Game over
Chapitre 4 : Dig his own grave.
Précédemment dans game over : "Tout en prenant place dans ma baignoire, je ne pouvais qu'arborer un léger sourire malgré la douleur. L'énigme Kruger est encore plus difficile que je ne pensais."
Natsuki avait raison. Une petite semaine après notre session d'amour ... ou devrais-je dire de sexe, la douleur avait disparu. Je m'attendais à des murmures sur ma personne mais Natsuki avait tenu parole. Elle n'avait rien dit. De retour de sport, je fus surprise de ne pas voir Natsuki. A vrai dire, elle avait été absente durant toute la semaine. N'étant pas au summum de ma forme, je m'étais limitée à ma présence en cours. Je ne pouvais pas faire plus sans que le masque ne se brise. Je me demandais alors si Haruka n'avait pas réussi à l'expulser suite à ma désertion temporaire au siège du conseil. Au fond, cela me faisait mal rien que d'y penser. Mais peut-être était-ce mieux si tel était le cas. Une rupture nette entre Natsuki et moi. Avant que je ne tombe encore plus dans l'amour pour elle. Avant qu'elle ne se décide à ne plus vouloir aucune partie de moi. Mais je ne devais pas penser à cela. Sinon, il est clair que je retournerais directement dans mon dortoir. Non pas suite à la douleur mais suite à une dépression à venir. Je devais savoir où était Natsuki. Et surtout si elle avait été renvoyée. Je devais quitter rapidement la douche et le vestiaire pour pouvoir m'en assurer moi-même. Pour pouvoir alléger mon esprit. Ou au contraire pour pleurer toutes les larmes de mon corps. Mais une chose m'arrêta dans mon élan.
- Allez arrêtes de bouder sérieux! T'es lourde Miharu!
- Je ne boudes pas. Et puis d'abord de quoi tu te mêles! Fous-moi la paix sérieux.
Je ne reconnus pas les voix ni le prénom de la jeune fille. Sans doute une autre classe.
- Tout ça parce que ta Kruger t'a envoyé sur les roses.
Je ne sais pas pourquoi mais à chaque fois qu'une jeune femme est triste, il y a une forte probabilité pour que Natsuki en soit la cause. Encore une jeune femme ayant été abandonnée après avoir satisfait Natsuki. Cette pensée renforça d'autant plus mon malaise actuel.
- Elle ne sera jamais à moi ... Tu le sais très bien Anna ...
- Miharu ...
- Je pense que c'est à cause du fait que j'ai grossi ...
Je pensais être celle la plus atteinte sur le cas Kruger mais il semblerait qu'il y ait pire.
- Mais arrêtes avec ça! Si tu veux savoir, Ui a eu la même réaction avec Kruger alors laisses tomber. C'est elle le problème!
J'allais sortir de ma douche lorsqu'une parole m'acheva.
- Ui ... Attends tu te fous de moi? Kruger n'a même pas voulu l'embrasser alors que moi ...
- Oui d'ailleurs il s'est passé quoi pour que tu sois autant vexée?
- Bah rien justement! Au moment de ... Bah tu vois quoi ... Elle s'est arrêtée en murmurant un truc totalement incongru.
- Incongru?
- Ouai "cette femme et son fichu masque". J'ai pas compris vu à la vitesse qu'elle est partie.
- Tu sais y'a un truc pas net chez cette fille. Un jour elle couche avec une trentaine de nana et un jour plus rien. Laisses tomber Miharu. Allez viens, ça nous fera du bien de nager.
Seule, je sortis de ma douche. Tout en m'habillant, j'entendis la porte du vestiaire se rouvrir. Une jeune femme passa devant moi et me salua rapidement. Je la reconnus directement. C'était la jeune femme que j'avais vu quasiment nue dans le dortoir de Natsuki. La discussion m'avait laissé un peu perplexe. Natsuki était perturbée par ma personne. Mais la question était pourquoi ? Au final, la réponse n'était pas celle que je souhaiterais alors cela n'avait aucune importance.
J'avais tors ... Cela avait de l'importance. Natsuki avait de l'importance pour moi. J'avais besoin de réponse. Voilà pourquoi je lui avais demandé de venir. Voilà pourquoi je faisais face à la seule personne que je souhaitais ignorer dans cette académie. Mai Tokiha. Elle semblait mal à l'aise à voir la manière dont elle jouait avec sa jupe. Je ne voyais vraiment pas ce que Reito lui trouvait. Peut-être était-ce pour ses formes généreuse ... Reito qui ne souhaitait guère quitter la pièce. Se qui n'arrangea pas mes affaires. Avait-il peur que je ne fasse du mal à sa bien-aimée? Je n'en avais que faire de cette femme. La seule raison de sa présence était Natsuki. Étant sa colocataire, elle devrait pouvoir m'apporter quelques réponses. Mais pour cela, il faudrait que Reito sorte de la pièce.
