Bonjouuuuuuuuuuurr Alors votre rentrée ? Moi la mienne ... Euh ... Attendez voir ... *niak niak niak*

Bref, je pense que vous allez adorer ce chapitre ... Autant que le détester !

Beaucoup de choses dans ce chapitre dont un changement significatif pour Emma ...

ENJOY


Amitié ?

Pour son premier jour de repos depuis son emménagement, Emma avait décidé de lézarder dans son jardin. Assise sur sa balancelle, une tasse de café en main, elle repensait aux paroles de Ruby : se pouvait-il que la réalité ait dépassé la fiction ? Aurait-elle mêlée des sentiments feints à de vrais sentiments ?

Et alors qu'elle se détendait enfin, on sonna à la porte. Elle grogna mais se leva, n'imaginant pas que Ruby sorte de son cocon avant une bonne heure. Et lorsqu'elle ouvrit la porte, elle eut la surprise de voir la plantureuse rouquine, un large sourire sur le visage.

- Hello, hello ! J'espère que je vous réveille ?!

- Hm pas vraiment, je …

- … Désolée, j'ai … J'ai pris la liberté de venir accompagnée.

Zelena s'écarta alors et Gina apparut, l'air légèrement gênée.

- Elle a insisté, se défendit la jolie brune

- Oh … Euh … Ruby est …

- Oui, je sais ! Je vous laisse les filles ! gloussa Zelena en montant à l'étage, ne laissant aucun doute sur la suite des événements

Emma se tourna alors vers Gina et l'invita à entrer. Lorsque la belle entra, son regard vaqua dans la pièce principale et son nez se fronça.

- Oui je sais c'est pas le grand luxe, mais c'est toujours mieux que ce que j'avais avant, et c'est plus proche de mon boulot.

- Non c'est … très … pittoresque.

- Si c'est le mieux que tu puisses faire, j'accepte ce compliment, gloussa Emma

- Pourquoi ne m'as-tu pas dis que tu déménageais ? Et avec Ruby ?

- Oh euh … Les événements se sont un peu précipités. Ruby ne m'a pas vraiment laissé le choix …

- Avec Ruby ? répéta Gina

- C'est mon amie, elle m'a fait une proposition, je l'ais accepté. T'as un problème avec Ruby ?

- Avec ce que je te paie, tu n'as pas pu trouver mieux ? répondit Gina en écartant visiblement la question de la belle blonde.

La remarque, bien qu'anodine, blessa Emma, sans que cette dernière ne le montre pour autant. Elle savait Gina hautaine et parfois sur une autre planète que cette des gens « normaux ». Elle pensait juste qu'à son contact, elle changerait un peu, mais visiblement le travail serait peut-être plus long que ce qu'elle avait pensé.

- Un café ?

- Merci.

Ce n'est qu'en suivant Emma jusqu'à la cuisine que Gina se rendit compte de la tenue de la jolie blonde : petit short en coton, et débardeur gris clair, les cheveux relevés en queue de cheval haute. Jamais Gina ne l'avait vu si courte vêtue.

- Hm … Tu ... N'as pas froid ? Tu te balades souvent comme ça dans ton salon ?

- Je vais mettre quelque chose, si ça te dérange. Et, si tu penses à Ruby, y'a pas de soucis ... Elle fait pareil de toute façon.

- Ah …

Voyant la gêne visible de Gina, la jolie blonde ne se changea donc pas, préférant s'amuser avec la gêne de la belle brunette.

- Le jardin est sympa, tu veux voir ?

- Il ne fait pas un peu frais ?

- Je te dis ça parce qu'il est fort à parier que d'ici quelques minutes on soit toutes les deux très embarrassées.

- Je ne comprends pas.

- Les murs sont très fins ici … très, très fin.

- Je … Oh je vois …

- Donc si tu ne veux pas être embarrassée dans quelques minutes, je te suggère de me suivre, sourit la jeune femme.

Gina la suivit donc, tasse de café en main et c'est sur la balancelle qu'elles prirent place. Devant l'air dubitatif de Gina, Emma crut bon de s'expliquer :

- C'est une idée de Ruby …

- Oh, c'est … Intéressant.

- Dis-le : c'est aussi cheap que le reste hein … sourit Emma

- Je n'ais pas dis ça.

- Tu l'as pensé, c'est pas mieux.

Puis un léger flottement les entoura alors, chacune le nez dans leur café, avant que Gina ne brise le silence :

- Ote-moi d'un doute : ton silence et ton éloignement cette dernière semaine serait-elle du au tournage de l'émission ?

- Hm … Non, pourquoi ?

- Je n'en sais rien. J'ai juste l'impression que ton retour fut … assez calme et détaché.

- Détaché de quoi ?

- De ce qu'il s'est passé sur le plateau.

Emma se figea alors et plongea de plus belle son nez dans son café.

- Alors c'est ça … Tu aurais pu me le dire.

- Te dire quoi ? Que j'ai été surprise ? Que tu aurais pu me prévenir ? répondit Emma

- On aurait pu en débattre avant mais je n'imaginais absolument pas qu'on aurait à faire … ça.

- Oui j'imagine …

- Mais si tu voulais en parler après, on aurait pu. Tu ne disais rien, alors je pensais que c'était ok pour toi.

- Je pensais la même chose de mon coté.

- Il va falloir qu'on travaille sur notre communication, gloussa Gina

- Ouais … Alors … Tu veux qu'on en parle du coup ?

- De quoi ?

- Bah … De ce qu'il s'est passé.

- Si tu veux.

- Bah c'est seulement si toi tu veux.

Elles se regardèrent alors, haussant chacune un sourcil avant d'éclater de rire.

- Décidemment, il semblerait que ce soit un sujet assez tabou pour qu'aucune ne veuille l'aborder.

- … Il faut croire.

- Bien alors, je vais commencer puisque, logiquement, c'est moi qui t'ais embrassé.

Emma opina, respirant doucement mais n'osant pas affronter le regard de la jolie brune, préférant écouter attentivement ce qu'elle avait à lui dire.

