Bonjour à toutes ! Ou bonsoir, ça dépend.

Je suis très gentille aujourd'hui, j'ai envie de vous mettre le prochain chapitre maintenant, alors je le fais. De plus, la fin approche à grands pas, il ne nous reste plus qu'une petite dizaine de chapitres.

Bonne lecture


Chapitre 22 : Entretien et expèrience

Les élèves somnolaient sur leurs tables, alors qu'ils étaient sensés faire leurs exercices de Sortilèges. Le professeur Flitwick ne surveillait pas vraiment ses élèves, car suite à un incident fâcheux, lié à deux de ses amis, Peter avait encore loupé son sort et avait teint le minuscule homme en rose pétard. Inutile de préciser que James et Sirius étaient plutôt fiers de leur coup.

Par conséquent, le plupart des élèves préféraient regarder leur professeur indigné, hurler vivement contre le pauvre Peter. Fort heureusement pour lui, son calvaire fut de courte durée.

La cloche sonna et Alyssa put enfin sortir de cours. Elle rangea ses affaires dans son sac et se leva de sa chaise en faisant un signe d'adieu à ses amis, et sortit de la classe du professeur Flitwick.

Elle se pressait, car elle avait rendez-vous avec Albus.

Elle arriva devant la gargouille qui protégeait l'entrée du bureau directoriale, et prononça le mot de passe, qui faisait bouger la statue.

Elle monta sur la première marche de l'escalier magique et se laissa porter jusqu'à la porte du bureau.

Elle toqua, et entra quand on le lui permit.

- Bonjour, Albus.

- Bonjour Alyssa, dit-il avec un sourire resplendissant, en lui faisant signe de s'asseoir sur l'un des fauteuils faisant face à son bureau.

Elle s'avança et s'installa face à Albus en posant son sac au pied de sa chaise.

- Vous m'attendiez ? Demanda-t-elle, avec un sourire malicieux.

Albus la regarda par dessus ces lunettes en demi-lune avec un sourire énigmatique, les doigts croisés et posés sur son bureau.

- Que voulais-tu, Alyssa ?

Elle devait s'y attendre. La dernière fois qu'elle avait vu Albus seule à seul, ça avait été à l'infirmerie, juste après son retour du Département des Mystères. Malgré la promesse d'Albus de parler de ce qu'il s'était passé là-bas avec elle, il ne lui avait jamais demandé de monter dans son bureau. Son état psychique était chaotique à ce moment-là, et elle se souvenait avoir promis d'achever le mage noir.

Peu de chances que ça arrive. Ca serait même plutôt l'inverse.

- En fait, j'ai décidé de faire des recherches sur mon père. Et James a réussi à m'avoir un rendez-vous avec son père à Ste Mangouste pour commencer mes recherches par les registres de naissances.

Sans lui répondre, il continuait à la regarder, installé au fond de son siège.

- Il y a quelque chose qui ne va pas, Albus ? Demanda-t-elle en désespoir de cause de le faire décrocher un mot.

- Je suis étonné.

- De quoi ? Demanda-t-elle, curieuse.

- De te voir aussi bien. Je connais les capacités extraordinaires des Néphilims à rapidement oublier les moments de malheur, et à surmonter leur peine et leur chagrin, mais je trouve que chez toi cela s'est fait à une vitesse incroyable.

Elle eut un sourire doux à son adresse en pensant à Lily et aux Maraudeurs.

- J'ai des amis en or, Albus. C'est ça qui m'a remis d'aplomb aussi rapidement. Et je ne les remercierai jamais assez pour ça.

- Ne jamais sous-estimer la force de l'amour. Même si ce n'est qu'une amitié, dit-il en s'accoudant à son bureau.

- Oui, c'est vrai.

Un petit silence s'installa entre eux, qu'Albus rompit bien vite.

- Alors tu souhaites retrouver ton père ?

Alyssa acquiesça.

- Tu n'as pas peur de souffrir autant que tu as souffert quand tu as recherché la vérité sur ton ascendance ?

Elle soupira.