- Pourrais-tu sortir? J'ai besoin de m'entretenir personnellement avec Tokiha.
Je ne pensais pas que mon ton pouvait être aussi glacial. Depuis que Reito m'a avoué son amour pour cette femme, nous ne parlions que très peu. Nous faisons simplement bonne figure aux yeux du reste de l'Académie mais ça s'arrêtait là.
- Shizuru tu ...
- Je te le demande en tant que présidente du conseil. Alors dehors avant que je n'appelle Haruka pour te mettre à la porte.
Il allait répliquer mais je le devançais encore une fois.
- Je ne vais rien lui faire Reito. Votre relation m'est totalement égale. Et de toute manière je suis ...
- Tu es ?
Pouvais-je réellement lui dire que mon coeur bat pour une autre personne. Que je me suis donnée à une autre personne. Non le risque était trop grand. Je me contenterais de lui affirmer tout haut ce que je sais depuis plusieurs années.
- Je ne t'ai jamais aimé Reito.
Il s'avoua vaincu et quitta la pièce. Je pouvais enfin parler de la personne prenant en otage mon esprit. Je me relevais et m'empressais de refermer la porte. Tout en retournant à mon siège, je fixais cette Tokiha. Je ne pouvais plus attendre.
- Où est Natsuki?
Elle resta un instant sceptique par ma question puis haussa simplement les épaules.
- Je ne sais pas. Elle n'est pas rentrée depuis plus d'une semaine.
Et personne ne s'inquiète! J'avais envie de lui mettre une gifle. Qui sait ce qui peut arriver à une femme ayant ... Son mode de vie.
- Ce n'est pas inhabituel vous savez.
Lisait-elle dans mes pensées? Je me contentais de hocher la tête. Que pouvais-je faire d'autre après tout?
- Vous pouvez y aller Tokiha.
Elle se releva puis s'arrêta au milieu de la pièce. Elle se retourna et porta un léger sourire.
- Natsuki n'est pas une mauvaise personne. Peut-être que si vous arrivez à être assez proche d'elle, elle vous fera assez confiance pour vous parler d'elle. Et peut-être même ...
- Oui?
- Elle acceptera vos sentiments à son égard.
Je me relevais d'un coup suite à la révélation.
- De quel droit osez-vous ...
Elle se rapprocha de moi et secoua légèrement la tête.
- Natsuki a changé depuis plusieurs mois. Je ne savais pas pourquoi. Jusqu'au jour où vous avez fait irruption dans notre dortoir. Je n'ai fait que poser les bonnes questions suite à des bonnes observations.
- Qui d'autre est au courant?
Elle semblait surprise par ma question. A quoi bon nier.
- Je n'ai rien dit à Reito si c'est votre question. Et je ne compte pas en parler. Juste ...
- Juste?
Elle s'avança vers la porte et murmura avant de partir.
- Prenez soin d'elle si elle vous ouvre son coeur.
Seule, je laissais parlé une part de ma tristesse.
- Jamais elle ne m'ouvrira son coeur alors à quoi bon me faire espérer Tokiha ...
Je ne savais pas comment réagir. Etre réveillée à 2h du matin ne me permettait pas d'avoir les idées claires. Voir Natsuki en face de moi non plus d'ailleurs. Elle referma la porte et retira son blouson. Avant même que je ne puisse comprendre, elle me ramena dans mon lit. Elle passa ses main en dessous de ma nuisette et ronronna dans mon oreille.
- Attendais-tu ma venue pour dormir sans sous-vêtement?
Je rougis légèrement face à son ton rauque. Elle se plaça au dessus de moi et retira son t-shirt. De là où j'étais, j'avais une vue parfaite sur son ventre plat, sur la ligne centrale mettant en valeur l'apparition de ses abdos. Elle m'embrassa doucement avant même que je ne puisse sortir de ma contemplation. J'avoue que je me suis maudite par la suite face à ma curiosité. Pour autant, j'arrivais à prononcer entre deux gémissements mes craintes de la précédente semaine.
- Où étais-tu?
