Kikoo guys ! what's up ?

Bon alors ... Une suite assez poignante vous pourrez le constater. Certains vont adhérer, d'autres pas, je serais plus qu'heureuse de débattre avec chacun de mes choix dans ce chapitre.

De plus, sachez qu'il n'y aura pas de suite la semaine prochaine pour cause d'hospitalisation de ma personne.

Bref, après cette "bonne" nouvelle, voici le chapitre !

Je vous n'aime et vous dis ... A dans 2 semaines (enfin j'espère) ! *_*

ENJOY


Echec

Emma était figée sur place. Elle n'avait pas revu son fils depuis près d'un an. Et le voilà, sur le pas de sa porte, le visage neutre. Pleins de questions se bousculèrent dans sa tête mais aucune ne parvint à franchir la frontière de ses lèvres.

- Salut m'man … répéta le jeune garçon, mains dans les poches.

- Je … Mais … Qu'est-ce que tu fais là ? Et comment … Tes grands-parents savent que tu es là ? Non, bien sur que non, ils n'auraient jamais accepté. Ils … Ils sont là ?

La panique s'empara d'elle soudain, mais lorsque l'ado hoqueta, amusé, elle le fixa :

- Non, ils savent pas que je suis là.

- Mais … T'es dingue ou quoi ?! Ils doivent être morts d'inquiétude ! Il faut les prévenir. Ils vont me mettre ça sur le dos, à tous les coups.

- T'inquiète, ils me croient chez un pote pour le week-end. J'peux entrer ?

Emma n'en croyait pas ses yeux ni ses oreilles : son fils, avec qui elle n'avait pas échangé deux mots depuis des années, avait traversé le pays pour la voir, elle. Et maintenant, il demandait à entrer dans sa maison, à elle.

- Je … T'es sûr ?

Il sourit alors :

- J'ai pas l'intention de rester dehors après m'être tapé je-ne-sais-combien d'heures de train.

- Comment tu as fais pour prendre un train seul alors que tu es mineur ?

- Je t'expliquerais tout … Si tu me laisses entrer.

- Bi… Bien sur, ok. Entre.

Henry entra alors et fit un rapide tour des lieux du regard avant que sa mère ne l'invite à la suivre dans le salon. Il s'assit alors.

- Tu vis seule ?

- Non, non, avec une amie … Elle ne va pas tarder je pense. Tu veux boire quelque chose ?

- Je veux bien …

Emma se rua dans la cuisine et y retrouva Gina.

- Tu vas pas le croire …

- J'ai entendu, ton fils est là.

- Je sais pas quoi faire … lança-t-elle dans un souffle

- Je vais vous laisser, sourit Gina

Mais soudain, Emma l'attrapa par le bras :

- Non, pitié, ne me laisse pas seule ! murmura-t-elle paniquée

- Ce n'est que ton fils, pouffa Gina. De quoi as-tu peur ? De plus je pense que vous avez beaucoup de choses à vous dire, sans que je sois à coté.

- Je t'en prie, je n'ais pas été seule avec mon fils depuis … Je ne sais même plus depuis quand !

- Ruby ne va pas tarder à revenir, tu ne seras pas seule bien longtemps.

- Gina, ne me fais pas ça, par pitié.

La jolie brune eut soudainement de la gratitude et de la peine pour la jeune femme. Elle soupira alors et opina :

- Merci, merci !

- Je prépare un plateau, vas.

Emma opina nerveusement la tête avant de repartir pour le salon où son fils était toujours sagement assis.

- Bah, t'as pas pris la boisson ?

- Je … Il … Henry, il va falloir appeler tes grands-parents.

- Je sais … Mais on est pas obligé de le faire ce soir, si ?

- Non, souffla Emma dépitée, mais on ne devrait pas attendre trop longtemps.

- Alors … C'est vrai pour toi et cette femme ?

- …

- Tu veux pas me le dire ?

- Comment le sais-tu ?

- J'ai vu, sur la télé.

- Oh …

- Alors ?

- Alors c'est vrai.

Henry et Emma se tournèrent alors et virent Gina, tout sourire, plateau en main, s'approcher. Elle posa calmement le plateau garnis de verres, boisson et quelques bretzels. Henry la fixa, l'air incrédule, avant de balader son regard de sa mère à cette femme et inversement. Il fixa Gina, la détaillant des pieds à la tête.

- Bonjour, je suppose que tu es Henry, sourit Gina.

- Je … Vous me connaissez ?

- Ta mère me parle souvent de toi.

- Ah oui ?

- Evidemment, sourit Gina comme si cela était normal. Tu es son fils après tout.

Elle s'assit en face de lui, sur un pouffe, ce qui invita Emma à faire de même, à coté de son fils.

- Alors c'est vrai … Pour vous deux je veux dire.

Emma et Gina échangèrent un furtif regard entendu avant que la belle brune ne prenne la parole. Elle savait, elle imaginait qu'Emma était incapable de mentir à son fils. Elle le voyait déjà si peu.

- Oui.

- Mais comment ? Je veux dire … J'ai vu que tu étais femme de chambre et elle … bah ... C'est une actrice tu vois.

- Nous … C'est … le hasard, bredouilla Emma, complètement prise au dépourvu.

- Une sorte de coup de foudre, répondit naturellement Gina.

Emma avait un million de questions pour son fils mais aucune ne passa la frontière de ses lèvres. Elle resta là, assise à coté de lui, le regardant comme s'il était un fantôme : elle le détailla alors : de ses cheveux ayant poussés et épaissis, de ses yeux profonds, de ses traits du visage un peu moins enfantins, de ses mains annonçant la forte carrure qu'aurait son fils une fois adulte. Elle ne se souvenait même plus de la dernière fois où elle avait glissé sa main dans ses cheveux, où elle lui avait affectueusement nettoyé la joue de son pouce, où elle l'avait embrassé sur le front pour lui souhaiter bonne nuit.

L'adolescent à ses cotés était quasiment un étranger pour elle, et c'est ce qui lui fit le plus peur : elle ne connaissait pas son fils, elle en avait même peur.

