Auteur: Claire1663

Bêta : Vinnie

Disclaimer: Tous les personnages ainsi que l'histoire originale appartiennent à JK Rowling.

Titre : Manipulations.

Résumé: Harry va à la rencontre de Voldemort dans la Forêt Interdite lors de la Grande Bataille mais lorsque le sort de la mort le frappe, la vérité éclate.

Aide à la lecture : UA. Personnages OOC. Amélia Bones est vivante ainsi que Dumbledore. Tom Jedusor a ouvert la Chambre des Secrets, non en 1943 mais en 1945 (sa dernière année à Poudlard), la même année où Dumbledore réussit à vaincre Grindelwald. Adriana Dumbledore décède en 1945 au moment du duel entre Albus Dumbledore et Gellert Grindelwald.

Voldemort a pris le pouvoir au Ministère mais Poudlard reste le dernier endroit libre du monde sorcier. Harry est bien parti à la chasse au Horcruxes au cours de l'année et revient à Poudlard pour retrouver le diadème.

Comme pour les livres, Voldemort comprend que ses ennemis connaissent l'existence des Horcruxes et tentent de les détruire. Il décide donc de se confronter à la dernière poche de résistance, Poudlard, ainsi qu'à Dumbledore et Harry Potter.

L'histoire débute au moment où Harry rejoint Voldemort dans la Forêt interdite. La scène dans laquelle il plonge dans la Pensine dans le bureau de Dumbledore n'a pas eu lieu.

Note de l'auteur : Encore merci pour vos reviews. Vous êtes de véritable soutien.

Bonne lecture.

Chapitre 16 Les Malefoy

Lorsqu'Harry se retrouva chez les Malefoy. Il fut accueilli par Narcissa qui semblait quelque peu inquiète. Il se rendit compte que les paroles de Dumbledore étaient réelles, les Malefoy se faisaient réellement du souci pour lui et, même s'il ne supportait pas de rendre inquiet les personnes qui l'entouraient, il devait avouer qu'il appréciait l'idée d'être aimé.

Il ne réfléchit pas plus longtemps et se dirigea vers celle qui pourrait appeler mère et la rassura :

-Je suis désolé, je n'ai pas vu le temps passer.

Narcissa lui sourit et ne put s'empêcher de le prendre dans ses bras, se rassurant physiquement de la présence de son fils. Lucius arriva à ce moment précis et fut heureux de voir la scène à laquelle il assistait. D'ailleurs, cela l'encouragea à faire une demande à son fils. Il avait tellement voulu la lui proposer mais il était effrayé à la simple idée d'un refus de sa part. Il rassembla son courage et prit la parole :

-Harry ?

Ce dernier se retourna vers le patriarche de la famille Malefoy, attendant avec perplexité ce que lui voulait l'homme blond en face de lui, qui semblait tendu. Il attendit que celui-ci se reprenne et le laissa continuer :

-J'aimerais savoir si tu…enfin si…. En fait, nous aimerions t'inviter ici. Enfin non, tu es le bienvenu. C'est ta maison, ta chambre t'y attend mais si tu voulais…si cela ne te dérange pas…

Il fut interrompu par son deuxième fils, Drago, qui roulait intérieurement des yeux, devant le comportement, tellement peu malefoyen de son père qui habituellement gardait toujours une attitude noble, voire hautaine :

-Ce que mon père essaye de te dire c'est que nous aimerions, si cela ne te dérange pas et que cela te convienne, te proposer de venir héberger chez nous jusqu'à la rentrée.

Lucius jeta un regard noir à son deuxième fils qui le lui rendit et s'en suivit une altercation silencieuse, seulement appuyée par le regard. Harry, lui, ne savait pas s'il devait rire de la scène ou être apeuré par la demande. Ce fut Narcissa qui le sortit de ses pensées et le tourna doucement vers elle. Elle lui parla alors calmement comme pour séduire un petit animal sauvage perdu :

-Tu n'es pas obligé d'accepter. Nous te forçons en rien mais sache que cela serait un réel plaisir de t'accueillir chez toi.

Harry ne sut pas vraiment pourquoi mais il lui répondit :

-Oui.

Et il baissa des yeux avant de continuer :

-Je serais ravi de venir vivre ici.

