Coucou à toutes !

Bon bah apparemment, je me suis complètement gourré en disant que ma fin de chapitre précédent n'était pas sadique, vous n'avez pas eu l'air d'accord. :D

Je vous promets que ceui-ci est . . . pire ! LOL Vous verrez bien à la fin.

Bonne lecture.


Chapitre 25 : Un soir de pleine lune

Glissés sous la cape d'invisibilité de James; Sirius, Peter, et le propriétaire de ladite cape, attendait patiemment devant la porte de l'infirmerie que Remus sorte, accompagné de l'infirmière.

Cette nuit était une nuit de pleine lune, et le soleil commençait déjà à décliner au dehors. Les trois garçons avaient décidés de partir plus tôt cette fois-ci, car Lily passait sa soirée à faire ses leçons, et qu'Alyssa était toujours à l'infirmerie.

Au plus grand soulagement de ses amis, la jeune femme avait survécu à la nuit éprouvante qu'elle avait passée.

Mme Pomfresh avait appris à Dumbledore qu'elle avait dû veiller toute la nuit la Gryffondor, à cause de ses blessures qui, sans aucune raison apparente, ne cessaient de se rouvrir, faisant hurler de douleur Alyssa. Et si ce n'était pas ses plaies, c'était les cauchemars hurlants et paniqués de la jeune femme qui la tenaient éveillée. Heureusement, les plaies qui ne cicatrisaient pas n'avaient duré qu'une nuit.

Une semaine que la Gryffondor était à l'infirmerie, elle ne s'était pas encore réveillée. D'après l'infirmière, elle avait dû utiliser beaucoup de sa magie pour résister au mage noir et à ses Mangemorts, et il lui fallait beaucoup de repos pour pouvoir reconstituer sa réserve de magie.

Mais son sommeil qui n'en finissait plus inquiétait Sirius au plus haut point. Il ne cessait de se ronger les ongles à force de stresser pour elle, et ses amis n'avaient de cesse d'inventer de nouvelles choses pour le sortir de son état, avec plus ou moins de succès.

La porte de l'infirmerie s'ouvrit doucement, laissant passer l'infirmière et un Remus dans un état avancé de fatigue.

Les trois garçons, toujours invisibles, les suivirent en silence, dans les couloirs du château, puis dans le parc, jusqu'au saule cogneur. L'infirmière prit un long bâton, et avec, appuya un nœud au pied de l'arbre qui fit immobiliser ses branches, afin que Remus puisse se faufiler dans le tunnel qui passait dessous. Mme Pomfresh retira le bâton et recula vivement, évitant les branches qui donnaient des coups de fouets.

Elle repartit vers le château, laissant les trois jeunes hommes à proximité de l'arbre.

James enleva la cape d'invisibilité qui les recouvrait et dit :

- C'est moi, ou Remus avait l'air encore plus mal en point que d'habitude ?

- Non, je l'ai trouvé plus pâle, plus maladif que le mois dernier, répondit Peter avec un visage inquiet. J'espère que tout va bien se passer.

- Pourquoi est-ce que tout ne se passerait pas bien ? Ca fait des années qu'on le fait, et on n'a jamais eu de problèmes ! Enfin, en oubliant l'épisode avec Rogue, fit James en regardant Sirius.

- C'est bon, Cornedrue, on a compris, répondit Sirius en levant les yeux au ciel. Pense plutôt à te transformer, on ne va pas attendre trois cents ans que tu daignes rejoindre Remus.

- Je ne vois pas pourquoi on se transformerait maintenant, la lune n'est pas encore dans le ciel !

- Réfléchis un peu, Corny. Il était à l'infirmerie, il est donc le seul d'entre nous a avoir pu voir Alyssa. Il aura peut-être des nouvelles pour nous.

James eu un signe de tête affirmatif, et il se transforma.

Un magnifique cerf aux bois impressionnant prit sa place, et comme à chaque fois, Sirius fut impressionné. Malgré le fait qu'ils se transformaient régulièrement depuis deux ans, il ne pouvait pas s'empêcher d'être impressionné par la métamorphose de James.

