Auteur: Claire1663

Bêta : Vinnie

Disclaimer: Tous les personnages ainsi que l'histoire originale appartiennent à JK Rowling.

Titre : Manipulations.

Résumé: Harry va à la rencontre de Voldemort dans la Forêt Interdite lors de la Grande Bataille mais lorsque le sort de la mort le frappe, la vérité éclate.

Flashback

Aide à la lecture : UA. Personnages OOC. Amélia Bones est vivante ainsi que Dumbledore. Tom Jedusor a ouvert la Chambre des Secrets, non en 1943 mais en 1945 (sa dernière année à Poudlard), la même année où Dumbledore réussit à vaincre Grindelwald. Adriana Dumbledore décède en 1945 au moment du duel entre Albus Dumbledore et Gellert Grindelwald.

Voldemort a pris le pouvoir au Ministère mais Poudlard reste le dernier endroit libre du monde sorcier. Harry est bien parti à la chasse au Horcruxes au cours de l'année et revient à Poudlard pour retrouver le diadème.

Comme pour les livres, Voldemort comprend que ses ennemis connaissent l'existence des Horcruxes et tentent de les détruire. Il décide donc de se confronter à la dernière poche de résistance, Poudlard, ainsi qu'à Dumbledore et Harry Potter.

L'histoire débute au moment où Harry rejoint Voldemort dans la Forêt interdite. La scène dans laquelle il plonge dans la Pensine dans le bureau de Dumbledore n'a pas eu lieu.

Note de l'auteur : Je tenais à m'excuser du retard pour la publication de cette semaine et de ne pas avoir pu répondre aux reviews qui m'ont fait extrêmement plaisir et motivée à poursuivre cette aventure. Je suis désolé. Je tiens à remercier les reviewers, followers et favoris.

Bonne lecture.

Chapitre 6 Réminiscences partie 3

Harry reprenait conscience de ce qui l'entourait. Il s'était remémoré l'un des moments les plus importants de sa vie, celui où il apprit la vérité sur le véritable Seigneur des Ténèbres et sur sa vie, ou ce qu'il avait cru être sa vie.

Il se rappela qu'après avoir demandé ce qu'il devait faire pour combattre Grindelwald, il avait dû sortir précipitamment de la prison :

-Que dois-je faire ?

Dumbledore ne put lui répondre que des bruits se rapprochèrent d'eux. Les différentes manifestations magiques d'Harry avaient été repérées et les gardes se dirigèrent vers eux. Harry ne prit pas vraiment le temps de réfléchir, il choisit de faire confiance à son instinct qui lui intimait de croire le prisonnier. Il annula les sorts qu'il avait maintenus sur le prisonnier et sur son siège ainsi que sur la porte de la cellule. Il l'ouvrit et les couvrit tous les deux de la cape d'invisibilité de son père, ou plutôt d'un de ses pères.

Il mit en place un sosie de Dumbledore, ou plus exactement une métamorphose d'un corps humain masqué par les draps, faisant ainsi croire que le prisonnier ne s'était pas évadé. Ce dernier avait estimé que Gellert - ou le professeur Dumbledore - ne soit pas mis au courant de son évasion afin d'éviter qu'il ne change ses plans ou de lui empêcher toutes introspectives dans l'esprit de celui-ci.

Ils réussirent à s'enfuir au moyen des produits Weasley dont le prisonnier fut friand :

-Très intéressant ces gadgets, j'aimerais rencontrer ces jumeaux.

-Vous en aurez la possibilité.

Dumbledore garda quelques instants le silence, appréciant le fait de quitter cet endroit de malheur dans lequel il était enfermé depuis de longues années. Il se tourna vers son sauveur :

-Je tenais à vous remercier, monsieur Potter. Grâce à vous, je vais être libre. Cela fait une éternité que je n'avais pas pu apprécier ce sentiment.

