Bon, un peu plus détendu ce chapitre normalement ;) Bonne lecture

Chapitre 2

Nouveau monde

Severus avait l'impression que la vitesse allait lui arracher la tête. Brusquement, tout cessa, et son corps s'aplatit douloureusement sur un sol dur. Se relevant vivement, il jeta un regard autour de lui. Devant lui, les mêmes landes qu'ils avaient quittées s'étendaient à perte de vue, à la différence qu'elles n'étaient plus plongées dans le brouillard nocturne.

- Ténébreux ! rugit le potionniste furieux. Tu nous a trompés ! Nous sommes au même endroit !

- Non, Severus, répondit une voix douce dans son dos. Nous sommes bien partis.

L'ancien espion fit volte-face et vit Lucius qui lui tournait le dos, faisant face à l'orée d'une forêt luxuriante qu'ils n'avaient jamais vu.

- Nous sommes partis ! répéta Lucius en se tournant vers Severus, rayonnant.

Mais son amant ne partageait pas son enthousiasme.

- Nous n'avons aucun repère..., dit-il. Peut-être n'y a-t-il personne à des kilomètres à la ronde. Et Rumplestilskin a disparu.

- Bah ! fit Lucius en haussant les épaules. Quelle importance ! De toute manière, il ne m'inspirait rien de bon. À part ce voyage... Quoi qu'il en soit, bon débarras !

C'est alors qu'un long sifflement retentit, suivi d'une forte bourrasque. Il levèrent brusquement la tête pour voir apparaître une ombre gigantesque dans le ciel. À mesure qu'elle se rapprochait, ils purent distinguer deux ailes immenses raccrochées à un corps au formes bien reconnaissables.

- Un dragon ! hurla Severus en se jetant sur Lucius, les projetant tous deux au sol.

La créature changea soudain de direction et fondit sur eux en piqué. Terrifiés, ils tentèrent de reculer, s'emmêlant dans leurs gestes, lorsqu'il leur sembla entendre un rire familier. Cela leur fit stopper tout mouvement. Plissant les yeux, Severus fixa la créature qui ne ralentissait pas l'allure. Il distingua alors un cavalier sur son dos.

- Yaaaaaaaaaah !

Le dragon les frôla avant de remonter et de voler en cercle au-dessus d'eux.

- Ténébreux ! rugit Severus pour la seconde fois.

- Alors, sorciers, vous avez peur ! lança Rumplestilskin du haut de sa monture. Je dois avouer que mon goût pour les frissons d'effroi que je parviens parfois à provoquer n'a pas changé, cela me plaît toujours autant de me sentir si puissant.

Le dragon perdit lentement de l'altitude, jusqu'à se poser doucement sur le sol. Il n'était pareil à aucune créature qu'ils avaient pu voir dans leur monde : long comme cinq magyars à pointe, des griffes comme des lames d'acier. Ses yeux semblaient contenir une partie du feu qui brûlait en son sein. Ses écailles couleur de cuivre étincelaient au soleil. Ce qui les surpris le plus, ce fut lorsque la bête éclata d'un rire rauque.

- Vous, pauvres humains, comme vous tremblez facilement, lança le dragon. Les elfes ne manifesteraient pour rien au monde le moindre signe de peur et les nains se battront toujours sans sourciller. Mais vous, vous puez la crainte.

- Il suffit, Smaug ! ordonna le Ténébreux avec fermeté. Chers amis, je vous présente Smaug, un dragon qui terrifia autrefois nombre de peuples. Les nains d'Erebor ne savent pas que si je n'avais passé un marché avec Smauh, ils n'auraient jamais connu la victoire. Ils le croient mort ! Que dis-je ! Personne ici ne connait mon visage ! Il me faut pourtant faire la connaissance des peuples de ce monde, si je souhaite vivre parmi eux. Ce que tu me dois, potionniste, tu le composeras chez les elfes. C'est là que nous nous rendons en premier.

- Les elfes ! s'exclama Lucius. Ces horribles créatures ! Mais ce ne sont que des esclaves à l'apparence ignoble !

Rumplestilskin eut un sourire amusé. Smaug, après un dernier rugissement, fit battre ses ailes immense et s'éleva dans le ciel. Bientôt, il ne fut plus qu'un petit point noir disparaissant à l'horizon.

- Pas dans ce monde, très cher, répondit-il. Habituez-vous à ce que tout ici soit différent de chez vous. Nous n'observons plus les mêmes règles.

Lucius lui jeta un regard suspicieux, mais Severus pensait à d'autres problèmes.

- Bon, où sommes-nous ? Parce que j'ai pas vraiment pensé à emmener de carte du pays en partant et je ne souhaite pas passer la nuit ici.

