Auteur: Claire1663
Bêta : Vinnie
Disclaimer: Tous les personnages ainsi que l'histoire originale appartiennent à JK Rowling.
Titre : Manipulations.
Résumé: Harry va à la rencontre de Voldemort dans la Forêt Interdite lors de la Grande Bataille mais lorsque le sort de la mort le frappe, la vérité éclate.
Aide à la lecture : UA. Personnages OOC. Amélia Bones est vivante ainsi que Dumbledore. Tom Jedusor a ouvert la Chambre des Secrets, non en 1943 mais en 1945 (sa dernière année à Poudlard), la même année où Dumbledore réussit à vaincre Grindelwald. Adriana Dumbledore décède en 1945 au moment du duel entre Albus Dumbledore et Gellert Grindelwald.
Voldemort a pris le pouvoir au Ministère mais Poudlard reste le dernier endroit libre du monde sorcier. Harry est bien parti à la chasse au Horcruxes au cours de l'année et revient à Poudlard pour retrouver le diadème.
Comme pour les livres, Voldemort comprend que ses ennemis connaissent l'existence des Horcruxes et tentent de les détruire. Il décide donc de se confronter à la dernière poche de résistance, Poudlard, ainsi qu'à Dumbledore et Harry Potter.
L'histoire débute au moment où Harry rejoint Voldemort dans la Forêt interdite. La scène dans laquelle il plonge dans la Pensine dans le bureau de Dumbledore n'a pas eu lieu.
Note de l'auteur : Merci pour vos reviews, followers et favoris. Merci encore pour vos encouragements.
Bonne lecture.
Chapitre 9 Le procès partie 2
Bill venait de sortir de la chambre, laissant Harry seul face à ses questions. Il ne lui en voulait pas vraiment de le dissuader à intervenir dans le procès. Au contraire, il était surpris de son acharnement alors que les bénéficiaires de son action seraient les anciens ennemis de l'Ordre avec Voldemort mais plus spécifiquement de la famille Weasley, avec les Malefoy. De plus, Fred avait été tué au cours de la Grande Bataille, pendant qu'il combattait ces derniers. La famille Weasley avait-elle réellement tourné la page ?
C'était peut-être la preuve qu'il lui fallait pour voir que les choses avaient changé mais surtout que lui serait accepté tel qu'il est par ceux qu'il avait toujours considéré comme sa famille. Pourtant le choix se faisait difficile. Il ne voulait revoir personne. Il ne se sentait pas prêt. Et puis, la simple idée de voir la famille Malefoy le rendait extrêmement nerveux. Être considéré comme un fils par ceux qui avaient tenté tant de fois de lui nuire lui semblait infaisable.
En tout cas, pas pour le moment. Tout ce qu'il voulait à présent, c'était du temps. Le temps de pleurer seul, de tenter de guérir ses blessures autant physiques que mentales et surtout de le laisser choisir sa vie.
La semaine passa ainsi. Il ne parla pas ou à peine. Fleur lui tenait compagnie le plus souvent possible et Bill lui faisait parvenir les journaux chaque jour pour qu'il puisse se tenir au courant des évènements mais il ne faisait aucun choix.
Pourtant les nouvelles n'étaient pas encourageantes. Loin de là. Chaque jour, il pouvait lire les infamies que les journalistes transcrivaient de certains sorciers en colère. Il est vrai que certaines critiques étaient justifiées mais la plupart ne faisaient que correspondre à une haine de la part de sorciers qui avaient été victimes ou, comme cela a été souvent le cas, de personnes lambda qui s'immisçaient dans la vie d'autres sorciers en imposant leurs points de vue sans essayer de comprendre. Il avait vécu cela toute sa vie de sorcier avec Rita Skeeter en première ligne pour y rédiger des ragots que tous suivaient sans réfléchir.
Mais à chaque journée, à chaque journal, la pression se faisait ressentir. Il savait que si des éléments extérieurs irréfutables, et en faveur des accusés, ne seraient pas mis à jour, il se pourrait bien que nombre de Mangemorts, voire la totalité, serait exécuté. Et même s'il ne consentait pas à pardonner à Voldemort pour l'avoir traqué toute sa vie, à la famille Malefoy de lui avoir pourri son existence ou encore à Bellatrix d'avoir tué son parrain, il ne cautionnerait jamais, directement ou indirectement, le meurtre d'innocents.