Cette simple phrase arrêta immédiatement la guerre froide entre le père et le fils qui furent heureux de l'annonce de leur dernier et si précieux membre de leur famille. Narcissa n'essaya pas de cacher sa joie et reprit Harry dans ses bras pour le remercier.

Lucius le remercia et partit aussitôt pour sa réunion au Ministère. Quant à Harry, il repartit chez Fleur et Bill non sans avoir demandé l'autorisation à la famille Malefoy de pouvoir inviter Teddy ici. Il ne voulait pas quitter son filleul. Au contraire, il voulait s'occuper de lui et être un parrain présent malgré sa future reprise de cours. Les Malefoy avaient, bien entendu, accepté et furent au contraire ravis de revoir Teddy.

Harry partit alors à la Maison aux Coquillages préparer ses affaires. Il avait prévu de revenir au Manoir le surlendemain. Il voulait ainsi faire ses adieux à l'endroit qui l'avait tant aidé et soigné.

Harry arriva dans un premier temps au Terrier où il fut accueilli par Ron et Hermione. D'ailleurs ces derniers ne le lâchèrent pas, si bien qu'il dut envoyer un message à la Maison aux Coquillages leur expliquant qu'il avait été pris en otage par une famille de rouquins et une brune.

Fleur et Bill arrivèrent quelques instants après et tous dînèrent au Terrier. Harry leur apprit la proposition des Malefoy et sa décision. Il avait eu peur que ces derniers ne soient pas réellement d'accord et qu'ils lui reprochent de se désintéresser d'eux mais, au contraire, ils étaient ravis de voir Harry se sentir assez en confiance pour accepter leur demande. Même si Molly Weasley ne put s'empêcher de lui demander de la tenir au courant au moindre désagrément.

Avant de rentrer chez Bill, Harry demanda à Hermione s'il pouvait lui parler quelques instants. Ils allèrent dans la chambre des filles mais ce fut Hermione qui entama la discussion :

-Tu as vu mes souvenirs, n'est-ce pas ?

Harry se tourna vers elle en lui tendant un objet. Il s'agissait des souvenirs d'Hermione, qu'elle reprit.

-Oui et je te remercie.

Hermione vit que son ami ne semblait pas réellement à l'aise. C'est pourquoi elle lui proposa de s'assoir près d'elle sur le lit. Il reprit alors la parole :

-Je suis vraiment désolé de vous avoir inquiétés autant. Je n'avais jamais eu l'intention de vous faire autant de mal…

Harry continuait à s'excuser sur des évènements dont il n'avait pas été réellement l'investigateur. Hermione voyait son ami se rendre responsable de choses dont il n'y était pour rien. Alors, pour l'empêcher de se blâmer, elle le prit dans ses bras.

Le geste arrêta immédiatement la diatribe d'Harry. Ce dernier regardait son amie qui le rassura :

-Harry, ce n'est pas de ta faute. Tu n'étais qu'un pion dans ce jeu auquel se livrait Grindelwald. Si je t'ai montré ces souvenirs, ce n'est pas pour te critiquer mais juste pour te rassurer.

Harry surpris, se reprit et lui répondit :

-Je le sais bien Mione et c'est que je voulais également te dire. Je voulais te remercier de m'avoir permis de voir leurs réactions, de m'avoir aidé à avancer, à faire un choix mais voir également votre tristesse par mes actes m'a véritablement chagriné. Je n'en avais jamais eu l'intention.

Hermione le stoppa en lui enfonçant son poing dans les côtes, ce qui provoqua une légère plainte du Sauveur :

-Je sais bien idiot.

Et sur ces paroles, ils restèrent ainsi, profitant de la présence de l'un et de l'autre quelques minutes avant qu'Harry ne doive rejoindre la famille en bas pour repartir à la Maison aux Coquillages.

Avant de partir les Weasley l'invitèrent chaque vendredi soir à un repas familial qu'il ne déclina pas. Ils voulaient les revoir. Ils étaient pour lui une famille de cœur qui l'avait accepté et soutenu malgré les difficultés, et qui en avait payé le prix fort.

