Hey hey ! Comment allez-vous ?

Alors alors, beaoucoup avaient déjà trouvé qu'il s'agit d'un enfant, d'un fils.

Maintenant, aucun n'a trouvé pourquoi un tel besoin d'argent ... réponse ici, dans ce chapitre ^^

Ok, nouveau tournant dans la relation de notre petit faux couple, les choses deviennent ... intéressantes.

Retour de Ruby, que vous avez aimé. Croyez-moi, on a pas fini d'en entendre parler XD

ENJOY


Vérité

Une semaine passa sans qu'aucune des deux jeunes femmes ne reprennent contact. Après la douche froide qu'avait été cette après-midi là sur le tapis rouge, Gina s'était murée dans un silence morbide dont même sa sœur n'avait su la déloger. Gina avait déjà refusé quelques nouvelles interviews, imaginant très bien que l'information sur la maternité d'Emma avait déjà fait le tour de la presse. Elle était furieuse, en colère contre Emma de lui avoir caché la vérité, et contre sa sœur pour ne pas avoir fait son job correctement.

Quant à Emma, elle avait repris son travail à l'hôtel, essayant désespéramment d'oublier la mésaventure d'il y a quelques jours. Bien sûr, ses collègues ne cessaient de lui envoyer des regards et des sourires insidieux. Elle avait songé à changer de job mais quoi faire maintenant qu'elle n'avait plus cette ressource providentielle que représentait Gina Mills ?

Car il était certain que son aventure hollywoodienne s'était terminée brutalement sur ce tapis rouge lorsque Gina avait malencontreusement appris qu'elle avait un fils. Mais jamais Emma n'aurait pensé que les journalistes auraient trouvé cette info. Evidemment, avec le temps, elle aurait probablement parlé de son fils à Gina, car peu importait, leur relation était basée sur du vent. Mais de l'apprendre par un tiers… C'était l'ultime trahison pour l'actrice.

Pourtant, quelques jours plus tard, elle eut la surprise de trouver sur son compte le versement des 5000$ prévu pour la sortie. Elle avait bien pensé à remercier Gina, mais elle se souvenait que les virements étaient majoritairement traités par Zelena.

Alors, elle se contenta de mettre de côté cet argent avant de retourner travailler chaque jour que Dieu faisait.

Et la semaine passa et avec elle une routine et une normalité retrouvée par la belle blonde jusqu'à un message reçu sur son téléphone, un message qu'elle ne pensait plus recevoir :

« Seriez-vous disponible ce soir à 19h ? Rdv au Chinese Theater ? »

Sans vraiment sans rendre compte, Emma écrivit une réponse qu'elle envoya avant même de réfléchir. Après tout : Gina Mills l'avait traité comme la dernière des dernières. Qu'espérait-elle à présent ?

Il était certain qu'elle avait ses torts : ce soir, elle devrait dire la vérité à Gina, elle n'avait plus le choix. Et si cette dernière avait déjà de lourds à priori la concernant, ça ne pourrait qu'empirer après la vérité.


Elle ne savait pas pourquoi elle mettait autant de temps pour choisir ses vêtements, c'était stupide ce n'était en rien un rendez-vous romantique ou dans le cadre de son « contrat » avec Gina. C'était simplement un tête à tête, certainement pour mettre à plat certaines choses stagnant entre elles.

Encore peu habituée aux fastes d'Hollywood Boulevard, Emma se sentit un peu perdue lorsque, après son travail, elle s'était rendue sur cette grande avenue touristique. Elle marcha sur les dalles étoilées, qu'elle eut à peine le temps de remarquer tant elle était tendue à l'idée de revoir Gina.

Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'au lieu de voir Gina, elle aperçut une tignasse rousse dissimulée derrière de larges lunettes noires.

- Hey !

- Hey … Je pensais que …

- Que c'était ma sœur ? Désolée. Déçue ?

- Non, non. Surprise.

- Il y a un café sympa pas loin … Vous venez ?

Silencieusement, Emma suivit la jeune femme, se demandant encore dans quoi elle était tombée. Zelena ne prononça aucun mot avant d'être assise à la terrasse d'un petit café. Lorsque le serveur arriva, elle commanda un café tandis qu'Emma prit un simple thé glacé.

- Dites … C'est pas que ça m'embête mais … Pourquoi vous ?

Zelena sourit alors, se relaxant en s'adossant au dossier de son siège :

- Ma sœur n'est pas très sociable, vous avez pu le remarquer.

Emma opina alors, même si elle donnait raison à Gina sur son dernier comportement.

- Je crois que vous lui devez une petite explication, à moi aussi d'ailleurs … J'ai pourtant fais des recherches sur vous, et je n'ais jamais entendu parler d'un enfant …

Emma grimaça alors et se dandina machinalement sur son siège, comme si ce sujet était sensible, ce qui était vraisemblablement le cas, sinon elle en aurait parlé avant, pensé Zelena.

- Je … J'ai … Un fils.

- Oui merci bien.

- Il a 12 ans … Bientôt 13 …

- Il ne vit pas avec vous ?

- Non, je … Les mots s'étranglaient dans sa gorge : il était si difficile d'en parler, comme un échec personnel, un échec en tant que mère. De l'extérieur, que pouvait bien être une mère qui partait à l'autre bout du pays en ne prenant pas son fils avec elle …

- Je vois que c'est difficile pour vous. Je vous épargnerais donc d'en parler 2 fois. Ma sœur ne va pas tarder, à vrai dire, elle ne sait absolument pas qu'elle va vous trouver ici. Je lui ais donné rendez-vous ici pour un café …

- Je vois, sourit Emma, comprenant enfin le but de tout ceci.

- Elle finira par me dire le fin mot de cette histoire. Enfin, elle finira par cracher le morceau tant je l'aurais saoulé en lui demandant un compte rendu précis de ce café, sourit-elle sadiquement.

Emma imaginait aisément qu'elle en était capable, n'espérant jamais avoir à faire à l'opiniâtreté de la jolie rousse.

- Merci … Je ne sais pas quoi lui dire, on est tellement différentes …

- Pas tellement. Il faut la connaitre pour se rendre compte qu'il y a bien plus que cette garce hautaine derrière ses Ray-ban à 500$. Croyez-moi, elle pourrait vous surprendre, si vous vous laissez l'opportunité d'essayer.

- Si au moins elle m'en laisse l'occasion …

- Elle le fera.

- Pour sa réputation, ironisa Emma

- Pas seulement, pas seulement.

Zelena jeta un œil à sa montre alors et sourit avant de se lever :

- Elle ne devrait pas tarder, restez là.

Avait-elle le choix ? Techniquement, oui elle avait le choix : elle pouvait partir et planter Gina et en finir avec toute cette histoire … Mais elle resta là. Elle salua Zelena, qui s'éloigna, et elle resta là …

Et ce n'est qu'au bout d'une dizaine de minutes qu'elle vit une silhouette familière s'approcher. Emma hoqueta en voyant la jeune femme dissimulée derrière un immense chapeau et des lunettes, lui donnant l'air d'une touriste.