C'est pourquoi, lorsque Bill lui avait fait sa demande, il avait su, avant même que ce dernier ne quitte la chambre, qu'il interviendrait mais pas à n'importe quel prix. Et s'il devait donner des preuves et son témoignage, il le ferait de façon à n'être en contact qu'avec un nombre limité de personnes, et si possible qu'une seule.
Ce n'est que la veille du procès, au moment où Bill lui rendait visite, qu'il lui fit part de sa décision :
-Alors tu as décidé de revenir…
-Non !
La dureté et l'assurance de la voix surprirent l'aîné des enfants Weasley. Harry semblait sûr de lui pourtant il était d'accord pour participer au procès :
-J'ai du mal à comprendre. Harry ?
-C'est très simple. Je ne veux pas que des innocents meurent surtout si j'ai les moyens de l'empêcher mais je ne veux voir personne.
-Mais c'est impossible. Il faut ton témoignage direct pour que le jury et surtout la population le croient. Il te faudrait au moins un contact…
-Je crois que tu as compris. Je veux déposer mon témoignage à une personne de confiance, de notre entourage, mais qui soit également directement impliquée dans le procès et dont la parole est entendue et si possible respectée.
Bill fixa attentivement son frère de cœur. Il n'y avait qu'une seule personne qui correspondait à tous ces critères :
-Kingsley Shacklebolt, murmura Bill. Mais c'est demain le procès. Il faut absolument le voir aujourd'hui.
-Oui et j'espérais que tu puisses m'aider…Est-ce qu'il te serait possible de le faire venir ici ?
-Avec ce qui se passe en ce moment, il refusera de venir. Il aura d'autres choses à penser. Il faudrait l'enlever pour être sûr qu'il vienne en temps et en heure…
Bill vit alors le regard quelque peu Serpentard d'Harry, comprenant que les traits physiques Malefoyens n'avaient pas été les seuls héritages que portait le jeune homme.
-Attends une minute, tu n'insinuerais pas que je doive l'enlever ?
-Eh bien, c'est la seule solution…
Bill se releva d'un coup, secouant la tête :
-Non, non, non, je refuse !
-Tu laisserais des innocents se faire envoyer en prison ou pire, se faire embrasser par les Détraqueurs, pour une simple invitation « forcée » ?
-« Forcée » ? Tu joues sur les mots Harry et puis c'est du chantage…
-C'est pourtant bien ce que tu m'as fait ?
Bill commença à rougir d'embarras devant le regard faussement triste de son plus si frère de cœur que cela :
-Ce n'est pas la même chose...Je…
Bill vit le visage d'Harry s'assombrir. Il s'était fait prendre à son propre piège. Au moins il le faisait pour la bonne cause :
-D'accord, j'y vais.
Et Bill prit sa veste, sortit de la chambre, embrassa Fleur et transplana sans explication, laissant une femme complètement perdue face aux agissements de son mari. Elle alla alors dans la chambre de leur invité :
-Harry ? Qu'est-ce qui se passe avec Bill ? Et où est-il allé ?
Harry lui sourit. Un sourire doux dont les yeux vibraient d'une lueur longtemps disparue, accentuant sa beauté, et répondit :
-Je l'ai pris à son propre piège et maintenant il en subit les conséquences.
Devant le regard quelque peu rieur du jeune homme, Fleur ne s'inquiéta pas. Au contraire elle sourit de la mésaventure de son mari mais également de la reprise de vie de son ami.
Bill était dehors depuis deux heures et n'hésitait pas à souffler des noms d'oiseaux à l'encontre de celui qu'il considérait, jadis, comme un frère. Il attendait que Shacklebolt rentre chez lui afin de « l'inviter » mais ce dernier ne donnait toujours pas de signe de vie. Il s'y attendait, la veille d'un tel procès, le ministre avait sûrement de nombreuses affaires à régler mais il espérait sincèrement qu'il décide de revenir chez lui et de ne pas rester au ministère.
Il attendit encore une heure avant de voir arriver une ombre qu'il identifia comme l'ancien Auror. Il se fit le plus discret possible et il réussit à le stupéfixer sans aucun problème. Il l'emmena ensuite chez lui. Shacklebolt ne semblait pas effrayé mais surtout intrigué. Il le déposa dans le salon et alla chercher Harry.