Le lendemain, Harry fit ses bagages et profita de ces derniers moments chez Bill et Fleur. Il en profita pour se promener sur la plage et piquer une tête dans la mer. Fleur le rejoignit et profita également des derniers moments de sa grossesse qui lui permettait de se déplacer et surtout de s'amuser ainsi. Leur dîner se fit dans une atmosphère euphorique, se remémorant les moments les plus drôles du séjour d'Harry.

Lors du petit déjeuner, Bill partit en premier à son travail et fit un câlin digne d'un dragon à son frère de cœur, lui rappelant que la maison lui était toujours ouverte et qu'au moindre problème, il pouvait revenir. Il resta encore une petite heure avec Fleur mais, avant de partir, elle lui réitéra les paroles de son mari. Harry, ému, la remercia :

-Merci Fleur pour tout ce que vous avez fait, Bill et toi.

Cette dernière posa une main réconfortante sur le bras d'Harry et lui répondit :

-De rien Harry mais cela fut un véritable plaisir de t'héberger et de t'aider. J'aurais voulu faire plus.

Harry posa sa main sur celle de Fleur avant de lui affirmer :

- Pourtant tu m'as tant donné.

Et sous l'œil interrogateur de la demi-vélane, Harry continua :

-Vous m'avez donné non seulement de l'aide mais également un foyer, un lieu où je me sens en sécurité, un lieu qui me rassure et me réconforte, un lieu où je sais que je serai toujours accueilli à bras ouverts. Et cela n'a pas de prix pour moi alors merci.

Ces paroles frappèrent Fleur en plein cœur qui, ne pouvant non plus contrôler ses hormones de femme enceinte, se mit à pleurer en prenant dans ses bras le jeune homme qu'elle considérait comme un petit frère. Elle se mit à bredouiller au travers de ses larmes :

-Tu seras toujours le bienvenu. Viens ici lorsque tu le souhaites même si ce n'est que pour une heure, une journée, un week-end.

L'échange se termina là. Harry, étant quand même un peu effrayé par le comportement de Fleur, se dirigea vers la cheminée avec un dernier regard pour la femme qui l'avait sauvé. Il arriva aussitôt au Terrier où Molly tenta de l'étouffer. Elle lui souhaita tout le bonheur du monde et une mort lente et douloureuse à tous ceux qui tentaient de lui faire de mal avant de lui laisser la place dans la cheminée pour qu'il puisse repartir vers le manoir Malefoy.

Elle lui adressa un dernier regard encourageant jusqu'au moment où il disparut. Il arriva à bon port non sans avoir tenté de se retrouver à terre mais ce fut Drago, son frère, qui l'intercepta avant qu'il ne dise bonjour au sol. Ses yeux étaient pétillants de voir son frère aussi peu dégourdi mais avant qu'Harry ne lui fasse ravaler son sourire narquois, Drago prit Harry dans ses bras en lui confiant :

-Bienvenue à la maison petit frère.

Harry était à la fois étonné et ravi de cette accolade fraternelle et lui répondit. Peu de temps après, ce fut Narcissa Malefoy qui lui souhaita la bienvenue puis Lucius. Autant la matriarche l'avait étreint de façon passionnée, autant le patriarche avait été extrêmement doux comme si le jeune homme qu'il avait entre les bras était une chose fragile qu'il ne voulait pas effrayer.

La première chose qu'ils firent fut de lui présenter le manoir. Lucius lui avait demandé de venir dans son bureau afin que le bâtiment le reconnaisse comme un membre de la famille et ainsi de pouvoir transplaner ou faire de la magie sans que le ministère ne soit tenu au courant.

Puis ils visitèrent chaque pièce. Drago s'amusait follement à introduire pour chacune d'elle une anecdote de la famille ou d'un invité. Harry savait que les Malefoy étaient puissants et riches mais pas à ce niveau. Le manoir était immense et extrêmement bien protégé. Il comprenait mieux pourquoi Voldemort avait choisi cet endroit comme quartier général.

Pourtant l'endroit qu'il avait préféré se trouvait être les jardins. Narcissa lui présenta chaque parterre. Elle était très fière de son jardin et s'en occupait elle-même. D'ailleurs c'est ce qu'il en ressortait lorsque l'on s'y baladait.

Harry fut ensuite amené à sa chambre. Narcissa et Lucius laissèrent seuls leurs deux enfants. Drago entreprit alors d'expliquer le fonctionnement de cette dernière. Il précisa à Harry que la décoration pouvait être modifiée selon ses goûts.

