Voilà votre chapitre avec les révélations en perspective. J'espère qu'il vous plaira.

Et un grand merci à toutes celles qui me laissent des reviews sur chaques chapitres, et tout particulièrement à JustYou qui continue à me corriger. Bisous ma belle ;-)

Place au chapitre, maintenant. Bonne lecture


Chapitre 9 : Les Néphilims

Elle se sentait mal à l'aise. Elle ne savait pas vraiment ce qui se passait, mais ça ne lui plaisait pas. Albus lui avait dit qu'il lui parlerait de sa mère et des Néphilims une fois le déjeuner terminé, mais depuis qu'elle était arrivée, dix minutes auparavant, aucune parole n'avait été échangée, à part les banalités habituelles. Maintenant, ils étaient assis autour d'un thé fumant dans un petit salon contigu au bureau du professeur, et ils semblaient attendre quelque chose. Albus avait ce petit sourire qu'elle n'aimait pas. Celui qui semblait dire " Attends, tu vas voir comment je vais t'étonner avec ce que je t'ai préparé ", et elle n'aimais pas du tout cet air là.

Elle croisa ses jambes dans l'autre sens, la tasse de thé fumante entre les mains, à laquelle elle n'avait pas encore touché.

- Tu n'aimes pas le thé ?

Elle soupira en reposant la tasse sur sa soucoupe. Elle commençait à en avoir assez.

- Albus, avec tout le respect que je vous dois, si j'avais su qu'en revenant dans votre bureau, j'aurais bu du thé, j'aurais certainement invité Lily !

Il avait toujours ce petit sourire. Elle avait envie de le lui arracher et de le lui faire bouffer par les oreilles !

- Je n'avais pas souvenir que tu était si impatiente que ça.

- Nouveau trait de caractère, marmonna-t-elle, de plus en plus irrité, en s'enfonçant dans son fauteuil, les bras croisés, signe évident qu'elle en avait ras le bol de poireauter pour des prunes.

- Je pense que tu n'auras plus très longtemps à patienter, alors je vais t'expliquer la raison de cette attente. D'ici quelques minutes, un homme viendra te chercher et t'emmènera au Ministère.

Elle se redressa, intéressée par la tournure que prenaient les événements.

- Pourquoi est-ce que je vais aller au Ministère ?

Il eut encore ce petit sourire. Nom d'un chaudron, elle allait vraiment finir par le lui faire avaler son sourire !

A cet instant, un bruit d'explosion se fit entendre, et un homme, légèrement chancelant, sortit de la cheminée située derrière Albus, qui se leva pour l'accueillir. Celui-ci était plutôt grand, d'une trentaine d'années, les cheveux blonds lui tombant à hauteur des épaules, il avait une robe de sorcier bleu nuit parsemée de ce que Alyssa supposa être des runes. Pour confirmation, demander à Lily, vu qu'elle était la seule des septièmes années de Gryffondor à étudier les Runes Anciennes.

L'homme discutait avec Albus et celui-ci désigna Alyssa de la main, ce qui la fit se lever précipitamment. Quand le nouvel arrivant posa ses yeux verts sur Alyssa, il eu un moment de stupeur, qui eu l'air de ravir le cher directeur. Mais il se reprit bien vite et serra la main de la jeune femme en se présentant.

- Broderick Moroz très chère, enchanté de faire votre connaissance.

Elle ne pouvait que le croire sur parole vu la joie avec laquelle il lui broyait la main, et la lueur qui s'était allumée dans ses yeux quand il l'avait vu.

- Euh, moi aussi, enchantée de faire votre connaissance. Je m'appelle Alyssa Grytalié.

Ils se sourirent, légèrement gênés. En tout cas, pour Alyssa. Car l'homme semblait plutôt abasourdi, et exceptionnellement heureux. Et il n'avait toujours pas lâché sa main qu'il secouait comme un vulgaire cocotier.