Ce dernier souffla un bon coup. Il était temps de revenir à la vie mais il avait décidé d'y imposer ses règles et Kingsley n'avait pas le droit de les lui refuser ! Il avait fait tout ce qu'on attendait de lui, il n'avait plus de comptes à rendre à personne !
Il rentra dans le salon et s'assit face à l'ancien membre de l'Ordre qui le fixait avec ce qu'il pouvait identifier comme de la surprise, du soulagement et une lueur déterminée dans le regard. Il comprit tout de suite que Kingsley l'avait reconnu malgré ses changements physiques. Il n'avait pas été un des meilleurs Aurors pour rien. Il décida de prendre la parole :
-Bonsoir Kingsley.
Harry vit Bill et Fleur s'assoir près d'eux, tout en leur laissant une intimité. Cette présence le rassura. Ces deux sauveurs le soutenaient et, d'après la lueur qu'on pouvait lire dans leurs yeux, ils agiraient pour lui quoi qu'il arrive. Il se tourna, de nouveau, vers son « invité » :
-Je suis désolé d'avoir dû employer cette méthode pour vous faire venir mais il était important que vous veniez et je voulais garder la plus grande discrétion…Puis-je vous faire confiance ?
Kingsley regarda curieusement Harry, demandant ainsi en quoi il ne méritait pas sa confiance. Harry comprit sa question et précisa :
-Puis-je vous retirer ce sort et vous faire confiance pour me laisser parler et de ne pas m'emmener de force au ministère ?
Kingsley comprit alors toutes les paroles de Ron Weasley. Harry était véritablement effrayé de côtoyer de nouveau la population sorcière mais également ses proches et d'autres membres certainement. Il put y lire l'angoisse et saisit les raisons du silence de l'aîné des Weasley. Harry n'était pas bien. Et ce dont il avait besoin, c'était du temps. Le temps de panser ses blessures et d'assimiler tout ce qu'il s'était passé.
Il réalisa alors le sacrifice d'Harry pour l'avoir emmené ici pour lui parler, certainement dans le but de sauver ceux qui avaient fait de sa vie un enfer. Il reconnaissait bien en lui le fils de James Potter mais surtout celui de Lily Evans Potter.
Il cligna des yeux, lui donnant sa parole qu'il ne tenterait rien. Il voulait des informations, aider à reconstruire un monde sorcier meilleur mais jamais il ne mettrait la vie et la santé d'Harry en jeu.
Ce dernier comprit que Kingsley avait accepté ses conditions. Il lança un regard à Bill qui défit le sort qui entravait l'ancien Auror. Celui-ci, de nouveau libre de ses mouvements, se leva de son fauteuil et se dirigea vers Harry. Il se raidit à l'approche du membre de l'Ordre mais rien de ce qu'il avait envisagé ne se passa. Kingsley s'était arrêté, l'avait fixé puis l'avait prit tendrement dans ses bras :
-Je suis tellement soulagé de te voir vivant. On s'est tous inquiétés.
Harry ne bougea pas quelques instants avant de rendre l'étreinte :
-Vous ne m'en voulez pas ?
Kingsley fut surpris de cette réponse :
-T'en vouloir mais pourquoi donc ?
-Je ne suis pas revenu.
-Le seul reproche que j'ai à te faire c'est de ne pas nous avoir donné de nouvelles sur ta santé. On s'est tous demandé si tu allais bien mais on a compris pourquoi. Pourquoi tu n'étais pas revenu vers nous, pourquoi tu ne voulais pas revenir dans le monde sorcier et c'est la raison pour laquelle je te remercie sincèrement d'être là ce soir.
-Je devais le faire.
-Je m'en doutais, Harry. Tu n'as jamais laissé qui que ce soit en danger si tu pouvais l'en empêcher.
Harry sourit. Il était vraiment prévisible pour ses proches. Ses proches ? Comment allaient réagir Ron, Hermione et la famille Weasley ? Kingsley dût comprendre son raisonnement car il le rassura :
-Ne t'inquiète pas pour Miss Granger et Monsieur Weasley. Ils te soutiennent même si je pense que tu n'échapperas pas à une gifle suivie d'un câlin tentaculaire.