- Bien … Je … Je suis désolée de t'avoir prise en traitre. Mais j'ai paniqué … Quand j'ai vu le public exulter et Ellen nous fixer … Je ne voyais pas d'échappatoire. J'avais peur que la fuite ne paraisse … étrange.

- Oui c'est sur.

- Et toi … Tu en penses, enfin, en a pensé quoi ?

Emma soupira alors, attendit quelques secondes, avant de sourire :

- J'ai connu mieux en matière de baiser, mais c'était une bonne idée. Au moins là, personne ne remet en doute notre couple.

Gina la fixa alors, d'un air mi amusé, mi surpris

- Quoi ?

- Tu insinues que j'embrasse mal ?

- Attends, c'est tout ce que tu as retenu de ma phrase ?! On vient de consolider notre petite supercherie, tu devrais être contente et toi, tu as juste retenue cette phrase ?

- J'embrasse très bien ! Demande à mes nombreux amants ! ragea faussement Gina

- Oui j'imagine … On va mettre ça sur le compte de la précipitation et du public autour, gloussa Emma

- Mais pas du tout !

Emma sourit alors avant de finir son café. Elle leva le nez au ciel, comme si elle humait quelque chose avant de regarder de nouveau Gina :

- Tu penses qu'on va devoir encore se justifier longtemps sur nous deux ? Je veux dire, avec un tel truc qui passe à la télé, les gens vont être moins suspicieux non ?

- Je l'espère. Mais si tu entends par là que nous ne sommes plus obligées d'organiser des sorties ensemble …

- Gina …

- Il est fort probable que je vais avoir encore quelques interviews et …

- Arrête.

- Quoi ?

- Je ne veux plus être payée.

La belle brune la fixa alors :

- Comment ça ? Tu ne veux plus ? Tu veux tout arrêter ?

- Non, bien sur que non. Tout fonctionne parfaitement comme ça. C'est juste que, maintenant, je trouverais ça bizarre de me faire payer pour quelque chose qu'on fait naturellement.

- Mais … Pour ton fils ?

- J'ai largement mis de coté pour ses études, il en reste un peu pour moi. Le reste, je ferais comme d'habitude : je travaillerais.

- Emma, si c'est une question déontologique entre nous, il n'y a aucun problème. Je saurais discerner le contrat du reste.

Emma arbora un air triste mais esquissa un timide sourire :

- C'est juste que … J'ai pas envie de me poser la question à chaque fois qu'on sortira si c'est contractuel ou amical. Et je trouve que commencer une soirée par « Au fait, elle est payée celle-là ? » c'est pas l'idéal.

- Je comprends … Bien alors, mettons-nous d'accord sur un code à tenir pour différencier le contrat de l'amitié.

- Comme quoi ?

Gina fronça le nez et sourit :

- Les jours pairs seront les jours des sorties entre amies. Les jours impairs, les jours pour le contrat, ok ?

- Ca … Ca peut le faire.

Gina se leva soudain de la balancelle, manquant de faire basculer Emma :

- Bien alors, nous sommes le 12, je t'invite à déjeuner avec moi.

- Ne te sens pas non plus obligée de caser des rencards partout, sourit Emma.

- Il n'est pas encore né celui qui me forcera à faire quelque chose sans mon consentement. Alors, tu viens ou pas ?

- Ok, ok ! Laisse-moi juste enfiler quelque chose … En priant pour que ta sœur et ma colocataire aient fini quoiqu'elles aient commencé !

Gina esquissa une grimace de dégout avant qu'Emma n'éclate de rire.

- Je vois qu'on s'amuse ici, lança Ruby qui venait d'apparaitre en compagnie de Zelena.

- On parlait justement de vous deux !

- Ah oui ? Et que disiez-vous ? S'enquit Zelena

- On se demandait quand vous auriez fini vos galipettes pour que je puisse enfin m'habiller !

Le visage de Gina devint rouge pivoine de honte avant qu'Emma ne passe devant le petit couple et ne tapote sur l'épaule de Ruby.

- Bon … On va se balader nous, vous venez ? demanda Zelena

- Non merci. Voir ma sœur flirter toute la journée, merci bien.

- Tu pourrais toi aussi, si tu le voulais, lança Zelena dans un clin d'œil complice à Ruby avant de s'éclipser, laissant une Gina perplexe sur la balancelle.

Au bout de 15 minutes, Emma revint fraichement habillée :

- Elles sont parties ?

- Oui. Nous y allons ?

- Avec plaisir !


Emma fut surprise lorsque Regina quitta Los Angeles. La voiture de la belle brune longea la cote. Elles roulèrent durant près de 2h avant qu'Emma ne voit le panneau « Bienvenue à San Diego »

- Sérieux ? s'excita la jeune femme

Pour toute réponse, Gina lui sourit. Elles entrèrent dans la ville avant que la voiture ne s'éloigne du centre ville pour se garer dans une zone qui paraissait touristique.

- Spanish Village Art ?

- Tu vas aimer. La nourriture n'est pas la plus fameuse mais le lieu est somptueux. Tu n'es jamais venue à San Diego ?

- J'y suis passée sans vraiment m'attarder.

Les deux jeunes femmes visitèrent alors le village coloré, tout comme les diverses structures artistiques laissées par les différents artistes de rue : des animaux géants en mosaïque, des haciendas typiquement hispaniques entourées de fleurs multicolores aux douces effluves fruitées.

Emma était sous le charme de l'endroit. Gina l'emmena dans un petit resto rapide et c'est à l'ombre d'un immense baobab qu'elles déjeunèrent.

- C'est magnifique ! Merci encore !

- De rien.

- Ca fait déjà 3 fois que tu me proposes de déjeuner et que tu me fais découvrir des lieux tous plus beaux les uns que les autres …

- Il y a le zoo à visiter, il est superbe.

- Il va falloir que je me rattrape. As-tu déjà patiné sur les lacs gelés du Maine ? ricana-t-elle

- Jamais, mais pourquoi pas.

