Hi guys ! Alors bonnes vacances pour certains ?
Moi j'ai encore 2 semaines à "tirer" ... Ensuite je pense que je courais nue dans mon jardin en chantant "Libéréeeee, délivréeeeeeee" ... *visualisation de la scène*
Bref, un petit chapitre pour vous en ce samedi pluvieux ! Et ... révélation !
ENJOY
Tapis
Emma savait qu'en démarrant cette mascarade, cela aurait un impact sur son quotidien, mais elle n'imaginait pas que cela aurait autant d'impact.
Deux jours après leur première balade, Emma vit fleurir dans les kiosques à journaux, des photos d'elle et Gina se baladant sur la Marina, cette dernière se collant à son bras. Puis, en ouvrant le journal, elle vit des images du restaurant et les souvenirs amères s'y rattachant.
Elle était à la fois surprise et amusée de ces photos, connaissant l'envers du décor et l'impact que cela aurait sur le public. Dès qu'elle voyait des gens se précipiter sur les magazines, elle souriait discrètement imaginant que les photos pouvaient raconter tout et n'importe quoi, mais certainement pas la vérité.
C'était assez comique de connaitre les dessous de l'affaire, comme lorsque l'on assiste au tournage d'une série ou d'un film et qu'on finit par en connaitre les règles, ici c'était pareil : Emma savait à présent comment créer le buzz. Cela désacralisait les paparazzis et leurs prises « à l'arraché » quand on savait que c'était Gina elle-même qui avait mandaté un photographe pour prendre des photos, un peu comme Lady Di qui, dans ses années noires, avait décidé de jouer avec eux, en leur demandant de venir la photographier.
Mais les choses prirent un tournant moins humoristique pour la belle blonde lorsque les gens dans la rue la reconnurent en la pointant du doigt. Elle était coincée et ne put alors que se retrancher à son lieu de travail.
Mais quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'elle comprit qu'à l'hôtel aussi les rumeurs allaient bon train : ses collègues l'avaient évidemment reconnue sur les photos et avaient vite fait le lien.
Elle ne comptait plus le nombre de collègues qui étaient venues la voir pour confirmer qu'il s'agissait bien d'elle sur la photo. Emma n'avait même pas pris la peine de lire l'article, ne s'étant concentrée que sur les quelques photos prises.
Mais finalement, poussée par la curiosité, une fois revenue chez elle le soir venue, elle feuilleta le magazine et s'étonna de trouver peu de lignes sur elles. Les faits étaient vaguement relatés, seul le titre mangeait la moitié de la page « Gina Mills se montre en public avec sa belle. »
Et même si Emma était quelque peu flattée, elle frissonna en imaginant sa famille voir cet article et penser qu'elle leur avait caché sa relation avec une femme. Elle se rendit compte qu'elle devait les appeler, qu'elle devait leur expliquer au moins les faits. Car si ses parents apprenaient qu'elle était en couple avec une femme, elle aurait peu de chance d'avoir gain de cause auprès d'eux.
Mais l'article restait vague, y compris sur son identité qui ne semblait pas encore divulguée. Pourtant, visuellement, il n'y avait plus aucun doute sur elle.
Elle aurait du être heureuse que le subterfuge ait marché, mais pourtant, elle avait un gout amer dans la bouche.
Gina se félicitait de la parution de l'article : tout avait marché comme elle le souhaitait. Bien sur, sa sœur avait été la première à se rendre en kiosque et la première à l'avoir appelé pour lui annoncer la bonne nouvelle.
Gina était heureuse, le gros titre ne laissait plus aucun doute sur sa sexualité et sur qui était sa compagne. A présent, une autre bataille commençait : il fallait confirmer son statut auprès des journalistes, et c'est là qu'intervenait sa complicité avec Emma. Complicité qui, jusque là, était relative.
Après leur dernier coup de téléphone, elles ne s'étaient pas reparler mais Gina imaginait très bien qu'Emma avait découvert ce matin les photos et l'article. Elle n'avait pas eu de nouvelles, et pensait donc qu'il n'y avait aucun problème. Mais alors qu'elle reçut un coup de fil de la jolie blonde et qu'elle nota son stress, Gina lui avait proposé de venir chez elle afin de régler les choses pour leur première sortie officielle.
Emma avait été assaillie par les messages et les coups de téléphone de ses proches mais trop fébrile sur le sujet, elle n'avait fait que les éviter. Paniquée par l'ampleur que cela prenait, elle avait appelé Gina à l'aide pour le demander comment se comporter et cette dernière l'avait gentiment invité à la rejoindre.
C'est ainsi qu'elle se rendit chez la belle brune qui lui ouvrit bien volontiers sa porte.
- Entrez. Je vous sers quelque chose ?
- Non merci, de toute manière, j'arrive à rien avaler depuis ce midi …
- Cette situation vous met mal à l'aise ?
- Un peu … J'imaginais pas l'ampleur que ça allait prendre en si peu de temps. Je veux dire, on est sorti dehors qu'une fois et mes collègues s'assaillent de questions, sans parler des clients qui pensent me reconnaitre une fois sur trois … Et dans la rue … J'ai eu deux couples et quatre personnes qui m'ont montré doigt, attirant les regards des autres …
- Je peux comprendre que cette soudaine popularité vous fasse peur.
