul après être tombé dans les pires endroits. Et je crois que s'il nous aide, c'est parce qu'il sait d'expérience ce que c'est et à quel point il est difficile de sortir de ce maelström qui nous attire toujours vers le fond.

Les deux garçons restèrent silencieux pendant quelques instants puis le jeune garçon demanda presqu'en hésitant.

- Comment est-ce que tu as pu… heu as eu le courage d'accepter l'aide de Dumbledore ? Comment est-ce que tu as su que tu pouvais lui faire confiance ?

Seamus sourit un peu mais répliqua sérieusement.

- Ça mon vieux, c'est par toi-même que tu dois le découvrir. Chaque personne a sa manière de savoir comment. Moi je l'ai su lorsque le moment est venu pour moi et que j'ai senti que j'étais prêt à aller de l'avant. Ne t'inquiète pas pour ça, lorsque le moment viendra tu le sauras. Mais je te conseille d'accepter dès maintenant les petites attentions et les petits coups de pouce que papa te donne. Tu verras, ça t'aidera beaucoup. Sur ce, je dois y aller. Maman, doit me chercher partout dans ce grand château. Elle est toujours furieuse quand je profite qu'elle ait le dos tourné pour disparaître au détour d'un couloir, finit joyeusement Seamus.

Et la porte se ferma sur lui après un dernier éclat de rire.

Cette nuit-là, le jeune garçon dormit très mal, tournant et retournant sans cesse dans sa tête, sa conversation avec Seamus. Il était plein de doutes et ne savait au final quelle attitude ou plutôt quelle voie choisir. Il avait vraiment peur de se tromper et que ça le mène à une impasse.

Le lendemain, Dumbeldore apparut dans sa chambre et vint s'asseoir comme si de rien n'était sur son fauteuil. Puis doucement il lui demanda.

- Comment vas-tu aujourd'hui ?

Le jeune garçon ne sachant que répondre hocha la tête. Le plus vieux resta un instant silencieux puis demanda à nouveau.

- Veux-tu que je continue à te raconter la suite de l'histoire ou préfères-tu que j'arrête ?

Après quelques minutes, le jeune garçon dit finalement

- Je suis curieux de connaître la suite.


Tout à ces questions qui le rongeaient, Harry resta dans cette chambre toute la journée. Il avait refusé d'être dérangé et avait ordonné à tous les domestiques de le laisser en paix. Il refusait de sortir de cette pièce sans avoir pris une décision quant à la conduite qu'il devrait tenir dorénavant. Maintenant, il avait complètement accepté l'idée que Draco était parti et qu'il ne pouvait plus rien faire. Mais Harry Potter se refusait à tomber dans la déprime. Si Draco n'était plus là pour l'aider à exister alors il trouverait autre chose.

Fier de sa résolution, le brun se leva majestueusement du lit sur lequel il s'était affalé et sortit de la chambre. Ce n'est qu'alors qu'il se rendit compte que la nuit était depuis longtemps tombée et que le château était silencieux. En haussant les épaules, il se dirigea vers sa propre chambre. Il se déshabilla tout seul et se coucha dans son lit en pensant que dès le lendemain il irait voir Arthur Weasley, le seigneur voisin à son domaine, et lui demanderait la main de sa jeune fille Ginevra. Après tout, cette dernière semblait être la plus jolie et la moins cruche parmi toutes les femmes que le brun connaissait.

Le lendemain, ce fut un Arthur Weasley très surpris qui accueillit un Harry Potter des plus conquérants. Cependant la surprise de l'homme ne connut plus de bornes lorsqu'il comprit la requête du brun. En effet, Harry Potter, était considéré comme un excellent parti dans la haute société, mais tout le monde savait aussi que le brun refusait par-dessus tout le mariage.

Malgré tout, très heureux de cette opportunité qui s'offrait à lui, Weasley eut tôt fait d'accepter de donner la main de sa fille. Car en plus, cela permettrait à sa fille une fulgurante ascension sociale. Vu que le domaine des Weasley n'étant qu'une baronnie, ils ne pouvaient que s'incliner devant la volonté d'un duc et encore plus devant le duc de Godricshollowyard, Harry Potter.