- Nous nous tenons actuellement devant la Lothlórien, dit Rumplestilskin, autrefois dite la Forêt noire. C'est ici que se tiennent les royaumes elfiques, si l'on veut.

- D'accord, mais que cherchons-nous ? demanda Lucius, empêchant Severus, qui avait ouvert la bouche, de prendre la parole.

- Nous cherchons le royaume souterrain du roi Thranduil, répondit le Ténébreux.

- Eh ! s'exclama Severus. Nous n'avons jamais dit que nous irions avec vous !

Mais personne ne lui prêta attention.

- Un royaume souterrain ? s'étonna Lucius. S'il est souterrain, comment le trouver ?

- Les elfes sont habiles pour se cacher au regard des intrus malvenus, expliqua Rumplestilskin en avançant lentement jusqu'aux arbres. Le seul moyen de les trouver... c'est qu'ils nous trouvent eux-mêmes !

- Eh oh !

Tous deux se tournèrent vers Severus.

- Vous voulez dire qu'on va errer sans eau ni nourriture comme des idiots dans une forêt inconnue en espérant qu'un elfe nous tombe dessus par hasard.

Le Ténébreux sourit.

- Les elfes ne font jamais rien par hasard, répondit-il. Nous allons les attirer à nous.

- C'est peut-être bizarre, mais j'aime pas la tête que vous avez faite en disant ça, répliqua Severus.

Mais Rumplestilskin s'enfonçait déjà dans la forêt. Severus lança un regard noir à son amant. Celui-ci haussa les épaules.

- On ne va pas dormir là, dit le blond avant de partir à la suite du Ténébreux.

Ils marchaient depuis plusieurs heures déjà. Severus et Lucius étaient épuisés : ils n'avaient pas dormi, leurs pieds étaient douloureux, leurs ventres grondaient, leurs gorges étaient asséchées. Severus aurait voulu protester contre Rumplestilskin, mais parler lui semblait impossible tant sa gorge le brûlait.

- J'ai l'impression que marcher ainsi ne sert à rien, articula Lucius d'une voix cassée. Pourquoi nous as-tu fait quitter le sentier que nous suivions ?

Rumplestilskin se tourna vers lui. Il ne paraissait aucunement souffrir du voyage, ni ressentir la moindre compassion envers ses compagnons de voyage.

- Pourquoi serions-nous restés sur ce sentier ? Je t'ai dit que les elfes devaient nous trouver et pas l'inverse. Pour qu'ils viennent, il faut s'aventurer au-delà du sentier et les attirer vers nous.

- Mais... comment ? réussit à demander Lucius.

Rumplestilskin eut un petit rire avant de répondre :

- Comme ceci mon cher !

Il claqua des doigts et une forte détonation se fit entendre. En se retournant, les deux anciens Mangemorts virent qu'un arbre avait pris feu, mais d'un feu qui n'avait rien de naturel : il produisait d'énormes nuages de fumée, épaisse et noirâtre, qui montaient vers le ciel. Bientôt, les flammes gagnèrent le sommet de l'arbre.

- Si avec ceci ils ne nous voient pas, c'est que les elfes ont perdu leurs fascinantes facultés, rit Ruplestilskin. Ce serait bien dommage, car c'est un peuple qui possède des dons... extraordinaires !

Mais Lucius ne l'écoutait plus. Épuisé, il s'effondra au sol pour ne plus bouger. Severus se laissa tomber à genoux près de lui, éreinté. Il le secoua, mais le blond n'eut aucune réaction.

- Il s'est évanoui, constata le Ténébreux. De toute façon, nous n'avons pas besoin d'aller plus loin. Ils ne vont pas tarder, je pense.

À peine avait-il fini sa phrase qu'une ombre passa au-dessus d'eux. Severus se redressa mais quelqu'un le frappa violemment au visage et tout se mit à tourner autour de lui. Une poigne ferme l'obligea à se relever et l'empêcha de vaciller une fois debout. Sa vision était floue, il voyait juste des ombres se mouver rapidement autour de lui. Soudain, une silhouette aux cheveux blonds passa devant lui.

- Lucius ? bafouilla-t-il.

Quelqu'un parla dans une langue étrangère, près de lui. Il ne comprenait rien à ce qui se passait. On lui lia les poignets dans le dos. On le força à avancer. Tout au long du chemin, il trébucha sur d'énormes racines surgissant du sol, se cogna contre quelques troncs d'arbres et parfois même tomba par terre.

Au bout d'un voyage qui lui sembla interminable, la petite troupe s'arrêta. Il redressa la tête et plissa les paupières. Sa vue devint un peu plus nette et ce qu'il vit lui coupa le souffle : face à lui, deux immense portes creusées dans la roche s'ouvraient lentement. Les portes du royaume de Thranduil.

À suivre...

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