Et Gina sentit le malaise de la jeune femme. Elle aurait voulu l'aider, la soutenir, mais encore une fois, elle devait sauver les apparences, y compris devant un simple adolescent. Mais elle considéra aussi l'attitude du jeune garçon : détaché de sa mère, pas un regard, pas une question curieuse, si ce n'était celles sur sa vie privée. Elle fronça les sourcils alors, redoutant le pire.

- Je … Je suis fatigué. J'me suis pris plus de 10h de train …

- Oh … Oh euh … Nous avons de quoi te loger si tu veux.

Il sourit alors, ce qui gonfla le cœur de la jolie blonde

- J'aimerais bien ouais.

- Bien, viens. Je vais te montrer la salle de bain aussi.

- Elle … Vous … dormez ici aussi ? lança-t-il, curieux.

- Non, je vais d'ailleurs rentrer, dit-elle en se levant.

- Attends ! Enfin, je veux dire … Attends au moins que je redescende, s'il te plait.

Le regard presque suppliant d'Emma eut raison de la belle brune, et elle opina en signe d'accord.

Emma et Henry montèrent alors à l'étage, aucun ne prononçant le moindre mot.

- Voilà la salle de bain. En face, c'est le bureau. Y'a un canapé lit que je vais te déplier le temps que tu te rafraichisses.

- Ok.

Il s'enferma dans la salle de bain sans un regard en arrière avant qu'Emma se défasse le canapé hâtivement, rangeant au passage quelques affaires trainant ici et là. Et quand la porte s'ouvrit de nouveau, Henry arborait son pyjama, son sac dans ses mains.

- Tu .. installes-toi comme tu veux.

- Ok, merci.

Il posa ses affaires non loin avant de s'écrouler dans le lit, son téléphone en main.

Emma, au pas de la porte le regarda quelques secondes avant de lui souhaiter bonne nuit.

- Je … Je suis contente que tu sois là.

Il ne répondit que par un timide sourire, avant qu'elle ne referme la porte.

Comme si elle marchait au radar, elle redescendit les marches pour voir Gina, veste mise et sac en main, près de la porte d'entrée.

- Ca va ?

- Je … J'en sais rien, j'ai l'impression de rêver.

Gina lui sourit doucement avant de poser sa main sur la sienne. A ce moment là, Emma se rendit compte qu'avant l'arrivée d'Henry, ils s'était passé quelque chose entre elles dont elles n'avaient pas eu le temps de parler.

- Gina … En ce qui concerne le … enfin …

- Nous en parlerons plus tard. Tu as bien plus à gérer aujourd'hui.

Mais voyant l'air inquiet d'Emma, Gina la rassura dans un sourire :

- Ne t'inquiète pas, tout va bien, ok ?

- Ok, sourit Emma. On se voit demain ?

- Si tu veux. Même si je pense que tu devrais passer du temps seule avec ton fils.

- S'il te plait, ça me rassurerait que tu sois là, à mes cotés.

Gina lui sourit de plus belle avant de se pencher et de l'embrasser doucement sur la joue, lui murmurant un « A demain », puis Gina s'éloigna, et Emma referma la porte.


Et lorsque Ruby rentra une heure plus tard, Emma était encore sous le choc, dans le salon, fixant le verre de limonade que les lèvres deson fils avaient foulé.

- Hey, salut.

D'un bond, Emma rejoignit la jeune femme, le teint blafard.

- Wow … Ca va ?

- Je … Ruby … Je suis pas seule …

La jolie brune écarquilla soudain ses grands yeux noisette et plaqua une de ses mains sur sa bouche, retenant un cri hystérique.

- Nooooonnn, sérieux ? Ca y est, enfin !

- Huh ? De quoi tu parles ?

- Bah de toi ! De toi et de la belle actrice !

- Non, non, non, t'y es pas du tout. C'est … Mon fils est ici.

Ruby se figea quelques en fixant sa colocataire d'un regard perplexe.

- Hm … Ton fils ? Celui dont tu as perdu la garde au profit de tes parents ?

- Celui-là oui.

- Il est ici ? Emma opina. Mais … Il est là … seul ?

- Il a pris un train. Il a fugué.

- Oh merde … Ca craint ça.

- Comme tu dis. Je suis affolée, je sais pas quoi faire : d'un coté je sais que je dois prévenir mes parents, mais d'un autre coté … J'aimerais profiter des quelques moments avec lui …

- C'est compréhensible. Comment il a débarqué ici ?

- Aucune idée. Il m'a juste dit qu'il m'avait vu à la télé.

- Ca a du être … un choc de le voir débarquer.

- Tu n'imagines même pas. En plus on était …

- Hm ? Continue.

- Non, rien.

- Roh la vache, tu es piètre menteuse. Gina était ici, je le sais, Zelena m'a dit qu'elle comptait passer ce soir, c'est aussi pour ça que je suis sortie … Histoire de vous donner un peu … d'intimité, sourit-elle. Alors, ça a marché visiblement …

- …

- Oh allez, raconte !

- Je … Je sais pas …

- Tu sais que s'il s'est passé quoique se soit entre vous, Zelena arrivera à tirer les vers du nez de sa sœur et que, fatalement, elle me le dira. Donc ce n'est qu'une question de temps.

Emma soupira alors : à quoi servait une confidente si l'on ne l'utilisait pas ? Peut-être que les choses étaient plus compliquées en sachant que la confidente en question était aussi la petite amie de la femme en question.

- Alors ? Il s'est passé quoi ?

- Je … On a bu un verre, on a discuté de la complexité de notre situation pour moi, le fait qu'on soit plus proche à présent et que ça pourrait prêter à confusion nos sorties ect …

- Oui, et ?

- Et au final, je me suis empêtrée dans mes explications …

- Et ?

- On s'est embrassé. Deux fois.

Une nouvelle fois, Ruby plaqua sa main sur sa bouche avant de sautiller partout, sous le regard amusé d'Emma :

- La vache, la vache ! C'est pas vrai ! Des détails, je veux des détails !