Peter fit de même, et un rat prit sa place. Il se faufila rapidement entre les branches du saule cogneur pour l'immobiliser, alors que Sirius se métamorphosait à son tour en gros chien.

Il adorait son signe Animagus, car ainsi il avait accès à des sensations qu'il n'avait pas sous sa forme humaine. L'odorat d'un chien par exemple, captait beaucoup plus de choses que celle d'un simple humain. Par ailleurs, là, Patmol sentait les effluves de la pluie qui était tombée dans l'après-midi sur le parc, et était alléché par l'odeur d'un lapin qui gambadait à l'orée de la forêt.

Il s'ébroua, et rejoignit vivement Queudver et Cornedrue qui l'attendaient à l'entrée du tunnel. Il suivit ces deux amis le long du tunnel, et débouchèrent sur le plancher vieillot d'une maison grinçante.

La Cabane Hurlante était la maison " hantée " de Pré au lard, et c'était là que Remus venait lors de ces transformations.

Patmol entendit un raclement léger au premier étage, et redressa les oreilles. Remus se trouvait dans la chambre à l'étage. Il monta les marches trois à trois, suivi de Cornedrue qui portait Queudver sur sa tête entre ses cornes, et pénétra dans une chambre délabrée où un lit s'était effondré par terre. Sagement assis dessus, Remus les regarda arriver avec un franc sourire.

Patmol se re-métamorphosa en Sirius, et vint s'installer à côté de son ami, en lui passant un bras autour des épaules.

- Tu n'as pas l'air bien, Lunard. Qu'est-ce que tu as ?

- Oh, ce n'est rien, seulement je n'ai pas beaucoup dormi cet après-midi, répondit-il avec un petit sourire triste, alors que Peter et James s'asseyaient chacun sur une chaise branlante.

- Pas dormi ? Pomfresh ne t'as pas donné une potion de Sommeil comme d'habitude ? Demanda Peter, soucieux.

- Elle n'en pas eu le temps, répondit-il avec un air triste sur le visage. Alyssa lui prenait tout son temps.

Le bras que Sirius avait passé autour des épaules de Remus se crispa quelques peu, mais il ne dit rien.

- Tu l'as vu ? Demanda quand même James.

- Vu, non, mais entendu, ça oui. Elle n'arrêtait pas de crier dans son sommeil. Elle suppliait. Je crois qu'elle revit ce qui s'est passé avec Vous-Savez-Qui.

- Si je le chope celui-là . . ., dit James en faisant geste d'étranglement avec ces mains autour d'un cou inexistant.

- Ouais, ce n'est pas l'envie qui nous manque d'en faire de la pâtée pour hippogriffe, fit Sirius avec un air las.

Les quatre garçons restèrent silencieux pendant un moment, chacun plongeant dans ses propres pensées, puis Remus dit :

- C'est le moment, les gars.

Remus se leva et sortit de la pièce.

Ils ne le suivirent pas, chacun sachant très bien qu'il détestait que ses amis assistent à sa transformation, alors ils se métamorphosèrent de leur côté.

Patmol, Cornedrue et Queudver reprirent la place de Sirius, James et Peter, alors que dans une pièce attenante, leurs sens surdéveloppés d'animaux pouvaient entendre les hurlements déchirants de Remus.

Les trois animaux sortirent de la chambre et passèrent dans le couloir, alors qu'un loup-garou d'une taille appréciable faisait de même à la pièce d'à côté.

A leur vue, Lunard poussa un hurlement tout ce qu'il y a de plus loup et sauta sur eux.

Ils s'amusèrent quelques instants à se chamailler ainsi, puis Cornedrue donna le signal de départ.

La nuit était tombée, ils pouvaient aller s'amuser dans le parc de Poudlard.

La nuit était toute à eux.

Ils redescendirent les escaliers, et empruntèrent le tunnel. Queudver les devança et immobilisa le saule cogneur pour qu'ils puissent sortir sans incidents notables.