Et c'est ainsi que quelques mois plus tard, Ginevra Weasley, fille d'un obscur baron inconnu, devint Mme Harry Potter, duchesse de Godricshollowyard. Mais Harry n'en avait cure de la rousse, tout ce qui l'intéressait c'était de faire le maximum de choses qui auraient pu lui permettre d'oublier Draco à tout prix. Il voulait que le blond lui sorte de la tête. Mais malheureusement pour le brun, son souvenir l'obsédait. Il était dans l'incapacité totale de l'oublier. Alors en désespoir de cause, à peine son voyage de noces terminé, voyage que lui, Harry avait abrégé du plus qu'il avait pu, il alla se présenter au roi Henry VIII. En ayant laissé sa femme au domaine, Harry demanda au roi de le nommer à un quelconque grade à l'armée, pour qu'il aille combattre. Il ne voulait ni rester ainsi sagement chez lui en attendant que sa femme accouche de son premier enfant et devenir un gentil père de famille, ni revenir dans la société et continuer à jouer un jeu duquel il était plus que lassé.

Le roi qui était quand même un ami proche au brun, voyant sa détresse accepta sa requête. Et c'est ainsi que Potter commença sa carrière militaire.

Trois ans passèrent et il eut tôt fait de se démarquer à toutes les batailles auxquelles il participa. Il était respecté de tous et ses soldats lui faisaient aveuglément confiance. Mais malheureusement, rien ne dure et Harry l'apprit à ses dépens.

C'était lors d'une énième bataille. Il était en train de se battre avec acharnement sans laisser de répit à ses ennemis. Malheureusement à ce moment-là, il ne vit pas son cheval se braquer sous la peur d'avoir vu un serpent sortir de la terre. Il perdit l'équilibre et alors que son cheval galopait à grande vitesse, ses pieds restèrent coincés dans ses étriers. Lorsqu'on arriva finalement à calmer son cheval, il était tout en sang, sa tête dans un terrible état. Au départ son inconscience n'inquiéta personne. Mais ne le voyant pas se réveiller, les soldats commencèrent à se poser des questions.

Cependant la situation devint critique, une semaine plus tard. Harry ne s'était toujours pas réveillé et la bataille faisait rage. De plus, le brun commençait à délirer et disait des paroles sans queue ni tête. Alors son supérieur, un certain Maugrey Fol-Œil surnommé ainsi parce qu'il avait un œil qui regardait dans tous les sens, décida de le faire rapatrier en Angleterre chez sa famille.

Aussitôt dit, aussitôt fait.

Une fois en Angleterre, il fut directement transporté à Poudlard où l'attendaient Ginevra et sa toute petite fille, née entretemps. C'est ainsi que plusieurs mois passèrent sans que Harry Potter ne se réveille. Il semblait plongé dans un sommeil éternel. De plus, il ne donnait même pas l'impression de quelqu'un qui a envie de se réveiller. Il semblait comme quelqu'un d'abandonné par l'être à qui il tenait le plus, et n'avait donc plus aucune raison de vouloir revenir dans la réalité. Alors il restait dans son coma qui n'en était pas un. Il n'avait tout simplement plus aucune raison de vouloir se réveiller. Il semblait si seul, dans cet immense lit, dans cette immense chambre, dans cet immense château. Il n'avait plus personne à qui se raccrocher. Tout ce qu'il voulait du plus profond de son inconscient, c'était d'être libéré de ses entraves. Il voulait être libre. Il voulait quitter ce corps encombrant qui l'empêchait de s'envoler dans les airs aussi libre qu'un oiseau, aussi léger qu'un papillon. Il voulait avoir la sensation de l'air frais contre son visage, il voulait regarder la Terre d'en haut comme s'il n'avait plus rien à faire avec elle. Il voulait tout simplement s'envoler.

