Nous voici de retour avec un nouveau chapitre !
Chapitre 1
Rencontre et espoir
Lucius fronça les sourcils, mais ce fut Severus qui parla.
- Le Ténébreux, ah vraiment ? Et qui êtes-vous pour porter ce nom-là ? Un nouveau prétendant au poste de Seigneur des Ténèbres ?
- Non non non, ne vous inquiétez pas, répondit le Ténébreux. Je n'ai pas l'intention de gouverner quoi que ce soit à l'aide des forces du mal. D'ailleurs, si je l'avais voulu, soyez bien sûr que votre monde serait déjà à mes pieds.
Pendant qu'il parlait, Lucius examinait l'étrange personnage. Malgré sa forme humaine, ce dernier n'avait rien de commun : sa peau était étrange, comme recouverte d'écailles d'or. Il possédait de grands yeux dont la pupille brune atteignait un diamètre inhumain. Quant à ses vêtements, ils ne semblaient pas plus appartenir au monde moldu qu'au monde sorcier. Dans ce cas, d'où venait-il ?
- J'étais de passage dans ce monde, poursuivit le Ténébreux, et je m'apprêtais à rentrer chez moi lorsqu'une étrange clameur est parvenue à mes oreilles. Obéissant à ma curiosité naturelle, j'ai cherché à savoir d'où elle venait. Je suis alors tombé sur un bien étrange spectacle : des centaines d'humains, munis de baguettes, se battaient à l'aide de sorts. Au milieu d'eux ont surgi des géants hauts de plus de sept mètres. Des bois où je me cachais se sont échappées d'énormes araignées. Je n'avais encore jamais vu cela !
Il s'interrompit un instant.
- Je dois avouer, reprit-il avec un léger sourire, que je m'y connais plutôt bien en matière de magie. Je dirais même que je suis un expert dans ce domaine. Il ne m'a donc pas fallu bien longtemps pour que je comprenne que deux camps s'affrontaient : celui des Ténèbres, qui n'hésitait pas à faire usage de la magie noire, ayant même revêtu une tenue particulière.
Son regard glissa sur les vêtements des deux anciens Mangemorts.
- Et celui de la Lumière, dont les membres répugnaient à utiliser une telle puissance et dont les sorts étaient ainsi nettement limités. Mais vous connaissez sûrement cette histoire bien mieux que moi, je ne vais donc pas vous la raconter. Tout ce qu'il faut que vous sachiez, c'est que je suis au courant de votre situation et que je peux peut-être vous apporter la solution à tous vos problèmes.
Les deux sorciers échangèrent un regard dubitatif. L'inconnu ne leur inspirait guère confiance.
- Nous ne savons pas qui vous êtes réellement, ni d'où vous venez, répondit lentement Lucius. Comment nous assurer que vous n'êtes pas ici pour nous piéger ?
- Je viens d'un monde où la magie est partout, déclara le Ténébreux. Seulement certains la combattent et peu s'en servent correctement. Ceux qui n'y ont jamais touché et décident un jour d'en faire usage créent des catastrophes, d'autres en ont peur, que sais-je encore ! Cette situation m'insupporte. Je suis donc parti à la recherche d'un pays où la magie serait naturelle, où elle ne serait pas utilisée n'importe comment. J'ai visité bon nombre de mondes, mais aucun ne convient à celui que je cherche. Cependant, je pense avoir enfin découvert l'endroit qu'il me faut.
Severus s'approcha.
- Et quel est-il ? demanda-t-il d'un ton méfiant.
- Le nom ne vous dirait rien, répondit le Ténébreux, néanmoins je vais vous le donner cela s'appelle la Terre du Milieu.
- Et vous nous y emmèneriez ? comprit Lucius.
- Doucement, mon cher, sourit l'inconnu. Même si j'ai constaté que les règles ne sont pas tout à fait les mêmes dans ce monde, je dois vous prévenir que, là d'où je viens, toute magie a un prix. Or, celle dont je souhaite faire usage vient de chez moi. Pour en profiter, il vous faudra payer.
- Si je comprends bien, vous nous proposez un moyen de fuir en nous endettant, résuma Severus. Et qu'exigeriez-vous de nous ?
L'homme se tut un instant.
- J'ai eu connaissance de tes grands talents de potionniste, dit-il. Or, il me faudrait une de tes compositions. Je sais quels sont ses effets, mais je n'ai trouvé nulle part la manière de la réaliser. Il faudrait donc qu'une fois en Terre du Milieu, tu me prépares de cette potion.
- Cela dépend. De quelle potion s'agit-il ?
Le sourire du Ténébreux s'élargit.
- Je sais que l'une de tes potions rend parfaitement invincible la partie du corps dont on la recouvre, dit-il. Il s'avère que j'ai une... comment dire cela... une faiblesse, une seule, qui pourrait causer ma perte.
- Je ne comprends pas.
- Vous n'avez pas besoin de comprendre. Je vous en ai déjà bien assez dit, voire trop, sur mon compte. Acceptez-vous mon offre ?
Lucius se tourna vers son amant.
- Nous n'avons pas vraiment le choix, répondit sombrement celui-ci.
- Cela voudrait dire que... je ne reverrai jamais mon fils ? demanda Lucius.
- En effet, répondit le Ténébreux. Mais vous serez en vie avec votre... moitié.
Le blond ferma les yeux un instant.