Harry y découvrit une antichambre qui servait également de bureau et de lieu d'accueil pour ses invités, une grande chambre avec deux portes-fenêtres dont la vue donnait sur les jardins, une salle de bains de rêve où baignoire et douche lui faisaient de l'œil. Il y avait également un dressing. Et en voyant la taille de ce dernier, il sut qu'il ne pourrait à peine remplir qu'un dixième, et il était généreux, de ce gigantesque placard.

D'ailleurs, Drago insista pour l'aider à sortir ses affaires. Et lorsqu'il put tout mettre sur le lit, Drago le regarda avec un regard rempli de pitié et demanda :

-C'est tout ? Non, n'est-ce pas, ce ne sont que tes affaires de voyage ?

Son regard se fit encore plus désespéré :

-Harry ?

Celui-ci ne savait s'il fallait se moquer de la tête de son frère ou se vexer. Une légère rougeur apparut sur ses joues et ne put s'empêcher de rétorquer :

-Cela me suffit largement. Je n'ai pas besoin de plus.

Drago ne prit pas compte de la voix quelque peu dure de son frère. C'était une urgence vitale. Il prit alors Harry dans ses bras et lui affirma :

-Ne t'inquiète pas Harry, on va régler le problème le plus rapidement possible. Mon pauvre frère. T'es vraiment un saint, Potty, pour continuer à survivre avec ces quelques affaires. Tu forces le respect. Je vais prévenir les parents.

Et avant qu'Harry ne puisse faire quoi que ce soit, Drago avait filé. Harry, lui, n'avait pas bougé. Mais qu'est-ce qui venait de se passer ? C'est lorsqu'il entendit des voix s'approcher qu'il se réveilla. Il vit Drago faire de grands gestes devant sa mère qui l'écoutait attentivement alors que Lucius les suivait, affichant une expression blasée et il sut que le duo infernal du fils et de la mère allait s'attaquer à lui d'ici peu. Il aurait dû refuser l'invitation ou rester avec Lucius dans son bureau.

Narcissa s'approcha et prit la parole, d'un air désolé :

-Mon chéri, Drago vient de me prévenir. Nous allons nous occuper de toi. J'ai fait appeler d'urgence notre tailleur. Il arrivera d'ici une heure avec tout le matériel. D'ici là, on va commencer.

Harry, effrayé, commença à s'exclamer :

-Non non, ne vous gênez pas pour moi. J'irai faire un tour dans un magasin de vêtements et cela ira. Je ne veux pas abuser.

Narcissa et Drago semblèrent encore plus horrifiés et Lucius plus blasé. Narcissa prit aussitôt la parole pour contredire son fils :

-Oh Harry, tu es un amour mais il te faut un couturier et un tailleur. Nous ne pouvons te laisser dans un simple magasin de vêtements. Ils ne sauront pas te mettre en valeur. Même si je dois dire qu'il n'y en a pas vraiment besoin.

A ces mots, Harry se mit à rougir mais Narcissa continua et, avec l'aide de Drago, commença à parler de chiffons, tissus et couleurs. Harry en avait le tournis rien que par ces différents noms et étapes. Il osa un regard vers Lucius. Il lui demandait de l'aide. Ses yeux luisaient comme des signaux d'urgence.

Lucius, qui avait suivi sa femme et son fils, plaignait d'avance son autre fils. Il écoutait d'une oreille distraite les élucubrations de sa chère et tendre mais son regard fut attiré par celui d'Harry. Ce dernier le suppliait de venir l'aider et un dilemme s'ouvrit à lui : soit il aidait son fils et lui démontrait tout son amour en s'opposant à son démon de femme, soit il agissait comme tout Malefoy et regardait.

Il décida de l'aider. Oui, il était prêt à tout pour lui et pour lui démontrer ses sentiments. Il s'approcha alors de Drago et Narcissa et tenta une approche :

-Chérie, appela t-il.

Cette dernière se retourna vers son mari, curieuse mais le regard aiguisé. Lucius déglutit, respira un bon coup, raffermit son courage et reprit :

-Chérie, peut-être que tu vas un peu vite. Laisse Harry tranquille. Je suis sûr qu'un magasin suffira. Il y en d'excellents sur le Chemin de Traverse.