-Et Mme Weasley ? Je sais que Bill tente de me cacher l'état de sa mère mais…
-Elle veut simplement ton bonheur. Elle s'inquiète parce qu'elle ne sait pas dans quel état tu es mais tu devras également passer par le câlin.
Tous deux se sourirent lorsque Kingsley se tourna vers le couple. Il les observa attentivement avant de prendre la parole :
-Je comprends pourquoi vous avez agi ainsi. Cela n'a pas dû être facile de le cacher ici et de voir votre mère si préoccupée.
Harry se mit à rougir d'embarras et baissa la tête de honte mais Bill se leva, lui prit son visage entre ses mains pour le lui soulever, le fixant :
-Elle comprendra et je peux même dire qu'elle sera fière de voir un de ses fils de sang s'occuper aussi bien de son fils honoraire.
Harry lui sourit, d'un sourire éblouissant. Bill le prit alors dans ses bras pour le câliner avant de s'exclamer sous le regard rieur de Fleur et de Kingsley, et d'embarras d'Harry :
-Tu es trop choupinou !
Après ces quelques instants de retrouvailles et de rires, le ton sérieux reprit. Tous se réinstallèrent dans leurs sièges respectifs.
-Harry, dit alors Kingsley, j'aurai besoin de ton aide pour le procès. Il me faut ton témoignage pour corroborer la version des faits que nous avons conclue après les interrogatoires.
-Je vous ai fait venir pour cela. Je veux bien témoigner mais à une condition.
-Et je suppose que cette condition a un lien avec le fait que tu m'aies invité ici ?
Harry sourit devant cette réplique avant de reprendre un air sérieux :
-Je ne veux pas les voir. En fait, je ne voudrais voir personne mais je sais bien que ce n'est pas possible. Je veux vous offrir mon aide mais pas devant tout le monde et encore moins devant les accusés.
Kingsley hocha la tête, saisissant parfaitement la demande du jeune homme.
-Cela ne va pas être facile.
-J'ai une idée.
Toutes les têtes se tournèrent vers Fleur qui venait de prendre la parole.
-Je détiens le témoignage d'Harry James Potter.
Voila, il l'avait annoncé et il put observer avec intérêt les réactions de ceux qui étaient présents dans le tribunal. Il vit une lueur de soulagement dans les yeux de chaque personne. Soit par joie de revoir leur symbole vivant, soit par l'envie de connaître enfin la vérité ou soit par amitié et amour pour l'être humain qu'était Harry.
Les membres de l'Ordre se souriaient, Harry était vivant. Du côté des Weasley, Hermione et Ron avaient retrouvé un sourire reflétant tout leur apaisement à savoir leur ami en vie et en sécurité. Les parents Weasley montraient enfin des signes de joie évidents.
D'autres réactions s'observèrent du côté du banc des accusés. Dumbledore, dans un premier temps, arborait un sourire rempli de soulagement et de joie. Mais c'est l'attitude des Malefoy qui en surprit plus d'un. Tout le monde put voir des larmes sur leurs visages. Narcissa Malefoy n'avait pas hésité à retrouver son mari et son fils, passant outre les Aurors qui les séparaient.
Voldemort ou Tom Jedusor réagit également à l'annonce du ministre. En premier lieu, rien ne transparaissait sur son visage mais pour ceux qui le connaissaient bien, on put y voir une lueur dans les yeux qui ne pouvait tromper personne. La peine et l'inquiétude de l'ancien Seigneur des Ténèbres s'étaient apaisées. D'ailleurs, il ne put s'empêcher de se prendre la tête entre ses mains et tentait vainement de ne pas laisser s'échapper les quelques larmes de soulagement de ses yeux. Ce fut la main réconfortante de son ancien mentor qui lui permit de reprendre ses esprits pour pouvoir analyser au mieux la situation car s'il avait la preuve qu'Harry allait bien, il n'était pas, pour autant, présent.
Kingsley Shacklebolt prit alors la parole, coupant court aux nombreuses questions qu'il se posait :
-Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, sachez que Monsieur Potter atteste sur son honneur de la véracité des conclusions de l'enquête. J'ai en ma possession de nombreuses preuves mais je dois, dans un premier temps, les présenter aux juges et au jury. C'est pourquoi je demande un ajournement du procès à demain, même heure.
