Titre : Histoire canadienne.
Rating : T.
Pairing : CanBec.
Warning : Mentions de sujets délicats, sous-entendu.
Summary : Canada et Québec ont une longue histoire commune. Rébellions sanglantes, guerres inhumaines, constitutions injustes et racisme francophobe la parcoures. Mais alors que tout devraient les opposer, tout ne fait que les réunir, pour le meilleur mais surtout le pire...
Disclaimer : Matthew et Arthur sont à Hidekaz Himaruya.
Personnage(s) : Matthew/Canada | Samuel/Québec | Lyon/Ontario | Nicholas/Terre-Neuve et Labrador | Charles/Nouvelle-Écosse | Les autres provinces du Canada. Mention de Arthur/Angleterre.
M/A : Voici le septième chapitre de "Histoire canadienne". L'unifolié est le nom que porte l'actuel drapeau canadien. Il fût officialisé le 28 janvier 1965 par la reine du Canada (évidement, je parle de Elizabeth II), puis présenté à la population le 15 février 1965, lors d'une cérémonie officielle à la colline du Parlement canadien, à Ottawa. Ce jour-là fût désormais institué comme étant le "Flag Day", soit le "Jour du Drapeau".
Histoire canadienne
15 février 1965 ~ Présentation de l'unifolié
Matthew, caché parmi la foule surexcitée avec ses frères, ses soeurs et Samuel, ne peut s'empêcher de sourire. Il allait enfin avoir son propre drapeau! Plus de Union Flag, plus de Red Ensign! Il avait eu son indépendance, et ce dans tous les domaines. Il n'était plus un dominion depuis maintenant trente-quatre ans(1), mais un véritable pays!
Désormais, il n'avait plus de compte à rendre à personne, sauf à lui-même. Et ça, c'était la meilleure des sensations, pour un garçon aussi fantomatique que lui.
Dès que sonna midi, il vit le Red Ensign être descendu. La foule se calma aussitôt. Le jeune pays jeta un coup d'oeil autour de lui. Ses provinces étaient tendues, trépignant sur place le plus discrètement possible. Samuel, à quelques pas de distance, fixait la scène sans la moindre émotion, mais la jeune nation savait très bien que la situation plaisait à la Belle Province, malgré la sombre histoire de cette journée.
Une fois le Red Ensign complètement descendu, il est retiré, puis remplacé par le nouveau drapeau. À la vue du nouvel emblême de leur grand frère, les provinces humanisées deviennent plus agitées -particulièrement Lyon. Comme souvent, sans les regarder, Matthew les obligea à se calmer, son amant se chargeant des Maritimes.
Lentement, comme pour savourer pleinement le moment, l'unifolié grimpa l'air, le vent le secouant faiblement. Le rouge et le blanc du tissu attiraient sans cesse le regard de Canada, qui n'en n'était que plus fier.
Lorsqu'il fût au sommet de la berne, la jeune nation sentit une grande joie l'envahir.
Maintenant, il n'avait plus rien à voir avec Angleterre, si ce n'était l'histoire.
Au même moment, un choeur s'élèva de la foule. Sans aucune difficulté, il reconnut son hymne national. Le reconnaissant également, les provinces se mirent à le chanter, sourires aux lèvres. Se joignant également à la partie, le grand pays nord-américain ne peut que remarquer que seul Samuel ne chantait pas. Ses yeux saphir sont baissés vers le sol, les bras croisés sur le torse.
Pourtant, il ne bougea pas. Il resta là, l'écoutant attentivement, mais d'une oreille de sourd. Il l'adorait, après tout n'étais-ce pas lui, au départ, qui l'avait créer(2)? Mais il n'aimait pas cette version-là. Quelque chose le dérangeait, et ce n'était pas parce qu'il était en anglais.
Il ne savait vraiment pas pourquoi il n'aimait pas la version anglaise du Ô Canada.
Une fois que la foule eut cessé de chanter cet hymne, elle entama le God Save the Queen. Québec s'étouffa presque, en l'entendant. Ça, par contre, il ne pouvait pas le supporter! Sans se préoccuper des regards des Canadiens, le brun s'en va, presque en courant. Matthew, à peine surpris, cessa lui aussi de chanter, ce qui intrigua ses jeunes frères et soeurs.
« Big brother,why Samuel left? », demanda Nicholas, en tirant sur la manche du manteau de Canada.
-He don't like England, that's why, expliqua avec douceur le Pays de l'Érable, comme désormais on l'appelait, puis il lui tendit Kumajirou. You want to take Kuma in your arms for a moment? I'll get it.