Emma leva les yeux au ciel, mais obtempéra quand même :

- Elle m'a embrassé d'abord, c'était … Maladroit et doux … Rapide.

- Et ? Et ? Arrête de me faire languir !

- Ensuite, on s'est séparé mais … Je l'ais embrassé de nouveau et c'était plus … passionné.

- Je crois que je suis fan de votre couple, c'est bien plus passionnant qu'un quelconque magazine people. Il s'est passé quoi ensuite ?

- Le baiser a … duré un moment, c'était …

- Oui, oui ? Allez, tu vas le cracher oui ! s'excita Ruby, avide de potins

- C'était … Bien.

- Bien ? Quoi, juste ça ?

- J'en sais rien … On s'était juste furtivement embrassé sur le plateau … Mais là c'était … Je sais pas : on était seule, pas de pression, pas de public. Elle avait rien a gagné mais … elle l'a fait.

- Ok, ok, le plus important : il s'est passé quoi après ?

- Après ? Mon fils a débarqué.

- Tu déconnes … Quel timing de merde, sérieux.

- Du coup, on en a pas reparlé mais … En partant, elle semblait sereine. J'ai pas eu l'impression qu'elle voulait esquiver la chose, la nier ou l'oublier. Elle m'a sourit et m'a dit de ne pas m'inquiéter et que tout allait bien. On est censé se revoir demain.

- C'est cool ça … Ou pas. Pourquoi tu fais cette tête ?

- C'est juste que … Tout s'emmêle. Je … Je suis pas gay, je pensais pas être attirée par elle, on est tellement différentes. Et pourtant, quand elle m'a embrassé, ça ne m'a jamais paru autant normal.

- Mais …

- Mais avec l'arrivée d'Henry … Je sais pas, j'ai l'impression de pas avoir profité, de pas pouvoir me poser pour y penser. Trop de choses m'arrivent en même temps, j'arrive pas à gérer. Ca va trop vite.

- Hey relax … Tout ira bien, et avec Gina, et avec ton fils.

Emma baissa les épaules en signe de dépit : depuis quelques semaines, elle avait l'impression que sa vie lui échappait : qu'elle n'en avait plus le contrôle, c'était déstabilisant.

- Je sais pas … J'ai … Je suis paumée …

- Ca se voit à peine. Mais tu n'es pas seule : tu m'as moi, tu as Gina, Zelena … Tu vois, tu n'es pas seule.

Ruby l'empoigna vivement en entourant son bras autour de ses épaules. Emma sourit alors, la remerciant silencieusement de son soutien.

- Alors le petit, il est encore là ?

- Il dort dans le bureau.

- Tu vas faire quoi avec lui ?

- J'en sais rien … C'est con mais … Je crois que j'ai peur de lui.

- …

- Ca fait trois ans que je n'ais pas été seule avec mon fils : soit il y avait mes parents, soit il refusait de me voir.

- Quel petit con !

- Non, je … J'arrive pas à lui en vouloir. J'ai été une mère pitoyable, et sans mes parents, Dieu sait ce qu'il serait devenu. Peut-être aurait-il suivi les glorieux pas de sa mère sur la voie de la délinquance… J'me dis aussi que mes parents n'ont pas du m'épargner …

- Ils devraient recevoir le prix des parents de l'année ceux-là … Ils risquent de débarquer pour récupérer ton fils non ?

- Il y a fort à parier qu'ils ne voudront certainement pas qu'il revienne seul. Je sais pas comment faire … Comment les affronter ? Est-ce qu'eux aussi ont vu la télé ou lu les articles ? Pensent-ils que …

- Que tu sors bien avec une femme ? A ce que j'ai compris, vous avez plus vraiment besoin de feindre elle et toi.

- Là n'est pas le problème. Je ne sais pas ce qu'ils pourraient penser de cette situation : que je sorte avec une femme … Eux qui me pensent indigne d'élever mon propre fils …

- Homophobes ?

- J'en ais aucune idée. On en a jamais vraiment parlé ensemble. J'ai juste peur qu'ils aient vu les photos ou encore l'interview à la télé … Qu'est-ce qu'ils pourraient imaginer ? Je suis partie veuve et hétéro et, quatre mois après mon arrivée, je sors avec une femme … Et une actrice qui plus est. C'est d'ailleurs ce que pense mon fils aussi.

- Tu devrais te laisser la nuit. Repose-toi, tu y verras plus clair demain.

- J'ai perdu mon job, j'ai embrassé Gina et mon fils débarque … Si mon cerveau ne fond pas cette nuit, j'aurais de la chance, souffla-t-elle

Ruby hoqueta avant de la prendre par les épaules et de la conduire vers les escaliers :

- Prends-toi une bonne douche et couche-toi.

Emma la remercia d'un timide sourire avant de monter et de s'écrouler sur son lit, la tête dans les oreillers. Elle resta là quelques minutes, essayant de profiter du calme. Mais la tempête qui grondait dans son crane était migraineuse. Elle soupira alors et prit son téléphone avant de composer le numéro de Gina.

- Allo ?

- Gina c'est moi …

- Ca va ?

- J'avais juste … Envie … d'entendre ta voix.

Emma haussa ses yeux au ciel, se maudissant d'être aussi cucul, elle qui détestait le coté gnangnan d'une relation fleur bleue.

- C'est … gentil. Ruby est revenue ?

- Oui. Je … Gina … A propos du … De ce qu'il s'est passé.

- Nous avons convenu d'en parler demain au calme.

- Oui je sais mais, je dois t'avouer que … J'en ais parlé à Ruby.

- …

- T'es … fâchée ?

- Non. J'en ais parlé moi-même à Zelena. Enfin, je n'ais guère eu le choix : elle m'a harcelé près d'une heure avant que je ne crache le morceau.

Emma sourit alors, imaginant bien la scène où Zelena avait du suivre sa sœur comme son ombre jusqu'aux toilettes, tambourinant à la porte, la harcelant.

- J'arrête pas d'y penser …

- A ton fils ?

- A notre … nos baisers.

- Oh …

- Je sais qu'on a dit qu'on en parlerait demain mais … J'ai … J'ai la trouille.