Harry hocha la tête comprenant cette envie. Sirius lui avait également raconté ce même besoin, surtout après de longues années d'enfermement où les souvenirs de liberté ne semblaient n'être qu'un rêve lointain.

Ils réussirent à sortir de la prison et à transplaner. Harry n'avait pas réellement prévu de se retrouver avec un évadé et n'avait pas mis en place d'endroit pour se loger. Il ne voulait absolument pas que ses amis ou qui que ce soit d'autres soient mis au courant des dernières découvertes qu'il avait faites.

Heureusement, Hermione avait insisté pour que chacun des garçons porte sur lui une sorte de trousse de survie comprenant quelques potions, des aliments et une tente. Ils érigèrent cette dernière dans un bois dans le pays de Galles et la protégèrent de divers sorts.

Harry décida qu'il était temps de se reposer. Les évènements de la journée avaient fatigué les deux hommes et une bonne nuit de repos s'imposait. Il soigna Dumbledore et lui fit prendre une potion de sommeil sans rêve.

Harry n'arriva pas dormir. De nombreuses questions se bousculaient dans sa tête. Dumbledore lui avait assuré qu'il était toujours possible d'annuler les différents enchantements de Gellert mais la façon dont il le lui avait annoncé ne présageait rien de bon et il commençait à douter de l'issue de cette guerre. La mort semblait être la seule solution. Toutefois, il n'était pas autant effrayé qu'il aurait dû l'être. C'est sur ces raisonnements qu'il finit par s'endormir.

Le lendemain, les deux hommes s'étaient restaurés et seulement par ces quelques soins, le prisonnier avait meilleure mine. Afin d'éviter de se faire repérer et pour pouvoir discuter en toute quiétude, ils déménagèrent et s'installèrent dans une vieille ferme abandonnée en Irlande. Ils avaient décidé de s'éloigner de l'Angleterre, le temps de mettre au point les éléments importants de la défaite de Grindelwald dans un lieu où ils seraient tranquilles. Dumbledore s'était rappelé d'un domaine que sa famille possédait et qu'ils utilisaient pour pouvoir cacher Adriana. Personne ne connaissait son existence et elle n'était pas répertoriée dans la documentation familiale. De plus, il savait que son frère ne lui parlait plus, ou tout du moins ne parlait plus au corps de Dumbledore depuis le décès de leur sœur.

Ce fut à ce moment qu'ils mirent en place un plan :

-D'après ce que j'ai pu voir, monsieur Potter, vous êtes en quête des Horcruxes ?

Harry hocha la tête :

-Oui, mes amis et moi-même devons nous rendre d'ici peu de temps à la banque Gringotts. D'ailleurs, je ne vais pas pouvoir rester avec vous plus d'un jour ou deux. Ils m'attendent.

-Bien, ne vous inquiétez pas, monsieur Potter, je vais tout vous expliquer. Tout d'abord, il faut que vous preniez connaissance du sort qui entrave l'esprit de monsieur Jedusor. Il est primordial de défaire le sort. Non seulement il affaiblira Gellert mais monsieur Jedusor sera un allié de poids contre lui. Il ne faut pas le sous-estimer. Il est après tout l'un des plus grands sorciers de ce siècle et je peux vous affirmer que les sortilèges qu'il a mis en place et utilisés contre nous ne sont pas réalisables par le premier venu !

Harry ne put qu'approuver les dires de l'ancien prisonnier. Il avait vu en action le sorcier en question et il n'y avait pas de doute possible. Il ne pouvait pas faire face seul même si aider ou faire équipe avec l'homme qui lui avait rendu la vie impossible l'irritait :

-Dois-je continuer pour les Horcruxes ?

-Oui, il faut absolument que chaque Horcruxe soit détruit. Vous connaissez l'emplacement de la coupe de Poufsouffle. Détruisez-le !

-Et pour les autres ?