- Euh, pourrais-je récupérer ma main s'il vous plaît ?

- Oh, euh, oui, excuse-moi, dit-il cette fois-ci, réellement gêné en relâchant son otage.

- Ce n'est rien, le rassura-t-elle.

Elle se tourna pour secouer sa main, espérant faire partir la douleur, pendant que Mr Moroz discutait avec Albus.

- Alyssa !

Elle se retourna vers Albus, qui venait de l'appeler, et s'approcha des deux hommes.

- Moroz va t'accompagner au Ministère.

- Vous êtes Auror ? demanda-t-elle.

Il semblas perdu et lanças un coup d'œil interrogateur au directeur.

- Non, Alyssa, Moroz est une Langue-de-Plomb. Il travaille au Département des Mystères. C'est lui qui va te renseigner sur ce que tu m'as demandé ce matin.

Elle fut surprise. Le Département des Mystères ?! Pourtant, comme son nom l'indique, tout ce qui est là-bas, est classé mystérieux. Alors pourquoi, lui envoyait-on une Langue-de-Plomb ?

Et elle comprit. Bien sûr ! Il faisait parti des rares personnes à connaître la vérité sur les Néphilims !

- Je suppose que c'est à cause de mon . . . ascendance, que vous avez réagi ainsi à ma vue.

- Oui, excuse-moi si je t'ai paru impoli, mais . . . C'est la première fois que je vois une Néphilim en dehors de mon travail.

Son travail ?! Il côtoyait des Néphilims durant son travail ? Elle sentit son cœur s'emballer. Elle allait voir des personnes de sa race. Des gens comme elle. Ils pourraient lui expliquer pourquoi elle ressentait tous ces changements, pourquoi sa mère avait tenté de la cacher.

Car, maintenant, elle connaissait les vraies raisons du sortilège qui pesait sur elle. Ce n'était pas sa beauté que sa mère voulait cacher, mais son appartenance à la race des Néphilims. Autrement, comment expliquer que depuis que le sortilège était levé, elle ressentait toutes ces différences, ces changements en elle ? Sa mère avait non seulement bridé sa véritable apparence, mais aussi son caractère et sa magie.

- Nous allons pouvoir y aller.

Elle fut tirée de ses réflexions par Moroz.

- Comment allons nous nous rendre au Ministère ?

- Par la poudre de cheminette.

Elle grimaça. Elle ne pouvait pas supporter ce moyen de transports. Heureusement, qu'elle avait son permis de transplaner, maintenant. Mais bon. Faisant contre mauvaise fortune, bon cœur, elle suivit Moroz devant la cheminée. Elle prit une poignée de poudre de cheminette, entra dans l'âtre, et lâcha la poudre en criant : " Atrium, Ministère de la Magie ". Elle ferma les yeux, sachant pertinemment ce qui l'attendait si elle voyageait les yeux ouverts, et préférant conserver son déjeuner. Ses bras se cognaient durement aux parois des cheminées, et elle sentait la suie recouvrir son visage, ce qui lui donnait une forte envie d'éternuer.

Ce qu'elle fit, quand elle arriva à destination, puis elle se poussa pour permettre à son compagnon d'atterrir librement. Elle regarda autour d'elle. Des dizaines de sorciers et sorcières arrivaient par les cheminées alignées le long du mur auquel elle tournait le dos et des dizaines d'autres partaient par les cheminées face à elle. Au milieu de l'atrium se dressait l'éternelle fontaine magique de la fraternité, qu'elle trouvait passablement ridicule. Les reproductions des êtres la composant étaient on ne peut plus irréalistes. Impossible que dans la vraie vie ces créatures se regardent ainsi, à part peut être l'elfe de maison avec son air de soumission. Mais là s'arrêtait la ressemblance avec la réalité.

- Suis moi.