A l'évocation du Maine, le sourire d'Emma s'estompa et Gina le remarqua.

- Il aurait adoré venir ici. Quand il était petit, il était fasciné par les éléphants.

- Un jour, peut-être, tu l'emmèneras.

- J'aimerais tant … Tu sais, dès que je fais quelque chose qui sort de l'ordinaire, je lui écris une lettre, avec des photos … Je lui envois en espérant que, peut-être, un jour il aimerait venir me rejoindre pour qu'on le vive tous les deux.

- Cela arrivera, j'en suis certaine.

- Ton optimisme contrebalance avec ma foi vacillante.

Gina posa sa main sur la sienne et caressa de son pouce le dos de sa main.

- Allez viens, il nous reste plein de choses à faire.


Emma avait beau être une adulte mûre et responsable, lorsqu'il s'agissait du plus grand zoo de la cote ouest, elle redevenait une petite fille de 10 ans, émerveillée par les animaux, l'immensité du parc, et la variété des espèces.

Gina était tout autant amusée, Emma offrant un spectacle bien plus attrayant que les girafes ou autres ours blancs.

- Les éléphants ! s'écria Emma

Gina ne pu que suivre l'engouement de la belle blonde, son attention presque entièrement accaparée par Emma plutôt que les animaux autour.

- Ils sont magnifiques ! Regarde celui-là, il doit bien faire une tonne !

- Si ce n'est plus, sourit Gina

Emma la regarda avec un large sourire, ses cheveux dorés au vent, un air lumineux sur le visage. A cet instant précis, Gina ne l'avait jamais vu aussi belle. Elle se disait, dans ce genre de moment, que le hasard n'aurait jamais pu faire aussi bien les choses.

- Hey, tu rêves ? s'amusa Emma en voyant Gina, les yeux dans le vague

- Non. J'apprécie seulement la vue.

Elle ne sut pas pourquoi mais cette remarque fit bondir son cœur dans sa poitrine. Elle sentit ses joues rosirent avant de reporter une nouvelle fois son attention vers les énormes pachydermes.

Et soudain, Emma sentit la main de Gina sur la sienne, leurs doigts s'entrelaçant doucement. Emma sourit, Gina aussi. Elles quittèrent alors l'enclos des éléphants pour se rendre à celui des félins, toujours main dans la main. Quand soudain, un groupe, visiblement des touristes, les croisa. Emma put entendre quelques murmures alors et se retourna subrepticement pour constater que le groupe les avait reconnues, les montrant du doigt.

Elle regarda alors leurs moins jointes, puis jeta un œil vers Gina qui, derrière ses larges lunettes de soleil, arborait un air serein. Les avait-elle vu ? Avait-elle sciemment joint sa main à la sienne pour que ces gens puissent les voir ensemble ? Ou était-ce simplement un geste tendre, dénué de tout intérêt ?

Emma baissa le regard alors, un poids sur sa poitrine : c'était ce genre de questions, ce genre d'interrogations qu'elle ne pouvait gérer : savoir si tous les gestes ou mots de Gina étaient sincères ou simplement une manipulation à des fins publicitaires. Comment faire confiance à quelqu'un lorsqu'on remet sans cesse en doute le moindre geste à votre égard ?

- Regarde ce lion, il est immense ! lança Gina, lâchant par la même occasion la main de la belle blonde. Cette dernière sourit faiblement avant de la suivre et de finir par reporter son attention sur le zoo plutôt que sur des questions pour le moins non existentielles.

Finalement, Emma décida de mettre de coté, pour le moment, ses doutes et craintes, et profita à fond de cette visite.


Le zoo était tellement vaste qu'elles en firent le tour jusqu'à la tombée de la nuit. Et alors qu'elles s'apprêtaient, éreintées, à quitter les lieux, des tambours résonnèrent. Attirée par le rythme entrainant, Emma se dirigea vers un groupe d'hommes, habillés en tenues africaines traditionnelles, jouant frénétiquement du tambour et des percussions. Emma était émerveillée et lorsque quelques visiteurs se mirent à danser, elle rejoignit leur folle ronde, occultant totalement les regards d'envieux n'ayant pas le courage de faire de même.

Gina n'avait d'yeux que pour Emma : la jeune femme dansait, parfois tel un pantin désarticulé, parfois des mouvements plus coordonnés. Mais lorsqu'un homme inconnu s'approcha d'elle pour tenter un corps à corps, la belle brune perdit son sourire. Elle se crispa, serrant ses poings, ainsi que sa mâchoire. Son regard ne quitta pas une seule seconde Emma, et soudain cette dernière se pencha à l'oreille de son assaillant, lui glissant quelque chose alors. Immédiatement, il recula, et Emma de danser de plus belle, invitant parfois, d'un signe de main ou de tête, Gina à la rejoindre, mais à chaque fois, celle dernière refusa timidement.

Et lorsque la musique s'arrêta, Emma exulta, frappant dans ses mains, sautant sur place. Lorsqu'elle rejoignit Gina, se fut presque à bout de souffle.

- Woah, c'était génial, non ?!

- Oui, très.

- Hey, en dansant, j'ai vu un stand sympa, on peut y passer avant de partir ?

- Si tu veux.

A quelques mètres de là, une petite case faite de bois et de pailles abritait un vendeur vendant des bracelets en cuir personnalisable.

- On peut graver ce qu'on veut dessus ?

- Oui m'dame. Vous choisissez votre bracelet, la typographie et je le grave pour vous en quelques secondes.

- Génial ! Gina, lequel te plait le plus ?

- Hm … Je n'en sais rien …

- Allez, y'en a bien un qui t'attire !

Gina regarda le portant ou se trouvait une dizaine de modèle de bracelet : des larges, des plus fins, différentes couleurs, des arc-en-ciel …

- Celui-ci, dit-elle en pointant un bracelet noir moyennement large.

- Ok, je prends celui-ci et vous gravez « Emma » dessus.

Le vendeur obtempéra alors et en quelques secondes Gina se retrouva avec son bracelet gravé autour du poignet.