Lucius se permit un regard vers Harry qui le regardait comme un sauveur et il fut fier de son intervention jusqu'à ce que son regard se porte sur sa femme et son fils qui le fixaient, des éclairs plein les yeux. Par Merlin, il allait mourir ce soir.

Il passa l'heure suivante à faire front aux menaces et chantages de sa douce et tendre et il fut soulagé lorsqu'un elfe les prévint de la présence de leur tailleur. Le regard de Narcissa et Drago s'adoucit immédiatement avant de revenir acéré et prêt à l'attaque en fixant Harry qui avait tenté de se faire oublier. Lucius posa un regard désolé envers ce dernier. Celui-ci le remercia. Il ne lui en voulait pas.

Leur échange s'arrêta au moment où le tailleur entra dans la pièce. Ils eurent à peine le temps de se saluer que Drago présenta ses tenues au tailleur. Celui le fixa d'un air horrifié et comprenait maintenant l'urgence de la situation. Harry se fit ainsi enlever par des mètres et mesures puis par divers essayages de tenues, allant de la simple chemise au caleçon, au pantalon, de la tenue quotidienne à la tenue des grandes fêtes. Il fit également l'acquisition de nombreuses paires de chaussures et autres accessoires. Lui qui avait cru que sa penderie était trop grande, il se rendit rapidement compte que non. Lucius l'aida de temps en temps en lui amenant une tasse de thé ou un morceau de chocolat mais à chacune de ses interventions, il se faisait rapidement rabrouer par Narcissa et Drago.

A la fin de cette séance de torture, Narcissa et Drago raccompagnèrent le tailleur jusqu'au salon, avisant les derniers détails et les commandes qui arriveraient d'ici peu. Harry se laissa tomber dans un fauteuil, près de Lucius. Tous deux semblaient en état de choc et fatigués. Harry parla alors :

-Par Merlin !

Lucius ne put que lui répondre, acquiesçant ainsi à l'opinion de son fils :

-Tu n'as pas idée.

Le lendemain, après avoir dû supporter plusieurs essayages, Harry reçut, en même temps que Drago, sa lettre de Poudlard. L'école n'ouvrirait ses portes que la deuxième semaine de septembre, du fait de nombreux travaux. Afin d'éviter la foule, la famille Malefoy décida de se rendre au Chemin de Traverse dès le lendemain et de se déguiser.

Le monde sorcier recherchait désespérément la moindre information sur Harry Potter et suivait avec attention les sorties des proches de ce dernier, y comprit les Malefoy, Albus Dumbledore et Tom Jedusor. C'est pourquoi ils firent de légères transformations sur leurs visages et cheveux et utilisèrent des tenues plus discrètes.

Harry avait également réussi à faire venir les Malefoy dans la partie moldue de Londres pour y faire quelques achats de vêtements. Même s'il estimait les tenues sorcières, il appréciait les habits pratiques moldus tel que le jean. Au début, il n'avait pas vraiment réussi à faire accepter l'idée à cette famille sorcière mais le simple mot vêtement avait complètement changé la donne et c'est avec plaisir, pour certains, et désespoir pour d'autres que la proposition fut acceptée.

Leurs déguisements étaient parfaits. Personne ne les avait reconnus et ils pouvaient faire, en toute quiétude, leurs achats de Poudlard. Lucius et Narcissa étaient devenus bruns et Harry et Drago étaient des jumeaux. Harry devait avouer qu'il était agréable de faire ses courses sans être importuné à chaque instant mais également de le faire en famille. Il avait toujours remercié Mme Weasley de l'avoir emmené avec eux mais cette fois-ci, il se sentait réellement pris en charge. Ses parents lui demandaient son avis ainsi que son frère. Ils s'étaient également arrêtés pour manger une glace. N'étant pas obligé de se tenir au standing des Malefoy, la journée s'était déroulée de manière tranquille.

Pourtant quelque chose l'interpella et lui fit prendre conscience de ce qui l'attendait au moment de son retour publique. Tout avait commencé au moment où ils s'étaient décidés à quitter le Chemin de Traverse pour le côté moldu. Harry appréciait plus particulièrement la tête assez comique de Lucius mais son regard fut attiré par d'autres choses.