- C'est surtout que … Je sais pas quoi répondre. Les gens me demandent depuis combien de temps on est ensemble, comment on s'est connu … C'est l'angoisse, véritablement. Sans parler de ma famille et de mes proches dont le silence me fait encore plus peur qu'une avalanche de questions …
- Je vois. Vous devez vous détendre, le stress pourrait vous faire commettre une erreur. Et en ce qui concerne les réponses, nous allons travailler dessus. Premièrement : depuis combien de temps nous connaissons-nous ?
Emma la fixa d'yeux ronds
- Quoi ?
- Vous … Ca vous fait rien à vous ?
- Ma chère, cette notoriété, ces gens qui vous reconnaissent où que vous alliez, j'y suis habituée depuis des années … Nous voulions que les gens y croient, c'est le cas. C'était le but de ces photos …
- Ouais … Alors, on se serait connu quand et comment ?
- Et bien, soyons logique et crédible : vous travaillez au Hilton. Nous aurions pu nous y rencontrer plusieurs fois …
- C'est logique effectivement.
- Nous aurions pu nous rencontrer le mois dernier.
- Pourquoi le mois dernier ?
- Parce que j'y ais passé quelques nuits.
- Oh ok … Bon cette question est réglée, lança, soulagée, Emma
- Rassurée ?
- Un peu …
- Pouvons-nous aborder l'avant première de demain ?
- Allez-y …
- Avez-vous trouvé votre tenue ?
- Ouais … Enfin non pas vraiment, j'ai pas cherché en fait.
Gina serra la mâchoire mais s'abstint de tout commentaire péjoratif :
- Vous devriez vous hâter.
- Promis, demain je l'aurais.
- Il faudra se retrouver ici pour 15h. Un chauffeur nous amènera sur Hollywood Boulevard, au Chinese Theater, c'est là que l'avant-première se jouera. Une fois sortie de la voiture, vous m'accompagnez sur le tapis rouge, nous poserons pour les photographes de part et d'autre du tapis avant que je ne m'arrête pour quelques courtes interviews.
- Et moi ?
- Vous serez en retrait avec Zelena. Une fois fait, je vous rejoins et nous assisterons à la diffusion du film.
- Et … C'est tout ?
- C'est tout. Cela sera notre première sortie officielle. Même si tous sont maintenant au courant, cela sera la première fois qu'on me posera directement des questions sur nous. Toute notre crédibilité reposera sur cette sortie.
- Pas de pression aucune … ironisa Emma
- Effectivement : nous avons toutes les deux très gros à jouer. Vous avez donné votre accord pour que l'on continue cette histoire, il faudra en subir les conséquences si cela ne fonctionne pas.
- A votre avis, qu'est-ce qui pourrait coincer ?
- La famille, les proches. Ce sont ceux qui nous connaissent le mieux et qui peuvent mettre en doute la crédibilité de notre couple. Si vous avez des ex revanchards, des animosités familiales, il est encore temps d'aplanir les problèmes.
Emma dévia son regard, signe qu'elle pensait évidemment à quelqu'un, mais Gina ne poussa pas sa curiosité à en savoir plus. Elle savait déjà la jeune femme à fleur de peau et à cran à cause de toute cette histoire, elle ne voulait pas la braquer davantage.
- Tout se passera bien, si nous jouons correctement nos rôles. Dites-vous que c'est le rôle d'une vie, ironisa Gina.
- Facile à dire pour vous : vous êtes actrice, c'est votre job. Votre famille, c'est-à-dire votre sœur, sait déjà que c'est un mensonge cette histoire …
- Ecoutez, attendons de voir ce qu'il se passera demain …
- Ouais, faisons ça … maugréa-t-elle sans grand espoir. Je me demande dans quoi je me suis aventurée …
Gina décela sa détresse et fronça les sourcils :
- Je vous promets une chose : si cette histoire devient un enfer pour vous, nous arrêtons tout.
Emma lui jeta un regard, pas vraiment convaincue :
- Merci mais … Ce qui a été dit ou fait ne pourra être défait. Même si on arrête tout demain, les photos ont été prises, les choses se distillent peu à peu, mes collègues jacassent déjà …
- Vous ne perdrez pas votre job si c'est ce dont vous avez peur. Vous êtes un personnage public à présent, vous avez un poids médiatique. Les gens vous regardent, ils apprendront à vous connaitre, certains riront de vos mésaventures, certains pleureront avec vous de vos malheurs … Si votre patron a dans l'idée de vous mettre dehors, la pression médiatique, et la mauvaise pub, lui feraient défaut. Il ne s'y risquera pas.
- Perdre mon job est le cadet de mes soucis … Surtout si c'est pour bosser avec des collègues qui ne cessent de parler derrière mon dos ou glousser sur mon passage. C'est dingue ce que quelques photos et une rumeur peuvent avoir comme impact. Hier j'étais encore une simple gouvernante d'un hôtel … Aujourd'hui je suis cataloguée lesbienne et petite amie d'une actrice …
- Les choses vont vite. Vous tomberez aussi vite dans l'inconnu que vous en êtes sortie.