- Non. Je ne vois pas comment je pourrais plus en souffrir. A moins que Vous-Savez-Qui ait gardé un ou deux Néphilim en réserve, juste pour le plaisir de me torturer avant de me tuer, je ne vois pas comment je pourrais souffrir encore plus.

- Simplement parce que malgré tout ce que tu sais, tu gardes au fond de toi l'espoir que ton père soit vivant, alors qu'il est certainement mort. Tu tomberais de haut si cela devait arriver, et ça te briserait encore plus. L'équilibre mental sur lequel tu es aujourd'hui est encore précaire. Il suffirait d'un seul petit bouleversement pour que tout s'écroule. Es-tu prête a prendre le risque de tomber encore plus bas que tu ne l'étais à ton retour du Ministère ?

Malgré elle, les paroles d'Albus trouvèrent échos en elle. Ce qu'il venait de dire était vrai sur certains points. Mais contrairement à ce qu'il disait, elle n'était pas aussi fragile que cela. Si elle ne s'était pas effondrée lors de sa quasiment agression, elle ne voyait pas pourquoi l'annonce du nom d'un homme qu'elle ne connaîtrait jamais devrait la briser mentalement. Tout ce qu'elle souhaitait en allant à Ste Mangouste, c'était avoir un nom, un simple nom, pour qu'elle sache qui elle était. Après cela, elle ferait quelques recherches pour savoir deux ou trois choses sur ce côté-là de sa famille, et tout serait fini. Elle pourrait alors, laisser le passé derrière elle, et se tourner vers l'avenir. C'était tout ce dont elle avait besoin pour oublier les démons du passé.

Elle tourna finalement un sourire rassurant vers le directeur et lui dit :

- Vous savez Albus, je ne suis pas aussi fragile que vous le pensez. Je suis sûre que tout se passera bien. Et je ne fais pas trop de faux espoirs, je sais que ma mère a dit que mon père était décédé bien avant ma naissance. Je ne m'attends pas à pouvoir aller sonner à sa porte et lui dire que je suis son enfant.

Il la regarda par dessus ses lunettes, de cette manière qu'elle ne supportait pas. A chaque fois qu'il prenait cette pose, elle avait l'impression qu'il pouvait lire en elle comme dans un livre ouvert. Bien que ce soit strictement le contraire. C'était elle qui pourrait lire en lui comme dans un livre ouvert. D'ailleurs, que connaissait-il des Néphilims et de leurs pouvoirs ?

- Bien. Quand Mr Potter accepte-t-il de te recevoir ? Demanda finalement Albus.

- Le premier Avril. Il dit dans la lettre que si c'est d'accord, il viendra me chercher au château et me ramènera. Le problème c'est que ça tombe sur une journée de cours, et que j'en louperai certainement quelques uns. C'est pour ça que je suis venue vous voir. Il me faut votre autorisation pour ne pas assister aux cours.

- Je suppose qu'il ne peut pas te consacrer un autre jour ?

Elle fit un signe de dénégation.

- Bien, soupira Albus, c'est d'accord. Envoie lui un hibou pour lui dire de venir te chercher pour quatorze heures, juste après le déjeuner. Tu passeras ton après-midi, là-bas.

- Mais, je n'aurais pas besoin d'autant de . . .

Il leva un doigt pour l'interrompre.

- Je sais que tu penses à une carrière de médicomage pour ton avenir. Profites-en pour lui poser certaines questions et en apprendre plus sur ce merveilleux métier.

Alyssa étouffa un sourire réjoui. Elle ne savait pas comment il l'avait su, mais ça l'arrangeait bien. Elle pourrait prendre son temps à Ste Mangouste et faire sa curieuse, sans en ressentir de remords.

- C'était tout, Alyssa ?

Elle releva la tête, et réfléchit.

- Eh bien en fait, si vous aviez un peu de temps à me consacrer, j'aimerais vous parler de certains . . . changements.

- J'ai tout mon temps lorsqu'il s'agit d'écouter mes élèves. Surtout quand je les connais personnellement, ajouta-t-il d'un air malicieux en se penchant vers elle, par dessus on bureau.