-Je pense que le serpent, Nagini, en fait partie et…

Dumbledore s'arrêta. Il avait tellement de mal à annoncer la nouvelle à cet enfant si courageux. En fait, il avait honte. Honte de se reposer sur un être d'une telle droiture, si jeune et si mature.

-Pourquoi ne dites-vous rien ?

Harry fixa le sorcier en face de lui et comprit tout de suite que ce dernier était en proie au doute mais surtout à la tristesse et l'étrange sentiment qui avait vu le jour en lui revint. Son instinct et toutes les choses qui s'étaient déroulées entre lui et Voldemort se rappelèrent à lui.

-C'est en lien avec moi n'est-ce pas ?

Dumbledore se tourna vers lui et lui fit un sourire triste :

-Oui…le soir où il vous a fait cette cicatrice, une partie de l'âme de Voldemort s'est détachée et a pris place dans le seul être vivant de la pièce, vous. Vous avez ainsi hérité de certaines de ses capacités…un Horcruxe est en vous, monsieur Potter.

Harry s'affala sur le siège dans lequel il était assis. Il devait mourir. Il prit sa tête entre ses mains mais n'arriva pas à pleurer. Toute sa vie n'avait été que tristesse. Seule la découverte de la magie, ses amis et l'Ordre lui avaient donné l'espoir et la joie. Mais la découverte de sa véritable identité et de son lien avec les deux protagonistes du côté des Ténèbres, Malefoy et Voldemort, lui avait ôté cette volonté de vivre.

-Je dois mourir…

-Je suis désolé, monsieur Potter. Gellert a également compris cela. Il savait très bien que lorsque vous auriez appris cette nouvelle, vous n'auriez pas hésité à vous sacrifier. Votre mort, par l'Horcruxe qui est en vous mais également par votre lien d'âme sœur avec monsieur Jedusor, l'affaiblirait assez pour qu'il puisse le détruire définitivement.

-Alors ainsi sera ma fin…

Un silence s'installa entre les deux hommes, interrompu par Dumbledore :

-En fait, il y a un espoir.

-Un espoir ?

Harry s'étonna de la réplique de l'ancien prisonnier. Avait-il peut être une chance de vivre ?

-Eh bien, votre lien de sang, d'esprit et d'âme avec Voldemort joue en votre faveur mais le sort que j'aimerais utiliser pourrait bien faire pencher la balance définitivement.

-Expliquez-vous ? Et quel sort ?

-Le sacrifice d'un être pour sauver son âme sœur chamboule énormément la magie. Je ne sais pas ce qu'il adviendra de vous mais votre lien, malgré ce qu'il paraît, est fort par tout ce que vous partagez.

-Qu'est-ce que cela signifie ?

-Je ne sais pas vraiment. La magie n'a pas de limite et ne passe pas par des chemins balisés. Sachez seulement que la foi dans votre action et votre courage seront reconnus.

Harry réfléchit quelques instants. Son choix avait été fait. Il les sauverait tous même Voldemort qui avait, comme lui, été le simple pion d'un monstre.

-Quel est ce sort ?

-Il s'agit d'une simple incantation mais elle puise sa force dans la magie des sorciers concernés et surtout de leurs liens.

Dumbledore lui apprit ainsi l'incantation mais également les cercles de runes qu'avait utilisés Grindelwald contre lui. Ils profitèrent de ces deux jours pour réviser le plan en détail et revoir chaque détail leur permettant de le combattre. Dumbledore lui apprit d'autres sortilèges, sorts ou notions qui pourraient lui être utiles. La seule chose dont ils ne savaient rien était l'emplacement du dernier Horcruxe.

Ils se quittèrent et Dumbledore lui promit de le retrouver au moment où il en aurait besoin. Harry lui confia alors un Gallion qu'Hermione avait mis en place durant leur cinquième année. Ils communiqueraient ainsi.

