Titre : Histoire canadienne.
Rating : T.
Pairing : CanBec.
Warning : Mention de sujets délicats.
Summary : Canada et Québec ont une longue histoire commune. Rébellions sanglantes, guerres inhumaines, constitutions injustes et racisme francophobe la parcoures. Mais alors que tout devraient les opposer, tout ne fait que les réunir, pour le meilleur mais surtout le pire...
Disclaimer : Les nations sont à Hidekaz Himaruya.
Personnage(s) : Matthew/Canada | Samuel/Province of Québec | Alfred/États-unis. Mention de Arthur/Angleterre | Francis/France.
M/A : Voici le troisième chapitre de "Histoire canadienne". La bataille de Québec est celle qui opposa l'armée continentale américaine et les Britanniques, lors de la guerre d'Indépendance des États-unis, le 31 décembre 1775. Malheureusement pour eux, ils ne réussirent pas, et tentèrent un siège, qui dura jusqu'en mai 1775, à l'arrivée des renforts britanniques. Or, pendant l'attaque et le siège, plusieurs Canadiens français avaient jurés allégeance aux deux camps, permettant ainsi aux troupes américaines d'obtenir des vivres et un certain soutien logistique.
Histoire canadienne
Avril 1775 ~ Bataille de Québec
Matthew observa, la mort dans l'âme, les dizaines de soldats américains, qui se trouvaient dans le campement de siège. Certains avaient l'air malades, voir mourants, d'autres étaient épuisés et frigorifiés. Même les quelques femmes qui avaient tenus à accompagner les troupes(1) à la Province of Québec semblaient sur le point de craquer, elles qui pourtant affrontaient les mêmes ravages de la guerre chez elles.
Il jeta ensuite un coup d'oeil vers Samuel, qui marchait devant lui, parfaitement à l'aise. Il avait sans l'ombre d'un doute l'habitude d'y venir. Canada savait très bien que, malgré son "allégeance" à Angleterre, le catholique aidait de son mieux Alfred, même en sachant que leur métropole le punirait pour un tel acte de trahison. Mais le Canadien français n'en n'avait que faire.
Et Matthew pensait la même chose.
Ils s'arrêtérent finalement à l'une des tentes. Province of Québec se retourna légèrement, le fixant attentivement. Le blond soutenut son regard couleur saphir, même si les voir si matures le désarmaient encore. Malgré ses douze ans physiques, Samuel prouvait encore et toujours ses deux siècles d'existence.
« Alfred? C'est nous autres! », appela le catholique. Un court instant de silence, puis l'un des pans de la tente s'écarta, laissant entrevoir l'insurgé. Celui-ci, probablement plus par habitude que par nécessité, portait son uniforme. À la vue du bleu azur de ce dernier, Matthew se sentit mal à l'aise.
Et dire qu'il affichait le rouge mortel des Anglais...
-Matthew! Samuel! , s'exclama-t-il, avant de les serrer dans ses bras, mettant sur son visage rendu blême par les pertes humaines et autres conséquences de la bataille et du siège. I'm so glad to see you!
-Nous autres aussi, Alfred, rit Samuel, en redonnant l'accolade à l'Américain. Tu nous fais-tu entrer, astheure?
-Hum? Oh, yes!
Le plus âgé, ou du moins physiquement, des trois se déplaça sur le côté, permettant aux deux colonies britanniques d'entrer. Ils allèrent aussitôt s'asseoir sur le lit de camp, tandis que Alfred approchait une chaise pour se mettre à califourchon dessus.
« Et puis? Des nouvelles? », demanda leur voisin du sud, cette fois en français(2). Samuel et Matthew se regardèrent, ne sachant pas comment le dire au jeune insurgé. Finalement, ce fût le Canadien français qui prit la parole.
-Arthur va arriver icitte 'vec des renforts din 'environs du mois d'mai.
-... Je m'en doutais. Il n'a pas dût aimer que je vous attaque, réfléchit Alfred, avec un air atrocement grave. Encore désolé.
-On s'en doutait nous aussi, assura Matthew. J'ai bien vu que tes supérieurs n'avaient pas aimés notre refus de vous rejoindre.
-Je leur avais aussi dit que ça arriverait, avoua l'Américain.
-Mais quessé qu'tu va faire, 'vec les têtes carrées qui s'en viennent? , questionna Province of Québec. L'insurgé soupira.