- J'aimerais avoir votre avis sur mes pouvoirs Néphilims. Ils ont commencé à bien se développer, et je dois avouer qu'il m'était très souvent difficile de les contenir. Maintenant, je les bride un peu mieux, j'arrive à les oublier alors que mes pouvoirs sont actifs, mais j'ai peur que si un jour un autre pouvoir se révèle, je sois encore obligée de me battre pour mettre en veille ma magie primitive. Je crains qu'à long terme, cela soit dangereux pour les autres élèves.

- Tu sais, ta mère ne me parlait pas souvent d'elle. Mais j'ai pu parfois, à force de ruses bien placées, je l'avoue, la faire parler de son peuple. C'est vers moi qu'elle s'est tournée quand elle a cessé de voir les Néphilims pur, pour l'aider à s'inscrire dans la vie sorcière de tous les jours. Elle avait donc un peu confiance en moi. Seulement, sur ce sujet, elle était très discrète, ce qui est compréhensible, par les temps qui courent. Parmi les pouvoirs qu'elle possédait, et que j'ai vus à l'œuvre, il y a avait celui qui a fait qu'elle a caché ton apparence.

Alyssa tiqua.

Comment avait-elle pu oublier ? C'était avec son changement d'apparence que toute cette histoire sordide avait commencé, et, elle n'avait pas pensé un seul instant qu'elle pouvait changer son apparence physique, mentale et magique.

- J'avais oublié, murmura-t-elle, en baissant la tête d'un air triste.

Le fameux jour au Chemin de Traverse lui revenait, faisant s'abattre une chape de mélancolie sur son cœur.

- Je l'ai vu aussi déplacer des objets, d'un simple geste de la main, de manière naturelle, sans baguette, ni formule.

Elle releva la tête et croisa le regard triste et profond d'Albus. Il avait compris à quoi elle pensait, et avait détourné son attention de ses souvenirs douloureux. Elle lui en fut silencieusement reconnaissante.

- Déplacer des objets ? Comment ça ?

- Je l'ai vue plusieurs fois, tendre la main pour attraper quelque chose, mais l'objet étant trop loin, il se rapprochait de lui-même. Je l'ai vue aussi en repousser d'un mouvement désinvolte du poignet et d'un clignement des yeux.

Elle acquiesça en silence, et Albus continua.

- Plusieurs fois aussi, j'ai eu l'impression qu'elle pénétrait dans mon esprit, car elle répondait à des questions muettes, où parlait de sujets auxquels je n'avais fait que penser. C'était toujours un coup rude porter à mon orgueil de parfait occlumens, ajouta-t-il avec un sourire hilare.

Elle rigola un peu et lui avoua.

- Je connais ce pouvoir, je l'ai développé. Au début, je ressentais seulement les sentiments de la personne dont je croisais le regard, puis il s'est amplifié, me permettant de lire en eux, comme si ils étaient des livres ouverts. Ensuite, je n'ai plus eu besoin de contact visuel, et mon pouvoir me permit de lire les personnes qui se trouvaient à quelques mètres de moi. J'arrive maintenant à le contrôler, donc je peux côtoyer les gens, sans tout connaître de leurs secrets.

Il la regarda, d'un air pensif.

- Il s'en est passé des choses, depuis que nous nous sommes vus. Je suis heureux que tu aies réussi à te débrouiller seule, mais n'oublie pas que je serai là pour toi si tu as besoin de quoi que ce soit.

- Je vous remercie Albus, mais je ne peux pas vous déranger plus que je ne le fais déjà. J'en suis encore à me demander pourquoi c'est vous qui êtes devenu mon tuteur, parmi toutes les personnes que côtoyait ma mère.

- Simplement parce qu'après elle, je suis l'un des seuls à pouvoir te protéger de Voldemort jusqu'à se que tu sois capable de te protéger toi-même.

- Pas faux.

- D'ailleurs, en parlant de tutorat, j'aimerais te demander un service.

- Tout ce que vous voudrez, Albus, fit-elle, curieuse de savoir ce qu'il voulait.

- Cesse de me vouvoyer, et tutoies-moi.

