Titre : Les derniers de leurs races
Auteur : ylg/malurette
Base : Avatar: the Last Air-bender
Personnages/Couple : Appa, Aang(/)Katara
Genre : gen/biologique
Gradation : PG~ / K-max
Légalité : propriété de Bryke & Nick, je ne cherche ni à tirer profit ni à manquer de respect.
Prompt : "surprise !"
(il paraît que dans un brouillon jamais utilisé les créateurs comptaient utiliser ce trope sur Appa, mais je n'ai jamais réussi à mettre la main sur l'image de l'artbook qui l'aurait prouvé - si quelqu'un avait une copie de cette fameuse image ça m'intéresse)
Continuité/Spoil éventuel : post série, incompatible avec Korra
Nombre de mots : 1300+
oOo
Appa se comporte de façon étrange depuis quelques temps. Plusieurs mois se sont écoulés depuis la fin de la guerre : sûrement, si c'était juste le contre-coup des combats, ça serait arrivé plus tôt et fini depuis longtemps ? Et cette fois, ça n'est pas Katara qui simule un empoisonnement pour l'immobiliser exprès. Appa est peut-être vraiment malade cette fois ; il évite tout le monde, même Katara qui pourrait chercher à le soigner, et même Aang en qui il est censé avoir toute confiance. Même en l'absence d'autre symptôme visible, rien que ce comportement a de quoi les inquiéter.
Quand Appa disparaît un jour et ne répond plus au sifflet d'appel, Aang refuse de lui laisser même un jour de répit s'il en avait besoin pour être un peu seul. Non, il sent qu'il se passe quelque chose d'anormal et préfère partir à sa recherche immédiatement, avec Katara.
Car si Appa est malade, juste son amitié ne suffira pas : il aura besoin de soins ; Katara n'est pas vétérinaire, mais Aang ne confierait Appa à personne d'autre, il ne demanderait à personne d'autre de l'accompagner ainsi sur son planeur sans savoir où ils vont, et Appa lui-même n'accepterait de se laisser approcher par personne d'autre. S'il accepte encore de se laisser approcher… mais Aang entend bien le retrouver et le forcer à accepter l'aide de Katara.
Aang cherche en lui-même l'aura des choses, des gens, des animaux ; les liens du cœur censés l'unir à son compagnon et se laisse guider par ce qu'il appelle un instinct spirituel vers les hauteurs d'une montagne voisine.
Non loin du sommet, où l'air se raréfie, ils retrouvent Appa terrifié, immobile et incapable de s'enfuir à leur approche. Il n'a pourtant pas l'air malade ni blessé : il n'est pas amaigri, au contraire même ; sa fourrure est toujours aussi luxuriante, il n'émane de son corps aucune mauvaise odeur, aucun fluide suspect. Pourtant ce comportement d'évitement nouveau, cette peur qui émane de son corps massif ont forcément une origine, et, juste quand Aang le rejoint, une impression de douleur parcourt Appa.
« Il souffre ! Il y a bien quelque chose en lui qui le ronge. »
Et Katara commence à avoir des doutes sur quoi exactement.
« Aang. Es-tu si sûr qu'Appa soit un mâle ?
- Évidemment ! Quel est le rapport ?
- Mais comment le sais-tu ?
- C'est mon meilleur ami depuis toujours, voilà tout.
- Mais personne n'a été… vérifier ou quoi que ce soit ?
- Enfin, je le saurais. Depuis le temps. On a grandi ensemble !
- Je n'en suis pas si sûre… Mais c'est important que je sache : combien de temps la gestation dure-t-elle chez les Bisons ?
- Aucune idée.
- Et combien de petits ont-ils à la fois, un seul gros veau ou une portée plus large ?
- Plusieurs.
- Combien ?
- Euh… Appa avait je crois, quatre ou cinq frères ? Je ne sais pas exactement. »
Pas plus avancée que ça, Katara ne peut compter que sur elle-même pour trouver les détails qu'il lui manque toujours. Si elle peut convaincre Appa de la laisser l'approcher, compter les tétines sur ses flancs, et essayer de tâter la panse enflée, de sentir l'eau et les formes qui se cachent dessous…
Mais Appa tente de reculer, de se soustraire à ses mains et à l'eau qui les recouvre. Katara ne sait pas combien de temps elle a devant elle, mais ne veut pas en perdre.
« Aang, Appa est une femelle et elle va avoir des petits.
- C'est impossible !
- Je sais ce que je vois, je sais ce que je sens. Ce que je ne sais pas, c'est si ça arrive au terme normal ou trop tôt. Soit que ça date d'avant votre fugue et que ça ait passé votre siècle d'hibernation, soit qu'elle ait rencontré un mâle sauvage ces quelques temps où vos avez été séparés… j'aurais besoin de savoir, mais on n'a pas le temps de s'interroger là-dessus pour l'instant.
- Mais… mais…
- Ne panique pas ; reste près de sa tête, touche-la comme tu en as l'habitude, parle-lui, rassure-la. - Mais ne regarde pas plus bas pour l'instant.
- Mais !