- Je sais pas si ça me rassure beaucoup …
- Aujourd'hui, vous avez un visage, demain vous aurez un nom. Les choses sérieuses commenceront. Je ne saurais que trop vous conseiller de changer de numéro de téléphone, d'être discrète en quittant votre travail …
- Sérieux ?
- Une fois que les gens sauront votre identité, votre vie va changer : les paparazzis vous suivront, ils scruteront vos faits et gestes.
Emma écouta attentivement avant de comprendre qu'à présent sa vie ne serait plus la même … Elle devait prendre les devants, elle devait lui dire avant qu'il ne l'apprenne autrement.
- Miss Swan ? Ca va ?
- Hm ? Pardon … Non je … Je pensais c'est tout. Je crois que je vais y aller.
Emma se leva prestement, surprenant Gina qui ne pu que la suivre jusqu'à la porte d'entrée.
- On … On se retrouve à 15h ici demain ?
Emma se tourna vers elle et lui envoya un timide sourire :
- Bien sur, sans faute.
Puis elle disparut alors, laissant une Gina inquiète mais concernée.
Emma n'avait jamais été aussi gênée. En préparation à sa sortie ce soir, elle avait demandé sa journée afin de faire les boutiques pour trouver la tenue parfaite : pas trop guindée ni trop légère, pas trop longue ni trop courte … Acheter une robe devenait le plus gros casse-tête qu'elle n'eut jamais à résoudre.
Gina lui avait envoyé par mail une liste de magasins qui serait susceptible d'intéresser la belle blonde. Alors quand cette dernière se retrouva dans le quartier chic des boutiques de Beverly Hills, elle ne se sentit absolument pas à sa place, d'ailleurs, les passants le lui faisaient bien comprendre tant par leur regard en biais que leurs murmures à son passage. Il fallait bien reconnaitre qu'elle jurait avec le décor avec son jeans délavé, son débardeur rose fluo et sa queue de cheval défaite.
Elle prit son téléphone et fit défiler la petite liste envoyée par l'actrice : quand elle comprit que les magasins n'offraient que des marques de luxe, hors de ses moyens, elle se résigna à fuir les lieux pour se rendre au grand centre commercial sur Hollywood Boulevard.
Elle imaginait la tête de Gina si cette dernière s'apercevait que la robe qu'elle porterait sur le tapis rouge ce soir ne serait qu'une robe d'un simple magasin lambda.
Elle parcourut quelques boutiques, quelques étages, et tomba sur une petite boutique dont la devanture ne payait pas de mine mais dont les quelques robes en vitrine attiraient l'œil.
Lorsqu'Emma y entra, elle fut tout de suite abordée par une jeune femme brune, grande et fine dont les mèches rouges lui donnaient l'air plus jeune.
- Hey, bonjour, je peux vous aider ?
- J'en sais rien … A vrai dire, j'ai jamais mis les pieds dans ce genre de boutique … Je suis pas du genre à … porter des robes …
La jeune vendeuse la regarda alors de haut en bas avec un sourire en coin avant de la fixer :
- Je crois qu'on va pouvoir faire quelque chose pour vous, venez.
Elle l'attrapa par les épaules et l'entraina dans les courtes allées du magasin où des centaines de robe s'entassaient sur des cintres. Des robes courtes, des longues, de toutes les couleurs et toutes les formes. Emma était perdue, et submergée par un sentiment de malaise bien plus intense que lorsqu'elle se trouvait au milieu de Beverly Hills entourée de toutes ces femmes en chapeau, portant du Chanel et Louboutin.
- Alors, vous recherchez quoi ?
- Hm … une robe ?
- Oui, je m'en doute mais … une préférence ?
- Je …
- Courte, longue, colorée, noire, décolletée ou pas ?
Emma semblait crouler sous les questions comme si elle passait le plus difficile des examens. Elle déglutit alors et se rappela les consignes de Gina :
- Quelque chose de classe, mais pas de soirée.
- Hm … Un événement particulier pour me guider ?
Emma se mordit la lèvre inférieure, gênée, avant de soupirer :
- Comme … Une avant-première de film … minauda-t-elle, presque frileuse.
- Oh ok, je vois, suivez-moi.
La jeune femme, enjouée, l'emmena au fond de la boutique où elle sortit 3 robes différentes : l'une rouge arrivant jusqu'aux genoux, l'autre noire longue et une dernière écrue arrivant mi mollet.
- Essayez ces 3 là.
Sans un mot, mais peu convaincue, Emma les accepta avant de disparaitre derrière un épais rideau pourpre durant quelques minutes. Ne voyant pas la belle blonde ressortir, la vendeuse sourit :
- Vous vous en sortez ? gloussa-t-elle
- Hm oui oui … Enfin je crois.
Emma sortit alors avec la robe écrue et quelques dorures.
- Wow … Pas mal, vraiment !
- Vous croyez ? demanda Emma, peu sûre d'elle, en tournoyant sur elle-même devant le miroir.
- Vraiment. Essayez les autres.
Et Emma enchaina avec la longue robe noire qui lui allait tout aussi bien, bien que peu pratique pour monter des marches. Puis, finalement, elle ressortit une dernière fois de la cabine d'essayage avec la robe rouge.