Kingsley s'arrêta quelques instants, profitant de ce silence pour permettre aux personnes présentes d'assimiler ses propos. L'approbation d'Harry secouait énormément les sorciers qui devaient ainsi comprendre que tout ce qui avait été fait aux cours de ces dernières décennies avait été prédéterminé par un seul homme et que ce dernier s'était joué d'eux durant tout ce temps.
-Le vœu de Monsieur Potter est de ne plus revoir d'autres injustices. Tellement d'évènements auraient pu être évités. C'est pourquoi il vient témoigner en faveur des Mangemorts et de Tom Jedusor alors que ces derniers, involontairement, ont fait de sa vie un enfer. Une pourchasse continuelle qu'il a subie en gardant la tête haute, adoptant à tout moment une attitude intègre et honnête. C'est pour cela que vous l'avez choisi, au fond de votre cœur, comme l'Elu, le Sauveur et c'est pour cela qu'il est venu à moi pour faire part de son jugement. Le seul coupable ici se trouve être Grindelwald. Je vous demande donc d'accepter les évènements tels qu'ils sont.
Sur ces paroles, le ministre rejoignit les juges et le jury qui partirent dans une salle annexe du tribunal. Seule Mme Bones resta quelques instants supplémentaires afin de déclarer l'ajournement du procès. Elle partit ensuite retrouver ses collègues. En rentrant dans la pièce, elle nota le silence de tous et se rapprocha du milieu de la pièce où tous s'étaient réunis et c'est là qu'elle le vit :
-Harry Potter, souffla-t-elle.
Lorsque Mme Bones quitta la salle, un grand brouhaha se produisit dans la salle du tribunal. Tous avaient entendu le discours du ministre mais surtout ils avaient entendu l'avertissement d'Harry Potter. Les journalistes semblaient fébriles et plusieurs d'entre eux avaient soit transplanés pour pouvoir publier au plus vite, soit tentaient de retrouver le ministre pour plus d'informations. Les citadins étaient, pour la plupart, restés dans le tribunal discutant des propos qui venaient d'être dits. Les prisonniers avaient été ramenés dans leurs cellules pour plus de sécurité.
La famille Weasley s'était regroupée avec les membres de l'Ordre et avait décidé de transplaner directement au Square Grimmaurd. Ils se doutaient que Shacklebolt devait préparer le procès du lendemain mais ils lui avaient laissé un message, le prévenant de leur présence au Square et de leur volonté à connaître toute l'histoire.
Molly Weasley, ainsi que les deux meilleurs amis d'Harry, semblaient soulagés de savoir leur ami vivant et même s'il n'avait pas pris contact avec eux, il avait pu se confier à Shacklebolt. Ils pouvaient faire confiance à ce dernier pour qu'Harry ne soit plus seul et surtout, qu'il ne soit plus en danger. Bien sûr, ils n'allaient pas hésiter à cuisiner Kingsley pour avoir un maximum d'informations mais ils allaient respecter les volontés d'Harry et si celui-ci voulait être seul pour l'instant, alors ils le laisseraient ainsi tout en lui prouvant qu'il pouvait compter sur eux à n'importe quel moment. Ils rentrèrent dans cet état d'esprit, soulagés et décidés.
Avant que les gardes n'emmènent Lucius Malefoy dans sa cellule, ce dernier put rester quelques instants avec sa femme et son fils et ils en avaient besoin. Leur fils aîné, le grand frère de Drago, Altair ou Harry Potter, était en vie. Ils en avaient la preuve et tout comme les Weasley, ils savaient qu'ils pouvaient faire confiance au ministre pour s'assurer de la sécurité de celui qui leur manquait tant.
Lucius pouvait entendre sa femme répéter la même phrase :
-Il est vivant. Par Merlin, il est vivant.
Il était tout aussi ému que sa femme et il ne put s'empêcher de la prendre dans ses bras, qu'importe s'il se trouvait dans un lieu public.
-Notre fils est vivant Narcissa. Vivant !
Lucius vit du coin de l'œil son autre fils qu'il aimait tout autant. Il pouvait facilement déceler la gêne dans ce regard à qui il avait appris la froideur et le dédain et dont il avait laissé la place, aujourd'hui, à l'inquiétude.