L'un après l'autre, Cornedrue, Patmol et Lunard sortirent à l'air libre, et Patmol commença à faire des cabrioles en chassant un papillon qui lui passait sous le museau. Les trois autres s'amusèrent quelques instants à le regarder faire, et Cornedrue donna à nouveau le signe de départ, alors que Lunard commençait à s'impatienter.

Ils prirent la direction de la forêt, et ils s'amusèrent pendant quelques temps à pourchasser Queudver qui pouvait se planquer n'importe où. Ce fut finalement Lunard qui le trouva grâce à son flair et son ouïe surdéveloppés, et les quatre compagnons, reprirent la direction du parc.

Ils arrivèrent à proximité du lac, et Patmol s'approcha malicieusement de l'eau. Il plongea une patte dans le lac et aspergea Lunard qui passait tranquillement à côté de lui. Cela donna le signal de départ pour une partie de bataille d'eau. Patmol sentirait le chien mouillé pendant quelques temps mais il ne s'en inquiéta pas. C'était bien mieux de pouvoir s'amuser alors que tout le monde dormait.

Soudain, Lunard s'immobilisa et redressa les oreilles. Il huma l'air autour de lui et avant que l'un d'entre eux ait pu faire un geste se mit à courir en longeant le lac.

Patmol huma l'air à son tour, et son sang se glaça. Il se mit à courir aussi, en même temps que Cornedrue, qui avait lui aussi compris.

Ils devaient rattraper Lunard au plus vite, avant qu'il fasse quelque chose qu'il regretterait.

Car un être humain se trouvait au bord du lac.

Et le loup-garou l'avait pris en chasse.

OoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOo

Alyssa se redressa dans son lit, encore groggy.

Elle resta pantelante quelques instants, essayant de se resituer.

D'après ce qu'elle voyait, elle était à l'infirmerie. D'accord, mais pourquoi ?

Elle passa une main dans ses cheveux, et un tiraillement se fit sentir dans son dos. Elle grimaça. Sa main effleura le dessus de sa tête et redescendit le long de ses mèches . . .

Elle poussa un petit cri surpris.

Ses cheveux avaient été coupés !

Ils lui arrivaient dorénavant, à peine au dessus des épaules.

Elle essaya de se souvenir de ce qui s'était passé.

Et ses souvenirs la heurtèrent de plein fouet, lui coupant la respiration.

Son souffle se fit sifflant et erratique, et elle posa une main sur sa poitrine, essayant de calmer les battements désordonnés de son cœur.

Elle se rappelait, maintenant. Elle se souvenait de l'attaque à Ste Mangouste, de son combat.

Du nom de son père.

De ce qui s'était passé.

De ce qu'il lui avait montré.

Elle revoyait ces lettres de feu, former le nom de son père.

Tom Elvis Jedusor.

Elle le revoyait faire lentement changer de place les lettres, pour former une phrase.

Je suis Voldemort.

Loin de la cohue, de la panique, de la surprise de l'attaque, elle prit conscience de ce que cela impliquait.

Elle était la fille de Tom Jedusor.

Elle était l'enfant de Lord Voldemort.

Elle était l'héritière du Seigneur des Ténèbres.

Sa respiration se fit plus facilement, et elle put prendre une grande goulée d'air.

Tout cela était impossible ! Comment sa mère pouvait avoir . . . Copulé . . . Avec un tel monstre ?!

Ne savait-elle pas, ne connaissait-elle pas la réputation du mage noir ? Ou l'avait-elle simplement ignoré pour être avec l'homme qu'elle aimait ?

Alyssa se mit à la place de sa mère. Si Tom avait été Sirius, aurait-elle continué à le voir ? Si Sirius devenait un être aussi abject que Tom, que ferait-elle ?

La réponse lui parut évidente.

Elle le suivrait. Elle ne l'abandonnerait pas, n'abandonnant pas l'espoir de le faire changer d'avis un jour. Sa mère avait certainement nourri les mêmes projets pour Tom, et avait pris la fuite quand elle avait pris conscience qu'elle n'y pourrait rien.

Oui, c'était certainement ce qui avait du se passer.

Elle était partie sans rien dire de sa condition de future maman à Tom, ou bien ne le savait pas elle-même à ce moment-là.