- Hm moi je vais prendre celui-là, le multicolore. Vous pouvez marquer « Regina » dessus ?

Le vendeur opina et quelques secondes plus tard, Emma avait à son tour un bracelet autour du poignet.

- Voilà maintenant on a un beau souvenir de cette journée ! s'exclama la jolie blonde

Gina lui sourit, jetant un œil à leur poignet respectif, avant de glousser :

- C'est atypique, mais … merci Emma.

- De rien. Allez, on rentre, on a encore de la route !

Et sur le chemin du retour, retraversant Spanish Village Art, Emme ne put garder pour elle ses appréhensions :

- Dis-moi …

- Hm ?

- Quand … quand tu m'as … Tu as vu ce groupe de touristes près de l'enclos des éléphants tout à l'heure ? Je crois qu'ils nous ont reconnues.

- Ah oui ? Je n'ais pas fais attention, lança Gina

- Ah …

Emma ne savait si elle devait être rassurée ou encore plus perplexe. Elle ne pouvait décemment pas lui poser directement la question.

- Un problème ?

- Non, non, j'ai … J'ai juste encore du mal avec cette soudaine notoriété, mentit Emma

- J'ai moi aussi une question.

- Vas-y.

- Quand tu dansais tout à l'heure, un homem s'est approché de toi. Tu lui as dis quelque chose et il s'est totu de suite éloigné.

- Oh, je lui ais dis que j'avais une copine et qu'elle était en train de le fusiller du regard, gloussa Emma. Ca l'a calmé tout de suite.

- Je ne le fusillais pas du regard, se défendit honteusement Gina.

- A peine, à peine, ironisa la jolie blonde.

Gina baissa le regard alors, ses joues s'échauffant secrètement.

Et alors qu'elles s'enfonçaient dans Spanich Village, un restaurant, devant lequel elles passèrent, semblait accueillir un petit concert d'un groupe indépendant reprenant des reprises des standards des années 80. Emma se dirigea naturellement vers lui, suivit par Gina.

- Tu veux qu'on mange ici ?

- Quoi ? Oh non, il est tard déjà, on a de la route et demain je bosse tôt. Je suis juste curieuse.

- Tu aimes la musique.

- J'adore la musique, sourit Emma

Gina l'attrapa par la main, ce qui attira de nouveau l'attention de la belle blonde :

- Promis, on reviendra.

Emma s'approcha alors et amena le visage de la jolie brune vers elle avant de déposer un tendre baiser sur sa joue. Puis elle s'éloigna alors, trottant au rythme de la musique.

Gina la rattrapa alors :

- C'était … C'était pour quoi ça ?

- Oh ça ? Je pense que ça pourrait nous servir, j'ai vu que certains t'avaient reconnue à la terrasse du resto.

Gina sourit faiblement avant de froncer les sourcils : les apparences. Toujours faire attention aux gens qui nous entourent. Emma avait bien fait … non ?

Le voyage du regard se fit dans un tel calme, qu'Emma s'endormit dans la voiture. C'est Gina qui la réveilla doucement en la secouant brièvement sur l'épaule.

- Emma, Emma ? Réveille-toi …

- Hm …

- Emma ?

Gina la trouvait juste adorable. Elle ressemblait à une petite fille dormant paisiblement. Et lorsqu'elle ouvrit les yeux et que son regard se posa directement sur la belle brune, elle sourit.

- On est arrivées ?

- Oui, sourit Gina. Allez, debout.

Emma sortit de la voiture en s'étirant avant de se tourner vers Gina :

- C'était une super journée, merci encore.

Elle enlaça Gina, posant son menton sur son épaule, inhalant le doux parfum fruité de la belle, avant de s'écarter doucement et de déposer, une nouvelle fois, un furtif baiser sur sa joue, non loin de ses lèvres.

- A bientôt, conclut-elle dans un sourire

- A bientôt.

Leurs mains se délièrent alors et Emma disparut derrière sa porte tandis que Gina remonta dans sa voiture.

A peine fut-elle rentrée qu'une voix avide sortit de l'ombre

- Alors, c'est à cette heure-ci que tu rentres ?

Emma sursauta alors avant que la lumière du salon s'allume et ne laisse apparaitre Ruby, assise dans le canapé.

- Tu m'as fais peur, idiote !

- T'as pas répondu à ma question.

- Je ne savais pas que tu étais ma mère.

- Si j'étais ta mère, je ne t'aurais pas autorisé à sortir avec une bombe comme Gina Mills habillée de la sorte !

- Quoi ? Qu'est-ce qu'elle a ma tenue ?

- Tu aurais pu montrer un peu plus tes avantages !

- T'es nulle, gloussa Emma en levant les yeux au ciel. Bon, je vais me coucher, je suis crevée.

- Non mais attends là ! Hey ! Minute papillon, EMMA !

Emma monta rapidement les marches, suivit de près par Ruby et c'est dans un concert de rires que la sulfureuse brune rattrapa Emma, la planquant sur son lit, lui infligeant une cascade de chatouilles.

- Hey hey, stop ! Ok, ok je me rends !

- Alors, tu craches le morceau ou pas ?

- Je ne vois pas de quoi tu parles.

- T'es sérieuse ? Vous avez passé la journée ensemble, tu rentres à plus de minuit, et vous vous embrassez en guise d'au revoir. Je pourrais avoir autre chose que « je ne vois pas de quoi tu parles » non ?

- On ne s'est pas embrassé. Pas comme tu le penses. Je l'ais embrassé sur la joue pour la remercier de la journée. Nous avons été à San Diego.

- Quoi, sérieux ?

- On a fait un peu de shopping avant de visiter Spanish Village. Ensuite on a mangé et on a fini l'après-midi au zoo.

- Eh bah dis donc …

- C'était une superbe journée, vraiment.

- Houla … Toi tu es accro que ça m'étonnerait pas !

- Tu dis n'importe quoi. On est amies, et c'est bien suffisant.

- Oui jusqu'au moment où la tension sexuelle sera trop forte à contenir et que votre amitié sera reléguée au placard lorsque vous ferez furieusement l'amour à l'arrière de sa Mercedes.

