Auteur: Claire1663

Bêta : Vinnie

Disclaimer: Tous les personnages ainsi que l'histoire originale appartiennent à JK Rowling.

Titre : Manipulations.

Résumé: Harry va à la rencontre de Voldemort dans la Forêt Interdite lors de la Grande Bataille mais lorsque le sort de la mort le frappe, la vérité éclate.

Aide à la lecture : UA. Personnages OOC. Amélia Bones est vivante ainsi que Dumbledore. Tom Jedusor a ouvert la Chambre des Secrets, non en 1943 mais en 1945 (sa dernière année à Poudlard), la même année où Dumbledore réussit à vaincre Grindelwald. Adriana Dumbledore décède en 1945 au moment du duel entre Albus Dumbledore et Gellert Grindelwald.

Voldemort a pris le pouvoir au Ministère mais Poudlard reste le dernier endroit libre du monde sorcier. Harry est bien parti à la chasse au Horcruxes au cours de l'année et revient à Poudlard pour retrouver le diadème.

Comme pour les livres, Voldemort comprend que ses ennemis connaissent l'existence des Horcruxes et tentent de les détruire. Il décide donc de se confronter à la dernière poche de résistance, Poudlard, ainsi qu'à Dumbledore et Harry Potter.

L'histoire débute au moment où Harry rejoint Voldemort dans la Forêt interdite. La scène dans laquelle il plonge dans la Pensine dans le bureau de Dumbledore n'a pas eu lieu.

Note de l'auteur : Je tiens à m'excuser du retard pour la publication. Je remercie tous ceux et celles qui m'ont laissé une review. Vous ne pouvez vous imaginez combien cela me fait plaisir et me motive.

Bonne lecture.

Chapitre 8 Le procès partie 1

Cela faisait maintenant trois semaines qu'Harry se trouvait à la maison aux Coquillages. Les deux dernières semaines avaient été extrêmement difficiles. La préparation du procès avait été longue et dure. Les conclusions des interrogatoires de Dumbledore, Grindelwald et Jedusor avaient amené, à la population sorcière, une vérité qu'elle ne voulait pas entendre, une vérité qu'Harry avait eu beaucoup de difficultés à concevoir : tout ce qui avait toujours été n'avait été qu'une machination de la part d'un homme qui n'avait pas hésité à s'amuser avec la vie de plusieurs personnes pour y parvenir. Bill suivait attentivement l'affaire avec sa famille et chaque jour, il en faisait un résumé à Fleur et Harry.

Au début, ce dernier ne sortait pas de sa chambre et il était possible d'entendre des pleurs étouffés au travers de la porte. Il agissait également de façon amorphe. Il avait le regard vide et ne parlait que très peu. Il était en état de choc. Il avait dû tellement assimiler que son esprit s'était comme déconnecté pour faire la part des choses. Mais cela effrayait le couple de voir un enfant si plein de vie devenir littéralement un légume. De plus le procès avait débuté et il semblait important au jeune couple qu'Harry suive ce dernier afin de surmonter ce mauvais moment.

Après les interrogatoires des protagonistes de l'histoire, à savoir Voldemort, Grindelwald, Dumbledore et les généraux Mangemorts comme Lucius Malefoy, Shacklebolt avait décidé de réunir l'Ordre du Phoenix pour leur faire partager les premières constatations de l'enquête.

Ils s'étaient tous réunis au Square Grimmaurd. Malgré le nombre diminué des participants, chacun fut heureux de se retrouver. Ce fut le premier ministre qui prit la parole en premier :

-Bonjour à tous, je suis heureux de vous retrouver. J'ai voulu nous réunir car j'ai des nouvelles informations…

-Vous avez des nouvelles d'Harry ? Interrogea immédiatement la matriarche de la famille Weasley.

-Malheureusement, Molly, non. Aucune de nos recherches ne nous a donné des résultats. Même les deux hommes présents dans la même salle ne savent pas où il peut se trouver. D'après les interrogatoires, ce que nous a révélé Voldemort, ou plutôt Jedusor, est vrai…Tout !

Les membres de l'Ordre se figèrent et Arthur parla :

-Qu'est-ce que tu veux dire par tout ?