Les pièces du puzzle se mirent en place peu à peu.

Elle comprenait parfaitement les raisons qui avaient poussés sa mère à la cacher, maintenant. Elle l'avait cachée du mage noir, pas seulement à cause de son sang Néphilim, mais aussi parce qu'elle était sa fille.

Ses mains tremblèrent imperceptiblement alors, qu'elle se remémorait ce qui s'était passé.

En apprenant son identité, le mage noir n'avait en aucun cas, essayé de la tuer. Il avait même tenté de la rallier à lui. Mais était-il idiot à ce point ? Croyait-il vraiment qu'elle pourrait passer du côté des forces obscures, après tout ce qu'il avait fait ? Pensait-il vraiment qu'elle parviendrait oublier le meurtre de sa mère et l'éradication de la race des Néphilims ? Si il le pensait, c'était qu'il était un parfait abruti.

Un mouvement à sa gauche la tira de ses pensées, et elle trouva Mme Pomfresh, endormie sur une chaise.

L'infirmière l'avait veillée. Mais combien de temps ? Et surtout, que s'était-il passé pour qu'elle atterrisse ici ?

Elle se souvenait de Ste Mangouste, du Flambios qu'on lui avait lancé.

Elle passa une main dans son dos. Une boursouflure épaisse comme une baguette magique lui zébrai le dos. Elle ne pouvait qu'imaginer ce que cela donnait.

Les larmes lui montèrent aux yeux.

Elle se souvenait aussi du sort d'Écrasement qu'avait subi sa main gauche. Elle la regarda, mais ne trouva rien. Pomfresh avait réparé ça.

Elle se souvenait du Diffindo qu'elle avait lancé pour échapper au Mangemort qui avait tenté de la retenir, en l'attrapant par la natte qui retenait ses longs cheveux.

Elle passa une main dans sa tignasse désordonnée qui lui arrivait dorénavant à peine aux épaules.

Elle qui avait souhaité les couper, elle était servie !

Elle se souvenait aussi d'avoir tenté de transplaner à Poudlard, mais d'avoir été rattrapée par le mage noir avant, et qu'il l'avait forcée à transplaner avec lui. Elle s'était ensuite retrouvée dans un lieu délabré et sinistre. Il l'avait lâchée et elle avait tenté de s'enfuir en courant en direction de la forêt qui bordait la demeure en ruine. Après c'était le trou noir, vu qu'il l'avait stupéfixée. A son réveil, elle avait deviné qu'elle avait passé trois heures dans la demeure, inconsciente. Elle s'était retrouvée seule, allongée sur un lit à baldaquin aux draps de soie vert et argent, et avait eu le sentiment désagréable d'avoir atterri dans le dortoir des Serpentard. Elle avait retrouvé sa baguette posée sur les draps à côté d'elle, s'en était emparé, et avait tenté de fuir à nouveau.

Elle se rappelait qu'à son réveil, elle s'était sentie fatiguée et bizarre. Un sentiment étrange s'était emparé d'elle, mais elle avait passé outre, trop occupée à trouver un moyen de sortir.

Elle était sortie de la chambre, et avait facilement trouvé la sortie. C'était une fois dehors, que les choses s'étaient corsées. Il avait fallu qu'elle rejoigne une zone où elle pouvait transplaner, et devait rejoindre la forêt qui bordait la demeure. Mais des Mangemorts étaient dehors, revenant certainement de l'attaque de Ste Mangouste, et elle avait dû se battre pour se protéger.

Elle avait reçu quelques Doloris, mais avec sa magie Néphilim, elle avait réussi à faire dévier les rayons des sorts, notamment grâce aux branches basses des arbres qui s'étaient amusées à assommer bon nombre de Mangemorts.

Elle se souvenait d'une brûlure à sa jambe droite avant de transplaner, et que ce simple acte magique avait consommé ses dernières forces.

Elle avait sombréen arrivant à Ste Mangouste pour réclamer des soins.

Et s'était réveillée à l'infirmerie de Poudlard.

