Game over

Chapitre 2 : Playing with fire ... Burning the wings

Précédemment dans game over : "Voilà comment le petit jeu a commencé. J'avais remporté la première manche mais je ne m'attendais pas à une réplique aussi forte de sa part. "


Je n'aurais jamais pensé pouvoir manqué autant de souffle. Pas dans ses conditions en tout cas. Même durant la pratique de sports, je n'arrivais jamais à perdre le fil de ma respiration. Alors pourquoi ai-je l'impression de manquer d'air? Qui plus est dans ses conditions. Assise sur une chaise, thé en mains. Rien qu'à la vue d'une personne. Et surtout face à une personne comme Natsuki. Mais que Kami-sama me pardonne pour mes futures pensées. Kami que cette femme pouvait être sexy. Sait-elle qu'elle se rend davantage désirable? Je souhaite pouvoir parcourir chaque centimètre de sa peau que ce soit par mes mains ou même par mes lèvres. Ara se pourrait-il qu'il y ait une part d'amour dans toute cette luxure? Je ne sais pas. Après tout, je ne suis pas sensée être une fille stupide pour croire en l'amour. Mais Kami que puis-je faire face à l'augmentation de mon rythme cardiaque? A mon propre sang me brûlant les veines. A cet assèchement soudain de ma bouche. De cette sensation dans mon entre-jambe. Je ne souhaiterais qu'une seule chose. Une chose sale. Mais une chose tellement bonne. Le souvenir que j'en ai ne fait qu'augmenter mon désir. Désir se résumant à une action. La sentir s'occuper de moi. De mon anatomie en feu. Je voulais qu'elle me prenne d'une manière quasiment bestiale. Que je puisse enfin arriver à cette jouissance. Jouissance interrompue lors de notre dernière rencontre. Jouissance que j'ai essayé d'atteindre en solitaire. Mais cela m'a encore plus frustrée. Non, j'ai besoin qu'elle me prenne là, maintenant. Même si cela signifie pendant les heures de cours. Même si cela signifie nous faire surprendre. Une fois satisfaite, je pourrais redevenir qui j'étais avant qu'elle ne me fasse goûter à ce péché. Et peut-être pouvoir enfin passer à autre chose. Ou peut-être que pour cela, je dois m'occuper d'elle. Lui administrer des caresses. La lécher jusqu'à sa libération. Voir plus ... La pénétrer de la même manière qu'elle m'ait volé ma première fois. Bien que je sache pertinemment que je ne serais pas la première à explorer son intimité avec mes lèvres, ma langue et mes doigts. Mais que Kami me vienne en aide. Je dois le faire avant de ne plus pouvoir dormir. La faire jouir de mon traitement. Jouir pour qu'elle comprenne à quel point mon esprit est perverti par sa présence. Pour qu'elle comprendre qu'au travers de cette luxure, l'amour peut sûrement y trouver sa place. Ce qui me permettrait de ne pas totalement avoir souillé le nom de mon père. D'avoir une raison derrière cela. Par amour. Et non par luxure. Même si la vérité est différente. Mon père pourra me pardonner si je crois en l'amour. Et que Natsuki soit ouverte à cette possibilité. Amour et Natsuki. Natsuki ... Qu'elle accepte que je ne suis pas stupide d'y croire. Simplement que je n'avais pas conscience que le désir et l'amour ne peuvent faire qu'un. Surtout lorsqu'il s'agit de Natsuki. Cette envie de la posséder ... Et surtout de lui retirer cette combinaison qui lui va comme un gant. Mais je ne pouvais pas émettre tout haut ce genre de propos. Et encore moins les réaliser. A cause de mon nom. A cause de sa réputation. Non aucune de ses deux raisons n'est valable en réalité. La raison est plus imposante, plus bruyante ... Mais aussi plus humaine.

- Bon Dieu Bubuzuke !