- De quoi ?

- D'être la seule à … A avoir aimé et à vouloir … recommencer.

- …

Le cœur d'Emma battait à tout rompre. Le silence que lui imposait Gina à ce moment précis, était une torture dont elle se serait bien passée.

- Ok, je …Je crois que je réfléchis trop, désolée si je t'ais embarrassée … Je crois que je vais écouter Ruby et prendre une douche, plutôt froide, et me coucher. Désolée, encore. Bonne nuit.

Elle raccrocha soudainement, venant de se rendre compte qu'elle venait certainement de raccrocher au nez de Gina, et ce n'était pas la première fois.

- Mais quelle conne ! grommela-t-elle en se tapant le front de sa main.

Elle jeta son téléphone plus loin sur son lit avant de se lever, lasse, de se déshabiller et de s'engouffrer dans sa cabine de douche, se maudissant encore et toujours d'avoir été si maladroite et empressée.

Quand elle ressortit, les idées plus fraiches et au clair, elle ne remarqua pas les trois appels en absence sur son téléphone. Elle s'endormit dans un tumultes de questions.


Lorsqu'elle ouvrit les yeux, il lui semblait qu'elle s'était endormie 5 minutes auparavant. Et pourtant, la fatigue et le stress l'avaient portée dans les bras de Morphée durant de longues heures, tant et si bien que Ruby frappa à sa porte pour savoir si tout allait bien.

- Hey blondie … Ca va ?

- Hm … Quelle heure il est ?

- Près de 10h. Je me demandais si tu allais émerger un jour.

- Hm désolée … Je suis … J'ai quelque peu mal dormie.

- Tu devrais décoller, Gina ne devrait pas tarder.

A l'entente de ce nom, Emma se crispa alors, ce que ne manqua pas de remarquer la pétillante brune.

- Un problème ?

- Je crois que j'ai fais une connerie hier …

- Tu parles … de ce baiser ?

- Non. Je … Quand je suis montée, j'ai appelé Gina. Je sais pas ce qui m'est passé par la tête … Je lui ais balancé que j'avais aimé et que j'avais envie de recommencer.

- C'est génial ! Non ?

- Elle a rien dit, elle a pas répondu. Ca m'a foutu mal à l'aise et je lui ais raccroché au nez. Quelle honte … dit-elle en enfouissant sa tête dans la couette.

- Relax. C'est un peu nouveau pour vous deux, et tu as d'autres choses qui te sont tombées dessus en même temps. Tu vas devoir prendre les choses une par une.

- Je vais devoir appeler mes parents … Henry est debout ?

- Non pas encore. Allez, habille-toi, elle ne va pas tarder.


Et Ruby n'avait pas menti. Moins d'une heure après s'être réveillée, on sonna à sa porte. Stressée mais déterminée, Emma ouvrit la porte pour apercevoir Gina, un léger sourire sur les lèvres, ce qui la rassura quelque peu.

- Salut, souffla la jolie blonde

- Bonjour. Trop tôt ?

- Non, non, ent…

- Hey !

Derrière Gina, la sulfureuse rousse apparut, tout sourire.

- Elle a tenu à venir, lâcha Gina.

- Hey coucou ! lança Ruby.

- Elle a tenu à rester, conclut Emma. Entrez.

Ruby accueillit Zelena par un doux baiser sur les lèvres avant de l'enlacer par la taille, ce qui fit instantanément rougir Emma et Gina qui osaient à peine se regarder.

Ruby et Zelena se murmurèrent quelques mots avant de se tourner vers les deux autres jeunes femmes :

- Bon, on va vous laisser, vous devez parler, lança Zelena.

- Grand Dieu ! Envoyez-vous en l'air une bonne fois pour toute ! soupira Ruby en sentant la tension entourant sa colocataire et la belle actrice.

Elles se crispèrent alors avant que le petit couple ne s'échappe dans des gloussements ironiques, laissant Emma et Gina seules et complètement gênées.

- Elle a raison … soupira Gina. Mais en voyant Emma la fixer d'yeux ronds et les joues rosies, Gina hoqueta avant de se justifier. Je, non, non, je veux dire : parler ! On devrait parler ! Pas … Enfin … On doit parler.

Emma baissa ses épaules, soupirant d'aise avant d'inviter Gina dans la cuisine.

- Un café ?

- Tu n'as pas répondu hier soir.

La phrase tomba comme un cheveu sur la soupe et Emma la fixa d'un air incrédule :

- Pardon ? Répondu à quoi ?

- Je t'ai appelé, du moins rappelé, hier soir.

- Oh … Oh ? Je … Après mon appel, j'ai pris une douche et je me suis couchée directement sans regarder mon téléphone, désolée.

- Hm … J'ai cru que tu ne voulais pas me parler. J'ai hésité à venir ce matin du coup.

- Oh désolée … encore une fois. Je … J'avais peur que …

- Que ?

- Que tu m'envois bouler … J'ai pas été très subtile hier soir, mais à ma décharge, j'étais tellement paumée que je pense en avoir oublié ma date de naissance …

Gina lui sourit alors et s'approcha, lui prenant la main.

- Tout cela est nouveau pour nous deux. Il y a encore un mois, nous étions de parfaites inconnues l'une pour l'autre. Et hier soir, nous nous sommes embrassées. Il y a forcément un lapse de temps à comprendre et à creuser.

Emma baissa les yeux mais sentit soudain une main sur sa joue, levant son regard pour qu'il s'ancre à celui de son interlocutrice.

- Moi aussi j'en ais envie.

Emma, quelques peu rassurée, sourit timidement avant de poser sa main sur celle de Gina, caressant toujours sa joue.

- Tu veux qu'on aille dehors, c'est plus agréable pour discuter.

Gina opina et c'est chacune avec un mug de café dans les mains qu'elles sortirent dans le jardin, se posant sur la balancelle. Puis un petit silence s'installa, chacune profitant de la légère brise agréable effleurant leur visage.