L'ancien Auror joignit ses mains sur la table et fixa attentivement chaque personne présente :

- Grindelwald a bien pris la possession du corps de Dumbledore en 1945. Il a également créé Voldemort. Jedusor n'ayant aucun moyen de contrôle sur ses actes. Il a également mis en place tout le règne de terreur que nous avons connu, les Mangemorts et autres joyeusetés de ce genre. Il est également responsable de la disparition d'Altair Malefoy. Harry Potter et Altair Malefoy ne sont qu'une seule et même personne !

Ces paroles perturbèrent au plus haut point l'assemblée. Chacun se rendit compte que la personne en qui ils avaient toujours eu confiance était le responsable de toutes ces tragédies. Des regards chargés de haine apparurent mais également de tristesse. Un des membres posa alors une question :

-Que va-t-il se passer ? Vont-ils l'envoyer en prison ? Et pour Voldemort ?

-Eh bien, c'est assez délicat. La responsabilité de Grindelwald n'est plus à démontrer mais il y a toujours des doutes. Je pense que c'est plus la peur de devoir libérer ceux qui étaient nos ennemis qui effraie les juges, et surtout la réaction de la population.

-Mais ils sont innocents, intervint Hermione.

-Oui, je vous l'accorde sans aucun problème mais les malversations des ministères précédents ne jouent pas en faveur de l'opinion publique qui a peur de voir la libération des criminels comme un acte de corruption du ministère, qui en a maintes fois abusé par le passé.

-Mais qu'est-ce qu'il faut faire ?

-En fait, la solution serait d'avoir le témoignage d'Harry. Les gens ont confiance en lui puisqu'il ne les a jamais trahis et a toujours lutté pour la Lumière. De plus, il est un des principaux acteurs de cette guerre et surtout de la dernière bataille. C'est pourquoi les prisonniers sont gardés soit sous surveillance, soit en prison. C'est désolant mais on attend qu'Harry revienne. Nous devons encore nous reposer sur lui.

C'est alors qu'une voix s'éleva dans la salle :

-Eh bien, si c'est cela, je préfère qu'il ne revienne pas !

Tous se tournèrent vers Ron Weasley qui venait de s'exprimer. Sa mère l'interpella :

-Ron !

-A votre avis pourquoi Harry ne veut pas revenir ? Tout le monde se repose tout le temps sur lui, même lorsque vous ne le croyez pas. « C'est pas grave, Harry est là ». Et tous ces sorciers qui attendent leur « Sauveur » alors qu'ils n'ont pas hésité à lui tourner le dos dès que cela les arrangeait ! Si c'est pour revoir Harry se démener pour des personnes qui ne le méritent pas et que cela empiète sur sa santé, je préfère encore qu'il ne revienne pas. Moi, tout ce que je veux, c'est savoir s'il va bien, s'il a besoin de quelque chose et de le soutenir !

Plusieurs personnes furent étonnées du discours de Ron mais ils comprirent que ce dernier avait raison. Ils se reposaient sur Harry. Il l'avait considéré comme un enfant mais un enfant qui devait agir comme un adulte et leur apporter des réponses quand ils en avaient besoin.

Pourtant, le premier ministre reprit la parole :

-Monsieur Weasley, je suis bien conscient que ce que vous venez de déclarer est la triste vérité mais vous devez savoir qu'Harry est la personne la plus intègre que je connaisse et qu'en tant que témoin, son témoignage est important. Surtout que de nombreuses vies sont en jeu. Toutefois, je ne veux pas le forcer. Il a le droit d'être tranquille et puis, le connaissant, il ne laissera jamais des innocents en prison, quels qu'ils soient. C'est pourquoi les prisonniers sont assignés à résidence sauf Dumbledore, Grindelwald et Voldemort et les généraux Mangemorts. Au vu des inculpations, ils sont maintenus en prison. Ils se trouvent au Ministère mais sous la garde d'Aurors que Mme Bones et moi-même avons sélectionnés.

-Croyez-vous vraiment qu'Harry va intervenir ? Interrogea Molly Weasley.

