Titre : Histoire canadienne.
Rating : T.
Pairing : CanBec.
Warning : Mention de sujets délicats.
Summary : Canada et Québec ont une longue histoire commune. Rébellions sanglantes, guerres inhumaines, constitutions injustes et racisme francophobe la parcoures. Mais alors que tout devraient les opposer, tout ne fait que les réunir, pour le meilleur mais surtout le pire...
Disclaimer : Matthew est à Hidekaz Himaruya.
Personnage(s) : Matthew/Canada-Uni | Samuel/Canada-Est. Mention de Lyon/Canada-Ouest | Arthur/Angleterre | Francis/France.
M/A : Voici le cinquième chapitre de "Histoire canadienne". L'Acte d'Union est le traité qui réunit le Haut-Canada (aujourd'hui l'Ontario et renommé à l'époque en Canada-Ouest) et le Bas-Canada (aujourd'hui le Québec et renommé à l'époque en Canada-Est) sous le nom de "Province du Canada", et ce dans le but premier d'assimiler complètement les Canadiens français, mais aussi car il était plus facile de la gérer ainsi.
Histoire canadienne
10 février 1841 ~ Acte d'Union
Matthew détailla, avec autant de tendresse que d'exaspération, le jeune garçon qui dormait, du pur sommeil du juste, dans son lit. Avec ses cheveux noirs comme du jais et son minois d'ange, sa partie anglophone était adorable. Mais le vert vif de ses yeux, désormais clos, laissaient bien voir qu'il était le fils d'Angleterre. Il ne savait pas avec quelle femme l'Empire britannique l'avait eu, mais ce simple fait le terrifiait. Cependant, il ne pouvait pas s'empêcher de l'aimer, même si son attitude déplaisante avec Samuel l'enrageait.
Il est anglophone jusque dans les fonds de son âme, soupira en pensée la colonie, avant de quitter sa chambre, afin d'aller rejoindre le catholique dans la cuisine. Malgré l'heure tardive, il savait très bien que celui-ci était encore debout, sûrement devant une choppe de bière, à noyer son chagrin.
Le pourquoi, le Nord-américain ne voulait pas y penser. Malheureusement, toutes ses pensées y allaient. Demain aurait lieu la première réunion officielle de la Province du Canada. Ça le rendait nerveux. Très nerveux, même.
Comme de fait, en arrivant dans sa cuisine, il le trouva assis à la table, la tête au creux des coudes, fixant d'un oeil absent une choppe à moitié pleine de bière. Kumajirou, contrairement à l'habitude, était sur ses genoux, dormant lui aussi, se faisant câliner d'une main molle par le Canadien français. Celui-ci réagit à peine quand la colonie britannique s'assit à côté de lui, ne lui jetant même pas un regard.
« Est-ce que ça va, Samuel? », finit par demander Matthew, au bout d'un très long silence.
-'Sais pas... Toé, t'irais-tu ben, si tu venais de t'faire ramasser solide par celui que t'hait l'plus sur la Terre? , répondit, après un instant de réfléxion, le brun.
-Non. Pardon de t'avoir demandé ça, c'est stupide...
-Excuse-toé pas. C'est normal qu'tu t'inquiètes.
Nouveau silence. Le catholique soupira, puis se redressa, appuyant son dos contre le dossier de sa chaise. Il prit dans ses bras l'ourson, qui ne réagit pas plus que lui, le serrant contre lui, comme un enfant le ferait avec une peluche. L'animal continue de dormir, ce qui surprend Matthew.
« Tu l'a soûlé ou quoi? », demanda soudainement ce dernier, en louchant lui-même sur la choppe.
-J'oserais jamais faire ça! , répondit le Canadien français, d'un ton si exagéré que la colonie ne peut s'empêcher de ne pas y croire.
-Samuel...
-Pis si c'est lui qui a bu dans ma bière?
-Samuel!
Comme unique réponse, le blond se mit à rire à gorge déployée. Ce son, si rare depuis quelques années, surprit Matthew, qui ne pût s'empêcher de rire à son tour, tant le rire du Canadien français était contagieux. Il avait presque oublié à quel point Samuel était bon vivant, malgré les innombrables guerres, infamies et injustices qu'il avait affronté.