Puis Gina posa sa tasse à ses pieds et s'adossa plus confortablement dans la balancelle. Elle ferma les yeux, sentant les rayons du soleil sur sa peau, puis la balancelle bougea doucement et quand elle rouvrit les yeux, Emma avait imité sa position, les yeux fermées. La belle brune sourit et, doucement, s'approcha avant de poser un furtif baiser sur les lèvres roses de la jeune femme.

Emma ouvrit soudain les yeux et fixa, incrédule, Gina.

- Désolée, sourit Gina qui n'en pensait pas un mot

- Non, non, c'est … C'est bien … C'est …

Emma se redressa et, comme la veille, elle glissa ses mains dans le cou de la jeune femme et approcha son visage du sien.

- Je … Je peux ?

Le sourire de Gina répondit pour elle et en une fraction de seconde Emma avait scellé ses lèvres aux siennes dans un doux baiser. Emma s'écarta à peine afin de mieux se placer et de s'approcher d'elle et bientôt, Gina la surplomba un peu plus, collant Emma à la balancelle, et le baiser prit une tournure plus intense, les souffles étaient courts et les mains se baladèrent subrepticement.

En manque de souffle, elles s'écartèrent et Gina se rassit aux cotés d'Emma.

- Bon … Pour un début de discussion, c'est pas mal, sourit Emma.

- Certes.

- Ca veut dire … qu'on est quoi à ton avis ?

- Prenons les choses dans l'ordre, veux-tu.

- Je sais pas quoi faire : je pensais vraiment pas …

- Tu ne pensais pas quoi ?

- Que je pourrais craquer pour une femme, et encore moins … toi. Je trouvais ce petit jeu risqué mais sympa … Finalement, on s'est fait prendre nous-mêmes.

- Et maintenant, nous voilà ici, dans ton jardin, sans photographe ou journaliste.

- Je sais pas ce qui m'arrive : ma vie vient de basculer en 15 minutes : mon fils débarque et … J'ai une petite amie, qui l'aurait cru.

- Une petite amie ? sourit Gina

- Bah c'est ce qu'on est non ? Enfin j'en sais rien …

- Tu tiens vraiment à mettre un titre sur ce que nous sommes ? lança, amusée, Gina

- Pas que j'y tienne forcément mais … Je suis déjà assez perdue pour ne pas en rajouter d'avantage. Si on pouvait déjà clôturer cette question …

- Et comment comptes-tu clôturer cette question ? sourit Gina

- J'ai bien des idées, mais je ne sais absolument pas comment m'y prendre.

Gina rougit alors, déglutissant difficilement. En voyant la gêne visible de la jolie brune, Emma se redressa :

- Oh non, non, c'est pas ce que je voulais dire, loin de là ! Enfin pas si loin que ça mais … Non, crois-moi j'y pense pas … Non pas que tu sois pas désirable, au contraire … Non c'est pas ce que je voulais dire, tu n'es pas désirable dans le sens physique, enfin si … Rahhhhhhhhhh la ferme Swan !

Emma se projeta en arrière, cachant son visage par un des coussins de la balancelle, ce qui fit rire Gina.

- Ouais super, ravie que ça te fasse rire … grommela la jolie blonde

- Détends-toi, j'ai saisi l'essentiel, enfin je crois.

Emma dégagea un peu son visage du coussin et regarda, avec des yeux timides :

- C'est pas drôle … Je suis paumée.

- Tu crois que je sais ce que je fais ?

Emma se redressa en posant le coussin à coté d'elle :

- La seule chose que je sais pour l'instant, c'est que j'ai envie de t'embrasser. J'arrête pas d'y penser. C'est plus fort que moi, c'est comme une curiosité malsaine. Comme si j'en voulais toujours plus à chaque fois …

- Je suis flattée.

- Non, non tu devrais pas l'être. J'ai l'impression d'être une perverse. On se connait à peine. Je sais que c'est mal, qu'on devrait se poser et parler de nos vies, nos passés, notre futur … J'ai l'impression de tout faire à l'envers. Tu sais comme ceux qui se marient après avoir eu un enfant.

- Je comprends, sourit Gina. Nous ne sommes pas obligées d'être tout le temps démonstratives. De plus, nous devons comprendre pourquoi : comme tu l'as dis, est-ce simplement de la curiosité de part notre contrat ou est-ce vraiment une attirance mutuelle qui pourrait conduire à quelque chose de plus concret et sérieux.

- Et comment on découvre ça ?

- Aucune idée. Je suis novice en la matière, du moins avec les femmes.

- Sommes-nous toujours sous contrat ?

Gina se pinça la lèvre inférieure, réfléchissant à une réponse convenable :

- Tu as déjà refusé que l'on sorte ensemble pour que je te paie et t'aide financièrement. Techniquement tu es mon employée.

- Et toi ma patronne. Généralement, quand 2 personnes qui bossent ensemble, finissent par sortir ensemble, ça se finit mal : on finit par tout mélanger, et c'est déjà le cas pour nous.

- Bien alors … Cela signifie que … Nous pouvons briser le contrat : tu n'es plus à mon service, je ne te paie plus. Ainsi, si nous sortons, ça ne sera que par notre propre initiative et non pour répondre à la pression médiatique.

- Une bonne chose de faite !

- Certes, mais à présent, tu n'as plus aucun revenus …

- Je trouverais bien quelque chose, même à mi temps, sourit-elle, confiante.

- Alors, si nous ne sommes plus officiellement sous contrat, nous pouvons dire que nous sommes libres de nos actions.

- Qu'est-ce que ça implique ?

- Ca implique qu'un diner n'est qu'un diner, une sortie en ville n'est qu'une sortie.

- Donc … Si on sort au resto, ca peut être un simple rendez-vous ? Si je t'embrasse, c'est parce que j'en ais envie … En gros, on sort ensemble quoi, sourit Emma

Gina sourit alors et inspira :

- On sort ensemble.

- Merde, Ruby avait raison … Elle va me saouler avec ça une éternité, pouffa la jolie blonde

- Pareillement avec ma sœur.

- Elles l'avaient prédis … Qu'on finirait ensemble.

- Il faut croire qu'elles avaient raison …

- Et maintenant on fait quoi ?