L'infirmière bougea dans son sommeil, et Alyssa la regarda. Elle arborait des cernes interminables, et elle se demanda pourquoi est-ce qu'elle avait l'air si fatiguée. Quel jour était-il ?

Elle repoussa ses couverture, décidée à trouver un calendrier et une horloge, et posa ses pieds par terre. Le carrelage froid lui fit l'effet d'un réveil glacé. Elle ramena ses jambes contre elle, et ce geste lui arracha un gémissement de douleur. Son dos et sa jambe lui faisaient un mal de chien.

Elle passa outre sa douleur, et reposa ses pieds par terre, les habituant au sol froid. Elle se leva précautionneusement, pas sûre de pouvoir tenir sur ses jambes, mais apparemment, tout allait pour le mieux, malgré son léger boitement.

Elle fis quelques pas, et dépassa les draps qui protégeaient son lit de la vue des autres. Elle était seule dans l'infirmerie. Elle se dirigea vers le bureau de Mme Pomfresh, et y pénétra. Elle trouva un calendrier posé sur son bureau, et y lut la date d'aujourd'hui.

Elle avait passé une semaine à l'infirmerie !

Un toussotement la fit sursauter. Ce n'était que l'infirmière qui dormait.

Elle sortit du bureau et reprit la direction de son lit.

Elle s'y assit, pas sûre de ses intentions. Le moins que l'on pouvait dire, c'était qu'elle ne voulait pas dormir. Après une semaine de sommeil, elle n'en avait pas vraiment besoin.

Une horloge sonna quelque part. Dix coups. Dix heures du soir donc.

Elle se leva, attrapa l'uniforme neuf posé sur la chaise, se changea, enfila sa cape et sortit. Elle avança doucement jusqu'à la porte, ne voulant pas risquer de réveiller l'infirmière.

Une fois dans le couloir, elle soupira et reparti d'un pied plus normal. Elle parcourut les couloirs vides et s'arrêta devant une fenêtre qui donnait sur le lac.

Elle s'assit sur le rebord et repensa à ce qu'il s'était passé.

Se découvrir enfant de Voldemort n'était pas chose aisée à admettre.

Mais puisque c'était le cas, il allait falloir qu'elle en parle à quelqu'un.

Ses amis ? Hors de questions ! Il la verraient comme un monstre et couperaient tous liens avec elle, ce qui lui déchirerait le cœur. Sa rupture avec Sirius la détruirait aussi sûrement qu'un Avada Kedavra.

A Albus ? Elle le perdrait lui aussi. Qui aurait idée de continuer à côtoyer la fille du mage noir ? Certainement pas elle.

Le cœur gros, elle contempla ses mains.

Elle avait sûrement au fond d'elle, une part qui lui venait de son père. Et si, tout comme lui, il lui prenait l'envie subite de vouloir tuer des gens ?

Des larmes silencieuses coulèrent sur ses joues.

Non, ça ne devait pas arriver.

Jamais elle ne se permettrait de faire du mal aux autres. Mais il y avait toujours un risque que cela arrive.

Les larmes coulaient en abondance maintenant sur ses joues, et elle ne pouvait les retenir. Le désespoir étranglait son cœur, et elle se surprit à vouloir en finir avec tout ça. Les secrets, les mensonges, la peur, la tristesse, la mélancolie, tout ça, elle en avait assez. Il fallait que ça s'arrête, elle ne pourrait pas vivre ainsi.

Vivre en sachant qui était son père ? Impossible. A chaque fois qu'elle se verrait dans un miroir, elle superposerait son image à la sienne, et ne pourrait plus s'accepter. Si en plus, elle devenait un danger pour les autres . . .

En finir, c'était ce qu'il y avait de plus simple.

En finir avec tous ces gens, tous ces secrets, tous ces mensonges.

En finir avec la vie, tout simplement.

Elle jeta un regard morne au lac, et il lui sembla qu'il lui tendait les bras et qu'il l'appelait.

Elle se leva machinalement. Elle parcourut rapidement les couloirs et sortit dans le parc. Elle s'approcha du lac, mais resta en bordure de l'eau froide, qui venait lui lécher les orteils.