Elle en resta muette quelques instants, et finis par émettre un son étranglé qui ressembla à un " mais ", bientôt suivi par une phrase plus intelligible.

- Albus, commença-t-elle d'une voix hésitante, vous êtes mon directeur, et je me vois mal vous tutoyer.

- On se connaît depuis que tu portes des couches-culottes. Je pense qu'il est grand temps de laisser de côté les politesses d'usage entre personnes qui se connaissent peu, non ?

Elle rougit de ravissement.

- Comme vous voudrez, Albus.

Un regard mécontent mais riant la rappela à l'ordre.

- Excuse-moi. Comme tu voudras, Albus.

- Voilà qui est bien mieux, dit-il d'un ton claironnant en s'adossant dans son fauteuil. J'ai appris, par certaines rumeurs de couloirs, une nouvelle très étonnante te concernant.

Intrigué, elle pencha la tête sur le côté, attentive.

- Il semblerait que tu vives une idylle avec le jeune Sirius Black.

Son teint vira au rouge cramoisi, en s'imaginant parler de sa vie amoureuse, et accessoirement sexuelle avec un homme de l'âge d'Albus.

- Euh oui, effectivement.

- Si tu as le moindre souci ou interrogation, tu peux venir me voir à toute heure de la journée ou de la nuit.

Elle déglutit bruyamment et sentit son visage s'enflammer encore plus si possible.

- Euh, Albus, je ne crois pas que . . .

- Voyons Alyssa, fit-il d'une voix guillerette, tu ne crois tout de même pas qu'un homme de mon âge n'a jamais connu le plaisir charnel ?!

Elle étouffa un hoquet de stupeur sous une quinte de toux très mal imitée. Elle avait les larmes aux yeux, sous la gêne qu'Albus occasionnait.

- Vous . . . Tu sais, Albus, quitte à parler . . . Sexe, avec quelqu'un, je préfèrerais encore m'en tenir à Lily. Je me sentirais moins gênée.

Albus émit un petit rire.

- Je comprends tout à fait. Mais Lily n'a pas l'expérience que j'ai acquise au cours de mes nombreuses années de vies. Alors, si tu as des questions, n'hésite pas.

Elle acquiesça poliment, en se promettant de ne jamais, au grand jamais, venir discuter sexe avec Albus, et d'effacer de sa mémoire cette partie de sa visite.

- Bien, Albus, je vous . . . te remercie pour ton accueil et je vais rejoindre mes amis, fit-elle en se levant et en attrapant son sac.

Albus se leva également et la raccompagna jusqu'à sa porte.

- J'espère que tu reviendras me voir plus souvent, dorénavant. J'avoue que tes visites me manquaient.

Elle eut un sourire doux, en repensant aux visites mensuelles qu'elle faisait au directeur depuis son entrée à Poudlard. A chaque fois, elle en ressortait heureuse, grâce à l'humeur éternellement joviale du vieil homme, pas si vieux que ça.

- C'est promis, Albus. Je viendrai te voir plus souvent. A condition que tu fasses de même, une fois que j'aurais quitté Poudlard !

- Marché conclu, alors.

Elle éclata de rire, et sorti du bureau, sous le regard protecteur qu'elle sentait qu'Albus lui destinait.

OoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOo

Assis dans son fauteuil préféré, près du feu qui ronflait dans la cheminée, Sirius regardait James et Remus se disputer une partie d'échecs.

Lui-même était une vraie bouse à ce jeu, et préférait de loin regarder les autres se battre à coup de pièces de bois, plutôt que de se prendre une raclée mémorable.

Il vit l'une des tours blanches des Remus éclater le dernier cavalier de James, et son regard fut attiré par le mouvement du tableau de la Grosse Dame qui s'ouvrait.

C'était Peter qui revenait de sa retenue.

Sirius ne put s'empêcher de sourire devant le souvenir de la scène du cours de Sortilèges. Fallait avouer qu'un Flitwick peint en rose, c'était inoubliable !

Peter s'assit lourdement dans le canapé à côté d'un James réfléchissant à la manière de faire perdre Remus, et grommela :

- Sympa, les gars. Ça fait deux fois déjà.

Sirius éclata de rire.