Il vit la famille Weasley se promener. Certainement dans le but de faire leurs achats. Mais ils ne pouvaient pas faire un pas sans être assaillis par de nombreux journalistes, voire même des sorciers. Et même si une assez grande distance les séparait, il pouvait parfaitement entendre le nom d'Harry Potter, prononcé de nombreuses fois. Cela le choqua. Tous ses proches avaient été ennuyés par sa faute. Encore une fois. Ne pourrait-il apporter que du bonheur à ceux qu'ils aimaient au lieu de problèmes ?

Les Malefoy comprirent qu'Harry ne se sentait pas bien. Ils le voyaient fixer la famille Weasley qui tentait de se soustraire aux journalistes. Ils virent le regard blessé de leur fils et frère et maudire ces foutus cancrelats qui osaient chagriner un être tel qu'Harry.

Lucius déposa une main réconfortante sur l'épaule de son fils qui tourna sa tête vers lui. Il saisissait parfaitement l'effroi et la tristesse de ce dernier et ne fut que plus en colère. Il tenta alors de le réconforter :

-Harry, tu n'as pas à t'inquiéter pour les Weasley. Ils savent parfaitement gérer la situation. Cela ne va d'ailleurs pas tarder à retomber sur les journalistes.

Au même moment, un grand boum suivit d'exclamations horrifiées leur parvinrent. Ils virent ainsi Georges Weasley à l'entrée de sa boutique, regardant les journalistes avec une innocence factice dans les yeux que ne pouvait dissimuler une lueur de pure malice.

Les Malefoy reprirent leur route et passèrent par le Chaudron Baveur pour rejoindre le monde moldu mais ils n'arrêtèrent pas de fixer Harry. Ce dernier avait souri devant le piège tendu par Georges mais une lueur de tristesse restait dans ses yeux malgré un sourire entendu. Lucius et Narcissa se regardèrent et se mirent d'accord, silencieusement, pour surveiller leur fils. Harry les entraîna dans plusieurs magasins et malgré un début suspicieux, ils furent séduits par certains vêtements.

Peu de temps après, ils retournèrent au Manoir. Ils étaient tous fourbus après avoir passé une journée à se balader. Juste avant de dîner, Harry envoya un hibou à Ron pour lui demander des nouvelles. Même s'il savait que rien de grave ne s'était produit, il voulait être rassuré sur la santé de ses amis.

Après un dîner fort sympathique où chacun put décrire les exclamations de surprise de chaque membre de la famille Malefoy sur le monde moldu, ils passèrent ensuite une fin de soirée agréable. Avant de se coucher, Harry vit que Ron lui avait répondu et il se hâta de lire sa réponse.

Ce dernier lui expliquait qu'il n'avait pas à s'inquiéter. Les journalistes pouvaient être agaçants mais Georges était heureux de pouvoir les utiliser comme cobayes gratis pour ses nouveaux produits. D'ailleurs Ron se demandait si son frère n'était pas aussi heureux de les voir dans sa boutique pour le simple fait que les journalistes et les curieux déboulaient également.

Harry sourit à cette lettre qui était vraiment de la patte de son meilleur ami et décida de se coucher même s'il s'inquiétait encore pour ses proches.

Pourtant il ne fit pas de beaux rêves. Il eut plusieurs cauchemars le mettant en scène pendant la guerre, le visage des morts le hantant. Il y voyait sa première famille, ses amis et les sorciers qui le montraient du doigt, le désignant comme coupable. Mais il vit aussi ses amis vivants qui lui criaient qu'il était responsable. Que tout était de sa faute. Il voulait se réveiller mais ses fantômes l'informaient que de toute façon c'était lui qui, quoi qu'il fasse, était le coupable.

Harry se mit à crier, cherchant à se défaire de leur emprise mais il pleura également, s'excusant sans cesse. Il leur demandait pardon, qu'il avait fait tout ce qu'il pouvait, qu'il était désolé. Soudain une voix douce l'interpella et il se sentit secouer puis se réveilla. Il vit alors sa mère. Oui, il pouvait l'appeler ainsi. Narcissa Malefoy était sa mère au regard inquiet qui tentait d'apaiser son fils.

Harry ne chercha pas plus loin et s'accrocha à elle, espérant qu'elle pourrait faire disparaître tous ces visages.