Haruka ... Pourquoi tant de cruauté? Ne pouvais-tu pas simplement me laisser vagabonder mon regard sur cette plastique de rêve? Me laisser faire l'amour à Natsuki sur mon bureau pendant des heures et des heures? Ou même simplement calmer mon envie? Probablement pas. Je ne pense pas en demander trop pourtant mais soit ... Passons à la sanction. Bien que j'aurais une tout autre sanction en tête si cela ne tenait qu'à moi. Une sanction comprenant Natsuki accroupit entre mes jambes par exemple. Ou Natsuki me montrant son agilité manuelle. En parlant de Natsuki, celle-ci était bien silencieuse. Elle semblait prendre un malin plaisir à me torturer au vue de ce sourire narquois ornant ses lèvres. Ajouté à cela, ses mouvements sensuelles. Pourquoi devait-elle attacher ses cheveux ou même repositionner correctement sa tenue tout en prenant soin de bien se pencher en ma direction? Ara, il semblerait qu'elle soit plus téméraire que je ne le pensais. Je devais dire quelque chose.

- Kruger savez-vous la raison de votre convocation?

Natsuki haussa les épaules alors que Haruka tentait de ne pas l'étrangler. Personnellement, cela ne m'arrangerais pas. Mais je ne pense pas que quelqu'un se soucie de ce que je pense à ce sujet. Je repris en essayant de faire abstraction d'une certaine brunette.

- Pourquoi ne portez-vous pas la tenue réglementaire ?

Natsuki se releva avec une certaine sensualité. Kami que j'aimerais que ceci ne soit qu'un doux rêve. Que je puisse laisser parler mes envies. Elle s'avança vers moi tout en murmurant.

- As-tu déjà essayé de monter sur une moto avec une jupe Kai-chou-sa-ma?

Kami pourquoi parle-t-elle avec une voix aussi rauque, aussi sensuelle. Pourquoi Diaburu, Haruka reste-t-elle ici? Je devais dire quelque chose faute de pouvoir faire quelque chose. Haruka me devança lorsqu'elle balança l'uniforme de Natsuki à terre.

- KRUGER! CHANGES-TOI MAINTENANT!

Des bouchons-oreilles ... L'académie devrait m'en fournir faute de pouvoir réduire l'élocution de Haruka. Sans que je ne comprennes pourquoi, Haruka sortit de la pièce. Je fixais un instant mon homologue. Celle-ci descendit la fermeture éclaire de sa combinaison laissant apparaître ses sous-vêtements. Elle contourna le bureau.

- Sais-tu qu'il est interdit de regarder avec tant de luxure une personne Shizuru? Surtout toi Shizuru ... Une personne de ton rang ... Que penseraient tes ..

Je ne sais pas ce qui m'a pris mais je me suis mise à sa hauteur la faisant taire au passage. Je parcourrais doucement sa peau blanchâtre de mes mains. Elle se laissa faire sans aucune réticence. Au moment même où je voulais prendre possession de ses lèvres, elle se recula. Ma fierté ne me permit pas de faire autre chose. A part prétexter une soudaine réunion en dehors de ce bureau. Pour autant, je savais qu'elle avait fait exprès de me provoquer. Sa réplique ne fit qu'accentuer mon désir.

- Si tu veux vraiment cela Shizuru ... Il te suffit de faire tomber le masque.


J'avais perdu cette manche mais pas la guerre. Car oui, je menais une guerre contre Natsuki. Et surtout contre les émotions que je développais pour elle. Des émotions que je ne devais en aucun cas ressentir. La provocation étant son fort, j'avais donc décidé de frapper fort. Nous venions de terminer notre cession d'éducation physique. Après un rapide coup d'oeil, j'attendis que personne ne puisse voir mes prochaines actions. Sans grande formalité, je retirais mes vêtements et pris place dans la douche qu'elle occupait. Avant même qu'elle ne puisse émettre la moindre parole, je la bloquais contre la parois.

- Veux-tu que je m'en aille Na-tsu-ki?