- T'es nulle.

- Réaliste. Y'a que vous deux pour pas voir que vous êtes faites pour être ensemble.

- Ce n'est qu'une illusion, du cinéma grandeur nature.

- Zelena connait sa sœur mieux que personne, et moi je la crois quand elle dit que Gina est en train de se perdre dans son propre mensonge.

- Zelena est bien trop occupée à te lécher la pomme pour se rendre compte qu'elle a une sœur en ce moment, gloussa Emma.

- Ah ah, petite comique. Pourquoi tu refuses de voir les choses en face ?

- Parce que … Ca n'apporterait rien de bon.

- Explique.

- C'est une actrice, ce que nous faisons en ce moment c'est du cinéma, rien n'est vrai, de nos gestes à nos mots, tout n'est qu'apparence.

- A jouer avec le feu, vous allez vous bruler … Bruler par la passion !

- Tu es trop idéaliste et romantique. Et crois-moi, ce que nous vivons n'a rien de romantique. Comment ça pourrait l'être lorsqu'un des parti n'est pas même pas sûr de la sincérité de l'autre.

- Alors c'est ça ton problème ?

- Quand on était au zoo, elle m'a soudainement pris la main. C'était tendre, mais au loin j'ai vu un groupe de touristes se rapprocher. J'ai pas pu m'empêcher de penser qu'elle avait fait cela pour les apparences.

- Peut-être voulait-elle simplement te tenir la main, voilà tout.

- Même si c'était le cas, j'arrivais pas à dissocier un geste spontané d'un geste contrôlé, et c'est ce qui me pose problème. Je sais jamais si elle est vraiment sincère ou si elle joue un rôle.

- Tu devrais lui en parler …

Emma gloussa, se tournant pleinement vers Ruby, toutes deux sur le lit de la belle blonde :

- Et lui dire quoi ? Au fait Gina, je me demandais : quand tu me tiens la main, quand tu me souris, quand tu es gentille et démonstrative avec moi, est-ce vrai ? Elle va tellement mal le prendre qu'elle m'enverra bouler.

- Mais au moins tu seras fixée.

- On a déjà du instaurer un calendrier : les jours pairs sont des jours où, si nous sortons, je ne serais pas payées, et les jours impairs seront des jours où les sorties seront rémunérées.

- La vache … Ca rigole pas.

- On est obligée de faire ça pour éviter les malentendus.

- Si vous sortiez véritablement ensemble, y'en aura plus de malentendus, sourit Ruby.

- Elle n'est pas gay, et moi non plus. C'est déjà assez compliqué comme ça sans qu'on y rajoute une frangine et une amie curieuse.

- Vous êtes trop coincées pour l'admettre encore. Allez, avoue, n'as-tu jamais imaginé qu'il pourrait y avoir plus entre vous ? Que cette petite mascarade puisse devenir réalisable.

- Une femme de chambre et une actrice ? Faut vraiment être à Hollywood pour y croire.

- Et pourtant, tout le monde y croit, la preuve. C'est qu'il doit y avoir un peu plus, une alchimie qui marche entre vous.

- …

- Emma, t'es une chouette fille, tu mérites certainement mieux qu'une relation feinte. Je suis persuadée que vous êtes complémentaires l'une pour l'autre : Gina a besoin de revenir à l'essentiel, quant à toi, tu as besoin de t'évader un peu plus.

- J'ai besoin d'argent.

- Epouse-la, comme ça c'est réglé !

- Ouais, je vais faire ça, ironisa-t-elle. Allez, je suis fatiguée, laisse-moi dormir.

- Tu me demandes pas comment s'est passé ma journée ?

- Laisse-moi deviner : vous avez mangé avec Zelena, puis vous êtes revenues ici pour vous envoyer en l'air dans toutes les pièces de la maison, excluant ma chambre j'espère. Vous nous avez attendues jusque tard mais voyant qu'on ne revenait pas, Zelena a baissé les bras et est partie, j'ai bon ?

- Presque. On s'est juste contentées du canapé et de mon lit, sourit Ruby. Bon, je vais te laisser. Mais repenses-y Em', tu mérites mieux que de faire semblant.

Ruby referma la porte et Emma s'allongea de plus belle sur son lit, fixant le plafond, repensant à cette journée en compagnie de Gina. Oui, il n'y avait pas de mal à imaginer ce que pourrait être sa vie de couple avec une femme … Avec une femme comme Gina.

Mais pouvait-elle vraiment le faire ? Avait-elle le moindre intérêt envers Gina ? Autre que financier et amical ? Elle espérait que non, cela compliquerait bien trop une situation déjà bien alambiquée.

Pouvait-elle envisager une seule seconde qu'une femme comme Gina pouvait s'intéresser à elle ? Emma le savait, elle avait eu une chance considérable que Gina pose ses yeux sur elle, mais là encore, c'était purement intéressé.

- Grrrrrrrrrrrrrr ! Je déteste ma vie ! grogna-t-elle en enfouissant son visage dans son oreiller.

Non, décidément, cette histoire virerait au cauchemar au bout d'un moment, elle en était certaine.


- Roh la vache, tu as l'air coincé ! lança Rub' lovée dans le canapé, picorant des pop corn dans un grand saladier, les yeux fixés sur l'écran de sa TV.

- La ferme … J'aurais aimé t'y voir toi !

N'ayant pas regardé l'émission en direct, Ruby avait proposé de regarder la diffusion quelques jours plus tard. Et même si Emma n'avait pas été plus enthousiaste que ça, elle n'avait pas vraiment eu le choix.

Ruby avait mis l'émission et même si Emma avait tout fait pour ne pas la voir allant chercher pop corn, sodas ou autre, elle avait fini par se poser, cote à cote de la pétillante brunette, imaginant le pire.

- C'est pas possible de faire la tête que tu fais dans ce show là ! s'insurgea Ruby

- Laisse-moi tranquille, elle m'a prise en traitre ! Quelle dégaine … La honte.