-OK! , sourit la jeune province, en prenant l'ourson, qui était deux fois plus gros que lui, dans ses bras.
-Charles, watch your brothers and sisters, ordonna le blond, en direction du jeune Néo-Écossais. Il hocha la tête. Ontario s'apprêta à répliquer quelque chose, mais le regard sévère de son grand frère lui coupa aussitôt la parole.
S'excusant poliment au passage, Matthew se fraya un chemin parmi la foule, cherchant des yeux le Québécois. Au bout d'un moment, il arriva à un petit parc. Il regarda autour de lui, avant de l'apercevoir, assis au pied d'un arbre. De loin, il l'observa, hésitant à aller le voir. Mais finalement, il se décida à aller à sa rencontre.
En arrivant à sa hauteur, il s'aperçu que son amant chantait. Mais pas n'importe quoi.
Son hymne national.
« Ô Canada, terre de nos aïeux
Ton front est ceint de fleurons glorieux
Car ton bras sait porter l'épée
Il sait porter la croix... », murmurait-il, sans le moindre accent caractéristique de son peuple. Chacun des mots était clair, très facile à comprendre. Ça n'étonna même pas Matthew, qui avait déjà entendu son amant chanter. Sa voix n'était ni la plus belle, ni la plus atroce, mais s'il y a bien une chose qu'on ne peut pas lui reprocher, c'était la clarté de ses paroles.
Il le laissa chanter le reste de l'hymne, cette même version qu'il avait présenté à Canada bien des années plus tôt. Lorsque le Québécois se tût, Matthew resta silencieux un instant, puis commenta;
« Ça m'étonne que tu n'a pas encore créer ton hymne national. »
-Oh, mais j'en ai un! , ricana Samuel. "À la claire fontaine"(3), tu t'en souviens?
-On était enfants, à l'époque! Ça ne compte pas! , s'amusa le jeune pays, en allant s'asseoir à côté de lui. La neige craqua sous son poids, et même à travers ses nombreuses épaisseurs de vêtements, le froid lui gelait la peau, mais il ne s'en formalisa pas.
-Comment ça, ça compte pas?
-C'est une berceuse!
-Pis ça?
Ce chamaillage les faisait bien rire, en vérité. Doucement, Matthew posa sa tête contre l'épaule de Québec, qui observa le ciel, un certain soulagement dans le regard. Un tendre silence naît entre eux, puis le Canadien prit dans sa main celle de son amant, qui n'y réagit pas.
« T'a fait 'xprès, hein? », demanda subitement celui-ci.
-What? Can you repeat, please? , croassa le blond.
-J'parle d'la date. J'sais que t'a forcé Pearson pour que ça soit 'jourd'hui, sa présentation, expliqua sommairement la Belle Province, sans le regarder. La nation canadienne se mit à rougir et détourna légèrement le regard, observant la neige blanchâtre au sol. Il se doutait bien que Samuel le remarquerait, il n'était pas stupide.
La main quitta alors la sienne, pour lui prendre le menton. Ses yeux bleu-lavande croisèrent ceux saphirs du Québécois, et il ne pût s'empêcher de remarquer que celui-ci affichait un faible sourire heureux. Puis, sans prévenir, celui-ci l'embrassa, de façon si légère que Matthew se demanda si c'était réel.
« T'es vraiment trop fin, toé. Un jour, ça va payer, j'te le dis. », rit la grande province, provoquant un nouvau rougissement chez le Pays de l'Érable. Quelques secondes plus tard, ils entendirent tous deux des éclats de voix. Le brun lâcha aussitôt le menton de Canada, et ils regardèrent en leur direction, pour y voir les autres provinces courirent vers eux, Kumajirou les suivant à quelques pas de distance.
-Toujours là à mauvaise place, on dirait..., commenta Québec, alors que son amant soupira, se demandant si Dieu faisait exprès de gâcher ses moments seuls avec celui qu'il aimait.
(1)Le Canada, comme les autres colonies britaniques, a obtenu une totale indépendance vis-à-vis le Royaume-Uni lors du statut de Westminster, en 1931.
(2)L'hymne national canadien a d'abords été écrit en français par un Canadien français, puis traduit très librement en anglais par un Canadien anglais.
(3)"À la claire fontaine" était l'hymne national de la Nouvelle-France.
M/A : Prochain chapitre; mise en place de la Loi sur les mesures de guerre.
