Auteur: Claire1663

Bêta : Vinnie

Disclaimer: Tous les personnages ainsi que l'histoire originale appartiennent à JK Rowling.

Titre : Manipulations.

Résumé: Harry va à la rencontre de Voldemort dans la Forêt Interdite lors de la Grande Bataille mais lorsque le sort de la mort le frappe, la vérité éclate.

Flashback

Aide à la lecture : UA. Personnages OOC. Amélia Bones est vivante ainsi que Dumbledore. Tom Jedusor a ouvert la Chambre des Secrets, non en 1943 mais en 1945 (sa dernière année à Poudlard), la même année où Dumbledore réussit à vaincre Grindelwald. Adriana Dumbledore décède en 1945 au moment du duel entre Albus Dumbledore et Gellert Grindelwald.

Voldemort a pris le pouvoir au Ministère mais Poudlard reste le dernier endroit libre du monde sorcier. Harry est bien parti à la chasse au Horcruxes au cours de l'année et revient à Poudlard pour retrouver le diadème.

Comme pour les livres, Voldemort comprend que ses ennemis connaissent l'existence des Horcruxes et tentent de les détruire. Il décide donc de se confronter à la dernière poche de résistance, Poudlard, ainsi qu'à Dumbledore et Harry Potter.

L'histoire débute au moment où Harry rejoint Voldemort dans la Forêt interdite. La scène dans laquelle il plonge dans la Pensine dans le bureau de Dumbledore n'a pas eu lieu.

Note de l'auteur : Merci à tous ceux et celles qui m'ont laissé reviews, favoris et followers.

Bonne lecture.

Chapitre 5 Réminiscences partie2

Harry souffrait. Le rituel l'avait épuisé mais le souffle de l'explosion l'avait projeté contre le mur, lui cassant de nombreux os. Mais en se retrouvant allongé sur le sol, des parties du mur sur lequel il s'était cogné s'étaient effondrées sur lui, aggravant ses blessures. Il arrivait à peine à garder conscience.

Pourtant il tentait de rester éveillé le plus longtemps possible, il voulait absolument éviter que qui ce soit le trouve ou tout du moins le fasse dans la plus grande discrétion. Il ne voulait pas affronter la famille Malefoy et encore moins le Seigneur des Ténèbres. Cela pouvait paraître égoïste mais sa vie avait toujours été dictée au service des autres et, cela ne le dérangeait pas, jamais il n'aurait laissé la moindre personne en danger, surtout s'il pouvait l'éviter. Mais après avoir perdu sa famille, ou plutôt, ses familles, avoir passé son enfance dans une famille qui haïssait tout ce qui avait un rapport avec la magie, dont lui, avoir donné son adolescence au service du monde sorcier jusqu'à en avoir perdu les derniers membres de sa famille, avoir donné sa vie pour ses amis mais également pour Voldemort et pour avoir aider un homme à retrouver sa véritable place, il n'aspirait, maintenant, qu'à la paix. Il voulait vivre sa vie comme il l'entendait. Bouder quand il ne serait pas content, dire non, ne plus s'interroger sur des questions existentielles. Vivre, tout simplement !

Il en était là de ses réflexions lorsqu'il sentit les débris qui le recouvraient bouger. Il comprit alors que le moment qu'il redoutait depuis quelques jours allaient avoir lieu. Il en était effrayé. Il garda alors le maximum de force pour pouvoir agir.

La lumière l'éblouit quelques instants avant de reconnaître son sauveur et il sut qu'il avait peut-être encore une chance.

Fleur Delacour se trouvait face à lui, prête à appeler de l'aide. Il réussit à bouger sa main et il l'empoigna doucement.

Elle arrêta tout mouvement. Il essaya de parler mais sa voix était si faible que seul un murmure sortit de sa bouche. Lorsque son amie de Tournoi s'approcha, il ne put que lui dire ces quelques mots :

-Emmène-moi…emmène-moi loin d'ici…loin d'eux.

Il l'entendit parler, tentant de le persuader de rester au château mais il ne voulait pas. Il voulait lui faire comprendre. Mais sa fatigue commençait à l'envahir et il sut qu'il allait bientôt perdre conscience. Alors il lui murmura ce qu'il ressentait, espérant la convaincre de l'emmener loin de ceux qui étaient présents :

-S'il te plaît…je suis si fatigué…si fatigué…

Et ce fut le noir ! Mais il savait que ce n'était pas la fin. Il ressentait parfaitement son corps, la douleur qu'il supportait était la preuve de la vie qui coulait toujours en lui. Depuis qu'il avait rencontré ses parents et ses parrains, il avait compris que la vie était importante et même si l'envie de les revoir l'était également, il voulait maintenant profiter de cette seconde chance qui s'offrait à lui. Et pour cela, il voulait s'éloigner de tous et prendre ses propres décisions.