- Ca arrive quand le baiser là ?

- Tu n'attends que ça …

- Evidemment, tout le reste je le sais déjà. Oh oh attends, ça va être là je suis sûre !

- La ferme … grommela Emma en s'enfonçant un peu plus dans le canapé, se couvrant le visage de ses mains.

- C'est pas possible d'être aussi coincée, sérieux … Regarde ça, les gens vous acclament et toi tu restes impassible.

Emma leva les yeux au ciel avant de jeter un regard vers l'écran : elle savait exactement à quel moment elle en était et frissonna d'avance.

- Ouhhhhhhhhh le biiiiiisouuuuuuuuuu ! exulta Ruby avant de bondir et rebondir sur le canapé, bousculant Emma

- Hey hey, calme-toi !

- Ok, il a pas duré longtemps mais y'a eu contact ! Alors, alors, elles ont le gout de quoi ? De son gloss j'imagine mais … Allez, raconte !

- Pourquoi es-tu si excitée ? C'est faux, tout est faux dans cette interview, y compris ce baiser.

- Que tu crois ! Non mais tu l'as bien regardé ?! Tu as vu ce regard qu'elle te lance avant de poser ses lèvres sur les tiennes ? Elle en avait grave envie !

- Elle est actrice ! Elle sait jouer la comédie pour que ça fasse vrai, c'est son job !

- Y'a des choses qui ne peuvent être feintes, pourquoi tu refuses de le voir.

- Tu es fatigante …

- Et toi aveugle.

- Ca suffit. Je vais pas regarder ce truc toute la journée, dit-elle en se levant d'un bond du canapé. Je vais bosser.

- T'es soupe-au-lait, tu le sais ça ?

- Et toi lourde, tu le sais ?

- Si tu te braques ainsi, c'est parce qu'il doit y avoir un fond de vérité.

- Stop. Je vais pas me fâcher avec toi, alors laisse tomber, s'il te plait.

Ruby nota alors le désespoir dans le regard de sa colocataire. Elle soupira alors et opina.

- Merci. J'y vais à ce soir.

La porte claqua alors que Ruby soupira, dodelinant de la tête, désespérant de montrer enfin la réalité des choses à son amie. Elle s'enfonça de nouveau dans le canapé, le saladier sur les genoux et, avidement, elle remit l'émission, souriant de toutes ses dents.


Emma avait noté un changement, c'était certain.

Depuis la diffusion de l'émission, ses collègues étaient plus que distants avec elle. Ceux qui avaient encore des doutes sur son couple avec une actrice, avaient maintenant la certitude qu'il était vrai.

Emma n'avait jamais imaginé que tant de monde regardaient The Ellen Show … Et pourtant, il lui semblait que la moitié de la ville ne cessait de la regarder, murmurant sur son passage, la pointant du doigt avec plus ou moins de discrétion, gloussant parfois.

Emma le vivait de plus en plus mal, encore plus à son travail lorsque ses collègues et supérieurs, quand ils ne l'ignoraient pas, glissaient quelques remarques salaces ou posaient des questions curieuses …

Emma se calfeutrait de plus en plus dans son coin, se bornant à ne faire que son travail, interagissant de moins en moins avec ses collègues. Mais cela devenait de plus en plus difficile. Puis vint ce moment, la fameuse goutte d'eau. Emma venait tout juste de finir ses 5 chambres d'affilé, toujours dans les temps, toujours de manière impeccable car, même si ce n'était qu'un job de femme de ménage, elle avait toujours à cœur de s'appliquer à la tâche, de faire du mieux qu'elle pouvait.

Donc, elle venait de finir ses chambres lorsque sa supérieure vint à sa rencontre.

- Emma ? Le directeur demande à te voir.

- Moi ? Qu'est-ce qui se passe ?

- Aucune idée. Il t'attend dans son bureau. Tu sais où c'est ?

Elle opina alors avant que la jeune femme ne s'éloigne. Qu'avait-elle fait ? Elle imaginait déjà sa supérieure parler de cette convocation autour d'elle, comme si elle avait besoin de ça en plus pour attirer l'attention … Une attention dont elle se serait bien passer.

Elle grogna alors avant de réajuster son chignon et de se diriger, 3 étages plus bas, derrière la réception. Elle toqua une fois, puis deux avant qu'une voix ne s'élève, l'invitant à entrer.

Peu assurée, elle ouvrit la porte et vit l'imposant bonhomme, vissé dans son fauteuil.

- Approchez Emma, approchez.

- Bonjour monsieur.

Elle s'assit alors et un léger silence s'installa avant que l'homme ne racle sa gorge et ne fixe Emma :

- Vous faites grand bruit ces derniers temps miss Swan.

- Grand bruit ?

- Votre … hm … Comment dire … Votre couple …

Emma baissa le regard alors et soupira :

- Je sais, et j'en suis désolée … Je ne peux empêcher les commérages et …

- Au contraire !

- Au … contraire ?

- Vous savez, je n'ais pas le contrôle de mes employées en dehors de l'hôtel, et je n'ais guère envie de le faire, mais … Elles parlent, beaucoup.

- …

- Certaines parlent même trop mais … J'ai pu constater que depuis que votre … vie privée ne l'est plus vraiment, la recette de notre hôtel n'a cessé d'augmenter.

- Monsieur ?

- Ce que je veux dire c'est que votre couple est une aubaine pour nous. Les différentes interviews qu'a pu donner votre compagne en citant notre hôtel, dont récemment dans une émission plus que populaire, sont autant de publicités en notre faveur. Les gens veulent venir et … vous voir.

- Me voir ?

- Je vous donne une promotion miss Swan. Vous serez à présent à la réception des clients.

Emma frissonna alors : une promotion, cela impliquait plus d'argents, plus de responsabilités … mais aussi, plus de regards curieux et de questions embarrassantes. De plus, que penseraient ses collègues d'une telle promotion ? Evidemment, elles penseraient qu'elle est due à sa soudaine notoriété, et elles n'auraient pas tort.

