Game over
Chapitre 5 : Wanting to finish the game ... The only mistake ?
Précédemment dans game over : "J'avais espéré qu'elle ne se lève pas. Qu'elle ne se rhabille pas. Qu'elle me prenne dans ses bras ou me caresse l'arrière de mon dos. Qu'elle me dise qu'elle m'aime. Et au final qu'elle ne me quittes pas. Mais lorsque les premières larmes coulèrent sur mon visage, je savais que la place derrière moi était vide. La fermeture de la porte de mon dortoir ne vint que confirmer ma solitude."
Depuis maintenant une semaine, je n'avais pas eu la possibilité de voir Natsuki. Honnêtement cela était un mal pour un bien. J'avais honte de mon comportement. J'avais quasiment violé une femme dans mon dortoir alors qu'il était clair qu'elle ne le souhaitait pas. Bien que ma logique était mise à rude épreuve. Après tout, elle avait consciemment frappé à ma porte puis retiré ses vêtements. Le problème était qu'elle souhaitait me baiser sauvagement et non l'inverse. Voilà pourquoi je m'en voulais. Qui plus est, si cela venait à se savoir, je pourrais être renvoyée. Ne parlons même pas des conséquences que cela pourraient avoir si mes parents en avaient notion. Je pense que la peine de mort me serait appliquée. Non pas devant un tribunal mais dans la demeure Fujino. Mon père n'hésiterait pas une seule seconde entre son nom et sa fille. Il me tuerait pour obtenir réparation. La question qui triturait mon esprit était simple. Devais-je m'excuser? Je ne pouvais pas le faire. Parce qu'elle était responsable de mon comportement. Elle en était l'initiatrice. J'avais donc en tête une autre chose. Arrêter ce petit jeu entre nous deux. Je devais lui avouer mon amour. Et elle se détournerait de ma personne. Je le savais pertinemment. Peut-être était-ce cela que l'on nommait "un écart de jeunesse". Peut-être qu'après cela, je trouverais une autre personne. Une personne qui, comme Natsuki, me ferait me sentir vivante. Mais en plus de celle-ci, elle m'aimerait. Voilà pourquoi je devais de nouveau être face à face avec elle. Pour lui dire que c'est fini. Bien qu'il n'y ait jamais rien eu. Ma santé mentale ne pouvait pas en prendre davantage. Qui sait ce qui se passerait si elle franchirait de nouveau la porte de mon dortoir ... Je sais que je n'arriverais pas à me contrôler. Et cela pourrait réellement mal se terminer. Un autre argument pour que cela cesse. Mais là encore, ne s'en servirait-elle pas pour me faire du mal? Je ne pouvais pas rester sans réponses. Quittes à payer son silence, je devais mettre un terme à toute cette luxure. Malgré que mon corps ne soit pas d'accord avec ma raison , c'est elle que je suivrais.
- Shizuru puis-je te parler un instant?
Je n'avais pas écouté la moitié de mon cours d'anglais mais espérais que cela ne s'était pas vu. Mon enseignante me fixa un instant.
- Une de mes élèves possède d'énormes lacunes en anglais mais aussi en littérature française. Je n'ai jamais rien eu à t'apprendre étant donnée tes excellentes connaissances. Je me demandais donc si tu pouvais consacrer un peu de ton temps pour aider cette élève?
Je vais finir par croire que je ne suis destinée qu'à être au service d'autrui. Mes envies ou désirs sont étrangers à bien de monde. A l'exception d'une personne. Mais là encore, je ne devais pas pensé à elle.
- Bien sûr.
Je ne pouvais pas refuser. Elle connaissait d'ailleurs la réponse bien avant qu'elle ne me pose sa question.
- Très bien. Je lui dirais de se présenter au conseil en fin de journée.
La fin de journée arriva bien vite. J'avais passé tout mon temps libre a essayé de mettre la main sur Natsuki. Ou plutôt à trouver Natsuki. Mais en vain. J'avais donc capitulé en signalant à Tokiha mon souhait de lui parler. Je ne m'attendais pas à faire face à Ahn Luu pour les cours de soutien. Elle me sourit légèrement et s'installa à côté de moi sans même que je ne lui invites. Le cours avait été difficile pour moi. Beaucoup plus pour elle. Malgré son souhait de me taquiner à longueur de temps sur chaque temps mort, elle avait fini par écouter attentivement mes conseils. Mais je ne m'attendais pas à ce que la conversation prenne une place plus personnelle. Elle m'arrêta tout en posant sa main sur la mienne.
- Je pense que c'est assez pour aujourd'hui. Merci Shizuru.
Malgré la proximité, j'essayais de masquer mon malaise. Elle se releva et je l'imitais dans son geste.
- Nous nous verrons sûrement pour les négociations.
J'étais surprise par sa réplique. Elle le remarqua et secoua la tête.
- Je vois ... Ton père ne t'a pas proposé de venir ? Je suis désolée, j'avais oublié le comportement si traditionnel de ton père.
Je ne savais pas si je devais la remercier ou protéger la réputation de mon père.
- Les Luu et les Fujino n'ont jamais vraiment eu d'affaires ensemble alors je comprends la décision de mon père.
Elle rigola légèrement et se rapprocha de moi. J'avoue que je ne m'attendais pas à sa réponse.
- Vraiment? Un engagement n'est rien à tes yeux ?
- Un quoi?
Elle secoua la tête et fixa l'extérieur.
- Alors même cela tu n'es pas au courant.
Je voulais en demander davantage mais elle me précéda.