Tout le monde avait senti la tension dans cette question. Cette dernière tentait de faire bonne figure mais la mort de Fred et la disparition d'Harry l'avaient rudement éprouvée. La famille Weasley s'inquiétait particulièrement. Dans un premier temps, George semblait perdu et affreusement triste. Percy avait d'ailleurs emménagé dans la maison familiale et Ron l'aidait au magasin. Quant à la matriarche, si elle ne se trouvait pas au Ministère à secouer les Aurors pour les recherches, elle se trouvait fréquemment dans la cuisine, l'air perdu. Tous s'inquiétaient et même George semblait s'apercevoir du malaise de sa mère.

Les membres de l'ordre avaient parfaitement compris que la famille Weasley vivait une période difficile, c'est pourquoi Kingsley Shacklebolt ne voulait pas donner de faux espoirs à cette dernière, tout en les obligeant à garder espoir :

-Molly, je ne peux pas vous affirmer quoi que ce soit mais je ne pense pas qu'Harry laissera des innocents en prison injustement, quels qu'ils soient.

Ces paroles galvanisèrent la femme rousse mais elle ne put s'empêcher de sentir les larmes monter. Ne voulant pas offrir un spectacle désolant à tous, elle décida de se rendre à la cuisine pour préparer un en-cas. La discussion reprit mais son mari ne fut pas dupe. Il la suivit alors dans la cuisine, la prenant dans ses bras :

-Courage Molly, nous le retrouverons !

-Je l'espère tellement Arthur. Il me manque.

-Il me manque également mais, s'il va bien, laissons-lui le temps qu'il a besoin et faisons-lui confiance.

-Oui…

Molly ne put continuer. Une forte agitation se fit entendre dans la pièce où l'Ordre était réuni. Ils rentrèrent dans la pièce pour y voir leurs amis et familles s'exclamer fortement. Pourtant ils perçurent une absence, Shacklebolt n'était plus à sa place. Il était parti. Ils se dirigèrent alors vers le professeur McGonagall :

-Minerva, que se passe-t-il ? Et où se trouve Kingsley ?

Le professeur de métamorphose se tourna vers eux :

-Il a été rappelé d'urgence au Ministère. Il y a eu un soulèvement d'une partie de la population sorcière qui demande à ce que les coupables soient embrassés par les Détraqueurs. D'après ce que j'ai compris, c'est grave. Il y a déjà eu plusieurs blessés.

-C'était à prévoir, intervint un membre. Ils n'allaient pas attendre indéfiniment alors que certains d'entres eux ont perdu des proches.

Ron Weasley se leva alors :

-Mais ils ne sont pas les seuls à souffrir de la perte d'un être cher. Ils ne comprennent donc pas que la situation est délicate !

Molly se rapprocha de son fils et le prit dans ses bras :

-Mon chéri, ils veulent des réponses mais également une justice pour pouvoir faire leurs deuils.

-Ils veulent toujours avoir tout, tout de suite, sans prendre en considération les éléments principaux…Harry doit toujours les accommoder…

La mère comprit instantanément que son fils s'inquiétait pour son meilleur ami. Cela devait être horrible pour Ron et Hermione de ne pas avoir de nouvelles de leur ami. Ils étaient inséparables et aujourd'hui leur compagnon se trouvait quelque part, dans un état de santé inquiétant.

-Tout va bien aller Ron. Faisons-lui confiance…

Ron hésita quelques instants avant de répondre mais, au souvenir des péripéties qu'il avait vécues avec Hermione et Harry, il se permit un sourire et de répondre un petit oui mais qui renfermait tout l'espoir qu'il avait en son meilleur ami.

Pendant ce temps-là, une ombre avait profité de l'agitation ambiante pour se faufiler. Elle rentra dans une pièce et disparut dans un pop. Il devait voir une personne et surtout l'inciter à rendre publiques certaines informations.


Kingsley Shacklebolt arriva rapidement au Ministère. Il avait été surpris mais également fier de sa nomination en tant que ministre de la magie et il s'était promis, ainsi qu'à tous ses camarades morts durant les guerres contre Voldemort, de mettre en place un ministère solide, loin de toutes corruptions, ayant pour leitmotiv la droiture, la justice et le bien. Mais, malheureusement, la tâche n'était pas facile.