Quand Gina tourna le regard vers sa direction, elle se figea quelques secondes, espérant certainement avoir mal vu, espérant peut-être ne jamais revoir la jeune femme de chambre. Emma eut un léger doute alors : oui, Gina n'avait probablement plus envie de la voir, et s'imposer de la sorte, merci Zelena, n'était peut-être pas la meilleure solution.

Et pourtant, la jolie blonde fut surprise de voir Gina s'avancer vers elle d'un pas plutôt lent mais assuré. Elle s'arrêta juste devant la chaise que sa sœur occupait quelques minutes plus tôt.

- J'imagine que je devrais remercier comme il se doit Zelena … grommela, agacée, Gina

- Probablement … Un café ? Maintenant que vous êtes là …

Gina soupira avant de s'asseoir, enlevant ses lunettes de soleil. Pendant quelques secondes, aucune ne parla et ce n'est que lorsque le serveur revint pour prendre sa commande, qu'Emma entendit de nouveau le son de sa voix.

- Bien … Je suppose qu'on doit se parler … De ce qu'il s'est passé.

- Oui, je … Je vous dois des réponses, et des excuses aussi.

- Plutôt oui. Vous savez, il a deux choses que je tolère mal : qu'on se fiche de moi et qu'on me mette au pied du mur. Vous pouvez vous targuer d'avoir réussi à faire les deux en même temps.

- …

- Le fait est que je me fiche que vous ayez un enfant. J'aurais juste préféré le savoir avant.

- Je comprends …

Emma baissa le regard, jouant machinalement avec sa paille. Gina sentait que quelque chose n'allait pas, mais plus important encore, elle imaginait que le problème d'argent de la jeune femme venait de ce fils qu'elle lui avait caché.

- Donc … Vous avez un fils. Et je suppose que votre besoin d'argent et lié à cela ?

- Oui, je … C'est compliqué.

- Maintenant que je suis là, j'ai tout mon temps.

Puis le serveur revint avec le café qu'il déposa devant Gina, le regard toujours fixé sur la belle blonde.

- J'ai … J'ai donc un fils, il a 12 ans. Il s'appelle Henry. Je … Je vous ais expliqué mon divorce et la mort de mon ex mari il y a trois ans.

Gina opina silencieusement, buvant quelques gorgées avant qu'Emma ne reprenne son récit :

- Je … Mes parents sont … Ils sont très protecteurs … Envers lui, Henry je veux dire. Quand il est né j'avais à peine 18 ans. Ils ont d'abord refusé ma grossesse avant que je ne me marie avec Neal, mon ex. A partir de là, ils ont commencé à approuver notre relation, et finalement, ils ont pris une grande part dans l'éducation de mon fils, jusqu'à envahir totalement mon espace. Mais à l'époque … J'étais jeune et éperdument amoureuse de mon mari, nous nous satisfaisions de cette situation : nous avions du temps pour nous, et Henry était heureux et bien traité.

Gina haussa un sourcil alors, sentant la gêne envahir la jeune femme. Une multitude de questions papillonnèrent dans son crane, mais elle attendit la fin du récit.

- Mes parents ont commencé à prendre une place de plus en plus importante, encore plus quand notre mariage s'est compliqué. Il m'a trompé … Neal je veux dire, il m'a trompé avec une femme qui est venue se pavaner devant moi qu(il était un super coup.

Gina grimaça

- Désolée … En fait, notre divorce a été rapide … Et Neal s'est transformé : il voulait voyager, découvrir le monde. Il m'a alors laissé Henry, âgé de 5 ans … J'étais dépassée, totalement. J'ai du déménager pour un logement plus petit, ne pouvant plus l'assurer avec un salaire en moins. Mes parents ont proposé de prendre Henry avec eux pour me soulager, le temps que je reprenne pied …

- Mais les choses n'ont pas été comme vous le souhaitiez ?

- Pas vraiment. Henry … Henry était distant, plus accoutumé à mes parents qu'à moi. Je me démenais pour ramener assez d'argent pour retrouver une situation stable avec un appartement assez grand pour nous deux. Mais mes parents … Ils n'ont jamais vraiment cru en moi, encore moins lorsque je suis tombée enceinte à peine sortie de l'adolescence.

- Qu'ont-ils fait ? eu peur de demander Gina, même si elle imaginait l'issu de l'histoire

- Dans mon dos, ils ont demandé la garde d'Henry. Ils ont prétexté que je voulais arracher Henry à un environnement sain, que je n'avais pas les moyens de l'élever proprement, contrairement à eux. Mais surtout … Ils m'ont discrédité en tant que mère en mettant en doute mes compétences … Henry était si petit, il n'a rien compris … La justice a décidé de donner la garde temporaire à mes parents, le temps que je trouve une solution financière et matérielle qui garantirait une bonne éducation à mon fils. Mais … Mes parents ont constamment descendu toutes mes tentatives, tous mes efforts : ce n'était jamais assez.

Gina comprit alors et baissa le regard. N'ayant jamais eu d'enfant pour sa part, elle ne pouvait comprendre entièrement la souffrance d'une mère ayant perdu son enfant.

- Puis mon ex est mort. Je crois que ça a été le tournant de tout. Henry … J'étais comme une tante sympa qui venait de temps en temps, mais quand son père est mort, il a reporté la faute sur moi. Il a commencé à m'ignorer, moins appeler … Je venais de perdre mon ex mari et mon fils en quelques semaines de temps. Je pensais que c'était juste le choc et qu'il finirait par revenir sur terre. Mais je suppose que mes parents s'en sont donnés à cœur joie et ont fait un véritable lavage de cerveau à Henry.

- Aujourd'hui vous n'avez plus aucun contact ? Est-ce pour cela que vous êtes venue ici, à los Angeles ?

- Trois ans ont passé et Henry et moi … Nous entretenons des relations amicales, mais plus vraiment familiales. Avant j'étais la tante sympa, je suis devenue l'amie de la famille qui vient pendant les vacances. Je n'ais plus d'autorité sur lui, même si les principes éducatifs de mes parents pourraient être les miens …

- C'est triste. Et l'argent serait pour ?

- Je n'ais pas perdu espoir de récupérer mon fils, même si maintenant je pense que je ne pourrais pas vraiment le récupérer. Mes parents trouveront toujours quelque chose. Je crois … Je crois que par Henry ils essaient de rattraper les erreurs qu'ils ont fait avec moi. Ils ne vont pas laisser tomber …

- Alors pourquoi faire ?

- Pour leur prouver que je vaux encore quelque chose … J'ai décidé de partir loin, de refaire une vie qui méritait leur considération. Malheureusement, pour l'instant, je n'ais guère trouvé mieux que ça pour commencer …

- D'où mon offre qui tombe à pic.

- Avec cet argent, j'ai une chance de trouver grâce aux yeux de mon fils et peut-être qu'un jour, il me considérera plus comme une mère compétente qui se bat pour son fils que comme une amie qui habite à Los Angeles et qui n'est bonne qu'à appeler pour avoir des nouvelles.

- Pensez-vous récupérer votre fils un jour ?

- Il a 12ans maintenant … Il n'a pas cherché une fois à me joindre depuis mon départ. Je ne sais pas si mes parents me laisseraient reprendre mon fils, je ne sais même pas si je serais capable de l'élever. Je ne tiendrais certainement pas la comparaison avec eux …

- Comment peuvent-ils faire cela à leur fille …

- Je crois que je les ais extrêmement déçue, ils ont voulu me le faire payer, au travers d'Henry. Je ne lui en veux même pas … Je suis une mère nulle.