-Que se passe-t-il Drago ?
Cette phrase eut le mérite de ramener l'attention de Drago mais également de sa femme qui regardait, à présent, son deuxième enfant, avec inquiétude.
-Drago ?
-Rien. Ne vous inquiétez pas…
-Drago, coupa Lucius, ne nous cache rien. Quelque chose te préoccupe. Dis-le-nous…
Lucius prit quelques instants pour observer son fils et comprit alors ce qui le tourmentait :
-C'est Altair, n'est-ce pas ?
Narcissa regarda fixement les deux hommes de sa vie et reprit la parole vers son fils :
-Qu'y a-t-il Drago ? Tu…tu regrettes ?
-Non, jamais ! Je ne regrette pas un seul instant de savoir enfin pour Altair mais…il est également Harry Potter.
-Et c'est cela qui te gêne ? Je sais que tu n'apprécies pas Harry Potter mais les circonstances étaient différentes et…
-Non. Je suis tout à fait lucide vis-à-vis de mes sentiments pour Harry Potter. Je ne l'ai jamais réellement détesté. Jalousé, oui et peut-être déçu de voir qu'il ne voulait pas être mon ami mais c'est plutôt lui qui doit avoir des difficultés envers nous. Il n'est pas présent aujourd'hui et c'est peut-être de notre faute.
Lucius et Narcissa se regardèrent quelques instants avant de fixer leur fils. Ce dernier émettait une peur qui était bien présente dans leurs esprits : que leur fils ne veuille jamais les voir et encore moins prendre contact avec eux mais ils gardaient l'espoir et ce premier pas, indirect certes, de la part d'Harry leur redonnait la foi pour un futur tous ensemble.
-Drago, dit alors Lucius, nous n'allons pas te mentir. Il va être difficile de nous faire accepter par Harry. Il a beaucoup souffert et malheureusement nous avons participé à ses souffrances. Mais s'il y a une chose sur laquelle nous sommes d'accord est que nous ne baisserons jamais les bras. Nous allons tout faire pour prouver à Harry que nous l'acceptons tel qu'il est et que ce n'est pas un simple nom ou je ne sais quoi qui nous en empêchera. Nous sommes des Malefoy et nous ne laisserons jamais l'un des nôtres, seul, face à l'adversité !
Lucius reprit son souffle mais ne quitta pas du regard son plus jeune fils :
-Nous étions sous l'effet d'un sort. Il est vrai que ce n'est pas une excuse pour tout le mal que nous avons fait mais je crois, au plus profond de notre cœur, que nous n'aurions jamais agi de cette façon envers Harry.
-Mais qu'est-ce qui le prouve ? interrogea Drago.
-C'est toi qui me le prouves.
Drago fixa son père, ne comprenant pas ce qu'il essayait de lui dire :
-Tu l'as dit toi-même. Tu as été déçu de le voir refuser ton amitié. Cela prouve, qu'au plus profond de toi, tu voulais le connaître et surtout être proche de lui. Et c'est ce qui nous donne la foi.
Les Aurors arrivèrent à ce moment pour emmener Lucius. Ce dernier prit alors une dernière fois sa femme et son fils dans ses bras et s'en alla non sans leur avoir fait la promesse de se battre pour retrouver l'autre membre de leur famille : Harry Potter.
Dumbledore fixait son ancien protégé, Tom Jedusor. Ce dernier semblait perturbé. Ils étaient tous soulagés de savoir qu'Harry se portait bien et que Kingsley Shacklebolt avait un contact avec lui mais son absence aujourd'hui pouvait prouver deux choses : soit son état de santé était assez grave pour qu'il ne puisse venir, soit il ne voulait pas venir. Et ces deux solutions n'étaient pas rassurantes. Pourtant il faisait confiance au jeune monsieur Potter. Il avait eu la chance de le connaître et ce dernier était un être rare, d'une bonté extrême. Un être qu'il fallait à Tom. D'ailleurs ces deux protégés allaient très bien ensemble et il était heureux pour eux mais il y aurait un long chemin à parcourir avant qu'ils ne se lient.