Elle se retourna et vit Moroz s'avancer vers les grandes portes d'or, situées au bout du hall, devant lesquelles se tenaient un vigile. Alyssa s'attendait à ce qu'il lui demande sa baguette et qu'il la fasse passer au Capteur de Dissimulation, mais Moroz fit un geste de la main et ils passèrent sans être contrôlés. Ils se mêlèrent à la foule qui attendaient l'un des vingt ascenseurs, et ils se glissèrent vers l'un deux, qui s'ouvrit presque aussitôt et laissa sortir un flot de sorciers. Ils pénétrèrent à l'intérieur avec quelques sorciers et sorcières. L'ascenseur vomit ses passagers les uns après les autres et bientôt ils furent seuls. Elle entendit l'habituelle voix féminine annoncer leur étage et ce qui s'y trouvait, puis sortit.

Elle n'avait encore jamais été dans cette partie du Ministère. Sa mère qui travaillait au Contrôle et à la Régulation des Créatures Magiques l'avait souvent emmenée à son bureau lorsqu'elle était plus jeune, mais jamais hors de son étage.

Arrivé devant une porte noir et lisse, Moroz l'attrapa par le bras et lui dit :

- Tu te doutes que ce que tu vas voir ici, ne devras jamais sortir de ce cadre. Personne ne sait ce qu'il se passe au Département des Mystères, et toi même tu ne verras que ce qui t'intéresse.

Elle acquiesça. Elle savait très bien ce qu'était le secret professionnel. Et cet homme le violait pour elle. Jamais personne ne saurait de sa bouche ce qu'il y avait derrière cette porte.

Il l'ouvrit, et la fit pénétrer dans une pièce circulaire, entièrement noire. Même la douzaine de portes, séparées par des torches qui éclairaient d'une étrange couleur bleutée, étaient noires, et sans poignées. Moroz ferma la porte derrière eux et la pièce se mit immédiatement à tourner. Elle cligna des yeux, gênée par les traînées bleues qu'imprimait sur sa rétine le mouvement circulaire des torches. La pièce s'immobilisa, et Alyssa se demanda comment Moroz pouvait s'y repérer là-dedans, étant donné qu'elle même serait bien incapable de savoir par quelle porte ils étaient entrés.

Il passa devant elle et s'avança, sans hésitation, vers l'une des portes à sa gauche. Il l'ouvrit et s'effaça pour la laisser passer. Elle pénétra dans la pièce, suivie de Moroz. Elle se trouvait dans une petite pièce aux murs tout aussi noirs que celle d'avant, où une fenêtre s'ouvrait sur une forêt.

Elle fut étonnée. Il y avait une forêt au Département des Mystères ?! Elle s'approcha de celle-ci et regarda ce qui se trouvait derrière.

Elle en eu le souffle coupé. La forêt n'était pas qu'un simple regroupement d'arbres. C'était des végétaux, qu'on aurait même du mal à qualifier d'arbres, tellement ils étaient majestueux et magnifiques. La plupart d'entre eux n'avaient même pas les couleurs normales des arbres. Qui avait déjà vu un arbre avec un tronc rose et des feuilles bleues ? Certainement pas elle.

Mais ce n'était pas la végétation extraordinaire qui l'avait laissée abasourdie. C'était les personnes qui y vivaient. Des êtres à la beauté extrême. Chacun d'entre eux vaquait à une occupation, et jamais deux personnes ne faisaient la même chose.

Elle s'approcha encore plus de la fenêtre et elle y colla son front et plaqua ses paumes de part et d'autres de son visage. Elle avait les larmes aux yeux. Son cœur s'était gonflé d'un sentiment qu'elle ne pouvait expliquer. Quand elle les voyait, ces êtres parfaits, travailler comme si le monde était en paix, œuvrer si calmement alors que le monde était en guerre, quand elle les voyait si naïfs de ce qui se passait au dehors, elle ne pouvait s'empêcher de ressentir un amour hors normes envers eux. Elle se sentait comme liée avec ces gens qu'elle n'avait jamais vu, ces personnes qui étaient comme elle, ces êtres qui lui étaient si proches et à la fois si lointains. Les derniers survivants de la race des Néphilims. Son peuple.