- On laisse venir les choses. Ne les provoquons pas, nous ne l'avons pas fait jusqu'ici et cela nous a réussi jusqu'à maintenant.

- Tu as raison … sourit Emma en déposa un tendre baiser sur sa joue. Je pourrais facilement m'habituer à ça.

- A quoi ?

- Ta présence et … tout ça : ces gestes, ces mots … Finalement, notre petit mensonge nous a pris de court. Je pensais pas être attirée par les femmes.

- Pas par les femmes … Par une femme.

Emma la fixa alors, tentant de comprendre la subtilité. Gina prit sa main :

- Je ne suis pas attirée par les femmes, je ne l'ais jamais été. Mais … Toi, c'est différent. Tu peux te targuer d'être la seule à me faire ressentir cela pour une femme. Je ne pense pas être lesbienne, je suis juste attirée par toi, les autres me rendent indifférente.

Emma rougit alors par cet aveu spontané et sincère. Elle s'approcha et attrapa une mèche de cheveux de la jeune femme derrière son oreille.

- Je crois que j'ai eu de la chance, ce jour-là dans l'ascenseur.

- Jamais je n'aurais pensé être ici un jour … Si on me l'avait dit, d'ailleurs Zelena l'avait dit, je n'y aurais pas cru.

Lentement, Emma s'approcha et combla les derniers centimètres dans un tendre baiser auquel répondit bien volontiers Gina.

- Hm hm …

Elles se séparèrent soudain pour voir qu'Henry était aux portes de la terrasse, les regardant d'un air endormi. Emma se leva d'un bond alors et remit ses cheveux en ordre.

- Hey Henry ! Bien dormi ?

- Hm ouais … Salut, dit-il en faisant un signe de la main à Gina, qui lui répondit de la même manière. Je vous dérange ?

- Non, non, pas du tout, on … Gina était venue pour …

- … Prendre un café, compléta la jolie brune. Je vais y aller.

- Non ! s'empressa de répondre Emma. Reste … Juste un peu.

Gina décela la panique dans les yeux de la jeune femme et ne pu qu'opiner alors.

- Tu … Tu as faim ? Il est presque midi, on pourrait manger une pizza !

- Ouais pourquoi pas. Je peux prendre une douche ?

- Bien sur oui.

Henry disparut et soudain Emma sentit de nouveau une tension, une crampa d'angoisse dans son ventre.

- Je vais devoir appeler mes parents …

- Tu devrais oui. Quoiqu'il arrive, ça te laissera quand même au moins quelques heures pour parler avec lui.

- Oui c'est sur.

- Tu veux que je te laisse un moment ?

- Hm non, je pense que ça sera rapide.

Sur ce, Emma prit son téléphone et composa un numéro. Après un dernier coup d'œil à Gina, elle appuya sur la touche « appel » et entendit les premières sonneries.

Quand on décrocha, le cœur d'Emma rata un battement. Elle balbutia d'abord un timide « bonjour » avant que sa voix ne soit plus affirmée.

- Bonjour, c'est moi.

- Emma ? Henry n'est pas là, il est chez un ami.

- Oui je sais … Enfin je sais qu'il n'est pas là.

- Ah oui ?

- Oui car … Henry est ici, avec moi … Chez moi.

- Excuse-moi ?

- Henry … Il a débarqué chez moi hier soir.

- Tu dis n'importe quoi, il est chez un ami pour le week-end.

- Il vous a menti. Il a pris le train jusqu'ici. Il … Il m'a dit qu'il vous avait menti. Je … Il a dormi ici, il était éreinté. Je … Je savais qu'il ne serait jamais de retour à la fin du week-end. Pour éviter de vous inquiét…

- C'est impensable ! Henry n'aurait jamais fait ça !

- Pourtant, il l'a fait. Il est bien ici. Il prends sa douche.

- Mon Dieu … Mais comment a-t-il fait ? A-t-il pu ?

- Il semble avoir pris le train et plusieurs correspondances pour me rejoindre.

- As-tu quelque chose à voir avec ça ?

Emma soupira, lasse d'avoir raison sur les suspicions de ses parents :

- Comment j'aurais pu ? Je vis à des milliers de kilomètres de lui, sans avoir eu un contact avec lui depuis des mois. Je vous appelle simplement pour vous avertir.

- Nous allons venir ! Il est hors de question qu'il reparte seul. Je te recontacte lorsque nous avons trouvé le vol le plus près.

- Ouais … Faites ça.

Puis la communication coupa, laissant Emma sur sa faim. Lorsqu'elle se tourna vers une Gina au regard concerné, elle soupira :

- Ils arrivent. Ils cherchent le premier vol pour la Californie. Ils me recontactent quand ils en ont un.

- C'est bien. Ca va te laisser quelques heures avec ton fils.

Emma sourit faiblement avant de retourner à l'intérieur, en compagnie de Gina, et d'y trouver Henry, assis sur le canapé, jouant sur son téléphone.

- Hey, tu as faim ? Je fais réchauffer des pizzas ?

- Ouaip.

Gina nota l'indifférence notable du jeune garçon envers sa mère mais se restreignit d'une quelconque remarque. Elle préféra rester auprès de la jolie blonde pour l'aider en cuisine.

Emma ne cessait de jeter des regards à son fils, qu'elle voyait de dos.

- Tu devrais passer du temps avec lui, lui parler. Laisse-moi m'occuper des pizzas.

- Je ne saurais même pas quoi lui dire …

- Commence par le début : tu ne l'as pas vu depuis des mois. Parle-lui de son quotidien : l'école, les amis, ses loisirs … Peut-être vous découvrirez-vous des points communs.

Emma se tourna vers Gina et lui sourit tout en posant sa main sur la sienne :

- Merci.

- Allez va, je me charge du repas.

Emma lui déposa un rapide baiser sur la joue avant de s'éclipser dans le salon, sous le regard bienveillant de Gina, tout de même.

- Hey, je peux m'asseoir ?

Le jeune garçon opina légèrement, tout en ne décrochant pas de son téléphone. Emma sembla soudain gênée mais s'approcha un peu plus, tendant le cou vers son fils :

- Tu joues à quoi ?