Voilà les sentiments qui se trouvaient en Harry Potter alors qu'autour de lui tout le monde s'inquiétait et ne savait que faire pour qu'il se réveille. Tous étaient désemparés en commençant par sa femme qu'il n'avait connu que le temps de leur nuit de noces, jusqu'au médecin qui ne savait plus quelle herbe lui prescrire en passant par ses sujets qui habitaient sur ses terres.


- Mais y a un truc que je ne comprends pas, dit le jeune garçon.

- Qu'est-ce que c'est ? Demanda Dumbledore.

- Où est passé Draco pendant tout ce temps ? Oui je sais, vous l'avez dit qu'il a décidé de faire le tour du monde, mais quand même, qu'est-ce qu'il devient ? Et puis, Draco est quand même l'autre « co-Seigneur » de Poudlard, non ? Alors quelqu'un a forcément dû le prévenir de l'état d'Harry, non ?

Le vieil homme eut un sourire amusé.

- C'est bien, je vois que tu commences à un peu comprendre. En effet tu as raison, je vais laisser pendant quelques temps notre brun pour aller voir ce que devient le blond. Voyons, alors, pendant ce temps…


Draco souffla de soulagement en voyant au loin une ville apparaître. Cela faisait cinq jours que son valet et lui-même avançaient sans but. En effet alors qu'ils campaient pour la nuit, ils s'étaient fait attaquer par des Thugs.


- Les Thugs ? C'est qui ça ? demanda le jeune garçon en interrompant Dumbledore.

- Eh bien, les Thugs sont une secte qui est apparue en Inde au XIIIe siècle et qui s'est perpétuée jusqu'au XIXe siècle. C'étaient des Indiens qui se déguisaient en voyageurs tout à fait normaux pour gagner la confiance et attaquer d'autres voyageurs de classes aisées. C'étaient des personnes très cruelles et qui assassinaient sans aucun scrupule pour ensuite piller leurs victimes.

Le jeune garçon était complètement estomaqué.

- Mais pourquoi est-ce qu'ils faisaient ça ? S'écria-t-il.

Dumbeldore eut un petit sourire amusé, puis prit un air pensif comme pour rassembler ses souvenirs. Il finit par dire.

- Eh bien, l'origine des Thugs est en réalité un mythe…

- HEIIIIIN ? Un mythe ? Comment cela peut-il être possible ?

- Oh tu sais, pendant tous les siècles passés qui ont rendu l'homme tel qu'il est aujourd'hui, l'être humain a été, et l'est toujours d'ailleurs, quelqu'un de très crédule. Croyant dur comme fer parfois en des choses qui aujourd'hui nous semblent parfaitement ridicules. Surtout dans les pays Asiatiques. Je ne dis pas que l'Europe a été épargnée, non loin de là, vu que à notre plus grand malheur, l'Eglise n'a été que trop présente et n'a que trop régi notre monde. Bref, pour en revenir aux Thugs, leur histoire remonte à la déesse Kali. Selon la légende, au tout début de l'humanité, il y avait un horrible démon qui détruisait et anéantissait tout sur son passage. Alors la déesse Kali décida de le combattre au moyen d'une énorme épée. Mais le problème était qu'à chaque goutte de sang de la créature qui tombait par terre, un nouveau démon aussi horrible que le précédent apparaissait. Bientôt, Kali fut trop affaiblie pour pouvoir continuer à se battre. Alors grâce à sa sueur mélangée à de la terre, elle créa deux hommes auxquels elle donna à chacun un morceau de son vêtement. Et elle leur apprit comment tuer quelqu'un sans verser une seule goutte de sang. C'est ainsi que les deux hommes qui étaient des Thugs, débarrassèrent la terre de tous les démons. Mais au fur et à mesure que les siècles passaient, les Thugs devinrent de tueurs professionnels qui étranglaient leurs victimes. En apparence ils étaient des gens très normaux, ils étaient seulement reconnaissables grâce au bout de ficelle jaune qu'ils avaient toujours avec eux. C'était l'instrument de leur crime. De plus, ils pratiquaient des sacrifices humains d'une extrême cruauté en hommage à Kali, dont ils étaient les fervents adorateurs.