- Ok … Nous avons un problème, soupira la vendeuse
- Lequel ? s'inquiéta Emma
- Les trois vous vont à ravir. Il va falloir choisir.
Emma soupira en se laissant tomber sur le large fauteuil moelleux jouxtant la cabine d'essayage. Elle désespérait de trouver quelque chose à temps. Elle pensa subitement à Gina et à ce que la jeune femme dirait si elle la voyait ici, dans cette boutique du centre d'Hollywood.
- Vous pensez à votre compagne huh ?
Emma se figea alors avant de fixer, incrédule, la vendeuse
- Que … Quoi ? Pardon ?
La vendeuse sourit alors et haussa les épaules
- Je sais ce que vous pensez : j'ai l'air aussi futile que ces magazines que je lis parfois. Je pensais bien vous avoir reconnu quand vous êtes entrée, mais j'attendais d'être sûre, sourit-elle.
- Oui je … Et bien en fait …
- Oh vous n'avez pas à vous justifier. Vous n'êtes pas la première personnalité que je croise ici. Après tout, nous sommes à Hollywood.
- Vous … Vous n'allez pas me demander des trucs comme un autographe ou comment elle est ?
La vendeuse s'esclaffa alors :
- Je n'en ais nullement l'envie. Des autographes, j'en ais à la pelle et je ne sais qu'en faire. J'en ais même de Gina Mills !
- Vraiment ?
- Vraiment. Maintenant, je ne vous cache pas que si jamais une de mes robes atterrit sur le tapis rouge d'une avant-première de film, ça ne pourrait être que bénéfique pour moi, sourit-elle
- Toutes ces robes sont de vous ?
- La majeure partie oui, dont les trois que vous venez d'essayer.
- Vous avez du talent, elles sont magnifiques … Enfin du moins de ce que je peux en juger … J'ai rarement pu en porter alors …
Emma retourna une des étiquettes et y vit des lettres dorées « Little Red Ruby »
- Ruby ?
- C'est moi ! s'enjoua d'un large sourire la jeune femme.
- Je suis Emma.
- Enchantée. Alors une avant-première de film, huh ?
- Et je ne sais même pas lequel … soupira Emma en se prenant la tête dans ses mains.
Voyant le désarroi de la jeune femme, Ruby la prit en pitié et posa sur son genou une main rassurante :
- J'imagine combien ça doit être déstabilisant …
- Vous n'avez pas idée …
- Ecoutez, je sais qu'on ne se connait pas, et vous auriez toutes les raisons de douter de moi, surtout que je sais qui vous êtes maintenant, mais si jamais vous avez besoin d'une oreille attentive … Je suis là.
Emma lui sourit mais soudain prit conscience, qu'effectivement, sa soudaine notoriété pouvait attirer les profiteurs. Elle n'avait presque aucun doute sur les intentions de cette Ruby, mais elle ne pouvait décemment pas lui faire confiance tout de suite alors qu'elles ne se connaissaient que depuis 30 minutes à peine.
- C'est gentil … Pour l'instant, j'ai juste besoin de savoir ce que je pourrais porter … dit-elle en se regardant une nouvelle fois dans le miroir, portant la robe rouge.
Ruby apparut derrière elle et posa ses mains sur sa taille :
- Franchement ? La rouge vous va à merveille. Ce n'est pas noir, donc ça n'évoque pas l'aspect soirée, et elle n'est pas trop légère, mettant de coté l'aspect « quotidien ». Oui, la rouge est la mieux.
- A combien est-elle ?
- 250$.
Emma grimaça quelque peu, n'ayant pas prévu une telle somme, mais soudain, elle se rappela sa première sortie officielle avec Gina, qui lui rapporta 3000$.
- Je la prends.
- Parfait ! s'esclaffa la belle brune. Je vous l'emballe. C'est la première fois qu'une de mes créations va fouler un tapis rouge ! Y'aura des caméras ? Des journalistes ? Vous pourriez citer mon nom ?
Emma ne pu que sourire devant l'engouement de Ruby, telle une petite fille le jour de Noel.
- Je n'ai pas l'intention de parler aux journalistes. Mon rôle est juste de faire plante verte derrière elle … grimaça-t-elle
- Oh … Bah au moins, vous serez une belle plante verte.
Emma ne pu que glousser avant de rendre la robe que Ruby emballa avec soin. Les seuls paiements de plus de 100$ que s'autorisait Emma étaient les diverses factures qui lui tombaient dessus tous les mois. Mais à présent, en payant cette robe qu'elle n'aurait jamais pu s'offrir auparavant, elle comprit que son quotidien allait changer.
- Ca va ? s'interrogea la vendeuse, concernée par l'air songeur d'Emma
- Hm oui oui … Je me disais juste que c'était le plus gros achat que je m'autorisais depuis que je suis arrivée ici.
- Ravie que ce soit grâce à moi !
- Oui, merci.
Et alors que la jeune femme s'apprêtait à partir, Ruby la retint par le bras :
- Avec cette robe, il vous faut des accessoires : bijoux, sac, chaussures … Vous avez ce qu'il faut ?