En finir avec la vie ?

Maintenant qu'elle était là, qu'elle repensait à tout ça, elle se trouvait un peu idiote. Il y avait des choses dans la vie pour lesquelles il fallait se battre.

Maintenant qu'elle y pensait, peut-être que certaines personnes ne l'abandonneraient pas. Ou plutôt, elle ne dirait rien.

Oui, c'était ça. Pourquoi devrait-elle le leur dire ? Rien ne l'y obligeait après tout. Si elle voulait pouvoir vivre sa vie tranquillement, comme avant, il fallait simplement qu'elle se taise.

Mais pourrait-elle se taire ? Arriverait-elle à garder un si lourd secret pour elle ?

Le désespoir étreignit une fois de plus son cœur. Elle savait qu'elle n'y arriverait pas. Après tout, lors de sa découverte de sa condition de Néphilim, elle avait couru en parler à Lily et aux Maraudeurs. Alors pourquoi ce serait différent cette fois-ci ?

Mais elle ne supporterait pas leurs regards, leurs dos tournés, leurs visages dégoûtés.

A quoi bon vivre, quand on a plus personne ?

Elle fit un pas en avant, pénétrant dans l'eau glacée du lac, le regard fixé sur l'horizon.

Faisait-il bon vivre, délaissée par les autres ? A quoi ressemblerait sa vie, si c'était le cas ?

Elle fit un second pas en avant, le regard toujours fixé sur l'horizon.

Elle perdrait tous ces amis. L'homme qu'elle aimait. Celui qui avait fait figure de père toutes ces années.

Elle avança un peu plus, l'eau lui arrivant aux genoux, regardant toujours droit devant elle.

Seule. Passer sa vie seule. Déprimer.

Elle avança encore, l'eau arrivant à sa taille, et la faisant grelotter à cause du froid. Elle entendit comme un cri, mais ne s'en occupa pas.

Rester chez soi. Ne voir personne. Rester seule éternellement.

L'eau lui arrivait maintenant à la poitrine, ses vêtements gorgés d'eau, la tirant inexorablement vers le fond.

Ne plus aimer. Ne pas avoir d'enfants. Ne plus s'amuser. Ne plus rire. Ne plus apprécier. Ne plus sourire.

L'eau atteint son menton, ses yeux ne quittant toujours pas la ligne d'horizon.

Être aigrie. Finir vieille fille. Finir comme lui.

L'eau entra dans son nez, sa bouche et recouvrit ses yeux.

Elle sombra.

Elle avait gardé les yeux ouverts, et voyait ce qu'il se passait. Elle n'était pas encore au large du lac. Ses pieds étaient à quelques millimètres du fond, et elle pouvait presque sentir la vase glisser entre ses orteils.

Elle ferma les yeux, et laissa s'échapper l'air qu'elle avait dans les poumons par petites bulles qui remontèrent à la surface.

Elle se laissait tomber au fond, quand elle prit conscience de ce qu'elle faisait.

C'était complètement idiot !

Pourquoi se donner la mort ? Avait-elle donc si peu confiance en ses amis, et en Albus ? C'était ridicule ! Elle qui avait toujours aimé la vie, elle était en train de se suicider !

Elle se débattit, essayant de nager pour retourner à la surface, mais la panique lui faisait perdre tous ces moyens, et elle n'avait plus assez d'oxygène en réserve pour sortir de l'eau.

Elle continuait de se débattre avec la force de l'envie de vivre, quand elle sentit quelque chose l'attraper par la taille, et la tirer.

S'attendant à tomber nez à nez avec le calmar, elle se retourna vivement et ouvrit les yeux, mais l'opacité de l'eau ne lui permit pas de distinguer autre chose qu'une silhouette humaine. Au moins, ce n'était pas un démon des eaux qui voulait la croquer, mais une personne qui lui venait en aide. Alors, elle se laissa porter par les bras puissants de la personne qui nagea jusqu'à la surface.

Quand ils crevèrent l'eau, Alyssa prit une grande goulée d'air et toussa pour évacuer toute l'eau qu'elle avait avalée.