- Mon père m'a dit que nos deux familles auraient dû être unies. Les prédictions de ton médecin était que tu sois un homme. Alors ton père s'est dépêché de proposer un mariage arrangé entre nos deux familles. Bien évidemment à ta naissance, il s'est dépêché de te donner au Kanzaki. Pour autant ...
Elle s'avança vers moi et laissa quelques centimètres entre nous deux.
- Je ne l'ai su qu'il y a cinq ans. Lorsque j'ai su que tu étais la fille de Fujino, j'ai maudit la décision de ton père.
- Et pourquoi cela?
Elle m'embrassa doucement sur les lèvres me prenant de court. Elle caressa doucement mon visage et se retira. Pour autant sa voix basse me donna une réponse sans équivoque.
- Parce que depuis la première fois que je t'ai vu, je suis tombée amoureuse de toi.
- Je ...
- Tu n'as rien à dire. Je sais que tu es destinée à ce Kanzaki. Pour autant, si tu souhaites un jour être avec une personne qui t'aime et te respecte comme une femme, comme tu devrais être respectée d'ailleurs, je serais là.
Elle quitta la pièce avant même que je ne puisses émettre une réponse. Son baiser était différent de ceux de Natsuki. Plus doux, plus profond. Et surtout moins luxurieux. Elle m'aimait d'un amour sincère et profond, je pouvais le voir dans ses yeux. Malgré cela, mes pensées revenaient sans cesse vers Natsuki. Je sursautais lorsque la personne de mes pensées se trouva à quelques mètres de moi.
- Alors c'est pour ça que tu voulais me voir? Pour me dire que tu baises avec Luu maintenant?
A quoi pouvais-je m'attendre d'autre de la part de Natsuki? Evidemment que le mot "amour" ne faisait pas parti de sa question. J'étais fatiguée.
- Non. Je voulais te voir pour te dire que je voulais mettre un terme à ... Ce que nous faisons.
- Parce que tu couches avec elle?
Je préférais ne pas répondre. Je tirais les rideaux et m'apprêtais à m'en aller lorsqu'elle me saisit par le bras.
- Réponds-moi!
La colère finit par me faire craquer.
- Pourquoi devrais-je répondre à tes questions alors que tu éludes les miennes? Alors que tu ne souhaites que du sexe? Rassures-toi une autre femme te donnera satisfaction!
- C'est ...
- Ahn n'a rien à voir dans mes décisions!
Je me décalais mais elle renforça sa prise.
- Alors pourquoi souhaites-tu arrêter?
J'avais alors répondu sans douter une seule seconde.
- Parce que je me détruis lorsque je suis avec toi. Parce que je t'aime tellement que je pourrais perdre tout ce que j'ai si cela signifie être avec toi.
Elle fut surprise par ma réponse à voir la façon dont elle me regardait.
- J'étais au mariage de ma mère.
J'avoue que je n'avais pas compris. Elle reprit tout en soufflant légèrement.
- Ma mère s'est remariée avec ... Bref voilà où j'étais il y a plus d'une semaine.
Je hochais simplement la tête mais elle posa une main sur mon bassin.
- Maintenant que tu as ta réponse ... Nous pourrions continuer non? On s'amuse bien à deux.
Avait-elle enregistré ma déclaration datant de quelques minutes? Probablement pas. Cela me faisait mal. Trop mal. Voilà pourquoi je l'ai brisé avant de quitter la pièce.
- Au final tu es comme ta mère Natsuki.
- Je te demande pardon?
- Ton père est mort par amour pour ta mère pendant qu'elle s'envoyait en l'air avec un autre. Tu fais exactement la même chose.
La manière dont elle serra les poings me signalèrent que j'avais touché un point sensible. Mais pourquoi devrais-je être la seule à souffrir? Tout en me retirant, je murmurais doucement.
- Nous en avons fini Natsuki.
Sa réponse me glaça le sang.
- Bien au contraire, nous venons à peine de commencer Shizuru. Surtout si nous mettons le personnel en premier plan.
Je m'étais attendue à une contre-attaque. Un coup de téléphone de mes parents pour me rapatrier de force jusqu'à notre demeure pour l'exemple le plus extrême. Mais rien. Même au sein de l'académie, je ne faisais pas l'objet d'aucune rumeur. Cela me torturait l'esprit. Qu'avait bien en tête Natsuki? Natsuki qui avait une fréquentation exemplaire depuis ce jour. Ce qui me mettait davantage mal à l'aise. Elle s'était mise à étudier correctement et me surpassait même dans certaines matières. Était-ce sa façon de se venger? Si tel était le cas, c'était gérable. Le plus troublant était qu'elle ne couchait plus avec personne. Au grand damne de Haruka qui avait perdu tout espoir de l'exclure. C'est peut-être pour cette raison que j'ai baissé ma garde. Peut-être aurais-je dû rester fidèle à moi-même. Méfiante. Mais qui aurais pû imaginer un seul instant la suite des événements? A voir le visage choqué de Reito ou encore la bouche grande ouverte de Haruka, je n'étais pas la seule surprise face à cela. En l'espace de cinq minutes, elle avait réussi à faire éclater la vérité aux yeux de plusieurs personnes mais surtout aux yeux des seules personnes qui devaient être étrangers à tout cela ... Mes parents. De quelle manière ? Je ne suis plus sûre de grand chose mais en revanche je sais que vous n'arriverez jamais à le deviner. Car c'est une chose dépassant tout ce que je pouvais imaginer. Une chose ne signifiant qu'une seule chose. Elle avait gagné. Me laissant là, seule au regard de tous, humiliée et sûrement reniée.
Fin du chapitre 5