Harry avait rejoint ses amis à la maison aux Coquillages et ils s'étaient rendus à Gringotts où ils purent récupérer la coupe non sans mal. Et c'est à ce moment-là qu'il parvint à découvrir le lieu où se trouvait le dernier Horcruxe : Poudlard. De plus, il savait qu'il s'agissait d'un objet en lien avec Serdaigle.

Voldemort attaqua Poudlard. Il réussit à s'emparer du diadème de Serdaigle, caché dans la Salle sur Demande. Il y rencontra d'ailleurs son frère. Frère. Qu'il était étrange de nommer Drago Malefoy, frère. Il n'arrivait pas à le considérer comme tel.

Ron, Hermione et lui s'étaient décidé à aller à la rencontre de Voldemort afin de détruire le serpent. Pourtant ils ne purent rien faire. Ils avaient assisté, impuissants, à la mort du professeur Rogue. Il resta à ses côtés jusqu'à la fin.

Voldemort leur laissa une heure et l'appela à le rejoindre dans la Forêt Interdite.

Ils décidèrent de rejoindre la Grande Salle où ils firent une macabre découverte. Des dizaines de corps sans vie se trouvaient allongés sur le sol. La joie qui avait été le symbole de cette école s'était effacée. La colère de voir Dumbledore, ou plutôt Grindelwald, toujours en vie. Il l'avait évité depuis sa rencontre avec le véritable Dumbledore pour qui une réelle sympathie s'était créée.

Mais ce qui le frappa le plus, ce fut de voir la famille Weasley réunit autour d'un corps, celui de Fred. L'un des jumeaux était décédé. C'était tellement difficile de le concevoir. Il détourna le regard de cette scène pour reconnaître deux autres visages connus, Rémus et Tonks. Il ne parvint pas à retenir ses larmes.

Il s'éloigna de la Grande Salle et se permit quelques instants. Là, il se laissa aller. Il pleura pour tous les morts, il pleura pour sa vie qui n'avait jamais été réellement la sienne, il pleura parce qu'il savait ce qu'il devait faire et Voldemort lui en donnait l'opportunité.

Il avait bien remarqué que le faux professeur Dumbledore avait tenté de lui parler mais il l'avait fui. Il n'aurait pas pu supporter cet homme et le plan qu'il avait mis en place avec le prisonnier était trop important pour qu'il puisse être découvert par la moindre legilimancie de la part du directeur de Poudlard.

Il devait tuer Nagini, lancer l'incantation qui n'était qu'une simple phrase qu'il pouvait prononcer mentalement et se laisser tuer. Il allait mourir ce soir. Cela était surprenant de le dire et de faire face à cette réalité. Il avait toujours su que cette histoire se terminerait ainsi, mais y être confronté le troublait.

Mais il devait y aller pour le bien de tous et puis, il devait se l'avouer, il était fatigué de se battre. Il ne croyait pas en l'avenir ou en tout cas, en un avenir pour lui. Il voulait faire ce pour quoi il était destiné et se laisser aller.

Il traversa alors la Forêt Interdite à la recherche du regroupement de Mangemorts. Il se mit à les observer quelques instants et reconnut Lucius Malefoy accompagné d'une femme, Narcissa Malefoy. Il s'agissait de ses parents. Il se surprit à les dévisager, tentant d'avoir au moins l'image de quelques secondes d'une partie de ses parents.

Son regard se porta ensuite sur Voldemort. Cet homme qui était lié de façon si personnelle à lui. L'homme qui aurait dû partager sa vie mais qui n'en avait fait qu'une torture de chaque instant. Pourtant cet homme avait également souffert et s'était lui-même fait manipuler.

-Aucun signe de lui, mon Seigneur, dit alors le Mangemort, qu'il suivait, en s'inclinant devant Voldemort.

-J'espérais qu'il vienne…je me suis trompé…

Harry enleva la cape de son père et s'approcha.

-Non, tu ne t'es pas trompé !

Harry se concentra sur le croc, l'approchant le plus près possible de Voldemort, supposant que Nagini ne soit pas si éloignée de son maître.