Henry releva le nez alors, et coupa son téléphone avant de regarder sa mère.

- Alors … Tu es venu pour me voir mais … t'es pas très bavard, sourit-elle histoire de détendre l'atmosphère.

- Ouais, désolé … C'est juste que … ça fait bizarre. Ca fait longtemps.

- Oui. Alors, dis-moi … Parle-moi de toi un peu : l'école, tes loisirs …

- Hm hm, marmonna le jeune garçon dont l'attention s'était tournée de nouveau vers son téléphone.

- Hm … Tu as des loisirs ? Un sport ?

- Mouais … J'aime pas trop le sport …

- Oh … Un hobby ?

- J'aime lire.

- Génial, quel genre ?

Henry soupira bruyamment avant de répondre :

- Le fantastique.

- Oh c'est cool ça.

- Ouais, si tu le dis …

Gina assistait cette scène avec tant d'empathie pour Emma qu'elle en avait mal pour elle : elle voyait les efforts que faisait la jeune femme pour se rapprocher de son fils et se heurter à son indifférence.

- Et sinon … Tu as peut-être des questions non ?

Henry releva le visage :

- Ca fait combien de temps toi et elle ?

Emma se crispa. Elle avait du mal à discerner la curiosité de la rancœur. Elle soupira alors, comprenant aussi que son fils avait surement des questions.

- Hm … Je comprends que tu ais des questions nous concernant. Ca peut te paraitre bizarre …

- La dernière fois que je t'ais vu, tu étais hétéro. J'aurais jamais pensé que tu puisses être … lesbienne.

- Tu détestes l'idée ?

- Je … J'en sais rien … J'essaie de comprendre …

- Parfois, y'a rien à comprendre.

- C'est pour ça que tu as quitté mon père ? Parce que tu avais d'autres penchants ?

- Non ! Bien sur que non ! Avec ton père c'était … Passionnel mais aussi terriblement infantile. Nous étions jeunes et ignorants du monde concret des adultes. Et quand il a frappé à notre porte, on était pas prêts. Je pense qu'on ne l'a jamais été.

- Mais aujourd'hui, t'es prête à assumer ça ? Tu vas être connue …

- J'ai jamais demandé tout ça, ça m'est tombée dessus … comme ça. Le destin peut-être.

- Tu es passée à la télé … Et t'es apparue dans plusieurs magazines aussi …

Emma fronça les sourcils alors et se tourna vers son fils :

- C'est ma notoriété qui t'a attiré ici ? C'est pour cela que tu es venu ?

- Non. Enfin, je suis curieux, et puis c'est toujours cool d'avoir une mère connue, dit-il en haussant des épaules.

- Ah … Je suis ta mère à présent, je pensais que je ne l'étais plus.

- Pourquoi tu dis ça ?

- J'en sais rien : a chaque fois que j'essais de te contacter, tu n'es jamais dispo.

- Pas ma faute si j'ai des potes ou des centres d'intérêts.

- Hm … Et tu ne veux pas me parler de ces intérêts ou de tes potes ?

- Si vraiment tu voulais me connaitre, tu aurais plus insisté ! argua le jeune garçon

Le sang d'Emma ne fit qu'un tour : elle aimait son fils, elle se serait battu pour lui jusqu'à tuer ou mourir mais là, c'était la goutte d'eau de trop.

- T'es sérieux là ? Tu n'as jamais répondu ! A aucune de mes lettres, et pourtant je t'en ais envoyé des centaines, au moins une fois par semaine, pour te raconter tout ce que je faisais depuis que j'ai quitté le Maine. Pas une seule fois tu m'as répondu.

- J'ai jamais reçu de lettres, tu mens !

- Henry, crois-tu que j'aurais menti sur quelque chose d'aussi facile à vérifier ? Je t'ai envoyé des photos, des lettres … Alors à moins que tu n'ais déménagé, soit tu les as déchiré sans les ouvrir, soit...

- ... J'ai jamais rien reçu ! Et pourquoi tu me parles comme ça. Ca y est, maintenant, tu es connue, alors tu fais du tri, tu éloignes ton fils gênant de ta vie et ton couple ?

- Comment tu peux dire ça, moi qui ais fait tellement de choses pour toi … Henry …

- C'est bon, t'es pas obligée de me prendre de haut parce que maintenant tu fais la couverture des magazines !

Soudain un claquement sec retentit. Emma se figea, complètement surprise parce qu'il venait de se passer : en quelques secondes, Gina avait surgi de la cuisine et avait giflé le jeune garçon. Ce dernier, totalement figé de stupeur, ne pu que vaquer son regard de la blonde à la brune et inversement, se massant la joue. Essayant de balbutier quelques mots, il fut coupé dans son élan par une Gina furieuse.

- Comment oses-tu ?! Tu ignores ta mère durant des mois, des années même, ne lui accordant que peu d'attention et d'intérêt, tandis qu'elle se démène comme elle peut avec le peu qu'elle a pour se rapprocher de toi, te prouver qu'elle en vaut la peine. Tu n'as même pas idée de ce qu'elle a pu faire juste pour toi. Le peu d'argent qu'elle avait, elle te l'a dédié : elle a mis de coté pour toi, rien que pour toi. Quand elle me parlait de toi, ses yeux s'illuminaient. Elle regrette tant de ne pas avoir pris part à ton éducation, à ta vie. Et toi, tu déboules ici, et la seule chose qui t'intéresse c'est sa soudaine popularité à Los Angeles. Tu es ingrat Henry et égoïste. Emma ne te mérite pas.

Le jeune garçon, totalement choqué, ne su quoi répondre jusqu'à ce que Gina n'attrape la main d'Emma et ne l'emmène jusqu'à la cuisine où elle soupira bruyamment, comme si elle essayait de reprendre son souffle après une course effrénée. Elle se tourna alors vers Emma, et reprit constance :

- Emma … Désolée, je n'aurais probablement pas du intervenir mais … C'était plus fort que moi : voir son indifférence et son seul intérêt pour notre couple et non pour sa mère … Il est si … Oh désolée, vraiment. Je n'aurais pas du lever la main sur lui …

- Merci, soupira Emma.