A la fin de l'histoire, le jeune homme était bouche bée, avec les yeux exorbités et la bouche grande ouverte.

- Est-ce que des gens comme ça ont vraiment existé ?

- Bien sûr, le monde a été peuplé de toutes sortes de gens, parfois bons, parfois pires que les Thugs eux-mêmes. Notre chère Terre en a vu de toutes les couleurs avec les hommes. Enfin, pour en revenir à Draco…


Ils avaient réussi à échapper in extremis aux Thugs. Draco pensait qu'il ne pourrait plus voir un bout de ficelle jaune jusqu'à la fin de sa vie sans frissonner ou faire de cauchemars.

Cela faisait donc plusieurs jours que son valet et lui erraient un peu partout à la recherche d'un peu de civilisation, mais sans jamais rencontrer personne. A croire que l'Inde avait été exempte de toute population, ce qui était complètement ridicule. L'Inde avait toujours été et était toujours démographiquement foisonnante.

C'est pourquoi, dès qu'il aperçut la ville, le blond talonna vivement son cheval pour y arriver au plus vite. Son valet ne disait rien non plus, ayant les mêmes pensées que son maître.

Malheureusement, une fois arrivés en ville qui devait être Bombay d'après que ce que le blond comprit, ils se rendirent compte qu'aucun des deux n'avait d'argent pour pouvoir se loger ou se nourrir.

Cependant, ce n'est pas pour autant que Draco s'en inquiéta. L'Angleterre entretenait un commerce extrêmement prospère avec l'Inde, donc logiquement il devrait y avoir quelque part une ambassade ou même un comptoir britannique. Seul problème, essayer de faire comprendre à un Indien qui ne parlait pas un mot d'Anglais, ce qu'il cherchait. Heureusement pour eux, le valet de Draco avait aperçu au loin un bâtiment assez massif tout à fait du style anglais qui semblait détonner dans le paysage pittoresque de l'Inde.

Une fois arrivés devant, ils se rendirent compte que c'était l'ambassade. Soulagés et heureux, ils abandonnèrent leurs chevaux aux laquais qui étaient là et entrèrent avec précipitation. Une fois à l'intérieur, Draco demanda à voir l'ambassadeur d'urgence après avoir dit à son valet de l'attendre dehors.

Quelle ne fut la surprise de Draco lorsqu'il se rendit compte que l'ambassadeur n'était autre que Severus Snape, Lord Prince de Chesterfield qui avait été un vieil ami de Lucius Malfoy avant de se brouiller avec lui. Cependant Draco avait eu toujours une tendresse particulière pour cet homme qu'il considérait un peu comme son oncle.

Heureux de se retrouver, les deux hommes se sourirent et échangèrent une poignée de main pleine de ferveur. Enfin Severus Snape, toujours égal à lui-même se contenta d'un sourire imperceptible et d'une franche poignée de main, mais l'éclat de ses yeux démentait l'apparente froideur qu'il semblait montrer. Draco étant habitué dès le plus jeune âge n'en tint pas rigueur et lui fit un énorme sourire, comme lorsqu'il était petit garçon.

- Oh Severus, tu ne peux pas savoir comme je suis heureux.

- J'avoue que j'ai été étonné lorsqu'on m'a annoncé que Lord Malfoy demandait à me voir. Je m'attendais à voir ton père. Donc j'en conclus logiquement que Lucius est…

- Décédé. Oui.

- Hum, mes condoléances. Enfin, ce qui m'étonne le plus pour l'instant c'est de te voir en si piteux état. Que t'est-il arrivé ?

- Ah Severus, c'est une longue histoire. Et si tu me permets de me rafraîchir et de me reposer un peu, ainsi qu'à mon valet, je te raconterai mes péripéties lors du dîner, fit Draco avec un petit sourire.

Il savait que son oncle ne pourrait pas y résister. Il avait toujours cédé à ses quatre volontés. Il suffisait que Draco fasse sa petite moue de petit chien battu et Severus, étant un homme tendre malgré ses airs glaciaux, rendait les armes.

