Bonsoir ! Voici la suite, et la fin... Merci à Elwensa pour ses magnifiques dessins que j'adooore !

Bonne lecture !


« J'aurais besoin que vous m'aidiez », déclara Elsa.

Ils se trouvaient dans une auberge, où ils avaient réussi à ne pas se faire trop repérer, et où on ne leur avait pas posé de question sur le fait qu'ils avaient avec eux cinq personnes à demi-morte. Claire avait demandé au barman s'il avait une pièce assez grande pour accueillir une quinzaine de personnes. Répondant positivement, il leur avait prêter une grande salle avec une grande table ronde et une quinzaine de places. Ils avaient soigné les blessés puis attendu qu'ils se réveillent. Une fois que tout cela fut fait, à peu près une semaine après leur arrivée, ils se réunirent dans la salle. Et c'est à ce moment-là qu'Elsa avait déclarer cela.

« Que nous t'aidions pour quoi ? demanda Bob. Nous ne te connaissons pas beaucoup. »

Alors Elsa leur raconta tout, depuis le début, comment elle était arrivée là, jusqu'au moment présent, passant par la rencontre avec Maëlynda puis avec Malicia. Et enfin elle leur expliqua ce qu'elle attendait d'eux : qu'ils l'aident à repartir dans son monde. Les anciens Membrats se consultèrent du regard.

« Je ne suis pas le chef des Membrats, d'ailleurs il n'y en a pas, mais je vais parler au nom de tous, déclara à nouveau Bob. Nous aimerions une contrepartie en échange de notre aide.

- Que voulez-vous ?

- Nous aimerions que tu nous aides à combattre les Dragons et à remettre en place Mathieu. Nous ne voulons pas le tuer. »

Elsa réfléchit. Elle s'était beaucoup et souvent entraînée chez elle, alors peut-être qu'elle serait assez forte pour pouvoir survivre dans une guerre ! Regardant droit dans les yeux Luhdiir, elle crut y lire une certaine appréhension qu'il tentait tant bien que mal de cacher. Elle se tourna vers son deuxième ami. Son regard voulait dire : « Fais le choix que tu veux. Mais souviens-toi simplement que si tu refuses, tu risques de ne pas repartir dans ton monde. En clair, acceptes. Mais après, tu fais ce que tu veux ! »

Soupirant, elle hocha lentement la tête en répondant :

« J'accepte.

- Bien, je crois que cette petite réunion est finie, à présent. Il est tard, mangeons quelque chose et allons dormir ! Demain nous partons tôt. » proposa Claire.

Tous sourirent à ces mots. Ils commandèrent un repas, le mangèrent et allèrent ensuite dormir.

OoOoOoO

Le lendemain matin, à l'aube, lorsqu'ils se réveillèrent, ils se préparèrent rapidement. Il fallait se dépêcher ! Ils mangèrent sur le pouce, puis Teos Dinok s'occupa de payer la note.

« Nopeasti ! Viholliset ovat tulossa ! les pressa Maëlynda.

- Qu'est-ce qu'elle a dit ? demanda Elsa, qui n'avait pas compris un traitre mot.

- Türgen ! Daisnuud irj baina ! répéta en une autre langue Malicia.

- Bizarrement, j'ai encore moins bien compris, soupira Elsa.

- Vite ! Les ennemis arrivent ! » traduirent alors les deux filles en même temps.

Tous se tournèrent dans tous les sens.

« Des ennemis ? Mais où sont-ils ? » demanda perplexe Claire.

Elle eut sa réponse lorsque du bruit vint de la rue. Regardant par une fenêtre, elle vit des hommes habillés en armures en train de massacrer les habitants.

« Pourquoi font-ils cela ? demanda-t-elle à mi-voix.

- Pour vous retrouver, répondit une voix que sept d'entre eux reconnurent.

- Mathieu ! » murmurèrent-ils angoissés.

Devant eux se trouvait un homme de petite taille, ressemblant trait pour trait au Mathieu du monde d'Elsa, plus précisément au Patron. En effet, ses lunettes à soleil noires, sa peau d'une blancheur cadavérique et ses habits noirs rappelaient à Elsa un des personnages de SLG. Un rictus vint aux lèvres de cet homme et il murmura à son tour :

« Mes vieux amis. Lorsque j'ai su que vous vous étiez échappés et que j'ai vu que cette pauvre Florina était morte, j'ai tout de suite demandé à mes armées de vous chercher dans tout le pays. Vous êtes tellement naïfs. »

Il rit d'un rire mauvais et méchant, ce qui fit frissonner Elsa. Combien de fois n'avait-elle pas essayer d'imiter ce rire ?

« Et je vous trouve dans cette auberge miteuse, à boire et à manger comme si le danger n'existait plus. Mais il existe toujours, et il sera là même dans les endroits soi-disant les plus sûrs ! À présent, suivez-moi, ou mourrez. »

Il avait baissé l'intonation de sa voix. Il sortit une... épée. Cela fit un choc à Elsa qui s'attendait à voir braquée sur elle une arme plus moderne. Par exemple un flingue.

« Nous choisissons alors de mourir. » répondit Bob avec plus d'assurance qu'il n'en avait réellement.

Aucun ne sortit son arme. Ils règleraient cela à la magie. Il fallait faire sortir de l'esprit de Mathieu ce démon. Et pour cela, il fallait le paralyser.