-Harry…non ! hurla Hagrid.

Harry se tourna alors vers son premier ami, celui qui lui avait fait découvrir le monde sorcier et ne put s'empêcher de lui sourire doucement et là, il le vit. Le serpent ondulait vers eux. Il dirigea alors le croc vers lui, le positionnant à la verticale, prêt à plonger. Il ne lui restait plus qu'à attendre le moment où le serpent serait le plus vulnérable, le moment où Voldemort baisserait la garde, le moment où il lui jetterait le sort de la mort, certain de sa victoire.

-Harry Potter…

Ce dernier dévia son regard vers le Seigneur des Ténèbres.

-Le Garçon-Qui-A-Survécu…prépare-toi à mourir. Avada Kedavra !

Harry vit le rayon vert sortir de la baguette de Voldemort. Il embrocha au même moment Nagini. Et au moment où le sort le touchait, il put voir le serpent réagir au venin et s'effondrer sur le sol, mort. Il se permit un fin sourire et accepta le sort de la mort en entendant les cris de douleur de l'ancien Seigneur des Ténèbres. Puis tout fut noir.

Des sons commencèrent doucement à se faire entendre. Harry commençait à prendre conscience de ce qu'il l'entourait. Il s'était remémoré les derniers moments qui précédaient le sort de la mort et dut prendre quelques instants pour se reprendre. Mais ce qui l'inquiétait était de savoir où il était. Il ne voulait pas rencontrer la famille Malefoy, ni Voldemort. Et même ses amis. Quelle réaction auraient-ils en apprenant la vérité sur son existence ?

Il décida alors d'ouvrir les yeux. Il se trouvait dans un lit, dans une pièce qu'il ne connaissait pas mais dont la décoration lui était familière. Le bruit lui indiqua qu'il était près de la mer et c'est à ce moment précis qu'il se rappela de Fleur.

Il avait réussi à détruire les sorts qu'avait mis en place Grindelwald mais également à revenir dans le monde des vivants. Il se souvint de sa rencontre avec ses parents et parrains. L'un des plus beaux moments de sa vie.

Il fut stoppé dans ses pensées lorsque la porte de la chambre s'ouvrit. Même si Fleur l'avait ramené à la Maison aux Coquillages, il ne savait pas ce qui s'était passé, ni qui était présent dans la maison ou connaissait sa présence dans cette même demeure.

Il aperçut alors une chevelure blonde.


Fleur arriva avec le corps d'Harry à la Maison aux Coquillages. Elle réussit à le déposer sur le lit d'une des chambres. Elle ne fit pas attention à ses propres blessures mais s'occupa exclusivement d'Harry.

Elle le déshabilla et commença à lancer différents sorts de diagnostics et le bilan n'était pas beau à voir. Heureusement elle avait toutes les capacités et les remèdes à sa disposition. Elle décida donc de garder secrète la présence du Sauveur du monde sorcier chez elle. Elle n'attendait que la venue de Bill pour en discuter ensemble et prendre une décision. Le plus important à l'heure actuelle était de soigner son ami blessé.

Elle soigna les blessures les plus importantes en premier puis les superficielles mais ce dont le jeune homme souffrait était avant tout un état de grande fatigue, des manques nutritifs qui dataient ainsi que des traces de maltraitance. Elle l'avait toujours vu comme un garçon frêle mais elle ne se doutait pas que cela cachait un mal plus profond.

Elle passa une journée au chevet d'Harry à le soigner sans prendre contact avec qui que ce soit. Elle se doutait que Bill allait bientôt rentrer pour avoir de ses nouvelles. Il avait le moyen de savoir si l'un d'entre eux avait utilisé le portoloin de secours et il devait connaitre l'utilisation qu'elle en avait faite.