Quelques heures plus tard, ils étaient attablés autour d'un somptueux dîner en train de discuter quand soudain la porte s'ouvrit pour laisser passer le majordome. Ce dernier s'approcha de Severus qui après avoir entendu ce que disait son serviteur se tourna vers Draco.

- Il semblerait qu'il y a un homme dehors qui souhaite te voir.

Le blond fronça les sourcils se demandant qui cela pouvait être en partant du fait que presque personne ne connaissait sa présence dans cette ville. Alors il hocha la tête, curieux de savoir ce qu'on lui voulait.

Entra alors un homme qui devait être valet. Ce dernier s'inclina devant eux et Draco demanda avec son air froid caractéristique.

- Qui es-tu et comment as-tu su ma présence en cet endroit ?

- Je suis désolé Mon Seigneur de vous déranger, mais quand j'ai vu votre valet, qui est un ami à moi, en bas, j'ai été très heureux. Car cela fait deux ans que je vous cherche déséspérément.

- Mais voyons, pourquoi cela ? Et qui es-tu à la fin ?

- Je m'appelle Marcus Flint et je suis valet au château de Lord Potter.

Draco déglutit dès qu'il entendit ce nom. Cela faisait quand même plusieurs années qu'il tentait de l'oublier, sans grand succès cela étant dit.

- Et pourquoi me cherches-tu ? Que me veut ton maître ?

- Ce n'est pas mon Maître qui m'envoie, c'est Dame Ginevra qui m'envoie. Lord Potter est tombé dans le coma alors qu'il se battait sur un champ de bataille. Lord Potter s'est marié avec Dame Ginevra Weasley. Son mari étant dans le coma et comme vous êtes le second possesseur de Poudlard, elle m'a envoyé vous chercher.

Dire que Draco était blanc comme un linge serait un euphémisme. Il y avait trop d'informations en même temps à assimiler. Et le cerveau de Draco avait du mal à jongler entre les mots Potter, coma, Potter, marié, Potter, Ginevra, Potter, bataille, Potter, coma… POTTER COMA ?

- Comment cela ? Potter est dans le coma ? Demanda toujours aussi froidement Draco alors qu'à l'intérieur de lui-même il bouillait d'inquiétude.

- Lord Potter après s'être marié avec Dame Ginevra, est allé demander au roi de le placer dans l'armée. Il a enchainé bataille sur bataille et il est devenu une véritable légende vivante. Il n'y avait pas une seule bataille qu'il ne gagnait pas. Jusqu'au jour où par un malheureux hasard, son cheval se braqua devant un serpent, lui faisant ainsi perdre l'équilibre. Pendant une semaine il délira, ayant une forte fièvre. Tout le monde était inquiet. Le château n'avait jamais été aussi silencieux. Les servantes dès qu'elles avaient un temps libre courraient à l'église pour prier. Dame Ginevra n'est devenue que l'ombre d'elle-même à force de passer ses nuits à le veiller.

Draco ne savait comment réagir. Il était complètement sous le choc de la nouvelle. Bizarrement son cœur saignait à l'idée qu'Har… que Potter puisse mourir. Pour le blond, cette idée était inconcevable. Soudain il fut pris d'une horrible peur. Ce valet disait que ça faisait deux ans qu'il le cherchait. Et si entretemps Potter était mort ?

Draco se leva brusquement. Il échangea un regard avec son oncle. Ce dernier le connaissant parfaitement, ordonna tout de suite qu'on lui scelle un cheval, avec des vivres.

Vingt minutes plus tard, Draco était prêt à partir lorsque le valet de Potter accourut encore en criant

- Lord Malfoy ! Lord Malfoy ! Attendez !

- Qu'est-ce qu'il y a encore ? demanda Draco la voix aussi coupante qu'un rasoir.

- Il y a encore une chose que je ne vous ai pas dite…

- Qu'est-ce que c'est ?

TBC

Et voilà, ceci était l'avant-dernier chapitre. Qu'en avez-vous pensé ? Le dénouement sera dans le prochain et dernier chapitre.

Bisous bisous et à bientôt,

NdM