Gina fronça les sourcils et posa son café sur la table.

- Vous ne devriez pas vous apitoyer sur votre sort. Ce que vous avez vécu, ce que vous avez fais pour regagner l'affection de votre fils. Vous vous battez sans cesse, sans baisser les bras, alors que tout est contre vous. Vous vous abaissez même à prendre un contrat qui peut tout vous couter.

- …

- Emma, vous auriez du m'en parler.

- Je sais mais …

- Les médias vont entrer dans votre vie. S'ils ont connaissance de l'existence de votre fils, ils ne vont pas tarder à savoir qu'il est sous la garde de vos parents. Ils vont se demander pourquoi il n'est pas avec vous …

- Je sais les risques. J'ai pensé aussi au fait que mes parents pourraient tomber sur ces photos. Après tout, je viens à LA, la ville de tous les possibles …

- Ca c'est Las Vegas, corrigea Gina

- Ouais … Enfin c'est différent du Maine quoi.

Un long silence s'installa alors et bientôt il ne resta plus que des glaçons dans le verre d'Emma. Gina semblait contrariée et Emma n'arrivait pas à savoir si c'était à cause de la situation dans laquelle son mensonge, ou omission, les avait plongées ou alors si c'était en réaction au récit qu'elle venait de lui conter.

- Bien … Je suppose que les compteurs sont remis à zéro alors.

- A … zéro ? Vous voulez dire …

- A moins que vous ayez encore quelque chose à avouer, si c'est le cas, c'est le moment.

Gina fixa Emma d'un regard qui la décontenança.

- Euh … non, non.

- Bien. Alors je crois que nous pouvons nous remettre à notre petite … mascarade.

- Vous … Vous êtes sérieuse ? Vous voulez continuer ?

- Pourquoi pas ?

- Et bien … Je pensais que …

- Je vous l'ais dis : je déteste être mise au pied du mur. Si vous ne me cachez plus rien, tout va bien. De plus, vous avez besoin de cet argent autant que j'ai besoin de ce que m'apporte notre petit stratagème.

- Très bien.

- Bien. Puisque cela est dit, j'aurais besoin de vos services dans quelques jours.

- Pourquoi faire ?

- Une interview, The Ellen Show.

- Ohhhh J'adore cette émission !

- Vous n'êtes pas sans savoir que la présentatrice est …

- Oui Ellen De Generes, elle est gay.

- Certes, et je suppose que ma venue dans son émission a grandement à voir avec ma soudaine liaison avec une femme. Il serait donc de bon ton que vous m'accompagniez ce jour-là.

- Trop bien ! s'enthousiasma Emma sous le regard surpris de Gina

- Ravie que cela vous plaise.

- Et comment ! Mais … Il est pas question que je parle hein ?

- Non, bien sur que non. Vous serez dans les coulisses ou, au pire, dans le public. Mais cette apparition pourrait bien clouer le bec aux indécis et suspicieux.

- Ok, moi ça me va.

- Mais avant cela, il serait bon de se voir, ne serait-ce que pour accorder nos violons, sur notre histoire je veux dire.

- Oh ok … Quand ?

- Disons … Demain soir ?

- Ou ça ?

- Chez moi.

Emma haussa un sourcil alors et dissimula très mal un sourire :

- Je suppose donc que ce … rendez-vous n'a rien de contractuel ?

- Si vous voulez dire : est-ce que vous serez payée pour ce diner, c'est pro…

- Non.

- Non ? s'étonna Gina. Non quoi ?

- Je ne veux pas être payée, pas pour celui-là, sourit-elle.

Ce fut au tour de Gina d'esquisser un timide sourire avant de se racler la gorge :

- Bien … Nous nous voyons demain soir donc, disons 19h ?

- Ok, euh … J'apporte quelque chose ou …

- Pas la peine, s'assura Gina avant de se lever, imitée par Emma dans la foulée.

Elles se saluèrent alors, avant que Gina ne s'éloigne, non sans oublier de remettre ses lunettes noires, se qui fit sourire de plus belle la jolie blonde.


Emma rentra chez elle plus légère : avoir réglé les choses avec Gina la soulageait d'un poids qu'elle n'aurait jamais imaginé. Et cela n'avait rien à voir avec le fait qu'elle pourrait, du coup, continuer cette petite mascarade qui lui rapportait tant.

Quand elle rentra ce soir-là, après son travail, elle se posa dans son canapé et zappa nonchalamment les multiples chaines de sa télé avant de tomber sur The Ellen Show. Elle se figea alors et s'imagina dans quelques jours, sur ce plateau TV. La peur et l'angoisse l'envahirent soudain : les gens allaient la voir « en vrai », ils la reconnaitraient encore plus que maintenant … Mais le plus important c'est : qu'elle n'aurait pas de filet, il ne pouvait pas y avoir d'erreur, ni de seconde prise. Elle devrait être parfaite ce jour-là aux cotés de Gina.

Et puis il y avait aussi la notoriété : elle avait déjà pu voir le résultat de quelques articles et photos volées, ainsi qu'une apparition en publique officielle. Qu'en serait-il alors d'une apparition dans un show aussi connu que celui-là …

Elle regarda l'émission avant d'ouvrir son ordinateur portable et de s'enfiler quelques émissions sur Youtube. A chaque fois, elle s'imaginait dedans et à chaque fois, elle n'imaginait pas une issue positive : ils finiraient par comprendre, ils finiraient par voir qu'elles n'étaient pas un vrai couple, qu'elles ne s'aimaient pas vraiment … Les choses tourneraient mal et la dernière chose qu'elle voulait était une humiliation en public, autant pour elle que pour Gina.

Elle devrait mettre à profit sa soirée de demain soir avec Gina pour faire en sorte qu'elles soient crédibles toutes les deux.


Un léger sentiment de « déjà vu » l'envahit. Debout devant l'immense demeure aux murs immaculés de Beverly Hills, elle cramponnait son sac à main. Ele regarda à droite, puis à gauche : parfois jetant un coup d'œil curieux et amusé vers un minibus remplis de touristes qui, avec des yeux avides de curiosité, s'enthousiasmaient des demeures des grandes stars du cinéma, de la musique ou du sport.

Elle se hâta de rentrer, ne voulant pas devenir la prochaine attraction de ces touristes, et bientôt elle se surprit à être tendue devant la porte d'entrée. Elle tritura nerveusement une mèche de ses cheveux avant de soupirer et de se regarder une dernière fois : décontracté mais pas trop : jeans, baskets et sweat aux couleurs des hockeyeurs du Maine.

Et lorsque Regina ouvrit la porte, elle se sentit soudain totalement à la ramasse : la jolie brune était d'une classe folle : robe noire et moulante, coiffure parfaite et maquillage professionnel, Emma faisait clairement tâche à coté, et Gina pensait exactement la même chose rien qu'à son regard allant des pieds jusqu'à la tête de la jeune femme.

Soudainement confuse, Emma fixa son regard à ses pieds, trouvant un intérêt fascinant pour le paillasson.

- Bonsoir.

- Désolée, je pensais pas …

- Pas que … quoi ?