Narcissa tenait son fils dans ses bras. Les chambres de leurs enfants comportaient des systèmes de sécurité pour les prévenir au moindre souci. Bien évidemment, les sécurités étaient plus allégées dans la chambre de Drago mais pour Harry, elles avaient été laissées à leur maximum. Le changement d'environnement et surtout les séquelles des années de manipulations et de maltraitance leur faisaient craindre pour la santé de leur fils et, malheureusement, ils eurent raison.

C'est pourquoi, lorsque leur système les prévint qu'Harry n'allait pas bien, ils accoururent dans sa chambre. Et la scène auxquels ils assistèrent les glaça. Harry, en plein cauchemar, se débattait dans le vide, pleurait et suppliait de se faire pardonner. Ils ne savaient que trop auprès de qui ce dernier s'excusait.

Narcissa avait donc rejoint son fils et l'avait pris doucement dans ses bras, le réveillant calmement. Lucius était resté près de la porte, ne voulant pas l'effrayer plus que de mesure. Le bruit avait également interpellé Drago qui resta quelques instants près de son père et tous deux regardèrent la matriarche Malefoy bercer tendrement Harry.

Cette dernière, qui chantonnait une berceuse, s'arrêta quand elle s'aperçut qu'Harry s'était calmé. Elle l'interrogea :

-Harry ? Raconte-moi.

Harry ne dit rien. Il avait tellement honte d'avoir réveillé les Malefoy et, de plus, devoir être traité comme un enfant. Il préférait garder le silence mais Narcissa insista :

-Harry, je ne veux pas te forcer mais il n'est pas bon que tu gardes tout pour toi. Dis-moi ce qu'il se passe, mon chéri.

Harry hésita et puis se laissa aller :

-Je les ai vus. Les morts et les vivants. Ils disaient que j'étais responsable. Responsable de leurs morts, responsable de cette guerre, responsable de tout.

Harry stoppa quelques instants avant de reprendre les pleurs dans la voix :

-Tout est de ma faute.

Et il pleura. Narcissa le berça de nouveau et lui caressa le visage, lui ramenant son attention. Puis elle lui parla :

-Harry, tu n'es responsable de rien…

Harry allait l'interrompre mais elle lui posa délicatement un doigt sur sa bouche, le faisant taire et elle reprit :

-Je peux t'assurer que si j'avais été Lily Potter, en tant que mère, je me serais sacrifiée pour mon enfant sans la moindre hésitation. Et cela m'étonnerait fortement qu'elle regrette et encore moins qu'elle t'estime responsable de quoi que ce soit.

Lucius s'approcha alors. Il posa une main bienveillante sur les cheveux d'Harry et continua :

-Et en tant que père, je ne l'aurais même pas pensé. De même que Black et Lupin. Et je peux t'assurer que nous-mêmes nous ne t'avons jamais, un seul instant, considéré comme responsable.

Ce fut ensuite à Drago de s'approcher mais au contraire de ses parents, il s'allongea directement sous les draps de son frère et s'approcha de lui pour ensuite lui déclarer :

-Et moi, je peux t'assurer que Granger et Weasley n'y ont pas pensé une seule seconde. Ils sont trop Gryffondor pour cela.

Ces paroles rassurèrent Harry qui se laissa prendre dans une étreinte familiale. Il s'endormit dans les bras de Narcissa qui l'installa dans son lit. Avec l'aide de Lucius, elle le borda puis tous deux l'embrassèrent tendrement sur le front ainsi que sur celui de leur deuxième fils qui tiqua légèrement devant cette action trop enfantine pour lui.

Ses parents sortirent mais Drago, se trouvant bien installé, resta dans le lit de son frère et n'hésita pas à le prendre dans ses bras. Lucius et Narcissa sourirent devant le tableau que formaient leurs enfants et c'est d'un pas plus léger qu'ils se dirigèrent vers leur chambre.

Quoique Lucius appréhendait le lendemain. Tom Jedusor lui avait demandé une rencontre et Lucius connaissait parfaitement le but de celle-ci. L'ancien Seigneur des Ténèbres allait officiellement demander la cour qu'il voulait entamer pour obtenir l'amour d'Harry.

Qu'il était difficile d'être père !