La première chose qu'il avait due faire fut de s'entourer d'une équipe soudée mais également intègre. Ils avaient ensuite fait le grand ménage au sein du Ministère, aidé par l'arrestation des Mangemorts. Mais ils étaient encore loin d'avoir terminé.

Le plus dur fut de mettre en place une cour de justice équitable qui allait juger la plupart des acteurs principaux de cette horrible guerre et malheureusement elle semblait plus complexe que ce qu'elle laissait paraître. C'est pourquoi la présence et la version d'Harry Potter étaient extrêmement importantes mais il était également du même avis que Ron Weasley. L'enfant avait déjà souffert et devait, à l'heure actuelle, récupérer des blessures et des contrecoups des sorts qu'il avait jetés. Pourtant il espérait sincèrement que le jeune homme qui les avait tant aidés reviendrait.

Mais ce qu'il avait craint avant tout venait d'avoir lieu : une insurrection du peuple sorcier et c'est en arrivant sur les lieux qu'il se rendit compte de l'importance de cette dernière.

Les membres du Ministère tentait de maintenir la foule dans l'atrium et cela, avec beaucoup de difficultés. Plusieurs d'entres eux semblaient gravement blessés. Tous faisaient face à une foule compacte, en colère et complètement sourde aux injonctions des Aurors. Il devait se rendre à l'évidence, la population sorcière n'était pas prête à attendre la vérité ou en tout cas pas de la part d'un ministère autrefois corrompu.

Ce n'est que la figure d'Harry Potter, symbole de la Lumière mais également de la justice, de la droiture et de l'intégrité qui pourrait les calmer. De plus son action au ministère, peu de temps avant la Grande Bataille, pour récupérer un objet tout en sauvant une partie des sorciers Nés-moldus alors mis en accusation par Dolorès Ombrage, entre autre, lui avait valu de renforcer son image de Héros et Sauveur.

Shacklebolt n'eut d'autres choix que de se présenter à la foule et de faire un discours. Il tenta de calmer tout le monde mais cela ne fut pas possible. Ils étaient tellement enragés que les barrières qui les maintenaient semblaient bientôt se rompre laissant alors la place à une marée humaine qui n'aurait pas hésité à tuer tous ceux qu'elle trouverait sur son chemin, innocents ou non, adultes comme enfants. Et c'est ce qu'il craignait. Des enfants « Mangemorts » se trouvaient ici et d'autres innocents ainsi que ses employés, il ne pouvait donc se permettre de laisser une telle catastrophe avoir lieu.

Il donna alors une date. Dans une semaine, le procès reprendrait et un jugement serait annoncé et exécuté. Cette nouvelle calma aussitôt la foule qui se dispersa. Pourtant le Ministre ne semblait pas pour autant calmé. Il avait une semaine pour trouver une solution ou, surtout, pour retrouver Harry Potter et il avait peur. Peur de revoir des injustices commises par ce Ministère qu'il aurait tellement voulu ne jamais revoir.


L'ombre transplana directement dans le salon de sa maison et il y découvrit son épouse qui n'avait pas été à la réunion avec lui. Elle avait voulu rester avec leur patient. Elle fut d'ailleurs surprise de le voir :

-Bill ? Mais que fais-tu ici ? La réunion est-elle déjà terminée ?

Bill s'approcha d'elle :

-Non, la réunion a été interrompue par la sortie de Kingsley. Il a été rappelé au Ministère. Une partie de la population s'est insurgée.

-Mais pourquoi ?

-Ils veulent mettre la main sur les Mangemorts et les envoyer aux Détraqueurs !

Fleur fut estomaquée devant cette nouvelle. Les journaux avaient pourtant retranscrit toutes les informations requises au cours des interrogatoires :

-Mais ils savent que la plupart d'entre eux ne sont pas coupables ou du moins ils ont des circonstances atténuantes !

-J'ai bien l'impression qu'ils ne font plus confiance au Ministère, ce qui n'est pas étonnant. Je… Je suis venu voir Harry pour lui annoncer…

-Bill…

-Je sais, Fleur, que ce n'est pas encore le bon moment mais je vais au moins le prévenir. Ce sera à lui de choisir.