- Qu'il fallait s'habiller, minauda la jeune femme en tapotant son jeans.

Gina sourit alors et se recula pour l'inviter à entrer, ce que la jolie blonde fit. Un doux fumet embauma l'intérieur de la demeure. Emma se demanda alors si c'était Gina qui avait préparé le repas ou une cuisinière …

- Entrez. Un apéritif ?

- Pas d'alcool, merci.

- Un passé d'alcoolique aussi ? lança Gina sur un ton ironique

- Non. J'en ais trop abusé étant jeune … sourit Emma en venant s'asseoir dans l'immense canapé d'angle en cuir blanc. Gina ramena un verre de whisky avant de tendre un jus de fruit à son invitée.

- Merci.

Entre deux gorgées, un silence presque gênant s'installa. Cette soirée était destinée à étoffer leur histoire fictive, leur passé imaginé et imaginaire. Elles devraient paraitre crédibles dans quelques jours lors d'un célèbre show TV.

- Bien … Nous pourrions commencer ? demanda Gina

- Allons-y.

- On a déjà établi que nous nous serions connues lors de mes multiples venues à l'hôtel où vous travaillez.

- Exact. Il faudrait peut-être qu'on parle un peu de nous …

Gina haussa un sourcil et sourit :

- Nous en connaissons suffisamment je pense : vous êtes divorcée et veuve, mère d'un ado de 12 ans.

- C'est un résumé bref mais efficace. Quant à vous, vous êtes une new-yorkaise, votre sœur est votre agent. Vos parents sont-ils toujours vivants ?

- Oui, et toujours à New-York.

- Vous êtes en bons termes ?

- Nous entretenons des relations cordiales, répondit-elle assez neutre

- On a des points communs plus que ce que l'on croit, il faut croire, sourit la belle blonde

- Semble-t-il.

- Avez-vous des secrets inavoués ?

- Des secrets ?

- Je sais pas moi : des pêchés mignons, des secrets quoi.

- En quoi serait-ce intéressant ?

- En rien, mais moi ça m'intéresserait, lança Emma, tout sourire, ce qui amusa autant que cela agaça Gina.

- Je n'ais aucun secret. Et quand bien même j'en aurais, il est évident que je vous le dirais pas.

- Pourquoi ? Je suis censée être votre copine, je devrais donc connaitre quelques trucs sur vous.

Le large sourire taquin d'Emma faisait fulminer Gina qui soupira avant de se lever

- Le repas est prêt.

- C'est vous qui avez cuisiné ?

Gina se stoppa et se retourna vers Emma, l'air perplexe :

- C'est-à-dire ?

- Bah c'est vous, avec vos petites mains d'actrice, ou bien une cuisinière ? Ou alors, carrément un plat tout prêt …

- Je sais cuisiner ! s'insurgea l'impétueuse brunette. J'adore cuisiner.

- Ah ! Vous voyez, ce genre de truc, je devrais être au courant !

- Mais pourquoi faire grand dieu ?!

- Parce que ça peut faire partie du jeu des interviews … Il s'agit pas simplement de raconter notre rencontre ou évoquer nos arbres généalogiques. Si vous voulez qu'on soit crédibles, il va falloir se connaitre un peu plus qu'une simple balade sur Santa Monica …

Gina soupira, mais Emma avait raison : l'émission dans laquelle elle s'apprêtait à apparaitre n'était pas une partie de plaisir et, elle le savait, sa vie intime serait presque sollicitée par l'animatrice. Elle grimaça alors.

- On pourrait commencer par se tutoyer non ? Ca éviterait les lapsus et les questionnements derrière …

- Certes.

- Bon ok, donc … Tu aimes cuisiner ?

Gina frissonna lorsqu'elle entendit cette familiarité. Ce n'était pourtant qu'un tutoiement comme n'importe quel ami pourrait avoir. Mais la vérité était que, mis à part sa sœur, peu de gens la tutoyaient. Signe de respect ou encore de distance, elle tutoyait peu de gens dans son quotidien. Alors lorsque les mots sortirent de sa bouche, c'est dans une certaine difficulté.

- Exact. Mes origines m'ont prédestinées à être une bonne cuisinière méridionale.

- Donc pas de cuisinière ici ?

- Jamais. Quand j'ai le temps, ce qui est le cas de plus en plus souvent en ce moment, je préfère me faire moi-même mes repas.

- Je suis sûre que tu es végétarienne ! s'esclaffa la jolie blonde

- Ah vraiment ? Expliquez… explique-moi.

- J'ai une théorie là-dessus : les stars ont besoin de garder la ligne … Alors elles font des steaks de tofu et du yoga.

- Intéressant. Je mange de la viande et je ne connais pas un seul mouvement de yoga. Désolée de démolir ta belle théorie, gloussa la jolie brune.

- Arf, pas grave, je préfère ça … Je suis moi-même une grosse carnivore : une vie sans burger c'est comme un jeans sans poche : ça sert à rien.

- C'est une façon de voir les choses. Passons à table.

Emma prit place et fut étonnée de la classe et de la délicatesse du dressage : des couverts certainement en argent, des verres en cristal, de la porcelaine française sur laquelle était posées des serviettes probablement en soie. Emma se passa de commentaire sur le coté « m'as-tu vu » de Gina, mettant simplement cette surenchère sur le compte d'un plaisir de la jeune femme à faire une belle table pour elles deux.

Elle prit place alors et Gina s'éclipsa quelques instants pour revenir avec deux assiettes. Dedans : du melon esthétiquement coupé et des tranches de jambon de parme en chiffonnade. Emma n'avait que rarement mangé ce genre de chose, elle qui était habituée à des burgers, des pâtes ou toute autre nourriture facile à faire.

Là encore, elle essaya de cacher sa stupéfaction face à cette entrée, de peur que Gina n'émette encore un jugement sur elle. Elle était déjà la femme de ménage, elle ne voulait pas passer pour une plouc sans éducation.

- Du vin ?

- De l'eau merci.

- Je suppose que le champagne ne t'attire guère plus …

- Vo… Tu supposes bien.

Une fois à table, l'une en face de l'autre, le repas démarra doucement, dans le silence, Emma sentant parfois quelques regards de Gina sur elle.

Et lorsque son assiette fut vide, elle se redressa et fixa Gina :

- Quoi ?

- A vrai dire … Je dois bien reconnaitre que tu es bonne cuisinière.

- Ce n'est que du melon, aucune préparation contrairement au plat qui suit.

Et alors que Gina se leva pour débarrasser les assiettes, Emma l'imita mais fut très vite stoppée dans son élan :

- Vous… Tu es mon invitée.

Frustrée, Emma se rassit, peu habituée à se faire servir. Elle n'eut pas à attendre longtemps avant que Gina ne revienne avec deux assiettes richement garnies.

- Wow …

- Les lasagnes sont ma spécialité. Une recette qui se transmet de mère en fille dans ma famille depuis des générations. Une des seules choses, d'ailleurs, qui me connecte encore avec ma mère …

- Parle-moi un peu de toi, ton enfance … Je suis curieuse.

- Il n'y a vraiment rien à dire : enfance normale, éducation assez stricte, un cursus scolaire s'arrêtant au lycée à cause des multiples tournages …

- Tu n'as pas d'infos croustillantes ? lança Emma en s'adossant à sa chaise, avide d'une réponse

- Pourquoi ?