Cette liberté dont il avait tant rêvé se trouvait maintenant entre ses mains. Il avait bataillé pour l'avoir mais il avait réussi. Il n'avait pas eu le temps de profiter des conséquences des rituels qu'il avait utilisés en cette soirée mais elles avaient toutes réussies.

Ces rituels avaient été extrêmement importants et c'est sa rencontre avec le prisonnier de Nurmengard qui avait basculé sa vie et permit de remettre en place la vérité.


Il se rappela du moment où il put rentrer sans difficulté dans la prison. Il vadrouilla dans les nombreux couloirs jusqu'à y trouver la cellule tant recherchée.

Il réussit à déverrouiller la porte de la cellule et trouva, de dos, Grindelwald. Mais il n'eut pas à dire quoi que ce soit que l'homme le salua d'une façon qui le laissa interdit :

-Je vous attendais depuis longtemps, Harry Potter...ou devrais-je dire Altair Malefoy.

Harry le regarda interdit, surpris de cette première approche, mais la suspicion revint. Il ne devait pas faire confiance à cet homme. Pourtant il voulait connaître les liens qu'il avait avec Grindelwald.

Il s'approcha du prisonnier et tendit sa baguette contre la gorge de l'homme :

-Je ne suis pas ici pour le plaisir de vous voir…

-Vous êtes ici pour avoir des réponses, n'est-ce pas monsieur Potter ?

-…Oui…mais je ne sais pas si je peux vous faire confiance…Vous êtes comme Voldemort, un mage noir sans scrupules.

-Non monsieur Potter, je ne suis pas un mage noir et encore moins comme monsieur Jedusor.

Harry était perdu face à cette déclaration. Non seulement Grindelwald démentait son statut de mage noir, qui lui avait causé son emprisonnement dans ce bâtiment, mais il connaissait l'existence de Jedusor comme étant Voldemort. Même s'il avait le même âge que Dumbledore, il n'avait pas connu l'étudiant à Poudlard et il était enfermé avant l'apparition de Lord Voldemort, il ne pouvait connaître ces informations.

Le prisonnier vit l'incertitude du jeune homme se tenant devant lui. Toutes ces années, il avait attendu ce moment, mais il se devait d'être patient et expliquer attentivement la situation. De cette rencontre, beaucoup de choses allaient changer.

-Monsieur Potter, vous êtes ici parce que vous avez des questions. Je vous promets d'y répondre sincèrement, mais j'aimerais vous demander un service.

Harry regarda suspicieusement le prisonnier. Toutefois, il voulait connaître la demande de l'homme :

-Que voulez-vous ?

-J'aimerais que vous m'écoutiez. Lorsque j'aurai répondu à vos questions, j'aurai de nombreuses informations à vous donner qui vous sembleront, certainement, étranges et impossibles, mais il faudra me croire.

-Et comment pourrais-je avoir confiance en vous ?

-Ecoutez et jugez, monsieur Potter. Faites confiance à votre instinct. Celui qui vous a sauvé la vie à de nombreuses reprises.

-Comment ?...

-Vos questions, monsieur Potter, et je vous expliquerai ensuite tout ce que vous devez savoir.

-Qu'est-ce que je dois savoir ?...

-Vos questions ?

-Bien…mais vous avez intérêt à me dire tout ce que vous savez !

Harry s'éloigna alors de l'homme, tout en le gardant en joue. Il voulait des réponses et cet homme avait attisé sa curiosité mais il n'était pas assez fou ou immature pour ne pas être vigilant.

Il referma alors la porte de la pièce avec sa magie sans baguette, ne pouvant s'ouvrir que par sa propre volonté, ainsi s'il devait perdre sa baguette, il pourrait toujours s'enfuir. Il installa également deux fauteuils en n'omettant pas certains sortilèges sur celui du prisonnier. Il se retourna vers celui-ci, l'invitant à prendre place. Ce dernier le regarda attentivement et prit place sur le fauteuil :

-Vous êtes quelqu'un de prudent, monsieur Potter, vous avez bien raison.

-Si je l'avais été plus tôt, certaines personnes seraient toujours présentes.

-Monsieur Potter, vous ne devriez pas vous sentir coupable. Vous n'êtes qu'un adolescent ayant affronté des forces qui vous sont plus fortes. Vous n'avez pas le destin de tous entre vos mains. Chacun fait des choix et nous en assumons les conséquences.