Le bruit d'un transplanage lui donna raison. Elle descendit dans la cuisine où elle y découvrit son époux. Ce dernier semblait épuisé et son regard ne reflétait que tristesse. Lorsqu'il la vit, il la rejoignit aussitôt :

-Fleur, tu es là. Est-ce que tu vas bien ?

-Je vais très bien Bill. Et toi ? Y a-t-il du nouveau ?

-Ca pourrait aller mieux mais ça va. C'est la débâcle là-bas. Harry a disparu. Grindelwald a réussi à s'échapper de sa prison et se trouve à Poudlard et Voldemort, ou plutôt Jedusor, affirme qu'il y a eu une sorte d'échange entre Dumbledore et Grindelwald. En tout cas, le coupable n'est pas celui que nous croyons. Mais toi, pourquoi es-tu revenue ici ?

Fleur se mordit la lèvre inférieure. Elle faisait confiance à son mari mais étant un Weasley et sachant ces derniers proches d'Harry et désireux de retrouver ce dernier, elle avait peur qu'il se mette à signaler sa présence ici. Pourtant elle décida de lui faire confiance comme elle l'avait toujours fait depuis qu'ils s'étaient rencontrés :

-Je suis rentrée avec un ami. Un ami qui avait besoin d'aide.

-Un ami ?

Bill regarda attentivement sa femme, tentant de comprendre ses paroles. Cette dernière s'exclama alors :

-Bill, promets moi de m'écouter jusqu'au bout et de lui accorder quelques jours.

-A qui veux-tu que j'accorde quelques jours ? Et pourquoi sembles-tu si fébrile ?

-J'ai ramené Harry ici…

-Harry est ici mais tu aurais dû nous le signaler là-bas. Je ne sais pas si tu te rends compte de la panique qui a lieu. Maman est complètement hystérique, Ron et Hermione sont dans le même état sans parler des autres membres de l'ordre et des étudiants. Et je ne te cacherai pas que les Malefoy sont tout autant agités. Je ne te parle même pas de Jedusor. Dumbledore également, même s'il semble admettre la situation.

-Bill, j'ai ramené Harry ici…à sa demande. Il ne voulait voir personne et je n'ai pas eu le cœur à contredire son souhait.

-Je ne comprends pas…

En effet, Bill Weasley semblait complètement perdu par l'annonce de sa femme. Pourquoi Harry avait-t-il voulu, volontairement, s'éloigner de ses amis et de sa famille ? C'est Fleur qui le sortit de ses interrogations intérieures :

-Je crois…je crois qu'il n'est pas prêt à affronter sa véritable identité et les implications que cela engagent. Bill, si tu avais pu le voir, il m'a suppliée de l'emmener loin de tous. Il semblait si seul, si désespéré, si peu vivant. Je suis désolée mais je ne pouvais pas le laisser ainsi. Je pense qu'il a le droit d'être tranquille et de mériter du temps pour lui, pour accepter la situation. Lorsque je me mets à sa place, je n'arrive même pas à concevoir comment il a pu garder son courage et tout affronter.

-Du calme Fleur, ne t'inquiète pas, je ne dirai à personne qu'il est là. En tout cas pas tout de suite. Maman est ébranlée par la mort de Fred et elle ne pourra pas survivre à la disparition d'un autre de ses fils. Mais tu as raison, laissons lui le temps de récupérer.

Les deux époux se prirent alors dans les bras, donnant à chacun le réconfort dont ils avaient besoin pour surmonter ces dernières épreuves.

-Dis-moi Fleur, comment va-t-il ?

-Depuis que je l'ai ramené ici, il n'a pas retrouvé ses esprits. Il est dans une sorte de coma mais un coma réparateur. Il avait utilisé tellement de magie qu'il était dans un grand état de fatigue et puis tout lui tombe dessus.

Un silence s'installa entre le couple, brisé par Fleur :

-Que se passe-t-il à Poudlard ?