- J'en sais rien … Peut-être pour avoir plus l'impression de te connaitre. Pour l'instant, tu ne m'as rien appris que je ne pourrais déjà savoir dans les magazines … Si je suis censée être ta petite amie, il faudrait que je sache des choses que les badauds ne peuvent connaitre …

Gina soupira avant de sourire, comme si elle venait de se souvenir de quelque chose :

- Gina n'est pas mon vrai prénom …

- Ah oui ?

- Je m'appelle Regina, Regina Mills.

- Pourquoi avoir raccourci ?

- Regina ne faisait pas trop hollywoodien, c'était trop exotique pour eux, trop latino. Ils ont abrégé et … il y a bien longtemps qu'on ne m'appelle plus Regina, au point que j'oublierais presque son existence.

- C'est dommage, c'est un joli prénom, sourit Emma en prenant une pleine bouchée de lasagnes.

Gina fut surprise du long gémissement de contentement que la jolie blonde lâcha, les yeux fermés. Elle détourna le regard, légèrement gênée, avant qu'Emma ne la fixe :

- Ok, là je me rends : tu es une cuisinière de talent ! Au pire, si vraiment le ciné ça marche plus, tu pourras toujours te reconvertir en présentatrice d'émissions culinaires. Ca cartonne en ce moment ça …

Gina allait répondre de manière peu cordial jusqu'à ce qu'elle se rende compte que sa remarque n'était pas si bête que cela. Elle n'avait jamais pensée à une telle carrière …

- Ca va ?

- Ou… Oui, pardon. Je vois que mes lasagnes remportent un franc succès donc, sourit-elle.

- Carrément ! On passe au dessert ?

L'ambiguïté de la phrase figea les deux jeunes femmes avant qu'Emma ne se racle la gorge … Euh, je veux dire … Il … Il y a un dessert … je suppose … Enfin.

- Glace ! lança Gina pour couper le malaise ambiant. C'est de la glace !

Gina se leva et, cette fois-ci, trop occupée à évacuer la pièce, elle n'arrêta pas lorsqu'Emma l'imita pour poser les assiettes dans l'évier. Elle jeta un regard amusé vers Gina, la tête dans le congélateur. Et lorsque cette dernière sortit le pot de glace à la vanille, elle fut surprise de voir Emma, les yeux dansant dans la pièce.

- Elle est chouette ta cuisine.

- Me… Merci. Je … Je prépare le dessert.

- Deux boules.

Gina, les joues rouge pivoine, fixa alors Emma :

- Pardon ?

- J'aimerais deux boules … de vanille, y'a un problème ?

- Oh pardon, soupira-t-elle, rassurée, je crois que je suis … fatiguée. Toutes ces interviews ces derniers temps … Je n'ais plus l'habitude.

- Et mentir demande beaucoup d'énergie, conclut Emma.

- Certes. Tiens.

Gina lui tendit une coupe et Emma la prit avant de plonger sa cuillère dedans.

- Nous serions peut-être mieux au salon non ?

- Non. J'aime bien cette pièce, soupira Emma en fixant le comptoir central entièrement en marbre. Elle est magnifique.

Gina sourit alors avant de s'adosser contre l'évier, aux cotés d'Emma, et de vagabonder son regard sur sa cuisine :

- Je l'ais imaginé moi-même. J'avais envie d'une cuisine familiale, le cœur de la maison.

- Pourquoi tu n'as pas d'enfant ?

La question aurait pu être déplacée mais Gina n'en prit pas ombrage. Elle soupira doucement, cherchant elle-même une raison valable avant de se rendre compte que la seule explication logique à ce manque d'enfant et de famille n'avait qu'une seule réponse :

- J'étais égoïste. Je pensais avant tout à ma carrière. Pour moi, avoir un enfant c'était un frein : être grosse, difforme, ne plus pouvoir bouger, puis ensuite devoir élever un enfant … Je n'étais pas prête à sacrifier ma carrière pour tout cela.

- Tu regrettes ?

- Je n'ais jamais ressenti le besoin d'avoir un enfant, renforcé par le fait que je n'ais jamais trouvé un homme qui me fasse ressentir ce besoin. Je n'ais trouvé personne qui puisse passer avant ma carrière : soit ils en faisaient partie, soit ils n'étaient que passagers …

- C'est triste non ?

- Je n'en sais rien. Comment peut-on manquer d-une chose que l'on n'a jamais eu. Tu as été mariée et divorcée, cela prouve que tu regrettes ton mariage. Moi je n'ais pas ce genre de regret, c'est comme ça, c'est tout.

- Si tu avais la possibilité de revenir en arrière, tu ferais les mêmes choix ?

Gina ne répondit pas, ce qui attira l'attention d'Emma qui se tourna vers elle : Gina était fixe, le regard dans le vide.

- Gina ?

- Je … J'essayais de m'imaginer faisant autre chose, dans une autre vie mais … La vérité est que je ne sais rien faire d'autre.

- C'est faux. Tu sais cuisiner, sourit Emma en la fixant.

Chacune dans les yeux de l'autre, un petit silence s'installa, silence gênant qui devint soudainement très lourd. Gina détourna le regard, replongeant son attention sur sa glace qu'elle massacra de sa cuillère.

Emma sourit alors : derrière cette façade de femme froide et hautaine, elle pouvait déceler une femme dont la solitude fut vraiment sa seule compagne depuis toutes ces années. Oui, il y avait eu sa sœur, mais cette dernière était en dehors de la vie de Gina qui s'était forgée une épaisse muraille pour se protéger, ne pas laisser ressortir cette petite américaine aux origines portoricaines du Bronx. Et pourtant, Emma savait que c'était elle, cette gamine des quartiers, qui était intéressante, et pas cette actrice froide et dénuée de sentiments jusqu'à renier toute famille.

- Alors … Comment on justifie qu'on soit passée à l'autre bord toutes les deux ? J'ai été mariée à un homme, et toi tu comptes plus d'acteurs à ton actif que de mois dans l'année …

- Un coup de foudre ?

- Trop gnangnan … Et puis personne ne croit aux coups de foudre de nos jours. Non, il faut trouver un truc. Il faut que l'une des deux ait abordé l'autre. Il serait plus logique que ce soit moi …

- Pourquoi ?

- Ca serait totalement bizarre qu'une star comme toi avec une réputation à tenir, ne risque de briser tout cela pour un coup de cœur. Non, non, ça serait plus logique que se soit moi qui t'aborde. Genre : je demande à être assignée à ta chambre, à ton service ect … Tu vois ?

- Je … Oui, je vois.

- Bon ok, donc ça c'est réglé : on se connait via tes multiples venues à l'hôtel et, à force de se côtoyer, on finit par devenir amies avant que je ne fasse le premier pas. Bon … Comment j'arrive à te prendre dans mes filets ? C'est vrai quoi : tu es une femme, une actrice … Qu'est-ce qui t'aurait plu chez moi … soupira-t-elle pour elle-même.

Gina se tourna vers elle et la scruta :

- Ta beauté, sans nul doute. Ta gentillesse et ta spontanéité. Ta fraicheur et, évidemment, la curiosité que pourrait amener une telle relation.