Le jeune homme ne dit rien. C'était le discours que l'on lui avait souvent répété et il ne savait pas vraiment s'il devait y croire. Pourtant le prisonnier ne s'arrêta pas là :

-Je ne pense pas que votre parrain vous en tienne pour responsable.

Harry regarda alors fixement l'homme en face de lui. Peu de personnes savaient que Sirius et lui étaient en contact et encore moins qu'il soit décédé. Pour tous, Sirius Black était toujours un dangereux évadé. Mais il avait appris la leçon à être trop impulsif. Il en avait payé le prix, c'est pourquoi il évita tous gestes qui pouvaient le trahir. De plus, il ne voulait pas donner d'occasions à ce mage noir pour le déstabiliser.

Harry décida qu'il était grand temps de poser la question qui le taraudait depuis son entrevue avec le vendeur de baguettes. Le temps lui était compté, il avait réussi à rentrer dans la prison et interroger un prisonnier par de subtils moyens, venant principalement de la boutique de Fred et Georges, mais il ne devait pas s'éterniser :

-Connaissez-vous Ollivander ? Vous en rappelez-vous ?

L'homme ne tenta pas de faire remarquer au jeune intrus qu'il avait évité le sujet de son parrain. Il ne voulait pas le brusquer mais il devait savoir que rien n'était de sa faute. Il décida de répondre à ses questions, en espérant pouvoir le convaincre ensuite, lui permettant de s'échapper d'ici et peut-être de le forcer à se confier.

-Oui, je connais monsieur Ollivander. C'est un fabriquant de baguettes qui se trouve au Chemin de Traverse.

-C'est exact. Cet homme a ressenti un infime lien entre votre magie et la mienne.

Harry tenta de déchiffrer les expressions du prisonnier en face de lui mais aucun sentiment ne se reflétait. Il reprit :

-Pourquoi ?

-Monsieur Potter, pouvez-vous me répéter les termes exacts de monsieur Ollivander, s'il vous plaît ?

Quelques minutes de silence s'installèrent, Harry ne comprenant pas réellement la question. Il avait peur de se retrouver piégé dans un dialogue de sourd mais il avait besoin de ses réponses pour avancer :

-Il m'a dit qu'il ressentait la magie de Grindelwald en moi, comme une empreinte. Pourquoi votre magie ?

-J'ai bien peur, monsieur Potter, de ne pouvoir vous répondre ou tout du moins de rectifier vos propos. Je n'ai aucun lien, magique ou autre, avec vous.

Harry était perdu. Cet homme s'amusait de lui et il perdait son temps ici. Il ne put se retenir plus longtemps et sa magie commença alors à se faire ressentir et à se propager dans la cellule. Il faisait tout son possible pour la maintenir dans cette seule pièce mais les réponses devaient venir rapidement car l'homme, face à lui, allait en payer les conséquences :

-Ne tentez pas de m'abuser. Vous m'avez promis des réponses et je dois vous avouer qu'actuellement, ma patience est mise à rude épreuve et vous ne faites rien pour arranger la situation.

-Je ne vous dis que la vérité, monsieur Potter. Je n'ai aucun lien avec vous.

-Alors vous insinuez que monsieur Ollivander a menti, monsieur ?

Cette phrase avait été dite d'une façon si froide, si pleine de colère retenue que n'importe quel être vivant se serait mis à frissonner mais, malgré l'angoisse de perdre cette précieuse opportunité de raconter les faits qu'il désirait tant dévoiler, le prisonnier soutint le regard du jeune homme en face de lui et lui répondit :

-Je n'ai jamais suggéré que monsieur Ollivander ait menti, monsieur Potter. J'affirme seulement que je n'ai aucun lien avec vous…

-Arrêtez ! Vous me dites que vous n'avez aucun lien avec moi mais qu'Ollivander a dit la vérité et que vous…

-Non, monsieur Potter. Je vous dis que je n'ai aucun lien avec vous mais qu'Ollivander dit la vérité lorsqu'il affirme que Grindelwald a un lien avec vous !

Harry s'effondra sur son fauteuil. Cet homme qui se trouvait devant lui, cet homme prisonnier depuis près d'une cinquantaine d'années lui insinuerait-il qu'il n'est pas…Grindelwald !

-Je peux comprendre votre air confus, monsieur Potter…

-N'essayez pas de m'embobiner dans une de vos histoires. D'après vous, vous n'êtes pas Grindelwald, alors commencez par vous présenter !