- Allez, Queudver, fais pas cette tête, c'était pour plaisanter. Et puis, Flitwick en rose, faut avouer que c'était original.

Malgré toute sa mauvaise volonté, Peter rigola avec les trois autres.

- C'est vrai, mais prenez un autre bouc émissaire la prochaine fois, j'en ai marre de me faire coller.

- Promis, Queudver, la prochaine fois, on t'oubliera, assura Sirius d'une voix forte.

- Explique moi pourquoi je suis sensé te croire sur parole ?

James et Remus éclatèrent de rire devant la figure faussement vexée de Sirius.

- Moi je sais pourquoi, fit Remus d'un air malicieux, s'attirant les regards surpris des ses camarades.

- Ah oui ? Alors explique, Lunard, dis James.

- Il a intérêt d'être sage, si il veut encore un jour, pouvoir poser les mains sur sa petite amie.

Un coussin s'écrasa mollement sur le visage de Remus, bidonné.

- Au lieu de t'occuper de mes affaires de cœur, tu ferais mieux de t'en trouver une de copine, toi !

- Allez Patmol, il ne te reste plus que deux jours à tenir, fit James avec un sourire étincelant.

Un immense éclat de rire secoua ses trois amis, alors que Sirius faisait sa mauvaise tête.

En même temps, il ne pouvait pas dire qu'il ne l'avait pas volé. Alyssa lui avait bien dit qu'elle l'empêcherait de la toucher si il l'espionnait en quoi que ce soit. Seulement, il n'y avait pas cru. Même quand elle était entrée dans son dortoir et avait fait tomber la sentence, il ne l'avait pas crue, et avait crié son désespoir par simple jeu.

Malheureusement pour lui, elle était on ne peut plus sérieuse. Et cela faisait cinq jours entiers qu'il n'avait pas pu la toucher, même pas une simple poignée de main amicale. Pas un seul effleurement, pas une seule caresse.

Il n'avait vraiment pas pensé qu'elle pourrait être aussi sadique. La voir tous les jours, la voir embrasser les cinq autres pour leur dire bonjour, la voir marcher bras dessus, bras dessous avec Lily, la voir poser une main amicale sur l'épaule de Remus quand ils discutaient, la voir ébouriffé gentiment les cheveux de James quand il l'embêtait, la voir secouer gentiment Peter quand il n'arrivait pas à assimiler une leçon qu'elle s'évertuait à lui entrer dans le crâne depuis trois heures; tout ça le faisait hurler de frustration.

Il s'était néanmoins promis de rattraper très rapidement le temps perdu, car la situation ne pourrait pas durer éternellement.

Il s'était vite rendu compte que le fait de ne plus toucher Alyssa le frustrait à tel point qu'il en faisait des rêves . . . gênants. Il se réveillait quotidiennement au milieu de la nuit pour aller prendre une douche froide, histoire de réfréner ses ardeurs.

Ces rêves lui faisaient tourner en boucle la même question dans sa tête depuis deux jours : Était-il si amoureux qu'il se sentait près à passer à l'acte après une semaine ensemble ?

Même si lui se sentait fin prêt, elle ne l'était certainement pas. Il ne lui avait même pas demandé si elle avait déjà eu un copain auparavant.

" Vu son adresse à embrasser, il y a des chances qu'elle ai déjà eu un copain," persifla sa conscience.

- Lil !

Un immense éclat de rire suivi ce cri fâché.

Tiré de ces réflexions par ces deux voix, Sirius tourna son regard vers Lily et Alyssa qui entraient dans la salle commune.

La première se tenait le ventre tellement elle était bidonnée, se retenant à l'épaule de son amie, tandis que l'autre essayait vainement d'essorer ces vêtements.

Essorer ?!

Sirius se leva précipitamment et sauta sur Alyssa . . . Sans la toucher.

- Mais qu'est-ce qui t'est arrivé, Aly ? Demanda-t-il abasourdi.

Cette simple question fit redoubler le rire de Lily, qui s'écrasa pitoyablement sur le canapé à côté de Peter, tout en se tenant le ventre.