Bill monta alors les escaliers. Il ne savait pas vraiment ce qu'il devait faire. Il était partagé entre sa famille et le monde sorcier qui souhaitaient la présence d'Harry et des besoins de ce jeune homme qu'il considérait comme son frère. Il était coupé en deux. Pourtant il savait qu'il devait avertir Harry des derniers évènements. Ainsi il pourrait choisir. Il allait d'ailleurs faire livrer le journal tous les jours pour pouvoir suivre cette affaire de plus près. Il devait reprendre son travail pour les gobelins d'ici deux jours mais il ferait en sorte d'être présent.

Arrivé devant la porte, il frappa et attendit l'autorisation d'Harry d'entrer, qui la lui donna rapidement. Il entra alors dans la pièce et vit le jeune homme près de la fenêtre observant la mer. Il semblait tellement seul et désemparé que cela lui fendit le cœur. La vie avait été dure pour Harry et maintenant, les blessures paraissaient profondes.

Il profita de quelques instants pour l'observer plus attentivement. Il était un peu petit pour quelqu'un de son âge. Il était vrai que dans la famille Weasley, ils étaient tous grands et qu'à côté de Ron, Harry semblait petit. Il était également frêle. Les mauvais traitements des Dursley avaient définitivement porté leurs marques sur le corps de ce dernier. Pourtant une grande force se dégageait de lui. Il pouvait paraître faible mais il ne fallait pas oublier qu'il était l'un des plus puissants sorciers de sa génération et du monde sorcier actuel. Il avait tenu tête à de grands sorciers et réussit à vaincre deux mages noirs.

Sa peau était aussi pâle que celle des Malefoy et son maintien venait également de cette famille. Il avait un port altier mais là où la suffisance des Malefoy se faisait sentir, Harry n'émanait qu'une impression de puissance protectrice et sage. Un véritable aristocrate dans le sens noble du terme.

Il était également d'une grande beauté. Ses traits s'étaient affinés. On y reconnaissait la marque Malefoy mais également celle de Lily Potter et des Black. D'ailleurs, pour avoir vu à plusieurs reprises Sirius Black, on constatait un air de famille. Il avait gardé les cheveux couleur de jais des Potter mais leur côté indomptable avait été assagi et malgré quelques mèches rebelles, on pouvait les peigner. Cela lui donnait un effet saut du lit qui lui seyait parfaitement.

Ses yeux avaient gardé cette couleur si envoûtante des émeraudes. Il avait un regard hypnotique. Bill se doutait bien qu'avec un tel physique, il pourrait demander la lune que de nombreuses personnes tenteraient par tous les moyens de la lui décrocher. Il était vraiment beau. Et cela allait lui apporter également d'autres ennuis.

Il en avait discuté avec Fleur et ils se doutaient que non seulement changer de physique était déstabilisant, mais de voir disparaître des traits purement Potter pour voir apparaître des traits Malefoy devait avoir effrayé et perturbé Harry.

Bill toussa pour faire connaître sa présence au jeune homme qui se tourna vers lui :

-Bonjour Bill.

-Bonjour Harry. Tu vas bien aujourd'hui ?

Harry resta silencieux quelques instants avant de lui répondre :

-Oui.

Bill s'approcha du jeune homme et se mit à son niveau, voulant le regarder dans les yeux à son annonce. Harry vit le manège du grand frère de son meilleur ami et se fit plus attentif à ce dernier, se doutant de l'importance de sa venue.

-Harry, il s'est passé quelque chose aujourd'hui. Quelque chose de grave.

Harry garda le silence.

-Je reviens du Square Grimmaurd...

Harry eut un bref sursaut au nom de la maison de son parrain. Elle n'était peut-être pas accueillante ou propre comme celle des Dursley mais c'est à cet endroit qu'il y connut les meilleurs moments de sa vie avec Sirius. Il sortit de ses pensées et reporta toute son attention à Bill :

-Kingsley Shacklebolt avait demandé cette réunion pour nous donner des informations sur le procès mais également sur ta recherche.

Harry frissonna de peur. Est-ce que Bill l'avait dénoncé ? Ce dernier comprit et le rassura aussitôt :

-Ne t'inquiète pas. Je n'ai pas parlé du tout au cours de cette séance et encore moins de toi.