- Ne t'inquiète pas : elle le sentirait et elle est déjà assez inquiète comme ça. J'ai autant l'habitude des animaux que des femmes. Appa a peur, c'est sa première portée et elle ne sait pas ce qui l'attend, mais elle doit sentir que je suis là pour l'aider. Il faut qu'elle sache que tu es là aussi. »
De fait, très rapidement, Appa n'a plus le choix. Une poche d'eau crève et se répand et elle s'abandonne à la présence rassurante des deux humains. Katara surveille et accompagne le travail et calme la douleur. Appa lutte pour faire sortir un premier veau, que Katara juge parfaitement normal. Elle quelques minutes de répit avant que deux autres suivent, plus facilement. Après une dernière pause, un quatrième rejoint ses frères et Katara affirme que c'est le dernier.
Des paquets de poils mouillés, gluants et sanglants se pressent contre les flancs d'Appa, remuant de façon désordonnée, cherchant les mamelles. Quatre veaux ! Trois femelles et un mâle, affirme Katara, sûre d'elle, avec quelque chose de triomphant, presque moqueur, dans la voix. Elle sait reconnaître ces choses, elle.
Et elle ne laisse pas à Aang le temps de se remettre du choc.
« Creuse-moi un trou bien profond, pour enfouir les restes. Appa n'a pas l'air de vouloir les consommer elle-même et il faut éviter d'attirer prédateurs et charognards. Je doute que nous puissions repartir tout de suite, et si Appa se fait un nid et y reste avec ses petits le temps que ça prendra rien ne doit venir les y attaquer. »
Aang livide s'exécute sans même sans regarder. La maîtrise de la terre lui permet de retrouver une ancre avec la réalité. Il a passé la mise bas pressé contre la grosse tête d'Appa, le visage enfoui dans sa fourrure et les yeux obstinément fermés, essayant de ne pas entendre les bruits animaux, les mugissements et les éclaboussures, de ne pas sentir l'odeur des fluides vivants.
Quand il ose à nouveau risquer un regard vers Appa qui grogne doucement, un peu à la manière du ronronnement d'un chat-autruche gigantesque, sous ses coups de langue plus l'eau apportée par Katara, les choses informes prennent peu à peu un aspect moins dégoûtant, plus familier. Mais Katara ne lui laisse toujours pas le temps d'apprivoiser les nouveaux petits et revient à la charge avec une nouvelle question, sondant son ignorance de la vie des Bisons volants.
« Alors, combien de temps faudra-t-il avant qu'ils sachent voler et que toute la petite famille puisse redescendre, en tout cas migrer vers un lieu plus hospitalier ? Quelques heures, plusieurs semaines ?
- Quelques jours, quelques semaines… »
Il n'est peut-être pas nécessaire de trop s'en préoccuper. Puisqu'Appa et les petits semblent aller bien, qu'elle a choisi un lieu reculé, ils devraient être en sûreté. Il est un peu trop désertique en revanche et il faudra sans doute lui apporter régulièrement fourrage et eau, si elle doit soutenir une montée de lait. Ils décident de les veiller une journée, le temps pour Katara de s'en assurer et pour Aang de se faire à l'idée, avant de les laisser au calme et redescendre eux-mêmes dans la vallée. En attendant…
« He bien. Appa n'est pas le dernier de sa race finalement ! »
Il y a peut-être un vague espoir : s'il naît des enfants de Nomades, avec un Maître et des Bisons pour leur enseigner la maîtrise de l'air survivra encore quelques générations.
Katara pense déjà faudra demander l'expertise d'un éleveur sur la viabilité d'un troupeau né d'un seul couple reproducteur, mais au moins, l'espèce aura un répit et ne sera pas entièrement perdue tout de suite.
Cette naissance inattendue met en route deux trains de pensée bien différents chez ses deux témoins humains. Aang se prend à rêver que, bien cachés dans les montagnes les plus reculées, quelques bisons aient réussi à échapper aux chasseurs et aient eu des petits au cours de son siècle d'absence, et qu'aidé de l'instinct animal d'Appa il pourra les retrouver.
Katara, elle, contemple comme Aang a grandi depuis le rencontre. Il a sauvé le monde et beaucoup mûri, mais il reste encore un enfant par bien des aspects. Depuis qu'elle a admis l'affection qu'elle a pour lui, ils échangent des étreintes, des baisers, mais il n'a aucun désir de plus. Plus âgée et éduquée très jeune à assister les naissances, elle sait à quoi le mariage doit mener… Or, elle a aussi appris que le mariage n'existe pas dans la culture d'Aang, alors qu'il est partie importante de la sienne. Elle désire depuis longtemps fonder un jour une famille et se demande depuis quelques mois si ça sera avec Aang qu'elle le fera. De manière inattendue, c'est Appa qui vient d'en avoir une… à quand son tour à elle ? Et, puisqu'elle pense de plus en plus fort que ça sera bien avec Aang, leurs enfants nés au croisement de deux peuples, appartiendront-ils à l'Air qu'Aang, émerveillé par ses bébés bisons, envisagera bientôt de repeupler, ou à l'Eau dont la Tribu du sud aurait elle aussi bien besoin de soutien ?