Elle se laissa porter par son sauveur jusqu'à la rive où il la déposa délicatement sur le dos. Elle se cambra légèrement sur le côté pour vomir l'eau qu'elle avait dans les poumons, aidée par les tapes dans le dos que la personne lui administrait.

Elle entendit des bruits, et comprit que la personne parlait, bien qu'il y avait ce sifflement embêtant dans ses oreilles, qui ne lui permettait pas de comprendre les paroles de l'inconnu. Elle secoua légèrement la tête pour faire partir l'eau et entendit plus distinctement les paroles.

- Mais t'es complètement barge, tu le sais ça ! Qu'est-ce qui t'a pris, hein ? Tu cherches à te tuer maintenant, c'est nouveau ?

Elle reconnut la voix, malgré les accents anxieux qui y perlaient, et qu'elle n'était pas habituée à entendre dans sa voix.

- Sev . . . Severus ? Toussa-t-elle.

- Oui ! Mais qu'est-ce qui t'a pris, merde !

Alyssa toussa encore un peu, et commença à grelotter. Ses vêtements étaient trempés et le froid l'entourait en cette nuit d'Avril. Elle sentit Severus la serrer contre lui et lui frictionner le dos, pour lui redonner un peu de chaleur.

- T'a . . . t'arriveras à . . . à Rien . . . Comme ça. So. . . Sor . . Sortilège . . De . . De . . . Cha . . . chaleur.

Elle le vit sortir sa baguette et un souffle d'air chaud l'engloba, séchant ses vêtements, et la réchauffant doucement.

- Alors ? Pourquoi est-ce que t'as fait ça ? Lui demanda doucement Severus, en la repoussant un peu, pour qu'elle s'assoie contre le saule pleureur sous lequel ils étaient.

- J'en sais rien.

- Hein ?!

Elle rigola, mais ce son lui égratigna la gorge et elle toussa.

- Oui, je sais, c'est étonnant, mais je ne comprends vraiment pas. Je ne comprends pas pourquoi j'ai essayé de me suicider.

- Ce n'est pas banal.

Elle eut un délicat sourire. Severus la regardait intensément, comme si il tentait de savoir si elle disait la vérité.

- Je ne peux pas rester, j'ai ma tournée à faire dans les couloirs. Je peux te faire confiance ?

Elle le regarda comme si il était un abruti fini, et lui répondit :

- Oui, tu peux. De toute façon, je vais retourner à l'infirmerie avant que Mme Pomfresh ne s'inquiète.

- D'accord.

Il se leva épousseta sa cape et dit :

- Je passerai te voir demain pour voir si tu as tenu parole.

Elle acquiesça et il partit, non sans se retourner toutes les cinq secondes.

Au bout de la troisième fois de ce petit manège, elle lui fit un signe de main, le faisant rougir.

Elle s'adossa plus confortablement contre l'arbre, et étendit ses jambes. Sa plaie dûe au Diffindo n'était pas rouverte, mais elle lui faisait un mal de chien.

Elle ferma les yeux quelques instants et repensa à ce qui venait de se passer.

Elle ne comprenait pas pourquoi est-ce qu'elle avait tenté de se suicider. Comment des sentiments aussi négatif avaient pu la posséder ainsi ? Des questions sans réponses, et qui le resteraient un moment.

Du bruit sur sa gauche la fit se redresser rapidement.

C'était un bruit de pas précipité, comme si un animal imposant était lancé au triple galop.

Elle se leva et regarda dans la direction du bruit. Quelque chose approchait, quelque chose d'imposant.

Elle écarquilla les yeux de terreur devant le poitrail impressionnant, la gueule immense, et les membres démesurés.

Un loup-garou !


Ahem, ahem . . . Voilàààààààààà ( sourire triomphant ) Et vous savez toutes parfaitement que si on tue l'auteur, il y a pas de suite. Et que même si elle est écrite, il y a personne pour la mettre en ligne donc . . . on prend son mal en patience, vous n'aurez qu'à patienter 24 petites heures.

Et Adorabelle, range-moi cette hache !

A plus. Biz