-Je m'appelle Albus Dumbledore, monsieur Potter. C'est un plaisir de vous rencontrer…

Harry observa son interlocuteur et ne put s'empêcher de lui répondre avec ironie :

-Vous êtes Albus Dumbledore…Excusez-moi mais je reste dubitatif. D'après ce que j'ai pu comprendre, vous n'avez eu aucune visite depuis votre enfermement alors il me semble impossible que vous ayez pu échanger vos corps ou utiliser du Polynectar.

-Vous avez tout à fait raison, monsieur Potter, je n'ai vu personne depuis 1945.

Le Survivant fut décontenancé face à l'affirmation du prisonnier. Si ce dernier disait vrai, alors tout le monde sorcier avait été dupé. Il avait côtoyé un usurpateur. A cette information, de nombreux doutes apparurent en lui. Sa mission avait été orchestrée par le professeur Dumbledore, ou en tout cas par l'homme qui prétendait être le professeur Dumbledore, et s'il s'agissait d'un mage noir, s'il s'agissait de Grindelwald, il devait absolument remettre en question certaines affirmations. Le dénouement de la guerre pouvait être complètement bouleversé.

Le prisonnier vit que sa phrase avait véritablement secoué l'élu du monde sorcier. Comment le destin pouvait-il être si dur pour mettre autant de responsabilités sur de si jeunes épaules. Pourtant, il était aussi fautif que Grindelwald. Il l'avait suivi, tenté par ce pouvoir et pour quoi ? Il n'avait pas seulement perdu sa liberté mais également sa famille et détruit d'autres familles, des enfants… Il devait faire en sorte que cela change. Le moment était venu !

-Monsieur Potter, je crois qu'il est temps de vous révéler certaines choses.

-Je…

-Je m'excuse de vous couper ainsi mais vous m'avez promis de m'écouter.

-Bien, allez-y mais ne tentez rien.

-Merci.

Harry se cala dans son fauteuil, il vérifia les différents sorts de la pièce et prit une position confortable mais lui permettant d'agir à tout moment. Il sentait que ce qu'il allait apprendre ce soir déterminerait directement ou indirectement le conflit dans lequel vivait actuellement le monde sorcier. Il devait être attentif.

- Je suis né dans une famille de sorcier. Ma petite sœur Adriana avait quelques difficultés à maîtriser sa magie. Des moldus ont maltraité ma sœur, faisant empirer son état. Mon père a voulu se venger, les a tués et s'est retrouvé en prison. Ma mère s'est occupée de ma sœur mais, à cause d'un incident, elle perdit la vie. C'est mon frère, Alberforth, qui s'est chargé d'Adriana. Moi, même si je venais les voir et je les aidais, je ne me sentais pas réellement concerné. J'avais en tête d'autres projets. J'ai toujours voulu être un sorcier puissant. Je me suis appliqué dans mes études, j'ai perfectionné ma magie mais je voulais également être reconnu. Et c'est là que je l'ai rencontré, Grindelwald.

« Il venait d'emménager à Godric's Hollow. Il était pour moi un ami, un confident, un amant. Je l'aimais et je lui faisais totalement confiance. Nous avons appris l'existence des Reliques de la mort et nous avons cru à la légende. Nous nous étions dit que cette quête nous amènerait à la puissance et à la reconnaissance. Maintenant, je me rends compte de la folie qui nous habitait.

« Mon frère m'avait fait remarquer que j'étais de moins en moins présent pour notre famille mais j'étais aveuglé par les Reliques. Nous venions de récupérer la baguette de Sureau et cette acquisition nous ouvrait les portes de ce que nous avions toujours espéré.

« Gellert changea. Je ne retrouvais plus le jeune homme que j'aimais. Il était devenu le mage noir que nous connaissons tous aujourd'hui. Un jour que je me trouvais chez moi, Gellert et moi nous nous sommes disputés et nous nous sommes combattus mais ma sœur était présente à ce moment-là et elle se prit un sort qui la tua. Lorsque j'ai vu son corps sans vie s'affaisser sur le sol, j'ai…je n'ai plus prêté attention à ce qui m'entourait. Je n'ai pas fait assez attention et je n'ai pas remarqué ce que faisait Gellert. C'est en accourant vers le corps d'Adriana que je fus pris au piège d'un cercle de runes. Il avait toujours été doué dans ce domaine et j'en ai eu la preuve ce jour-là.

« C'était un cercle d'échange. Un échange d'âme et d'esprit. Il fit le rituel et je fus coincé. L'échange trouble quelques instants et quand j'ai repris conscience de ce qui m'entourait, je me vis face à moi-même. Je n'ai pas réellement pu comprendre quoi que ce soit que Gellert, ou plutôt Dumbledore, me lança un sort de désarmement et un Stupéfix qui fit de lui le vainqueur de Grindelwald mais également le maître de la baguette de Sureau.