-Au moment où il a été découvert qu'Harry ne s'y trouvait plus, certains des membres ont tenté de soutirer des informations aux deux autres hommes qui étaient présents dans la même salle que lui, mais Voldemort, ou Jedusor, est intervenu. Les autres l'ont alors mis en joue tout en le traitant de traitre et autres joyeusetés de ce genre et les Mangemorts se sont mis en garde.

-Par Merlin ! Et…

-Ne t'inquiète pas, il ne s'est rien passé, Jedusor a déclaré que nous avons tous été trompés et que pour éviter les erreurs passées, il devrait avoir un jugement. Un réel jugement qui expliquerait les faits. Dumbledore, Grindelwald et lui-même, en guise de bonne foi, ont été enfermés. De même que certains Mangemorts.

-Mais il n'y aura jamais d'impartialité de la part d'un quelconque jury face à eux.

-Non, Shacklebolt a supervisé l'emprisonnement et il a pris soin pour qu'aucun mal ne leur soit fait. Actuellement le conseil vote pour un nouveau ministre et il serait en bonne position pour le devenir.

-Ce serait un choix judicieux, il est intègre.

-Oui. Demain aura lieu les déclarations des prisonniers sous serment magique et les interrogatoires sous veritaserum. On devrait connaître enfin la vérité…Il serait peut-être important qu'Harry participe à ces procès ou du moins qu'il fasse une déclaration.

-Bill, non ! Il est vraiment affaibli. Et il ne serait même pas en mesure de le faire physiquement.

-Oui c'est pour cela qu'il ne faut rien dire. Je crois que cela l'achèverait d'y aller.

Les époux décidèrent alors de monter dans la chambre du malade. Fleur rentra la première et s'aperçut qu'Harry était réveillé. Ce dernier semblait perdu mais la reconnut tout de suite :

-Fleur ?

-Harry, par Merlin, tu es réveillé ! Je m'inquiétais tellement pour toi.

Harry commença à paniquer et Fleur le comprit tout de suite :

-Ne t'inquiète pas Harry, tu es chez moi, à la Maison aux Coquillages. Tu te souviens de cette maison ?

-Oui mais qui…

-Harry, regarde-moi. Il n'y a que Bill et moi ici.

-Et les autres ?

-Personne ne sait que tu es ici. Je n'ai rien dit lorsque je t'ai découvert. Je t'ai amené directement ici sans le dire à qui que ce soit. Tu peux te reposer en paix !

-Merci Fleur, merci du fond du cœur.

Harry posa alors sa tête sur l'oreiller, soufflant de soulagement à l'idée de ne pas être confronter à tout le monde. Fleur profita de cet instant de répit pour lancer un sort de diagnostic et d'effectuer des soins avec la plus ou moins coopération du jeune homme allongé.

Bill, lui, était resté dans le couloir. Il voulait laisser sa femme avoir le premier contact avec celui qu'il considérait comme un frère. Il ne voulait pas le perturber plus qu'il ne devait l'être et en écoutant le dialogue entre les deux anciens participants de la coupe des Trois sorciers, il comprit qu'il avait pris la bonne décision.

Le pire fut d'entendre la panique dans la voix du sorcier connu pour être si brave face aux épreuves auxquelles il avait fait face. Mais là, il ne put que percevoir la détresse d'un enfant bousculé par la vie et les adultes. Il comprit la décision de sa femme et décida de s'y tenir. Harry n'était absolument pas prêt à revenir dans le monde sorcier surtout que ce dernier avait encore besoin de son Sauveur.

Après avoir entendu sa femme terminer de soigner son frère de cœur, il décida de rentrer dans la chambre. Il frappa à la porte qui avait été laissée ouverte et demanda l'autorisation à Harry de les rejoindre. Ce dernier le lui accorda.

Lorsqu'il fut dans la pièce, son regard se porta sur le jeune homme allongé dans le lit et il ne put refreiner un mouvement de surprise, sous le regard circonspect de ce dernier mais surtout inquiet.

Il comprit alors que tout était vrai.