- Oh bah … Je n'y ais pas pensé … soupira-t-elle.
- Pas de panique, ceci ira très bien avec, ainsi que ce sac, lança Ruby en lui tendant un sac et une paire d'escarpin beige, ainsi qu'une discrète parure en or composée d'un collier fin surmonté d'une simple perle et de boucles d'oreilles, elles aussi en perle.
- C'est gentil mais …
- Ca sera parfait.
Emma regarda les escarpins, complètement interloquée par la taille des talons :
- Je n'arriverais jamais à marcher avec ça … jamais.
- Plus petit alors …
Ruby fouilla dans quelques boites à chaussures avant d'en sortir des escarpins avec des talons plus petits mais qui ne rassurait guère la jolie blonde.
- Il n'est pas question que je tombe sur le tapis … Elle me tuera …
- Ne dites pas n'importe quoi ! gloussa la jeune femme. A vous entendre, elle semble terrifiante.
- Elle l'est … En un sens.
- Essayez-les.
Emma haussa un sourcil, pour le moins non rassurée, avant de s'asseoir et de quitter sa sempiternelle paire de basket avant d'enfiler les escarpins. Une fois à ses pieds, elle hésita avant de se lever, aidée par Ruby d'une main forte et rassurante.
- Allez courage, c'est comme le patin.
- Je n'ais jamais fais de patin … maugréa la belle blonde qui, juchée sur ses hauts talons, n'en menait pas large.
- Faites quelques pas …
- Je suis obligée ?
- A moins que vous ne comptiez survoler le tapis rouge, il va bien falloir que vous faisiez un pas devant l'autre. Allez, c'est pas compliqué !
Emma se regarda dans le miroir pour y voir son reflet, totalement démuni face à une simple paire de chaussures. Elle se redressa, droite comme un « i » et inspira bruyamment avant de faire un pas, puis deux … Elle se surprit à penser que ce n'était pas si compliqué après tout. Puis l'assurance la gagna et elle entama une petite marche plus rapide.
- Hey tout doux … C'est pas une course.
Emma se sentait pousser des ailes mais son assurance eut raison de sa prochaine foulée et sa cheville se tordit sous sa maladresse et un talon glissant et soudain, elle se retrouva à genoux, au sol, la chute amortie par ses mains.
- oh là, ça va ?
Ruby se précipita vers elle et l'aida à se relever.
- Oui, trop de confiance surement … grinça la belle blonde
Ruby s'empêcha de glousser avant de l'aider
- Oui certainement. Allez, on la refait !
Emma se retrouva de nouveau devant le miroir et, escarpins aux pieds, elle avança de quelques pas avant de vaciller puis de retrouver sa tenue.
- Et bah voilà ! On y arrive !
La jolie blonde soupira de soulagement avant d'enlever bien vite les chaussures.
- J'ai mal aux pieds, gémit-elle en se massant le talon.
- Ah les aléas d'être une femme … sourit Ruby
- Si vous le dites …
Oui, Emma n'était pas convaincue : cette robe, ces escarpins, ces bijoux, tout ceci me lui ressemblait pas et pourtant la voilà ici, à dépenser des sommes qu'elle n'avait jamais eues entre les mains avant. Cela ne lui ressemblait guère de dépenser sans compter, elle pour qui l'argent était si important.
Aujourd'hui, elle prenait vraiment conscience que toute cette histoire allait la changer, mais aussi changer sa manière de faire et d'être. Et elle détestait déjà cela.
Gina n'avait pas eu de nouvelles de la jeune femme depuis qu'elles s'étaient vues. Occupée à se préparer, elle n'avait pas eu le loisir de penser au shopping d'Emma qu'elle imaginait chaotique. Mais maintenant qu'elle était devant son miroir, finissant son chignon, elle avait presque peur de ce qu'elle allait découvrir dans moins d'une heure. Si Emma avait eu des problèmes, elle l'aurait appelé, non ? Et si jamais elle avait fait chou blanc et que, se retrouvant sans rien, elle la plante pour la sortie ?
Un coup de stress l'envahit alors avant qu'elle n'entende la porte de sa chambre s'ouvrir :
- Tu es prête ? Ca va ?
- Et si elle nous plantait ?
- De qui tu par… Oh … Non crois-moi, elle viendra.
- Comment peux-tu en être si sûre ?
- Pour deux choses : l'argent et je sens cette fille … réglo.
- Et tu miserais tout sur ça ? Sur un feeling ?
- Oui. Elle est bien cette fille, je le sens, je le sais.
- On la connait à peine, et tout ce qu'on sait d'elle c'est qu'elle accepte de bosser pour moi et feindre une relation pour de l'argent.
- Si tu n'avais pas confiance en elle pour quoi avoir continué alors ?
- …
- Allez, au fond, je sais que tu l'aimes bien aussi, gloussa Zelena.
- Il t'arrive d'être un tant soi peu sérieuse ?!
- Avec toi ? Jamais. Relax Gina, tu ne trouves pas que toute cette histoire est excitante ? Je veux dire, depuis ta dernière interview, les journalistes se battent pour t'avoir. Je te l'ais dis : être gay est à la mode.