Leur fou rire dura un bon moment, puis peu à peu, ils se calmèrent, retrouvant une respiration à peu près normale. La colonie et sa partie francophone s'observèrent un long moment du coin de l'oeil, ne sachant pas quoi faire pour rompre ce silence de plus en plus pesant. Comme bien souvent, ce fut Samuel qui le rompit;
« Province of Canada... T'es une colonie, astheure... »
-On dirait bien..., approuva Canada, un peu gêné.
-T'a monté en grade pas mal vite, en te cas..., ajouta le catholique. Quand on 'tait enfants, t'étais juste une p'tite région pognée entre Montréal pis Québec, pis là, t'es une vraie de vraie colonie!
Plus les mots sortent de la bouche de Samuel, plus le blond rougit. Le ton n'est pas méchant, très loin de là. Il est même admiratif. Pourtant, Matthew ne peut s'empêcher d'avoir le coeur qui se serre dans sa poitrine.
« ... Coudon, t'es-tu en train de brailler? »
Perplexe, Matthew porta une main à ses yeux, mais ses doigts ne rencontrèrent aucune larme.
« Non, pourquoi? »
-'Sais pas. T'avais l'air su'l'bord d'pleurer.
-Pourquoi je pleurerais? , s'étonna Canada.
-Qu'est-ce que j'en sais? , répliqua la partie francophone de la colonie. J'suis pas dans ta tête!
Mais le blond n'était pas dupe. Il savait lire le comportement de celui qu'il aimait, et il savait très bien que celui-ci était terrifié par la réunion du lendemain.
La raison en était si simple qu'elle était effrayante, même pour lui.
La Chambre d'Assemblée était peut-être égalitaire, avec un nombre égal de députés pour chaque région, ça ne voulait pas dire pour autant que le respect allait régner. Tous savaient d'avance que les Canadiens anglais allaient s'imposer aux Canadiens français.
C'était une évidence à glaçer le sang.
« Tu sais-tu quoi? »
-Hum? Quoi? , demanda Matthew, en sortant de ses pensées peu joyeuses. Il remarqua que le brun s'était entre-temps levé pour vider la choppe de bière dans l'évier de la cuisine, un comportement étonnant venant du grand fêtard qu'il était.
-On pourrait p't-être obligé ton gouvernement à parler français, proposa Samuel. La colonie cligna des yeux, avant de rigoler.
-Comme si des Anglais allaient parler français!
-Ça s'pourrait! Durham, y disait pas qu'y fallait être plus souple là-dessus(1)?
-Mais Arthur a refusé, rappela Canada.
-Pis ça?
-Tu crois vraiment que les députés anglophones vont désobéir à cet ordre?
Un petit sourire étire les lèvres du catholique, intriguant grandement Matthew.
« Qui sait? T'sais, y'a pas qu'des amoureux d'la Reine, chez les Anglos... »
Un court silence s'installa, puis Samuel, comme si rien de tout ça ne s'était passé, alla vers le Canadien, lui embrassa le front et lui souhaita une bonne nuit, avant de se rendre à sa chambre, laissant Matthew complètement perdu.
Celui-ci ne pût s'empêcher de se demander quelle idée tordue le francophone avait prévu. Cependant, lui aussi épuisé, il se leva et prit Kumajirou, avant de grimper à son tour à l'étage, pour aller dormir.
(1)En effet, Durham, bien que prônant l'assimilation des Canadiens français, a spécifié dans son rapport qu'il fallait être plus souple, en ce qui concernait la langue française lors des Chambres d'Assemblée.
M/A : La moitiée de cette fic est faite! Plus que cinq chapitres et elle est terminée! Ça avance vite pareil, hein? Difficile à y croire, même pour moi, mais bon... Théoriquement, je devrais parler de la Confédération, mais j'ai un projet de fic là-dessus, donc je ne juges pas nécessaire de faire un chapitre sur ce sujet. J'espères que vous comprenez.
Prochain chapitre; Seconde guerre mondiale.