- Monsieur … Si j'ai bien compris, vous voulez me montrer comme … un animal de foire ?

- Non, bien sur que non !

- Alors pourquoi me changer de poste ? Et pourquoi me mettre à un poste à la vue de tous ?

- Emma, depuis votre arrivée, vous avez prouvé votre valeur. Vous avez fait de l'excellent travail, et tout effort mérite récompense.

- Je ne suis pas la seule méritante dans cet hôtel, bien d'autres font un travail hors pair.

- Je sais mais … Cette promotion s'accompagne d'une hausse de salaire, ainsi que d'un aménagement d'heures et …

- Monsieur, je suis désolée. Je … Je décline votre offre.

- Pardon ?

- Je refuse. Je préfère rester gouvernante.

- Mais …

- Si ce n'est que pour mettre votre hôtel en avant en me montrant comme un monstre de foire, c'est définitivement non.

- Miss Swan, si vous refusez …

- Quoi ? Vous allez me virer ?

- Bien sur que non !

- Bien sur que non, je suis une manne providentielle pour vous et votre hôtel. Ceci n'est pas une vitrine où l'on montre ses plus beaux trophées. Je ne suis pas un trophée monsieur. J'estime avoir le droit de refuser une promotion que je ne pense pas mériter. Ma vie privée doit rester privée. Je n'ais pas l'intention de faire étalage de mon couple devant tout le monde.

- Mais vous l'avez fait miss Swan, quand vous avez décidé de faire vos apparitions publiques lors de ces émissions … A présent, votre vie est de notoriété publique.

- Certes, mais ma vie m'appartient, elle n'appartient pas à cet hôtel, et encore moins à vous.

Elle se leva alors, sous l'œil surpris de son patron :

- Je démissionne monsieur.

- Quoi ? Mais, vous ne pouvez pas !

- Bien sur que si, merci Droits du Travail Américains. Je démissionne et sur le champ. Je vous fais grâce de ma paie, après tout nous ne sommes que le 2 du mois.

Alors qu'elle s'éloigna, le patron se leva de son fauteuil :

- Miss Swan ! Si vous partez maintenant, vous ne pourrez plus revenir. Je vous grillerais auprès des autres chaines d'hôtels de la côte ouest, menaça-t-il

Emma sourit et se tourna vers lui :

- Parce que vous pensez sincèrement que j'ai envie de faire ma carrière là-dedans ? Ce n'était que temporaire et, grâce à vous, ça sera ma seule et unique expérience dans le milieu. Ne vous chargez pas de ma carrière, occupez-vous plutôt de votre précieux hôtel et de sa renommée qui risque de descendre en flèche maintenant que votre petite bête de foire n'est plus là.

- Mais, mais …

- Au revoir monsieur.

Et sans se retourner, Emma quitta le bureau pour se diriger tout droit vers les vestiaires où elle quitta définitivement son uniforme gris. Elle referma la porte de son casier après l'avoir vidé de tout objet, puis se dirigea vers la buanderie où elle déposa aléatoirement son linge dans un sac, puis sans se retourner, elle quitta l'hôtel.

Soudain, dès qu'elle posa les pieds sur le trottoir, elle huma et inspira fortement comme pour regagner l'air qu'il lui manquait tant dans cet hôtel : oui, cela serait dur, mais elle avait fait le bon choix. Elle finirait par retrouver quelque chose, quitte à devoir quitter Los Angeles …


Le soir même, Emme ne fut même pas surprise de trouver Gina sur son palier, l'air inquiet.

- Salut …

- Je peux entrer ?

- J'imagine que si tu es venue jusqu'ici ce n'est pas pour rester planter là. Entre.

Emma s'éloigna, presque lasse, tandis que Gina entra, refermant la porte derrière.

- Comment vas-tu ?

- Oh superbement bien … Je suis libre comme l'air à présent. Libre … et bientôt fauchée. Je ne sais même pas si je pourrais payer le loyer le mois prochain.

- Ruby a foie en toi, elle a confiance.

- Et tu le sais parce que ? Ah bah certainement parce que je le lui ais dis ce qu'il s'était passé et qu'elle a du le répéter à sa chérie, qui elle-même l'a répété à sa sœur, ce qui expliquerait ta présence ici.

- Elle n'avait pas l'intention de faire étalage de ce qu'il s'était passé …

Emma se laissa tomber alors dans le canapé, posant ses pieds sur la table basse.

- Oh de toute manière, c'est l'histoire de ma vie depuis quelque temps.

- Quoi donc ?

- Qu'on parle de moi, qu'on soit plus au courant que moi de ma propre vie …

Gina vint s'asseoir à ses cotés et posa une de ses mains sur le genou de la belle blonde.

- Tout se passera bien, tu es pleine de ressources.

- Ah oui ? J'ai galéré pour trouver un job ici. Et encore je l'ai eu par chance et par piston. Comment je vais faire ? Je … J'ai même pas la force. Et si ça se passait pareil dans le prochain ?

- Ruby nous a dit pour ton patron. Il mérite que tu le plantes.

- Ouais, mais en attendant, lui il a un boulot et moi je suis dans la merde. Et non seulement ça, mais je vais finir par entrainer Ruby avec moi … Si je suis incapable de payer le loyer le mois prochain, je vais devoir déménager … Ruby devra soit se trouver une autre colocataire, soit déménager.

- Il y a une solution.

- Laquelle ?

- Nous pourrions augmenter les sorties … Les jours impairs je veux dire.

- Gina …

- J'ai quelques invitations auxquelles je n'ai pas encore répondu … Nous pourrions y aller ensemble.

- Gina …

- Ca ne changera pas le problème, mais ça pourra te mettre à l'abri pour un moment et …

- Gina stop.

- …

- Je n'ais pas l'intention de devenir ton employée à plein temps. Et tu sais déjà que l'argent que je gagne grâce à cette petite mascarade, je le mets de coté pour mon fils.

- Mais nous pourrions …

- … Non, arrête. Je n'ais pas l'intention de me faire entretenir par toi comme une vulgaire … prostituée.