Tom Jedusor partageait les mêmes sentiments que son tuteur mais son besoin d'être près du jeune homme qui lui était destiné commençait à devenir insoutenable. Il voulait le voir et s'assurer de ses propres yeux qu'il allait bien. Pourtant une chose le soulageait dans cette affaire, sa future liberté. Il devait avouer que même s'il était prêt à subir une sentence, il désirait par-dessus tout être libre. Cela faisait cinquante ans qu'on l'avait privé de sa liberté, de son libre arbitre et aujourd'hui il n'aspirait à rien d'autre qu'à la liberté et à son compagnon.
Il profiterait de cette nouvelle vie pour fonder ce qu'il avait toujours désiré : un établissement pour orphelins sorciers où les enfants ne subiraient plus jamais les mêmes sévices que lui. Il voulait également voyager, découvrir le monde d'un œil neuf mais surtout accompagner celui qui partagerait sa vie et puis il voulait le séduire. Tenter de l'amadouer, de se découvrir…
Ces pensées le firent rougir et Dumbledore, qui le fixait, ne put s'empêcher d'émettre un petit rire sous le regard noir de son protégé. Les Aurors vinrent alors les chercher. Il se tourna alors vers les Mangemorts présents dans la salle. Tous semblaient fatigués mais également soulagés. Et il put lire dans leurs yeux une étincelle de respect et de gratitude envers l'Elu du monde sorcier.
-Harry Potter, souffla Mme Bones.
-Bonjour Madame Bones, vous m'avez reconnu ?
-Bien entendu, même si votre corps a changé et que l'on reconnaît les traits des Malefoy, vous avez gardé ceux des Potter. Et puis, votre cicatrice est toujours présente.
Harry porta sa main sur son front touchant la cicatrice que lui avait infligée Voldemort. Elle serait toujours un moyen de reconnaissance dans le monde sorcier mais savoir que malgré ces transformations physiques on pouvait toujours le reconnaître comme un Potter lui faisait extrêmement plaisir. Mais il était ici pour une raison bien précise et il devait l'accomplir ainsi il serait libre par la suite :
-Je m'excuse des désagréments qu'a provoqué ma disparition mais je suis venu à vous pour vous faire part de mon témoignage et, en tant que lié sous serment, la population sorcière vous croira même si je ne suis pas présent.
Un des juges interrompit le jeune homme :
-Que voulez-vous dire par "je ne suis pas présent"? Vous ne voulez pas témoigner au Tribunal.
-Non !
La réponse était limpide et n'admettait aucune discussion. Et ce sentiment fut renforcé par les propos de l'Elu :
-C'est d'ailleurs l'une des principales requêtes que je vous transmets. Je ne veux pas intervenir publiquement. En fait aujourd'hui sera le seul moment où vous me verrez et pourrez me poser les différentes questions qui aideront pour le procès. De plus, je veux votre promesse et, par cela, j'entends un serment inviolable, que vous ne divulguerez pas la présence ici de Fleur Delacour Weasley et donc de Bill Weasley.
Cette dernière était postée derrière Harry et le soutenait par une main sur son épaule. Bill était resté avec sa famille pour donner le change mais tous avaient pu comprendre son degré d'implication.
C'est Fleur qui avait eu l'idée de cette rencontre secrète. Elle savait, par son affiliation avec Gringotts avec laquelle elle avait gardé contact, que les juges et le jury du procès se trouvaient sous un serment de vérité afin qu'ils puissent corroborer certains témoignages de personnes ne voulant pas, comme Harry, paraître en public. Ils avaient donc préparé cette entrevue avec l'aide de Kingsley.
Les juges et le jury ne prirent que peu de temps pour accepter les termes du marché. Autant par respect pour le jeune homme en face d'eux que par intérêt pour l'avancement du procès.
Lorsque le Serment Inviolable fut prononcé, chacun prit place et écouta attentivement le témoignage d'Harry Potter, alias Altair Malefoy, qui raconta alors toute son histoire. Son auditoire resta silencieux tout au long de son récit, ne l'interrompant que pour des questions de détails. Mais ce qu'ils purent en conclure fut la force de caractère de l'être en face d'eux mais également de son impartialité.