- C'est stupide. Ceux qui me connaissent savent que j'aime les hommes, j'ai enchainé les conquêtes ces 10 dernières années …
- Mais il faut avouer que personne ne te connait mieux que moi.
- …
- Allez, dépêche-toi, elle va bientôt arriver.
Et alors qu'elle eut à peine fini sa phrase, elle entendit une voiture se garer devant le perron.
- Quand on parle du loup …
Emma était aussi stressée qu'à son premier bal ou encore à son premier oral au lycée. Les mains moites, la gorge serrée, elle n'arborait certainement un air très serein, du moins celui que Gina espérait qu'elle arbore sur le tapis rouge.
Et à peine fut-elle sortie de la voiture que la porte d'entrée s'ouvrit sur une Gina Mills plus belle que jamais : Habillée d'une longue robe écrue, ses cheveux relevés en un chignon parfait, un léger maquillage feutré rendant le tout naturel.
Gina, de son coté, fut agréablement surprise en voyant apparaitre la belle blonde, habillée d'une robe rouge écarlate arrivant juste au dessus du genou. Ses cheveux étaient aussi attachés par un chignon un peu moins net.
- Miss Swan … Quelle surprise !
- N'est-ce pas.
- Vous avez finalement trouvé votre bonheur.
- Et ce ne fut pas sans mal.
- Venez.
- Euh … Il ne vaut mieux pas.
Séparant les 2 jeunes femmes : un escalier de 6 marches qui semblait être un véritable obstacle pour la belle blonde.
- Un problème ? demanda Gina en haussant un sourcil
- Non, non mais … Si on attendait la limousine là ?
- Elle n'arrivera que dans 10 minutes, et je n'ais guère l'intention d'attendre dehors.
Emma se mordit la lèvre inférieure alors et hésita :
- C'est juste que …
- Que ?
- J'ai pas l'habitude des talons.
Gina jeta un œil sur les escarpins, pourtant peu perchés, de la jeune femme.
- Ils sont magnifiques, bon choix.
- Merci, mais le problème c'est que je ne sais pas marcher avec. En fait, j'ai appris à faire quelques pas, mais les escaliers … C'est une autre histoire.
Gina réprima un rire et essaya de reprendre contenance :
- Ce n'est pas si sorcier. De plus, il faudra bien avancer sur le tapis. Il n'est pas question que vous restiez plantée derrière sans bouger. Allez, venez.
Gina lui tendit la main et c'est avec plus ou moins d'assurance qu'Emma s'avança, montant une marche puis deux avant de vaciller doucement, retenue par la main forte de Gina, main qu'elle n'imaginait d'ailleurs pas avec autant de force.
Emma trouva soudain rassurant le sourire que lui offrait Gina, loin de toute moquerie ou sarcasme. Sa stature plus posée, elle se reprit et monta les 3 dernières marches avec plus de grâce et d'assurance.
- Vous voyez.
- Va falloir que je les descende, ça c'est autre chose, grinça Emma.
- Je serais là, assura la belle brune tandis que son regard s'ancra dans celui d'Emma
Elles restèrent quelques secondes ainsi, se regardant dans le blanc des yeux, Gina tenant la main d'Emma dans la sienne jusqu'à ce qu'une voix ne les sorte de leur rêverie.
- Et bien, et bien … Quelle surprise ! Vous êtes splendide, lança Zelena en tapant dans ses mains.
Emma se sépara bien vite de Gina, mais pas assez vite pour que la belle rousse ne remarque leurs mains jointes et n'esquisse un sourire en coin.
- Entrez ma chère, nous allons répéter avant de partir.
- Répéter ?
- Ce qu'i faire voyons.
Zelena l'invita à s'asseoir sur le canapé, aux cotés de Gina.
- Bon, voilà comment tout va se passer : Gina sortira de la voiture en premier, puis vous, puis moi. Ensuite vous la rejoindrez et marcherez un peu sur le tapis avant de poser pour les photographes. Ensuite il y a quelques interviews rapides, 3 en ce qui nous concerne. Pendant ce temps, vous et moi restons en retrait. Vous n'aurez absolument pas à parler ni à interagir avec personne, sauf si cela est demandé, notamment et surtout par Gina. Puis vient la séance au photocall.
- Au photo quoi ?
- Un passage obligé où les invités posent pour les photographes devant un fond sponsorisé.
- Oh je vois. Et nous on fait quoi pendant ce temps-là ?
- On attend, sur le coté. Il faut dire ce qui est : nous ferons figuration. Généralement, je suis seulement là pour veiller à ce que les journalistes ne franchissent pas la limite, mais aujourd'hui, ce qu'ils veulent voir c'est vous, vous deux, ensemble. Ils sont comme les vautours et autres charognards : ils ont besoin de viande fraiche pour se nourrir.
- C'est moi la viande ?! s'étonna Emma
- En quelque sorte.
- Et vous allez me jeter en pâture à ces vautours ?
- Absolument pas. Nous ne vous laisserons seules avec eux, ils vous dévoreraient en quelques minutes, et nous serions impuissantes à cela. C'est pourquoi nous devons contrôler vos apparitions, à toutes les deux.
