L'avion se pose sur la piste, l'aube pointe à l'horizon, le ciel a pris une jolie teinte rose, je descends de l'avion l'air du mâtin est légèrement froid, je pense qu'aujourd'hui sera une journée ensoleillé. Je contourne l'aéroport, je ne veux pas que quiconque me reconnaisse. Avant de m'engouffrer dans le taxi je me coiffe de ma fameuse capuche puis je remonte la fermeture éclair de ma veste. Je m'installe, le chauffeur écoute une chanson des rolling stone.
Je baisse la tête, je ne veux pas qu'il croise mon regard.
- Conduisez-moi au manoir des Queens s'il vous plait.
La circulation est fluide, il faut dire que les gens sont encore devant leur petit déjeuner, ou il se prépare pour leur journée de travail, il est à peine sept heures.
Je regarde la ville à travers la vitre de la voiture, rien n'a réellement changé, les glades sont toujours les glades, un quartier pauvre au sud de Starling, il y a quelque personne qui n'ont plus de toit et qui dorment sur le sol, ils n'ont qu'une petite couverture qui les protègent du froid. Je compatis à leur enfer parce que je l'ai moi même vécu. Lorsque j'ai échoué sur cette île, je n'avais rien, juste mes vêtements. La première nuit je l'ai passé à grelotter derrière les rochers près de la tombe de mon père, je n'avais ni eau, ni nourriture... Je détourne le regard, je ne veux pas repenser à cette année de galère, je dois cesser de penser au passé, je respire un grand coup et ferme les yeux, je repense aux trois dernier mois avec Tatsue, ceux ou elle m'a libéré un peu à la fois de mon fardeau... J'aurai aimé qu'elle vienne avec moi en Amérique, j'aurai voulu lui présenter ma famille, je lui ai proposé de m'accompagner mais elle a refusé, elle m'a dit que je devais faire cela seule tout comme elle, elle l'avait fait de son côté avec sa famille. Je l'admire, elle a une force de caractère incroyable, nous avons beaucoup discuté de Maséo, nous l'avons cherché mais n'avons pas réussi à le localiser... Ca m'a peiné parce que Tatsue ne mérite pas tout ce qu'il lui arrive. Je rouvre les yeux.
Nous arrivons dans le quartier des affaires la où se trouve la tour de Merlyn industrie et l'entreprise de mon père. Je contemple ces deux bâtiments comme si je les découvrais pour la première fois. C'est étrange de les voir, rien n'a changé ici non plus. Les tours sont toujours les mêmes, haute et froide dominant la ville, elles font toute les deux la même hauteur.
Le chauffeur tourne sur la gauche après la tour de Queen consiladated, la par contre tout est différent,avant ici se trouvait un petit parc suivie d'une étendue de gazon qui servait essentiellement aux personnes désirant faire courir leur chien ou aux enfants qui voulaient jouer au ballon sans embêter les personnes qui se prélassaient dans le parc.
A la place de cette étendue de vert se trouve maintenant des petits buildings et de jolies maisons avec des jardins bien entretenus. Le petit parc est toujours la mais, il n'a plus le même charme qu'avant, il semble être perdu au milieu de tout ces bâtiments, comme étouffé.
Je continue ma contemplation de la ville... Tout me semble pareil mais lorsque j'y regarde de plus près je me rends compte qu'elle a beaucoup changé comme moi.
Le chauffeur tourne à nouveau à gauche, c'est la dernière rue de la ville enfin c'était, après celle ci en principe nous accédions au début de la campagne avec de grand champs et des arbres qui bordaient la route. Quelque champs ont disparu, et des quartiers se sont formés, les arbres bordent toujours la route, au moins quelque chose qui n'a pas bougé. Nous nous éloignons un peu plus, je commence enfin à reconnaître les lieux, les étangs sur le côté de la route, les prairies, les champs, les arbres qui s'élèvent à plus de quinze mètres de haut et qui entoure une partie de la propriété des Queen ils ont pris une jolie teinte orangés, signe que l'automne est installé dans le pays. Le chauffeur ralentit lorsqu'il arrive au chemin menant chez moi. Je lui demande de s'arrêter, je règle ma course récupère mon sac, referme la porte et me dirige vers le portail. Il n'y a personne à l'extérieur, je pose mon doigt sur le scanner digital et la porte s'ouvre. Je souris, je suis enfin chez moi et libre, je m'avance sur l'allée goudronnée en marchant d'un pas tranquille. Je sens une présence dans mon dos, je ne me retourne pas, je veux voir si monsieur Hamilton est toujours aussi bon dans son domaine, il me saisit la taille en appuyant vers le bas pour que je m'accroupisse, ce que je fais, j'aurai pu le maîtriser mais ce n'est pas ce que je veux. Je sens le canon de son pistolet dans mon dos
- Déclinez votre identité.
- Hamilton, c'est moi Oliver.
Il semble décontenancé, il appuie un peu plus le canon contre mon dos, je ne fais pas de geste brusque.
- Oliver est mort, comment osez-vous ?
Je me retourne brusquement et saisi son arme, puis d'un geste rapide je retire ma capuche.
- Oliver ! C'est vraiment toi... Comment est ce possible ! Tout le monde te croit mort...
- Je sais, mais je suis en vie.
Je lui rends son pistolet, il me fait un sourire franc avant de me serrer la main. Il n'a pas changé juste vieilli mais il fait un travail toujours aussi remarquable et il a la forme.
- Je suis très heureux de te revoir...
Je continue de m'avancer vers le manoir, Hamilton me tient compagnie. Nous discutons un peu de ce qui m'est arrivé et de l'endroit où je me trouvais. Ca me fait du bien de discuter avec une veille connaissance, de voir un visage familier. Tatsue avait raison c'est vraiment agréable de se retrouver parmi les siens, c'est ici qu'est ma place.
Les alentours du manoir n'ont pas vraiment changé, les massifs de fleurs sont toujours au même emplacement, les arbres également, la pelouse est parfaitement entretenue comme dans mon souvenir. Nous sommes arrivés devant la porte. Je serre à nouveau la main de monsieur Hamilton.
- Ta mère et Théa seront vraiment très surprises de te voir ici... Une fois le choc de te voir un chair et en os passé elles seront heureuses. Tu ramèneras un peu de bonheur dans leur vie.
Hamilton s'éloigne, je suis seul devant la grande porte en bois clair, je me demande pourquoi il me dit que j'amènerai un peu de bonheur, j'espère qu'elles vont bien, je l'espère sincèrement parce que si ce n'est pas le cas, je m'en voudrai de ne pas être rentré plus tôt, de ne pas m'être battu pour elle avant. Je saisie la poignée, je n'ai plus qu'un mouvement à faire pour ouvrir la porte du manoir, ce petit mouvement qui changera ma vie... Je ne sais pas si je suis prêt, mais il faut que je le fasse, ma famille à le droit de savoir que je suis en vie et que je vais bien.