Bill observa le soulagement dans les yeux de son petit frère et comprit qu'il avait pris la bonne décision.

-Kingsley nous a rapporté tout ce qui avait été dit aux cours des interrogatoires. Toute la vérité sur Grindelwald et son plan machiavélique. Sa façon de se jouer des vies de nombreuses personnes, dont toi.

-Ils vont être libérés ?

Bill comprit de qui Harry parlait. Est-ce que Dumbledore, la famille Malefoy et Voldemort allait être libérés. De même que la plupart des Mangemorts.

-En fait, non.

La surprise put se lire dans les traits délicats du jeune homme.

-Les juges et les jurys semblent indécis quant à la décision qu'ils doivent prendre. Ils ne sont pas réellement capables de faire un choix, de laisser libre celui qui les a tant fait souffrir même s'il n'agissait pas de lui-même.

-Tu veux que j'aille témoigner, n'est-ce pas ?

Bill souffla :

-Oui et non. Je voulais te tenir au courant des évènements et te laisser choisir mais il y a eu un problème. Nous avons dû ajourner la réunion car Kingsley a été rappelé au Ministère. Une partie de la population s'est soulevée et demande le baiser du Détraqueur pour les prisonniers. Je n'ai pas eu d'autres nouvelles mais je voulais que tu saches ce qu'il se passe. J'attends que l'on me rappelle et je t'enverrai le journal pour que tu puisses suivre cette affaire…

Harry l'interrompit. Il prit la parole d'une voix froide, dénuée de tout sentiment :

-Tu me donnes le choix ! Pourtant je trouve que tu me mets sur le fait accompli. Soit je ne fais rien et des innocents meurent à nouveau, soit je me divulgue et je devrai affronter le monde sorcier, de nouveau seul.

-Harry…

-Laisse-moi s'il te plaît.


Cela faisait une semaine, une semaine en tant que Ministre des Sorciers, il faisait tout ce qu'il était possible de faire pour retarder la date fatidique du procès mais la pression sociale était telle qu'il avait dû fermer les portes du Ministère au public.

Dès le premier soir de l'insurrection, il alla voir les prisonniers et plus précisément ceux qui étaient en première ligne de mire dont Voldemort et de nombreux Mangemorts. Il alla également rendre visite à Dumbledore qui, après les interrogatoires, avait été mis sur la sellette. Grindelwald, lui, était enfermé dans la prison de haute sécurité et son sort semblait déjà scellé.

Lorsqu'ils apprirent que leur procès allait se dérouler d'ici une semaine et que la majorité de la population sorcière voulait les voir embrasser un Détraqueur, ils ne furent pas surpris mais attristés de se voir mourir si vite après avoir retrouver leur liberté.

Voldemort se doutait que cela allait arriver. Il avait détruit tellement de vies, qu'un simple jugement et une mise en liberté ou un emprisonnement lui semblaient impossibles. Et puis, comment pouvait-il lancer la pierre à ces familles endeuillées puisque lui-même n'arrivait pas à se pardonner des actes qu'il avait commis, peut-être pas volontairement mais il avait été la main qui avait tenu la baguette qui avait tué tant de personnes.

Kingsley Shacklebolt sortit du Ministère. Le procès avait lieu demain. Il avait relu les différents dossiers espérant convaincre un jury et surtout la population sorcière. Mais ce dont il avait besoin actuellement était du repos. Il transplana près de chez lui et commença à se diriger vers sa maison quant il sentit une présence près de lui. Il ne put faire aucun geste qu'un sort de stupefix le percuta. Il vit une ombre se pencher vers lui et l'emmener dans un lieu qu'il reconnut. Il fut d'ailleurs surpris de s'y retrouver, surtout par ce moyen. Il fut installé dans un des fauteuils du salon. Il était toujours stupéfixé. Il commençait à s'interroger sur la raison de sa présence ici quand une personne rentra dans la pièce. Il entendit un bruit puis des mouvements. Il ne pouvait toujours pas identifier la personne qu'au moment où elle s'installa sur le fauteuil en face de lui et il la reconnut.

-Bonsoir Kingsley.

Les choses allaient pouvoir avancer !