- D'où les diverses sorties, rajouta Gina
- En contrôlant vos sorties ensemble, on ne prend qu'un risque minimal. Tout ce qui sera dit ou fait sera sous notre supervision.
- Ca semble si simple et si compliqué à la fois.
- Vous verrez, la première sortie est toujours la plus dure, ensuite c'est … une promenade de santé.
Emma n'était pas rassurée pour autant : faire une balade sur la plage n'était pas la même chose que de parader sur un tapis rouge entourée d'une trentaine de photographes et journalistes.
- Allons-y, lança Gina.
Sur le chemin, dans la limousine, aucune parole ne fut prononcée. La tension planait, électrisant l'atmosphère. Malgré la luxueuse voiture, Emma n'arrivait pas à profiter de son premier voyage dedans, occultant le mini bar, la chaine Hifi, l'écran plat sortant du sol … Elle était crispée à son accoudoir, ses yeux vaquant vers l'extérieur, scrutant le moindre détail. Et quand elle sentit la voiture ralentir, elle se figea. Elle nota quelques flashs au loin, comme de furtifs éclairs au milieu d'un orage, ce qui ne l'aida pas à se détendre.
Sentant la tension envahir la jeune femme, Gina posa une main rassurante sur la sienne.
- Tout se passera bien, lui glissa-t-elle.
Emma ne répondit pas, sa gorge était trop serrée pour cela. Et quand la limousine s'arrêta devant l'entrée d'une immense salle de cinéma dont l'entrée était bardée l'un large tapis rouge où, de chaque coté, des barrières retenaient des hordes de photographes et journalistes, prêts à dégainer dès leur sortie de leur voiture.
Elle déglutit difficilement quand Zelena donna le top départ et que Gina ouvrit la portière. Soudain un brouhaha intense s'engouffra dans la voiture, les flashs crépitèrent, aveuglant Emma qui resta de longues secondes dans la voiture, fixant une Gina à l'aise, saluant les photographes de part et d'autre du tapis.
A ce moment précis, elle admirait la jeune femme : si droite, si professionnelle, si belle sous ces lumières fugaces mais perçantes. Le temps semblait s'être arrêté quand soudain elle sentit une main lui attraper le bras et la tirer à l'extérieur.
Elle n'avait même pas vu Zelena sortir de la voiture, l'attirant avec elle. Dès sa sortie, Emma fut aveuglée par les flashs, entourée d'une cinquantaine de personnes qu'elle ne distinguait même pas tant le chaos régnait. Parfois, elle semblait distinguer son prénom, ou celui de Gina …
Elle n'osait même pas bouger, figée par la peur et l'angoisse de faire un faux pas. Oui elle était pétrifiée de peur. Puis elle sentit la main de Gina se glisser dans la sienne, ce qui la sortit de sa bulle avant que leur regard ne se croise.
Venez … put-elle lire sur les lèvres de la belle brune qui l'attira à elle et en quelques secondes, elle sentit la main de Gina sur sa taille et, machinalement, elle fit de même. Quelques pressions rassurantes l'aidèrent à se détendre un peu avant que Gina ne fasse quelques pas, en entrainant la belle blonde à ses cotés.
Emma était totalement perdue, elle ne savait pas ou donner de la tête, ou regarder, quoi faire … Ce n'était définitivement pas son élément. Mais grâce à Gina, qui la guida, elle se retrouva, soudain, face à une dizaine de photographes qui les martelèrent de photos.
Emma jeta un rapide coup d'œil à sa partenaire et fut subjuguée par son sourire, ses gestes qui semblaient fluides et normales. A ce moment là, elle aurait souhaité pouvoir faire de même.
- Souriez Emma … glissa la belle brune à son oreille, tandis que les flashs crépitèrent de plus belle à ce geste que tous pensaient tendres entre les deux jeunes femmes.
- J'essaie, grinça Emma.
Gina afficha un sourire de convenance, qu'Emma savait forcé, avant de faire quelques pas, Emma à ses cotés, puis de s'arrêter de nouveau avant de se tourner et se retourner pour affronter les flashs des photographes à gauche et à droite, Emma suivant le pas, totalement perdue.
Et après 5 grosses minutes à parader faussement devant eux, Gina fit quelques pas vers les rambardes métalliques. Emma voulut la suivre mais fut arrêtée par la main de Zelena qui l'invita à la suivre et à rester en retrait tandis que la belle brune faisait face à quelques journalistes qui attendaient ses réactions.
Emma surprit Zelena à suivre attentivement les questions et les réponses, prête à bondir pour un mot de travers ou de trop, telle une lionne protégeant ses petits ou, ici, la grande sœur protégeant la petite.
A cet instant, Emma avait l'impression de ne servir … à rien. Plantée derrière Gina qui enchainait les questions, elle écoutait les réponses, parfois vaquait son regard à droite et à gauche, apercevant d'autres acteurs que son petit cœur de fan faisait bondir.
Puis soudain Gina changea de journaliste, faisant quelques pas sur sa droite, enchainant de nouveaux les questions, suivie par Zelena et Emma quelques mètres derrière.
Parfois, Emma et Zelena échangeaient quelques regards compatissants. Les minutes passèrent et Gina changea une nouvelle fois de journaliste. La belle blonde sentit alors Zelena se crisper quelque peu.