-J'ai trop d'hommes emprisonnés(3), qui ont désertés ou entre les mains du Seigneur pour me permettre de vous attaquer une seconde fois. Quand bien même je voudrais, mes supérieurs ne voudraient pas.
-Tu va donc devoir lever le siège?
-Are you crazy, bro'? , ricana Alfred. Plusieurs d'eux ont la variole et la grippe, et votre froid n'aide pas! Ils seraient incapables ne serais-ce que de mettre leurs bottes! Je ne peux qu'attendre que leur état s'améliore un tant soit peu.
-Et quand c'est qu'il le sera? , demanda Samuel.
-Le mois de mai.
Le constat fit naître entre les trois jeunes hommes un silence glacial. Ils comprenaient très bien ce que ça signifiait. Les gens allaient croire que les Américains avaient fuis les Anglais. Compatissant, Matthew se leva et enlaçant le cou de son frère. Il savait le dilemme que ça lui faisait. Mais les pertes étaient trop lourdes pour se permettre l'obstination. Alfred avait bien compris que contrairement à Francis, Arthur ne le laisserait pas toucher à ses colonies.
Mais à quel prix cette leçon avait-elle été faite?
« Alfred, tu sais que des coups d'même, tu va en avoir d'autres, hein? », fit soudainement le catholique. Comme unique réponse, la future nation hocha la tête.
-Va falloir qu'on s'en ailles, là, ajouta, au bout d'un instant, Samuel. Carleton va bentôt remarquer qu'on est pas là, pis ça risques d'aller mal pour nous autres...
-I understand..., approuva Alfred, en repoussant le plus doucement possible son frère, qui n'opposa aucune résistance. Tranquillement, ils quittèrent la tente, puis se serrerènt dans les bras. Tandis que Samuel allait chercher leur charrette, le Canadien sentit le regard de l'insurgé sur lui. Il le regarda, se demandant ce qu'il lui voulait.
-Matthew, are you sure you don't want to join me? You and Samuel would have a special status, I promise you!
-Alfred, we can't, répond avec tristesse le blond. En effet, même s'il savait que son frère serait capable de l'annexer puis de lui redonner sa liberté après sa guerre, ni lui, ni Samuel, ne pouvait se le permettre. Bien que Angleterre les traitait comme des êtres inférieurs, il leur accordait un grand nombre de droits et de terres, leur permettait de vivre, dans une certaine mesure du moins, comme ils le voulaient.
En bref, lui et le brun étaient pieds et poings liés.
« Arthur will not treat you as well as Francis, you know that, right? », souleva d'ailleurs le jeune Patriote.
-I know, assura Canada. But it's in the process of redressing our economy. For the first time in two centuries, it allows us to have industries. Francis has never helped us.
-... I promise that one day, I'll help you free yourself from it.
-It's not only with weapons that we become free, Alfred, rit-il avec légèreté. But I keep your words in memory, be reassured.
-Coudon, tu t'en viens-tu? , s'écria la voix de Samuel, qui avait déjà pris place dans la chariole, prêt à partir. Le jeune territoire le regarda, puis salua une dernière fois Alfred, qui lui rendit son salut, avant d'aller rejoindre le Canadien français. Sans trop de mal, il monta à ses côtés. Une fois qu'il est installé, la colonie fit partir le cheval, qui les fit tranquillement quitter le campement insurgé.
Et malgré leur courage, ni l'un, ni l'autre, ne tenta de regarder derrière eux.
(1)Les Américaines, en effet, participaient activement à la guerre, et ce de plusieurs façons. Celles qui suivaient les troupes cousaient les uniformes et les couvertures, cuisinaient, soignaient les blessés, espionnaient les Anglais et servaient de messagères. Certaines se travestissaient même pour combattre avec les hommes.
(2)À l'époque, le français était la seconde langue la plus parlée aux Treize colonies, vu sa proximité avec la Province of Québec, essentiellement francophone (seul 1% de la population canadienne parlait anglais, à l'époque). Du coup, il est tout à fait logique que Alfred saches la parler.
(3)426 soldats américains ont été fait prisonniers, lors de la bataille de Québec, dont David Morgan, le second du général Benedict Arnold.
M/A : Alfred vous a sans nul doute parut OOC, mais en fait, c'est mon Insurgent!America. Du coup, c'est tout à fait normal qu'il soit plus sérieux. Car avez-vous remarqué que sur les dessins de sa guerre d'indépendance, Alfred paraît toujours avec un air mature, qui ne lui ressembles pas?
Prochain chapitre; pendaison des Patriotes (que ça va être joyeux...).