Les larmes coulèrent librement sur ses joues.

- Je savais comment tu réagirais. Le premier contact est toujours ainsi.

Elle ne se donna même pas la peine de regarder l'homme placé à ses côtés. Elle ne voulait qu'une chose. Les rejoindre. Vivre avec eux. Avoir, comme eux, cette naïveté face à ce qui passait dehors, se voiler la face, ne plus penser aux horreurs qui sévissaient dans toute l'Angleterre. Oublier ces cauchemars emplis de mains blafardes et de corps qui tombent lourdement.

- Ils ne savent pas n'est-ce pas ? Ils ne savent pas qu'ils sont en réalité dans un bâtiment, qu'ils ne sont pas réellement dehors.

- Non, effectivement. Sauf une. La matriarche. Elle seule connaît la vérité sur le lieu où ils se trouvent.

- Vous les protégez.

Ce n'était pas une question. Elle le savait. Elles les avaient comptés. Hommes, femmes, enfants, vieillards, tous ensembles représentaient les derniers spécimens d'un peuple incroyable. Qui ne comptait plus qu'une douzaine de membres. L'auteur du livre avait raison. Un génocide, voilà ce qu'avait entreprit Vous-Savez-Qui envers eux. Et les sorciers du Ministère veillaient à ce que ce peuple ne s'éteigne pas.

Elle soupira. Et renifla. Elle ne pouvait s'arrêter de pleurer. Les sentiments qui se bousculaient en elle n'étaient pas tous les siens; et la colère, la peur, le dégoût, la tristesse, côtoyaient la joie de vivre, le plaisir de la présence des autres, le bonheur de vivre en harmonie avec la nature, la sagesse.

Ces derniers ressentiments ne lui appartenaient pas. Ils appartenaient à ceux qui se trouvaient derrière cette vitre.

Un lien.

Une connexion.

Un amour incroyable.

Une envie de les protéger, si immense, qu'elle serait prête à donner sa vie pour eux, pour qu'ils puissent continuer à vivre tel qu'ils le faisaient maintenant.

Elle se tourna, et se laissa glisser au sol, ses épaules secouées par les sanglots qui déchiraient sa poitrine. Elle comprenait à présent. Elle comprenait pourquoi sa mère l'avait cachée, pourquoi elle avait bridé tout ce qui en elle était à même de révéler sa véritable nature. Et pourquoi sa mère lui avait ordonné de ne pas réagir, de se cacher, de ne pas s'interposer entre elle et le mage noir. Elle l'avait protégée. Comme elle voulait dorénavant protéger les rares survivants de son peuple.

Elle enfonça son visage dans ses mains, n'arrivant pas à empêcher ses larmes de couler. Elle sentit Moroz s'agenouiller auprès d'elle, et poser la main sur son épaule.

- Ca va passer. Vous avez tous réagi ainsi à la première rencontre, mais ça va s'atténuer.

Elle renifla, et demanda entre deux sanglots :

- Que savez vous sur eux ? Qu'avez vous appris des Néphilims ?

- A part ce que l'on sait déjà, peu de choses. Par exemple, à chaque fois qu'un Néphilim rencontre un autre Néphilim quel qu'il soit, il est comme relié à lui. C'est ce que tu ressens en ce moment. Tu ressens des sentiments qui ne t'appartiennent pas, mais dès que tu les as ressenti tu l'as su.

Elle acquiesça. Elle commençait à se calmer. Son cœur lui semblait moins gros dans sas poitrine. Les sentiments des autres lui semblaient plus loin, comme un écho. Mais ils ne s'en iraient pas, elle le savait. A présent, c'était une part entière d'elle-même.

- Qu'avez vous appris d'autres ?

- Sur les Néphilims en général, rien.

Elle le regarda étonné.