- C'est bon, dit-il finalement en rouvrant les paupières. Nous acceptons.
- Parfait ! s'exclama le Ténébreux avec un rire qui leur glaça l'échine.
- Quand partons-nous ? demanda Severus.
- Mais, de suite, très cher !
- Quoi ? Sans rien emporter !
- Dites-moi... que voudriez-vous prendre de ce monde, alors qu'aucun bon souvenir ne semble vous rappeler à lui ? Voulez-vous vraiment garder un objet qui vous rappelle ce que vous avez subi en ces lieux ?
- Ma vie n'est pas faite que de mauvais souvenirs, murmura Lucius en sortant de sa robe une photo de son fils.
- Dans ce cas, ne prenez que cela ! s'exclama le Ténébreux. Puis... disparaissons !
- Un instant ! l'interrompit Severus. Nous ne savons rien de vous, mis à part que vous prétendez venir d'un autre monde. Comment savoir si nous pouvons réellement vous faire confiance ? N'importe qui pourrait prétendre avoir un tel surnom que « Ténébreux ». Il se peut très bien que la prochaine personne que nous croisions cherche à nous tromper en nous proposant de l'aide uniquement pour se faire payer, et prétende s'appeler le « Puissant » ou que sais-je encore !
L'étrange personnage sourit de nouveau.
- J'ai constaté qu'ici les hommes sont bien méfiants, ricana-t-il. Ils veulent toujours une preuve que nous disons la vérité ! Eh bien, messieurs, voici la seule que je m'accorderai à vous donner : là d'où je viens, on me connaît sous un autre nom, qui inspire tout autant la terreur sans souligner ma gloire : mon père m'a donné le nom de Rumplestilskin.
Severus le fixa avec incrédulité, avant d'éclater d'un grand rire moqueur. Surpris par cette étrange accès d'hilarité, le Ténébreux en perdit toute sa contenance.
- Puis-je savoir ce qui vous fait rire ainsi, très cher ?
Lucius ne comprenait pas non plus.
- Oui, explique-nous.
Reprenant contenance, Severus consentit à partager sa pensée.
- L'histoire de Rumplestilskin est bien connue de notre monde, dit-il. Tout du moins, du monde moldu. C'est un conte pour enfant. Mon père les connaissait bien, ces contes de fées. Je me rappelle lorsque, entre deux bouteilles, il consentait à m'en raconter un. Mais je puis vous assurer que vous ne ressemblez en rien à un lutin, bien que je ne puisse définir votre nature. Or, Rumplestilskin est un lutin. Et il n'existe pas.
Le visage du Ténébreux se fendit d'un sourire moqueur.
- Oh, je vois, dit-il. Je sais parfaitement que de par chez vous l'histoire de mon monde se raconte de manière bien étrange. Mais soyez sûr que nous existons tous – Blanche-Neige, la « méchante Reine », Aurore, Mulan, tous ! – et que nos histoires sont bien différentes de celles que vous connaissez. Maintenant, si vous le voulez bien, il me semble que nous avons un voyage à faire.
Sous l'oeil curieux de Lucius et celui, plus méfiant, de Severus, il sortit de sa poche une petite bourse en cuir brun. Il l'ouvrit et la retourna. Dans sa paume, un objet étrange atterrit, brillant dans la nuit brumeuse.
- Ne me dites pas que c'est...
- Un haricot magique, oui.
- Vous souhaitez nous faire changer de monde en grimpant dans les nuages ? demanda Severus, sur le point d'avoir un nouvel accès de fou rire.
Rumplestilskin le regarda avec stupéfaction.
- Qui vous a dit que les haricots faisaient voler ?
- Pas voler, mais les arbres qui en naissent poussent à une vitesse folle jusqu'au ciel, selon...
- … un de vos contes grotesques et mensongers, termina le Ténébreux avec sarcasme. Vous seriez surpris de voir à quel point vos connaissances sont erronées.
Sans crier garde, il lança le haricot au sol. Brusquement, à l'endroit où il était tombé, apparut un tourbillon au diamètre de plus en plus large. Effrayés, les deux anciens Mangemorts reculèrent.
- Allons ! s'exclama Rumplestilskin. N'ayez crainte ! Ce que vous voyez là n'est qu'une porte permettant de passer d'un monde à l'autre ! En l'occurence, de votre monde où le danger est partout pour vous à celui où vous serez à jamais sereins ! À présent, partons ! Ce portail ne restera pas définitivement ouvert et c'était mon dernier haricot !
Les deux amants se regardèrent.
- Nous allons être heureux, Sev, murmura Lucius.
- Je ne sais pas...
- C'est peut-être notre seule chance, ajouta le blond. Ne la laissons pas passer.
- Si tu le dis...
À ce moment-là, la voix du Ténébreux, impatient, s'éleva de nouveau :
- Dépêchons, notre temps est compté !
Lucius prit la main de Severus, déposa rapidement ses lèvres sur les siennes avant de souffler :
- Allons-y.
Ils s'approchèrent du portail et plongèrent, aussitôt suivis par Rumplestilskin. Ils s'élançaient vers l'inconnu, pourvu que l'inconnu soit meilleur que ce qu'ils avaient vécu.
À suivre...
Nous espérons que ce chapitre vous a plu et vous a convaincu de nous accompagner en Terre du Milieu !
En attendant, vous pouvez poster vos commentaires, afin de nous dire ce qui vous a plu ou non etc ;)