« Je me suis retrouvé enfermé dans cette prison sans avoir pu me défendre. J'ai subi le même sort que votre parrain. Un simulacre de procès. »

-Comment connaissiez-vous l'existence de mon parrain et de son injuste emprisonnement ?

Harry avait écouté l'histoire du prisonnier qui pouvait correspondre à la vérité mais il voulait des preuves et ce dernier avait intérêt de lui en donner pour pouvoir seulement le croire.

- C'est cela qui est une véritable torture. L'échange d'âme n'est pas irréversible. C'est pourquoi j'ai toujours un lien avec mon corps et Gellert, non seulement heureux de m'utiliser pour ses projets, me faisait partager chaque moment, me laissant comme un simple spectateur passif d'une pièce de théâtre. J'ai ainsi connu la montée au pouvoir de Voldemort, vos parents, vous, la prophétie et votre incroyable courage face aux épreuves auxquelles vous avez fait face. J'ai pu contempler les horreurs qu'a commises Gellert.

« Savez-vous ce que cela fait de voir tout ce qui se passe sans en pouvoir changer quoi que ce soit, d'être dans le corps d'un homme que l'on a tant aimé et qui vous a trahi de la pire des manières pour assouvir son besoin de pouvoir et de le voir détruire des milliers de vies ?

« J'étais impuissant mais j'ai étudié attentivement, au travers de ses yeux, ses différents plans, ses stratégies. Et aujourd'hui, vous êtes ici monsieur Potter, et je peux enfin rectifier mes erreurs et vous permettre de vaincre le véritable mage noir. »

Harry était complètement sonné mais une phrase l'interpella :

-« Le véritable mage noir »… qu'insinuez-vous par véritable mage noir ?

-Voldemort est un être inventé par Grindelwald.

Harry sursauta et s'exclama :

-Non, vous mentez. J'ai la preuve que Voldemort était bien autrefois un étudiant de Poudlard, je l'ai vu entouré de ces…chiens, je l'ai vu revenir dans un corps et je l'ai vu combattre Dumbledore.

- Tom Jedusor existe bel et bien mais Voldemort a été inventé par Grindelwald. J'ai connu Tom. Il était un de mes étudiants et l'un des plus brillants. Il était orphelin et n'acceptait pas d'avoir été abandonné. Sa famille était complètement perdue dans leurs délires de sang pur et par son sang mêlé à celui d'un moldu, il ne fut jamais accepté. De même pour sa famille moldue qui ne l'accepta pas. J'avais peur pour cet enfant et je l'ai protégé du mieux que j'ai pu. Il était attiré par la magie noire, le pouvoir, la puissance et la reconnaissance. Je me reconnaissais un peu en lui. Je l'ai donc pris sous mon aile pour lui éviter une descente en enfer.

« Je dois avouer qu'il me rendit fier de lui. Il s'était ouvert à moi, me faisant confiance mais lorsque Gellert a pris possession de moi et a pu voir le potentiel de l'enfant, il en a fait un pion parfait, un bouc émissaire lui permettant de jouer le rôle de défenseur du monde magique.

« Il lui a jeté un sortilège de la même famille que l'Impérium. Il ne contrôlait pas ses actes mais il les avait dévoués pour une cause : le pouvoir, les forces du mal et la terreur. Tom Jedusor avait de nombreux démons au fond de son cœur qui se sont libérés et déchaînés contre tout ce qu'il détestait. Tom disparut pour laisser place à Voldemort. »

Harry s'était relevé, en colère mais également horrifié de ce que cela signifiait. L'homme qu'on lui avait appris à haïr, l'homme qui avait tué ses parents n'était pas responsable. C'était Dumbledore, celui en qui il avait donné toute sa foi, pour qui il avait combattu.

La magie d'Harry devint de plus en plus incontrôlable. Des étincelles surgirent de sa baguette et un vent fouetta les résidents de la petite cellule mais elle s'échappa de cette dernière et les autres prisonniers ressentirent ce flux mais Harry s'en moquait. Il ne voulait pas croire ce qu'il venait d'être dit.

Soudain il se rappela des paroles d'Ollivander. Il avait un lien magique avec Grindelwald et d'après ce qu'il venait d'apprendre sur Voldemort, il commençait à s'inquiéter. Avait-il été également un sujet d'expérience ? Qu'est-ce que Grindelwald avait modifié en lui. Il accrocha son regard à celui de son interlocuteur et reposa sa question, ayant maintenant plus d'a priori à l'écoute de la réponse :

-Quel est mon lien avec Grindelwald ? Pourquoi sa magie est-elle présente en moi ?