Elle ne semblait pas vouloir répondre. Elle continua à m'administrer des caresses puis se décala. Pendant qu'elle retirait son jean, je réitérais ma question. Elle secoua la tête et rampa au dessus de moi telle une tigresse s'abattant sur sa proie. Tout en mordillant le lobe de mon oreille, elle murmura.
- Je ne suis pas ici pour parler. Tout ce que je souhaites c'est me détendre.
Je devrais être vexée par ce genre de propos. Mais personnellement, je souhaitais également me détendre. Pour autant, sa phrase avait laissé un désir dans mon coeur. Un désir de lui faire l'amour comme elle m'avait fait l'amour. Je ne pensais pas avoir autant de force mais je parvins à retourner la situation. Pourquoi ne pas profiter un peu de son jeu. Je cherchais à tâton mon ruban et sourit légèrement quand je parvins à mettre la main dessus. Tout en maintenant ses poignets au dessus de sa tête avec l'une de mes mains, je parvins à la ligoter à mes barreaux de mon lit. Comprenant sa posture, son sourire se fana légèrement.
- Shizuru ... Qu'est-ce ...
Je la désirais. D'une façon crue. Tellement bestiale. Je posais doucement un doigt sur ses lèvres et murmura sensuellement.
- Je vais faire ce pour quoi tu es venue.
Je capturais ses lèvres avant même qu'elle ne puisse me répondre. Le baiser était chaud et de plus en plus vigoureux. Je commençais d'ailleurs à manquer d'air. Je m'arrêtais à contre coeur et descendis mes mains le long de son cou. Je malaxais doucement sa poitrine tout en léchant son cou. J'essayais de trouver des choses qui pourraient la satisfaire. Au vue de la façon dont elle arqua son dos, cela devait lui plaire. Je poursuivis mon oeuvre jusqu'à son intimité. Je commençais à la lécher comme elle l'avait fait pour moi. M'appliquant sur certaines zones semblant plus sensibles.
- Shizuru ... Ne ...
Je remontais mon visage et fixa la forme en feu en dessous de moi.
- Natsuki n'aime pas mon traitement de faveur?
Elle déglutit difficilement face à ma voix rauque. Elle articula cependant une phrase me laissant perplexe.
- Détaches-moi.
- Pas avant que je n'en finisses avec toi.
Elle pâlit légèrement lorsqu'elle sentit ma main caresser son intimité. J'avoue que je n'avais pas en tête de m'arrêter. Je voulais la faire jouir. Je voulais goûter sa jouissance. Je voulais au final lui faire mal comme elle m'avait fait mal. C'est peut-être pour cette raison que je me suis immiscée en elle aussi rapidement. Elle émit un léger sifflement. Mais je ne voulais pas m'arrêter. Une fois bien installée au dessus d'elle, je commençais des vas-et-viens de plus en en plus exigeants, brutaux. Je l'entendis haleter légèrement et gémir de temps en temps. Ce qui me fit qu'accentuer mon désir. Je comprenais alors pourquoi elle souhaitait donner autant de plaisir à une femme. Sentir ses parois internes se contracter à chacune de mes intrusions me mettait dans un état de trans. J'avais envie qu'elle me pénètre aussi. De ressentir. J'ai donc commencé à coller mon intimité contre son bassin. Tout en faisant des vas-et-viens en elle, j'essayais de les calquer à mes propres mouvements de bassin. Je crois que je n'avais jamais ressenti quelque chose d'aussi fort. J'avais réglé mon rythme pour que nous soyons synchronisées dans nos gémissements et respirations saccagées. Je sentais le désir s'intensifier dans mes veines. Je savais que j'étais proche de mon point de rupture et elle aussi semble-t-il. Je voulais jouir en même temps qu'elle. Voilà pourquoi j'ai accentué mes coups de reins et mes vas-et-viens. Vidée, je me suis écrasée sur elle. Tout en retirant mon ruban, je logeais ma tête dans son cou. Après plusieurs minutes de silence, la réalité reprit le dessus. Je me décalais légèrement et lui tourna le dos. J'avais espéré qu'elle ne se lève pas. Qu'elle ne se rhabille pas. Qu'elle me prenne dans ses bras ou me caresse l'arrière de mon dos. Qu'elle me dise qu'elle m'aime. Et au final qu'elle ne me quittes pas. Mais lorsque les premières larmes coulèrent sur mon visage, je savais que la place derrière moi était vide. La fermeture de la porte de mon dortoir ne vint que confirmer ma solitude.
Fin du chapitre 4