Elle se contenta de secouer la tête. Elle semblait vouloir plus. Pour autant, je me contentais de prendre son gel douche et de me nettoyer tout en lui tournant le dos. Je sentis ses mains prendre de plus en plus possession de mon corps. Je devais rester indifférente. Du moins en apparence. Mon corps était en feu face à ses caresses. Caresses bientôt rejointes par de légers baisers. Elle me retourna légèrement quémandant un baiser sur les lèvres. Alors que je sentis son souffle sur mes lèvres, je me décalais et sortis de la douche. Non sans une dernière parole valant un lot d'insultes de la part de Natsuki.

- Je ne porte pas de masque Na-tsu-ki.


Cela faisait deux mois que le petit jeu de séduction avait été mis en place. Natsuki semblait en surchauffe à chaque fois que son regard croisé le mien. Quand à moi ... J'essayais de m'occuper l'esprit pour penser à autre chose. La vérité est que j'avais déjà perdu. Non. Nous avions toutes les deux perdues. Elle me désirait autant que je la désirais. Elle était frustrée autant que je l'étais. Pour autant notre fierté nous empêchait de succomber aux charmes de l'autre. Même si le désir brûlait mes veines, je ne pouvais pas la laisser s'amuser avec moi et me laisser ensuite. Qui plus est, je ne pouvais pas faire cela. Déshonorer davantage le nom de mon père. Je pensais que mes envies ne pourraient jamais s'arrêter pour cette femme. Pour autant, elle avait fini par me faire souffrir. Encore une fois devrais-je dire. Je ne sais pas pourquoi j'avais fini par craquer. Mais nous devions parler. Parler de ce jeu me prenant de plus en plus de mon temps. Parce que je ne cessais de penser à elle. Je savais que Mai était avec Reito. L'idée d'une visite dans son dortoir m'est alors venue. J'aurais dû le comprendre avant même que la porte ne s'ouvre. J'aurais dû le prévoir. Après tout qu'attendais-je de cette femme? Rien. La porte s'entrouvrit et je fus surprise de voir une femme blonde aux yeux verts. Celle-ci me dévisagea un instant.

- Kaichou?

Je n'avais pas fait attention jusque-là à sa tenue ou plutôt à son absence de tenue. Mon esprit s'est alors déconnectée. Pire encore, la douleur compressant ma poitrine fut insoutenable. Natsuki apparut au côté de la jeune femme. Je ne sais pas pourquoi elle pâlit de cette manière. Personnellement cela m'était complètement égale. Je n'arrivais même pas à parler. Je décidais de reprendre mon chemin lorsqu'elle me saisit par la main.

- Shizuru je ...

Je devais alors reprendre mon rôle. Tout en me décalant, je repris d'une voix plus sèche.

- Ce que vous faîtes en dehors des cours ne me regarde pas Kruger. Si Haruka découvre cet écart, elle aura un dossier solide sur votre cas. Et j'épaulerais sa demande d'expulsion.

- Shi ...

Je la coupais en murmurant les dernières paroles. A voir son visage choqué, je pense qu'elle les a entendu.

- Tu avais raison sur une chose : L'amour est une belle connerie. Surtout si tu es la deuxième personne concernée.