Le prisonnier souffla intérieurement. Il allait devoir annoncer une autre vérité qui allait certainement perturber, plus qu'il ne l'était, le jeune homme qui se trouvait en face de lui. Il se décida pourtant à la vérité, toute la vérité, en commençant par le début :

-Monsieur Potter, vous connaissez certainement la famille Malefoy ?

-Oui...mais je ne vois pas le rapport...

Soudain Harry se remémora de nouveau son entretien avec le fabricant de baguettes. Ce dernier lui avait annoncé son lien avec Grindelwald mais également avec celui de la famille Malefoy. Y avait-il une raison ?

-La famille Malefoy fait partie des premières familles fidèles à Voldemort...

-Encore une raison qui me pousse à croire impossible votre théorie. Même si Voldemort était manipulé. Tous ses fidèles ne le sont pas. Ils ont choisi de le suivre !

-Connaissez-vous réellement les premiers temps de la guerre ? Ou devrais-je dire la création de l'ordre mangemoresque ?

-En quoi cela est-il si important ?

-Tout. Voldemort ne s'est pas présenté tout de suite en Seigneur des Ténèbres. Gellert connaissait parfaitement le mode de fonctionnement de la politique. Tout devait être fait selon plusieurs étapes. La première consistait à séduire des grandes familles de Sang Pur, ayant de forts appuis politiques, dans ses rangs. Bien entendu, il ne pouvait qu'approcher des familles traditionnalistes ayant la même vision que lui au départ. Mais vous devez savoir qu'aucune de ces dernières ne désirait un réel clash et encore moins une forme de purge des sorciers. Ils souhaitaient seulement accentuer leur pouvoir et leur rang.

-Pourtant continuent-ils de le servir ?

-La Marque, monsieur Potter. La Marque est le lien entre le Seigneur des Ténèbres et ses Mangemorts. Le sort de Gellert se répercutait sur les Mangemorts qui eux-mêmes subissaient la volonté de ce dernier. Voldemort a séduit les chefs des plus grandes familles de Sang Pur traditionnalistes qui ont englobé leurs familles, des clans entiers ainsi que leurs relations, puis le pouvoir de ce groupe a pris de l'importance pour appâter d'autres individus et cela s'est terminé par la peur de ce groupe. Les gens préfèrent le plus souvent être du côté des gagnants. L'exemple de Peter Pettigrew le démontre parfaitement.

-Veuillez éviter de parler de ce traitre. Il a trahi mes parents et ils en sont morts !

-Une partie de vos parents.

Depuis le début de cette conversation, Harry avait de maintes fois démontré son étonnement et sa suspicion face aux paroles de l'homme qui se trouvait en face de lui mais remettre en question la paternité des êtres qui s'étaient sacrifiés pour lui, des êtres qu'il aurait tellement voulu connaître et dont il se sentait responsable de leur tragique destinée l'horripilait. Soudain il se rappela du nom que lui avait affublé le prisonnier, celui d'Altair Malefoy. La peur le prit, il ne voulait pas croire ses paroles :

-Qu'insinuez-vous ? Que James et Lily Potter ne sont pas réellement mes parents !

-Non…ils sont la moitié de vos parents…

Harry dévisagea le prisonnier en écarquillant les yeux :

-Vous êtes fou…Toutes ces années enfermées ne vous ont pas épargné. Vous dites n'importe quoi. Vous suggérez que j'aurais plus de deux parents biologiques ?

-Oui !

Harry voulut reprendre la parole mais le vieil homme l'en empêcha. Ce dernier voyait le temps passé et il devait dévoiler d'autres éléments importants. Harry était le seul capable de déjouer le plan machiavélique de Gellert :

-Ecoutez-moi, monsieur Potter, de nombreuses choses ont été cachées au monde sorcier et surtout à vous. Il est temps de les connaître et ce, malgré qu'elles ne vous plaisent pas. C'est d'ailleurs pour cela que vous êtes venu ici, pour connaître la vérité.