« Vous, sortez et aidez les habitants, ordonna à mi-voix Fantasio aux non-Membrats. Nous, on s'occupe de lui. »

Alors Elsa et les autres s'enfuirent par la porte de derrière. Les Membrats entourèrent Mathieu. Celui-ci se battit férocement contre les autres, mais en les blessant seulement. Il renvoyait tous les sortilèges. Mais il ne remarqua pas celui qui venait de Malicia. Il s'effondra. La jeune femme vint près de lui et entra dans son esprit. C'était très noir, et très différent de celui de Vikken. Elle entendit des voix qui venaient de devant elle. Marchant à pas de loup, elle distingua enfin des silhouettes. S'approchant encore un peu, elle remarqua que tous étaient semblables. Elle entendit du bruit derrière elle. Se retournant, elle vit que c'étaient les Membrats.

« Il faut que nous les tuions, murmura Claire.

- Il y a trois choses qui pourraient arriver, ajouta Linksthesun. Numéro 3, nous pourrions sans faire exprès tuer le vrai Mathieu. Numéro 2, nous pourrions réussir et sauver notre ami. Et numéro 1, ils pourraient nous remarquer avant et nous tuer. »

Pendant qu'il disait cela, Malicia regardait attentivement les personnalités : il y en avait un qui ressemblait à celui qui leur avait fait face ; un autre qui tenait un ourson en peluche et qui avait peur ; une fille assez hideuse qui criait comme une dinde comme quoi elle avait perdu un objet « super trop important » d'après elle ; un qui portait des habits blancs et qui prononçait des formules en lisant un livre ; un qui se foutait éperdument de ce qui se passait autour de lui ; un qui semblait malade ; et enfin un autre déguisé en... panda ?

« Ne les tuez pas. Bloquez juste l'homme en noir et faites en sorte que ce soit Mathieu, celui mal en point, qui soit au commande de son corps. » ordonna Malicia.

Et les Membrats firent ce qu'avait ordonné Malicia.

OoOoOoO

Elsa sortit son épée, ainsi que tous les autres, sauf Maëlynda qui prenait en charge tous les blessés et les soignait. Ils combattaient férocement. Elsa coupa en deux un soldat, en décapita un autre et planta son épée dans l'oeil d'un troisième. Son épée était sale de sang, mais elle ne s'en formalisa pas. Luhdiir avait comme d'habitude ses deux dagues et tranchait les gorges de ses ennemis. Teos Dinok protégeait plus les habitants qui n'avaient pas d'arme et les emmenait en sûreté en essayant de ne pas non plus tuer trop de soldats. C'étaient tout de même des hommes ! Et Monseigneur Öschnar avait sorti une épée très belle, certainement elfique, et se battait aux côté de l'assassin. Ils réussirent assez facilement, à quatre, à combattre ces soldats et avaient presque même le dessus. Mais tout se gâta lorsque du feu commença à roussir les cheveux de Luhdiir. Il leva la tête et s'écria :

« Il y a des Dragons ! »

Ils essayèrent d'en tuer un, mais n'y arrivèrent pas. Ils étaient trop forts ! Jamais ils n'arriveraient à les tuer si les autres ne se dépêchaient pas ! Un Dragon noir se posa sur le toit d'une maison et attrapa une dizaine d'hommes avec ses griffes. Puis il l'amenait à sa gueule et les mangea.

« Faites attention ! » cria un villageois.

La bataille faisait rage. Les habitants se faisaient manger par dizaines, tandis que les quatre courageux voyageurs se faisaient griller les moustaches par ces fichus Dragons. Un de ces derniers se posa devant eux et leur cracha du feu à la gueule. Une bulle les protégea. Heureusement que Maëlynda était là ! Même si elle ne faisait que les protéger. Les Dragons les faisaient reculer, et soudainement Elsa entendit le courant de l'eau derrière elle. Ils étaient adossés à une rivière ! Un Dragon leur souffla dessus et ils tombèrent à l'eau. Le courant était si fort qu'il les emporta. La jeune fille réussi tant bien que mal à se hisser sur une pierre. Elle regarda la ville qui était loin derrière elle à présent. Quelqu'un lui demanda :

« Auriez-vous l'obligeance de prendre ma main et de me laisser vous emporter loin de cette rivière ou suis-je obligé de rester courbé en deux en attendant que vous vous décidiez enfin à me regarder ? »

Elsa sourit. C'était Bob ! Ils avaient une chance de gagner si les Membrats étaient revenus ! Elle laissa Bob la hisser, puis ils coururent ensemble dans la ville. Ils remarquèrent que chacun avait pris en charge un Dragon et le tuait, avec ou sans l'aide d'un ami. Celui qui posa le plus de problème était un Dragon vert et noir qui griffa et faillit tuer Maëlynda. Mais les Membrats mirent tout ce qui était en leur pouvoir pour l'abattre. Et ainsi les derniers Dragons s'envolèrent en voyant que leur chef était mort.

« Vous voulez quand même pas dire que c'est fini ? demanda perplexe Elsa.

- Eh bien... non, répondit embêté Mathieu qui s'était changé (il n'avait plus tout ce qui caractérisait le Patron et portait simplement une cotte de maille et un pantalon de toile ainsi qu'une épée dans la main droite). Il reste encore beaucoup de Dragons. On a beaucoup réfléchi, et... il est temps que tu rentres chez toi, et pour ça tu auras besoin de l'aide de nous tous. Tu ne pourras rien faire si l'un de nous mourrons.

- Très bien. » murmura-t-elle.

Elle avait commencé à beaucoup aimer cet endroit, même si les Dragons étaient quelque peu embêtants, mais les gens étaient sympathiques avec tout le monde, il n'y avait pas toutes ces discriminations qu'elle avait dans son monde. Mais il était vrai que sa famille lui manquait, ainsi que tous ses amis. Elle avait oublié la raison pour laquelle elle était là. Pourquoi s'était-elle énervée avec sa mère ? Elle n'en avait plus la moindre idée. Une histoire de BD, peut-être. Elle regarda les autres autour d'elle et compris. C'était le moment ou jamais de partir.