Sirius regarda Alyssa dans l'attente d'une réponse, mais celle-ci était déjà montée dans son dortoir.

Dépité, il se tourna finalement vers Lily qui riait toujours comme une bossu, sous les regards intrigués de ses amis.

- Qu'est-ce qui s'est passé, Lily ?

- Elle . . . Elle . . . Hihihi . . . A . . . essayé . . . Héhéhé !

Elle essuya des larmes de joies qui perlaient au coin de ses yeux et s'assit pour essayer de contrôler son fou rire.

Finalement, au bout de quelques secondes, elle y parvint, et Sirius se rassit dans son fauteuil, en attendant qu'elle s'explique enfin.

- Elle a tenté un nouveau pouvoir et . . .

- LILY EVANS !

Tous sursautèrent à l'appel furieux d'Alyssa qui venait de redescendre avec des vêtements secs.

Lily repartit dans un fou rire, laissant les garçons de plus en plus perplexes.

Sirius se demandait encore et toujours pourquoi Alyssa était rentrée trempée, et Lily n'arrivait pas à calmer son rire.

- On peut peut-être avoir une explication, maintenant ? Demanda James à bout de patience.

- Non, fit une Alyssa catégorique, alors que Lily réussissait à articuler un " oui " entre deux éclats de rires.

- Mettez vous d'accord, et on en reparle après ? Dit Remus, pas emmerdant pour deux sous.

Alyssa soupira en fusillant Lily du regard, mais resta debout, les bras croisés.

- Allez, vas-y, Lil, raconte leur, je sais que tu en meurs d'envie, dit Alyssa d'une voix lasse.

Lily se calma enfin, et elle commença son récit.

- J'étais partie pour vous rejoindre dîner dans la Grande Salle, quand Alyssa m'a interceptée. Elle m'a dit qu'elle avait quelque chose de nouveau à me montrer, alors je l'ai suivie. Elle m'a emmené jusqu'au lac, vers un endroit caché aux autres. Elle a tendu ses mains vers le lac et elle m'a dit de regarder. J'ai attendu quelques secondes, et c'est là que . . .

Elle baissa la voix pour être sûre de n'être entendu de personne d'autres que les quatre garçons et elle dit :

- . . . Que le calmar géant s'est approché d'elle, comme si il était tiré par un sortilège d'Attraction. Il s'est arrêté près de nous, sur la berge, et s'est laissé caresser par Alyssa.

Les Maraudeurs échangèrent une œillade perplexe.

- Et, qu'est-ce qu'il y a de drôle là-dedans ? demanda Peter.

- Attendez, l'histoire n'est pas finie. Tout s'est très bien passé pendant quelques minutes, on discutait toutes les deux, quand tout à coup le calmar géant est retourné dans le lac.

Elle fit une pose, ménageant son auditoire, qui, en bon public, la pressa de raconter la fin.

- Sauf qu'Alyssa lui tenait une de ses tentacules, et qu'il l'a emmenée avec lui dans le lac ! Je l'ai vu la traîner sur plusieurs mètres dans l'eau, avant qu'elle ne le lâche.

Tout le monde éclata de rire, sauf Alyssa, bien entendu, qui paraissait mortifiée, et avait le rouge aux joues. Elle évitait de croiser les yeux de n'importe qui, et gardait obstinément son regard accroché aux flammes dans la cheminée.

- J'aurais bien aimé voir ça, fit James en s'essuyant les yeux. Tu ne voudrais pas le refaire, Aly ?

Elle le fusilla des yeux sur place, et il balbutia des excuses inaudibles.

Heureusement pour lui, ses excuses minables la déridèrent, et elle prit parti de rire avec les autres de sa mésaventure.

- Bon d'accord j'avoue, ça pouvait être tordant pour quelqu'un qui regardait. Mais croyez-moi, ça n'avait rien d'une partie de plaisir pour moi.

Finalement, elle décida de rejoindre ses amis, mais Sirius eut la surprise de la voir s'asseoir sur ses genoux, faisant passer ses fines jambes bronzées par dessus l'accoudoir, et s'accrochant à son cou.

Loin de lui déplaire, la situation était quand même étrange.