- Qu'est-ce qui se passe ? lui murmura-t-elle à l'oreille discrètement
- Cette journaliste est une fouille merde.
Le langage châtier et cru de la sulfureuse rousse interpela Emma qui décida de suivre attentivement les prochaines questions.
- Gina Mills, quelle plaisir de vous revoir sur le devant de la scène ! lança la journaliste dont les crocs dépassaient déjà d'entre ses lèvres.
- Oui, j'en suis heureuse.
- Oui vous semblez en tout cas ! L'amour ne rend-il pas plus heureux ? ironisa-t-elle
- Il … Il faut croire oui.
- Je vois que vous êtes joliment accompagnée aujourd'hui, est-ce une façon d'officialiser votre couple ?
Gina aurait du le prévoir : cette journaliste se fichait bien du film pour lequel elle était venue. Tout ce qui lui importait était Emma … Les choses se compliquaient mais c'est à ce moment précis qu'elle devait faire appel à ses talents d'actrice. Elle inspira alors et sourit face à la caméra :
- Certes. Je suis ici pour soutenir le projet d'une amie, son film, qu'elle a mis du temps à mettre en œuvre. Venir avec ma compagne me semblait logique tant je veux partager cela avec elle.
- Je vois. Quelle surprise nous qui pensions que vous étiez une femme à homme, il semblerait que vous soyez … Une femme à femme.
La remarque était largement utilisée pour faire sortir de ses gonds la belle brune, mais cette dernière inspira bruyamment avant de lever les yeux au ciel :
- L'amour ne se commande pas.
- Alors … Nous sommes heureux pour vous trois !
Gina tiqua au mot « trois » et vacilla légèrement avant de balbutier :
- Trois ?
La journaliste haussa un sourcil :
- Oui, vous, votre compagne et son fils. Vous n'êtes pas sans savoir que le mariage gay a été légalisé dans tout le pays, pensez-vous un jour profiter de cela ? Et pourquoi pas adopter son fils ?
Le sang de Gina se glaça dans ses veines, comme celui d'Emma, une vague de froid l'envahit soudain et sa tête bourdonna. Loin de le laisser transparaitre, elle afficha un sourire d'apparence avant de répondre, le plus sereinement possible :
- Nous n'en sommes pas encore là ... Je … Je suis désolée, je dois y aller, la projection ne va pas tarder.
Zelena coupa court à l'interview en tapotant sur l'épaule de sa sœur, ce qui signifia à cette dernière que le calvaire était fini.
Emma avait assisté, horrifiée, à l'interview, impuissante et totalement vidée de toute substance. Elle suivit alors les deux sœurs, en retrait, essayant d'afficher une face sereine et heureuse.
Pas une fois elle ne croisa le regard de Gina, qui s'évertuait brillamment à l'éviter. Lors de la projection, et même si les deux jeunes femmes étaient assises l'une à coté de l'autre, aucune ne se parla, ne se regarda, ni même ne se toucha. Heureusement la pénombre de la salle n'éveilla aucun soupçon, pas même lorsque le film se termina et que la salle se vida peu à peu.
Emma était littéralement l'ombre de Gina : insignifiante, invisible, sans intérêt. La belle brune lui faisait bien comprendre le ressentiment qu'elle avait envers elle. Zelena n'en menait pas large non plus. Sa sœur l'avait commandité pour enquêter sur cette fille, pour être sûre que ce n'était pas une droguée ou une ex taularde … Et au final, elle n'a même pas été capable de savoir qu'Emma était une mère. Elle le savait, elle allait en entendre parler !
Et quand la fin de journée se clôtura dans la limousine raccompagnant Emma chez elle, les trois jeunes femmes se murèrent dans un silence macabre : Zelena triturait ses doigts, Gina regardait défiler le paysage à travers la vitre, et Emma tremblait de la tempête à venir, plus encore lorsqu'il s'agissait d'une latino au tempérament de feu.
Les kilomètres défilèrent et la limousine arriva bientôt devant l'immeuble d'Emma. La jeune femme attendit quelques secondes, hésitant à dire quoique se soit. Finalement elle soupira et sortit de la limousine, claquant la porte sur une Gina indifférente, semblant perdue dans ses pensées.
L'idée même de vouloir s'expliquer ou se justifier avait traversé l'esprit de la belle blonde, mais dans l'état actuel des choses, elle savait très bien que ses explications tomberaient dans l'oreille d'une sourde. Alors, dépitée, elle regagna son appartement tandis que la limousine démarra en trombe.
Zelena connaissait sa sœur par cœur : quand cette dernière se murait dans le silence, c'était bien pire que de laisser le volcan exploser. Elle se risqua alors à prononcer un mot.
- Ca … Ca s'est plutôt bien passé …
Gina la fusilla du regard avant de bruyamment soupirer et de reporter son attention une nouvelle fois sur le paysage.
- Ecoute, je …
- C'est fini. On arrête, lança Gina déterminée.
TBC
Next : Indifférence, des explications, un diner, une nouvelle étape, une amitié naissante ... Tout cela dans le prochain épisode !