Emma, surprise, la fixa à son tour, cachant avec difficulté un sourire satisfait :

- Tu me trouves belle ?

Gina détacha rapidement son regard et posa sa coupe glacée dans l'évier.

- Il faudrait être stupide ou jalouse pour ne pas avouer que … visuellement tu es regardable.

Emma pouffa de rire :

- Oh oh voyez-vous ça « visuellement regardable » ? Sérieusement ? C'est pas ce que tu as dit, non, non, non. Tu as dit que j'étais belle.

- Bon stop.

- Allez, admets-le, je suis super jolie !

- Je n'ais pas dis ça !

- Tu rougis, gloussa Emma

- Ce que vous pouvez être énervante !

- Ah, retour au vouvoiement … C'est mauvaise signe ou pas ?!

- Ce que tu peux être fatigante …

- Et toi coincée …

- Si j'étais si coincée, jamais je n'aurais accepté une telle mascarade.

- Mouais, ça se trouve, tu as des penchants lesbiens depuis un moment, tu cherchais juste un moyen de l'assouvir, je l'ais senti dans l'ascenseur, ricana de plus belle Emma.

Gina savait qu'elle l'a taquinait, mais c'était plus fort qu'elle :

- J'aime les hommes.

- Ca n'exclut pas de ne pas aimer les femmes aussi, sourit Emma. Moi j'ai eu un crush pour une amie au collège.

Cette information tomba comme une bombe dans les oreilles de la jolie brune. Déstabilisée, elle ne su quoi dire, préférant la fixer comme une bête curieuse. Emma s'en rendit compte et se sentit obligée d'expliquer la chose.

- J'avais à peine 14 ans … Elle s'appelait Lily. Elle était comme moi : un aimant à emmerdes. On se retrouvait souvent en retenue toutes les deux les samedis. On a fini par s'apprivoiser et devenir amie.

- Ensuite ?

- On s'est rapprochées, toute l'année scolaire durant … J'avais arrêté les conneries et au lieu de trainer le soir dans les rues, on était ensemble. Un soir, elle m'a invité chez elle pour se faire un marathon série. Je sais pas, c'est arrivé … On était toutes les 2 dans le canapé, l'une à coté de l'autre … J'étais fatiguée alors … J'ai posé ma tête sur son épaule … Elle m'a enlacé et … Je sais pas en un instant elle a posé ses lèvres sur les miennes … Ca a duré, je sais pas moi, de longues secondes. Quand je me suis rendu compte de ce qui se passait, j'ai rompu l'échange et je l'ais repoussé. C'était le premier regard de déception qu'on me lançait … Le premier d'une longue série que ce soit Neal, mes parents ou même mon fils. Oui, celui de Lily était le premier.

- Que s'est-il passé ?

- J'ai flippé. A l'époque, ce genre de chose était … tabou. J'ai eu la trouille et je l'ais repoussé. Pour le peu de temps qu'ils nous restaient de cours avant la fin de l'année, je n'ais cessé de repousser Lily, de l'ignorer. Elle en a souffert, je le sais, et aujourd'hui encore, je crois que je m'en voudrais toujours.

- Comme cela s'est terminé ?

- Mal, comme tu peux l'imaginer : on ne s'est plus revues quand les cours furent finis. Je n'ais appris que plus tard qu'elle était retombée dans ses travers, dealant de la drogue pour le compte d'un petit caïd notoire … L'été est passé et j'ai essayé de l'oublier en passant au lycée … J'ai connu Neal et … le reste tu le sais déjà.

- Je vois …

- Parfois, je me demande si la vie n'aurait pas été mieux, si j'avais choisi Lily, pour nous deux. On aurait peut-être eu des galères comme l'homophobie mais on aurait lutté ensemble contre. On aurait peut-être vécu heureuses, loin du Maine. Elle avait toujours rêvé de partir au Canada … J'aurais peut-être pas connu Neal, ni eu Henry. J'aurais peut-être moins déçu mes parents, j'aurais peut-être fais autre chose de ma vie que de devenir gouvernante dans un hôtel de luxe …

- Sais-tu ce qu'elle est devenue ?

- Non. Après cet été, nous nous sommes perdues. Je crois que ses parents adoptifs ont décidé de déménager pour lui offrir un environnement plus sain … Mais j'en sais pas plus. J'avais tellement honte de mon comportement, que je n'ais jamais cherché plus loin. C'était ma première vraie amie, et j'avais tout foutu en l'air.

- Si tu ne l'aimais pas, tu ne pouvais pas te forcer non plus …

- Le problème c'est que … Des semaines plus tard, j'ai compris que, moi-même, j'étais attirée vers elle. Mais j'avais tellement la trouille de cet inconnu que j'ai préféré passer ça comme une curiosité adolescente passagère.

- C'est triste.

Emma baissa le regard avant de poser sa coupe à son tour dans l'évier :

- Voilà pourquoi, ça paraitra moins étrange que ce soit moi qui ais fait le premier pas, sourit-elle, comme si elle venait d'effacer le lourd secret qu'elle venait d'avouer à Gina.

- Bien …

- Je t'aurais d'abord glissé un mot discret sous ton oreiller, sur table de chevet ou dans ta salle de bain, genre un petit jeu de messages entre nous avant de se jeter à l'eau ?

Gina haussa un sourcil :

- Et ça, ça ne fait pas gnangnan ?

Emma se tapa le front de sa main et grogna de frustration :

- Arghh j'en sais rien moi ! En temps normal, jamais j'aurais osé faire ça ! Je veux dire : oser draguer une actrice. C'est tellement pas moi … Personne ne va y croire …

Gina s'inquiéta soudain du voile sombre qui couvrit le visage de la belle blonde.

- Hey … Un problème ?

- Ca ne marchera jamais … soupira Emma

- Pourquoi ? Les gens ont mordu à l'hameçon déjà, il n'y a qu'à voir l'intérêt que nous suscitons depuis le début de cette histoire, et cela fait à peine 15 jours !

- Je sais mais là … C'est une autre histoire. Ce show il est regardé par des millions de fans, la présentatrice est gay et son gaydar est plus efficace que du coca sur des pièces en cuivre ! Elle va se rendre compte du truc, c'est obligé !

- Pas si nous agissons comme si tout était normal. Si tu es stressée ou nerveuse …

- Mais je le serais forcément !

- Alors, je mettrais cela sur le compte de la nouveauté pour toi : plateau télé, notoriété. En tant que femme du Maine fraichement arrivée sur Los Angeles, tu ne peux qu'être impressionnée.

Mais Emma n'était pas convaincue, et Gina le sentit. Elle prit alors sa main dans la sienne :

- Tout ira bien, souviens-toi que je suis actrice, je saurais broder comme je l'ais fais sur le tapis rouge il y a plus d'une semaine.

- Si tu le dis …

- L'émission se fera dans 2 jours. Nous aurons, d'ici-là, le temps de penser à une argumentation plus solide, mais pour l'instant, l'histoire me plait, bien qu'un peu trop romance hollywoodienne, mais c'est ce dont raffolent les fans.

- Super … Quand je serais virée de mon job, je pourrais toujours me reconvertir en romancière … argua Emma de manière acide.