- Emma, je suis loin de te considérer comme telle.

- Je sais, mais moi c'est ce que je ressens : tu me paies, de grosses sommes, pour être à tes cotés. Au mieux, je suis une escort girl. J'ai pas l'intention de vivre que de ça, j'aspire à quelque chose de plus concret, de plus … réel.

- Je comprends mais …

- Gina, c'est déjà compliqué avec toi, j'ai pas envie que ça s'aggrave.

- Compliqué ? Qu'est-ce qui est compliqué ?

Se rendant compte de sa bavure, Emma écarquilla les yeux, avant de bondir hors du canapé pour se réfugier dans la cuisine. Gina la suivit quelques secondes plus tard, peu encline à laisser cette discussion en suspend.

- Emma ? Tu peux m'expliquer ?

- C'est … C'est rien, c'est débile.

- Qu'est-ce qui est débile ?

- …

- Emma ? Y'a un problème ?

- Non, aucun.

- Tu mens très mal.

La jolie blonde détourna le regard alors et Gina s'approcha, l'emprisonnant presque entre elle et le comptoir.

- Emma ?

- Ecoute … C'est rien. C'est juste que … Les choses étaient plus simples quand on était moins proches, c'est tout.

Gina fronça les sourcils :

- Moins proches ?

- Quand on était de parfaites inconnues l'une pour l'autre, quand on tolérait à peine la présence de chacune. C'était mieux … Y'avait moins … d'amalgames.

- Des amalgames ?

- Tu comptes répéter toutes ms fins de phrases ?

- Emma !

- Ce truc des jours pairs et impairs … Si on était pas devenue amie …

- Alors, quoi ? Tu vas me dire que tu regrettes quand nous étions invisibles l'une pour l'autre ? Quand nous étions indifférentes ?

- …

- Si ça te pose un tel problème, pourquoi ne pas l'avoir dit avant ?

- Parce qu'avant je … Je …

- Tu quoi ?

- Avant je savais que tu ne pourrais jamais m'attirer. Avant j'étais sûre de ne jamais être attirée …

Elle détourna le regard alors, trop honteuse de devoir affronter celui de Gina, surement perplexe et dégouté.

- Emma …

- Laisse tomber. C'est moi, je crois que j'ai un problème … On dit souvent que l'amitié entre un homme et une femme n'existe pas … A cause de ce truc, de cette … attraction chimique … Mais je crois que ça se limite pas à ça … Ecoute, laisse tomber ok ? On … Tu m'as demandé si, le jour où ça me pesait trop, je pouvais stopper là. Je crois que c'est maintenant.

- …

N'ayant aucune réponse, Emma releva le visage et fixa celui de Gina. Ce qu'elle pu lire dans ses yeux était loin d'être du dégout, mais plutôt … de la neutralité, ce qui était toujours mieux que de la colère.

- Emma … Je …

- Non, écoute, j'ai pas l'intention de te pousser à quoique se soit. On a qu'à juste dire que … Qu'avec la pression médiatique, j'ai préféré m'éloigner un peu … Ton honneur serait sauf et je pourrais partir d'ici la tête haute.

Soudain Gina lui prit la main :

- Je n'ai pas l'intention de te laisser partir où que se soit.

- Mais …

- Peut-être que … Peut-être que notre proximité nous a poussé à tout mélanger …

- …

- Ce qui est sûr c'est que … Je n'ai pas l'intention de te perdre, ni comme amie … ni comme …

- Comme ? Petite amie factice ? gloussa défaitiste Emma

La vérité était que Gina ne savait pas … Elle ne savait comment finir cette phrase : petite amie factice ? c'est ce qu'elles étaient évidemment … Mais lorsqu'Emma avait commencé à parler, quand elle avait commencé à évoquer quelque chose de plus, elle avait ressenti des picotements étranges au fond de son ventre …

- Emma …

- C'est inutile. Je te l'ais dis, c'était stupide. Et ça se trouve, c'est juste une passade, une curiosité … Et j'ai pas l'intention de concrét…

Mais soudainement, elle se retrouva contrainte de se taire, ses lèvres scellées à celles de Gina. Dans un baiser quelque peu maladroit et fugace, la belle brune se colla à Emma. Quelques secondes plus tard, elle s'écarta.

Les deux jeunes femmes se jaugèrent quelques secondes :

- Emma je suis désol…

Mais cette fois-ci, ce fut Emma qui initia le geste, glissant ses mains sous la chevelure dense de la belle brune, collant ses lèvres tendrement sur celles pulpeuses de l'actrice. Elle se souvint alors du rapide baiser sur le plateau de l'émission … Celui-ci n'avait rien à voir.

Elle bougea quelques peu la tête afin de se caler contre la jeune femme et l'attirer à elle. Elle sentit les mains de Gina sur sa taille, puis se glisser lentement dans son dos. Et soudain, elle osa. Elle entrouvrit les lèvres et permit à la sulfureuse brune d'approfondir le baiser, caressant sa langue de la sienne.

Là encore, le baiser ne dura que quelques secondes, qui leur parurent une éternité. Et lorsqu'elles se séparèrent, elles furent plus gênées qu'autre chose. Et pourtant, ce baiser leur avait laissé une envie d'y revenir. Elles voulaient en parler, elles devaient en parler, mais aucun son ne sortit de leur bouche.

Et quand soudain Emma s'avança pour initier une conversation, on sonna à la porte, coupant tout élan. Elle soupira, se promettant intérieurement d'y revenir, avant d'aller ouvrir la porte.

Mais ce qu'elle vit derrière, jamais elle n'aurait pensé le voir un jour, encore moins ici, encore moins comme ça. Un courant d'air glacé l'enveloppa alors, elle semblait être dans du coton, ne sentant plus ses membres, tant et si bien qu'elle du s'accrocher à la porte pour prononcer les mots qui suivirent.

- … Je … Henry ?

- Salut m'man.

TBC


NEXT : Une arrivée foudroyante, des questionnements, une discussion houleuse, un geste salvateur, une vérité atroce ... Dans le prochain épisode !