Amélia Bones était complètement paniquée. Dans dix minutes devait s'ouvrir le procès du siècle avec une foule surexcitée, un jury sous tension et un ministre disparu. Elle devait garder son calme. Ce n'est que lorsqu'un commis vint la chercher pour faire débuter le procès qu'elle pria de tout son cœur pour que rien de fâcheux n'arrive. Elle devait absolument tenter de faire entendre raison à une population sorcière déchaînée du bien-fondé de leur intervention sur les "coupables". Elle craignait par-dessus tout un soulèvement de la population, des blessés parmi les civils et des exécutions sommaires en plein atrium du Ministère. Elle ne voyait ni ne désirait que l'après-guerre soit fondée sur ce genre d'horreur. Cela ne vaudrait rien de bon.

Lucius Malefoy vit les Aurors venir le chercher pour l'emmener au procès. Il devait s'avouer qu'il était effrayé. Il allait peut-être mourir aujourd'hui. Mais ce qui l'effrayait le plus était de se voir accompagner par son fils. Il souhaitait ardemment qu'en cas de mise à mort des prisonniers, les plus jeunes, dont certains étaient à peine majeurs, soient innocentés ou tout du moins privés de peines lourdes. Pourtant il avait l'occasion de revoir sa famille, sa femme et son cadet. Il aurait simplement espéré pouvoir connaître son aîné avant de mourir mais les atrocités qu'il avait commises, même involontairement, allaient lui être imputées.

Tom Jedusor alias Voldemort se retrouvait sur le banc des accusés à la place d'honneur, en présence de Grindelwald et de Dumbledore. Il devait avouer qu'il se retenait de ne pas tout simplement effacer à jamais l'existence de ce parasite qui avait ruiné sa vie. Ce n'est que la présence de son ancien mentor et la perspective d'obtenir la liberté grâce à la présence de ce fou qui le calmait.

Il avait remarqué l'absence inattendue du ministre, ce qui n'arrangeait en rien la situation. Cela faisait maintenant trois heures que le procès avait débuté et pour l'instant, il comprit parfaitement que la directrice des affaires judiciaires tentait de gagner du temps. Amélia Bones n'avait qu'annoncé les différents chefs d'accusation mais également les comptes rendus de tous les interrogatoires.

Il put profiter de ce laps de temps pour observer attentivement la salle. Il percevait parfaitement la menace de la foule mais également la résignation des hommes et des femmes qui l'avaient suivi dans cette folie. Il vit le patriarche de la famille Malefoy soutenant son fils et observant sa femme qui ne les quittait pas des yeux. Bien que pour des personnes extérieures, les Malefoy gardaient toutes leur prestance, il remarquait aisément la peur dans leurs yeux.

De plus l'absence d'Harry Potter devait les inquiéter. Non pas pour son aide mais la crainte de le savoir seul, blessé et peut-être pire. Il avait su que les recherches effectuées avaient été infructueuses. S'il devait mourir, il ne le voulait pas dans le doute et la peur. Il voulait savoir où se trouvait celui qu'il désirait tant chérir. Il ne serait que rassurer en le sachant en sécurité et en bonne santé. Le reste n'était que secondaire.

Soudain la foule s'agita. Elle avait atteint ses limites de patience et à tout moment, les choses pouvaient déraper. Amélia Bones semblait appréhender la situation.

Mais avant que qui que ce soit ne put dire un mot, les portes du tribunal s'ouvrirent bruyamment. Tous virent le ministre avancer face aux juges et jury. Il alla directement voir le juge Bones et lui parla. Son arrivée théâtrale avait fait son effet. Les gens s'étaient calmés pour un temps mais des chuchotements de plus en plus bruyants parcouraient la salle.

Le juge Bones demanda alors le silence et annonça à tous la prise en compte de nouvelles données. Un homme dans la salle se leva, réfutant cette annonce. Ce fut à ce moment là que Kingsley Shacklebolt prit alors la parole, dévoilant à tous ce qu'ils avaient attendu fortement :

- Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, j'ai en ma possession un témoignage auquel vous accorderez tous, j'en suis sûr, la plus grande attention et dont vous ne mettrez jamais en doute la véracité.

Le silence s'appesantit dans la salle et certaines personnes espérèrent :

-Je détiens le témoignage d'Harry James Potter !