-Oui…

-Bien. Lorsque Gellert a pris l'ascendant sur l'esprit de Tom, il s'est acharné à créer un adversaire qu'il pourrait se présenter comme un mage noir destructeur dont il serait le pourfendeur. Il a amené Tom à voyager, à apprendre la magie noire, à l'utiliser et à se venger contre ceux qui l'ont blessé. Tom avait toujours eu cette part sombre en lui mais il la contenait et je l'aidais à s'accepter mais Gellert a tout détruit. Ensuite il fallait que Tom prenne de la puissance et il se devait d'avoir des suiveurs et si possible les familles les plus influentes. Ces dernières qui lui faisaient obstacle à sa prise de pouvoir. Et au fur et à mesure, le règne de terreur que vos parents, James et Lily Potter, ont combattu, a débuté et s'est renforcé. Pourtant, et si vous voulez vérifier je vous conseille les archives du ministère de la magie ou encore de demander aux témoins de l'époque, une période de calme est apparue. Tout le monde ignorait pourquoi Voldemort avait réduit ses attaques, voire les arrêter pendant un moment. En fait cela coïncide avec la naissance d'un enfant, l'héritier des Malefoy.

-Drago Malefoy…

-Non, monsieur Potter, les Malefoy eurent un fils avant l'actuel héritier. Il est né le 22 Septembre 1978. L'enfant était tout à fait normal mais il était lié, par une magie ancienne, la même que celle que Lily Potter a utilisé pour vous protéger, à Voldemort. Pour faire simple, on peut dire qu'il était son âme-sœur.

Harry leva les sourcils devant ce terme :

-Âme-sœur, excusez-moi mais je ne vois pas vraiment Voldemort tomber amoureux et encore moins d'un enfant !

-Je ne parle pas de la définition naïve et puérile qu'en font les jeunes demoiselles de nos jours mais d'un lien fort entre deux personnes. Ces deux personnes sont faites l'une pour l'autre mais cela ne se fait pas sans difficultés. D'ailleurs, je soupçonne James et Lily Potter d'en être ainsi que de nombreux couples comme vos deux amis.

-Et en quoi cela explique les temps de paix ?

-Une âme-sœur complète l'âme de son conjoint, elle la stabilise, la renforce, la soigne…

-Le sort…comprit alors Harry.

-Oui, la venue au monde de l'enfant et sa proximité avec Voldemort, dues au statut des Malefoy dans l'ordre mangemoresque, a atténué le sort de Gellert jusqu'à effrayer ce dernier. Il a donc agi. Il a enlevé l'enfant.

Harry commença à être mal à l'aise. Son instinct émit une sorte d'alarme dans sa tête. Il commençait à se douter qu'il devait avoir un lien avec toute cette histoire et cela ne lui plaisait pas !

-Il l'a tué ?

-Non. Je pense qu'au départ cela était son but mais il a trouvé un autre moyen qui l'arrangeait dans son plan. Se servir de l'enfant contre Voldemort. Il a utilisé un rituel de sacrifice qui permet de transformer un être vivant en une simple entité magique. Il a introduit cette entité dans l'utérus d'un des membres de l'ordre. Cette dernière est tombée enceinte. L'embryon et l'entité magique ont fusionné en un seul être. Il n'avait plus qu'à modifier ses traits à sa naissance pour effacer tous traits distincts des Malefoy.

-Où…Qu'est devenu cet enfant ?

-Il a été aimé de ses deuxièmes parents biologiques et ils l'ont protégé de leur vie. Il est devenu une sorte d'espoir pour le monde sorcier et il est le seul sorcier à s'être confronté à Voldemort en restant toujours en vie. Harry Potter, vous êtes Altair Malefoy !

Harry se releva brusquement et se mit à crier :

-Non, non, cela ne se peut. Je ne peux pas être le fils de Lucius Malefoy, je ne peux pas être le frère de Drago Malefoy. Non, non, non !

Harry prit sa tête entre ses mains et n'arrêta pas de psalmodier un « non », tentant de réfuter les dires de l'homme en face de lui. Il se rappela alors de toute son enfance, des Dursley qui l'avaient haï pour être un sorcier, un anormal, mais également des préjugés des sorciers, de leurs attentes qui avaient fait de son adolescence un enfer. Des attaques incessantes de Voldemort. Voldemort, il ne pouvait être son compagnon puisqu'il s'était assagi en présence du fils aîné des Malefoy alors qu'en sa présence, il était complètement fou !

-Je ne peux pas être le fils des Malefoy. Voldemort ne cesse de me harceler et de me combattre et plus d'une fois, je lui ai fait face sans que son comportement ne change. Il agissait différemment avec Altair Malefoy !

