Titre : Histoire canadienne.
Rating : T.
Pairing : CanBec.
Warning : Mention de sujets délicats.
Summary : Canada et Québec ont une longue histoire commune. Rébellions sanglantes, guerres inhumaines, constitutions injustes et racisme francophobe la parcoures. Mais alors que tout devraient les opposer, tout ne fait que les réunir, pour le meilleur mais surtout le pire...
Disclaimer : Matthew, les Alliés et l'Axe sont à Hidekaz Himaruya.
Personnage(s) : Matthew/Canada | Samuel/Québec. Mention de Arthur/Angleterre | Ludwig/Allemagne | L'Axe | Les Alliés | Alfred/États-unis.
M/A : Voici le sixième chapitre de "Histoire canadienne". La raison pour laquelle j'ai choisi de prendre la WWII est triple. De un, techniquement, APH se déroule durant cette guerre. De deux, le Canada a été lourdement impliqué dans la cause des Alliés, mais presque personne ne parle de son rôle, sauf pour le débarquement de Normandie (et encore...). De trois... j'ai un headcanon (c'est bien ça, le mot?) qui dit que Canada n'avait plus toute sa tête, à cette époque. Bon, tout le monde va dire qu'aucune nation n'avait toute sa tête (surtout pas Allemagne...), mais si on regarde un peu... ce que le Canada faisait, ça fait peur.