Je ne sais pas pourquoi je me suis effondrée de cette manière. Je n'avais plus goût à rien. Ma mère avait décelé un changement dans mon comportement et ma posture. La vérité est qu'elle m'avait pris une partie de moi. De mon intégrité mais aussi de ma fierté. Ou plutôt de mon innocence. Ma mère avait donc essayé de savoir si le problème était lié à Reito. Et indirectement, il l'était. Mais je ne devais pas vendre la mèche. J'avais donc simplement nié. Je voulais être seule. Retrouver mon dortoir de l'Académie. Mon père m'avait alors pris à part. Donation fut le seul mot que j'entendis dans tout son monologue. Tout en saisissant une enveloppe, je me dirigeais vers la cours. Inutile de savoir le lieu, mon chauffeur nous y amènerait bien assez tôt. La voiture s'arrêta devant un hôpital. Mon rôle était simple. C'était le même depuis des années. Entrer, visiter, donner le chèque et repartir. Mon père n'en avait que faire de cet hôpital, c'était juste une manière de développer son image. La charité et le partage. Deux notions obsolètes dans notre milieu. Mais mon avis n'a que peu d'importance. Tout en me dirigeant vers l'entrée, je fus surprise de voir Natsuki. Celle-ci semblait ailleurs, le pire était sa tenue. Pourquoi Kami es-tu si cruel avec moi? Le directeur me stoppa dans mon observation en me souriant de toutes ses dents. La seule chose qu'il désirait, était de voir le montant du chèque. Je vis Natsuki s'engouffrer à l'intérieur d'un bâtiment. Sans grande formalité, je déposais l'enveloppe dans les mains du directeur et m'excusais pour 'une visite des lieux'. Je remontais les différentes allées et m'arrêtais nette lorsque j'entendis la voix de Natsuki.

- Comment va-t-elle?

- Elle va mieux mais ...

- Je sais. Merci Yohko. Je vais aller la voir.

Je m'avançais vers la chambre et distinguais Natsuki. Une femme plus âgée se tenait devant elle et lui caressait le visage. De la où j'étais je pouvais voir qu'elle pleurait.

- Ne repars plus je t'en prie Itaru. La guerre finira par te tuer mon fils.

De là où j'étais, je pouvais voir la tristesse dans les yeux de Natsuki. Pour autant, elle se tint droite tout en répondant. Je comprenais alors pourquoi elle portait un uniforme de militaire.

- Je suis là Mère.

La vieille femme se réinstalla sur sa chaise.

- Et pour Saeko ?

Natsuki était toujours debout mais je pus voir une autre émotion dans son regard.

- Ne te soucies pas de ça.

La vieille femme rigola légèrement.

- Quand vas-tu décider de l'amener avec toi?

- Saeko est ... Occupée Mère.

- Je parlais de Natsuki. J'aimerais pouvoir voir le visage de ma petite-fille Itaru.

Natsuki serra légèrement les poings mais hocha simplement la tête. La vieille femme reprit de plus belle.

- A cinq ans, un enfant à besoin de son père Itaru. Veille sur ta famille. La guerre peut se faire sans toi. Mais ta fille ne doit pas grandir sans son père.

La vieille femme grimaça légèrement lorsqu'elle se releva. Natsuki l'aida à se réinstaller dans son lit.

- Je reviendrais plus tard Mère.

- Itaru?

- Oui?

Shizuru arrêta de respirer au moment même où elle entendit les propos de la femme.

- Tu dois pardonner Saeko pour son écart. Ne perds jamais Foix en l'amour. Même si tu la perds, ta fille restera ton sang. N'oublie jamais cela. Natsuki a besoin de toi.

Même à cette distance, Shizuru pouvait voir les quelques larmes s'échappant des yeux de Natsuki. Elle embrassa doucement la femme tombée endormie puis murmura doucement.

- Tu as tors Grand-Mère, ce n'est pas la guerre qui a tué Père mais bien l'amour. Jamais je ne laisserais cela m'arriver.

Ecrasée contre le mur, j'attendis de ne plus voir Natsuki pour me remettre en marche. Les quelques paroles échangées m'avaient laissé un goût amer dans la bouche. Au final, je n'étais pas celle qui avait perdu le plus. Natsuki avait perdu le jeu bien avant que je ne me décide à y participer. Mais cela ne voulait pas dire que j'étais la gagnante. Bien au contraire ... Natsuki avait le droit de gagner autant que je le souhaitais. Je devais apprendre à connaître cette jeune femme et non pas la jeune femme de l'académie. Et si cela devait passer par un jeu de séduction alors j'y jouerais sans aucune retenue.