- Aly, ma punition est levé ?

Elle lui fis un sourire charmeur et lui murmura au creux de l'oreille :

- Te punir revient à me punir, mais moi je n'ai rien fait. Alors, oui, ta punition est levée.

Ravi de ce changement de programme inattendu, il s'empressa de rattraper le temps perdu en déposant un léger baiser sur les lèvres d'Alyssa, qui y répondit en accentuant la pression de sa bouche sur celle de Sirius.

Sans même s'en apercevoir, il laissa vagabonder l'une de ses mains sous la chemise de son amie qui sourit contre ses lèvres, mais ne fit rien pour empêcher Sirius de continuer son exploration.

Sirius accentua son baiser, en franchissant de sa langue la barrière de ses lèvres, mais il ne put continuer car il reçut un morceau de parchemin roulé en boule sur le dessus de la tête.

Il se sépara à regret d'Alyssa et se tourna vers Remus.

- Hey ! Tu vois pas que j'étais occupé, là !

- Allez vous prendre une chambre ! On n'est pas obligé de vous voir vous reproduire !

Sirius fusilla Remus sur place, mais ne répondit rien.

Si ça tenait qu'à lui, il y a longtemps qu'ils seraient montés dans son dortoir, mais valait mieux pour la jeune femme qu'ils restent sous la surveillance de leurs amis. Il n'était pas sûr d'avoir la tête assez froide pour s'empêcher de sauter sur Alyssa à la première occasion.

- Et alors, c'est quoi au juste ce nouveau pouvoir ?

Sirius et Alyssa se tournèrent d'un même mouvement vers Peter qui venait de poser la question.

- Oui, tiens, tu nous montres ? Répliqua James.

Alyssa jeta un coup d'œil autour d'elle et descendit de genoux de Sirius à son grand désarroi. Elle s'agenouilla à côté de la table basse, et tendit une main vers l'une des plumes de Sirius qui se trouvait à l'autre bout de la table.

Celle-ci se déplaça souplement vers la paume de la jeune fille et se logea dans sa main, sous l'œil satisfait de la Néphilim.

- Ouah ! Fut la seule chose que réussi à dire Peter, alors que les trois autres en restaient encore babas.

- Alors imaginez ce que ça donnait avec le calmar géant ! Rétorqua Lily d'une voix impressionnée.

Sirius se glissa à côté d'Alyssa, encore sous le choc, le regard vrillé sur la plume présente dans la main de son amie.

Pour lui, qui était issu d'une famille de sorciers purs, ce que venait de faire Alyssa était tout bonnement impossible. On lui avait toujours appris qu'on ne pouvait déplacer un objet sans le toucher ou sans l'aide d'un sortilège d'attraction. Ce qu'elle venait de faire était . . . Incroyable.

Il prit la plume, s'éloigna d'Alyssa le plus loin possible et lui demanda de recommencer.

Elle se leva à son tour et, cette fois-ci, sans lever la main, fit léviter la plume jusqu'à elle, sous les regards médusés de l'assistance.

- Je veux être un Néphilim, murmura Peter.

Alyssa pouffa.

- Non, tu ne veux pas, Peter, parce que ça voudrait dire que tu aimerais avoir Tu-Sais-Qui aux fesses.

Alyssa avait dit ça sur le ton de la jovialité, mais Sirius lui, ne trouvait pas ça drôle. Le danger autour de la jeune femme était réel, et ce n'était pas le moment de plaisanter avec ça.

- Aly, Lily, vous n'avez pas mangé du coup ? Se souvint soudain Remus.

- Ah non, c'est vrai, firent-elles d'une même voix.

Sirius leva les yeux au ciel devant tant d'étourderie.

- Ca vous dit d'aller manger un morceau en cuisine ? Proposa James.

Les deux jeunes filles acquiescèrent, et dix minutes plus tard, les deux couples phares de Poudlard se promenaient impunément dans les couloirs du château, sous la cape d'invisibilité de James.


Fin de chapitre ! La suite . . . bah . . . euh . . . avec un peu de chance demain ou dimanche :D

Kissou à toutes !