Histoire canadienne
Juillet 1944 ~ Seconde Guerre Mondiale

Matthew, épuisé, observait par la fenêtre du salon la noirceur d'encre qui s'étalait au dehors. De ce qu'il pouvait voir, toutes les lumières de chaque demeure étaient fermés, ou bien les rideaux sont si étroitement tirés que celle-ci ne pouvait pas passer à travers les volets, malgré la chaleur torride de l'été canadien.
Couvre-feu respecté, songea-t-il, en repoussant, d'une main molle, une des boucles de ses cheveux, qui lui tombait entre les yeux. Il avait réussi à avoir une permission, mais il ignorait dans combien de temps il devrait retourner au front, de l'autre côté de la grande bleue. À participer à des réunions d'Alliés auquel personne ne fait attention à lui, à supporter sans se plaindre les remarques déplaisantes de Arthur sur sa marine(1), à offrir son aide dans les moindres invasions, débarquements et batailles...
« Matthew, t'es encore deboute? »
La voix de Samuel le fit presque sursauter, tant il ne s'y était pas attendu. Il tourna la tête, observant son amant. Celui-ci se tenait sur le seuil de la porte du salon, appuyé contre la moulure de celle-ci. Lentement, le Canadien français s'avança vers lui et s'assit à côté de lui sur le canapé, son regard toujours posé sur lui.
« Tu m'réponds-tu? »
-Leave me alone..., murmura le pays en guerre.
-Matthew, faut-tu que j'te rappelles que t'a quarente-deux de fièvre, aux darnières nouvelles? , soupira la Belle Province. T'es malade comme un chien, bon sang! J'sais même pas comment t'a fait pour sortir du lit!
-Leave me alone! , siffla Canada, en regardant fixement le brun. Terrifié, Samuel recula presque spontanément. Depuis le début de la guerre, tous avaient remarqués que le jeune pays était de plus en plus instable. Ses réactions étaient si imprévisibles et violentes que personne n'osait contredire ses ordres. Même Samuel.
Et celui-ci ne pouvait s'empêcher de se demander comment les nations alliées faisaient pour ne pas le remarquer. Surtout Alfred. Était-il à ce point fantomatique, auprès d'eux?
Il soupira, attendant patiemment que Matthew se calme. Ça lui tordait le coeur, de le voir dans un état si pitoyable. Enfin, psychologiquement parlant. Physiquement, il avait retrouvé bien des plumes, depuis la Grande Dépression. Mais côté esprit... ça faisait peur.
Extrêmement peur, même.
Au bout d'un moment, la grande province détourna le regard, pour observer le décor nocturne.
« C'est-tu laite pareil, le couvre-feu... T'as pas d'vie, rien pantoute. »
-Il n'y en aura pas plus si les Allemands nous bombardent, répliqua Canada.
-Tu penses-tu vraiment qu'les Nazi vont v'nir nous sacrer des bombes dans face? , commenta le brun. Quessé que nous autres, qui sont du monde qui sont à l'aut' boutte du monde, on aurait d'suffisamment dérangeant pour qu'y nous fasses ça? Tu me l'expliques-tu?
-Ils nous ont quand même envoyé des sous-marins(2)...
-Pis ça? On a quand même gagné la bataille du Saint-Laurent(3)! T'es pas fier de ça, toé?
Un faible sourire éclaira le visage de Matthew, à ce souvenir.
Sourire rapidement brisé par la suite du commentaire.
« De toute façon, on est pas mieux... »
-What? What do you talk?
-Prends-moé pas pou' un cave, grinça Québec. T'as fait mettre en d'dans ben des Allemands, des Italiens pis des Japonais! Pis t'es aussi antisémite que Ludwig pis sa gang! Faut-tu que je te rappelles que ça fait d'puis 1831 qu'les Juifs, y sont aussi libres que nous autres(4)!
À peine eut-il finit sa phrase que le pays humanisé lui sauta dessus, le plaquant durement sur le divan, serrant avec une force étonnante pour sa stature fluette les poignets de son amant contre le tissu râpeux du meuble de salon. Samuel ne bougea pas, se contentant de regarder droit dans les yeux Canada. Celui-ci semblait sur le point de le frapper, mais quelque chose semblait le retenir.
Et le francophone en savait très bien la cause.
« Tu sais qu'j'ai raison. Pis ça vient d'te rentrer d'dans d'aplomb. », ajouta-t-il, au bout d'un silence. « Avoue-lé dont. »
Le blond resta longtemps silencieux et immobile, fixant avec froideur le catholique. Puis, très doucement, il relâcha sa prise sur les poignets endoloris de la Belle Province, et il baissa la tête, collant son crâne contre le haut du torse de Québec, qui le serra dans ses bras. Un faible tremblement secoua le Canadien, avant que des sanglots, tous aussi inaudibles, ne se fassent entendre. Le changement de caractère étonna à peine Samuel, qui glissa une main dans les boucles blondes de son amant, cherchant à le réconforter.
Un long silence naquit dans la pièce plongée dans l'obscurité, où seul étaient perçus le tic-tac exaspérant de l'horloge. Le catholique l'écouta avec un calme étonnant, se refusant à bouger. Mais au bout d'un moment, il s'aperçu que les pleurs avaient cessés. En regardant Canada, la province francophone découvrit avec étonnement qu'il s'était endormi.
Un petit sourire étira les lèvres du brun, qui avec douceur étendit le pays en guerre sur le divan. Il alla ensuite chercher une couverture, avec lequel il le recouvra. Puis, il s'assit à terre, fixant le visage paisible de Matthew, caressant du doigt et avec légèreté la joue pâle du jeune homme. Son regard dériva alors vers la croix au-dessus de la porte menant du salon au vestibule. Il cessa tout mouvement, pour la fixer. Même dans l'obscurité, il la voyait, il distinguait avec perfection la représentation de Jésus sur sa croix, l'observant lui-même avec mélancolie.
« Seigneur Dieu, quand c'est qu'tu va m'le ramener, le gars qu'j'aime? », murmura-t-il, dans un soupir épuisé. « Quand c'est qu'tu va ben arrêter d'foutre la marde dans mon couple? J'peux-tu pas êtes heureux, pour une fois?»
Il savait bien qu'il n'aurait pas de réponse.
Et c'est ça qui l'énervait de plus en plus.


(1)L'Angleterre a énormément critiqué la marine canadienne pendant la WWII, notamment son manque de main-oeuvre, et ce malgré le fait que l'armée avait dû réduire ses effectifs de moitié suite à la Grande Dépression (1929-39).
(2)L'armée allemande a réellement envoyé des sous-marins dans le Saint-Laurent...
(3)... et il y a effectivement eu une bataille navale, dans le Saint-Laurent. C'était la première fois, depuis 1812, que des navires ennemis venaient ici afin de tuer.
(4)Également vrai : le gouvernement canadien a emprisonné de nombreux Canadiens ayant la citoyenneté allemande, italienne et japonaise, pendant la WWII. De plus, un mouvement antisémite a prit progressivement place dans la population canadienne, alors qu'en 1831, une loi proclamait l'émancipation politique des Juifs.


M/A : J'ai pas totalement laissé WWII!Canada s'exprimer, ici. Dans mon OS "Erreur britannique" (qui devrait sortir dans une durée indéterminée (comme le reste, d'ailleurs...), on le voit beaucoup plus. D'ailleurs, si jamais vous avez un compte Wattpad, vous pouvez venir lire ma première histoire là-dessus, "Monde perdu" (oui, je sais, je devrais pas faire de promo, mais bon...). Enfin, bref, à la prochaine!
Prochain chapitre; présentation de l'unifolié.