Gina lui sourit avant de lui proposer un digestif, que refusa Emma, prétextant devoir rentrer sobrement en voiture. C'est donc dans une sérénité relative qu'Emma quitta Gina, non sans un dernier au revoir sur le palier de la porte.

- Bon, c'était chouette, vraiment ! Je sens qu'on progresse niveau relationnel non ?!

- Ma chère, vous êtes loin du compte et loin du standing que j'impose à mes partenaires … Mais, il faut avouer que nous avons fais de grands progrès ce soir.

- Rien de tel qu'un bon repas ! s'exclama Emma. Bon, je vais y aller, on se tient au courant pour l'émission …

Gina opina et soudain une légère gêne plana quand Emma ne su quoi faire pour clôturer la soirée. Elle se lança alors et s'avança en étreignant maladroitement Gina qui, surprise, se figea d'abord avant de tapoter légèrement son dos. Quand Emma s'éloigna, elle l'embrassa rapidement sur la joue en lui murmurant un « Bonsoir Regina » avant de s'éloigner et de disparaitre dans sa voiture.

Gina resta dehors jusqu'à ce qu'elle n'entende plus le moteur au loin, un léger frisson l'envahit alors tandis qu'elle se caressa subrepticement la joue. Elle rentra chez elle et, pour la première fois depuis le début de toute cette histoire, elle s'endormit sereine, sûre d'avoir fait le bon choix.


Quand Gina ouvrit les yeux ce matin-là, elle savait, au fond d'elle-même, qu'elle aurait du rester au lit. Quand elle se leva et qu'elle se dirigea au radar jusqu'à sa salle de bain, elle ne se doutait pas une seule seconde de ce qui l'attendait. Quand elle enfila son peignoir et qu'elle descendit jusqu'à sa cuisine, elle ne s'attendait pas à voir débarquer …

- Hey ! Debout marmotte !

- Zelena … soupira déjà lasse Gina. Comment es-tu entrée ?!

- J'ai la clé souviens-toi.

- Pourquoi me demandes-tu alors de t'ouvrir à chaque fois ?

- Parce que j'aime bien me faire ouvrir la porte, sourit-elle taquine. Je m'attendais à ce que tu m'appelles hier soir, furax d'avoir du te coltiner cette femme de chambre pour la soirée ! Et finalement pas d'appel, alors je suis venue pour prendre des nouvelles.

- J'étais fatiguée …

Zelena écarquilla alors les yeux et tapa le comptoir en marbre du plat de sa main, faisant sursauter une Gina à peine réveillée :

- Oh mon Dieu … Ne me dis pas que …

- Que quoi ?

- Nonnnnnn elle et toi vous …

- Quoi ? non, non, non. Stop, il ne s'est rien passé. Nous avons diné, mis en place une petite histoire qui tiendrait la route, et elle est repartie.

- Et c'est tout ?

- Et c'est tout.

- C'est chiant au possible …

- Il n'était pas question qu'il y ait de l'action je te signale.

- J'aurais espérer quelques infos croustillantes … Notamment sur son fils.

Gina se figea alors et soupira :

- Si elle ne t'a rien dit, c'est qu'elle n'avait pas l'intention de t'en parler. Ce n'est pas à moi de le faire …

- Dis donc … J'ai l'impression que les choses ont changé entre vous non ?

- Rien n'a changé : je ne la supporte toujours pas, j'apprends seulement à faire avec.

- Tu mens.

- Non.

- Si, je le sais, je suis ta sœur, je sais quand tu mens.

- Je suis actrice, je mens tout le temps.

- Alors dis-moi … Quelle est votre histoire ?

Gina se servit une tasse de café avant d'en boire une timide gorgée :

- A force de se voir à au Hilton, elle a fini par faire le premier pas …

- Crédible ou pas ?

- Elle a déjà eu ce genre de … d'histoires par la passé.

- Non … Elle est gay ?

- Non.

- Elle est bi ?

- Non.

- Elle est nulle !

- Certainement. Toujours est-il que ce serait elle qui aurait fait le premier pas et … s'en serait suivi un petit jeu entre nous …

- C'est mignon. Un peu cucul, mais les médias raffolent de ce genre de truc. Donc, vous êtes enfin arrivées à un compromis.

- Oui, en quelque sorte.

- Tu veux toujours pas me dire ce qu'il en est avec son fils ? Va-t-on le voir débarquer d'un instant à l'autre ?

- Je ne pense pas …

- Je sais ! Elle n'en a pas la garde !

Gina la fixa d'yeux ronds et surpris :

- Comment …

- Pas vraiment difficile à comprendre : elle a été mariée, est maintenant veuve avec un fils. S'il n'est pas ici avec elle, c'est qu'il ne vit pas ou plus avec elle, et que, donc, elle n'en a plus la garde. C'est ça ?

- …

- Hey, c'est pas de ma faute si je suis si perspicace, gloussa Zelena.

- C'est une situation difficile pour elle … soupira Gina, soudainement concernée par la situation de la jolie blonde. Elle essaie de lui prouver qu'elle vaut plus qu'une femme de chambre.

- C'était la raison principale de son besoin d'argent ?

- Oui.

- Tout est clair maintenant … Alors, vous êtes prêtes pour le grand show ?

- On va essayer … Elle est encore frileuse mais c'est compréhensible.

Zelena haussa alors un sourcil, affichant un sourire taquin :

- Quoi ?

- J'ai l'impression que vous avez passé une étape hier, j'me trompe ?

- Tu as fini oui ?!

- Quoiiiiii ? C'est cool si toute cette histoire, finalement, te permet d'élargir ton cercle amical.

- Qu'est-ce que tu racontes ? J'ai des amis !

- Ah oui, dit-elle en s'accoudant au comptoir, lesquels ?

- Tu ne les connais pas, mais j'en ais !

Zelena gloussa alors avant de dodeliner de la tête :

- Parfois, et tu t'en défendras mais … Tu n'es pas si loin de cette petite tête de linotte qui courait dans les rues de New-York …

- Arrête.

- Renier d'où tu viens ne t'aidera pas Gina … Cette façade d'actrice hautaine et lointaine, ça ne te ressemble pas. Je me souviens, tu sais, lorsque nous avions 14 et 16 ans : les plaisirs simples que nous partagions … Et aujourd'hui, tu as quasiment peur d'avouer que tu as une amie. Te rends-tu compte de la tristesse de ce fait ?

- Si tu penses que ma vie est si misérable, pourquoi t'acharnes-tu à rester à mes cotés ?! Ne gâche pas ton temps !

Zelena soupira avant de pencher sa tête sur le coté :

- Oh Gina … Elle s'approcha alors et l'a pris dans ses bras. Tu es ma sœur, jamais je ne te laisserais … Je ne ferais pas la même erreur que nos parents.

Soudain, elle sentit Gina plus molle, comme si elle avait décidé, pour un court instant, de baisser les bras, de se laisser aller. Alors les larmes coulèrent sans qu'elle ne puisse rien y faire. Elle étreignit sa sœur plus fort encore et posa sa tête sur son épaule.

- Cette femme, cette Emma … Elle semble bien hein ?

Gina sourit alors, ses larmes tâchant le chemisier de sa sœur, avant de renifler pour le moins discrètement. Elle se redressa, essuyant du plat de sa main, ses joues humides.