- Je sais ce que tu penses, mais tu as tort. Nous ne sommes pas là pour les étudier, mais pour les protéger. Le Département des Mystères est le lieu idéal si l'on veut cacher des choses. Et l'existence des Néphilims est le secret le mieux gardé au monde. Personne ne doit savoir qu'ils existent, car ils veulent préserver leur mode de vie, leur société, leurs coutumes, leurs us. Une fois que la menace qui pèse au dessus d'eux sera éliminée, ils pourront retrouver leur vie d'antan.

Elle passa un poing rageur sur ses yeux et ses joues pour enlever les dernières traces de larmes, et se levas Elle se colla contre la fenêtre, sur son côté droit, les bras croisés, gardant un œil sur les gens de l'autre côté de la vitre.

- Vous avez dit que vous n'avez rien appris sur les Néphilims en général. Alors qu'avez vous appris de particulier ? demanda-t-elle en voyant un enfant d'une dizaine d'années, blonds comme les blés avec des yeux myosotis, qui courait derrière un écureuil d'une surprenante couleur verte.

- Je ne sais pas si ce que je vais te dire va te plaire, mais j'estime que tu as le droit de savoir. Ce que j'ai appris concerne ta famille.

Elle se détournas du merveilleux spectacle d'un bébé s'allaitant au sein de sa mère, et regardas Moroz, intrigué par ce qui allait suivre.

- Je connaissais ta mère. Pas personnellement. Elle venait régulièrement ici, pour que nous puissions noter les différences entre elle et les autres Néphilims.

- Pourquoi il y aurait-il eu des différences ?

- Ta mère était comme toi, une Sang-Mêlée. Sa père n'était pas un Néphilim dans toute sa splendeur, mais son père était un sorcier tout ce qu'il y a de plus banal. Tout comme toi, elle a grandi auprès de sa mère, mais, et c'est là que s'arrête la ressemblance avec ton enfance, elle a aussi grandi au contact de son peuple. Jusqu'à ses onze ans, ta mère était une Néphilim à part entière. Puis elle a reçu sa lettre l'invitant à entamer ses études de Sorcellerie à Poudlard, et sa mère lui a révélé qu'effectivement, elle n'était qu'à demi Néphilim et que son père était un sorcier. Puis elle a passé sept ans à Poudlard, entrecoupés par ses vacances avec les siens. Une fois son diplôme en poche, elle a continué ses études et est devenue ce que tu sais. C'est là qu'elle a choisi de couper les ponts avec son peuple.

- Pourquoi ?

- Tu l'ignores, mais les Néphilims sont une race très atypique. Ce sont des êtres entièrement magiques. A côté d'eux, un mage fait office d'amuseur de galerie. C'est un peu pour ça que les Néphilims ne se mélangent jamais avec les sorciers. Ta mère voulait aussi apprendre à connaître le second peuple auquel elle appartenait, et quand elle en a avertit ceux de son peuple, ils s'y sont farouchement opposés. Elle leur a alors annoncé qu'elle coupait tous liens avec eux. Elle a vécu quelques années seule, partageant son temps entre son travail, ses amis et les sorties. Tout ce qu'une femme fait lorsqu'elle est jeune. C'est à peu près à cette période là qu'elle a connu ton père. Puis tu es venue au monde. Et quand elle t'a vu, elle a su qu'elle devrait te protéger. Ta ressemblance avec elle était frappante, et à l'époque où tu es née, il ne restait déjà pas beaucoup de Néphilims, Tu-Sais-Qui ayant entamé l'extermination de ton peuple. Elle a alors puisé dans ses pouvoirs Néphilims pour brider tout ce qui en toi, pourrait prouver que tu n'étais pas une simple sorcière. La suite, tu la connais.

Alyssa frissonna. C'était déstabilisant de savoir qu'un parfait inconnu avait mieux connu sa mère, qu'elle. Mais son histoire avait soulevé des questions.