- Pardon ?

- Merci d'avoir fait et dit ce que je n'osais pas faire et dire …

Elle baissa alors la tête et Gina distingua quelques légers sanglots de la jeune femme. Sans réfléchir, Gina la prit dans ses bras et caressa doucement son dos.

- Oh Emma …

- J'avais … J'avais tellement espéré ce moment … Je l'avais … rêvé et … aujourd'hui … Ca fait si mal … sanglota-t-elle

- J'imagine.

- C'est … C'est mon fils mais … C'est un étranger … J'ai tellement mal …

- Je comprends Emma.

Soudain le téléphone sonna et Gina aperçut le nom « maman » sur l'écran. Lorsqu'Emma se défit des bras de la jolie brune et s'essuya les yeux et joues du dos de la main, elle renifla.

- Laisse, je vais prendre l'appel.

- Gina …

- Ne t'inquiète pas, sourit-elle

Elle attrapa le téléphone et répondit rapidement.

- Oui allo ?

- Em… Emma ?

- Non, je suis une amie, Emma est … elle jeta un coup d'œil vers la jeune femme encore secouée de sanglots … Elle est occupée pour l'instant. Que puis-je pour vous ?

- Juste dire à Emma que nous avons trouvé un vol pour Los Angeles arrivant vers 18h ce soir.

- C'est entendu, le message sera passé.

- Pourrais-je parler à Henry ?

Gina se crispa un peu avant de quitter la cuisine et de rejoindre Henry, toujours sur le canapé, immobile, se frottant légèrement la joue. Elle lui tendit l'appareil.

- Pour toi, tes grands-parents.

Et devant le regard surpris du jeune garçon, elle compléta :

- Emma les a appelés ce matin pour leur dire où tu te trouvais.

Il prit le téléphone alors d'un geste hésitant.

- Allo ?

- Henry ! Mais grand dieu qu'est-ce qui t'ais passé par la tête ?! Le train ! Tu as traversé le pays en train ! Tu as à peine 13 ans !

Sur ce, Gina quitta la pièce pour rejoindre Emma.

- Je sais, je sais …

- Mais à quoi tu pensais ?! Qu'est-ce que tu cherches ? Pourquoi ce soudain intérêt pour elle ? Elle ne t'a jamais accordé la moindre attention !

- …

- Henry, nous aurons une bonne discussion.

- Vous arrivez ?

- Ce soir en fin d'après-midi. Henry, je ne sais pas ce que tu comptais obtenir en allant là-bas. Henry … Est-ce que … Comment ça a été avec Emma ?

Henry jeta un œil vers la cuisine où il distingua sa mère accoudée au comptoir, les mains dans la tête et Gina semblant la réconforter en lui caressant les cheveux.

- Ca … Ca va.

- Nous arrivons le plus vite possible. Et ne crois pas t'en tirer avec juste une tape sur les doigts jeune homme !

- Ouais je sais … Désolé, j'ai … Je … J'ai pas réfléchi.

- Encore heureux qu'Emma ait eu un tant soit peu de bon sens en nous avertissant. A ce soir Henry, et fais attention à toi.

- Ouais …

Il raccrocha alors et tint le téléphone quelques secondes dans ses mains avant de se lever et de se rendre dans la cuisine. Il posa le téléphone sur le comptoir et Emma releva le visage, ses yeux rougis et ses joues burinées de larmes. Il se figea alors et baissa le regard.

- Je m'excuse.

- Qu'ont dit tes grands-parents ? demanda Gina

- Ils … Rien, je vais me faire passer un savon.

- Le contraire m'aurait étonné.

Henry jeta un œil vers sa mère avant de se racler la gorge :

- Je devrais peut-être rassembler mes affaires …

Gina opina alors et Henry disparut. Elle soupira alors :

- Il ne s'est même pas excusé …

- Laisse. Je crois qu'il a compris, soupira la jolie blonde

- Compris quoi ?

- Qu'il n'était pas la bienvenue ici, sanglota Emma dont la vérité la frappait de plein fouet.

- Emma, je suis sincèrement désolée que cela ne fonctionne pas avec ton fils.

- Je le sentais tu sais … Mais j'avais toujours un mince espoir. Mais la confrontation et le retour à la réalité est dure. J'ai l'impression … J'ai l'impression de ne pas avoir accompli mon devoir de mère, d'avoir échoué.

- Non, au contraire. L'échec aurait été de persévérer. Je ne dis pas que tu dois baisser les bras mais … Emma, il faut laisser ton fils s'en aller …

- Je sais.

- Ca ne veut pas dire qu'il faille oublier son existence et nier votre lien, mais … C'est un peu comme s'il avait été élevé par une famille d'adoption : les rapports avec la mère biologique se font parfois … Et parfois non. Je sais qu'il n'est pas méchant, mais il a été maladroit. Et cette maladresse est à mettre en relation avec son incapacité à créer un lien avec toi. Vous êtes de la même famille, vous avez les mêmes gènes mais …

- … Mais ce n'est pas … ce n'est plus mon fils. Il va falloir que j'accepte le fait que cet ado est un étranger, qu'il me tolère sans m'aimer comme un fils devrait aimer sa mère. Je … Je finirais par …

Mais elle éclata de nouveau en sanglots dans les bras de Gina.

- Viens …

La jolie brune l'entraina dans le salon et s'assit avant d'inviter Emma à s'allonger, sa tête reposant sur les cuisses de Gina. Cette dernière la calma en lui caressant doucement les cheveux, entremêlant quelques mèches dorées entre ses doigts, et une dizaine de minutes plus tard, elle se rendit compte que la respiration d'Emma fut plus posée, son corps défait de tout tremblement ou soubresauts : elle s'était endormie.

TBC


NEXT : Une discussion à coeur ouvert, confrontations, changer les idées, premier rencard ... Dans le prochain épisode !


/!\ N'oubliez pas : pas de suite la semaine prochaine /!\