-Il me semble que la perte de son âme-sœur, son enlèvement a radicalisé monsieur Jedusor. Le sort qu'avait mis en place Gellert ne s'est pas mis en place en une seule fois. Il a évolué petit à petit. Gellert ne pouvait pas prendre le risque de voir un élève changer brutalement de comportement comme avec un Imperium. De même, il devait prendre en considération les possibles dommages psychiques. Il avait besoin de monsieur Jedusor et ce pour quelques décennies. Mais lorsque ce dernier a rencontré Altair, le sort s'est détérioré, il était toujours présent mais enfermé. L'enlèvement de l'enfant et sa disparition physique, même de quelques instants, a permis au sort de reprendre sa place mais il est revenu au même niveau qu'avant avoir été coupé, assaillant violemment l'esprit de monsieur Jedusor, déjà affaibli par des dizaines d'années de contrôle de Gellert, ce qui l'a rendu complètement fou. De plus le morcellement de son âme par les Horcruxes n'a rien arrangé. La perte de son corps pendant dix ans a encore aggravé la situation. C'est pourquoi aujourd'hui, il ne vous reconnaît plus.

-Mais les Malefoy doivent avoir un moyen de retrouver leur fils. La magie de ce dernier doit être perceptible.

- Elle est perceptible mais elle est si profonde qu'il faut être extrêmement attentif pour la trouver. Monsieur Ollivander, qui pourtant perçoit de nombreuses choses, n'a pu faire qu'un simple rapprochement avec la famille Malefoy qu'en étudiant vos baguettes sans pour autant deviner votre identité. Il y a deux explications. La première est que votre magie est à moitié Malefoy mais également à moitié Potter. De plus, ne trouvez-vous pas étrange de ressembler tellement à monsieur Potter ?

-Eh bien…

-Trouvez-vous que votre ami, monsieur Weasley, ressemble trait pour trait à son père ?

-Non mais c'est une coïncidence.

-Non, monsieur Potter. Gellert a profité d'une visite des Potter à l'Ordre du Phoenix avec vous pour rajouter quelques sorts de métamorphose, vous donnant ainsi les traits de James Potter.

Harry baissa le regard. Même son corps ne lui appartenait pas :

-Ce ne serait pas mon vrai visage…

-Pas vraiment. Gellert a accentué les traits des Potter mais lorsque vous reprendrez votre véritable visage, vous retrouverez l'ascendance Potter, Evans, mais également celui des Malefoy et des Black.

-Comment puis-je vous croire ? Toutes ces choses que vous m'avez dites, y a-t-il seulement une preuve physique et non de simples paroles d'un prisonnier ?

Ce dernier détourna son regard :

-Malheureusement non mais j'ai une solution à vous proposer.

-Dites toujours.

-Lorsque Gellert a permuté nos esprits, il a également agi sur notre magie. Notre âme et notre magie étant très proches. De ce fait, lorsqu'un sort percute mon corps, il atteint celui de Gellert mais c'est ma magie qui est touchée.

-Vous voulez donc que je vous envoie un sort ? Un sort me permettant de vous reconnaître en tant que Dumbledore ?

-Oui, le sort de filiation.

-Qu'est-ce ?

-Il s'agit d'un sort créé pour permettre aux sorciers de connaître l'ascendance d'un sorcier en inscrivant au-dessus de lui le nom de ses parents. Il agit sur la magie et Gellert Grindelwald n'a aucun lien avec les Dumbledore. J'aimerais que vous me lanciez le sort, monsieur Potter.

Harry regarda attentivement le prisonnier et après que ce dernier lui ait appris le sort, il le lui lança et à sa plus grande horreur, il vit les noms de Perceval et Kendra Dumbledore s'inscrire. Il disait la vérité. Il s'écroula sur son siège, incapable de bouger, osant à peine respirer, se rendant compte des mensonges qui avaient été la base de sa vie. Il ne réfléchit pas plus et se lança à lui-même le sort. Il n'eut pas que deux noms, comme le prisonnier, mais quatre. James Potter, Lily Evans Potter, Lucius Malefoy et Narcissa Black Malefoy.

La peur, la haine et la colère s'emparèrent de lui. La haine de s'être fait enrôler de force dans un rôle qu'il n'avait jamais désiré et d'avoir subi des pertes irremplaçables, d'avoir vécu une vie douloureuse de mensonges. La peur prenait place également. Il faisait partie de la famille Malefoy. Il était leur fils aîné. Il avait encore des parents qui le haïssaient. Et même si ces derniers l'acceptaient, le doute et les cicatrices seraient toujours là. La peur également d'être lié à Voldemort, l'assassin de ses autres parents. Qui avait fait de sa vie un enfer. Comment seulement croire qu'il pourrait vivre quelque chose ensemble mais il ne pouvait laisser les choses ainsi. Il se devait d'agir ! Il se tourna alors vers Albus Dumbledore :

-Que dois-je faire ?