Il leur avait fait part de son point de vue sur les Mangemorts, dont les Malefoy, et Voldemort et ce dernier n'avait pas hésité à prendre partie pour eux, les désignant comme des victimes même si à la base ils voulaient créer une sorte de partie politique avec des idées bien arrêtées sur certains sujets, jamais ils n'avaient voulu engendrer pas une, mais deux guerres, et mettre fin à la vie de milliers de personnes.
Cet enfant avait subi des horreurs de la part des Mangemorts et de Voldemort mais il ne les accusait pas. Pour lui, le seul coupable était Grindelwald qui était un réel danger pour la société.
Afin d'éviter une nouvelle manigance de la part de Grindelwald, ce dernier et Dumbledore furent appelés dans la salle où se trouvait Harry afin que ce dernier puisse déterminer la réelle identité des deux hommes. Harry n'eut aucun mal à reconnaître le véritable Dumbledore qui se trouvait bien dans son propre corps. Grindelwald fut alors raccompagné dans sa cellule alors que les juges et le jury laissèrent quelques minutes d'intimité à Dumbledore et Harry :
-Harry, je suis tellement soulagé de te savoir en vie. Je me suis inquiété lorsque nous n'avions pas retrouvé ton corps à Poudlard.
-Je suis désolé, professeur, mais je ne pouvais pas rester.
Le professeur Dumbledore pressa affectueusement l'épaule du jeune homme et lui répondit simplement :
-Je comprends Harry.
Ils discutèrent encore quelques instants avant que les gardes ne ramènent le vieil homme, non sans lui avoir fait promettre de garder le silence sur la présence de Fleur.
La séance dura un long moment et ce n'est qu'à la lueur du lendemain que chacun put rentrer chez soi, se reposant quelques instants avant de reprendre le procès non sans avoir remercié celui qu'ils considéraient comme un héros, au grand désappointement de ce dernier. Il rentra également à la Maison aux Coquillages avec Fleur et décida de se reposer, la justice était entre les mains de personnes intègres qui avaient toutes les cartes en main pour appliquer une justice légitime.
Cela faisait maintenant deux semaines que le procès avait eu lieu et que le verdict était tombé. Grindelwald avait été embrassé par un Détraqueur afin qu'il ne puisse plus jamais recommencer un de ses crimes odieux. Par contre, les Mangemorts et Voldemort furent libérés mais mis sous tutelle. La durée de cette dernière allait d'1 à 5 ans. Le tuteur ou la tutrice serait une personne de confiance mise sous Serment par le Tribunal afin d'éviter tout problème.
Chacun d'entre eux avait également des travaux d'intérêt général qui pouvaient passer d'une simple aide financière pour un hôpital à une activité complète d'aide aux victimes de la guerre. Une mise en demeure avait été également appliquée pour Voldemort et les plus hauts gradés sur leurs temps de repos. Dumbledore, qui s'était vu libre, avait décidé d'accueillir Tom chez lui. Il décida également de reprendre son poste de directeur de Poudlard mais refusa de reprendre les autres.
Cela étonna de nombreuses personnes mais lorsque le Tribunal fit part du témoignage d'Harry Potter, personne ne s'opposa au jugement. Tous faisaient confiance à ce jeune homme qui avait tant fait pour le Monde Sorcier alors que ce dernier ne lui avait infligé que douleur et mépris.
Ce qui inquiétait dorénavant Bill et Fleur était le comportement d'Harry. Ils avaient eu l'espoir de le voir se reprendre avec le procès et son intervention mais rien ne se passa, au contraire. Après la déclaration du jugement et son application, Harry s'était enfermé, ne parlant pratiquement plus.
Son état se dégradait. Bill et Fleur ne savaient plus quoi faire. Voir l'état dépressif dans lequel se plongeait leur ami et frère les effrayait. Pourtant, ils savaient que prévenir la famille Weasley ou ses amis n'arrangeraient pas la situation. Pire, elle pourrait dégrader. La seule chose qui aurait pu améliorer l'état du jeune homme aurait été une présence du passé telle que Sirius ou Rémus mais tous deux étaient décédés.
Toutefois, une personne pouvait peut-être remuer le Gryffondor et le faire sortir de sa coquille léthargique. Bill et Fleur devaient joindre quelqu'un et espérer. Espérer qu'elle pourrait ébranler le jeune homme et lui faire prendre conscience que la vie était le plus important.