- Je pense que … Qu'elle pourrait être la bonne.

Zelena pouffa de rire alors avant de replacer une mèche de cheveux de sa sœur derrière son oreille :

- T'es complètement accro ! Tu vas virer gay plus vite que je ne le pensais.

- Je ne suis pas ga… Attends, quoi ?

- Non rien, bon allez, habille-toi !

- Ou va-t-on ?

- Quand une fille déprime, le meilleur remède est le shopping !


Emma ne travaillait pas. Elle aurait pu dormir jusqu'à midi, manger dans son lit ou végéter devant la télé. Au lieu de cela, elle se leva et s'apprêta avant de prendre un rapide petit déjeuner et de sortir en direction d'Hollywood Boulevard.

Après tout, après trois mois ici, elle n'avait jamais réellement fait sa touriste ! Elle marcha alors, le long du trottoir étoilé, et s'extasia sur quelques noms des plus grandes stars comme Marilyn Monroe ou Steven Spielberg, aux noms les plus atypiques comme Shrek ou encore Mickey Mouse.

Elle vagabonda, se laissant même aller à entrer dans les boutiques à touristes, achetant porte clé, T-shirt et autre casquette. Sacs en main, elle entra dans le Chinese Theather aux multiples boutiques toutes plus tentantes les unes que les autres. Au loin, elle aperçut le fameux signe « Hollywood » sur une colline surplombant le quartier du même nom. Elle se disait qu'un jour, elle irait faire, elle aussi, une photo devant et l'enverrait à son fils.

Elle n'avait jamais cessé d'écrire à Henry : une lettre une fois par mois. Il y avait bien entendu les mails, mais elle ne connaissait pas l'adresse de son fils, pour peu qu'il en ait une. A chaque fois qu'elle trouvait quelque chose, qu'elle partait à l'aventure, elle lui écrivait, accompagnée d'une photo, toujours en finissant ses lettres par un « J'aurais aimé que tu sois avec moi, mais je ne désespère pas. »

Jamais elle n'avait eu de réponse, jamais. Pourtant, elle ne cessa jamais ses envois, agrémentant ceux-ci par quelques appels, mais rarement elle tombait sur son fils, et lorsque c'était le cas, il était peu loquace et la conversation tournait court.

Mais il n'était pas question de penser à cela pour l'instant : Emma avait décidé de jouer les touristes alors, les bras déjà chargés de sacs, elle entra dans quelques boutiques supplémentaires et se laissa tenter pour des lunettes de soleil ou encore un petit short en Jeans qu'elle s'imaginait bien porter sur la plage.

Puis soudain, son regard fut attiré par une boutique … Elle sourit avant d'y entrer d'un pas sûr.

- Bonjour !

- Hey ! Mais c'est ma diva de la campagne ! lança Ruby, tout sourire

- Oui, une diva, c'est ça, gloussa Emma.

- Je vois que vous vous êtes laissée tenter par les lois de la consommation, lança Ruby en pointant les 5 sacs dans les mains d'Emma

- Ouais je …

- Ne soyez pas gênée, on l'a tous fait un jour, sourit Ruby. Que puis-je pour vous ? Une autre robe ?

- Oh non, non, je … Je passais voilà tout. Histoire de dire bonjour …

- C'est gentil. Si vous n'avez rien de prévu, on pourrait aller déjeuner ensemble ? C'est bientôt ma pause.

- Oh je … Je n'ai pas envie de m'imposer.

Ruby lui attrapa le bras en passant le sien autour et sourit :

- N'importe quoi ! C'est moi qui le propose, et ça me ferait plaisir. J'aime bien discuter de tout et de rien …

- A vrai dire, ça ne serait pas de refus. J'ai pas vraiment d'amis ici, ça me ferait certainement du bien de pouvoir parler à quelqu'un d'autre que mon reflet.

- Vous parlez à votre reflet ?! s'étonna Ruby

- C'est une façon de parler bien sur …

Elles éclatèrent de rire avant de sortir de la boutique et de se diriger vers un petit restaurant à la décoration girly et aussi douce qu'un bonbon avec du rose et des paillettes.

- Y'a vraiment qu'ici qu'on peut trouver ce genre de resto … J'ai l'impression d'être dans une immense barbe à papa.

- C'est un peu ça oui … Moi ça m'éclate de venir ici. Les serveuses sont assez drôles et, il faut bien le reconnaitre, assez sexy.

- Sexy ? s'étonna Emma

- Ouais, je suis à voile et à vapeur … Parfois l'un, parfois l'autre, tout dépend de ce que je trouve au moment venu, sourit Ruby sans une once de gêne. Oh j'espère que tu es ok avec ça … Je veux dire, enfin … Toi-même tu es …

- Je suis ?

- Bah gay.

- Oh ? Ah oui !

- Du coup, j'me dis que c'est moins choquant pour toi d'entendre ça. Quoiqu'ici, il y a peu de tabous.

- Oui, oui tu as raison, pas de soucis, confirma Emma d'un sourira rassurant.

Ruby s'installa, suivi d'Emma, à la terrasse du café avant d'être servies en thé glacé.

- Alors, toi et la diva, ça marche toujours ?

- La diva ? Tu parles de Gina Mills ?

- Elle est connue pour être une actrice assez froide et distante … Comment elle est avec toi ?

- T'es pas en train de glaner des infos pour les revendre au premier journaliste venu hein ?

Ruby gloussa alors avant d'avaler une gorgée de thé grâce à sa paille :

- Nais crainte, je suis une tombe. Et franchement, si j'avais voulu me faire du blé là-dessus, je t'aurais pas attendu … Si tu savais le nombre d'actrices qui est entré dans ma boutique et m'a supplié de ne pas révéler leur vraie tour de taille ou de poitrine … C'était autant amusant qu'affligeant.

- J'imagine oui …

- Tu as dis vouloir une confidente alors … Je peux l'être, si tu le souhaites.

- J'aimerais bien mais … C'est compliqué.

- Genre votre relation est sous surveillance de la CIA ? ricana la jolie brunette

- Non, non mais … Gina est quelque peu … frileuse avec ce genre de contact …

- Elle est pas forcément obligée d'apprendre mon existence. Je pourrais être la « amie secrète et sincère, la confidente 2.0 » ironisa-t-elle.

Emma tira un sourire, qui enchanta Ruby. Elle posa alors sa main sur la sienne :

- Sérieusement, je suis là si tu veux, sans contrainte aucune.

- Merci … soupira d'aise Emma

- Em… Emma ?

La jolie blonde releva le visage alors avant d'apercevoir, à quelques mètres de là, Gina accompagnée de sa sœur. Elle se figea alors avant de se rendre compte que la main de Ruby était toujours sur la sienne, elle s'en défit rapidement, mais trop tard pour que Gina ne l'aperçoive pas avant.

- Gina …

- Euh, c'est loupé pour le coté « amie secrète 2.0 » là non ? murmura Ruby alors que Gina Mills la fusillait du regard.

TBC


NEXT : jalousie, un tour de manège, ce qu'il se passe dans un cabine d'essayage, silence ça tourne, colocation et autres avantages ... Tout cela dans le prochain épisode !