- Vous dites qu'elle a caché mon identité, mais je ne comprends pas. Son apparence à elle permettait de rapidement faire le rapprochement avec les Néphilims. Étant sa fille, c'est simple de savoir ce que je suis aussi. Je ne pense pas que Vous-Savez-Qui pouvait passer à côté de ma mère et ignorer qui elle était réellement !

Moroz baissa la tête et lui avouas difficilement.

- C'est pour ça qu'elle a fait croire à tout le monde qu'elle t'avait adopté. Si les sorciers pensaient que tu n'étais pas sa fille biologique, jamais personne ne ferait le rapprochement entre toi et les Néphilims, vu qu'elle avait pris soin de cacher tout ce qui faisait de toi une personne de ce peuple.

Un frisson désagréable parcourut le dos d'Alyssa. Même si elle comprenait que sa mère avait fait ça pour la protéger du mage noir, elle ne pouvait s'empêcher de ressentir un sentiment de rejet. Aux yeux de la plupart des sorciers, Emelia Grytalié n'était pas sa mère biologique.

- Vous avez parlé de mon père. Vous as-t-elle dit qui il était ?

- Non. Elle a juste mentionné en passant que c'était à cette période de sa vie qu'elle avait rencontré l'homme qui était ton père. Elle a aussi dit qu'il était mort peu de temps après ta conception.

- Et le reste de ma famille ? Je veux dire, elle a bien des frères et sœurs, ou des oncles ou tantes. Il y a-t-il une chance que je puisse rencontrer l'un d'entre eux ?

- Non Alyssa. Comme je te l'ai dit, les Néphilims sont un peuple atypique, et ils ont un mode de reproduction similaire au nôtre mais pour ce qui est des sentiments amoureux et de la naissance des enfants, ça change. Un Néphilim ne tombera amoureux qu'une seule fois dans sa vie, et n'aura qu'un seul partenaire. Une Néphilim ne mettra, dans toute sa vie, qu'un seul et unique enfant au monde. Ta mère était ta seule famille, Alyssa, je suis navré. Et les personnes derrière cette vitre n'ont aucun lien de parenté proche avec toi.

Elle soupira. Pendant un instant elle avait eu l'infime espoir de découvrir quelque part, cachée, une famille. Mais, même son père, qu'elle avait espéré secrètement voir un jour, était mort. La seule famille qu'elle aurait serait celle qu'elle construirait. Un homme et un enfant. Un seul et unique enfant.

Elle qui avait toujours voulu en avoir au moins deux, déchanta bien vite. Ce privilège ne lui serait jamais accordé.

Un silence s'installa entre eux. Alyssa regardait les gens vaquer à leurs occupations de l'autre côté de la vitre, tandis que Moroz faisait elle ne savait quoi. Sans doute la même chose qu'elle.

- Tu as d'autres questions ?

D'autres ?! Elle n'en savait trop rien. Sa tête lui semblait brumeuse à souhait par les révélations qui lui avait été faites.

- Je ne pense pas.

- Je vais te ramener alors. Mais si tu as des questions qui te viennent ultérieurement, n'hésite pas à demander à Dumbledore de me rencontrer. Je répondrai à tes questions dans la mesure du possible.

Elle acquiesça, et se décolla de la vitre pour suivre Moroz, hors de la pièce.

Avant qu'il ne referme la porte, elle regarda une dernière fois les êtres de l'autre côté de la vitre, puis Moroz referma la porte, faisant tourner la pièce circulaire encore une fois.

Alyssa ferma les yeux, ne voulant pas voir les traces bleutées s'inscrire sur ses rétines une fois de plus. La pièce s'immobilisa et, contre toute attente, l'une des douze portes s'ouvrit violemment, laissant voir une vingtaine de Mangemorts apparaître dans l'encadrement.


Et voilààààààààààààààà !!! Finis !!

Je rappelle qu'il ne faut pas tuer l'auteur, autrement il y a pas de suites !

A bientôt. Kissous